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  • Insect Ark – Raw Blood Singing

    Insect Ark – Raw Blood Singing

    Genre : Doom atmosphérique
    Label : Debemur Morti Productions
    Sortie : 7 juin 2024

    Note :  80 /100 (Seblack)

    Fondé en 2011, Insect Ark est un duo d’artistes américains installé à Berlin. La formation se compose de Dana Schechter (Swans) et de Tim Wyskida (Khanate, Blind Idiot God). Le groupe officie dans un doom que l’on pourrait volontiers qualifier d’ambient et expérimental. Intitulé « Raw Blood Singing », cet album constitue le cinquième du duo et s’il n’était pas sorti chez Debemur Morti, je dois avouer que je n’aurais probablement pas eu l’occasion de jeter une oreille dessus. 

    Honnêtement je ne savais pas forcément trop à quoi m’attendre en découvrant la musique de Insect Art. Pour tout dire, même, je craignais même d’avoir droit à une musique outrageusement expérimentale avec des morceaux longs et ennuyeux.

    Expérimentaux, les univers sonores le sont, mais pas outrageusement. Oui la musique de Insect Ark n’est pas banale et on sent bien tout le travail d’exploration du groupe pour aboutir à ces sonorités et ambiances à la fois douces et inquiétantes.  Mais le tout sait rester malgré tout accessible et intelligible. Longs, les morceaux ne le sont pas tant que ça finalement et surtout, plus important, ils ne souffrent d’aucune longueur, ce qui balaie la crainte de l’ennui qui n’a jamais pointé le bout de son nez lors des écoutes de « Raw Blood Singing ».

    Loin de sombrer dans des excès expérimentaux confinant à l’abstraction musicale, le duo Insect Ark développe au contraire des atmosphères plutôt prenantes qui nous portent de morceaux en morceaux et maintiennent l’attention autant que la curiosité. Cela peut passer par de lourdes parties de cordes comme par des ambiances mystérieuses de synthétiseurs. Le jeu subtil de la batterie et les diverses percussions est à relever car jouant un véritable rôle dans les sonorités inquiétantes des huit compositions de cet opus. Mais l’intérêt passe aussi par ce qui constitue apparemment la nouveauté de cet album : le chant.

    En effet les œuvres précédentes de Insect Ark étaient essentiellement instrumentales. Pour « Raw Blood Singing », la voix de Dana Schechter vient enchanter ou hanter un certain nombre de morceaux. Loin d’être omniprésente, cette voix contribue beaucoup à l’ambiance spectrale et onirique du groupe. En bref, il s’en dégage quelque chose de spécial qui colle tout à fait à la musique et aux atmosphères mystérieuses et participe à l’ensemble de l’intérêt que l’on peut porter à cet album plaisamment immersif.

    Tracklist :

    1. Birth of a Black Diamond

    2. The Frozen Lake

    3. Youth Body Swayed

    4. Cleaven Hearted

    5. The Hands

    6. Psychological Jackal

    7. Inverted Whirlpool

    8. Ascension

    Line-up : Dana Schechter – Basse, synthétiseur, lap steel, chant / Tim Wyskida – Batterie, percussions.

    Liens :

    https://insectark.bandcamp.com/album/raw-blood-singing

    https://www.facebook.com/InsectArk/?locale=fr_FR

    https://www.insectark.com/?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTAAAR0iUcfzIF2zhaHj5C6_ffc0eJ-enPxjXMJBhlTEFpHQgIzUwweZhdsb1oQ_aem_ZmFrZWR1bW15MTZieXRlcw

    https://www.instagram.com/insectark

  • Houle – Ciel Cendre et Misère Noire

    Houle – Ciel Cendre et Misère Noire

    Genre : black metal
    Label : Les Acteurs de l’Ombre Production
    Sortie : 7 juin 2024

    Note : 90 /100 (Seblack)

    Il y a un peu moins de deux ans, Houle débarquait avec un EP éponyme qui avait réussi à attirer l’attention de beaucoup avec ses tonalités à la fois atmosphériques et dynamiques, sans compter un univers maritime finalement pas si répandu (en dehors des évocations lovecraftiennes).

    Armé de ces quatre titres et d’une identité scénique de plus en plus affirmée, le groupe a depuis multiplié les concerts en France et à l’étranger, parvenant même à s’inviter sur l’affiche du Hellfest 2024. C’est donc sur cette dynamique, et peut-être avec une petite pression, que Houle franchit donc aujourd’hui l’étape importante de son premier album. Intitulé « Ciel Cendre et Misère Noire », celui-ci paraît de nouveau chez Les Acteurs de l’Ombre Productions.

    Dès l’introduction Houle nous plonge dans cet univers des marins d’aujourd’hui ou d’hier… mais quelque chose d’étrange semble déjà flotter dans l’air et ne laisse guère planer le doute : la virée en mer ne va pas être une simple croisière contemplative….
    Les premières mesures de « La danse du rocher » donnent en effet le ton, avec un riff d’introduction que n’aurait renié Iron Maiden et le cri suraigu de Adsagsona qui fond sur l’auditeur telle une harpie sur sa proie. A l’écoute de ce premier titre très dynamique et les suivants, on va pouvoir mesurer le chemin déjà parcouru par le groupe qui, loin de se contenter de reproduire les ambiances de son premier EP, va au contraire en développer de nouvelles sans pour autant se départir de son ADN maritime.

    Par différents aspects, ce premier opus des franciliens se singularise par des traits de caractère déjà très affirmés pour un premier album et une si jeune formation. Tout d’abord il se dégage de « Ciel Cendre et Misère Noire » une tonalité heavy inattendue qui va permettre à Houle de développer divers moments particulièrement épiques et nerveux. Plus encore l’instrumentation, très mélodique, parvient totalement à suggérer ces ambiances marines, que ce soit dans les parties tempétueuses ou les plus calmes.
    Houle a aussi pris soin de proposer des compositions variées, souvent haletantes avec des transitions bien travaillées et quelques crescendo redoutables. Méticuleux jusqu’au bout, le groupe referme son album aussi bien qu’il l’a commencé avec « Née des Embruns », magnifique morceau de douze minutes.

    Peut être moins black metal dans sa forme « Ciel Cendre et Misère Noire » résonne pourtant de manière beaucoup plus sombre que l’EP qui l’a précédé. Il suffit pour cela de porter son attention sur le chant et le contenu des paroles. Le seul titre de l’album me semble déjà évocateur d’une prose évoluant dans une forme de naturalisme aux accents cauchemardesques. Houle n’idéalise ni l’océan ni la vie de ces hommes et femmes du rivage. Ici la mer n’est pas tant nourricière que meurtrière..
    Sans voile, les paroles nous renvoient à une misère matérielle et morale faite de solitude, d’épuisement et de souffrance avec son lot de créatures enivrées et fracassées . Écrites avec un style nerveux, les paroles sautent à la figure bien aidées en cela par une interprétation de haute volée.
    Car s’il est bien un autre trait saillant de « Ciel Cendre et Misère Noire » c’est le chant. En effet la voix ou les voix de Adsagsona habitent littéralement l’album. Que ce soit en termes de textures, de diction ou de placement la chanteuse délivre une prestation bluffante qui va ballotter l’auditeur comme une coque de noix dans la tempête. Aussi à l’aise dans un registre de sombre conteuse que dans celui de hurleuse déchirant les flots, Adsagsona contribue, autant que la musique, à donner à Houle une singularité qui fait de plus en plus souvent défaut aux groupes de la scène extrême. Cela en fera sûrement ronchonner quelques-uns mais il est certain qu’avec un tel album, Houle va en ravir un nombre bien plus grand encore.

    Tracklist :

    1. Introduction (01:16)
    2. La danse du rocher (06:58)
    3. Mère nocturne (04:59)
    4. Sur les braises du foyer (07:02)
    5. Derrière l’horizon (04:28)
    6. Et puis le silence (01:18)
    7. Sel, sang et gerçures (06:48)
    8. Née des Embruns (12:07)

    Line-up : Græy Gaast – Basse / Vikser – Batterie / Crabe -Guitare (lead) / Zéphyr Guitare (rythmique) / Adsagsona – Chant

    Liens :
    https://houle.bandcamp.com/
    https://www.facebook.com/HouleOfficiel
    https://www.instagram.com/houle_officiel/
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/6zS0YEPIRESv50RqqhIzCX

  • SarmateS / Sarmates

    SarmateS / Sarmates

    Genre : Metal Ethnique
    Label : Autoproduction
    Sortie : 6 Juin 2024

    Note : 70/100 (Ymir)

    SarmateS, ce nom qui sonne barbare, bah c’est justement le cas ! Inspiré des tribus barbares déplacées par les légions romaines, c’est ce que propose ce groupe dans ce premier opus. Ici un mélange et un voyage plein de surprises vous attendent !

    Le groupe est formé de Laurent Broda au chant, Davoriin Sirok aux back vocals, Gün à la guitare, Antonio Xenfeild à la basse, Jérémy Marie aux fûts. Laurent est un féru d’histoire qui appuie le concept du groupe, ils sont d’ailleurs les heureux détenteurs du Samarta qui est un instrument, un corps de guitare avec un manche de Saz (instrument ressemblant fortement à un Luth originaire d’Irak), donnant des sonorités orientales. 

    C’est sur une espèce de croassement du chanteur, au rythme lent, que s’ouvre l’album. Ce titre donnera le ton de tout le disque. Ce chant est varié par un Laurent qui déploie en plus de gammes différentes dans sa voix, plusieurs langues dont le Russe, l’Anglais, le Perse, un dialecte Mongol et de l’Iranien. Quand je vous parlais de voyage, ce n’était pas une blague. 

    Le gros point fort de SarmateS, ce sont ces quarts de ton qui donnent un côté oriental. Leur musique nous ramène au fond des steppes autour du feu avec la tribu, comme sur le titre “Sherazadjanam”

    On retrouvera quelque chose de plus classique, s’il en est, car SarmateS garde sa forte identité même si beaucoup est emprunté au Heavy ,sur ce titre qu’est “Fallen Angel”. Le chant est en anglais et la guitare électrique se fait sentir, maîtrisée, par Gün et Antonio.

    « Légion » nous emporte avec ces arpèges, ces mélodies enflammées qui nous donnent un Orient fantasmé sur fond de post-apocalypse. Tel est l’univers de ce groupe. Les back vocaux sont assurés par Davoriin et sont superbement amenés.

    La production est aux petits oignons, tous les instruments sont audibles et la voix n’emporte pas le reste. 

    Un album qui nous fait découvrir autre chose, qui surprend à la première écoute avant d’y trouver de petites pépites qui restent en tête. C’est donc une réussite pour ce premier album éponyme ! Groupe que vous retrouverez relativement rapidement sur les planches. Ma piste préférée est « Kotüyüm » !


    Tracklist :

    1. Zatmenia Gorad
    2. Strelka
    3. Sherazadjanam
    4. Legion
    5. Wherever you are
    6. Fallen Angel
    7. Sunday Dress
    8. Kotüyüm
    9. Plague
    10. Another Way

    Line up : Laurent Broda – Chants / Davoriin Sirok – Back Vocals / Gün – Guitares / Antonio Xenfeild – Basse / Jeremy Marie – Batterie


    Liens :

    https://www.sarmates-music.com

    https://www.youtube.com/@SarmatesMusic

    https://www.instagram.com/sarmates.music

    https://www.facebook.com/sarmates

  • Downcross – White Tower

    Downcross – White Tower

    Genre : black metal
    Label : Indépendant
    Sortie : 10 mai 2024

    Note :  80 /100 (Seblack)

    Avec White Tower, le duo Biélorusse Downcross propose déjà son sixième album, ce qui, pour une formation créée en 2019, témoigne d’une cadence de sorties plutôt vigoureuse. Comme son prédécesseur, il sort pour le moment de manière indépendante. Mais comme pour les opus précédents une édition cd est disponible chez Cavum Atrum Rex et qui sait peut-être une sortie en vinyle chez Purity Through Fire?

    Alors que  Dzmtr et  Ldzmr nous avaient jusque-là habitués à des ambiances incandescentes et malsaines sur leurs œuvres précédentes, White Power semble s’aventurer dans des univers différents avec des partis pris musicaux légèrement différents.

    Le son de White Tower apparaît en effet beaucoup plus massif, moins sec que sur ce qu’ avaient proposé jusque là Downcross. Le résultat est fort intéressant car il met pleinement en valeur la richesse et la puissance de l’instrumentation : le riffing, les mélodies aussi bien que les lignes de basse, de batterie et de chant s’en retrouvent magnifiés et franchement dès la première piste « I am Entropy », on ne peut nier que le rendu soit des plus plaisants. 

    Avec de légères dissonances, « I Deny the World of Me » confirme qu’avec ce sixième opus Downcross a décidé d’emmener son auditeur vers des horizons beaucoup plus froids mais pas moins vigoureux. Très mélodique, très rythmé « Void That Came After » ne manque pas d’énergie faisant même fortement penser au Uada des grands jours. 

    Comme souvent chez Downcross la piste centrale, ici l’éponyme de l’album, marque une pause instrumentale. Un choix que l’on peut discuter mais qui d’albums en albums semble être devenu un parti pris pour le groupe.

    La deuxième partie de White Tower se déroule sous des auspices plus empreints de lourdeur avec «  Only Death Is Faithful to You » et «  Demiurge Must Eliminate Himself ». Le rendu est peut-être un peu moins prenant que sur le début de l’album mais là encore on ne peut que relever la qualité de l’instrumentation, quand bien même deux-trois petites longueurs peuvent se faire sentir.

    Le dernier « vrai » titre « AlphaBeast WorldMurderer pt.II » fait écho à celui du même nom présent dans l’album « Hexapoda Triumph ». Il en est le prolongement ou la deuxième partie et referme l’opus sur une cadence plus frénétique.

    De la même manière que sur les derniers chapitres, le véritable titre final est également un instrumental, il porte cette fois le nom du groupe, ses sonorités d’orgues développant une ambiance quasi funéraire, on espère qu’il n’y a ici nul sombre présage pour le groupe.

    Sur White Tower, Downcross a donc pris le parti d’amener son black metal sous des horizons plus massifs et glacés. Le résultat n’en est pas moins prenant que sur les albums précédents, grâce aux qualités musicales et d’interprétation du duo Biélorusse qui ne ménage pas ses efforts pour proposer des compositions chiadées et vigoureuses. 

    Tracklist :

    1. I Am Entropy (04:54)  

    2. I Deny the World of Me (06:43)  

    3. Void That Came After (04:58)  

    4. Lord of All Perfections (04:52)  

    5. White Tower (02:35)  

    6. Only Death Is Faithful to You (04:07)  

    7. Demiurge Must Eliminate Himself (05:34)  

    8. AlphaBeast WorldMurderer pt.II (04:57)  

    9. Downcross (04:30)

    Line-up :  Dzmtr – Guitares / Ldzmr – Chant, batterie.

    Liens :

    https://downcross.bandcamp.com/music

    https://www.facebook.com/downcrossofficial

  • Draugnim – Verum Malum

    Draugnim – Verum Malum

    Genre : Black Metal
    Label : Naturmacht Productions
    Sortie : 26 avril 2024

    Note :  85 /100 (Seblack)

    Fondé par Morior en 1999, le groupe finlandais Draugnim sort avec « Verum Malum » son quatrième album studio. Les moins oublieux se souviendront que l’opus précédent avait été publié par le label français Debemur Morti, mais pour cela il faut remonter à l’année 2016. Ce « Verum Malum »  marque donc la fin d’un long silence discographique et paraît, cette fois, sous les auspices de Naturmacht Productions.

    A l’image de son artwork, signé Cold Poison, la musique de ce nouvel opus de Draugnim est noire. Très noire. Toute noire. Beaucoup plus noire que ses productions précédentes qui étaient plus ou moins traversées par un souffle pagan qui s’est quasiment éteint ici. Il en reste bien peut-être quelques traces dans les claviers et dans le côté épique de certains riffs mais globalement l’horizon s’est considérablement assombri comme si Draugnim avait trouvé refuge dans les profondeurs de la Terre. 

    Les quatre premiers titres s’introduisent sur des rythmes vigoureux. Dans le riffing autant que dans le son, on découvre un côté étouffant et glacial qui contribue fortement avec le chant à cette coloration très sombre de « Verum Malum ». Tout en variant le tempo, une certaine agressivité domine. Celle-ci peut être contrastée par les touches de claviers et quelques mélodies éthérées mais globalement ces éléments restent plutôt au second plan sur cette première partie d’album. Le black metal de Draugnim ne déborde pas forcément d’originalité, certains pourraient même le trouver un peu austère…Mais c’est bien cette forme de sévérité et d’intransigeance qui le rend intéressant et donne envie de pousser plus loin dans la découverte des sombres horizons dépeint par Morior et sa bande. 

    C’est d’autant plus vrai que derrière l’apparence d’une uniforme noirceur, « Verum Malum » sait varier son propos sans changer sa coloration. Ainsi le titre « Aeons », laisse de côté la vitesse pour développer une ambiance plus calme avec des mélodies plus entêtantes. Les ténèbres continuent de dominer mais ça et là on sentirait presque poindre une fragile lueur. Le dernier morceau débute sous les mêmes auspices, nous emmenant toujours un peu plus dans des contrées certes moins venimeuses mais plus mornes, avec ces claviers envoûtants et glaçants. Une mélodie de guitare finit par amener un petit côté aérien, comme si la bête enfermée dans les profondeurs était parvenue à se libérer ou caressait l’espoir de l’être.

    Ne vous y trompez donc pas, la musique noire de Draugnim n’est pas aussi commune qu’elle semble en avoir l’air. L’album « Verum Malum » mérite plus d’une écoute pour se laisser approcher et se révéler finalement comme une œuvre de plus en plus attirante par sa profonde noirceur et ses nuances.

    Tracklist :

    1. Traitor’s Crown (08:49)

    2. Ver Sacrum (07:40)

    3. Salt the Earth (07:46)

    4. Lifescorn (05:58)  

    5. Aeons (09:14)  

    6. Deeds of Strife (09:40)

    Line-up :   Turms – Basse, paroles (pistes 1, 5) / Chimera – Chant, paroles (paroles 2-4, 6) Morior – Guitare, composition.

    Liens :

    https://draugnim.bandcamp.com/music

    https://www.facebook.com/draugnim.official

    https://www.draugnim.fi

    https://www.youtube.com/channel/UCmrLR6jRbB4DtKmA5RO0l7w

  • Bythos –  Chthonic Gates Unveiled

    Bythos –  Chthonic Gates Unveiled

    Genre : black metal
    Label : Terratur Possessions
    Sortie : 19 avril 2024

    Note : 85 /100 (Seblack)

    On parlait il y a quelque temps du premier album des Finlandais Night Shall Drape Us regroupant des membres de Horna ou Behexen. Et bien pour Bythos on reprend presque les mêmes et on recommence. La formation compte effectivement L.R à la batterie ( Horna, Black Death Ritual…) et M.L à la guitare et à la basse (Behexen, Horna). A ce duo déjà bien remuant viennent s’ajouter les vocaux de M.S de Behexen.

    Le groupe n’en est toutefois pas à son coup d’essai, Bythos ayant sorti son premier album intitulé « The Womb of Zero » il y a quatre ans de cela. Pour ce nouvel opus répondant au nom de « Chtonic Gates Unveiled », pas de changement notable avec le même line-up et toujours le soutien du label Terratur Possessions.

    Thématiquement et musicalement, les sombres horizons dressés par « The Womb of Zero » se retrouvent totalement sur « Chthonic Gates Unveiled » : ambiances pesantes et occultes, mélodies prenantes, chant rauque, musique millimétrée, bonne production. Tout y est.
    Alors présenté ainsi ce deuxième album de Bythos pourrait paraître comme sans grande surprise et ce pourrait être un peu le cas pour certains. Et pourtant il surprend…et dans le bon sens du terme.

    Bythos a beau présenter les contours d’un black metal occulte et orthodoxe tout ce qu’il y a de plus classique, il n’en possède pas moins cette faculté à capter l’attention et à vous emmener impitoyablement jusqu’au bout de ses neufs compositions. Là où certains deviendraient rasoirs au bout du deuxième titre, la musique du trio s’insinue sournoisement mais sûrement. C’est bien fait, rudement bien fait même et on se laisse vite piquer à ces ambiances pesantes comme de l’airain.

    Mais au-delà de sa maîtrise incontestable des codes du genre, Bythos sait aussi amener ces petites touches qui vont faire la différence. Cela tient beaucoup au chant de M.S dont le timbre caverneux fait autant merveille que sur Behexen, si ce n’est plus. Quelques surprises vocales se glissent d’ailleurs par ci par là : chœurs à la fin de “Hidden Heart of Darkness”, dominante de chant clair sur “Broken Twines of Eden”. Plus étonnante encore sera l’incursion en chant criard à la fin de “Daimon of Nullification” qui est de mon point de vue l’un des morceaux les plus impressionnants de cet album.

    L’instrumentation n’est pas en reste. Que ce soit en mode tabassage ou sur des accents plus pesants, la musique de Bythos imprime sa marque. Ultra charpentée tout en laissant toute leur place aux mélodies, l’ensemble sait aussi s’accorder quelques respirations, comme ces notes de piano sur “Thoughtless Light” ou l’interlude “Resurrection”.

    Bien inspiré, superbement exécuté, ce deuxième opus est exempt de tout reproche. Plus sombre encore que son prédécesseur, il s’avère également bien composé et réfléchi avec, par exemple, cet écho entre le premier et le dernier titre qui renforce un peu plus encore l’aspect occulte et cérémoniel.

    En résumé Bythos réussit avec « Chthonic Gates Unveiled » un joli petit tour de force en proposant un album de black metal à la fois classique et surprenant.

    Tracklist :

    1. Divine Endless Night (part I) (03:30)
    2. Thoughtless Light (06:04 )
    3. Wolves of Hades (04:51)
    4. Hidden Heart of Darkness (05:02)
    5. Resurrection (00:55)
    6. Broken Twines of Eden (04:57)
    7. Ancient Kings Arise (05:07)
    8. Daimon of Nullification (05:41)
    9. Gates of Apostasy (part II) (05:40)

    Line-up : L.R. – Batterie / M.S. – Chant / M.L. – Guitare, basse.

    Liens :
    https://bythosofficial.bandcamp.com/album/the-womb-of-zero
    https://www.deezer.com/us/artist/91447112?autoplay=true
    https://www.facebook.com/bythosofficial/
    https://www.instagram.com/bythosofficial/
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/4kFYszsiW7hYpcp7UlhcJI

    A découvrir également : Night Shall Drape Us – Lunatic Choir :

  • Aesthus / Sieluhaaska-Kaksi liekkiä Saatanalle

    Aesthus / Sieluhaaska-Kaksi liekkiä Saatanalle

    Genre : Black Metal
    Label : Purity Through Fire
    Sortie : 24 mai 2024

    Note :  90 /100 (Seblack)

    Bon c’est reparti pour un petit tour en Finlande avec ce split réunissant deux formations relativement récentes de la scène du pays des milles lacs. La richesse de la scène finlandaise ne cesse de m’étonner. On pourrait se dire que la source va finir par se tarir, baisser en quantité ou en qualité. Mais non, il y en a toujours un, nouveau ou ancien, pour vous attraper par les oreilles.

    Sur ce split sortant chez Purity Through Fire, on trouvera donc d’une part, Aesthus, quintet formé en 2020 et ayant sorti son premier album en 2022 et d’autre part le one man band Sieluhaaska fondé en 2019 avec une démo et un EP à son actif. Deux morceaux pour chaque groupe et vingt minutes plus tard, on est sur les genoux.

    La faute en revient beaucoup à Aesthus qui décoche d’emblée un “Vihasta Ja Verestä” méchamment accrocheur avec son intro de basse bien nerveuse et un morceau que l’on peut qualifier de black n roll au sens le plus noble du terme. Une dinguerie comme diraient certains. Le second morceau est peut-être un peu plus classique mais il n’en est pas moins fort plaisant avec ce sens du riff et de la mélodie qui, décidément, colle plus que jamais à la scène finlandaise. Pour ne pas changer des bonnes habitudes, le chant est littéralement possédé et vous saute à la figure. Du très très bon.

    Sieluhaaska ne démérite pas non plus, loin de là ! Son style est plus sombre, il est moins trépidant, peut-être plus reptilien, et distille son venin de manière tout aussi inspirée que ses collègues. 

    D’un ADN typiquement finlandais, la musique des deux formations n’a pas prétention à réinventer le genre. Mais bigre que ces quatre titres sont bien ficelés ! Au final, voilà donc deux groupes de plus dans la musette. C’est cela l’avantage avec les split albums quand ils sont bons comme celui-ci. Ne reste plus qu’à aller fouiner dans le discographie de Aesthus et Sieluhaaska et à attendre la suite.

    Lien youtube full album

    Tracklist :

    1. Aesthus – Vihasta Ja Verestä (03:38)  

    2. Aesthus – Vapaus Ja Kaaos (04:08)  

    3. Sieluhaaska – Yli Sielujen Mustan Virran (05:26)  

    4. Sieluhaaska – Abrahamin Raunioilla (06:32)

    Line-up :

    Aesthus

    Veles -Basse / J.A – Batterie /  Nachash -Guitare / Morbus – Guitare / Adversa – Chant.

    Sieluhaaska

    Saasta – Tous les instruments et le chant.

    Liens :

    Aesthus 

    https://aesthus.bandcamp.com/album/h-nen-temppelins-varjoissa

    https://www.deezer.com/us/artist/166391187

    https://www.facebook.com/aesthusofficial

    https://www.instagram.com/aesthusbm

    Sieluhaaska

    https://sieluhaaska.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/Sieluhaaska

  • Within Temptation – Bleed Out

    Within Temptation – Bleed Out

    Genre : Metal Symphonique
    Label : Force Music Recording
    Sortie : 20 Octobre 2023

    Note : 90/100 (Ymir)

    Les Hollandais nous font part de leur nouvelle création intitulée Bleed Out, un album de fin d’année vraiment apprécié. L’année 2023 a été riche en émotions et en sorties. Ici un peu de douceur pour calmer vos ardeurs de brutes. Cet album était attendu par les fans depuis le discutable “Resist” qui n’avait pas su trouver son public et/ou satisfaire les fans du groupe.

    Le groupe propose ici ce qu’il fait de mieux : un metal symphonique pour ce huitième album produit par leurs soins dans leur studio Force Music Recording.
    Ici, les limites sont repoussées, croisant quelques éléments Djent à leur composition déjà de très grande qualité. Un album qui marquera j’en suis certain une évolution du style et du groupe. Clairement ici il y a eu une progression technique non négligeable.

    Un album engagé ? C’est ce que l’on pourrait en déviner sur des titres comme “Bleed Out”, le titre éponyme de l’album qui traite du meurtre de Mahsa Amini morte en Irak pour s’être opposée au port du voile.

    Dans une interview Sharon s’est confiée sur sa jeunesse au Yémen en déclarant “En tant qu’artistes, nous sommes inspirés par le monde et nous avons cette plateforme. Nous sommes des conteurs et je pense qu’en tant qu’êtres humains, ce sont des choses dont nous devrions parler.”

    Cet opus aborde également un sujet des plus brûlant de nos jours, le droit des femmes au travers des titres « Don’t Pray for Me » et « Cyanide Love » qui garde un côté bourrin du truc quand même, bah ouais on parle de metal !

    La production est aux petits oignons, et embellit l’organe déjà ultra qualitatif de Sharon.

    Sharon s’est exprimé d’ailleurs à propos de l’album en ces termes : “C’est un disque sur le désir inébranlable des humains de vivre libres de toute tyrannie et de toute oppression. Combien ils sont prêts à donner pour y parvenir, non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour les autres et les générations futures. En tant qu’artiste, vous disposez d’une tribune et vous pouvez parler de choses sans importance si vous le souhaitez. Mais je veux parler de choses qui comptent.” La messe est dite, allons-nous vers un Within temptation engagé politiquement ?

    Notons que Sharon a arboré sur scéne le drapeau Jaune et Bleu de l’Ukraine également, le groupe semble prendre des positions politiques fermes et les défendre. Sharon n’en est pas à son coup d’essai, rappelez-vous de son album solo “Indigo” sur lequel elle donne le change sur le féminisme. Elle est devenue avec cet album l’âme du groupe et son moteur !

    En tout cas cet album est très qualitatif et parle de sujet mature et contemporain qui reste d’actualité, aujourd’hui plus que jamais. Petit bémol en ce qui me concerne mais c’est mon côté chiant, la moitié de l’album avait déjà été disséminée en single, nous connaissions déjà les titres. Même si j’avais voulu plus de titres inédits, il reste un excellent album qui réconciliera les fans fâchés par “Resist” et séduira le reste !

    Tracklist :


    We Go to War
    Bleed Out
    Wireless
    Worth Dying For
    Ritual
    Cyanide Love
    The Purge
    Don’t Pray for Me
    Shed My Skin
    Unbroken
    Entertain You


    Line up : Jeroen Van Veen – Basses / Sharon Den Adel – Vocaux, parolier / Ruud Jolie – Guitare / Martijn Spierenburg – Claviers / Mike Coolen – Batterie / Stefan Helleblad – Guitare / Robert Westerholdt – Guitare, parolier.


    Liens :
    https://www.youtube.com/channel/UCiSQf6v-4cNmbEFdind5z2Q
    https://www.facebook.com/wtofficial/
    https://twitter.com/WTofficial
    https://www.instagram.com/wtofficial/
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/3hE8S8ohRErocpkY7uJW4a?autoplay=true
    https://music.apple.com/fr/artist/within-temptation/2898551

  • Lutto – Coscienze infelici

    Lutto – Coscienze infelici

    Genre : black / gothic metal
    Label : Remparts Productions
    Sortie : 23 avril 2024

    Note : 80/100 (Seblack)

    Originaire de Sicile et Vénétie, Lutto est un duo fondé en 2020. « Coscienze Infelici » constitue leur premier album après un EP en 2021 et un split avec The Ineffable en 2023.
    Officiant dans un registre mélangeant black metal et influences gothiques, le groupe évolue donc dans un genre assez répandu dans les années 90 mais beaucoup moins en vogue aujourd’hui, si ce n’est dans les arcanes de l’underground. Pour l’occasion c’est Remparts Productions, le label d’Anne Couvreur, qui en propose une sortie en cd, Lutto rejoignant ainsi d’autres formations transalpines déjà publiées sur Remparts (Atra Maurs, Malauriu, Urluk…).

    S’ouvrant sur un tempo rapide rehaussé d’orgue, la composition « Sedotto Dall’ Abisso » s’avère accrocheuse. Le chant rauque, voire caverneux amène ce surcroît de noirceur et les intonations en italien ne manquent pas d’attrait. En bref, les deux grandes influences musicales de Lutto se mélangent avec un certain équilibre.

    Le duo puisant une partie de ses influences dans le cinéma ou la littérature d’inspiration occulte ou gothique, on ne sera pas surpris que sa musique possède un côté théâtral ou cinématographique. « Coscienze Infelici » va ainsi proposer un certain nombre de temps forts où le black va dominer tout en se mêlant à une lead guitare aux accents typiquement gothiques. La basse n’est pas en reste : d’une, elle est bien audible et mise en valeur dans les compositions, de deux, elle est veloutée à souhait et contribue à donner de la profondeur et un côté inquiétant à la musique.

    L’album est aussi traversé de moments d’accalmies, de respirations où le black s’estompe un peu laissant la place à une instrumentation développant des atmosphères plus éthérées mais tout aussi mystérieuses. C’est notamment le cas de« La ballata di Elizabeth » et sur le morceau final « Stato di natura ».

    Au final, ce premier album de Lutto est à mettre au rang des bonnes surprises. « Coscienze Infelici » s’avère d’un bel équilibre : ses influences gothiques et black contrastent et se marient fort bien. Une belle découverte.

    Tracklist :

    1. Sedotto dall’Abisso (07:14)
    2. Occhi senza volto (07:53)
    3. La ballata di Elizabeth (05:53)
    4. Il velo (08:13)
    5. Coscienze infelici (10:57)
    6. Stato di natura (01:18)

    Line-up : Miasma Sulfureo – Basse, chant, claviers / Aconito – Chant, programmation.

    Liens :
    https://lutto.bandcamp.com/music
    https://www.facebook.com/luttoband
    https://www.instagram.com/lutto.band
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/03ou9GHzxZ23H8JAJMiCsc
    https://www.youtube.com/channel/UC1QQpr4GAPS2Nl33hxaqn

  • Voidwomb – Spiritual Apostheosis

    Voidwomb – Spiritual Apostheosis

    Genre : Black Metal
    Label : Avantgarde Music
    Sortie : 26 Avril 2024

    Note : 75/100 (Didier Le Bail)

    VOIDWOMB est un quintet Portugais de black metal, né en 2019 dans la ville de Viana Do Castelo dans le nord du Portugal. Après la sortie d’un mini LP en 2021 les Lusitaniens nous délivrent en 2024 leur premier album intitulé “Spiritual Apostheosis”.

    Six véritables titres composent cet album, enfin six si l’on considère le premier comme une intro, d’où son nom en latin “exordium”, mais qui aura le mérite de nous mettre l’eau à la bouche et posera des fondations metal solides pour la suite. Suivra un interlude au milieu de l’album (toujours en latin ”Interludium”) qui nous permettra de souffler un peu mais aussi, séparera les six titres restants en deux parties bien distinctes. Et enfin, une outro “Epilogus” qui achèvera cette œuvre de bien belle manière.

    Mais revenons à cet interlude, ce n’est ni plus ni moins qu’un passage rituel aux sonorités froides et sombres qui nous rappellera aisément les polonais de Behemoth sur leurs derniers albums et qui nous fera rentrer le groupe dans la catégorie de “black metal occulte”. Mais pour le reste nous avons droit à un Black Death brutal où le growl typiquement death metal est profond et impressionnant, avec quelques interventions du chant black à la limite du dépressif, surtout sur le titre “Metempsychosis”. Sur les autres, l’apparition d’un chant clair, sombre et inquiétant, que j’appellerai liturgique, est plutôt bien senti. Les suédois de Mephorash ou les grecques de Rotting Christ ne sont pas très loin.


    Les moments forts se situent plutôt dans la deuxième partie de cet album, avec les titres “Vesselvoid » / « Azoth » / « Coagulation ». La puissance et l’intensité de cette triplette vous mettront un genou à terre et finira par vous achever avec la douce sensation de recevoir un parpaing dans la figure. Franchement, je pourrais faire beaucoup de kilomètres et  je paierais très cher pour subir ce genre de sévices en concert.

    Certes, ce premier album n’est pas parfait, je note quelques imperfections, notamment au niveau du fondu de fermeture de certains titres et les blancs entre les titres qui sont un peu trop longs à mon goût. Ils ont une fâcheuse tendance un peu à casser l’ambiance et l’énergie de ce disque. Des défauts qui seront facilement gommés à l’avenir, je pense. Mais avec un tel potentiel de création, nul doute que Voidwomb pourra prétendre jouer un jour dans la cour des grands, car musicalement parlant cela reste quand même très convaincant et bigrement efficace, et mériterait que l’on surveille de près les prochaines sorties de ce groupe. C’est du moins ce que moi, je pense faire dans le futur.


    Tracklist:

    1. Exordium (Intro)
    2. Metempsychosis
    3. Black Putrescence
    4. Liberation
    5. Interludium
    6. Vesselvoid
    7. Azoth
    8. Coagulation
    9. Epilogus (Outro)

    Line-up : F.S.Void – Basse, Choeurs / Noctvs – Batterie / Lord – Guitares / Fractal – Guitares / M.S.Vøid – Chants

    Liens :

    https://voidwomb.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/Voidwombband

    https://www.instagram.com/voidwomb_band