Étiquette : Gothic

  • Lutto – Coscienze infelici

    Lutto – Coscienze infelici

    Genre : black / gothic metal
    Label : Remparts Productions
    Sortie : 23 avril 2024

    Note : 80/100 (Seblack)

    Originaire de Sicile et Vénétie, Lutto est un duo fondé en 2020. « Coscienze Infelici » constitue leur premier album après un EP en 2021 et un split avec The Ineffable en 2023.
    Officiant dans un registre mélangeant black metal et influences gothiques, le groupe évolue donc dans un genre assez répandu dans les années 90 mais beaucoup moins en vogue aujourd’hui, si ce n’est dans les arcanes de l’underground. Pour l’occasion c’est Remparts Productions, le label d’Anne Couvreur, qui en propose une sortie en cd, Lutto rejoignant ainsi d’autres formations transalpines déjà publiées sur Remparts (Atra Maurs, Malauriu, Urluk…).

    S’ouvrant sur un tempo rapide rehaussé d’orgue, la composition « Sedotto Dall’ Abisso » s’avère accrocheuse. Le chant rauque, voire caverneux amène ce surcroît de noirceur et les intonations en italien ne manquent pas d’attrait. En bref, les deux grandes influences musicales de Lutto se mélangent avec un certain équilibre.

    Le duo puisant une partie de ses influences dans le cinéma ou la littérature d’inspiration occulte ou gothique, on ne sera pas surpris que sa musique possède un côté théâtral ou cinématographique. « Coscienze Infelici » va ainsi proposer un certain nombre de temps forts où le black va dominer tout en se mêlant à une lead guitare aux accents typiquement gothiques. La basse n’est pas en reste : d’une, elle est bien audible et mise en valeur dans les compositions, de deux, elle est veloutée à souhait et contribue à donner de la profondeur et un côté inquiétant à la musique.

    L’album est aussi traversé de moments d’accalmies, de respirations où le black s’estompe un peu laissant la place à une instrumentation développant des atmosphères plus éthérées mais tout aussi mystérieuses. C’est notamment le cas de« La ballata di Elizabeth » et sur le morceau final « Stato di natura ».

    Au final, ce premier album de Lutto est à mettre au rang des bonnes surprises. « Coscienze Infelici » s’avère d’un bel équilibre : ses influences gothiques et black contrastent et se marient fort bien. Une belle découverte.

    Tracklist :

    1. Sedotto dall’Abisso (07:14)
    2. Occhi senza volto (07:53)
    3. La ballata di Elizabeth (05:53)
    4. Il velo (08:13)
    5. Coscienze infelici (10:57)
    6. Stato di natura (01:18)

    Line-up : Miasma Sulfureo – Basse, chant, claviers / Aconito – Chant, programmation.

    Liens :
    https://lutto.bandcamp.com/music
    https://www.facebook.com/luttoband
    https://www.instagram.com/lutto.band
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/03ou9GHzxZ23H8JAJMiCsc
    https://www.youtube.com/channel/UC1QQpr4GAPS2Nl33hxaqn

  • Paradise Lost – Icon 30

    Paradise Lost – Icon 30

    Genre : doom metal gothique
    Label : Indépendant
    Sortie : 1er décembre 2023

    Note : 70/100 (Seblack)

    Quelle mouche a donc piqué Paradise Lost au point de réenregistrer intégralement son quatrième album sorti initialement en 1993 ? Quelle idée que d’aller retoucher, au risque de le profaner, un album passé depuis longtemps à la postérité ?
    Alors certes 2023 marque le trentième anniversaire de la sortie de Icon mais un bon vieux remaster de derrière les fagots aurait bien pu faire l’affaire non ? Ben non.
    Bref sur le papier cet Icon 30 s’annonçait comme une filouterie de premier ordre : une sortie facile, surfant, qui plus est, sur l’engouement du format vinyle.

    Dans les faits les choses sont toutefois à nuancer et à circonstancier un peu plus. Tout d’abord, selon le groupe, une sombre histoire de droits serait à l’origine de ce réenregistrement et du nouvel artwork. Oui le groupe se serait fait rouler dans la farine par Music For Nations qui aurait cadenassé le contrat du groupe sur Icon au point de lui retirer tout accès à sa musique ainsi qu’à son iconique artwork.
    Curieuse et embarrassante situation donc, d’autant plus que Music For Nations n’existe plus vraiment, une partie de son catalogue se trouvant désormais dans le giron de Sony Music. Icon a d’ailleurs fait l’objet d’une réédition en vinyle en 2020 sur le label néerlandais Music On Vinyl sous licence de Sony. Un beau bordel en somme.
    Toujours est-il qu’à l’heure de célébrer la trentième bougie de Icon, Paradise Lost n’aurait donc eu d’autre choix que de le réenregistrer en le dotant d’un nouvel artwork.
    Le résultat final est, disons le, bien moins pire que ce que laissait entrevoir le projet sur le papier. Bon je ne trouve pas l’artwork de Scott Robinson extraordinaire, il n’arrive en tout cas, pas à la cheville de l’original. Il n’est pas horrible non plus.

    Musicalement par contre, il faut reconnaître que le groupe a mené un travail intéressant et se sort avec les honneurs d’un exercice ô combien périlleux et casse-gueule.
    L’expérience faisant et le matériel évoluant, cette nouvelle version sonne résolument plus moderne, plus aérée, plus dynamique. Le chant de Nick Holmes est beaucoup plus assuré dans l’exercice de l’alternance chant saturé / chant clair. Les leads de Gregor Mackintosh ont également gagné en clarté et en finesse et s’articulent beaucoup mieux avec les parties rythmiques d’Aaron Aedy. La partie guitares est, au final, beaucoup plus lisible sans pour autant dénaturer de quelque manière que ce soit l’œuvre originale. A cela il faut ajouter une basse bien mieux mise en valeur et des parties de batterie bien plus dynamiques que celles enregistrées à l’époque par un Matthew Archer à bout de souffle (il fut d’ailleurs remercié peu après). Finalement les changements les plus notables interviennent du côté des orchestrations (sur “Dying Freedom” par exemple) et sur la chanson “Christendom” où la compagne de Greg Mackintosh supplée Denise Bernard.

    En bref Paradise Lost est donc parvenu à conserver l’esprit de Icon tout en lui donnant une nouvelle jeunesse et un nouvel intérêt. Avouons-le, ce n’était pas une partie gagnée d’avance. Reste que si l’exercice n’est pas déplaisant, il n’est pas indispensable non plus. De quoi patienter en attendant un nouvel album qui, lui,se laisse quelque peu attendre.

    Tracklist :

    1. Embers Fire
    2. Remembrance
    3. Forging Sympathy
    4. Joys Of The Emptiness
    5. Dying Freedom
    6. Widow
    7. Colossal Rains
    8. Weeping Words
    9. Poison
    10. True Belief
    11. Shallow Seasons
    12. Christendom
    13. Deus Misereatur

    Line-up :
    Nick Holmes – Chant
    Gregor Mackintosh – Guitares
    Aaron Aedy – Guitares
    Steve Edmondson
    Guido Zima – Batterie.

    Guest : Heather Thompson Mackintosh – chant / Milton Evans – Piano.