Catégorie : Billets d’Humeur

Billets d’Humeur, Edito, Réflexions….

  • Enfants de tous pays…

    Enfants de tous pays…

    Le sujet de l’enfance dans le Metal
    Un billet de WvG

    à lire, savourer, commenter…

    Photo actu.fr

    Les métalleux aiment les enfants. Toujours certainement moins qu’un pédophile ou un membre du clergé, ce qui est limite un pléonasme, mais plus qu’un personnel du corps en saignant sur lequel on aurait testé le couteau en céramique, la minute de silence et le sempiternel « on va faire quelque chose pour vous… des moyens supplémentaires ? Nooooon faudrait pas déconner : on va interdire l’abaya, c’est plus urgent ».

    Engeance désirée ou conséquence malheureuse d’une soirée un peu trop arrosée à la 8.6 lors de la clôture d’un festoche, la « maladie d’amour » de neuf mois va grandir, s’agripper à vous tel un parasite et il va bien falloir gérer le fruit de vos entrailles pour qu’il ne devienne pas un sauvageon chevelu qui se fait des permanentes et écoute de la musique de barbare en spandex et veste à patches cloutés, déjection de Metal hurlant et de Billie Eilish.

    Le sujet concerne tant le Metal et ses griots que les autres styles musicaux, certes, soit par instinct de reproduction, génétique et cortex reptilien agissant de pair, soit parce que le besoin irrépressible d’assouvir ses besoins naturels – je parle de ken, pas de caca – s’est fait sentir avant l’haleine imbibée de binouze bon marché. Aussi ceux-ci ont une approche toute particulière de l’enfance, avec des biais divers et variés.

    Petite sortie scolaire, garantie sans arme blanche ni victime ou dommage collatéral, si ce n’est votre approche de l’enfance et son bien-être… et du vôtre, tant qu’à faire.

    Le sauvetage dans un immeuble en feu, c’est comme l’agression sexuelle : les femmes et les enfants d’abord ! Et d’abord, puisque les femmes pourraient être un sujet à part entière d’article – peut-être le sera-ce ? – occupons-nous des enfants. Oui, occupons-nous de nos enfants. Enfin occupez-vous de vos affaires, déjà, et de vos enfants. Et donnez-leur de la nourriture, de l’eau, un placard sous l’escalier où loger en leur laissant le vain espoir qu’une chouette bourrée leur apportera une lettre pour aller dans un grand château avec un vieux monsieur qui leur fera des tours de passe-passe (« Et hop ! Sans les maiiiins ! »). Mais surtout, diversifiez leurs écoutes. Si l’école ne peut résoudre tous les problèmes, c’est qu’il y a un problème qui vient de l’extérieur de l’école ; aussi, proposez-leur de la musique, qui n’adoucira pas les mœurs mais peut servir de vecteur pédagogique. Tiens, au hasard, prenez une thématique sur l’enfance et faites une playlist de chansons de Metal qui parle des enfants ; vous pourrez discuter avec eux poésie, linguistique, géopolitique… bref, des trucs qui emmerdent les enfants mais qu’ils sont bien contents d’avoir appris des années plus tard quand ils participent à un jeu télé qui leur permet de gagner mieux qu’un Petit Larousse Illustré… ou éventuellement leur permettra d’avoir un job en adéquation avec leurs ambitions car vous aurez éveillé leur curiosité et leur sens naturel et inné du second degré – normal, ce sont vos enfants, de métalleux, donc théoriquement doués de second degré… hein ?

    Commençons par ces chansons qui parlent des enfants sous des aspects les plus directs… puisque dans le titre.

    *

    Avec « Children of the Grave », pour débuter cette partie, on rebondit pé-da-go-gie ! C’est l’occasion rêvée pour leur expliquer Black Sabbath, considéré comme pionnier du mouvement et de la trademark « Heavy Metal », du « vieux continent » … vous savez, celui sur lequel pissent les vieux incontinents outre-Atlantique qui lui attribuent cette épithète… Tiens, l’occasion de parler géopolitique avec vos mômes, de surcroît.

    Restons en Angleterre puisque la perfide Albion nous a gratifié aussi d’un autre groupe fer de lance, de la nouvelle vague présentement, j’ai nommé Iron Maiden. Passez-leur « Children of the Damned », ça vous offrira sur un plateau l’abordage de l’Histoire puisque le groupe a offert à son public tant d’occasion de la découvrir, ne serait-ce que par son nom en référence à la Dame de Fer, miss Maggie.

    « Children of the Sun » vous permettra d’aborder l’écologie avec elleux, pour peu qu’iels soient non binaires. Ça vous fera également une porte d’entrée pour évoquer la carrière de Judas Priest et leur dire combien c’était mieux avant, jusqu’à Painkiller… enfin Jugulator pour moi… mais bon, Painkiller ayant été enregistré en France – on entend limite le taux d’alcoolémie au Saint Emilion sur les enregistrements – autant en profiter pour faire un peu de chauvinisme [NB : leur expliquer ce qu’est le chauvinisme, une mauvaise foi indéfendable face à l’indéfendable… leur expliquer aussi au passage ce qu’est une anaphore, une épanode et une concaténation, ils feront des high scores au Scrabble chez Mémé].

    Si « Dead Boy’s Poem » de Nightwish n’est pas le point d’accroche le plus godelurant de votre éducation positive, ça vous ouvrira la porte maléfique de la philosophie et de la morale : un enfant, ça meurt. Ça meurt parce que c’est une victime, ça meurt de maladie, ça meurt par choix… ou ça meurt de ne savoir s’exprimer… Ce « poème » en est donc la « lettre d’amour à personne » sauf à la musique. Quitte à traiter du sujet musical, profitez-en pour parler organologie avec l’orchestre symphonique, une sorte de « Guide de l’orchestre pour les jeunes » de Benjamin Britten mais, si vous vous en sentez les épaules, à raconter en finnois.

    « Le monsieur avec la tronche bizarre mais rigolote qui te propose des bonbons, même s’il ne fait que chanter Smells like Children, tu n’acceptes pas les bonbons… » Oui, la pédagogie, c’est aussi la prévention, prévention qui n’a pas forcément lieu que dans un cadre extérieur mais un cadre domestique. Si tonton fredonne « je suis l’homme tout nu qui touche à ton corps », c’est qu’il a une culture musicale parodique passéiste ; s’il se met à le faire, là, faut intervenir. Ma proposition : rebondir pédagogie… et apprendre à votre petiot.e à faire rebondir sa pointure 32 sur les burnes du monsieur. Oui, la pratique sportive, c’est aussi du bien-être pour l’enfant, et c’est pas Françoise Dolto qui me contredirait… Oui, d’accord, c’était la maman de Carlos donc on repassera, mais ai-je dit quelque part que celui ou celle qui propose des pistes de réflexion est forcément exemplaire ? Oui ? Non. Voilà. Bref, ça évitera également que votre enfant devienne un émo ou, pire, un fan de JuL. Ceci dit, il aurait aussi pu tourner néométalleux en un temps – pas si – lointain [je ne suis pas vieux et je vous emmerde : les 90’s, c’est pas si loin !] et faire du KoRn. Appréciez cependant le résultat d’une éducation où papa a voulu découvrir la beauté intérieure de son fiston et demandez-vous si vous souhaitez la même chose pour le vôtre…

    Intégrer Children of Bodom à votre cursus pédagogique, c’est aussi le bon moment pour leur parler du Nord… Pas celui où l’on parle bizarrement et se nourrit de curieux tubercules passés deux fois dans de l’huile bouillante [NB : profiter de l’instant pour aborder aussi la diététique] mais de celui de l’Europe, cette région enclavée entre la peur de l’ouverture à l’UE et la peur de la fermeture à l’URSS, la Finlande. La géographie et la géolocalisation sont aussi des bases pour savoir se dispenser d’outils numériques et cartographier des espaces dans sa tête… méthode Montesori avec la préhension et la spatialisation, mais en version plus hardcore. Ça pourrait éviter à votre enfant de se retrouver malgré lui ou elle à visiter malencontreusement un endroit où il ou elle n’est pas le bienvenu.e, comme une réunion de l’Amicale du KKK si tu es noir.e, un CA de Tesla si tu es chicano, une barmitsva chez un dirigeant israélien si tu es gazaoui et n’a pas prévu de transformer les restes de ta maison en VVF sous aval US… Les exemples sont de plus en plus nombreux, semble-t-il, je doute d’avoir assez de place et de métaphores pour développer plus sans être soit barbant soit déprimant – et pis j’ai plus ni Xanax ni corde à vous fournir, donc bon…

    Si « The Kids aren’t allright », c’est pas forcément parce qu’ils sont HPI… des fois, ce sont simplement des petits connards parce qu’ils ont de qui tenir. Néanmoins, vous pourrez aborder avec eux le pourquoi de l’existence du punk, même s’il s’agit ici de sa version « no future but partytime quand même ». Expliquez-leur que le punk, initialement, chiait sur le système plus que sur le ventre de votre pote pour filmer, diffuser sur un RS quelconque – tant qu’à faire un sans filtre au nom du sacro saint Premier Amendement – et en faire marrer d’autres sur un fond de rire gras et guttural. Nous voici donc du côté de Venice Beach, son surf, ses nanas en bikini et son punk californien avec son engeance, puisque c’est littéralement ce que signifie « The Offspring » et les rêves déçus eux également sont abordés dans cette chanson.

    Soyez un parent digne de moralité, diffusez-leur « 18 and Life » de Skid Row pour leur remettre les pieds sur terre : la vie, ça tue, autant quand c’est toi qui es du côté de la détente et que tu butes un autre gosse que quand tu es du côté du canon. « Accidents will happen » qu’y disaient…

    « Un peu d’amour, un coin tranquille pour les enfants de l’an deux mille » chantait Lââm… C’est vrai qu’on met souvent beaucoup d’espoir en eux et qu’on leur souhaite le meilleur, tout le bonheur du monde et que quelqu’un leur tende la main… Même si parfois ça sert d’argument à sa propre défaite face à l’état du monde et ses propres rêves déçus et ambitions déchues, c’est toujours mieux de leur faire écouter une chanson empreinte d’espoir que de leur donner un Magnum 45 et les envoyer jouer « à la balle » dans la rue.

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    « Heading for Tomorrow » de Gamma Ray… « Where will the children go… tomorrow? » Peut-être inviteront-ils tous ceux qui leur ont pourri leur futur à se donner la main et… sauter du haut d’une falaise ? Une idée comme ça, qui évite de stipuler le conduit anal et l’intromission de tout objet contondant dans son for intérieur pour un papier qui se veut pour petit et grands enfants… il ne tient qu’à nous et eux de ne pas se fourvoyer en faux espoirs…

    Dans « Bless the Child », Nightwish – oui, encore – vous invite à donner de l’espoir aux enfants et ne pas se fourvoyer en faux-semblants… « Remember, my child, without innocence the cross is only iron », souvenez-vous aussi de votre propre innocence et de la désillusion qui s’en est suivie, quand vous avez compris que le Père Noël n’était qu’une vaste fumisterie, à l’image de l’oreille attentive et surtout attentiste des énergumènes à qui vous donnez votre voix et votre foi…

    Si « When the Children cry » n’est pas leur plus connue, White Lion en son sein vous propose de donner une couleur à votre émotion… et donc d’écouter le pourquoi l’enfant pleure… et lui expliquer pourquoi malgré votre bonne volonté vous et vos semblables ont merdé et leur laissent un champ de ruines… Mais bon, ils sont l’avenir, ils peuvent rebâtir, même s’il leur faudra plus de temps que pour la vantardise d’un président face aux sponsors d’une grande église que face à ceux qui se saignent pour donner une enfance décente à leur descendance… « Then the new world begins » …

    Si je sors un peu des clous rouillés métalliques, c’est évidemment pour lancer le cri de la muette, pour parodier le titre du bouquin d’Emmanuelle Laborit, un cri inaudible lié également à l’espoir et au risque des montées des fascismes, tendance qui à le vent en poupe, un vent bien nauséabond… Ce n’est pas faute d’avoir prévenu… Et je vais donc de ce pas, placer un oldies but goodies de derrière la vague psyché. Ça parait loin, hein ? Un truc de « ieuv » … Et pourtant, ça ne reste que trop d’actualité, à savoir dans tout l’album – pas américain – The Wall, particulièrement leur « Another Brick in the Wall », des Pink Floyd

    Il n’y a pas d’âge pour débuter le Metal. C’est pourquoi certains artistes prennent les devants avec des chansons enfantines ou des covers pour les pioupious. C’est d’autant mieux que si jamais vous pensiez vous faire chier à les emmener à un concert type Chantal Goya ou Dora, the Musical, au moins vous pourrez leur apprendre à gérer la flexion-extension de leurs cervicales sur du gros son. Et puis… vous trouvez pas ça meugnon, une poupette sur les épaules de son papounet, son casque antibruit vissé sur les oreilles, en train de faire des horns ? On finira donc ce divertissement éducatif avec les chansons destinées aux enfants… pour en faire vos dignes successeurs !

    [Hellfest Kids 2024] -photo de Le Parisien

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    Hevisauraus, ou comment aborder la paléontologie avec vos explorateurs en herbe, peut-être pas encore dopés à Jurassic Park. Sont forts, ces finlandais : faire chanter des chansons par des dinos ! Je plains quand même tout autant les être vivants en déliquescence à l’intérieur des costumes sous un cagnard en open air… Nota 1 : c’est pas en Finlande qu’on doit le plus cuire à l’étuvée. Nota 2 : avec le dérèglement et le réchauffement climatique, pas dit que mon Nota 1 soit vraiment encore valable…

    Helldebert, aussi connu par les enfants et leurs darons sous le nom d’Aldebert, auteur-compositeur-interprète de chansons destinées au Premier Âge, pas celui des Terres du Milieu mais du rampant qui a fini par prendre son équilibre et vous poser des questions à la con pour laquelle la réponse « va demander à maman » reste la plus sage… En aficionado de Metal, il paraissait évident qu’à un moment il passerait du côté obscur pour proposer à son doppelganger maléfique de prendre la parole et la six-cordes électrique pour envoûter les plus jeunes et les inciter sournoisement à faire comme maman et papa : des doigts ! enfin, l’index et l’auriculaire, de fait. Naturellement, c’est le papa qui parle, le papa qui s’occupe des enfants malgré ses défauts… et ça donne des choses amusantes sur Enfantillages 666.

    On ne pouvait décemment pas passer à côté du trop fameux « Let it go », en versions multiples. Cette chanson disneyenne vous a pourri la tête à force de l’entendre bramée par des charmantes têtes blondes défoncées au sucre ? Trollez-les en retour avec les covers greuh greuh… ou pourrissez vous-mêmes cette génération de futurs parents en faisant ouïr à leur descendance ces versions qui leur rappelleront des souvenirs.

    La pédagogie et la découverte en symbiose vous permettront d’aborder au plus tôt la saturation non pas des données mais des guitares tout en leur apprenant les 3R basiques de l’éducation anglaise (Reading wRiting aRythmetic) : même les chaînes télé ou média s’y sont mises, en voici donc un exemple pour revoir vos bases.

    Aussi pour continuer sur cette lancée, je vous invite à apprendre le calcul avec du gros son, celui originel de Drowning Pool et cette adaptation pour les tout-petits trop choupinous.

    « Faites des gosses… » Je ne sais pas si je dois vous présenter cette sentence comme une injonction ou un soupir de désolation. Quoi qu’il en soit, sarcasme ou tentative de repeuplement, si c’est trop tard et que vous en avez déjà, faites ce qu’il faut pour leur éviter de devenir des sales connards ou des assassins, par acquit de conscience ou simplement parce que, que vous soyez ou pas un « bon » parent, vous aurez fait de votre mieux…

    [L’afghane aux yeux verts, Steve McCurry]

  • Au moment critique…

    Au moment critique…

    L’évolution des goûts et des couleurs
    Une réflexion de WvG

    à lire, savourer, méditer et commenter !

    Allons enfants de la puterieeee, le jour des glaires eeeeest arrivé : me voici reviendu, je suis de retour après un long moment pour se ressourcer, se revigorer, se… nan, pas du tout en fait, mais vu le cynisme ambiant des actualités qui dilatent le renflement brun plus que jamais, entre Trump qui considère mériter son Nobel de la Paix, Poutine qui veut s’approprier l’Ukraine en invitant son homologue en terrain neutre, c’est-à-dire Moscou évidemment, Netanyahou qui veut un plan de paix en annexant un pays voisin, Bayrou qui veut niquer tout le monde sauf ses potes à coup de mesures fiscales diverses et variées et la polémique sur les influenceurs Metal qui veulent faire raquer les groupes pour de la visibilité sur leurs reels, pour revenir au sujet qui nous intéresse… je pense qu’il n’était pas utile de rajouter une couche de sarcasme à un moment aussi crucial tant la réalité de l’humour noir et grinçant ne serait pas à la hauteur quand la fiction dépasse la réalité. Que nenni, laissons ces putes à leur puterie…

    Fi de putes, donc, aujourd’hui on va s’intéresser à l’art de la critique et la critique de l’art, et donc l’évolution des goûts et des couleurs. Comme souvent, vous ne serez pas d’accord avec moi et c’est très bien ainsi : vous avez votre avis et moi le mien, qui évolue selon le temps qui passe mais ne remet jamais en question mes valeurs… Et quand un foireux est un foireux fier de l’être, je n’ai pas de souci à… l’ignorer parce qu’il ne mérite aucune promotion, adulation ou même oreille à l’écoute. Mais c’est aussi ainsi que j’entre dans le vif du sujet puisque me voici déjà critique sur des aspects bien nombreux.

    Arrêtez de triquiter : Un message humoristique | TikTok

    « La critique est aisée mais l’art est difficile » … Vous avez certainement déjà croisé cette sentence, initialement issue d’une pièce de Destouches que chaque personne qui refuse la critique brandit comme son bouclier de Captain America, ou sa main en bramant « miroir, miroir ! » sans même connaître l’origine de cette maxime. À tous les coups, vous n’y avez pas échappé dans un commentaire ou post sur un de vos RS de prédilection…

    Le truc, avec la critique, c’est de réfléchir déjà à ce qui est critique, ce qu’est la critique, comment c’est critique et comment l’interlocuteur va recevoir la critique… et en extrapolant à devenir auto-critique. On pourrait aussi pousser le bouchon vers la définition de ce qu’est l’art [mais il me semble déjà avoir abordé précédemment ce sujet dans un article… ou alors c’était un autre con que moi et j’aurais dû le citer sur un post FaceBook pixelisé fait sur Paint…] Tiens d’ailleurs, tentons de le faire.

    *

    La notion d’Art est fondamentalement subjective, avec une honnêteté toute relative de la part de l’auteur ou du spectateur [oui, ça aussi, j’ai déjà dû l’aborder… ou alors c’était encore un autre con, M. Grincement qui écrit l’histoire et tape sur mon clavier… m’enfin des Grecs il y a fort longtemps avaient déjà commencé donc…]. Le péquin qui me dit « je suis artiste » ou celui qui admire me dit « c’est de l’Art », j’aurais tendance à remettre assez vite sa vision biaisée en question, soit à cause de son fanatisme pour le second ou son égo démesuré pour le premier. Ce premier, avec sa prétention, je le mettrais face à sa vision personnelle de l’Art et pourquoi/pour quoi il le pratique : pour être reconnu ? pour être glorifié ? pour rester dans l’Histoire ? Pour en tirer profit d’une manière ou d’une autre ? C’est concrètement et empiriquement difficile de définir réellement l’Art en soi, même si par le passé certains ont tenté de le faire en parlant d’« Art pur » et même dans ce cas, on peut remettre en question cette notion d’Art pour l’Art au regard de l’idée même de faire mieux que le prédécesseur, ce qui est finalement très égocentrique. Selon moi, l’artiste est celui qui ne sait pas ou ne se rend pas compte qu’il en fait, qui est « béni des Muses grecques » et fait ce qu’il a à faire parce que c’est désintentionné ou désintéressé ; sinon il/elle risque de rentrer dans des cadres pour plaire, satisfaire, se brider et ne devenir qu’un simple exécutant, un artisan finalement… De nombreux artistes, ceux qu’on dit « torturés », faisaient avant tout ce qui était dans leur domaine de compétence, donnaient le meilleur d’eux-mêmes sans se revendiquer artistes, voire minimisaient leur place dans cette case sociale, que ce soit des Baudelaire, ou des encore Gainsbourg qui considéraient pratiquer un art « mineur ». C’est effectivement applicable dans le domaine du Metal comme d’autres non mécénés par Euterpe : un toubib/chirurgien qui fait son taff avec dextérité et sauve une vie est un artiste, un mécano qui te trouve la panne la plus improbable sur ta bagnole et te la règle en deux-deux est un artiste, le mec qui change les pneus de ta F1 en moins de deux secondes est un artiste, le prof qui malgré les conditions les plus merdiques et en voie d’empirer trouve le point essentiel qui arrive à faire s’épanouir un gamin et l’ouvrir à la réflexion et la culture est un artiste, le cuisinier qui recherche la saveur qui manque pour que tes papilles limitées à cinq goûts s’extasient par illusion devant un sixième est un artiste… Liste non exhaustive mais la réflexion autour de l’Art est indubitablement personnelle et nécessaire, elle pourrait aussi se limiter à « donner le meilleur de soi-même et du talent qu’on cultive » [le talent n’est pas un don inné mais un travail constant, même si certaines prédispositions aident à le cultiver].

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    Partant de cette définition, l’Art est de base difficile puisque difficile de savoir ce qui en est ou pas, selon son propre regard ou celui d’autrui.

    D’un autre côté… Il y a ceux qui, donc, éprouvent leur travail d’« artiste » dans le but d’être vus/reconnus/admirés, etc. Admettons, si telles sont tes volontés et ambitions… 

    • Dans ce cas, tu te dois d’accepter que tu ne fasses pas l’unanimité, que tu ne convaincras jamais tout le monde. À titre personnel, on a essayé de nombreuses années de me convaincre que Bach est un génie, l’artiste absolu ; je n’y ai jamais adhéré : pour moi c’est un mathématicien qui composait pour obtenir la rédemption de son chef à qui il cirait les bottes dans le but d’avoir une place convenable à ses côtés… je parle de « Dieu », bien sûr… Mais surtout c’était une perte de temps puisque j’entendais des maths et pas de la musique, même si les deux disciplines sont étroitement liées. Le paradoxe metalleux entre ici en ligne de compte : vouloir convaincre tout le monde que le Metal mérite sa place au grand jour… mais qu’il ne faut pas parce que, sinon, ça deviendrait mainstream.
    • Dans ce cas, tu dois également accepter, puisque tu ne feras pas l’unanimité, que même dans ton milieu tu n’auras pas que des admirateurs, par atavisme et snobisme de groupe souvent (j’aurai l’occasion d’en reparler plus bas), ou aura carrément des détracteurs, exactement pour les mêmes raisons, le groupe « hater » faisant la force.

    Tu soumettras donc ton travail à la critique, dans le but [ou l’espoir] d’en tirer un bénéfice (visibilité, pognon, augmentation du nombre de fans, etc) qui te donnera une impression de valeur.

    C’est là que débute mon second point : « la critique est aisée » …

    Non. En fait… La critique n’est pas aisée, d’autant quand tu veux être un tant soit peu honnête en tant que critique et pas juste te fondre dans la masse des « j’aime pas parce que les autres n’aiment pas donc je vais le pourrir », d’autant si tu as une notion très relative également d’avoir un pouvoir ou un poids quelconque pour que ton opinion influe sur le reste du monde, d’autant si ton objectif de critique est d’être constructif selon tes normes et valeurs mais pas de descendre pour le plaisir de descendre ou par sadisme, d’autant, d’autant, d’autant… Tu te dois d’avoir un semblant d’éthique et de morale pour être critique constructif. C’est aussi pour ça que la critique n’est pas si « aisée », dans l’absolu.

    La complexité de la démarche reste l’honnêteté [oui, je redonde] et surtout le fait d’éviter de tomber dans la mauvaise foi parce que la tempérance est tout aussi importante. Je vais prendre un exemple très récent, mon visionnage du Pauvres créatures de Lanthimos (déjà réalisateur de The Lobster entre autres), film que j’ai trouvé très féministe dans son propos, intéressant dans sa réalisation mais gonflant sous certains aspects visuels. Très, ou trop féministe selon les goûts et autant dire que ma partenaire de visionnage, elle-même de sexe féminin, donc à priori plutôt concernée par le fond de ce film, revisitation du mythe de Frankenstein avec une notion de liberté absolue d’émancipation féminine par tous les aspects, l’a trouvé trop féministe pour elle. Nonobstant le fait que je l’aie également perçu, ressenti (et sans avoir été spoilé préalablement puisque je le découvrais) comme poussé loin, il y a une ironie derrière cet exemple que je vous propose : suite à cette séance, qui m’a amené vers des tas de réflexions tant personnelles que globales et n’étant pas forcément obtus dans mon fonctionnement, j’ai regardé les avis sur le film. Pas ceux de l’ultracrépidarien internetistique mais des personnes dont c’est le métier, donc la compétence… Et j’ai ri jaune en lisant les critiques, dans la globalité dithyrambiques (quatre Oscar dont un pour Emma Stone dans le rôle principal), avec d’un côté ceux qui notent de manière manichéenne l’aspect féministe en fonction de leur appartenance et leur bord sur le sujet (et j’avoue avoir été décontenancé par la critique positive de CNews… comme quoi, hein…) mais, surtout de l’autre, des magazines très penchés vers le féminisme… qui trouvent que ce film est une daube machiste et misogyne… parce que c’est une vision masculine, donc inappropriée/inadéquate/appropriatrice, donc “tu peux pas comprendre, t’es pas une femme”, donc mansplaining, donc blablabla… C’est la raison pour laquelle je prends cet exemple qui démontre qu’au-delà du fait de ne pas pouvoir plaire à tou.te.s, les intentions réelles ou sous-entendues sont analysées et critiquées (à tort ou raison, je ne saurais dire, mais là n’est pas la question), biaisées de surcroît, et qu’émettre une hypothèse sans fondement est nettement plus « aisé » pour critiquer que se remettre en question ainsi que son jugement de valeurs et son échelle graduée attenante.

    Parce que quand tu sens le foutage de gueule, oui, tu peux ou te dois (mais c’est selon votre sensibilité ou l’envie de le faire ou s’impliquer) de « balancer ton hypocrite ». Il m’est arrivé d’écourter des interviews pour la malhonnêteté « artistique » de mon/mes interlocuteur/s ; il m’est arrivé de refuser de chroniquer des « albums » dans le but de ne pas tailler le groupe qui voulait son quart d’heure de gloire et, comme dit en préambule, ce genre de guignols, je les ignore ; il m’est arrivé de devoir faire des chroniques de trucs que je n’ai pas aimés… et donc dire le mal (et le bien aussi, faut pas non plus déconner) que j’en pensais, particulièrement celui de la démarche « artistique » en me prenant des retours négatifs d’une façon ou l’autre par le label (qui oublie assez souvent que la promo faite par un chroniqueur n’est pas un honneur mais un travail et que la pyramide de Maslow ne fonctionne pas dans ce cas de figure).

    *

    Non, la critique n’est pas aisée quand tu dois te censurer, pour tes principes ou valeurs… mais elle ne l’est pas davantage quand tu vas encenser, parce que tu n’as pour ainsi dire rien à apporter comme valeur ajoutée excepté ton avis. Ou alors, dans le but d’être constructif et pas simplement un énième fanboy, tu dois réfléchir sur ta critique, en admettant que la perfection n’est pas de ce monde, et sans pour autant pinailler, considérer que tu n’as pas forcément atteint l’extase absolue, le nirvana ou choppé quelque syndrome de Stendhal, donc chercher à comprendre d’où vien(drai)t la faille qui t’a empêché d’atteindre le seuil de l’Île des plaisirs [peut-être le fait qu’il n’y a pas de sangliers dessus…]. Ça m’est aussi arrivé dernièrement de chroniquer des albums que je trouve quasi parfaits… et vous noterez mon « quasi » qui fait que je ne peux pas donner de note optimale à un album. On pourrait aussi discuter de l’intérêt de mettre une note à un album, question qui a longtemps été débattue dans les milieux éducatifs « mais pas que… » (pour pomper le slogan de MMW, placement de sponsors oblige), a été tournée et retournée, pour arriver au constat suivant : on a tous besoin de chiffres pour se jauger, que ce soit en notes, en étoiles, en nombres de chiffres sur le bulletin de salaire ou bâtons gravés sur la rampe du lit/le côté de la voiture pour celui de mecs/nanas dans votre bodycount…

    D’autre part, la critique doit aussi être tournée vers l’intérieur et pas seulement l’extérieur, la paille perçue avant la poutre, qu’elle soit de Bamako ou d’autre part. Savoir se remettre en question, être autocritique est essentiel pour (re)devenir un tant soit peu objectif, même si l’on sait en définitive que cette notion est totalement invalide en soi. Dans le cadre de cette réflexion me revient un moment, rigolo tant qu’à faire mais assez démonstratif de ce que j’entends par autocritique: le making of de l’enregistrement de Sadistic Sex Daemon de Misanthrope durant lequel le titre « Conversations métapsychiques » est en cours de mixage et l’ingé son qui le passe à la moulinette se marre à growler “conversation avec un cric”. Ce passage m’a fait marrer d’une part en imaginant la situation de ladite conversation mais aussi parce que tout sérieux que soit l’instant, dans un cadre tout autant sérieux, ce moment d’autodérision est salutaire d’une pour détendre l’atmosphère mais aussi de deux pour relativiser le sérieux : on peut faire des choses sérieusement et éviter d’être chiantissimement premier degré simultanément, mais ça  nécessite du recul et surtout de ne PAS se prendre au sérieux. À titre comparatif, faire de l’humour (dans un cadre professionnel, j’entends), c’est sérieux, bien que ça paraisse paradoxal de prime abord : un humoriste ou aspirant humoriste passe un temps considérable, sérieusement, à étudier, analyser, construire, bâtir, s’entraîner, répéter, improviser… L’humour, c’est donc du sérieux, mais aussi de la remise en question (ré-écrire des sketchs, des vannes qui plantent, etc.) donc de la critique envers ses goûts, mais aussi son travail.

    Rien n’interdit effectivement d’être critique même (surtout, en fait) parmi les choses qu’on aime, ne serait-ce que pour atteindre le niveau le plus épanouissant de satisfaction personnelle, sur un plan plus hédoniste : le chef-d’œuvre ! [Ah, tiens… j’en ai déjà parlé aussi… j’imagine que je commence à avoir fait le tour des sujets et qu’il va être temps de m’effacer avant de ne plus rien avoir de constructif à proposer jusqu’à tomber dans le pathos de ceux qui n’ont rien à dire mais le disent quand même…] « Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » selon Beaumarchais… ce qui complète assez bien la citation de Destouches tout en la mettant en porte-à-faux : si tu as conscience que ta critique est pragmatique, elle devient constructive. Je prends un exemple : j’aime Maiden [je prends cet exemple parce que je me suis confronté à cette réflexion durant leur concert à Paris]. MAIS je n’aime pas Maiden… J’aime ce que Maiden a fait jusqu’à Seventh Son, même si je n’aime pas du tout cet album mais je le trouve artistiquement honnête (voir définition plus haut, à moult occasions). No Prayer étant ma madeleine de Proust, j’ai du mal à avoir du recul même si je m’y force, mais Fear of the Dark, hormis quelques morceaux dont celui éponyme singueulisé… bah, c’est pas l’album du siècle ! Tout ce qui vient ensuite n’est que tentative vaine de perdurer, pas grand-chose à sauver, et surtout pas Senjutsu que je trouve artistiquement malhonnête, avec des morceaux pas inspirés, insipides, torchés, mal enregistrés, mal branlés, irréfléchis… une démarche pas du tout artistique mais mercantile. Et pourtant, Maiden a rempli deux dates d’affilée à Paris, deux fois quarante-cinq mille spectateurs, qui sont venus pour LE Maiden, celui qui s’arrête donc à… Fear of the Dark… Et même mon regard d’enfant émerveillé a constaté que, bah, le groupe dans son ensemble avait perdu de sa superbe, le plus pragmatique étonnamment malgré son caractère espiègle ayant été Nicko McBrain conscient qu’il n’était plus capable de suivre le rythme du groupe quand les autres continuent, quitte à tenter de faire survivre le mythe quand ils ne font que l’enterrer par orgueil…

    Mème Iron Maiden : r/ironmaiden

    Qui plus est, nos goûts évoluent avec le temps et il m’est aussi arrivé, en réécoutant un album que j’avais chroniqué (ou pas d’ailleurs, juste simplement aimé sans en dire mot), de me faire la remarque « t’as pas été assez magnanime/vachard » sur tel ou tel aspect, et la critique elle-même varie en fonction de notre propre acquisition de connaissances et compétences, ce qu’on appelle lapidairement « le Temps ». On en revient à la nécessité d’introspection et de recul.

    Je lisais dernièrement un article de Télérama qui ressemblait presque à un mea culpa pour avoir taillé des « chefs-d’œuvre » de la comédie (un peu comme si les César se décidaient, mais trop tardivement, à en créer un pour la “Meilleure comédie”), ou d’autres journaux/zines/média lambda, mais en hype, qui réhabilitent des films/livres/pensées/compositions, etc. en se rendant compte que leur charge n’a eu aucun effet, pire ça a incité à ce que des œuvres deviennent cultes (Donnie Darko, The Big Lebowski, Last Action Hero, Scott Pilgrim VS the World… je ne cite que quelques exemples à la louche, transposables dans des groupes de Metal qui apparaissent dans des festivals dès lors qu’on a réalisé leur existence et intérêt musical) parce qu’on y a trouvé de l’honnêteté sans prétention contrairement à d’autres films poncés au laudatifs qui n’étaient que des pirouettes techniques sans saveur ni volonté autre que de s’inscrire dans l’air du temps… J’entends déjà mugir dans les campagnes les fans de Julia Ducourneau pour une critique de Alpha [quand de mon côté je ressens ma fin de sujets à proposer, mon oméga], ou les admirateurs des groupes qui « sonnent comme » et ont leur fanbase irréfléchie brainwashée au format qui plagie sans vergogne et se contente de ne pas pousser ses neurones au-delà du stade primitif voire fécal… mais qui ont voix au chapitre puisque suivis par la masse (oui, pas pu m’empêcher de tailler les « influenceurs » évoqués en introduction : n’est influenceur que celui qui a des influençables, ce qui est triste dans le fond… mais clairement, j’ai déjà la flemme de vous expliquer la loi de Brandolini donc je ne vais pas chercher à vainement vous convaincre pour certains ou enfoncer des portes ouvertes pour d’autres).

    Prendre du recul sur ses idées, tempérer et relativiser peut ouvrir vers des directions positives et constructives, ne serait-ce que pour sa propre appréhension du monde (et aussi se rendre compte d’à quel point on peut se faire dilater sans réagir, à défaut d’avoir agi, mais ceci est une autre histoire et point de vue, qui ne feront certes pas non plus l’unanimité). Réaliser que son âme d’enfant ou de révolutionnaire n’a pas disparu pour autant en est une autre, co-existante.

    Un vieux con, c’est juste un jeune con qui a vieilli… Rappelez-vous quand vous écoutiez votre « musique de barbares » dixit vos parents et que vous dites la même chose de la musique qu’écoutent les/vos gosses actuellement, avec la fâcheuse impression d’être largué parce que vos outils de comparaison datent et que « c’était mieux avant »… Evidemment que vos goûts évoluent, soit face à la lassitude [ça m’arrive assez fréquemment, tant à l’écoute d’un album récent qui « sonne comme », mais vraiment COMME, que dans le cadre de ce que je propose en termes de réflexions ou de baratin que vous lisez pour les quelques premiers paragraphes parce que je m’étends sur des formats très ou trop longs qui me soulent moi-même dans le simple cadre de lecteur, même si je suis obligé de développer ma pensée et que ça prend DES pages pour ne pas simplement tomber dans le pathos ou la régurgitation de connaissances non approfondies], soit parce que le monde évolue et change, et qu’il faut aussi se mettre à la page, pas forcément pour développer son esprit critique et se morfondre en « gneugneugneu c’était mieux avant, d’tout’façon » mais parce que certaines évolutions ont un impact positif et utile, n’en déplaise. Perso, pour les amateurs de 1349 résiduels, j’aurais moyen pas apprécié de vivre cette période [NB : on mourait assez facilement de la peste noire en ces temps de « c’était mieux avant »]. Au fait, puisqu’on met les pieds dedans… vous avez tous écouté des musiques « extrêmes » dès le départ ou vous y êtes arrivés par paliers ? 😉

    D’ailleurs, pour enfin parler Metal en profondeur… Oui, il y a des jeunes qui viennent vers les anciens (on parlait de Maiden plus haut, il n’y avait pas que des soixantenaires dans la salle) mais, oui, il y a aussi des anciens, d’aucuns diront « vieux », qui s’ouvrent aux nouveaux courants ou descendants d’un genre qui est lui-même l’accumulation et la somme de sous-genres. Ozzy, RIP à son héritage et l’usure qu’en a fait sa chère moitié spécialisée dans le pressage de citron, était conscient que, tout pionnier du Metal qu’il ait été, il a été le parrain, le mentor voire l’Amphitryon de nombreux musiciens dans des styles qui ont succédé à son œuvre, adoubant certains tant par un featuring que par une invitation à participer à son OzzFest… l’ultime concert pré mortem est assez démonstratif de cette chronologie, me semble-t-il. Maintenant, prenons l’exemple des plus radicaux adeptes du « c’est de la merde », adage qu’ils se feront peut-être un jour tatouer sur leur petit cœur d’acier ou graver sur leur épitaphe : bah oui mais… si les autres sont de la merde, toi et le courant musical que tu affectionnes ne seriez rien sans les autres, soit par les origines soit par la succession, même si ce n’est que pour servir d’outil de comparaison.

    *

    Arrivé à ce point, petit aparté : je ne considère pas que se renseigner ou écouter d’autres propositions soit une forme de progressisme ou, pire pour certain.e.s, de wokisme. Deux raisons à cela : la première est que de nombreuses idées qui ont de plus en plus le vent en poupe sont loin d’être nouvelles (et “ont fait leurs preuves » comme dirait Elie Sémoun parlant des fours crématoires de modèle allemand… si, si, il a été drôle et fait de l’humour noir) et d’être progressistes, mais plutôt régressistes dans des domaines sociétaux, politiques, promotionnels ou autres, si tant est qu’on considère qu’il faille choisir un extrême ou ne considérer que la voix de celui qui gueule le plus fort comme celle de la raison ; la seconde est la manière d’aborder plus ou moins intelligemment un concept, donc pas par le biais du prosélytisme ou du diktat, de la radicalité en somme du « ami ou ennemi, choisis ton camp !!! » [Je mets sciemment trois points d’exclamation pour souligner le ton de manière écrite, même si vous ne m’entendez pas ou entendez votre propre voix dans votre tête en me lisant… et de facto, c’est la vôtre et pas la mienne… ou alors vous fantasmez la mienne et arrêtez tout de suite : ça m’excite déjà]. Le mien serait simplement de n’avoir aucune envie de t’écouter et encore moins adhérer à tes idées vu comme tu en fais l’apologie avec brutalité… et si tu insistes, il y a de fortes chances que je t’envoie chier, radicalement pour le coup, comme on aurait envie de ne pas acheter un produit dont la pub est matraquée à longueur de temps sur des médias, même quand tu payes pour ne pas avoir à subir ces pubs mais qu’on te les impose quand même (coucou Amazon Prime et YouTube : niveau répulsif, je pense que ces boîtes n’ont pas encore compris l’effet néfaste).

    *

    Mais revenons au sujet initial, les goûts, leur évolution et donc celle de notre esprit critique. « Et c’est le temps qui court, court, qui nous rend sérieux » … Est-ce que récemment vous avez réécouté un album ou morceau que vous chérissez et vous êtes dit « hé, mais en fait, c’est naze/chiant/mal foutu/ « de la merde » ? Soit vos goûts ont évolué (en fonction de la découverte de choses antérieures ou postérieures), soit votre esprit critique s’est acéré et vous vous rendez compte que la « perfection » d’antan ne l’était finalement pas… Un Painkiller, aussi « parfait » soit-il, ben en fait non : tu sens bien l’odeur et le goût du Médoc dans l’enregistrement quand tu tends l’oreille [NB pour celleux qui l’ignoreraient, l’album a été enregistré en 1989 aux Studios Miraval, dans le Bordelais, rachetés depuis par un certain… Brad Pitt]. Mais pour autant, est-ce qu’on devient plus ou moins tolérant, et est-ce que cette tolérance n’est pas elle-même biaisée par une forme de mauvaise foi ? Est-ce qu’on ne deviendrait pas trop sérieux avec le temps ?

    Why So Serious Joker GIFs - Find & Share on GIPHY

    A contrario, évoquons les groupes qui ont fait notre bonheur auriculaire mais dont les membres ont fait des choses qui ne correspondent pas/plus à nos valeurs, AKA syndrome de la distinction de l’œuvre et de l’artiste ; est-ce que leur musique/œuvre est finalement merdique et on s’est trompé de bout en bout, ou est-ce simplement un rejet lié à une autre raison ? Je ne donnerai aucun exemple tant la liste pourrait être longue selon les sensibilités et, selon la radicalité de votre point de vue, elle peut être infinie puisque nul n’est parfait par définition et vous ne trouverez rien ni personne d’irréprochable. 

    Si pour Brassens « le temps ne fait rien à l’affaire : quand on est con, on est con », je pense qu’il y a aussi à relativiser : la capacité d’évolution et de réflexion est latente si tant est qu’on y pousse ou cultive la curiosité, sans notion d’âge ou origine diverse… Mais tout est affaire d’effort personnel (et possiblement, à terme, collectif) à entreprendre et, tout comme tenter de convaincre un platiste que la Terre est en fait un donut [on le sait tous, arrêtons de nous mentir, nous sachons et renseignez-vous par vous-mêmes] est peine perdue, laisser trainer l’information plutôt que forcer à la lire va développer sa curiosité et son envie de véracité, au lieu de « vérités vraies que j’ai lu sur Twitter ». 

    Critique de la raison pure de Kant - Editions Flammarion

    [Kant on est con, on est con]

    Et si jamais vous êtes arrivés jusqu’ici, j’ai peut-être déjà instillé cette idée dans votre tête : je vous le souhaite, je passe mon temps à re-réfléchir des tas de choses en m’efforçant de confronter la science et la logique à ce que j’aimerais être vrai ; c’est souvent décevant mais c’est un exercice que je trouve sain et qui permet même de terminer ce laïus puisque ça m’a amené à réfléchir sur l’Art, sa critique, la Critique et l’évolution de cette dernière, donc à l’intérêt de faire tout cet ensemble de choses en parallèle.

    La complexité de mon long [avis personnel et autocritique] propos tient surtout en l’idée que je vois de plus en plus le milieu du Metal (ou des Metals, devrais-je dire) se gangrener par des radicalisations, des dénonciations, des susceptibilités exacerbées et que si je ne suis effectivement pas qu’amour et paix… Putain, de temps à autres, un peu de silence dans ce vacarme, un bon gros « fermez bien bien vos gueules ! » au centre du brouhaha devenu capharnaüm d’individualités, ça détend… mais ça ne peut avoir lieu qu’en bonne intelligence donc capacité à proposer de l’art, de la critique et de l’évolution. Je n’ai essentiellement pas vocation à devenir un influenceur [sinon vous pensez bien que non seulement je ne vous inviterais pas à réfléchir mais en plus je me ferais monnayer à votre détriment et n’hésiterais surtout pas à me faire connaître #fortuneetgloire], ou mentor, ou prophète, ou gourou, ou que-sais-je d’autre, mais je vous convie à pratiquer cet exercice, même s’il n’a pas vocation à être publicisé : écoutez un album que vous adorez, puis rédigez la chronique critique de celui-ci, mais pas en fan : en analyste. Alors, relisez ce que vous venez d’écrire : si votre propos tient en deux lignes laudatives, c’est que vous avez besoin de réfléchir encore et évoluer.

    Evolution of Charles' Poster, picture, metal print, paint by Nicebleed |  Displate

  • Montre-nous tes fests !

    Montre-nous tes fests !

    L’été et le Metal… et l’équipe de MMW !
    Un papier de WvG

    A lire, savourer, commenter...

    L’équipe de Quotidien étant (encore) en vacances – putain, bossent encore moins que des profs, ceux-là –, je sais que vous êtes en manque de culs de métalleux… Aussi pour pallier vos perversions naturelles, l’équipe de MMW est heureuse de vous montrer ses fests ! En sus des canicules à répétition, l’été sera chaud dans les t-shirts, dans les maillots…

    Avec la précision préalable que je ne touche aucune thune – hélas – pour promouvoir les évènements dont je vais parler un peu plus bas, cette publi étant non sponsorisée, ne vous étonnez pas si je n’entre pas dans les détails mais fais juste un clin d’œil voire appel du pied aux organisateurs car s’il existe pléthore de fests ou mini-fests se déroulant durant la période estivale (je prends au sens large en terme de saison, pas de vacances scolaires puisque la majorité des gamins préfèreront scroller sur leur smartphone la dernière vidéo Tiktok à liker plutôt que d’en lever les yeux et leurs esgourdes pour venir les secouer devant une mainstage), on n’en parle que trop peu au tout-venant : sachez que pour les JT, le retour de Kendji Girac sur scène est nettement plus intéressant quand on aborde un reportage sous un aspect journalistique traitant des « festivals de l’été » sans même évoquer un seul dans le genre musical Metal… M’enfin bref, on ne saura jamais si c’est par pudeur ou incompétence, voire racolage putassier.

    Toujours z’est-il que je m’en va vous parler de ces festivals qui jonchent et jalonnent la route du festivalier en quête de sensations fortes et de torticolis, le tout en deux parties : ceux dans lesquels vous avez pu ou croiserez des membres de la team Memento Mori Webzine… et les autres. Il n’y a aucun jugement de valeur, puisque je vais quand même en parler, mais c’est évident qu’aucun des membres même le.a plus investi.e ne saurait prendre part à toutes ces festivités, pour raison de temps, ou d’argent, ou de (bon) goût.

    Commençons par le gros, le lourd, voire le lourdingue, la machine de guerre Hellfest, qui a eu lieu à Clisson (44) du 18 au 21 juin. Si vous avez fait attention, vous avez pu y croiser Mémé Migou et son dentier, ainsi que Seb, Bruno et Manu, chacun venu pour ses raisons particulières tantôt en tant que bénévole, tantôt festivalier avec chacun.e ses groupes de prédilections. Facile de les repérer et impossible de les rater : ils étaient en noir avec des cheveux longs. Ils et elle se feront un plaisir de vous narrer les concerts auxquels ils et elle se sont enjaillés durant leur périple, sachant que Migou était venue pour voir « Cattle, qui a décommandé au dernier moment ; sinon : Chat Pile, Messa, Blood Fire Death, Ishahn », Manu pour « Spectral Wound, Messa, Russian Circles, Monkey3, Black Pantera, Deafheaven, Jerry Cantrell », et on ne compte même plus le nombre de vidéos qu’a pu shooter Seb, dépassant aisément sa consommation en litres de bière : autant vous dire qu’ils en sont à chercher leurs premiers mots pour commencer leur rédaction, en évitant les poncifs de type « De tout temps » et « mais tout ceci n’était qu’un rêve »…

    Hellfest 2025 : la programmation complète est là !

    https://www.facebook.com/hellfest

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    Fidèle à l’affection qu’il porte au savatage, pas le groupe mais celui effectué avec des pointures 44 dans ta tronche, Bruno s’est donc hardiment rendu au Superbowl of Hardcore à Rennes (35) les 27 et 28 juin, qui recevait des têtes d’affiche bien sympathiques comme Walls of Jericho, Earth Crisis, Discharge ou Merauder.

    Peut être une image de texte qui dit ’FACE TO FACE FACETOFACEPRÉSENTE CEPRÉSENTE MOFサYAROCORE EUPERBILYL OFHARPCORE 10TH EDITION WAILS DISCHARGE JERICHO EARTHCRISIS SLAPSHOT IGNITE 山ん53 CONGRESS PEST CONTROL 北华区神 Sfntterdt npи6и SESTH 春錄持玩 RESTRAINING ORDER INITIATE LIFESICK B生COMIN蛋 A.A. GRAYSTATE LOVE LETTER EXLAKH 27ET28JUIN2025 27 ET 28 JUIN 2025 RENNES JARDIN MODERNE’

    https://www.facebook.com/superbowlofhardcore

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    Le Kave Fest, à échelle humaine mais le « plus gros festival de Metal » à la programmation toujours vacillante malgré la qualité générale, a pris place à Gisors (27) du 4 au 6 juillet ; vous avez/auriez pu y croiser JP, en villégiature (et toujours un peu partout sur le site), venu assister aux concerts de « Klone, Mirabelle et déçu de pas avoir vu Coheed and Cambria ». Il précisera par ailleurs pour Klone que « Non, je pleure pas, c’est de la poussière dans les yeux, comme pour Garaea, Bord d’aile de merle ! » et en aura également profité pour assister au set d’Ensiferum qui était la tête d’affiche du samedi, dans le cadre de la cour du château du bourg « à moins d’une heure de Paris ».

    Kave Fest 2025 - Discussion

    https://www.facebook.com/LaKaveAsso

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    Bruno, toujours à l’aise dans ses rangeos taille fillette, était au BernaFest Subaru à Langan (35) le 5 juillet ; pour ne pas déroger à ses goûts, il a donc pu entrevoir par l’interstice de ses cocards les groupes de Punk et HxC locaux qui s’y sont enchaînés.

    Peut être une image de texte qui dit ’BernaFEST SUBARU samedi 5 juillet 25 BARBE ROUGE LANGAN (35850) 風 ACCÈS LIBRE DÈS 14H MARCHÉ CRÉATEURICES FLASH TATTOO (INKERMANN TATTOO) CONCERT A 16 で TOCARD! Fastcore Rennes KBE Moder Nantes FOOD FIGHT PowerPop Rennes THE PLAYMATICS Rennes ASHEN SHORE Skate Punk Rennes ABUSE MARIA TAREY Crust C Vannes NotSick Not Sick Rep Reprises ise Folk PAF 10€ PRÉVENTE 14 SUR PLACE BOUFFE ET CAMPING SUR PLACE’

    https://www.facebook.com/bernadetteXsubaru

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    Mémé Migou est partout, et particulièrement là où ses dents la traînent. C’est pourquoi elle s’est déplacée vaillamment jusqu’à l’Ar’ Vran Fest de Janzé (35) les 6-7 juillet (« et même le before ! »), principalement pour y voir Saor « mais pas que » comme le veut le slogan du zine tenu par sa taulière. Et pourtant il y avait du choix, et non des moindres, dans l’affiche partagée également entre Equilibrium, Heidevolk, Cruachan et Aktarum…

    https://www.facebook.com/arvranprod

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    Il y a aussi les festivals où vous pourrez croiser des membres de l’équipe comme Seb qui va se rendre à l’Alcatraz Open Air à Coutrai (Belgique) des 7 au 10 août, probablement dans le pit de « Messa, Slomosa, Dool, Helmet, Tsjuder, Obituary, Dimmu Borgir, Machine Head, etc. » ; si vous remarquez un BG avec une main prise par un appareil photo et l’autre par une mousse, c’est forcément lui (ou son doppelganger).

    ALCATRAZ FESTIVAL : EN ROUTE POUR 2025 - Metal Overload

    https://www.facebook.com/alcatrazmusic

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    Vous croiserez forcément un des Memento Morty au Motocultor Festival à Carhaix (29) du 14 au 17 août, que ce soit Mémé – elle est partout, celle-là ! – pour « Imperial Triumphant, Samael, Cult Of Luna, Dimmu Borgir, Batushka, Enthroned, Benediction, Suffocation », Seb pour « Benighted, Loudblast, Samael, Houle, Extreme, Dimmu Borgir, Klone, Gutalax, etc. », Bruno, ou Manu pour « Machine Head, Mogwai, Me & that Man, Samael, Solstafir, Enslaved, Envy, Cult of Luna, Batushka, Harakiri for the Sky, Blind Guardian, Candlemass, Kanonenfieber, Green Lung ». En clair, vous avez beaucoup de chances de les y rencontrer, mais probablement pas pour des live-reports [disons que l’offre spontanée d’une accréditation donne nettement plus envie de travailler à promouvoir un festival que de faire payer son entrée, tout travail méritant salaire…] Néanmoins, ça leur laissera largement plus de temps pour échanger avec vous autour d’une pinte en ponctuant d’un jeu de mots truculent, tout travail méritant sa bière.

    Peut être une illustration de texte qui dit ’AUGUST 2025 FESTIVAL MACHINE HEAD TRIVIUM PREVAIL LACUNA LANDMURKS CARPENTERBRUT. HELLDEBERT MAGMA BATUSHKA EMFORCER KATAKLYSM TESSERACT EXHORDER GUTALAX BAMBINO BUFFALO WAMPAS mOL NAILBOMB PALEFACE SWISS PELICAN PRIMORDIAL SAMAEL SKALMOLD SNOT SOLSTAFIR SUFFOCATION BEETROOTS TRIBULATION WITCHCRAFT AGGRESSIVE AGRICULTOR ANGELMAKER BELENOS BENIGHTED BLACKBRIAR COBRA IMPALER DOGMA DOODSESKADER DOOL DROPOUT THE HIEROPHANT GAUPA GOST HERIOT HIRAES HOULE HÜRLEMENT IMPERIAL TRIUMPHANT JOHMNIE CARWASH LAZULI LOUDBLAST LUNAR TOMBFIELDS MARGARITA WrTCH CULT mosi OBLIVISCARIS PARTY CANNOM POESIE ZERO RECTAL SMEGMA RENDEZ SAQQARAH_ REG SKELETAL REMAINS SLOPE ·SOLITARIS. TAMORK THE CALLOUS DAOBOYS THE GORGE THROWN GRAVE TRAQUENARD TRISKILL VERSATILE WESTIGE VONSHARON WAYFARER WEGFEREND WΥAT. YEAR LIGHT’

    https://www.facebook.com/MOTOCULTOR.FESTIVAL.OpenAir

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    Par la suite et entre deux interviews, vous pourrez discuter comme les stars sur place avec Mémé (oui, encore) qui vient au Furiosfest à Saint Flour (14) les 23 et 24 août principalement « pour Dark Tranquility » ; JP sera également de la fête mais davantage pour Mercyless et Smash Hit Combo… mais aussi assurément pour ROTNS, dont il espère un entretien sublimé par un placement de « Omae wa mō shinde iru » et de « ah tatatatata » !

    Home Furiosfest – 2025 - FuriosFest

    https://www.facebook.com/FuriosFestCantal

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    Pendant ce temps et ce mois d’août, Bruno se remettra en place les dernières phalanges et côtes flottantes pour se préparer à assister au Ol’ Dirty Beat Fest à Brasparts (29) les 29 et 30 août. Sa sortie de coma est prévue pour mi-septembre, son assurance et sa famille ont déjà été prévenues…

    https://www.facebook.com/symphonyofdestructionrec/posts/pfbid034wquXUWrKeGbfin8SQHcb1YeQVfv6mubm321pcisv76PaRboXmxE9fZfeQgBH2wkl

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    Les hostilités reprennent dès la rentrée avec le Mennecy Metal Fest à… Mennecy (91) – étonnant, hein ? – les 5 à 7 septembre, festival auquel Manu assistera principalement pour « Blind Guardian, Akiavel, Electric Mary, Ensiferum, Impureza »

    Peut être une image de texte qui dit ’HWOKS PIAAIE FINALE ANNONCE LF MENNEC METAL FEST BLIND GUARDIAN CARPENTER BRUT ·MASSHYSTER MASS HYSTERI DAGOBA LOUDBLAST ENSIFERUM SHAÄRGHOT KE GRESSOR LES SHERIFF DROPDEAD CHAOS WALTARI NECRODEA PTIC IMPUREZA· NIGHTMARE WITCHES DIRTY DIRTY FONZY ELECTRIC THE STYX UNBOUNDED TERROR •KRASHKARMA KOB •FATAL POLARYS WAKAN TANKA BLOODYFLOW METALKOMBAT KOMBAT III VAINQUEUR TREMPLI Mennecy PARC DE VILLEROY 91540 MENNECY 5,6.1 SEPTEMBRE 2025 MUSKOEYE Franc Mefal CERANA (raat'sAartwbrks LOUD RSTLSS.COM TVE MUST eKomeиR’

    https://www.facebook.com/mennecymetalfestoff

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    Simultanément, une partie de l’équipe sera au Rockiavelic à Carantec (29) le 6 septembre : Seb y va pour « Realm of Perdition, Tungs10, Nø Retry, Incinerator » (mais on sait tous qu’il ne s’y rend QUE pour Tungs10 !) et en plus « c’est gratuit », Bruno en sera également (pas forcément pour Tungs10 mais… va savoir… un coup de cœur… un effet Impulse…) et Mémé, pire que Muriel Bolle car toujours dans les mauvais coups, explique que « pas pour quelqu’un en particulier mais en soutien de tous » avant tout.

    Aucune description de photo disponible.

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100057310875828

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    Et pour achever l’été, vous pourrez de nouveau repérer dans votre sillage Mémé (elle est partout, je vous dis !) et  Manu au Muscadeath à Vallet (44) les 19 et 20 septembre, Migou y allant pour « Belphegor, Deathcode Society, Unleashed », et Manu de préciser : « j’arrive pas à lire les noms sur l’affiche », donc en gros du Death [NdMémé : Mais non, il y a du Black aussi !]…

    Muscadeath 2025

    https://www.facebook.com/muscadeathfestival

    On comprend votre déception… Mais la team MMW ne peut pas être partout, il y a des choix à faire, et des groupes à ne pas manquer sur scène et dont Seb est particulièrement friand (d’où sa venue au Rockiavelic) … Et dire que si votre amour pour certains groupes vous aurait amené à rencontrer et partager avec des personnes pleines de grâce, affables et amènes, et grands fans de karaoké (surtout quand Bernard Minet est sur scène), ils ne pourront pas se rendre à TOUS les festivals Metal de l’été.

    Ceci ne veut pas dire que d’autres n’en seraient pas moins qualitatifs mais…

    Voilà de quoi vous consoler malgré tout, et agrémenter votre playlist de plein de nouveaux morceaux en prenant part aux festivals ci-dessous, dont je n’évoquerai que les têtes d’affiche mais d’autres groupes en petites lignes valent aussi le coup d’oreille.

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    Le MozHell Open Air aura lieu à Insming (57) les 19-20 juillet et accueillera Psykup, Novelists, Resolve et Pro Pain mais surtout Fear Factory et Soulfly ainsi que Carpenter Brut en tête d’affiche. Enjoy !

    Programmation 2025 - 19 20 Juillet - MozHell Open Air

    https://www.facebook.com/mozhellopenair

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    L’ Xtreme Fest prendra place à Le Garric (81) des 31 juillet au 2 août, avec une affiche qui laisse des traces (mais Bruno n’en sera pas, le temps de se replacer quelques os) proposant Madball, Napalm Death, Hatebreed, The Exploited et Mass Hysteria.

    Xtreme Fest 2025

    https://www.facebook.com/XtremFest

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    L’indétrônable Sylak Open Air à Saint-Maurice-de-Gourdans (01) du 1er au 3 août ne sera pas en reste puisque Mass Hysteria y sera également, ainsi que Dimmu Borgir, Candlemass, Suffocation, Korpiklaani et, surtout, Nanowar of Steel !!!

    Peut être une illustration de ‎texte qui dit ’‎国塩屋 ሓበት SYLAH 12 AOUT 2025 SRINT DE GOURDANS כוםם 무.u BORGIR DISMEMBER MASS HYSTERIA GANDLEMASS HORPIKLA DRANGE GOBLIN SUFFOGATION AM MORBID THE MELUINS FRO የፀዘ HARAHIRI FOR THE SHY AAKANGEL IMPERIAL TMT E BRAINS MAMQUAR ዐቶ STEEL OR EE SEUERE TORTURE 7 H THE CHISEL UAKE E DEAD AKIAUEL HMUGKLE HEHO LAST ADDIGTION ASHED WHMTER UHTGHORIOUS LAFAYETTE LIFEBOATS UTARO MUST 무 BERΕΤΤA FRAMHLIN‎’‎

    https://www.facebook.com/sylakopenair

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    Le Queyrock Open Air Festival de Ginest (24) du 1er au 3 août proposera quant à lui aussi les Novelists mais également Tagada Jones, Dagoba, les Ramoneurs de Menhirs et une invitation à sortir couverts, offerte par Elmer Food Beat.

    Aucune description de photo disponible.

    https://www.facebook.com/queyrockfestival

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    Un autre festival qui trace petit à petit son bout de chemin, c’est le Festival 666 à Cercoux (17) qui, du 8 au 10 août, affiche la venue de Mass Hysteria (encore plus présents en fests que Mémé), Tagada Jones aussi, Hatebreed itou, mais également Leprous et, surtout, Fu Manchu et Seth.

    FESTIVAL 666 L'affiche complète de l'édition 2025 dévoilée

    https://www.facebook.com/festival666

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    Le Barbeuk Metal Fest à Champtoceaux (49) les 22-23 août commence aussi à bien se placer dans le game pour sa troisième édition avec des groupes comme Destinity, Carcariass, Headcharger mais aussi Angelus Apatrida, Tygers of Pan Tang et Onslaught.

    Aucune description de photo disponible.

    https://www.facebook.com/barbeukmetalfest

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    Le Ugly Fest de Gravigny (27) clôturera août les 30-31 avec Kamizol-K.

    Peut être une image de texte qui dit ’LES CAFARDS PRODUCTIDN spore sp: re ERASSERE EPARBEFIFARTANW.FETAPRCOV ApacOm UGLYFEST RUNNING ORDER SAMEDI 30 AOÛT 14H30 OPENDOORS 15H30 14H30 ENDRAW 16H30 DIMANCHE 31 AOÚT 12H30 16H00 16H 17H30 OPENDOORS SEEPARISANDDIE 17H00 DEPRESSIVE 13H30 12H30 18H30 LA DÉPANNE 18H00 14H30 DROPS 19H30 MURDE 14H00 19H00 BONES 15H00 15H30 ENTERTAIN THE TERROR UNDE 20H00 1630 21H45 16H00 CERBÈRE 21H15 17H30 KAMIZOL-I 17H00 22H45 ALKHEMIA 18H30 POLYBIUS 18H00 PYRECULT 00H00 19H45 19H15 EIGHT SINS 21H15 30 30/31 20H45 IZZYBIUS AOUT 22H00 BRASSERIE SPORE’

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    Et pour finir cette virée du Tour de France, on ira au Pyrenean Warriors Open Air à Torreilles (66) le 13 septembre avec en tête d’affiche Geoff Tate et Jag Panzer.

    Pyrenean Warriors Open Air 2025 – The Nwothm

    https://www.facebook.com/pyreneanwarriorsopenair

    Bon… Théoriquement, que ce soit en croisant le fer ou la bière, vous devriez trouver votre compte dans cette liste non exhaustive de festivals à taille variable disséminés aux quatre coins de l’Hexagone – big up aux profs de maths en PLS suite à cette phrase. Mais avouez qu’il serait dommage de ne pas rencontrer cette équipe dynamique, fougueuse et pleine de verve !

    Cette page publicitaire se refermant simultanément avec la disparition d’un homme (en noir) de télévision et surtout instigateur de célèbres slogans comme « Lapeyre, y en a pas deux », je conclurai en vous rappelant ceci : « Memento Mori Webzine, du Metal extrême… mais pas que » ; aussi beaucoup de grand n’importe quoi, d’autodérision et de recul 😊 

  • Guerre et pets (de l’esprit)

    Guerre et pets (de l’esprit)

    Le Metal et la guerre
    Un dossier de WvG

    À lire, partager et commenter

    Ça pue, non ? Vous ne trouvez pas ?

    Je ne parle pas d’une flatulence humide oubliée négligemment par le passager précédent de l’ascenseur mais plutôt de la situation internationale qui serait commentée en prime time par Léon Zyklone… Une sorte d’odeur de napalm au petit matin… Alors, oui, ça sent la merde… mais aussi la guerre… Les plus informés d’entre vous auront assez aisément noté la progression fulgurante de la connerie humaine depuis la dernière décennie, c’était latent et insidieux… mais le monstre commence à prendre forme. Je vais peut-être un peu loin mais l’analogie avec le déclin des civilisations précédentes est à la similitude, et comme l’Histoire se fait davantage cancel que regarder face à face avec soi-même comme un miroir de son présent, autant dire qu’on est mal barrés. Le déni, c’est quand même beau, quand c’est bien fait, hein ? Mais je vais arrêter ici, je risque de passer pour un enfant sermonneur élevé à la tradi, version Betharram, ou une folle lanceuse d’alerte quand le principal responsable a « oublié » ou « pas été averti » …

    Bref, mon propos en soi ne va pas aller sur « comment sauver le monde sans métahumain ou deus ex machina, avec de la simple intelligence collective, en 3 leçons ! (la 5 va vous étonner) » mais sur le lien ténu entre le domaine artistique qui nous concerne, le Metal donc, et la chronologie des événements, parfois de manière prémonitoire, les artistes étant souvent les Cassandre d’une société en profond mal-être qui pressentent le devenir de celle-ci, avertissent sous des biais poétiques, et tombent dans une oreille assourdie par le bruit des explosions, rafales et destructions ou, pire… du silence, du regard baissé – quand ce n’est pas le futal – et des bouches aussi closes que les portes face à la détresse. Et sans trop vouloir m’avancer – ou vous spoiler – en général, la détresse mène à la colère, la peur, la haine, la déraison… et hop, fin du game. 

    [NB : à tous celleux qui geindraient que « ouin ouin t’as oublié celle-là », c’est toujours non exhaustif… mais si vous cherchez la guerre, vous l’aurez !]

    Hot Shots! 2 (Jim Abrahams, 1993) | TALKING WADE

    Même quand on est un vilain sabotageur, on sait que « la guerre, c’est fantastique ! » Quand on est dans un genre qui se veut extrême ou, a minima, un brin provocateur ou, mieux – enfin selon le point de vue, hein… parait que tonton Adolf a « fait de bonnes choses comme les autoroutes » en plus d’être un bon peintre selon la relativité des points de vue de certains et leur notion de « détails de l’Histoire » – fasciné par le pouvoir et l’emprise de la peur qui mène au contrôle de l’esprit et, par conséquent, à la manipulation des masses bêlantes… Oui, oui, je parle du fascisme au sens le plus « noble » du terme, pas celui décrié (et revendiqué) par le premier bozo à qui on a refusé l’entrée en boîte parce qu’il était bourré et dont on a subséquemment attenté à ses libertés fondamentales…

    Le Metal, c’est du gros son, de l’artillerie lourde, du bruit qui est censé penser (pour détourner la maxime de Victor Hugo) ; rien de forcément étonnant à ce que la connexion entre Metal et guerre se fasse symbiotique, au point d’engendrer un sous-genre, dit « War Metal », aux frontières aussi floues que celles d’Israël actuellement, du moins tant que le Club Med en projet de construction sur Gaza ne sera pas dératisé, désinfecté, désinsectisé, dégazaouizé en somme. Une sorte d’euthanasie sans prépuce… Oui, d’autres se sont fait virer de France Inter pour une vanne du même genre mais du sang a coulé sous les ponts depuis… Ah non, suis-je sot : y a plus de ponts… Leurs noms vont du sobre Nuclear Blaze au plus éloquent Zyklon-B. Faut vraiment aller creuser et connaître leurs auteurs pour tracer la ligne de front entre utilisation provocatrice et adhésion, tout comme quand je fais un sarcasme tellement énorme la phrase précédente que certains assez ignares penseront que je soutiens les génocides au profit du tourisme de masse et que j’ai des actions chez Benjamin&Vacances…

    *

    « Assis à table, ils parleront des cris qu’on fait taire, ils parleront de la mort et de son pouvoir » (« Les Brutes », Trust). Fascinant, n’est-il pas… Suffisamment en tout cas pour servir de source d’inspiration, de la manière la plus soft, descriptive sans être pour autant dans l’adoration, comme « Angel of Death » de Slayer, ou bien plus dans la tendinite du coude à quarante-cinq degrés et le modus vivendi (et une fois encore, ces mous du bulbe et du gland qui rêvent de la puissance et la virilité qui leur manque tant ne provoquent en moi qu’une aversion au point de ne pas m’étaler davantage sur leur cas, qu’ils vous soient lointains ou peut-être voisins, usant de dialectes peu compris – voire bretonnants – pour vous faire adhérer à votre insu à leurs théories rances pendant que vous headbanguez). Toujours est-il que la batterie de canons est le rythme adéquat pour un « War Ensemble » paru en 1990 sur leur Seasons in the Abyss.

    Le rythme militaire, la marche au pas… ça enthousiasme… c’est exaltant… il y a quelque chose de décérébrant là-dedans, au point qu’on se complaît à ne plus réfléchir, de bon ou mauvais gré, et suivre le mouvement, jusqu’à en arriver à ce que ce moment merveilleux se mue en Purge géante : et un American Nightmare allongé pour la table 2 ! Le timbre de cette caisse claire qui résonne quand on ne raisonne plus est devenu idiomatique à un niveau tel que c’est une sorte de passage obligé dans la “protest song”, qu’elle soit francophone (le final de « Tranchées 1914 » de Misanthrope) ou anglophone (celui de Lamb of God sur « Now you’ve got Something to die for » avec sa cymbale ride digne d’une gatling au ralenti).

    On retrouve aussi cette fascination, pas que rythmique, chez Bolt Thrower avec « No Guts No Glory » ou Marduk qui a choisi une pochette de bon goût et aloi pour Panzer Division Marduk, bien que ne traitant assez peu du sujet guerrier dans son ensemble à l’exception de « Steel Inferno ». On peut même aller jusqu’à la propagande, quand un Drowning Pool fait de son « Soldiers » un hymne à aller dégommer de l’« ennemi » (avec une fois encore… devinez… oui, la caisse claire martiale !), tous fiers qu’ils sont de le jouer en « soutien moral » dans les camps en Irak et Koweït…

    Panzer division Marduk | Marduk CD | EMP

    *

    « Si les Ricains n’étaient pas là, vous seriez tous en Germanie » … Rigolo de voir qu’encore actuellement, les États-Unis – du moins ceux qui ont été élus à leur tête, si je puis utiliser le mot « tête » avec ces énergumènes qui semblent en manquer – usent de ces paroles éculées comme d’un argument pour oublier que sans les autres pays, eux-mêmes seraient encore Anglais, Français, Espagnols, Hollandais (oui, oui) voire… Algonquins. Toujours est-il que, comme McCain (les frites, pas l’homme politique), « c’est ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus » et aussi ceux qui l’ouvrent pour vomir avant que leur cortex n’ait digéré les informations (cf. justement cette deuxième GM durant laquelle ils ne seraient jamais intervenu si le Japon n’avait pas décidé de leur démontrer qu’ils n’étaient déjà pas intouchables…) Bref, cette population au goût exacerbé pour l’obésité morbide et la « liberté » d’élire le dictateur qu’ils veulent – un peu tard pour s’en rendre compte mais bon, d’ici là, la Constitution de 1776 aura été abolie donc tout va bien – sont aussi nombreux à ne pas vouloir de guerre de quelque sorte. Si le genre « Protest Song » a eu ses grandes heures pendant la guerre du Vietnam, guerre PERDUE malgré la volonté de faire oublier l’Histoire par nos comparses étasuniens, il a perduré sous diverses variantes, y compris dans le Metal qui, en général, n’a pas oublié cette cuisante défaite.

    Symptomatique d’une époque où la guerre se technologise, où la menace nucléaire est croissante, le Thrash ne va pas pouvoir passer à côté de la thématique, pas nécessairement pour encenser le match, son score et ses victimes mais comme un fait et généralement un biais de dénonciation ; Metallica s’en chargera à plusieurs occasions avec « One » (de nouveau la caisse claire militaire en introduction et la double pédale sur le pont central qui tinte comme la finesse d’une M60, quoi de mieux pour traiter du résidu de corps post-bataille et l’esprit coincé à l’intérieur et incapable d’exprimer son envie de mourir), « Battery », « Seek and Destroy » ou « Disposable Heroes ». Megadeth tiendra le sujet sur la quasi-entièreté de l’ – excellent – album Rust in Peace de 1990, ancré dans son époque dès son titre phare « Holy Wars… the Punishment due », écho aux Guerres du Golfe et toute la merde en train de se mettre en place en Arabie et qui mèneront les décennies suivantes aux attentats divers et variés au bodycount relatif à « qui a la meilleure raison d’aller envahir pour « venger » ses propres morts » (en France on n’est pas les meilleurs à ce jeu mais on est pas mal quand même, particulièrement le très grand cru 2015).

    Parmi les moins connus, on trouve également des Dark Angel et l’angoisse de l’usage de LA bombe – ironique quand on sait qui l’a testé et approuvé par le passé, coucou le champi japonais – avec « Falling from the Sky », intégrant le sample devenu classique de la sirène annonçant la venue du « destructeur des mondes » atomique, ou Exodus qui aborde l’endoctrinement de type « in the name of » dans la chanson « War is my Shepherd », quand Testament est moins rentre-dedans mais le fait en sous-texte dans « Shades of War ».

    *

    Tels des Grégory Lemarchal mais en moins morts, les « Américains » sont fiers de leur histoire et aiment bien l’écrire dans leur mémoire… parfois la réécrire mais on ne va s’attarder ici que sur la fierté en oubliant ce qui est davantage condamnable.

    On va commencer par ceux TRÈS fiers de leur Histoire… au point de vouloir la changer en investissant le Capitole quand bien brainwashé par un rouquin dopé au bêta-carotène : Iced Earth. De « Gettysburg » à « Hold at all Costs », le groupe qui se contentait de jouer les narrateurs (très) partiaux et faire du Power Metal a fini par traverser la limite de l’observateur à l’acteur… « Distinguer l’œuvre de l’artiste… oui, je sais… le mantra… inspire, expire… » Pour ne pas oublier que ce groupe a avant tout eu sa place dans la musique, quitte à n’être que des propagandistes, mais aussi pour que l’Histoire se rappelle de tout leur CV un peu trop « patriote » (on parle de la notion un peu plus bas), voici donc le premier de ces deux morceaux dans sa version longue :

    « What we’ve got here is failure to communicate. Some men you just can’t reach. So you get what we had here last week, which is the way he wants it. Well, he gets it. And I don’t like it any more than you, men. » Quoi de mieux pour continuer ce speech que d’évoquer un morceau qui est désespérément d’actualité, via l’échec de la communication, « Civil War » des Guns N’ Roses ? Si vous n’avez pas encore jeté un œil au film éponyme d’Alex Garland, faites-le : on y vient, c’est très proche… Mais revenons à la chanson des Guns, qui débute par le thème « When Johnny comes marching Home » habituellement joué à la flûte et qui sonne comme le chant des sirènes d’un joueur de Hamelin menant les rats à sauter du haut de la falaise (vous pouvez entendre ce même thème très clairement dans le film Die hard with a Vengeance). Si j’avais pu sortir des clous et taper dans du U2 (nom choisi en référence au bombardier qui s’est fait cramer à survoler les lignes russes pendant la Guerre Froide, en 1962) et leurs diverses chansons aux thématiques internes ou externes à l’Irlande, c’est comme si le mot « War » faisait partie du génome étasunien, eux-mêmes en proie à leur Histoire et celles à venir. On ne va pas parler plus longtemps des guerres internes ou intestines… Je ne suis ni votre psy ni votre gastroentérologue, bande de dégénérés – c’est ce que dit la société quand vous n’êtes pas « normal » … Bon, c’est aussi ce terme qui a justifié l’antisémitisme dès le début du XXème siècle avec des compositeurs comme Schönberg, Berg et Webern… Non, on ne va parler que des vraies, passées, présentes ou… à venir…

    Tous ne vont pas glorifier le fait de massacrer ses congénères, fort heureusement… Sinon on arguerait une fois de plus que le Metal est la mère (ou le père, hein…) de tous les vices, incitant les plus faibles d’esprit – du moins ceux encore plus que les autres – à dézinguer son prochain, respectant de fait le Livre sacré qu’ils prônent comme un exemple à suivre et dans lequel ce conte narre qu’il est inscrit sur une plaque de marbre un des Commandements énonçant « tu ne tueras point ». Savatage par exemple (de retour en 2025 d’ailleurs, profitez-en, c’est du bon !) ne se prive pas de ne pas faire de métaphores ou de sous-entendus ; « Of Rage and War » sur le Gutter Ballet de 1989 dit les termes : la guerre, ça tue ! Tout comme Shadows Fall sur le simplement nommé « War », qui évoque l’impossibilité de changement sans réflexion préalable. De leur côté, Alice in Chains tape sans souci sur les conséquences de la guerre du Vietnam et l’engagement « pour la patrie » avec le titre « Rooster », référence au nom donné à la mitrailleuse américaine qui sera ensuite associé au père du chanteur Jerry Cantrell, un de ceux qui n’appréciaient pas plus que ça l’odeur du napalm au petit-déjeuner.

    *

    « Engagez-vous… Rengagez-vous, qu’ils disaient ! » Restons un peu dans le côté historique de la chose. Imparablement on trouvera chez les métalleux des narrateurs ou conteurs de l’Histoire. Si ça peut servir d’outil de propagande pour certains évoqués plus haut, le ton devient plus neutre chez cette catégorie… Quoique… Quand Iron Maiden propose un « 2 Minutes to Midnight » traitant de la Doomsday Clock, métaphore géopolitique et géostratégique de la probabilité d’une guerre nucléaire et totale en fonction du degré d’agression, le propos est tenu et soutenu par une des plus belles punchlines après le « Let Freedom ring with a shotgun blast » des plus ironiques de Machine Head sur « Davidian ».

    En effet, je vais entamer ce paragraphe avec Iron Maiden et CE morceau précisément, particulièrement à cause de la puissance de cette phrase, une de celles qui mériteraient d’être gravées par les survivants d’une apocalypse atomique : « Blood is Freedom’s stain », une problématique que ceux qui enclenchent les guerres oublient assez/trop souvent. Remarque, quand t’envoies les autres la faire à ta place pour ton bénéfice, qu’est-ce que t’en aurais à foutre ? Il va de soi que je pourrais poser ici nombre de chansons du quintette (puis sextette, aussi appelé “69”) anglais mais on peut se contenter de « Aces High » avec le discours de Churchill, « The Trooper » qui revient à la Guerre de Sécession évoquée plus haut avec un point de vue nettement moins neutre de la part d’Iced Earth, ou encore « Afraid to shoot Strangers » qui tombe en plein pendant la seconde Guerre du Golfe.

    Difficile de passer à côté des conteurs de la Guerre sans parler de Sabaton AKA Mano-second-war (dont j’aurais également pu parler en long en large et en travers sur cette thématique tellement le simple champ lexical y fait constamment référence, le fameux Manowar Lyrics Generator), puisque c’est leur fond de commerce, devenu cliché au point que le feat. avec Nanowar (of Steel) – oui, je recoupe les noms et les articles, cf. un de mes précédents – joue sur celui-ci avec dérision pour commenter un match de foot comme une glorieuse bataille. Faut dire que le sujet est, malheureusement, tellement vaste que même leurs douze albums ne suffisent et ne suffiront jamais à en faire le tour, depuis Primo Victoria jusqu’à Heroes of the Great War… Malgré le côté historien des Suédois, le parti pris est quand même présent et la punchline aussi.

    C’est d’ailleurs sur la présence de cette punchline que je vais continuer mon propos. Puisque quand Avenged Sevenfold fait le descriptif du front dans « Danger Line » (et de nouveau la caisse claire en introduction et le thème d’inspiration militaire siffloté dans l’outro), le « Nothing shocks you like a bullet » est assez impitoyable et brutal, tout comme cette litanie martelée « Who has won ? », sorte de ritournelle dans le « A Farewell to Arms » de Machine Head qui suit la mélopée introductive sur un morceau de dix minutes.

    *

    « Si vis pacem para bellum » … Si tu veux la paix, prépare la guerre ; locution attribuée à Végèce, auteur du Epitomia rei militaris au IVe siècle E.C.

    Le risque quand on s’attaque à ce type de laïus et de thématique, c’est de tomber dans le sempiternel discours de Miss France « la guerre, c’est mal » ou « les méchants, y sont pas gentils » … Le pathos, la dichotomie du manichéisme pur et dur. Disons que j’ai un point de vue assez éloigné – et misanthrope – basé sur le principe même d’autodestruction de l’espèce humaine, guidée par son aveuglement et son endoctrinement. Et à défaut d’aller loller sur vos tombes, je cracherais davantage à la gueule de ceux qui ont l’hypocrisie et l’outrecuidance de graver au sommet d’une épitaphe : « La patrie reconnaissante » ou « Mort pour la patrie » … Mon cul doit être en acier trempé : la « patrie » s’en fout de toi, tu es mort pour des intérêts qui te dépassent allègrement et, si vraiment elle était reconnaissante, d’une part tu ne serais pas oublié, d’autre part tu ne serais pas récupéré par des orateurs suffisamment bons pour faire oublier le passé quand ça les arrange, et pour finir il n’y aurait plus de guerre, puisqu’on aurait tiré les leçons de ce dit passé… Étonnamment, que dalle, “c’est l’histoiiiiire de la mort, le cycle éééééterneeeeel…” D’autant que ces mêmes burineurs seront les derniers sur le champ de bataille, marchant sur ton cadavre pour venir se serrer la paluche une fois le nettoyage fait en amont. « Pour élever un cénotaphe, il faut choisir un million de victimes » dit un Richard Burton misanthrope atteint – j’utilise ce terme comme sa propre interprétation d’une malédiction qui finalement lui sert à démontrer sa vision de la nature humaine – de télékinésie dans le film La grande Menace ; le sarcasme de ce personnage vient parfaitement illustrer le cynisme de la situation : quand tu te prends une bombe sur la tronche et que t’as rien demandé à personne, est-ce que toi aussi tu es « mort pour la patrie » ?

    Pour aller dans le sens de cette ironie, poser ici un « B.Y.O.B » de System of a Down parait le bon moment tant les paroles et le rythme sautillant – si l’on s’extrait de celui des bottes, introductif, qui est un « mauvais réveil » pour Balavoine dans son « Soulève-moi » – vont en adéquation avec le ton, ironiques dans leur numéro de duettistes : « Everybody’s going to the party/Have a real good time/Dancin’ in the desert/Blowin’ up the sunshine » ; la grande éclate, trop d’la bombe, en somme… une sorte de pendant au « On va tous crever, y a la fin du monde qui nous guette et nous, on fait la fête » de Didier Super. Après tout, Vaut mieux en rire que de s’en foutre

    Mais allons plutôt du côté très protest, avec ceux qui taillent davantage qu’ils ne vénèrent, ou essayent tant que faire se peut de tabler sur un prosélytisme pacifique plutôt que belliqueux. Parlons donc de ces « ennemis du patriotisme » et du war business, salauds de pacifistes, va !

    C’est cool, la guerre, hein ? La boucherie et l’équarrissage, ça vous tente ? Alors essayez déjà de le faire en vrai sur des animaux et vous aurez un avant-goût de la version sur les humains. Mais bon, on vous vend de l’honneur et de la gloire, jusqu’à les exploiter dans les titres des jeux vidéo… Judas Priest évoque ce biais, non des jeux vidéo mais de l’image fallacieuse de la renommée incrustée par des leaders sans scrupule(s) pour la Vie, du « héros de guerre » … avec « One Shot at Glory », morceau qui termine son propos par un fataliste « I still hear the battle cry/I still see the banners fly ». Dream Theater martèle mot à mot cette phrase « It’s time to make a change/Time… for… change… » qui semble ne pas rentrer en tête aussi facilement qu’une bastos de kalachnikov dans leur titre « Prophets of War ».

    Les pires sont ceux qui vous laissent de l’espoir… Qui n’a pas déjà fredonné le sifflement de Klaus Meine ou même le refrain aux harmonies si parfaites qu’on croirait n’entendre qu’une seule voix de cette même chanson « Wind of Change » paru sur Crazy World, un titre si adéquat, de Scorpions en 1990 ? Faut dire que la Guerre Froide touchait à sa fin après la chute du mur de Berlin… Et tant qu’à parler de murs, parlons d’Israël – fallait bien, à un moment – puisque la leçon allemande n’a pas servi à l’Histoire qui se répète en génocides… mais je préfère m’attarder sur des gens un peu moins cons, comme Orphaned Land, groupe qui tient en son sein des Israéliens et Palestiniens, chose peu aisée tant les deux peuples ont des comptes à régler… Leur espoir tient en une simple mélodie mêlant les deux cultures musicales : « Let the Truce be known ».

    *

    Je n’aurai évidemment pas pu faire le tour du sujet, tout comme je l’avais annoncé en préambule, une guerre débutant quand une précédente s’achève et laissant tant d’opportunités d’en faire une chanson apologue ou contestataire, le tout sans m’éloigner du genre Metal bien sûr. On aurait pu aborder les mots de Max Cavalera, que ce soit dans Sepultura (« Territory », « Refuse/Resist »), Nailbomb (tout l’album) ou Soulfly (album éponyme), mais aussi Kataklysm (« Face the Face of War ») ou Death (« Left to die »). J’aurais même pu évoquer FT-17 (« Assaut au bout de la Tranchée du Diable ») ou Wormfood (« Ordre de mobilisation générale ») pour parler un peu des Français … Mais… Rappelez-vous quoi qu’il en soit que ces morceaux, s’ils n’ont pas le fin mot, peuvent influencer et que les discours de haine de son prochain attisent quand ceux plus raisonnés et raisonnables font peur et ont toujours fait peur aux dirigeants, ceux que vous choisissez et/ou auxquels vous choisissez d’obéir ; rappelez-vous qu’un « Déserteur » de Boris Vian a été censuré parce qu’il incitait à ne pas aller buter son voisin… « La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. » (Paul Valery)

  • Y a que la maille qui m’aille

    Y a que la maille qui m’aille

    Le Metal et les abus de la gratuité ou des taxes mal placées
    Un dossier de WvG

    À lire, partager et commenter

    Ah, putain ! Ça faisait longtemps que ça couvait mais le contexte s’y prêtant de plus en plus, il s’en est fallu de peu pour que la flatulence intérieure que je retenais ne sorte pas en version Hiroshima. Je ne voudrais pas le couvrir d’éloge parce que sinon il ne pourra plus redescendre mais c’est la faute à LB D, membre de la team Memento, AKA « l’allumette », qui a mis le feu aux poudres : si lui ne pourra plus tenir sur ses jambes en prenant le melon, je vais vous expliquez pourquoi vous ne pourrez plus vous assoir et en redemandez. Aujourd’hui, on va parler sodomie ! Jingle ! « Le Metal, c’est très très bieeeeeen ! Ça coulisse plus facilement dans un rectum et en plus ça laisse pas d’échardes comme le boiiiiis ! »

    Bien ! Passée cette courte mais savoureuse introduction dans les fins fonds de votre… personne, attaquons le vif du sujet quand votre sujet lui-même est mis à vif par son entrée la moins neuronale mais la plus nervurée. Ces derniers temps, j’ai l’impression d’assister à un atelier pédagogique proposé par la Fistinière sauf que les enfants, ils ont une carte d’électeur ! Difficile de se proposer comme aspirant sutureur de renflement brun quand le patient aime à se le faire dilater et, à force, plus c’est gros, plus ça passe, voire on vous demande d’acheter vous-même votre propre vaseline pour les moins consentants « mais quand même, ça fait pas si mal à la longue ». Et elle est longue, cette grosse bite du système que vous semblez valider par votre abnégation voire déni. « Les Français sont un peuple résilient », n’est-ce pas ? Quitte à parler de sodomite, on en revient au politique, quand vous vous trouvez face au dilemme cornélien de voter pour un enculé ou pour faire barrage à un autre enculé qui vous semble plus enculé que l’enculé que vous préférez pour vous la mettre. « La pizza au caca, on s’y fait avec le temps, même si à force on se dit que la pizza est dispensable… »

    Comme j’aime bien les allégories et métaphores, je vais étendre cette tartine de nutella fécal sur la tranche de la culture puisque, quand il s’agit d’économie d’échelle et de solidarité, fraternité, égalité et autres trucs en suffixe « té » auxquels personne ne prête plus attention avec l’accroissement de la débiliTÉ, les coupes sombres comme l’intérieur d’un côlon – et je parle bien anatomie et pas sionisme – se font sur la culture, l’éducation, la santé et j’en passe des plus utiles en jouant sur la culpabiliTÉ de celleux incapables de se rendre compte qu’ils jouent tellement le jeu de ce système qu’iels en deviennent un maillon essentiel, limite un maillon-boule tellement iels en redemandent (oui, aujourd’hui ça sera partiellement inclusif par flemme et aussi pour titiller la partie obscure de certain.e.s). « Attends, je crois qu’il reste encore un peu de place au fond là… Ahhhh… ah bah non, y a déjà le cadavre d’un groupe précédent que j’aimais bien… »

    *

    J’explique : le détonateur enclenché par ce terroriste latent de LB D a été « j’ai vu qu’il y avait le lien YouTube vers l’album entier ; est-ce qu’on le met dans la chronique ? » … Bah non, on ne met rien ni personne ! Et avec ou sans consentement, « c’est un truc que les labels font de plus en plus » … Si les gens deviennent de plus en plus cons et égoïstes sans gêne – et sans race –, faut donc favoriser ça ? Pour ma part, non. On voit déjà les dégâts que la fainéantise artistique tend à causer sur la « variété française », pas envie de reporter ça au Metal. Mais ici n’est pas tant la question mais plutôt celle d’une éthique : qu’on mette un échantillon gratuit du produit – fragrances diverses et variées de chez Séphora, dégustation de Jack Daniel’s au Carrouf (si, si, véridique), application de lubrifiant sur les parties les plus à fleur de peau – pourquoi pas, c’est cohérent, ça donne envie d’aller plus loin dans… bref. Mais qu’un label ou un groupe offre la totalité du produit gratuitement me pose un réel problème ; ça donne une impression, très raccourcie me direz-vous mais clairement effective si vous y regardez bien, de « gratuit = sans valeur >> sans valeur = « normal » qu’on me le fournisse gratuitement et je suis légitime de me plaindre dans le cas contraire ». Mais merde, vous êtes payés en visibilité ou en applaudissements, vous ? Il est gratuit, votre boulot ? Et si vous veniez à demander une rémunération parce que « tout travail mérite salaire », ça ne vous ferait pas chier qu’on vous dise « non mais… tu comprends… ça a toujours été gratuit donc je vois pas pourquoi je te paierais… » ? Pour ma part, si l’échantillon me plait/convient, j’achète le reste ; dans le cas contraire, je passe mon chemin. Mais je paye parce que ça a une valeur, comme tout travail ou toute vie passée à le fournir.

    J’ai connu par le passé un bassiste tout fier au lendemain de la sortie d’un album – qui a coûté une somme rondelette au groupe – que ledit album soit déjà sur un site pirate russe ! « Maaaaais tu te rends pas compte, ça fait de la visibilité… » Bah non, mon con, ça veut juste dire qu’il y a un enculé qui a encodé l’album (disponible uniquement en format matériel à l’époque) et l’a fourni à d’autres enculés pour qu’une pléthore d’enculés en profite… mais qui récolte les fruits de ton travail ? Toi ? Ton prochain album qui aurait pu être financé par les retombées des ventes ? Et ta visibilité, tu crois vraiment qu’elle va te servir avec des mecs du fin fond d’un continent lointain qui vont venir à ton concert à Perduville parce que t’arrives pas à développer tes finances pour organiser un concert ? Bref, pour moi, l’exemple même de l’individu qui n’a pas compris qu’il faisait partie d’un système dans lequel il se faisait élargir massivement par d’autres tout en pensant être antisystème. 

    Parce que l’image de la rockstar blindée de thunes, c’est une image d’Épi-anal (et avec l’essor de l’IA et la capacité croissante de mythomanie, autant dire qu’on n’a pas fini de vous vendre du bonheur virtuel et de l’ouverture d’… esprit) : peut-être qu’il y a bien longtemps, des groupes comme Metallica ou Iron Maiden ont pu faire leur beurre et mettre quelques fonds en réserve pour vivre confortablement, mais les actuels j’en doute très sérieusement, esclaves malgré eux ou à l’insu de leur passion initiale d’un mode de con-sommation dans lequel ils et elles sont les citrons. Ah c’est sûr, ça voyage, ça voit du pays pour certains… Mais en vrai, si on gratte un peu les photos sur Instagram, on voit que tel groupe est passé à tel endroit ; mais qu’en ont vu ses membres de cet endroit, à part la scène et les gens devant ? Est-ce qu’au moins ils et elles ont eu le temps d’en profiter pour visiter, rencontrer, découvrir… s’en inspirer, pourquoi pas ? « Ah non, merde, demain, il faut être à cinq cents kilomètres pour une autre date… mais on va mettre une belle photo sur les rézosocio avec une photo de nous devant le public en train de faire des horns, c’est classe. Et pis, il faut bien bouffer… Ah… bah non, l’argent qu’on a gagné a payé la location de la salle, les techos, le label, la prod… Bon bah, il me reste un sandwich triangle, on se le partage ? »

    René Magritte - Ceci n'est pas une pipe - Museum TV

    [ceci n’est pas une dilatation anale non plus mais ça pourrait]

    J’ai déjà parlé précédemment de mon amour indéfectible pour les plateformes genre Spotify et la philosophie ultra capitaliste de leur boss, je pourrais de nouveau m’élancer contre les labels qui rongent les budgets au point de ne plus proposer de produire mais de distribuer, tout en imposant une charte artistique et un moule incassable au point de pressurer un groupe jusqu’au non-sens total de la quantité plus que la qualité, avec l’usure du créateur qui entre en ligne de mire. Si en plus le fruit du travail est offert, l’artiste/créateur n’est plus qu’une vague vache à lait qu’on va envoyer à l’abattoir quand elle sera vidée de toute substance. Et pourtant, c’est pas faute de la remplir de substances diverses et variées mais surtout séminales à coups de verges dans ce gangbang mercantile. 

    Un autre exemple me vient concernant ce sentiment de « gratuité = « on me doit » » [je devrais dire « doigte » mais à l’écrit, ça rend moins bien et, en ressenti personnel, ça me chatouille un peu trop le fondement] : les événements gratuits. Posez vous un instant en observateur des attitudes de vos con-génères, plusieurs variables se mettent place : soit on considère que parce que c’est gratuit, ça n’a aucune valeur AKA « c’est de la merde » et on n’y va pas (en râlant ensuite que « y a plus rien de gratuit, ma bonne dame ! Ouin, ouin, ouin »), soit cette image de valeur nulle est tellement ancrée dans l’esprit que le respect est enterré directement six pieds sous terre avec la rétribution financière des intervenants, organisateurs et j’en passe : vous savez, les gros cons – et il n’y a ici aucune grossophobie – qui arrivent en retard en dérangeant tout le monde, qui parlent pendant la représentation comme s’ils étaient accoudés au zinc de leur PMU, qui font du bruit et/ou interviennent… C’est chiant, hein ? T’inquiète que quand c’est payant ET qu’ils ont payé, ils se comportent moins comme les premiers des crétins. Pourquoi ? Parce que dans le restant de cortex neuronal résiduel de ce qui leur sert de crâne, ça a coûté un prix, donc ça a de la valeur, donc on (se) respecte entre gens qui ont payé, une sorte de syllogisme de valeur(s) actuelle(s) exponentiel au tarif.

    *

    Mais la grande famille (du Metal, pour ce qui nous importe) est ainsi faite et point ne me chaut de la balancer comme d’autres font de leur porc. Et les « not all », je m’en bats un peu les reins : si vous adhérez à cette philosophie autodestructrice, même sans vous en rendre compte, vous jouez le jeu. Je ne vais surtout pas m’extraire de ce truc, j’ai moi aussi profité de certains avantages des situations ci-dessus exposées : qui n’a jamais téléchargé un album gratuitement ? Pas moi. Mais je l’ai fait pour des trucs introuvables ou, quand j’ai pu les trouver, j’ai versé mon obole au créateur du « contenu » finalement, parce que ça, ça me paraissait légitime, bien plus que de considérer que parce que c’est gratuit, ça ne vaut rien. L’individualisme donne également cette idée de groupe nombreux… mais ça ne fait qu’un plus un plus un plus un, sans former d’unité… de valeur.

    Une autre actualité en corrélation avec le tirage dans les pattes, l’auto croche pied, c’est « l’affaire Obscura ». Quitte à parler d’individualisme, je comprends toujours d’autant plus les « one man band » qui s’entourent de guests pour pondre un album. Parce que ça sécurise la parenté de leur création et ça évite les rancunes, rancœurs, ressentiments et plus si affinités quand vient le moment du divorce et du partage des biens de la communauté réduite aux acquêts. Et autant dire que Obscura, c’est Steffen Kummerer and friends, les friends étant évincés consécutivement à la sortie de l’album, avec une ouverture de la fissure anale telle celle de Moïse avec la Mer Rouge – et pourtant on avait dit qu’on ne parlait pas des mers. Les friends finissent donc par se réunir pour un « balance ton Steffen » ou créer un album (exemple, Changeling) qui démontre à ceux qui en doutaient encore ou l’ignoraient par facilité intellectuelle que les œuvres sorties sous le nom « Obscura » sont de LEUR fait, le tout avec en arrière-plan le sourire narquois du produc… distributeur qui a bien pressuré pour obtenir son produit et se frotte les mains en se disant que ça fait du buzz pour sa trademark, avec un quotient de benchmarking en hausse… bref des termes à la mords-moi-le-nœud sans plus aucun lien avec l’artistique mais plutôt avec le rendement et l’arrivée massive de pognon dans leur escarcelle.

    Déjà que réaliser que tu te tues à travailler gratos, ça doit te la foutre mal, mais qu’en plus tu te fais snober et dépouiller de ton travail pour que le mérite tant financier que de renommée – parce que comme un con, t’as signé une clause qui cause ton eugénisme artistique (que j’appellerais « clause Barbie » pour la peine) le tout en fermant bien bien ta gueule parce que si tu l’ouvres, tu te mets encore plus dans la merde et on va te démolir – je comprends que ça puisse nettement courroucer. M’étant déjà, et à échelle bien moindre puisque bien moins de notoriété, trouvé dans cette situation de « on ne vire pas, on incite à partir » (sic) mais « on garde tout ton taff parce qu’on n’a rien protégé à ton nom, et ça va nous servir », je comprends d’autant plus les démarches de Münzner, Geldschläger ou autre ex-acolyte de Kummerer de balancer et faire la démonstration de LEUR talent de compositeur quand l’appropriation est nette. Cependant, je n’irai pas plus loin dans mon exemple personnel pour ne surtout pas faire la promotion de ce genre de mentalité de merde… et peut-être qu’un jour je proposerai un autre album quand ces joyeux drilles auront fait la démonstration de leur incapacité à le faire de leur propre chef… mais aujourd’hui, j’écris ici et j’ai pas le temps de tout faire non plus, hein.

    *

    Dans les actualités délirantes, et toujours en rapport avec la place du pognon et la question d’où en trouver en déshabillant PierPolJack pour habiller Sinsemilia, et si je vous parlais plus haut déjà du fait que l’appauvrissement culturel était lié principalement à celui de ses acteurs, parlons du sujet « et si on vous faisait payer un emplacement pour votre stand de merch’ ? »

    Ce nouveau pavé dans la mare, aussi appelée « fosse septique familiale », toujours plus abscons a été lancé par Dagoba et sa venue dans une salle où on leur a demandé, en gros, une taxe de séjour pour leur stand, comme on demanderait pour un emplacement de foire à tout. Résumons et synthétisons mon propos ci-dessus : le label chez qui tu as signé a tout fait pour économiser ses frais, au point de ne plus produire ton album mais le distribuer, de réduire ses coûts au format numérique et plus matériel, de mettre ta création en accès libre et gratuit sur internet… Bref, tu touches peau-de-zob a contrario de celui chez qui tu as vendu ton âme. Il te reste quoi pour bouffer ? La scène ? Non, tous les frais passent dans l’organisation et ses alentours. Ah ! Le merch’ ! Bah oui mais non, tu vas désormais devoir payer pour être payé, ce que tu as déjà fait pour produire ton album avec l’espoir utopique de pouvoir en tirer un quelconque pécule… Ça vous parait toujours aussi cohérent, maintenant que j’ai réduit l’équation au maximum ? Moi pas…Le seul pécule qu’il te reste, c’est celui pour essuyer les quelques petits soldats laissés par celui qui t’a souillé et élargi les sphincters.

    Pour ma part, je trouve la réaction du groupe (et même si je ne suis pas fan de l’image arriviste de son leader, que je ne connais pas assez pour me permettre de juger sans faits) plutôt cohérente : verser une obole au chapeau pour le chaland afin de régler cette « taxe » et reverser l’excédent à une association de défense du lieu où prendra place leur prestation. Mais pour faire une comparaison – deux en fait – c’est comme si le bar où « on est bien gentil de t’accueillir pour te faire jouer gratuitem… en « visibilité » mais en plus tu vas payer l’obsolescence de la scène parce que ta basket a usé le sol » … ou encore « tu vois cette sodomie que tu n’as pas demandée mais qu’on va t’infliger ? Bah tu vas ramener ton gode, ton lub et tu vas te l’insérer toi-même parce qu’on va filmer et diffuser ta prestation, si tant est que tu fasses une performance qui reste dans… les annales ! »

    La Nasa publie une incroyable vidéo du cosmos vu de l'intérieur d'un trou  noir géant !

    [ceci est un trou noir supermassif… oui, je sais, c’est confondant quand on se penche bien et est assez souple]

    Donc ne remerciez pas LB D si vous avez subi ces quelques pages de balles pas perdues mais ciblées, c’est rien que sa faute d’abord ! Il a relâché le Kraken de ma misanthropie. Mais je ne serai pas l’Atlas soupesant ce qu’il est nécessaire de réfléchir et démolir en profondeur, AKA « casse-moi tout là-dedans, je suis pas ta mère ». Car tout ce laïus, s’il est fait gratuitement, n’est pas gratuit : réagir, c’est déjà un bon début ; agir, c’est nettement plus constructif. Et je mets de la valeur à ces valeurs, mon Bushido personnel, parce que je ne comprends pas – ça, c’est mon trouble autistique personnel – pourquoi on s’offusque un peu, seulement, avant qu’un autre élément de langage de type « oh un voile islamique » vienne éclipser la baleine sous le gravillon, ce que je ne trouve ni très catholique ni très orthodoxe (Oui, j’ai déjà dézingué les religions dans un papier précédent, je ne vous cache pas que je ne voulais pas faire de déçus ici encore, même si le kamasutra n’est qu’évoqué en sous-texte par la prise de position de levrette claquée avec erreur sur l’orifice à insérer). La gratuité vous convient, sans faire trop d’effort pour chercher où est le problème réel ? Tant mieux… Mais rappelez-vous que si c’est gratuit, c’est que le produit, c’est vous !

    [NB : si vous trouvez des similitudes dans le ton avec de lointaines chroniques de Pierre-Emmanuel Barré, ce n’est pas une coïncidence et sachez que j’apprécie votre bon goût, mais pas celui de votre bite.]

  • Les 2 minutes de Gévaudan… / N°5

    Les 2 minutes de Gévaudan… / N°5

    « Prospection »
    Un billet d’humour par Gévaudan

    A écouter, partager, commenter et savourer

    Dernier volet de la mini série « Les 2 minutes de Gévaudan » – en référence aux sketches de François Pérusse – puisque dernier dimanche des vacances scolaires.

    Allez, fini de jouer, tout l’monde au taf, maint’nant ! A commencer par un boulot pas si simple que ça : la prospection d’un label pour les groupes de Metal.

    Enjoy !

    Teaser

    Et la semaine prochaine, vous aurez une nouvelle petite nouveauté (quoi, mon langage est redondant ? Allez, c’est pour la blague -ou le comique de répétition ou faire des rimes à la Jul-…) : le Numéro 1 du podcast de Robin (et ça tombe bien, car entre 1 et Robin, y a de la rime, yahouuuuuu !) – Desacralisation !

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  • Les 2 minutes de Gévaudan… / N°4

    Les 2 minutes de Gévaudan… / N°4

    « Les Répétitions »
    Un billet d’humour par Gévaudan

    A écouter, partager, commenter et savourer

    Gévaudan poursuit son récit de vie d’un groupe de Metal extrême, façon François Pérusse. Pour ce 4ème volet, retrouvez les comparses en pleine répétition…

    Et vous, ça vous parle ?

    Ce sont nos pépites humoristiques des vacances, le rendez-vous de chaque dimanche à l’heure de l’apéro. Vous en reprendrez bien une lichette la semaine prochaine ? Ce sera la dernière !

  • Les 2 minutes de Gévaudan… / N°3

    Les 2 minutes de Gévaudan… / N°3

    « Les Auditions »
    Un billet d’humour par Gévaudan

    A écouter, partager, commenter et savourer

    Il nous revient, Gévaudan et sa radio libre en hommage à l’humour de François Pérusse… Avec, cette fois, une tranche de vie d’un groupe : les auditions.

    Vous vouliez savoir comment ça s’organise, se déroule ? Eh bien vous ne saurez rien de tout cela ici… Mais vous passerez un excellent moment !

    Ce sont nos pépites humoristiques des vacances, le rendez-vous de chaque dimanche à l’heure de l’apéro. Vous en reprendrez bien une lichette la semaine prochaine, n’est-ce pas ?

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  • Les 2 minutes de Gévaudan… / N°2

    Les 2 minutes de Gévaudan… / N°2

    Un billet d’humour par Gévaudan

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    Nouveau rendez-vous, chaque dimanche des vacances scolaires à l’heure de l’apéro…

    Toujours fidèle à son amour des 2 minutes du peuple de François Pérusse, Gévaudan poursuit ses propres « 2 Minutes » version Metal. Enjoy !

  • Les 2 minutes de Gévaudan…

    Les 2 minutes de Gévaudan…

    Un billet d’humour par Gévaudan

    A écouter, partager, commenter et savourer

    Nouveau rendez-vous, chaque dimanche des vacances scolaires…

    Notre chroniqueur Gévaudan a un maître à penser, c’est François Pérusse… Alors, en guise d’hommage, il s’est amusé à faire les 2 Minutes de Gévaudan

    Ces émissions de courtes durées ont pour vocation de vous faire passer un bon moment alors que nous nageons en pleine stase due à nos congés. Eh oui, ça nous arrive parfois….

    Pour patienter, nous espérons que ces 2 minutes de Gévaudan, façon Pérusse et version Metal, vous déclencheront un sourire, même s’il doit être en porte-manteau !

    Enjoy !

    Et rendez-vous dimanche prochain pour l’émission 2.