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Live report Hellfest 2026 – Jour 2

N’ayant pas sollicité d’accréditation, par choix, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien, ont arpenté les scènes du Hellfest édition 2026. Ils vous livrent ici leurs impressions. 

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : On se remet doucement des excès de la veille mais sans trop traîner car l’objectif est d’être sur site pour 11h40. C’est que je ne veux absolument pas rater Esodic. Pour les avoir vus à deux reprises au mois de janvier lors de leur tournée commune avec Anthares et pour avoir eu la chance de les interviewer, je sais à quel point cette date est attendue par notre quatuor. Dès l’arrivée sur scène, on sent le groupe très concentré et déterminé à donner le meilleur d’eux-même. C’est aidée par une très bonne mise en son que la formation nous sert son Death Metal enrichi de touches d’instruments orientaux (sur bandes) et commence à faire bouger gentiment les metalleux matinaux. Kévin McCombs, yeux rivés vers le fond de la tente, dégueule ses vocalises brutales captant l’attention d’une foule grossissant au fur et à mesure que le set défile. Mo Lamastro ravit les six-cordistes en herbe avec sa dextérité. Ses doigts défilent sur le manche avec une facilité déconcertante. Son camarade Austin Burleigh ne fait pas pâle figure non plus, assurant une rythmique sans faille. Mais l’atout maître de la troupe reste le patron et leader Zed Amarin qui, derrière ses fûts, inflige un tempo soutenu, tout en technicité, et bâti une ossature solide à l’ensemble. Très malin de la part de la formation de dégainer, en milieu de set, une reprise en mode brut de décoffrage, du “Battery” de Metallica qui permet de se mettre définitivement le public dans la poche jusqu’à la fin du concert. Pari réussi pour nos amis qui ont conquis de nouveaux fans au passage, c’est certain.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : N’ayant rien coché de particulier et m’étant initialement prévu un créneau pour aller acheter du merch au Sanctuary, ne voyant pas la queue débander comme la veille, je décide de suivre la troupe vers la Warzone afin d’aller voir les Américains de Gridiron et leur mix de rap et de Hardcore. Ça se laisse écouter mais il n’y pas de quoi se relever la nuit. Ce concert ne me laisse pas un souvenir impérissable. Next !

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : Retour du côté de la Altar pour voir les quatre Brésiliennes de Crypta et leur Death Metal massif. La formation est visiblement attendue car il est très difficile de se frayer un chemin sous la tente tant celle-ci est pleine. Je reste donc en bordure, côté Temple, où je trouve un endroit où je ne vois pas trop mal et où le son est très bon. Les ayant déjà vues au Motocultor en 2024, où elles n’avaient pas bénéficié d’une mise en son optimale, aujourd’hui, c’est tout le contraire. C’est brutal et l’énergie déployée par le quatuor décuple cette sensation. On se prend un mur de son en pleine tronche et cela colle parfaitement à leur musique. La leadeuse, Fernanda Lira, tient le public entre ses mains et l’accueil qui leur est réservé est phénoménal. Nos Brésiliennes ont marqué encore des points avec cette date, faisant de ce groupe un des futurs grands noms.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : C’est le moment d’enfin mettre un son sur cette sensation italienne dont le nom circule de plus en plus depuis la sortie de leur dernier album en date, De Venom Natura chez Season Of Mist. Je n’ai volontairement écouté aucune note de leur musique afin de me faire un avis en live. Ne regardant pas la scène dès l’entame du set, je me dit que la basse sonne étonnamment fort et que cela ne va pas être très agréable si l’ingé son ne corrige pas ça tout de suite. En fait, il y a deux bassistes sur les planches. Voilà une particularité du groupe qui aurait pu être un simple gimmick mais qui apporte au final un vrai plus. Les yeux se fixent instinctivement vers la chanteuse Erba Del Diavolo qui n’a pas son pareil pour capter son public, séduisant par ses lignes de chants variées et ses minauderies qui font fondre une bonne partie de l’auditoire masculin. Leur creepy Doom, flirtant par moment avec l’extrême grâce à quelques touches de Black Metal, les différencie complètement de leurs compatriotes de Messa desquels on les rapproche trop souvent et injustement, je trouve. Ajoutez à cela quelques notes de trombone pour enrichir le tout et vous obtenez mon gros coup de cœur de cette édition.

Le soleil cognant fort et un coup de fatigue se faisant sentir, je décide de retourner au campement. Ce qui veut dire une bonne marche de trente minutes aller et trente minutes retour. Je rate donc à mon grand regret les Ukrainiens de Stoned Jesus. Je profite de cet intermède pour me poser un peu sous ma tente, digne d’un sauna, manger un peu et surtout boire du soft bien frais. L’hydratation sera vitale lors de cette édition si on veut tenir le coup et ne pas faire de malaise.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : Lorsque je reviens sur le site, Accept entame le dernier morceau de son set “Balls To The Wall”. Et je dois bien avouer que le groupe est en grande forme bien qu’il fête tout de même ses cinquante ans de carrière.

Je me positionne en bonne place pour assister à ce qui doit être l’ultime show de Sepultura sur les terres françaises. Et, oui, la tournée d’adieu de la formation brésilienne, débutée le 1er mars 2024 à Belo Horizonte et qui se terminera le 7 novembre 2026 à Sao Paulo, mettra fin à plus de quarante ans au service du Thrash Metal.

Ayant eu l’occasion de les voir sur cette fameuse tournée le 30 octobre 2024 au Zénith de Paris, je sais déjà que je n’aurai pas le droit au même nombre de titres car le temps de jeu qui leur est alloué n’est que d’une heure. En onze titres, le quatuor va mettre tout le monde d’accord avec force et énergie, dopé par le charisme d’un Derrick Green en très grande forme. Andreas Kisser joue également du pinceau entre les morceaux sur une petite toile posée sur son ampli.

Sur “Kaiowas”, une belle brochette d’invités, tous liés à l’ONG Savage Lands (comme Andreas), vient tambouriner en rythme (Sylvain Demercastel, Alissa White-Gluz, Frédéric Leclercq, Dirk Verbeuren, le groupe Crypta) pour un des moments marquants de ce concert.

Une heure, c’est bien trop court et je trouve que Sepultura, du fait de son importance dans l’histoire du Metal et de sa mise en sommeil programmée, aurait mérité de jouer sur un créneau plus haut et avec un temps de jeu plus long. D’autant plus que je n’ai pas eu le droit à “Territory”, mon titre préféré. Mais sur le moment, je me console en me disant que je l’aurai le lendemain car les frères Cavalera seront là et joueront l’album Chaos A.D. dans son intégralité.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : Avant de se placer devant la scène où vont jouer les Allemands dans quelques minutes, mon camarade et moi décidons d’aller prendre une petite bière pour se rafraîchir un peu. On tombe sur des potes et… Comment vous dire ? Eh bien, le concert d’Helloween, tout aussi bon qu’il soit et avec la pelletée de tubes qu’il contient, se fait depuis le bar comme fond musical de nos rigolades et échanges d’anecdotes diverses et variées sur ce début de Hellfest.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : C’est avec appréhension que j’aborde ce set d’Opeth. J’aime beaucoup le groupe sur album mais, je dois avouer qu’en live, notamment la dernière fois que je les ai vus au Motocultor 2024, je m’étais ennuyé sévère. Malheureusement, aujourd’hui encore le constat reste le même. Pourtant, ça joue hyper bien, on ne peut leur faire aucun reproche là-dessus. Mais Mikael Akerfeldt parle beaucoup trop entre les morceaux, ce qui a tendance à casser le rythme du concert et à me lasser. Je lâche donc l’affaire avant la fin sachant que sous la Temple, il se passe quelque chose de beaucoup plus intéressant en ce moment même.

Seb : Les Grecs sont déjà sur scène lorsque j’arrive sous la tente et je n’ai dû rater que les deux ou trois premiers titres. L’affluence est très bonne et ça fait plaisir de voir enfin cet excellent groupe reconnu à sa juste valeur. Troisième fois en trois ans que je les vois (Motoc 2024 et Alcatraz 2025) et la force de frappe des frères Sakis est toujours aussi redoutable en live. Rotting Christ fait du Rotting Christ. Pas la peine d’essayer de leur coller une étiquette car aucune ne leur correspondra totalement. Eux seuls sont les détenteurs de cette recette magique, savant équilibre de Metal Extrême et de mélodie Heavy Metal avec cette touche que seuls les groupes grecs ont. Le public est ultra réceptif et mange dans la main de Sakis. Les hymnes tels que “Non Serviam” ou encore “Apage Satana” sont un plaisir pour les oreilles. Encore une réussite et un plaisir à voir.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : S’il y a un concert que je ne veux absolument pas rater, c’est bien celui des Toulousains de Slift ! Ayant eu un acte manqué lors de leur passage à Brest le 18 janvier 2025 car cloué au lit malgré mon billet en poche, je me dois d’être au premières loges pour ma séance de rattrapage. Je vais vous spoiler tout de suite : ce show a été phénoménal ! Quelle puissance sonore et quelle énergie délivrée par le trio ! Leur Stoner aux accents psychédéliques vous transporte à des milliers de kilomètres de la Terre et fait un bien fou à l’âme et à l’esprit. Leur musique a quelque chose de magique, entre passages accrocheurs, s’incrustant instantanément dans le cerveau et moments de folie où tout part dans tous les sens. C’est fou de pouvoir produire un art aussi riche en n’étant que trois sur scène. C’est une grosse claque dans la tronche et j’ai déjà hâte de les revoir en août au Motocultor.

Seb : Petit détour rapide du côté de la Warzone pour jeter une oreille sur La Dispute. Je reste le temps de deux titres, histoire de voir ce que ça donne. On est sur un OVNI quelque part entre le Rock et le Punk, où le chanteur, véritable pile, parle plus qu’il ne chante. C’est spécial mais pas désagréable pour autant. Une curiosité qu’il fallait voir mais je ne traîne pas car il se passe quelque chose de bien plus intéressant sous la Temple au même moment.

Seb :  Changement radical d’ambiance avec les Doomsters de Bradford que je n’ai pas revu en live depuis 2010. En grand fan du groupe, il me tarde de voir ce que peut donner un set des anglais sans leur chanteur emblématique, mis à la porte l’année dernière. C’est donc avec une grande appréhension que j’entame ce concert. Celui qui a la lourde tâche de remplacer l’iconique Aaron Stainthorpe n’est pas un jeune premier car il s’agit de Mikko Kotamäki, leader des Finlandais de Swallow The Sun.

My Dying Bride, c’est le gardien du temple en matière de Doom / Death. Une référence ultime, le maître étalon. Et il va encore le prouver avec force et gros son ce soir. La rythmique et la distorsion sont lourdes et pesantes et Mikko se débrouille plutôt bien derrière le micro. Niveau présence scénique, c’est plutôt statique mais ça colle parfaitement à l’ambiance funèbre instaurée sous la Temple. Les tubes sont là, le show est intéressant mais il manque la théâtralité et la fragilité de la voix d’Aaron. Mikko a beau faire de son mieux, il ne pourra jamais égaler son prédécesseur. Quitte à passer pour un vieux con, je le pense et le dis : My Dying Bride sans Aaron Stainthorpe, ce n’est pas My Dying Bride.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : Gros clash entre deux groupes et il va falloir faire un choix. J’opte dans un premier temps pour Blood Incantation, que je n’ai jamais vu sur scène, mais l’Altar est tellement pleine que j’abandonne au bout du premier titre car je suis très mal placé et trop loin pour apprécier vraiment le show. Je me rabats donc sur Mastodon, mais il faut traverser tout le site pour se rendre à la Valley. D’autant plus que sur le chemin, lors d’une pause pipi, mon camarade et moi tombons sur les mecs de Profanation (groupe qui jouera le lendemain matin sous l’Altar). Nous restons donc tailler le bout de gras pendant quelques minutes et reprenons notre marche vers une Valley bondée (c’était à prévoir). Nous arrivons à nous frayer un chemin jusqu’à la partie droite de la scène et assistons à une bonne moitié de set jusqu’au morceau final, annoncé comme un titre calme, le fameux “Blood And Thunder” qui retourne la fosse. Concert sympa mais sans plus, dû au fait que je n’en ai vu qu’une partie et qu’il n’était pas au niveau de celui donné à l’Alcatraz l’année dernière où Mastodon m’avait ébloui.

Seb : Voici venu le moment de l’immanquable du Hellfest 2026 : le show de The Gathering célébrant les trente ans de la sortie de son chef-d’œuvre Mandylion. Et pour célébrer cet événement, le groupe a eu la brillante idée de rappeler en ses rangs sa chanteuse iconique Anneke Van Giersbergen. C’est donc au pas de course que je regagne la Temple. Mais venant du bout de la Valley, je loupe le premier morceau et passe une bonne partie du concert à espérer que celui-ci n’était pas “Time Machine”. Heureusement pour moi, l’album n’est pas joué dans l’ordre et le groupe se permet même d’interpréter des chansons extraites des albums Nighttime Birds, How To Mesure A Planet? ou encore If_then_else. Le son est cristallin et les lights sont superbes. Anneke chante merveilleusement bien, donnant vie à un rêve que plus personne n’espérait. Le groupe semble ravi et très touché par l’accueil reçu. L’avant dernier titre me fait frissonner rien qu’aux premiers coups de médiator du “Time Machine “ tant attendu. Je viens de vivre un moment magique, qui restera longtemps gravé dans ma mémoire. Lorsque je quitte le site en direction du campement, je sais déjà que je viens d’assister au meilleur concert de cette édition.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

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