Genre : Black Metal
Label : Norma Evangelium Diaboli
Date : 26 juin 202
Note : 92 / 100 (LB D)
On sait tous à quel point la scène Black Metal islandaise est prolifique et qualitative. Il y a des groupes que j’adore et qui sont vraiment incroyables, comme Árstíðir Lífsins, Sólstafir, Fortíð ou même Auðn. Ce sont les premiers noms qui me viennent à l’esprit, et c’est normal parce que je suis leur carrière de près. Il faut avouer que certaines de ces formations m’ont vraiment scotché ces dernières années avec des albums qui étaient tout simplement fantastiques. Mais il y en a tellement d’autres… En citer un, c’est presque en oublier dix derrière. Et encore, je ne mentionne même pas les groupes qui sont considérés comme les pionniers, comme Svartidaudi, Dynfari ou Sinmara, qui ont vraiment contribué au terreau nécessaire pour faire pousser les mauvaises graines du Black Metal islandais. C’est vrai, la liste est vraiment trop longue, mais j’aimerais bien savoir quand même, quel est le ratio de groupes par kilomètre carré dans ce petit pays ; ça doit frôler l’irréel, je pense.
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Allez, je vais m’arrêter là. Je ne suis pas ici pour vous raconter l’histoire du Black Metal islandais, mais plutôt pour vous parler de Vafurlogi et de leur deuxième album intitulé Gneisti af eldi Guðs. Bien qu’ils aient vu le jour en 2018, on peut vraiment considérer ce groupe comme faisant partie de la nouvelle vague, aux côtés d’autres formations comme Lokabrenna, Forsmán ou Misþyrming entre autres.
Tout d’abord, un petit mot sur le line-up de Vafurlogi : on y trouve Þórir Garðarsson, le compositeur et multi-instrumentiste du groupe, et Ragnar Sverrisson, le batteur. Tous les deux sont à l’origine du projet et ont été membres de Svartidaudi. Pour compléter l’équipe, ils ont recruté en 2024 Samúel Ásgeirsson (Volcanova) et Eysteinn Orri Sigurðsson (Nyrst) pour jouer respectivement à la basse et à la guitare. Autant vous le dire tout de suite, au vu du parcours de chacun, on ne parle pas de petits nouveaux dans le milieu !
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Alors que le premier opus, Í vökulli áþján, a été entièrement créé sur le tas. Ce deuxième album offre sept titres pour un total de près de quarante-neuf minutes, dont certains morceaux remontent à la naissance du projet, c’est-à-dire en 2007. Ces compositions ont longtemps été mises de côté, mais les musiciens les ont couvées, bichonnées et retravaillées au fil des années jusqu’à ce qu’elles prennent leur forme finale, prêtes à être révélées au bon moment. Et il semble bien que 2026 soit ce moment idéal où Vafurlogi soit enfin prêt à nous les présenter. Le Black Metal qu’ils proposent est à la fois raffiné, grandiose et fignolé jusqu’au moindre détail ; fondamentalement, ça reste assez proche de ce que jouait leur ancien groupe, mais ils ne cessent de pousser les limites au maximum.
D’abord, on remarque que les mélodies et l’agressivité se partagent l’espace de manière équilibrée, sans jamais tomber dans l’excès. L’album offre pas mal de changements intéressants, avec parfois un chant clair qui devient un peu inquiétant sur « Þegar rykið sest », ou encore avec ces courts passages de piano ; l’outro est d’ailleurs remarquable. On remarque aussi que les moments mélodiques puissants ressortent souvent, ce qui représente un petit peu, une marque de fabrique du Black Metal islandais.
On trouve les morceaux les plus longs vers la fin de l’album. Il y a d’abord « Úr himinsölum » qui dure sept minutes, avec une alternance de tempo sur des mélodies de guitare claires et inquiétantes. Le tout est enveloppé d’une légère dissonance qui me rappelle l’album Si Monvmentvm Reqvires, Circvmspice des français de Deathspell Omega. La dissonance, on la retrouve également sur le dernier morceau « Earthy Vestiges ». Ce morceau, qui dure dix minutes, est le seul de l’album chanté en anglais. Il démarre sur un rythme mid tempo, prend son temps pour se développer avant de plonger corps et âme dans des tonalités plus sombres. Ses différentes accélérations à coup de riffs tranchants vous cisaillent les articulations et ne s’apaisent qu’avec ces quelques notes de piano sur la fin. C’est juste royal. C’est très certainement le titre le plus abouti et immersif de leur jeune carrière et peut-être aussi, celui qui illustre le mieux l’évolution de Vafurlogi.
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Tous les fans de Black Metal, quel qu’ils soient, vont être comblés. Que vous cherchiez des compositions d’une grande maîtrise technique, une puissance mélodique, ou juste un black metal des années 90 avec une touche de modernité et sans tomber dans l’avant-gardisme non plus. Alors, cet album a vraiment de quoi vous séduire et il est fait pour vous.
Pour ma part, je le trouve incroyable et bigrement efficace. L’atmosphère y est grandiose et captivante, avec cette production d’une richesse rare mais dénuée de tout artifices superflus. C’est clair qu’il s’en dégage la véritable essence de Vafurlogi, et cela ouvre la voie à des projets encore plus ambitieux pour l’avenir. Avec une œuvre comme celle-ci, ce groupe pourrait bien prendre le leadership d’une nouvelle génération, surtout à une époque où les grands noms du Black Metal islandais semblent un peu marquer le pas. En tout cas, une chose est sûre, c’est un groupe que je vais suivre désormais de près.









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