Eglise Sainte Marguerite – Sains-en-Gohelle (62)
le 8 et 9 mai 2026
Texte et photos : Le Monocle à Trois Pattes
Nous sommes le 8 mai et nous voici une semaine après le Furious Cirkus au Haeresis Fest saison IV. Cette année le Haeresis Fest est sur deux jours. Plus de musique donc avec l’envie de mettre à l’honneur des groupes locaux dès le vendredi. Pour plus de découvertes et de plaisir !

En cette fin d’après-midi, c’est As I Slither qui ouvre le bal. Originaire de Denain, le groupe formé en 2024 propose un thrash bien trempé entre compositions et reprises de Slayer et consorts. Le groupe entame ce Haeresis et s’évertue à faire trembler les vitraux de l’église. Le chanteur originel ayant quitté le groupe fin 2025, c’est Grizzly qui assure l’intérim haut la main, ou haut la voix ! Mention spéciale à Natty, la guitariste qui sait en découdre dans ce quatuor. Le groupe régale les oreilles d’un public pas aussi dense qu’on le voudrait pour honorer As I Slither. C’est pourtant une intro de festival plaisante et intéressante. On attend un futur premier support réunissant les premières compos.
Un silence (relatif) après As I Slither, une lumière qui se tamise, se fait sombre et qui invite un Mürrmürr à délivrer son post black métal, sombre et glacial comme lors d’une randonnée perdue dans les Carpates. Les musiciens viennent de Dunkerque et leur musique va en asseoir plus d’un ! Le chanteur arpente la scène noyée dans une lumière d’un bleu profond évoquant les profondeurs océaniques, et nous conte des histoires de guerres de religion dans un abysse de brouillard épais. On se laisse emporter et on écoute religieusement. Et surtout on se dit, mais quelle surprise, quelle musique, quelle prise de scène ! Si vous ne connaissez pas, jetez-vous dessus, allez les voir en concert et frémissez en Mürrmürr…

Un petit tour du côté de l’exposition de tableaux avec Hugues, gentil organisateur et artiste qui par une technique étonnante passant par l’utilisation du Coca, et oui la boisson des yankees, arrive à des toiles d’une grande beauté dont certaines ont pu servir de pochette d’album pour des métalleux en quête d’équilibre entre image et son. C’est Hugues, ou son cerveau subtilement malade qui a réalisé la pochette du dernier album de Vector.

Le temps d’un réaménagement de scène et arrive, pour clôturer cette première soirée, Fading Bliss. Le groupe propose un doom gothique qui ne laisse pas froid, ou qui réchauffe ! Au chant Mélanie et aux growls Dahl. La belle et la bête qui vont se passer le témoin vocalistique tout au long des compositions ! Troisième surprise de la soirée. Le groupe belge est plus âgé que les deux précédents, formé en 2009. Fading Bliss nous emmène dans un univers angoissant avec des structures Doom/Dark pleines d’émotions, ça marche plutôt bien !
Cette première journée s’achève ainsi sur une bonne note et le plaisir d’y être à nouveau. Le pari est pour ainsi dire gagné – avoir des groupes locaux, voisins, peu connus et qui gagnant à l’être dans nos contrées de chtites frites voire à plus grande échelle. Et des groupes de plus grandes envergures, mais qui viennent de pas trop loin quand même. Y aurait-il des écolos chez Haeresis ? En tous cas à l’heure du changement climatique (je sais t’as eu chaud gamin, mizote aussi hein !) Et du carburant cher, c’est plutôt raisonnable.
Retour le samedi 9 mai dans l’église Sainte Marguerite, et retrouvailles au Merch avec Malpermesita, partenaire du festival depuis ses débuts, Banshee, boutique gothique de Béthune et Adipocère qu’on ne présente plus.

Du côté de la scène, c’est Until Dead, qui entame ce second jour de festival. Un Thrash Death progressif et mélodique. La batterie s’emballe et emmène les autres dans des plages instrumentales Heavy/Thrash épiques. Le growl est acide, brûlant ou gravioté (verbe – gravioter : chanter avec des graviers dans la voix) voire lugubre selon qui chante du guitariste ou du claviériste. Comme hier, la fête commence tranquillement, Until Dead chauffe tranquillement la salle. Une entrée douce donc pour cette journée placée sous le soleil (n’en déplaise à météo France qui annonçait l’apocalypse précipitée).
Aujourd’hui c’est complet. L’affiche est belle et Until Dead propose une musique de qualité qui nous porte plus qu’elle n’énerve, mais qui prépare bien le reste des hostilités.
Frakasm, growl lourd, profond et puissant qui pose le style. Du gros Death old school. Rythmique écrasante, tribale, punk. Des guitares plombantes qui peuvent être plus heavy aussi. C’est particulièrement efficace. Putain c’est bon ! Le groupe vient de Dunkerque. Une découverte locale. Oui encore une découverte, à croire qu’on a beaucoup de pépites inconnues dans le grand Nord. Ça envoie du pâté, ça bouge dans l’église, les saints se mettent à trembler. Nous y sommes, c’est lourd, c’est gras et c’est aussi pour cela que c’est bon, outre la qualité technique des musiciens.

Sangdragon, à son habitude, prend deux plombes pour la balance. Mais il faut bien s’appliquer quand il y a plusieurs voix. Une fois la technique réglée, le groupe fait son show. À l’aise en terres du Nord, les descendants des Vikings nous servent leur meilleur Death Metal épique. Médiéval avec le bouzouki et les percussions et surtout le chœur à 5 voix… Dont celle de Coco Campoli qui est arrivée dans le groupe cette année, remplaçant Cynthia, la précédente chanteuse partie pour d’autres aventures. Il semblerait qu’elle se soit bien intégrée au groupe et à son univers de saltimbanque de la Rome antique, de toutes les gaules et des terres glaciales du Nord. En fait, Sangdragon accommode l’ancien à l’actuel, en termes de musiques évidemment. Des percussions aux cordes, des growls de Vincent au chant plus délicat de Coco, tout nous rappelle une époque que nous n’avons connue qu’en film ou en série comme Game Of Throne. Le générique de la série nous est offert ce soir par Sangdragon qui le revisite du plus profond de ses veines. C’est toujours un spectacle à l’épreuve du temps que nous offrent les Mâconnais et le Chti de service, Will, bassiste de son état.
Pas avares de rythmes implacables les Besançonnais de Carcariass s’emparent de la scène, plus motivés que jamais pour nous faire état de sa technique et de ses mélodies. Le Grand requin blanc est carré, mélodique donc et incisif, c’est brut tout en restant particulièrement accessible Les anciens de la scène metal française tournent depuis 1994 avec leur mélange de Death, de Thrash et de Heavy Metal. Ils enchaînent les titres et le choix est large dans une discographie de 7 albums aussi bons les uns que les autres Chacun aura sa préférence.

HAERESIS Fest 2026 c’est un sans-faute pour le moment. Et voici qu’en attendant Houle, résonnent des hymnes bretons… Sur scène c’est sombre, c’est brouillard, manque seulement l’humidité ! Du gros son, des marinières et une chanteuse déchaînée, certainement possédée et qui est difficile à figer sur une photo. Encore un univers à part. Nous ne sommes pas sur l’apologie du genièvre de Houle, mais bien dans un mouvement, une onde qui se propage. L’onde sonore du groupe dont l’origine est à retrouver dans le marin, le salin et le black metal malsain. Dans ce monde où on ne rigole pas, les guitares sont affûtées, tranchantes, la rythmique déchire les filets en hautes mers pendant que le chant puissant nous cisaille les tympans ou nous alerte d’un danger inconnu, invisible, nous guide aussi dans le déluge sonore comme un phare breton…

C’est bientôt la fin de ces deux journées consacrées au Metal. La tête d’affiche fait son entrée. Pestilence, le groupe néerlandais de death métal teinté de jazz et de fusion, pose les choses comme le vétéran qu’il est, fondé en 1986.
Arrivée martiale de Patrick Mamelli et ses acolytes. Masque fermé, corps musclé et toute petite guitare, du genre guitare de voyage mais qui envoie de la ferraille. Comme quoi, ce n’est pas la taille qui compte !
Pestilence enchaîne les titres en grand professionnel, certes un peu clinique, mais jouissif pour les fans et amateurs du groupe. Et dans la salle il y en a, à en croire l’ambiance. Pestilence reste un groupe mythique et quoiqu’on dise de la froideur des échanges entre Mamelli et le public, on est content de les voir.

Encore une édition éblouissante par la qualité de l’organisation, le professionnalisme et la générosité des groupes, la musicalité, l’ambiance bon-enfant. Et tout et tout…
L’année prochaine, pour les cinq ans, HAERESIS vous sonne les cloches !
Vendredi 8 mai :
Fading Bliss(Gothic / Doom Metal – Belgique)





Mürrmürr (Post-Black Metal – Nord/Pas de Calais)




As I Slither (Metal – Denain)







Samedi 9 mai :
Pestilence (Death Metal – Pays-Bas)




Carcariass (Mélodique Death Metal – France)







Houle (Mélodique Black Metal – Paris)







Sandragon (Orchestral Death Metal – Mâcon)








Frakasm (Death Metal – Dunkerque)




Until Dead (Black Metal – Nord/Pas de Calais)












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