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Live Report – Sarmates.

Sarmates

Sarmates (Brasserie de l’Apocalypse)

11 mai 2024

textes : Ymir

Photos : Rachelle Photographie (Instagram rachelle.bocage)

Vidéos : Rachelle Photographie

Prenons la route des enfers… Enfin seulement celle qui mène à ce lieu au fin fond des bois, la Brasserie de l’Apocalypse. Entouré d’arbres et de végétation, caché derrière un bout de forêt, ce lieu offre un cadre plus qu’idéal pour les concerts de ce genre. 

Une salle sympathique dans son plus simple appareil, un bar qui offre de la bière brassée sur place aux goûts plus surprenants les uns que les autres, de la blonde, de la brune, de l’ambrée mais aromatisée par des fruits atypiques. Ici la bière à la betterave est terriblement bonne ! L’équipe se souvient encore de Satanas Ebrietas Conventus et sa Stout ! 

Le décor s’installe tout doucement en extérieur, le temps s’y prête bien : un soleil de plomb sur la Normandie. Pas de nuage perturbateur pour venir faire faux bond au show enflammé. 

Le food truck “Oh my truck” est présent pour l’événement, habitué de la brasserie. Il servira ses burgers/frites de qualité, rassasiant les fêtards présents. 

Une fois le soleil déclinant, le groupe se met en place. Sarmates, un nom peu commun à l’histoire tout aussi surprenante. Sarmates est le nom d’une tribu d’Asie centrale, une tribu de nomades, dont s’inspire le chanteur Laurent, également passionné d’histoire. 

Les Romains ayant déplacé des tribus dites barbares, celle-ci se sont croisées, mêlées, etc… Et c’est de cette union et mixité que le concept du groupe est venu. Un rock/metal selon les morceaux, teinté de sonorités orientales.

Pour le concept, ils ont même créé un instrument, le Samarta, un corps de guitare avec un manche de Saz (instrument ressemblant fortement à un Luth originaire d’Irak), donnant des sonorités orientales. Ce fut pour moi l’occasion de voir un tel instrument, et de l’entendre aussi !

Toutes leurs musiques reposent sur les quarts de notes, ce qui donne ces sonorités si atypiques pour nous, occidentaux. Par ailleurs, Laurent, le chanteur et créateur du groupe, vocalise dans plusieurs dialectes, parmi lesquels on retrouve du Perse, du Mongol, du Russe, de l’Italien et de l’Anglais. 

Sarmates nous propose donc un voyage spirituel et musical sur fond d’histoire dans les steppes d’Asie-centrale, ainsi qu’un show sur base de feu par sa troupe.

Le concert : 

Le groupe ouvre le concert avec “Kotüyüm” qui est un titre relativement lent, accompagné d’une espèce de croassement du chanteur. Il s’agit en fait d’un dialecte d’une tribu Mongol. Les riffs sont assez efficaces, et le public semble surpris, ne pas savoir à quoi s’attendre. Sur scène, de petits lampions sont posés illuminant la scène d’une aura empreinte de mysticisme, qui s’en retrouve renforcé par le chant atypique.

Puis s’enchaîne un second titre, plus oriental et traditionnel, tirant sur un grunge faisant penser à Nirvana dans son riffing, avec une touche orientale. Les lyrics sont envolées par moment, ponctuées par la batterie qui donne le rythme. Quelques variations rythmiques se font entendre. 

Le chant est plutôt heavy/Rock, on sent l’influence de Mötley Crüe du chanteur, la présence de cracheur de feu renforce cette ambiance nomade, on se surprend à penser au festival post-apocalyptique Wasteland aux USA. 

La surprise se dissipe et le public semble conquis, il entre peu à peu dans cet univers déroutant que nous propose Sarmates.

Le troisième titre est plus arabisant que les deux premiers, il se nomme “Sherazadjanam”, sa structure est pourtant très différente, un chant alterné entre le chant Mongol et un chant qui me semble être du Perse. Une mélodie qui tire vers le rock sur un tempo plutôt calme, mais qui garde son efficacité. L’ensemble est uniforme et la batterie casse l’éventuelle monotonie que l’on peut ressentir. 

S’ensuit un son plus martial, rappelant des tambours de guerre. Une fois que la guitare entre dans la danse, on se retrouve immédiatement du côté Est, en Russie et ses toundras. Le chant est cette fois en anglais, avec des accents punk. Le chanteur a un bon coffre, qui lui permet de tenir des notes longues, l’ensemble des musiciens maîtrise les instruments, et sur cette partie le Sarmata de Laurent conquiert et apporte une nouvelle saveur à cette musique. 

La gestuelle tribale offre un spectacle pour tous.

S’ensuit un titre acoustique, sur le début. La présence d’une femme avec une barre de feu attire le regard du public, puis le son devient plus industriel, plus électrique. Le croassement de Laurent se pose en harmonie et s’imbrique dans les riffs. On est clairement dans une ambiance post-apocalyptique nomade avec des références tribales sur ce titre. La présence du feu renforce cette immersion.

Le sixième titre est “Fallen Angel”, un rythme plus énervé et agressif, un chant plus sauvage et criant que le précédent titre, mais teinté d’un petit côté heavy rappelant toujours l’Est lointain. Le spectacle est génial avec une toile enflammée qui fait son effet.

Le côté mystique est renforcé cette fois par une espèce de fumée/encens diffusée par les cracheurs de feu. Le chant devient lupus hurlé et agressif, il est omniprésent et indissociable de la musique et de la prestation scénique.

Ce titre nous emporte au fin fond de la Sibérie, une mélodie faisant penser à la culture russe émanant du groupe. Les steppes glacées se dessinent dans notre esprit avec un show digne de cette ambiance et un chant cette fois en russe.

La passion se dégage du groupe et on sait qu’ils sont dans leur élément.

Laurent invite même le public à se joindre à lui sur un refrain plus facile d’accès pour nous, occidentaux. 

Le show continue avec un spectacle de deux combattants croisant le fer enflammé d’épées, illustrant une tension de combat . 

Un chant clair mais puissant, une musique entraînante tout y est.

Nous voici à la fin de soirée et donc de ce report. Un groupe à suivre indéniablement, les conditions de l’extérieur n’a pas forcément servi le groupe, mais ne l’a pas desservi non plus. Un show spectaculaire qui ravira le plus grand nombre, le public venant de larges horizons. Avec un peu plus de communication sur les prochains événements je ne doute pas que la notoriété leur sourira. Une set list à revoir selon moi, afin d’éviter les coupures de rythme, mais je ne connais pas une setlist qui ne change pas. 

C’est une première pour le groupe qui voulait jouer ce spectacle pour une future promotion du groupe, c’est un pari réussi, et une expérience innovante et surprenante que je ne peux que vous recommander. Allez y poser une oreille et les voir en concert ! Leur premier album est sorti le 6 juin 2024.

Merci à Sarmates pour leur confiance, une chronique arrivera bientôt dans ces pages !

Merci à la Brasserie de l’Apocalypse de permettre un tel spectacle et à Oh my Truck pour la nourriture !

Lien vers la chronique du dernier album : https://www.memento-mori-webzine.fr/2024/06/06/samartes-samartes-2/

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