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Oceans of Slumber / Where Gods fear to speak

OoS

Genre : « Dark Cinematic Metal »
Label : Season of Mist
Sortie : 13 Septembre 2024

Note : 85/100 (WvG)

Contrairement à ce qui est indiqué dans le nom du groupe, la musique d’Oceans of Slumber n’est pas de tout repos, et ce sixième album intitulé Where Gods fear to speak ne viendra certainement pas contredire mon propos.

Houston, a-t-on un problème ? Non… Le quintette texan exerce dans le Metal progressif mélodique depuis 2011 et cet album ne déroge pas à leur règle puisqu’il propose des morceaux hargneux et variés au fil de neuf pistes, la dixième étant une reprise – bienvenue – de Chris Isaak (« Wicked Game »).

Hargneux, certes. Parce que le riffing est acéré et précis. Varié, évidemment… c’est du prog, ça tombe sous le sens. « Chiant, donc » diront certains ? Bah… en fait ça dépend : si vous ne réfléchissez qu’en structures linéaires, c’est sûr que vous allez passer un mauvais quart d’heure… enfin un peu plus de trois, en fait (56 minutes). Par contre, les habitués du genre vont s’y retrouver, surtout si vous êtes biberonnés à The Gathering, Dream Theater (à moindre mesure) et Epica/Mayan.

Je pense qu’après avoir visionné la vidéo ci-dessus vous comprendrez aisément pourquoi je fais référence à ces modèles : la voix de Cammie Gilbert-Beverly ne serait sans évoquer celle d’Anneke van Giersbergen mais également celle de Skin (Skunk Anansie) sur d’autres morceaux (« Wish » par exemple), cette chanteuse alternant beaucoup de techniques vocales démontrant l’étendue de sa palette, tantôt sirupeuse, tantôt aguicheuse, tantôt chaleureuse, généreuse… mais aussi teigneuse. Du point de vue instrumental, on se sent déjà dans un univers sonore coutumier dès les premières notes du single éponyme de l’album avec une entrée en matière assez souple dans la brutalité qui fait penser à nombre d’albums de DT mais aussi la conception de morceaux tels que dans le raisonnement musical de Mark Jansen pour Mayan par passages et Epica assez souvent. On retrouve d’ailleurs cet aspect musical et surtout mélodique-harmonique au fil de l’album : « Don’t come back from Hell empty handed » aurait très bien pu être écrit pour Floor Jansen dans la période After Forever.

L’album se clôt donc sur la reprise du cultissime morceau de Chris Isaak, quelques grammes de finesse dans un monde de brutes ; c’est justement le risque que celui de s’attaquer à un morceau culte : se foirer. Ce n’est pas le cas ici : l’arrangement acoustique en duo piano/guitare folk de ce que j’appelle mon « morceau dodo » est tout à fait honorable et pas inintéressant, ne dénature pas l’original et reste dans le caractère initial de la composition de son créateur tout en ajoutant à la démonstration de l’étendue vocale de la chanteuse du groupe. On pourrait comparer cette version revisitée à celle du « Mad World » de Tears for Fears par Gary Jules.

Ce qui est assez bien conçu, c’est que l’album fonctionne un peu comme la bande originale d’un western, qui se terminerait par un morceau qui lui-même sert de titre phare à la BO de Sailor et Lula de David Lynch – si vous n’avez pas encore vu ce film qui méritait sa Palme d’Or 1990, allez-y : le couple Cage/Dern est mémorable et Willem Dafoe est tellement malaisant…

C’est un bilan nettement positif que celui de l’écoute d’un tel album pour quiconque aime la variété (loin du péjoratif qu’on attribue à ce terme) : très clairement, ce groupe ne mérite ni de tomber dans l’oubli ni dans le sommeil, il ne reste plus qu’à vous, les ronds de cuir (et de clous), de donner sa chance à leur musique.

Tracklist:

1. Where Gods fear to speak (6:25) 
2. Run from the Light (5:15)
3. Don’t come back from Hell empty handed (8:28)
4. Wish (3:53)
5. Poem of Ecstasy (6:33) 
6. The Given Dream (3:36)
7. I will break the Pride of your Will (5:27)
8. Prayer (5:03)
9. The Impermanence of Fate (6:20)
10. Wicked Game (5:26)

Line up : 

Cammie Beverly – Chant / Dobber Beverly – Batterie, Piano / Semir Ozerkan – Basse / Alex Davis – Guitare / Chris Kritikos – Guitare, Claviers

Liens : 

https://oceansofslumber.com/
https://www.facebook.com/oceansofslumber/
https://www.instagram.com/oceansofslumber/?hl=en
https://www.youtube.com/user/oceansofslumber
https://open.spotify.com/artist/2JSza6IRxLr1Ez3wqKd0SY?si=aWrsTRHCSCemMNRQaSk5tw

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