Genre : Primal Death Metal Label : Crypt of Dr Gore Sortie : 14 Février 2025
Note : 80/100 (Mémé Migou)
Vendredi 14 février 2025 (on a failli se faire un vendredi 13… mais il faudra bien se rabattre sur la fête de l’amour, celui qui dégouline par tous les pores), Mémé vous invite à une surprise party !
Venez donc célébrer l’amour comme il se doit, à coups de chaînes et de menus plaisirs, mais aussi d’un buffet rituel cannibale. Au menu, du gras, encore du gras et surtout… du gras ! (C’est très bien, le gras, ça lubrifie, tout passe mieux avec du gras).
Et pour pimenter la soirée, Mémé vous propose un blind test. Alors, prêts ? Hop ! J’insère l’album tout chaud de Horoh et… piste 1.
– Hellraiser !
Pas mal… Passons à la piste 6.
– Massacre à la tronçonneuse !
C’était cadeau, celui-ci, hein. Trop fastoche. Maintenant, la piste 8.
– Event Horizons
Mouais… Et cet outro ? Ça vous parle ?
– Pas facile… Les Diaboliques, peut-être ?
Vous l’aurez compris, on navigue ici dans une Horde of Horror . Des films gore en veux-tu en voilà. Avec, bien entendu, le propos qui va avec. Penchons-nous simplement sur ces deux titres : « Chains and Pleasures » pour Hellraiser ainsi que « Family Values » pour Massacre à la tronçonneuse.
Je vous vois là, trépigner d’impatience en marmonnant dans votre barbe que, oui, je suis certainement passée à côté de titres de films… Il faut bien vous avouer que je ne suis pas franchement la plus grande connaisseuse en films d’horreur et encore moins gores. Donc, vous savez ce que vous allez faire ? Vous allez gentiment rajouter les références que vous avez relevées, en commentaire.
– Hey Mémé ! Tu nous mets des slows ?
Non, je ne vais pas vous claquer des slows, mais bien des seaux d’amour putride dégoulinant autant que visqueux. Un amour pour le gros Death des années 90, un Death Metal qui n’est pas sans rappeler le Brutal Death/Grind de Mortician. On a les riffs qui griffent la peau, qui cisaillent, le swipping, les cris inhumains (oui, j’ai laissé le line up en anglais, tant que je trouvais poétique ainsi) de J et… la putain de grosse voix de S (hin hin hin, Mémé sait le reste des lettres… elle pourrait presque jouer au pendu).
Un petit retour en arrière s’impose. Il y a un an quasi jour pour jour, Mémé chroniquait une aberrante « Aberration », par ce qui était alors un one-man band, Horoh. Sur cet album, j’y retrouvais la folie “composale » de J que j’avais déjà adorée dans son autre one-man band mais Black Metal cette fois, Tattva. Il y avait également un morceau qui changeait du reste, plus lent, plus lourd, avec un guest de renom, S. Eh bien, ces deux-là se sont tellement bien trouvés qu’ils ne se sont plus quittés. Ahhhhh… l’amouuuuur…
Donc un peu plus d’un an plus tard, Horoh, devenu deux, accouche d’un nouvel album, Horde of Horror. Ah ! Pour ça, le bébé est en pleine forme, il crie… mais qu’est-ce qu’il crie ! Pour autant, il a les yeux de son père et la voix de son autre père. Qu’est-ce que je veux dire par là ? Que le couple a vraiment tout partagé. Bien entendu, J est aux manettes sur tout l’aspect musical et de composition. Mais S a pu donner de sa voix et pas uniquement dans le chant. Il était partie prenante dans la composition et l’objet final. C’est donc une nouvelle direction que le projet prend, celle déjà dessinée par ce fameux morceau avec guest du premier album.
– En d’autres termes, tu veux dire quoi, Mémé ?
Que l’album, malgré des titres entre 1’30 et un peu plus de 4 minutes, aborde la plupart de ses pistes de façon lourde et poisseuse. Le chant de S n’y est pas pour rien. Sa voix rajoute à cette ambiance étouffante. Quand on découvre pour la première fois cette basse (je parle de la tessiture de la voix), qui parfois growle, parfois gruik, parfois débouche les éviers, C’est simple, si vous fermez les yeux, vous avez l’impression d’être dans le bureau du Proviseur en train de vous faire sermonner. Vous accusez le coup… jusqu’à ce que vous entendiez le rire dément de J, qui vous tire de votre hébétude (vers 1:00 sur la seconde piste, véritable ode à Mémé, « A Party at Granny’s » ).
On va donc naviguer de piste en piste, de tempi lents et sales en breaks plus lourds encore, sans oublier les samples de slashers. Mais le bébé n’est pas monolithique. On a également du mid-tempo qui s’acoquine de légères accélérations qui ne semblent pas en être car en réalité, on passe du binaire en ternaire (on retrouve là tout le génie de J)… Pour vous le prouver, écoutez le troisième titre ; « Born of Stiches », qui partira aussi en accélérations dès 1:50 et ce jusqu’au bout du morceau.
« Welcome to Hobbs End » peut aussi faire partie de ces morceaux de bravoure qui démontrent le talent de J, avec ce côté foutraque que j’adore, et des breaks assez délirants. Et plus on avance, plus on retrouve cet esprit « ça part dans tous les sens et c’est ça qui est bon ».
Maintenant, il faut bien avouer aussi que les débuts de morceaux sont tous sensiblement calqués sur le même schéma : la présentation du riff, introduction de la voix et ça change de tempo… D’ailleurs les riffs sont globalement resserrés, nerveux, et scandés. Un côté simple aussi qui donne cette touche grind friendly. Ce qui n’empêche pas le jeu de guitare qui peut parfois prendre des tournures à la Morbid Angel avec ses swippings.
Mais ce qui va beaucoup surprendre au premier abord, c’est la voix adipeuse et boursouflée de S. (Oui, je reviens sur le sujet, parce que quand même, on ne peut pas passer à côté ! D’autant plus qu’il n’y a aucun filtre dessus..) Comment peut-il descendre si bas ? Il a les Enfers dans le gosier, S, c’est pas possible autrement ! Il y fait si chaud qu’on suffoque, il nous étouffe comme une pomme qu’on enfonce au fond de la gorge. Et vous savez quoi ? On en redemande. Et l’alliance des deux tessitures, celle de S et celle de J, plus aiguë, décharnée, rend le tout démentiel.
On clôture l’album sur une outro de 1:34, « Vault of Sin », entièrement faite de sample et d’un accompagnement musical entre le poisseux et l’éthéré. Un côté plus aérien qui se termine dans les entrailles de la terre.
Horoh prend, avec Horde of Horror un presque nouveau virage, celui qu’on pouvait voir poindre sur l’un des titres du précédent album. Fort de ses 13 pistes, et servi par des artworks de toute beauté signés Moki, il a une première lecture qui va vous sembler tout à la fois simple et étouffante. Mais laissez infuser un peu, offrez-lui plusieurs écoutes et toutes les subtilités et trouvailles de composition vont vous sauter aux oreilles. Le tout est gluant, lourd, crade. C’est comme l’amour, ça nous colle à la peau. Alors, joyeuse Saint-Valentin !
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