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Du Metal… mais pas que !

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Billet d’Humeur – À la vôtre

À la vôtre, une thématique sur la santé mentale dans le metal et dans la musique en général

Ce ne sera pas un « billet d’humeur » ou une « réflexion »… Ça sera les deux.

Un billet de WvG
à lire, savourer, commenter…

Parmi toutes les inventions improbables que sait faire naître la science-fiction, il en est une que j’aurais voulu voir apparaître : un processus qui permettrait de stocker et mémoriser les diverses idées avec aucun effort pour ce faire. Pas de vocal à enregistrer H24, pas de post-it qui tapisse des murs, pas de feuilles volantes griffonnées de part et d’autre, pas de PC perpétuellement allumé sur un fichier Words déclinable en multiples fenêtres ouvertes simultanément…

Bonjour ! Il est cinq heures du mat’, heure ancienne, et ça fait deux heures déjà que je fais la crêpe dans le lit. Pourquoi, me direz-vous ? Simple : un bruit m’a réveillé… ce qui a entraîné un processus destructeur en chaîne : une pensée, qui s’enchaîne à une suivante, qui amène à une autre. Tiens ? Un autre bruit… Au fait, t’as pensé à ça ? Mais franchement, ça… Et puis ça ? Mais au fait, de quoi je parlais et qu’est-ce qui m’a mené à cette réflexion ?

En général, quand je rédige un papier, je le fais d’une traite : mon cerveau a déjà construit son raisonnement de l’alpha à l’oméga sans discontinuer et sans même que je m’en rende compte, sauf en relisant pour corriger les coquilles parce que je tape vite tellement les idées se bousculent. C’est simple – enfin… simple… on va relativiser cette notion dans mon flot de baratin – : imaginez un orchestre dans votre tête qui sait déjà quelle musique il va jouer, quelle sera la couleur du rendu, qui entend la totalité de l’œuvre finie avant qu’elle soit jouée et qui aurait besoin d’un chef pour tout canaliser et synchroniser…

Je vais donc aujourd’hui parler avec vous – enfin, c’est une image puisque je le fais seul, probablement tout seul puisque je ne sais si et quand cet article sera lu ou même s’il le sera… mais qu’importe, ça me vide l’esprit quelques instants – de santé mentale, LE sujet qui semble avoir vent en poupe depuis quelques années à tel point qu’il « faut » en parler partout y compris dans le domaine de la composition musicale, parce que ça deviendrait fédérateur. Je ne passe pas sous silence mon dégoût prononcé pour les profiteurs et les hypocrites – si vous en doutiez, relisez mes précédents baratins, non que ça en vaille le détour mais surtout ça ne cache rien de mon opinion sur le sujet. Et quel beau repère de tarés que le monde du Metal, croyants ou pratiquants, même si ces derniers sont généralement les plus à même de l’exprimer non en mots mais en sons. De facto, je ne placerai pas de morceau de musique, ce serait contre-productif : chacun en trouvera résonance en un ou des morceaux selon son vécu et son background, les blessures dans lesquelles il ou elle se reconnaît au travers de telle ou telle chanson, parfois même basiquement un rythme ou une sonorité ; l’incidence de mon propos biaiseux n’aurait donc aucun intérêt puisque la notion même de Musique est fluctuante, personnelle et individuelle. Singulière en somme pour toute personne qui réfléchirait à la raison pour laquelle il ou elle est sensible à certains genres musicaux voire à la musique dans sa globalité.

Contrairement aux habitudes (lol), ce ne sera pas un « billet d’humeur » ou une « réflexion »… Ça sera les deux.

Je « fais partie de l’équipe », comme on dit. Du moins comme on dit entre personnes conscientes d’avoir un trouble du spectre autistique, diagnostiquées ou pas, honnêtes avec elles-mêmes ou pas. Et les théories et avis abondent sur le sujet, avec le regard jugé bienveillant de la science pour certains quand vox populi alterne entre l’intérêt personnel à se croire dans une caste « supérieure » et la réalité de la situation ressentie par le dit « malade ». Dans mon cas, on ajoute « tardif » ou « adulte » parce que jamais décelé précédemment (sauf entre chiens renifleurs qui « font partie de l’équipe », comme un de mes instits en CM2 mais…) ; je viens d’un temps où la psychiatrie et psychologie – voire psychanalyse – ne s’intéressaient guère ou pas au sujet tant que ce n’était pas nuisible à la société : un connard qui flingue/a flingué sa vie, on en connaît tous un ou deux, et ça n’impacte pas la nôtre, n’est-ce pas ? En ce temps, vous ne vous autodiagnostiquiez pas « HPI », « TSA » ou « Hypersensible »… Au mieux on vous faisait passer une batterie de tests de QI qui offraient des datas inexploitables. D’ailleurs, on ne vous classait potentiellement que dans une seule catégorie : « surdoué ». Et deux réactions principales arrivaient de la part des géniteurs mis au pied du mur de cette dénomination et catégorisation : la fierté ou la crainte ; j’ai reçu la troisième : le déni.

Je suis né vieux, pour des raisons inhérentes à ma propre histoire et les responsabilités d’adulte que j’ai eu tôt à prendre. Mais la problématique existait déjà préalablement, hein… J’imagine que ce n’est pas le traumatisme qui engendre la problématique mais qu’il y a des prérequis. Je vous faisais une analogie plus haut avec un orchestre : imaginez que chaque instrumentiste ait une question qui le taraude et qui nécessite une réponse pour pouvoir avancer, puis essayez de faire jouer cet orchestre harmonieusement, le rendre efficace à l’endroit de son objectif, l’optimiser pour le faire fonctionner correctement… « normalement »… Et bien non, ça ne fonctionne pas, du moins pas comme ça : le « simple » devient « complexe » et le « compliqué » une « évidence tellement logique qu’on ne comprend pas pourquoi tout le monde ne pense pas pareil ». Justement parce qu’on a beau se débattre, essayer de démontrer qu’en faisant ça, blablabla, on se heurte à un mur, souvent bâti par des personnes n’ayant pas conscience du problème ou se bornant à ne pas vouloir le voir ni même le pressentir. Et on se sent seul… très seul… au point de glorifier cette solitude puisque se démener à expliquer ce qui déjà a été un bordel intense à organiser, cantonner dans certaines cases, dans des blocs mémoire, ne trouve écho dans aucune oreille, n’aboutit à rien à part s’accumuler dans une tête déjà bien trop remplie pour au final que rien ne change et se retrouver face au constat de cet échec à tenter d’exprimer, de s’exprimer pour, finalement ne pas se faire comprendre et se retrouver face à deux types de réactions des autres individus nous entourant : la peur (« T’as vu, il est bizarre… si ça se trouve… ») ou le dénigrement (« Hé, les gars/filles, z’avez vu le/la taré/e, on est d’accord qu’il est taré, hein ? Allez, on va l’insulter, le basher… et au cas où, l’utiliser ou le boxer, c’est vous qui voyez… »). C’est d’ailleurs pour cette raison que vous lisez actuellement ce qui sera certainement un si ce n’est le dernier article que j’écrirai. Non, si je dois me vider la tête, je le ferai en m’abrutissant le cerveau de trucs « simples » comme des énigmes ou associations d’idées via des moyens ludiques qui me permettront de focaliser ma pensée sur un seul sujet, un seul biais unidirectionnel pour faire une pause à un moment dans le vacarme intérieur, tout en ayant conscience que ce bruit sourd reviendra sous peu, mais pas en m’aérant la tête avec une balle. [NB : après la phase de relecture pour escamoter les coquilles, je me rends compte que je n’ai pas tenu toute la rédaction de ce papier sans avoir besoin de me vider la tête en faisant autre chose simultanément…]

On passe de sacrés bons moments ensemble, enrichissants à souhait… Non, évidemment : je combine très fréquemment sarcasmes et ironie puisque c’est le seul langage qui peut permettre de faire rebondir sur une réflexion quand être face à des réalités fait fuir. Oui, je suis le connard, voire un connard, qui va appuyer sur le point qui dérange, qui va provoquer non pour le plaisir, non sans but, mais pour apporter un point de vue différent, rarement radical puisque faisant appel au rationnel et pas l’émotionnel – ça, je le garde pour moi, je suis le seul qui doit en pâtir et pas mes congénères qui, a priori, n’y sont pour rien, sauf quand leur illogisme est la mèche allumée par leurs soins du bâton de dynamite cérébral. Les divers spécialistes que j’ai consultés dans le domaine de ce TSA m’ont toujours dit d’arrêter de me dénigrer en utilisant ce terme de « connard », que c’est se rabaisser alors que ce « petit truc en plus » est une « force »… Euh… non, c’est une tare, avec laquelle tu fais au mieux pour vivre sans que ça te bousille davantage ta vie « normale ».

Je suis « perfectionniste ». Vous savez, le mot honni de tout processus de recrutement soit parce que ça sonne cliché, soit parce que ça sent l’emmerdeur. Je suis de ce second groupe. J’ai travaillé dessus, évidemment, appris à mesurer ma pensée, à ne pas la dire frontalement (du moins pas trop) mais en gérant tant bien que mal la diplomatie (ce qui dans les faits ne marche pas face à quelqu’un qui ne veut pas voir/entendre ou n’en a même pas conscience) et tant que faire se peut à l’instant T, prendre conscience que la perfection n’est pas de ce monde et surtout pas dans mon cas. Mais forcément, le perfectionnisme mène à l’usure psychique, l’insatisfaction, la frustration, un ressenti d’inabouti… Et ce perfectionnisme, bien qu’on soit conscient des enjeux et de son inaccessibilité, on se l’impose. Pour entrer dans des cadres ou des cases par exemple. Parce que cet absolu apporte une réponse, une fin. Je vous donne deux exemples de questions existentielles (littéralement) qui me taraudent depuis tout gamin (je vous passe celle de la vie après la mort, elle est davantage métaphysique et n’aura de réponse qu’au moment idoine) : « d’où vient la vie », traductible en version longue par « qu’est-ce qui fait qu’une cellule se multiplie pour créer un être conscient de sa conscience, de sa mortalité, de son questionnement sur son questionnement » (en fait, c’est une version courte de ma longue question), et « qu’est-ce que l’univers », traductible en… en des phrases trèèèèèès longues. Autant dire que le fait de ne pas avoir de réponse, même en allant se cultiver sur l’astrophysique ou la microbiologie qui, elles-mêmes, ont leurs limites, celles du théorisable sans réponse « simple », est totalement insatisfaisant.

Je ne suis personne. Comme vous l’aurez deviné, si je rédige présentement sous un pseudo, ce n’est pas le seul que j’utilise ou ai utilisé depuis de nombreuses années. Pourquoi ne pas le faire à visage dévoilé, me répondrez-vous ? Parce que ça n’a strictement aucun intérêt, au-delà d’ajouter une couche à mon syndrome de l’imposteur – oui, ça aussi, ça se cumule en général avec toutes ces petites joyeusetés qui émaillent la vie des « tarés ». Si ça se trouve, vous me connaissez, de vue, de loin, de près, on s’est déjà croisés, on a peut-être discuté ensemble (ce dont je doute, je suis taiseux mais affable, peu amène ou disert puisque je n’ai rien à raconter sauf une succession d’échecs sur le plan du perfectionnisme quand d’autres disent qu’il y en aurait trop… chacun son point de vue, parler de réussites médiocres revient à accentuer le coup de bâton du perfectionniste et amplifier le syndrome de l’imposteur). Subséquemment, je suis personne et tout le monde à la fois. Je suis la petite voix dans ta tête, toi qui me lis. Et éventuellement tu es moi, ou je suis toi, peu importe, si tu te reconnais dans mes propos. N’étant personne, je suis soit ta propre petite voix qui lit et dit ces mots dans ta tête, soit une autre voix, peut-être une création imaginaire ou une association à un souvenir de timbre vocal, je suis peut-être Johnny Depp ou Rihanna ou un mélange des deux… Et on s’en fout, aujourd’hui je te parle à toi… Et à toi… Et à toi au fond là-bas… Aux quelques-uns qui pourraient se reconnaitre en mes mots et histoires, en mes images et allégories, en mes jeux de mots foireux ou complexes, en mes coups de gueule et au pourquoi de leur existence. Qu’est-ce qu’on s’en fout de savoir qui je suis en vrai, physiquement ? La pensée n’est-elle pas plus intéressante ?

*

Mais qu’il est long ce préambule ! Quand est-ce qu’il va parler de musique/Metal, ce connard ?! On se calme, j’y viens…

Comme je vous le disais plus haut, je ne suis personne. Au point que vous m’avez possiblement déjà rencontré, pas physiquement mais créativement/« artistiquement » (toujours un problème avec ce terme) par écrit (ici même ou précédemment, que ce soit sous la forme de nouvelles, de planches de BD, autre format écrit), par audio (interviews diverses) ou… par la musique via des compos dans divers groupes par lesquels j’ai pu passer. Je n’en fais pas état, trouvant l’autopromotion totalement immodeste, prétentieuse, donc déplacée. La raison pour laquelle je l’évoque est surtout pour étayer mon propos ; je suis musicalement le fruit d’un métissage entre musique savante, construite et organisée tout en cherchant à exprimer des mots sous forme de notes, de rythme, etc. mais plutôt axée sur l’intellectuel, et de musique populaire, qui va moins chercher l’absolu de beauté mais va miser sur le sensoriel, le rythme, le physique. Effectivement, si vous mélangez, ça ne donnera pas des Chocapic mais du Metal sympho (je vous parlais d’orchestre précédemment, pas de hasard… mais vous aviez compris, je pense). À défaut de réussir à exprimer en mot « simples » ma pensée, ça s’est transcrit depuis tout petit en musique, donc assemblage de sons, de rythmes, de structures et j’en passe tant la définition de ce qu’est la musique, tant relative qu’individuelle, sous des formes complexes, également de l’alpha à l’oméga (et aussi parce que si tu changes des choses ensuite, ça perd de sa spontanéité, ça devient un exercice de style, c’est calculé et plus sincère, ce n’est plus le même état d’esprit, la pensée et l’idée s’en retrouvent édulcorées souvent…) C’est ma langue, mon mode d’expression. C’est de là aussi que vient ma critique précédente sur le « il faut parler de santé mentale », qui dévoile généralement les vrais imposteurs, ceux qui savent qu’il y a une tendance à exploiter pour te faire croire qu’on « fait partie de l’équipe ». 

La musique EST une langue, mais on peut mal traduire une langue ou, pire, mentir dans une langue, encore faut-il savoir le détecter. Seules quelques personnes ont su lire dans les lignes de mes portées et comprendre qu’en vrai, derrière un texte, je ne parlais pas de tel sujet, que derrière telles notes, je ne parlais « pas vraiment de ça mais en fait de ça ». Je remercie ces personnes trop peu nombreuses d’avoir cette capacité d’écoute et analyse ou d’en avoir fait l’effort. Mais ici n’est pas la question : la plus intéressante est « pourquoi le Metal ? » plutôt que le zouk love ou l’eurodance par exemple. Parce que le Metal possède ce spectre, pas forcément autistique quant à lui, qui vise à exhorter les passions ; si on parle de musique « extrême », c’est parce qu’on va chercher très loin, dans les abysses du cortex et du pourquoi ce besoin, cette nécessité de creuser pour en faire ressortir toute cette crasse traduite sous la forme de son distordus, de déchaînement de violence, d’urgence, de maitrise absolue. Assez souvent, vous avez ceux qui veulent « faire comme », quitte à uniformiser pour rentrer dans des moules jusqu’à en être, finalement, personne en cherchant à être quelqu’un (un énième paradoxe et un de mes points très critiques sur la notion d’« artiste »). En général, tu les décèles facilement dans un cadre d’interview, quand tu poses des questions de fond, inattendues de leur part, et que la réponse est formelle, fugace, fuyante ou déviée. Et il y a ceux qui ont leur idée, leur mode d’expression, et vont pousser celui-ci au plus loin de ce qu’ils ont à raconter de leur histoire, quitte à se mettre totalement en retrait personnel de leur propos musical, de leur création musicale, pour ne servir que l’expression en soi et non plus le vecteur, l’image nécessaire quand tu es dans une industrie. D’ailleurs, vous le constaterez vous-mêmes : un groupe qui tourne en rond devient « commercial » : en effet, quand tu n’as plus rien à dire, tu ressasses, tu redondes, tu pètes dans un violon à défaut de pisser dedans. Et c’est l’égo ou l’orgueil qui forcent à ne pas s’arrêter, sous peine fataliste de devenir la mémé qui radote plutôt que de (se) dire « il est temps d’arrêter ici plutôt que de seriner quitte à lasser » (ce qui m’amenait quelques paragraphes au-dessus à vous signifier la fin proche de mes propos sous cette forme épistolaire monologuée). Et ça en devient destructeur…

Ah oui, j’oubliais : cette « tare » est conjointe généralement avec une fâcheuse tendance à l’autodestruction… Certainement préexistante, mais sensiblement épanouie comme dans une chambre d’écho par l’incompréhension de leur langage, de leur message, de leur réalité, de la solitude qui en découle, du sentiment d’inutilité inhérent à cette absence de retour : nous sommes des animaux sociaux, selon la sentence attribuée à Aristote, donc si pas de réactions qu’elle soit rationnelle ou émotionnelle à une tentative de communication, la tentative se retente, puis se re-retente… jusqu’à ne plus avoir envie de la tenter, perte de temps et d’énergie dans un dialogue de sourds. Et ça conduit aux excès divers qui finissent dans les rubriques « faits divers » si tant est que votre vie ait une quelconque signifiance pour « les autres », ou en Une si vous avez réussi à vous faire connaître, parfois en vous fondant dans le moule pour mieux véhiculer votre message réel, peine perdue puisque ça vous a mené au dégout personnel et toujours cette même absence de retour voire de réponse. Je ne vous ferai pas la liste exhaustive mais on va dans les addictions, l’automutilation, jusqu’à la touche finale : le suicide. Est-ce vraiment une solution ? Je ne pense pas, mais pour certains et certaines, ça reste la seule finalité puisque, faute de communication par l’entremise de l’interaction, quel sens donner à la vie ? Je ne blâmerai jamais eux qui font le choix de se suicider, en les accusant d’égoïsme ou ce genre de chose ; a contrario, je vais plutôt me blâmer de ne pas avoir su écouter quand c’était nécessaire : est-ce que la fin aurait été différente ? Peut-être. Peut-être que ce petit moment aurait pu jouer dans la balance et changer un destin, chier sur la fatalité. Ah au fait, je vous ai dit ? En général, un TSA va se cumuler soit avec un syndrome du messie, soit avec un degré de culpabilité très fort…

*

Il est possible que vous ayez mal pris le fait que je vous traite de « tarés »… Si c’est le cas, je vous rappelle que je suis un « connard » (voir définition plus haut) qui a du mal à jauger son level de diplomatie. Si vous jouez les faux offusqués, retournez bien tranquillement dans votre safe place ; si vous vous êtes demandé « mais pourquoi il m’insulte, ce connard ? », c’est que vous êtes sur la bonne voie puisque vous questionnez et vous VOUS questionnez au final. La vraie question de fond, outre l’accroche, c’est « mais pourquoi je suis sensible à la musique Metal ? » Pourquoi ça me parle quand je pourrais kiffer tranquillement JuL ou Kendji Girac ? Pourquoi est-ce que j’écoute « de tout » (ce qui est généralement faux que ce soit par méconnaissance ou par certitudes), y compris du Metal ? Qu’est-ce que j’y trouve qui me parle/me correspond ? Et par conséquent pourquoi ce « paradoxe du métalleux » ? Il va de soi que dans mon introspection, je me suis souvent posé la question de ce qui fait que j’aime tel groupe/morceau/courant et pas trop voire pas du tout tel autre. Et aussi qu’est-ce qui fait que, même dans telle mouvance, seuls quelques-uns me parlent quand d’autres pas du tout. Probablement le message et l’honnêteté de celui-ci, qu’il soit frontal ou indicible dans mon cas. Je sais que les lecteurs de MMW sont avant tout des « extrémistes » *clin d’œil* mais, de mon point de vue et mode de construction neural, j’avoue ne pas comprendre l’exutoire, qui ne me raconte rien à titre personnel : le bruit et la fureur, le grand défouloir, pourquoi pas… mais à quelles fins ? Qu’est-ce que ça crée ? Tu t’es défoulé, t’as gueulé, ok… et ensuite ? Pour le coup, et si je ne prends pas de pincettes, ce n’est pas par banale provocation gratuite mais c’est clairement parce que je ne peux appréhender que cet aspect : quel est l’objectif (tout en étant subjectif… ironique, non ?) et l’authenticité de celui-ci.

« Putain, ça m’énerve : ce mec a deux cerveaux, c’est pas possible ?! Par contre, c’est un vrai connard… » [transposable avec le pronom féminin également mais flemme de réécrire ma phrase en doublon]. Vous voyez, théoriquement, avoir deux cerveaux, sauf si vous êtes un mutant ou un descendant mal fini d’une sorte de stégosaure, il y a peu de chances que ça arrive… Et pourtant, j’ai déjà entendu moult fois cette phrase, pas forcément à mon encontre mais envers des musiciens dont on disait parallèlement qu’ils « font leur autiste ». Et si, de facto, c’était le cas ? Logiquement toutes ces interprétations semblent se combiner et tomber sous le sens : pas deux cerveaux, juste deux hémisphères qui fonctionnent très vite au point que les actions multiples et simultanées sont une évidence quand certain/es ont déjà du mal à lacer leurs chaussures comme Franklin ; ils « font leur autiste » pour canaliser les multiples pensées qui arrivent, ce qui les rend (très) efficaces dans leur domaine à force de se réfugier dans ce mode de focus ; ils en deviennent des « connards » soit par mutisme soit par introversion… soit parce que ce qu’ils font leur paraît tellement « normal » que « et pourquoi recevoir une gratification pour ce qui est « normal » ? » Ce que je présente n’est en aucun cas péjoratif, juste un semblant d’explication face à un processus qui semble illogique au tout-venant. Dans le cadre d’interviews, en général, je creuse bien au-delà de la fanboy attitude – parce que ça n’apporte rien d’intéressant, le « j’aime beaucoup ce que vous faites » aboutissant en toute logique à un « bah moi aussi sinon je ne le proposerais pas… » ; c’est nettement plus convenant de leur offrir un simple « merci » plutôt que de finir en shit-talks qui font perdre temps et énergie vainement – et je préfère discuter non avec le frontman mais avec l’éminence grise, celui qui sirote son café tranquillement en arrière-plan, les autres étant souvent des intervenants/interprètes des idées, très souvent talentueux également mais avant tout exécutants, comprendre son mode de fonctionnement, sa psyché, ce qui l’a mené là où il est, le mettre en avant aussi parce que sans son idée, pas d’œuvre, juste des muppets qui s’agitent. Le connard devient un peu moins connard quand on essaye de comprendre… Bon, il reste un taré mais quel métalleux ne l’est pas, finalement ?

Et finalement, même si je reste sur un point de vue d’ouverture et que je chie allègrement sur les hypocrisies (vous avez certainement déjà constaté, hein ?), je comprends en un sens le paradoxe métalleux, un panel qui aimerait être plus reconnu mais sans laisser entrer qui que ce soit aussi facilement dans ce panel, surtout en voulant s’y immiscer pour de mauvaises raisons ou en feignant de comprendre sa problématique de fond : le crédo « les métalleux parlent aux métalleux ». J’ai par conséquent beaucoup de mal avec les « m’as-tu vu » qui cherchent à s’implanter dans cet univers musical sous tous ses aspects pour en tirer profit (influenceurs divers, « créateurs de contenus » qui ne créent rien sauf du vide faisant leur autopromotion, le problème restant le fait qu’il y ait des influençables), ceux qui viennent pour s’encanailler avec la plèbe comme la bourgeoisie qui s’emmerde/rait et irait à la fête à Neuneu parce que c’est « pittoresque et charmant » pour tromper leur ennui et faire bonne figure en se montrant comme « communs » (oui, vous lisez en sous-texte les critiques émises envers le « Disneyland Hellfest »). Néanmoins, une fois dispersés les importuns, qu’est-ce qui t’empêche de vivre ta vie conjointement aux autres : si tu choisis tes co-vivants de voisinage, suffisamment ouverts également pour ne pas passer leur temps à te juger, te bitcher, te toiser de pied en cape comme une bête curieuse, tu fais partie de l’espèce « humaine » donc pas trop le choix, ici, que de vivre avec sans être quelqu’un de malhonnête… Ah, oui, je vous ai parlé du syndrome de l’imposteur ? XD

Hep, toi ! Oui, toi… tu t’es reconnu/e, et tu n’es probablement pas seul/e. Mais au lieu de simplement te plaindre ou te renfrogner quand le problème est nettement plus complexe, pose-toi les questions. Pas pour t’accuser, te réprimander, te blâmer, t’en vouloir d’être pas comme tout le monde : toi et moi, on est personne. Et si ça se trouve, toi et toi pareillement là-bas, on est personne également… Et finalement, ça fait beaucoup de personnes qui savent n’être personne. C’est donc tout un monde… Ce monde a-t-il besoin d’être comme tout le monde pour vivre sa vie comme elle pourrait l’être ? 

Mais je parle, je parle, et il est tôt… c’est bientôt l’heure de l’apéro ! Allez café pour tout le monde, même ceux qui ne « font pas partie de l’équipe » : je le bois à votre santé… mentale.Au passage,

merci d’avoir été mes blocs mémoire éphémères 😉

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