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Aether – Verfallsschemen (2025)

 

Genre : Black Metal
 Label : Amor Fati Productions
Sortie : 18 Décembre 2025
Note : 85 / 100   (LB D)               

Aether fête ses vingt ans d’existence cette année, ce qui, avouons-le, est relativement exceptionnel pour une formation évoluant dans le milieu underground. Malgré ça, leur discographie demeure assez maigrichonne puisqu’ils n’ont publié qu’un split et deux albums au cours de cette période. Le premier, intitulé Ego Vitium Sum, est paru en 2018, tandis que le second, au titre difficilement prononçable Verfallsschemen, a été lancé en décembre dernier. Cela peut sembler peu mais cette situation s’explique vraisemblablement par le fait que les membres d’Aether appartiennent ou ont appartenu à divers groupes très actifs, tels que Total Hate ou Drudensang, pour ne citer que les plus connus.

     *

Avant de rentrer dans le vif du sujet, parlons un peu de cet artwork tout en noir et blanc et quelque peu énigmatique. Cette image représente des personnages dissimulant leur visage, comme s’ils cherchaient à cacher le désespoir qui les habite. Ils sont agenouillés sur un sol composé uniquement de branches et de crânes humains. Le paysage qui les entoure se veut sombre et inquiétant, tout comme le ciel, qui apparaît particulièrement menaçant. Cette illustration pourrait constituer un premier indice quant à l’univers musical dans lequel nous devrions évoluer. Plusieurs autres éléments pourraient vous mettre la puce à l’oreille, notamment le titre choisi pour cet album, Verfallsschemen, que l’on pourrait traduire selon mon service de traduction préféré (désolé, je n’ai pas étudié l’allemand à l’école) par “Schéma de Déchéance”. L’introduction de “Trümmerwelten” n’est pas mal non plus, avec ces voix lointaines qui se font entendre puis se transforment progressivement en hurlements suraigus, le tout est accompagné par une partie de piano pure et mélancolique. Ces cris effroyables pourraient nous faire imaginer que nous sommes plongés dans une salle de torture médiévale, tellement ils vous saisissent et vous prennent à la gorge. Tous ces éléments mis bout à bout suggèrent donc que nous sommes conviés à un voyage au cœur du Black Metal Dépressif. On pourrait ajouter également le chant poignant d’Eternal qui s’inscrit pleinement dans ce registre, notamment à travers ses cris de désespoir venant tout droit de ses entrailles.

Oui mais voilà, il serait quand même réducteur de limiter cet album à un simple disque de Black Metal Dépressif car les Allemands ont beaucoup plus à nous proposer. En effet, le groupe réussit à travers ces quatre longs morceaux à nous offrir un son à la fois puissant et furieux, tout en conservant cette approche mélodique propre au Black Metal allemand dans son ensemble. Les riffs sont particulièrement féroces et acérés, s’éloignant notablement de ce que l’on retrouve généralement chez les groupes à tendance suicidaire, ce qui s’harmonise parfaitement avec le chant d’Eternal qui, par moment, peut être troublant et mélancolique. 

Comme mentionné plus haut, ce deuxième opus est constitué uniquement de quatre titres. Bien que cela puisse paraître peu, la durée totale avoisine néanmoins les quarante minutes. Les morceaux “Trümmerwelten” et “Die alte Stunde” approchent chacun les dix minutes, tandis que “Ins Nichts… “ atteint précisément treize minutes. Le morceau intitulé “Verfallen” est le plus court de l’album, avec une durée de six minutes et trente secondes. Il se distingue par ses riffs mélodiques empreints de fatalisme, alternant des passages purement Black Metal avec des parties plus lentes et sombres. De plus, une section parlée en allemand, lui confère une dimension narrative évoquant des formations telles qu’Antrisch ou Wallfahrer. “Ins Nichts… “ constitue selon moi le meilleur titre de l’album : il débute par une courte section acoustique avant d’enchaîner sur un mid-tempo d’une grande beauté qui dure plusieurs minutes. S’ensuit une accélération fulgurante accompagnée d’un long riff qui s’étire à l’infini qui ne vous quittera plus malgré les divers changements de tempo. Hormis le chant désespéré d’Eternal, ce morceau s’apparente plus à du Black Metal Atmosphérique, comportant des passages lents particulièrement mélodiques, saisissants et tout à fait remarquable

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Pour conclure, je pense que cette œuvre saura captiver l’auditeur dès lors que celui-ci acceptera le chant si particulier d’Eternal, ce qui ne devrait pas poser de difficulté pour les amateurs de DSBM. Je trouve cet album plus complexe et plus riche que le premier opus. Cependant, malgré ses quarante minutes, il défile à une vitesse folle, on ne voit pas le temps passer et, au bout du compte, l’envie d’y revenir est indéniable, ce qui est généralement plutôt bon signe. Au départ, il peut sembler peu accessible voire monotone et dépourvu d’impact ; ce n’est qu’après plusieurs écoutes attentives que j’ai pu en apprécier pleinement sa valeur et y discerner comme une forme de beauté sombre et macabre. Finalement, avec le temps, cet album s’est imposé chez moi comme l’une des belles surprises de cette fin d’année 2025.

Tracklist : 

01 – Trümmerwelten

02 – Die alte Stunde

03 – Verfallen  

04 – Ins Nichts… 

Line-up : 

Eternal – Vocals

Abortio – Basse

Shardik – Batterie

Untergang – Guitare

Aer – Guitare

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