Étiquette : Mémé Migou

  • DestrockFest 2025 : J-6

    DestrockFest 2025 : J-6

    Le Destrock Fest nous gratifie d’une affiche solide : Loudblast, Nightmare, Arcania, Heavylution, Tregorgones et Hadès Project.

    Important : Le fest se tiendra à Guilers, à l’Espace Jean Mobian (anciennement l’Agora).

    Quand ? Le 4 octobre 2025 – ouverture des portes à 15h30 !

    Running order :

    Pour en savoir plus, n’hésite pas à checker l’event : https://www.facebook.com/events/932852419019382/

    Et en plus, il y aura une restauration sur place ! Que d’mande le peuple ?!

    Si tu n’as pas encore pris ta place – Bordel, mais qu’est-ce que tu fous ?! – c’est par ici : https://my.weezevent.com/destrockfest

    *

    Comme tu as pu le remarquer, ici aussi on n’a pas fait de grande interview… Juste de petits teasers avec la participation des groupes (merci ! ). Mais si tu veux revoir l’interview de Franck Bugny, le papa du Destrock Fest, enregistrée l’an passé, suis ce lien : Interview : Franck Bugny – Memento Mori Webzine

    Et si tu veux mieux connaître le groupe Arcania, on a aussi une interview : Interview : ARCANIA – Memento Mori Webzine

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    DestrockFest :
    Loudblast, Nightmare, Arcania, Heavylution, Tregorgones, Hadès Project
    Espace J.Mobian (Guilers)
    Le 4 Octobre 2025

  • Live Report – Rockiavelic 2025

    Live Report – Rockiavelic 2025

    Rockiavelic (Carantec, 29)
    Tungs10, No Retry, Incinerator, Realm of Perdition
    Samedi 06 septembre 2025

    Texte : Seb D
    Photos : Mémé Migou
    Vidéos : Bruno Guézennec

    En ce samedi 06 septembre, il flotte dans l’air comme un doux parfum de rentrée. Les mioches ont repris le chemin de l’école et les metalleuses et metalleux commencent à ressentir une nostalgie en se remémorant les souvenirs des festivals en open air d’un été qui ne va pas tarder à laisser sa place à l’automne et ses feuilles mortes. C’est dans ce climat qu’une partie de la team Memento Mori Webzine (Mémé Migou, Bruno G, LB D et moi) se dirige vers Carantec pour un rendez-vous annuel devenu incontournable.

    C’est dans cette station balnéaire bretonne que se déroule chaque année le festival Rockiavelic. Et pour cette 24ème édition, il s’installe dans la salle du Kelenn flambant neuve, réhabilitée et inaugurée en avril dernier. D’emblée, je me dis que la scène du festival risque de paraître bien petite dans un lieu aussi immense. Mais l’orga a eu la très bonne idée de placer la scène en son centre, ce qui réduit l’espace de moitié.

    Petit par la taille, le Rockiavelic fait tout comme les grands : bar, food-truck, stand de merch et de vinyles, tatoueuse ainsi qu’un stand par groupes présents à l’affiche. On a même le droit aux cacahuètes et biscuits apéro mis à disposition pour éponger la bière. Yann et son équipe de bénévoles font tout pour qu’on se sente bien, comme à la maison. Petite précision, et non des moindres, l’entrée du festival est gratuite. Oui GRA-TUI-TE ! Argument qui rend toute absence à l’événement inexcusable.

    Et la musique dans tout ça ? On garde la même formule : 4 groupes pour 4 styles différents. De quoi contenter tout le monde. Un seul mot d’ordre : support your local scene !

    Les hostilités démarrent à 19h directement dans le gras avec le Metal Extrême de Realm Of Perdition. Une étiquette qui lui sied à merveille tant le groupe s’amuse à piocher aussi bien dans le Death Metal que dans le Black Metal n’hésitant pas, au passage, à saupoudrer le tout d’éléments Deathcore savamment sélectionnés. C’est donc à un décrassage des cages à miel auquel nous avons le droit en ouverture de cette soirée.

    L’un des atouts majeurs de cette jeune formation est d’avoir 2 chanteurs : Alex se charge des growls quand Dav s’occupe du chant crié tout en jouant de la six cordes. Le mélange des 2 voix n’est pas juste là pour faire joli. Le mix des 2 apporte une vraie plus-value. Alex en véritable leader charismatique n’hésite pas à venir au contact du public sur la petite avancée de scène en nous éructant son chant de boucher en pleine face. Quelle voix ! Le public, clairsemé et plutôt timide en début de set, se laisse peu à peu prendre au jeu. Si à cette heure il n’en est pas encore à pogoter, la qualité des titres et son exécution parfaite en live fait instinctivement secouer la tête de bon nombre de personnes dans l’assistance. Preuve que ceux-ci sont plutôt bien ficelés.

    Très vite, il me semble reconnaître un visage déjà vu dans une autre formation. Cela se vérifiera lorsque le groupe fera les présentations. Il s’agit bien de Jo, guitariste de Möhrkvlth (ou ex- Möhrkvlth ?). La formation arrive au bout de sa setlist avant la fin du temps imparti. Elle en profitera pour en rejouer 2 d’entre eux dont un « Holocaust » réclamé unanimement par la foule.

    Lien vidéo REALM OF PERDITION :

                Pour le prochain groupe, nous sommes sur de la scène locale d’un peu plus loin puisqu’Incinerator a fait un petit bout de route depuis Nantes pour nous offrir une prestation Thrash Metal. Après tout, la Loire-Atlantique fait partie de la Bretagne historique, non ? Sortez les vestes à patchs et les baskets à languettes apparentes car le groupe nous fait revivre les plus belles heures de ce style iconique.

    Les virtuoses Pierre et Romain, armés de leurs Jackson Randy Rhoads, prennent un malin plaisir à nous asséner leurs riffs précis et rapides tout en nous régalant de belles batailles de soli. La section rythmique exclusivement féminine, assurée par Anaïs et Claire, offre une ossature solide à la musique du groupe n’omettant pas quelques lignes de basse groovy bienvenues.

    Quant à JP, très à l’aise, il assure le show en occupant très bien l’espace scénique et en plaçant quelques interventions pleines d’humour entre les titres. Ses vocalises criardes et sa gestuelle me font penser plus à un chanteur de Black Metal que de Thrash. Notre homme serait-il fan de ce courant musical plus extrême ? L’ambiance passe au niveau supérieur lorsqu’il est demandé à la foule de se séparer en 2.

    Les gratteux descendent dans la fosse et vont chacun d’un côté. Au signal du chanteur, le petit wall of death entre en action et se termine en circle pit autour de Pierre et de Romain qui continuent à tricoter sur leurs manches. Ce concert d’Incinerator a une saveur particulière puisqu’il s’agit du dernier de Claire, la bassiste.

    Ceci ne signifie en rien la fin du groupe car plusieurs dates sont déjà prévues d’ici la fin de l’année. Vous n’avez donc pas fini d’entendre parler de cette formation très prometteuse. Vous verrez également Pierre, cet automne, puisqu’il va arpenter les routes avec Anthares, remplaçant ponctuellement David, lors de la tournée européenne commune avec les Américains de Lacabra au mois d’octobre.

    Lien vidéo INCINERATOR :

               

    La scène Metalcore française se porte très bien. Des locomotives telles que Landmvrks et Novelists ont le vent en poupe et font parler d’elles bien au-delà des frontières hexagonales, faisant de celles-ci des exemples pour de nombreuses jeunes formations. Seules les plus talentueuses pourront s’extirper de la masse et il se peut bien que Nø Retry en fasse partie.

    Il est fascinant de voir la vitesse à laquelle ce jeune groupe (moins d’un an d’activité) nous sert un show ultra carré et professionnel. Rien n’est laissé au hasard. Des compos, aux lights en passant par la mise en scène, tout est pensé pour faire vivre une expérience immersive au public.

    Denis, le chanteur, a le sourire tout au long du show. En véritable pile électrique, il occupe l’espace et capte immanquablement tous les regards. Ses camarades de jeu, concentrés sur leurs instruments et aidés par les machines, fabriquent un vrai mur du son auquel l’assistance ne peut rester insensible.

    Cédric, chanteur / guitariste de Tungs10 viendra pousser la chansonnette sur le titre « Solace » pour un duo percutant. Le temps de jeu alloué aux finistériens passe à une vitesse folle. Preuve de la qualité de la prestation. Un groupe à suivre !

    Lien vidéo NØ RETRY :

    C’est à Tungs10 que revient l’honneur de clôturer cette soirée. Avec leur 10 ans d’existence, ils ont écumé suffisamment de scènes pour être rodé à l’exercice. Le groupe vient défendre son dernier bébé, « Chronicles Of The Living » sorti en janvier dernier.

    Cependant, une certaine pression doit peser sur les épaules de la formation. En effet, Nathalie/Madeleine, la chanteuse emblématique de la troupe, ne fait plus partie des effectifs. Les Morlaisiens ont néanmoins su réagir assez vite en la remplaçant par Morgane peu avant une date charnière au festival Kreiz Y Fest au mois de mai. Ce soir, il s’agit donc de la 2ème date avec cette nouvelle vocaliste. Et il ne doit pas être aisé d’enfiler les chaussons de Nathalie/Madeleine, tant elle a marqué le groupe avec sa personnalité aussi bien vocalement que scéniquement. Mais c’est sans compter sur l’expérience passée de Morgane au sein de son groupe Octane. Si bien que nous avons à faire à une chanteuse qui prend possession de la scène avec une aisance folle amenant avec elle une nouvelle énergie plus brute et « rock’n’roll ».

    Le groupe, électrisé par ce souffle nouveau, me semble moins statique que par le passé. Le nouvel opus est naturellement mis en avant avec 7 titres joués sur les 11 que contient la setlist. Le test du live se fait sans heurt même si le chant est aux antipodes entre les versions studios et celles exécutées devant nous ce soir.

    Certains regretteront le côté plus pop (non il ne s’agit pas d’un gros mot) de Nathalie/Madeleine qui apportait un aspect plus lumineux à l’ensemble. De mon côté, je trouve que les 2 interprétations ont leurs charmes. [Note de Mémé : ahhhh… pour ma part, il n’y a pas photo… Le groupe retrouve ici une énergie plus Metal, plus sombre, plus libérée. C’est un Tungs10 nouveau qui va arriver et il va faire mal ! ]

    Denis de Nø Retry vient donner de la voix sur le morceau « Wake Up And Fight ». Malgré quelques problèmes de micro qui ne ternissent pas le show, Tungs10 délivre un set carré et tout en énergie. Morgane est définitivement adoptée !

    Une image me restera tout de même en tête par sa puissance : celle de Nathalie/Madeleine, dans le public, faisant face à Morgane. Personne ne saura quel est son ressenti face à la prestation de ses anciens compères et de sa remplaçante. Elle applaudit tout de même après chaque morceau. De nombreuses personnes la reconnaissent et la saluent chaleureusement.

    Lien vidéo TUNGS10 :

    Le bilan de cette nouvelle édition est très positif. Les 4 groupes nous ont régalés avec des prestations de qualité et l’organisation a tout mis en œuvre pour que l’on se sente bien, dans une atmosphère conviviale. Seul point négatif, car il y en a un, c’est l’affluence qui aurait pu être beaucoup plus fournie. Comment un événement gratuit ne blinde-t-il pas une salle ? A l’époque où l’on voit partout sur les réseaux « il faut supporter la scène locale », il est navrant de remarquer que les mots ne sont pas mis en application. Pour blinder des arénas ou un Stade de France à des prix délirants il y a du monde mais pour une soirée Metal gratuite on fait la fine bouche. C’est incompréhensible !

    Peu importe, ceux qui ont fait le déplacement sont pour la majorité d’entre eux repartis avec le sourire aux lèvres. Encore une fois, les absents ont eu tort. Un grand merci à Yann et à ses bénévoles de se défoncer autant pour offrir un festival d’une telle qualité et de mettre en lumière les jeunes pousses de notre région.

    Vivement l’année prochaine !

  • Interview – Usquam (Muscadeath 2025)

    Interview – Usquam (Muscadeath 2025)

    Interviewés : Jessy, Draugr et Alwan – Usquam
    Interviewer : Mémé Migou

    Interview organisée au Muscadeath 2025
    Merci Alexandre ( M&00ffice) et Ben (Muscadeath)

    Jessy, Alwan et Draugr ont rencontré Mémé Migou pour parler de ce qui les relie tous les trois, un point commun nommé : USQUAM.

    Ils se livrent peu avant leur set au Muscadeath, qui se retrouve également en diaporama :

    Merci pour leur disponibilité.

    Ainsi qu’à Alexandre (M&O Office) et Ben (Muscadeath), d’avoir permis la rencontre.

    Crédit musical : « Ego SUm » de Usquam

    Crédit photos : Mémé Migou – photos d’Usquam au Muscadeath 2025

  • Muscadeath 2025 : J-6 !

    Muscadeath 2025 : J-6 !

    Nous ne ferons pas d’interview préparatoire cette année car, si vous avez bien suivi, vous connaissez déjà tout ce qui concerne le fest et Carnage Asso sur le bout des doigts. Bon, OK, au cas où tu serais en retard, n’hésite à aller checker celle de Ben Denis, le papa du Muscadeath, que nous avions faite l’an dernier en compagnie de Eva, du blog Girls N Nantes.

    Et c’est ici : Muscadeath 2024, interview de Ben Denis – Memento Mori Webzine

    *

    Ce qu’on va mettre en avant, cette année, c’est bien le programme et toutes les infos dont vous aurez besoin de venir nous y rejoindre :

    D’abord, le Muscadeath, c’est du Muscadet et du Death. Mais pas que… Puisqu’il y a aussi une bonne dose de Black Metal. Tiens, je te mets le Running Order, et tu verras, par ailleurs, que les groupes d’ouverture sont déjà excellents, alors pense à venir dès l’ouverture des portes :

    Vous y croiserez Mémé Migou avec sa p’tite voiture bleue et son appareil photo… Mais aussi de minuscules micros, pour capter vos impressions. Elle aura le plaisir de retrouver Eva, en binôme, pour quelques interviews de groupes également. Ah ! Elles ont hâte, elles sont au taquet !

    Pour elles, ce sera :

    • Versatile
    • Villes Ardentes
    • Usquam
    • Deathcode Society
    • Tanork
    • Gurkkhas
    • Asagraum

    Alors, n’hésite pas, viens donc ! C’est toujours un plaisir de venir à Vallet, dans le 44. La salle le Champilambart t’attend ! Bar et restauration, bonne ambiance et excellentes musiques… Que d’mande le peuple ?!

    La billetterie, c’est ici : Muscadeath XXIII – Carnage Asso Muscadeath
    Le site officiel du Muscadeath : Muscadeath

    ON EST FIERS D’ÊTRE PARTENAIRES DU MUSCADEATH !

  • Upper Decker – The Scatonomicon

    Upper Decker – The Scatonomicon

    Genre : Scatomantic Death Metal
    Label  : France Black Death Grind 
    sortie : 23 Mai 2025

    Note : 80/100 ( Mémé Migou)

    Quel est le point commun entre un homme au réveil et un élastique ?
    Eh bien il s’étire, il s’étire, il s’étire, et il pète ! 

    Ah ! Je vous vois sourire, là… N’essayez pas de le cacher. C’est tellement bon de pouvoir se connecter à ses émotions et les étaler au vu et à la barbe de tout un chacun, comme on étale du Nut* sur une bonne tranche de rigolade. D’ailleurs, la musique, n’est-elle pas une succession d’émotions ? Les notes sont le reflet de sensations. Et ce sont tous nos sens qui viennent répondre. Preuve en est des poils (j’ai dit poils !) parfois dressés.

    Alors, connectons-nous à la musique, explorons nos émotions… Et comme point d’appui, le Brutal Death scatomantique de Upper Decker… 

    Et si on commençait par : L’écœurement ?

    Attendez… j’ai une blagounette, d’abord : 

    Que dit une fesse droite écœurée à une fesse gauche ?
    – Tu trouves pas que ça pue dans le couloir ?

    Upper Decker fait partie de cette nouvelle pratique qui fait recette sur les réseaux tiktokiens, le prank. Un (?) Upper Decker, c’est de fait un canular qui amène une personne à déféquer dans le réservoir d’une chasse d’eau. Vous imaginez quand le suivant, qui déjà doit sentir quelque chose de nauséabond se dégager d’il ne sait où, tire la chasse après ses propres émanations… Vous avez l’image ? Vous avez le bruit ?  Vous avez l’odeur ? Bah voilà… 

    Et donc, Upper Decker, c’est aussi le nom d’un groupe occitan né un peu après l’épisode du confinement, soit 2022. Comme si cette constipation de l’être dans son environnement naturel fait de 4 murs entrait en résonance avec celle d’un étron coincé dans nos intestins jusqu’à former un fécalome. Et ce bouchon, à l’instar d’une bouteille de champagne bien secouée, va sauter pour libérer bulles et bol fécal pour fêter la sortie.

    Holala… Un brin d’anxiété vient me titiller, là… Il me faut mettre un warning pour que mes propos ne soient pas mal compris : 

    Hey… j’ai encore une blagounette à faire, à ce propos : 

    Que dit une fesse droite anxieuse à une fesse gauche ?
    – Tu trouves pas que ça sent le gaz ?

    Attention, donc ! Je ne dis pas que Upper Decker est de la merde ! On verra plus loin ce que j’en pense intrinsèquement… Simplement, je m’insinue, comme une canule, pour extraire au plus près la notion de scatomantic Metal afin de l’anal-yser et mieux la comprendre.

    Ahhhh… La scatomancie, l’art de la divination par la lecture des fèces (et pas des fesses, petits coquinous). C’est fou, d’ailleurs, ce que l’on peut trouver comme références, en faisant des recherches, comme ce petit guide du caca édité par la Désencyclopédie Wiki… Et pour votre gouverne et ne pas vous endormir plus bête qu’il y a quelques minutes avant la lecture de cet article, voici une liste de synonymes pour égayer vos repas de famille : copromancie, spatalomancie, spatilomancie, spatalamancie et stercomancie. 

    Car qui dit repas de famille, dit aussi Family Dinner, le premier EP de Upper Decker, dont chacun des 6 titres va nous parler de l’un des membres de ladite famille, avec un joli poke (ou private joke de notre part) à notre Gévaudan en citant le 4ᵉ titre « Simon the Toilet Beast »- EP sorti en 2023, alors que finalement, ce qui nous intéresse ici, c’est bien le 1er long effort (poussez, madame, poussez ! ), en date du 23 mai 2025 chez feu le label FBDG.

    C’est le bon moment pour sortir la Colère ? 

    Heyyy… La colère ? Attends, j’ai une p’tite blague pour illustrer. Je peux ? Je peux ?

    Que dit une fesse droite en colère à une fesse gauche ?
    – Ça va chier entre nous !!

    Ben ouais, ça va chier ! Et vous savez pourquoi ? Parce que j’ai été tiraillée dès la première écoute de The Scatonomicon. Au point de solliciter un second avis auprès des copains du webzine. Et il s’avère (vous avez vu, ça rime avec glaires. C’est cool, non ?), que nous étions raccords. Ce qui va me rassurer quelque peu.

    Donc, en colère (OK c’est too much comme terme) parce que… Laissez-moi faire une anal-ogie :  quand on lit une 4ᵉ de couverture qui vous laisse imaginer une histoire d’amour alors qu’en réalité on tombe dans un récit mythologique, ce n’est pas qu’on n’aime pas la mythologie, c’est juste qu’on s’attendait à du love. C’est la même ici. 

    Je m’explique : des textes du presskit aux artworks en passant par les titres des morceaux et la définition elle-même du genre pratiqué, on se dit qu’on va avoir une ventilation de titres courts, rapides, et régressifs. Et l’humour, on l’imagine certes pipi-caca like, mais très second degré. 

    Et dans les faits, de l’humour, ils n’en manquent pas, jusque dans les références.  Regardez l’artwork, regardez ce titre « And Justice for Heaulme »… Y a besoin d’explication de texte ? Moi, sur papier, ça me fait hurler de rire. Bah oui ! 

    Hep hep hep, j’ai une blague pour faire descendre la pression :

    Que dit une fesse droite blasée à une fesse gauche ?
    – Tu trouves pas qu’entre nous c’est la merde ?

    A vrai dire, dès que j’ai appuyé sur la touche play, les oreilles prêtes à recevoir les 8 pièces, chapitres d’un livre ouvrant sur un « portail multidimensionnel » et un monde fait d’odeurs nauséabondes et de chaos intestin – reflet de l’artwork – eh bien j’attends le grind, j’attends les touches de thrash, de black, qui étaient promises, j’attends la filouterie et la folie furieuse. Mais voilà, je n’ai rien de cela. Ce que j’ai, c’est du Death, du Brutal Death, un esprit Grind, certes, mais du Death avec des touches de Tech Death ou de technicité (pour les puristes des mots et des genres). Le tempo n’est globalement pas si enlevé que ça. Bien au contraire, on a régulièrement des ralentissements comme des descentes d’organes. Certains titres sont à leur tour assez pachydermiques. Ce que reflètent la durée des morceaux, entre 3 et 4 minutes, on est loin du Grind violent et rapide. Ici, c’est plutôt un chant hyper grave, qui n’est pas sans me faire penser à tonton Mocky (Crypt of Dr Gore, Horoh). Des titres longs mais pour lesquels on ne s’ennuie pas une seconde, car à l’intérieur, on a ces petits jeux de guitare (un sweeping par-ci, des harmoniques par-là), des ralentissements, un jeu rythmique calqué sur le sample de départ (musique de cirque – ou de Looney Tunes), … Bref, c’est technique, très bien construit, léché. D’ailleurs, la basse est mixée de telle façon qu’on l’entend bien. Et le tout a été enregistré et masterisé au Soundlodge Studio (Defeated Sanity, Anvil, God Dethroned, …). C’est un mix clair, laissant la part libre pour que chaque instrument puisse trouver sa voix.

    Cependant, c’est la voix qui me chafouine un peu. Certes, elle a un beau growl bien gras, et pourtant, je la trouve un peu « grise ». Qu’est-ce que j’entends par là ? Elle manque d’éclat, en ce qui me concerne. Dans un genre qui aurait tendance à friser le Brutal Death ou le Grind ou le Slam… J’attends que ça pète (et péter, ça revient à la guest star : Niklass). 

    Tiens… j’fais une parenthèse, parce que j’t’entends parler de péter… j’ai une blagounette : 

    Deux mouches discutent sur un caca de chien :
    – J’ai une de ces envies de péter moi
    – Grosse dégueulasse, on est à table ! 

    Pas d’explosion, une voix qui reste souvent sur la même ligne de conduite. Pour l’accompagner, nous avons d’autres qui viennent apporter cette touche d’anime déjanté. Ainsi que pas mal de samples à vocation humoristique. 

    Hep ! Je ne veux pas péter plus haut que mon cul (heyyyy… j’ai un truc pour toi sur le sujet : tu sais que quand on pète plus haut que son cul, on se fait un trou dans le dos ?) et dire que telle chose est mauvaise. Ce n’est foncièrement pas le cas. Le growl, encore une fois, est bien grave et gras, comme je les aime. Alors qu’est-ce qui me chafouine ? 

    C’est que toute la partie musicale est sérieusement faite. Le chant (hormis les voix déjantées qui parsèment le tout) est sérieux. La composition. Le mix. On ôte les samples (et peut-être les paroles que je n’ai pas), et nous avons un super album de Death, hyper bien pourvu. Comme dit le copain de zine, “c’est ma came, ça”. Même si à première écoute, on pourrait trouver que les titres se ressemblent, dès la seconde et une oreille plus attentive, on entend bien bien toutes les subtilités et les trouvailles techniques qui viennent joncher le parcours musical de l’album. On a des éléments de Death old School remis au goût du jour, avec des soli bien envoyés. C’est pas rien, bien au contraire ! 

    De fait, c’est comme cette chronique… Les blagounettes qui ponctuent le propos tombent à plat. On a juste envie de dire « Mémé, tu nous fais quoi, là ?! ». C’est la même pour The Scatonomicon, de Upper Decker. Certes, ils annoncent la couleur fétide d’un album qui sent le caca, mais le tout est propre, bien moulé et sent bon le Death Brutal, un peu nawak sans tomber dans le too much. Imaginez Immolation avec des intros « pouet pouet » faites de pets… Ça a du mal à se mélanger, ça reste dichotomique, quasi manichéen. Personnellement,  je me passerais bien de ces ajouts qui sont censés être amusants et déjantés, étalés comme autant d’articles d’un catalogue, mais manquant de folie. Et c’est en cela que j’ai un petit problème avec cet album. Un exemple ? Sur la 6ème piste, “Pompecrotte”, ça part avec un groove à la Illdisposed et paf ! Vers 3:15, un “pompecrotte” dit (pas chanté, pas crié, juste dit) en voix suraiguë vient nous rappeler qu’on doit rester dans la farce.

    Pour le plaisir, une p’tite dernière ( j’y ai pris goût) : 

    Quelle est la différence entre un pitt-bull et un caniche ?
    – Lorsque le pitt-bull te pisse dessus, tu le laisses finir ! 

    Pour finir cette chronique aux relents de vulgarité ( que je dédie à tous les amateurs de douche dorée et de scatophilie), j’aime retourner plonger mon nez et mes oreilles dans The Scatonomicon. C’est bon… Mais ce n’est pas aussi puant qu’Upper Decker le souhaiterait. Loin de là ! J’vous envoie du love, les gars !

    Heyyy… On va pas se quitter comme ça : 

    Que dit un rouleau de PQ à Luke Skywalker ?
    – J’essuie ton père. 

    Tracklist 

    1. Egg
    2. Big Bizeps
    3. Fatberg
    4. Fecalized at Birth
    5. And Justice for Heaulme
    6. Pompecrotte
    7. The Lukewarm Book
    8. The Forest os Suspended Foreskins

    Line-up 

    Gaara – Chants
    Tral – Guitare et backing vocal
    Le C – Batterie
    Uwe – Megabasse 


    Guest 

    Nikrass – Fart

    Liens : 

    https://upperdecker.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/upperdecker11

    https://www.instagram.com/upperdecker666

    http://www.youtube.com/@upperdecker333

  • Owls – Une toile de plus à brûler

    Owls – Une toile de plus à brûler

    Genre : Avant-garde Black Metal/Post Black Metal
    Label : L’Ordalie Noire
    Sortie : 6 Juin 2025

    Note : 85/100 (Mémé Migou)

    Quel est le point commun entre le Black Metal et le Haïku ? Owls !

    Quel est le point commun entre le Haïku et le Tarot ? Owls !

    Quel est le point commun entre le Tarot et le Dark façon gothique ? Owls !

    Quel est le point commun entre le Dark et la nuit ? Owls !

    Et mon tout est… Un EP de 25 minutes qui vous happe dans ses serres de rapace, un soir de lune à peine pleine, où les étoiles se font toiles qui brûlent dans un noir si profond qu’il avale toutes les couleurs comme un ogre qui se gave sans se soucier de sa panse qui pourrait exploser.


    Bien qu’éclos en 2024 sous la poésie de Romain Nobileau, Owls est un projet, certes de Tours (car quoi de mieux, pour airer qu’une tour bien ancrée dans un passé revisité par les vents de nouveaux territoires), mais avec du beau monde venu tout droit de la scène nantaise, jusqu’au label, L’Ordalie Noire, que l’on ne présente plus. Et c’est le 6 juin 2025, que le sextuor scelle son premier envol du nid, avec Une toile de plus à brûler.


    Du Haïku, Owls va piocher non seulement son aura de Nature offrant un terrain de jeu pour les oiseaux de proie, mais également son pas de côté. En cela, on peut aussi le rapprocher de la carte XII, celle du pendu dans le Tarot. Quand on est face à un blocage, quoi de mieux que de faire un pas de côté pour voir le problème sous un nouvel angle. La solution vient la plupart du temps s’imposer d’elle-même. Et si on voit très bien le lien avec la Nature, quid du pas de côté ? La vision métaphorique de tranches de vie par les yeux perçants des rapaces nocturnes. Il suffit de lire les paroles pour comprendre la portée Dark, voire romantique d’un Caspar David Friedrich dans son tableau « Le voyageur contemplant une mer de nuages ».

    Si dans l’ombre je te suis, quand je me perds dans les méandres des cieux,

    Je perds la notion du temps, quand mon regard croise tes yeux.- (« Nos chairs ternies »)

    Et tes rémiges ont caressé mon côté sombre.

    Oui, ce sont bien elles qui m’ont d’abord séduit.- (« Effraie »)

    On pourrait y lire moult interprétations. Autant que nos préoccupations du moment nous les susurrent. Mais on ne pourra faire l’impasse sur ce jeu de l’amour et du hasard qui fait office de plume rouge tout au long des 4 titres.

    D’eux-mêmes, il s’étiquettent Avant-garde Black Metal. Bien sûr que c’est Black Metal ! Dans l’ambiance, dans le chant de Romain – un peu à la Anorexia Nervosa-, blast beats, mais pas que… ! (selon la formule consacrée). Il y a un côté Black atmosphérique avec des claviers typés sidéral. D’ailleurs, on peut aussi rapprocher certains passages de claviers à ceux que l’on trouve dans Korova (exemple sur la fin du second titre, « Rejection »). Et surtout, ils tentent des choses. C’est en cela qu’ils se réclament de la scène avant-gardiste. Du presskit, on peut lire Dodheimsgard (entre autres) en influences. Là, je suis bien moins convaincue. Dodheimsgard, je le vois plus sur le dernier album de Sun After Dark, qui peut perdre l’auditeur par ses plans qui partent dans tous les sens. Bien moins ici. Je ne vois pas ce côté chien fou, cette lueur de folie. Par contre, une lueur d’espoir et de désespoir acoquinée à des mises en place rythmiques assez osées. La basse a un son droit qui perce bien le mix, ce qui n’est pas pour me déplaire. Quant aux guitares, avec les claviers, ils offrent des mélodies qui se gravent dans nos esprit, tatouage de notes.


    « Nos chairs ternies » place l’ambiance nocturne. On navigue entre l’état contemplatif de ceux qui ouvrent leurs sens à la nuit et… à la peur que celle-ci peut engendrer. Le tempo est enlevé, course effrénée d’une proie après avoir entendu les hululements létaux.

    Dans nos chairs ternies, le temps ne fait que passer,

    Et cet air du temps, comme une ritournelle, sans se retourner,

    Lorsque je t’aperçois à contre-jour sans t’avoir espéré.

    Paroles de Anne Jambrek sur ce titre uniquement, on y lit l’amour, la vie, la vieillesse, le coup de foudre, les rides, les chairs ternies qui ne sont pas sans rappeler certains vers sombres de Baudelaire parlant de vers sur une carcasse.


    « Rejection » met de côté la poétique amoureuse pour se pencher sur la « gnose narcissique à l’odeur cadavérique »… Tout se fait angoissant, ici, autant les claviers que la batterie (vers 3:40 par exemple), quand le propos nous place face à notre société faite de hordes d’ultracrépidariens qui vont régurgiter leurs avis à la volette sur le terreau de l’ennui et de la bêtise humaine :

    Tu régurgites tes connaissances

    Sur l’humus frais de l’indifférence.

    Et pourtant, et pourtant,

    Tu craches ce que tu sais

    Sans même les avoir digérées.


    Ça nous parle, hein… Pourtant, ces boules que rejettent les hiboux pourraient s’avérer de belles œuvres d’art, comme César et ses compressions… Partir de la simplicité de ce qui nous entoure pour le rejeter en œuvre d’art… Mais on gardera le côté vorace recrachant ce qu’il ne peut appréhender.

    « Effraie » revient sur le jeu de cache-cache… De l’autre, il n’y a que le murmure… :

    Et quand finalement, tu réapparais.

    Je comprends que je ne peux plus me cacher.

    Voulant te serrer dans mes bras esseulés,

    Sans un bruit, à nouveau, tu disparais.

    Est-ce moi qui t’effraie ?

    Ces doubles sens, ces mots que l’on tord dans tous les sens, la polysémie, tout cela est savoureux. Au même titre que l’on déguste les jeux de mots d’un Souchon ou d’un Louise Attaque. Le texte soutient la musique et vice versa. La voix est bien plus grave et les guitares offrent du tremolo picking chère au Black Metal. Le tempo est pachydermique, lourd et lent. Plus lourd que lent, car les claviers apportent un léger souffle d’air. Écoutez la rythmique, tendez l’oreille à la basse, c’est pur bonbon. Le texte est clairement compréhensible (oui, ce sont deux termes redondants pour souligner la chose) et qu’est-ce que c’est agréable !

    On finit sur un titre doux-amer « Un masque de hasard », désabusé, même si le début reprend un tempo élevé et les blast, on a un côté rock gothique (c’est un peu exagéré), notamment quand après 1:15 la voix claire vient caresser nos sens. Une voix claire tutoyant le spoken words. On alterne breaks calmes, éthérés ( ce solo de guitare vers 5:00 et celui du clavier vers 7:00) et reprises tendues.

    Des mots tordus, des vers torturés,

    Comme pour masquer le vide que l’on veut ignorer.

    Elle sait que les mots, bien qu’enlacés,

    Ne sont qu’une toile de plus à brûler.

    Les mots, bien que enlacés, ne sont qu’une toile de plus à brûler… On termine comme on commence, sur des cris d’effraie ou de hibou… N’oublions pas qu’il est symbole de sagesse.


    Alors oui, ce premier EP est une belle réussite. Ce n’est pas un Black Metal Avant-gardiste comme on a pu l’avoir avec un Solefald en son temps, mais ils osent dépasser le genre avec des mises en place et des rythmiques terribles – j’emploierais plutôt le terme de Post Black Metal. On finit l’album avec un goût de trop peu. On veut encore de ces mélodies qui marquent au fer rouge, de ces textes qui viennent titiller nos côtés sombres et désenchantés. On veut encore planer avec les Hiboux, pour voir le monde, l’amour, d’un œil perçant, avec assez de hauteur pour fondre non pas en larmes, mais sur nos chairs ternies, point précis de nos désirs, cible de nos chasses nocturnes. Alors vous savez quoi ? Une fois fini, on recommence sans vergogne.

    La nuit s’éteint, l’oiseau s’envole

    Poètes taisons nous, le silence est notre rôle.- (« Un Masque de hasard »)


    Tracklist :

    1. Nos chairs ternies
    2. Rejection
    3. Effraie
    4. Un masque de hasard

    Line up :

    Romain Nobileau – Chants

    Tanguy Andujar – Guitare

    Damien Prunier – Guitare

    Rémy Robinot – Basse

    Nicolas Pourré – Claviers

    Quentin Regnault – Batterie

    Liens :

    https://lordalienoire.bandcamp.com/album/une-toile-de-plus-br-ler

    https://www.facebook.com/profile.php?id=61564394217979

  • Aldaaron / Par-delà les cimes

    Aldaaron / Par-delà les cimes

    Genre : Epic Atmospheric Black Metal
    Label : Ordre du Givre Records / Paragon Records (co-release)
    Sortie : 4 Avril 2025

    Note : 95/100 (Mémé Migou)


    under the blazing gleam of an exalted sun*

    Peut-être étais-je dans le mood, avec la sortie de l’album 1248 d’Omegaeternum qui tournait en boucle depuis un bon moment déjà…

    Peut-être étais-je dans le mood, avec ces incursions de froid dans un printemps qui n’en porte plus que le nom, tant la nature s’est déréglée sous nos conneries humaines…

    Peut-être étais-je dans le mood, en regardant les photos de l’ami Herwull, en rando dans les sommets parfois enneigés des montagnes qui se trouvent à l’opposé de mon Brest et de sa mer d’Iroise…

    Peut-être étais-je dans le mood, avec un léger ras-le-bol qui pointait le bout de son nez, sur ce besoin galopant de toujours consommer, de toujours faire plus et plus vite…

     cold and torn shadows are born,*

    … Au point d’en oublier parfois l’essentiel.

    frozen specters in the golden light *

    Peut-être tous ces préalables étaient-ils nécessaires pour entrer de plain-pied dans cette 5ème offrande d’une entité au nom qui résonne pour tout adorateur des défenseurs de la Nature que sont les elfes du Silmarillion. Peut-être… Mais avec des si et des peut-être, on mettrait Paris (ou n’importe quelle grande métropole autour du globe) en bouteille qu’on jetterait à la mer comme pour demander du secours à qui pourrait l’entendre et le vouloir. Alors restons les pieds sur terre, et sentons les racines de cet album qui nous relie à Mère nature tout en élevant notre esprit auprès des secrets chuchotés par des spectres figés dans les glaces.

    whispering the secrets of forgotten souls *

    Par-delà les cimes, sorti le 4 avril 2025 par Aldaaron chez Ordre du Givre Records / Paragon Records, parle d’éternité mais n’a pas mis une éternité à m’enchanter. Cela fut instantané. Mood ou pas, je peux l’écouter sans jamais m’en lasser. Juste l’envie de m’enlacer les genoux et d’y poser ma tête alanguie. Fermer les yeux et se laisser porter par la musique autant que les paroles. J’ai froid et je sens la chaleur de cette envie de vivre tout à la fois. Un besoin de respirer en ouvrant grand les poumons un air non vicié, alors que notre esprit nous rappelle que nous sommes sous des chapes de pollution.

    * in « Frozen Shadows of the Exalted Sun »

    Et c’est bien là toute la dualité de l’album, des ombres gelées d’un soleil exalté, ainsi que le second titre nous le suggère. Le froid dans la chaleur intense. De la plénitude dans la tristesse infinie. La multitude des éléments qui chuchotent dans la solitude des hauts sommets.

    Dès le départ, Aldaaron est reconnaissable par ses mélodies sculptées pour pénétrer dans vos crânes et ne pas en sortir. Les riffs tournent sur de longues mesures, sur un chant âpre et haché. Mais si sur le premier album, Nous reviendrons immortels, j’avais une impression d’éléments qui se succédaient plutôt que se fondant les uns avec les autres, il n’en est plus trace désormais. On a les éléments, mais ils sont tellement bien intriqués que notre oreille passe du riff à la mélodie en trémolo picking, du blast beat à la descente de fûts sans même s’en rendre compte. Ce sont autant de fils de glace entremêlés pour une dentelle de solitude teintée de chants aux accents de tristesse. Mais… cette dentelle-là n’est pas si souple qu’on le croit, elle est durcie par des imprécations prophétiques. Ces spectres gelés emprisonnés dans la glace murmurent des sentences sur fond de menaces : « Dans ce vide absolu résonnent d’anciennes prophéties, des avertissements ignorés, des promesses de désolation » ( Antediluvian Prophecies ).


    Ainsi, ce premier morceau introduit tout le propos de l’album. Il s’entame avec un arpège mélodique, quand sur les précédents albums nous avions des intros de feu crépitant (Nous reviendrons immortels) ou de tempête venteuse et guitare sèche (Suprême silence). À noter que les intros, chez Aldaaron, sont ciselées. Sur le troisième album, Arcane Mountain Cult, le prologue entame ce virage de l’épique qui flirte avec le cinématographique. Majestic Heights, Melancholic Depths , quant à lui, démarre sur les chapeaux de roues, plaçant d’emblée un riff accrocheur dans un tempo assez élevé. « Antediluvian Prophecies », premier des 4 titres de l’album, part sur ce qui peut sembler martial, mais très vite, on coule vers un rythme ternaire. Le chant hurlé laisse place à une voix mi-hurlée mi-parlée, plus grave, plus obsédante. On est embarqué dans une ambiance tournoyante avant de revenir sur les sentiers du binaire. On repart sur l’anglais, déjà utilisé sur les deux précédents albums à raison de 50/50, avec un peu de français disséminé dans le titre. Il sera plus présent sur le 3ème morceau. Alors que les deux premiers albums avaient un quota inversé.


    « Frozen Shadows of the Exalted Sun » vient ensuite. Encore une rythmique syncopée, mais le chant rêche se fait moins brut. On revient sur la dualité précédemment citée d’un chant décharné plus mélodique, avec toujours ce tremolo picking qui reste en tête. Et c’est vers la 5ème minute du titre qu’arrive un chant qui se fait chœur, le son de guitare faisant comme des cloches qui tintent en accord. Une ambiance à la Batushka, mais sans le propos. Eh oui, on se surprend à chantonner l’air… Qui nous amène vers les 7:45, où une nouvelle mélodie sur un chant clair vient panser nos blessures.

    Les ombres gelées et le soleil exalté…


    Le chant en mode liturgique, nous le retrouvons sur la piste suivante, « Chants d’hiver et de solitude ». On ferme les yeux et on se laisse emporter dans les monastères qui jonchent les sommets enneigés. On n’ose plus parler, ni même bouger. On est là et on écoute. On vénère à notre manière la Nature qu’on a pris soin de salir. C’est tout simplement empreint de magnificence. Même la reprise par les instruments se fait dans une aura de douceur. Et le chant black suivra cette ligne de conduite, bien qu’on puisse y entendre des aspérités d’un chant encore plus écorché. On a juste envie de lever les bras au ciel, en symbiose avec l’opus.


    Pour clore le chapitre Par-delà les cimes, « Under the Icy Sky, Memories Fade Away » nous offre une intro « parlante » à la guitare électrique. Ne me demandez pas pourquoi j’ai choisi cet adjectif, il s’est imposé de lui-même. On retrouve la descente de toms (qui est une marque de fabrique, puisqu’on la retrouve sur tous les albums et de nombreux titres) puis la mélodie. La basse, de Rich Gray, est plus présente à partir de 4:30 et nous conduit vers un break où la mélodie se fait arpégée et des chœurs, plus pagans que liturgiques, viennent compléter le tableau. On repart sur du blast et un chant hargneux, mais aussi quelques sons de cor. Finalement, on clôturera de manière mystique, la fin se faisant au gré d’un coup de tonnerre et d’une mélopée de violon qui élève l’album sur un plan spirituel.


    Alors bien sûr, on retrouve la synergie entre les rythmiques et le propos, l’utilisation des cymbales pour donner l’impression de combats, mais aussi les descentes de fûts ou de toms, les blast beats en veux-tu en voilà, de la double… Mais pas seulement. Sur cet album, la batterie me semble bien plus présente, avec un jeu nettement plus travaillé.

    L’album est plus court en comparaison aux 4 autres, qui titillent les 45 à 50 minutes avec 6 à 10 titres. Le mix, entièrement réalisé par Ioldar, est également upgradé. On glisse d’une piste à l’autre et intrinsèquement d’un riff à l’autre comme une paire de ski sur une poudreuse de compétition. L’ambiance est, comme depuis 2 albums, beaucoup plus cinégénique lui conférant une aura épique dans le contexte d’un black metal atmosphérique, pagan et déchiré. Entre le premier album et celui-ci, on voit et ressent l’évolution. Même si on a l’impression qu’avec Majestic Heights, Melancholic Depths, indéniablement, Aldaaron a clos un chapitre, ce Par-delà les cimes ne se contente pas d’en ouvrir un nouveau (l’artwork, également signé Ioldar, s’il garde la charte graphique, n’arbore plus les personnages encapuchonnés. Désormais, seule compte l’idée de ce qu’il y a par-delà les cimes). Il prend tous les curseurs précédemment employés et, non seulement les pousse un peu plus loin, les sublime ! Et c’est en cela que je n’hésite pas à lui conférer une place de choix dans mon top 5 de l’année 2025. Merci Ioldar pour ce talent de composition, merci Aldaaron pour ce voyage enraciné.

    Ils songent à un avenir
    Dessiné à bout de bras
    Où le temps ne dure pas
    L’éternité d’un soupir
    Fredonnent un hymne joyeux
    Pour les vieillards silencieux,
    Qui résonne couvrant l’écho
    De chaque loup ou corbeau

    (« La légende des fils » – Suprême Silence)

    Tracklist :

    1. Antediluvian prophecies
    2. Frozen Shadows of the Exalted Sun
    3. Chants d’hiver et de solitude
    4. Under the Icy Sky, Memories Fade Away

    Line up :

    Ioldar – tous instruments, chants et compositions

    Voldr – guitare lead sur les pistes 3 et 4

    Guests :

    Rich Gray – Basse

    Oleg Bezuglov – Violon piste 4

    Eric Catiglia – Chant piste 4

    Liens :

    https://aldaaron.com

    http://aldaaron.bandcamp.com/music

    https://www.instagram.com/aldaaron_official

    https://www.youtube.com/channel/UCjlpwIipq5ptdGAKs-Wd_JA

  • Interview : Furios Fest 2025

    Interview : Furios Fest 2025

    Interviewé : Christophe Bourry
    Interviewers : Mémé Migou et Bruno Guézennec

    Un échange enrichissant avec Christophe Bourry, le papa du Furios Fest.

    La programmation, sa ligne de conduite, l’évolution du Furios Fest, sa vision du festival, comment il s’y est pris… Tout cela et bien d’autres choses encore sont au menu de cette interview, à retrouver ici :

    Pour rappel, le Furios Fest se déroulera les 23 et 24 août 2025, à Saint-Flour.

    Crédit musical dans l’interview : Dark Tranquility (qui sera d’ailleurs l’une des têtes d’affiche du Furios Fest 2025) – « Punish my Heaven »

    Quelques liens pour glaner toutes les infos :

    Home Furiosfest – 2025

    https://www.facebook.com/FuriosFestCantal

    Billetterie : https://www.helloasso.com/associations/cantal-crossbones/evenements/furiosfest-5

  • Interview – Glyphe

    Interview – Glyphe

    Interviewés : les 6 membres du groupe GLYPHE
    Interviewers : Séb D. et Mémé Migou

    Glyphe est un nouveau groupe mené par Nico Heartofmetal… Son concept tourne autour du chiffre 6… Mais aussi de Souris.

    Ecoutez leurs propos et impressions après leur premier concert, le concert fondateur, à l’Ar Vran Fest (Janzé, 35). Propos recueillis par Séb D, Mémé Migou et Roxy auprès des 6 membres, le tout sur 6 questions (et une bonus, mais ça ne compte pas, hein…). On aurait aimé que la vidéo dure 6×6 minutes… Mais il n’en sera rien… Seulement 5x 6 minutes, c’est déjà pas mal !

    Sortie de leur album ce vendredi 12 juillet 2025

  • Live Report – Rituel Noir 2025

    Live Report – Rituel Noir 2025

    Ferme du Boudiguen (Querrien, 29)
    Les Acteurs de l’Ombre Productions
    Les 1er, 2 et 3 mai 2025

    Texte : Seb D et Bruno Guézennec
    Photos : Mémé Migou et Seb D
    Vidéos : Bruno Guézennec et Once Upon a Live

    Entre 2016 et 2019, une poignée de privilégiés a eu la chance de participer à un événement hors du temps et à mille lieues de tout ce qui pouvait se faire ailleurs : Les Feux de Beltane.

    Ce rassemblement, mêlant culture païenne et musiques extrêmes dans un cadre bucolique, avait laissé ses aficionados orphelins lorsque ses géniteurs décidèrent de mettre fin au projet après quatre éditions.

    Le 18 décembre dernier, c’est avec des étoiles plein les yeux que l’on a pu découvrir, sur la page Facebook du label Les Acteurs de l’Ombre Productions, un post annonçant la naissance de Rituel Noir. Un week-end de rassemblement interculturel et musical à la ferme, à Querrien. Tiens, tiens, ça me fait fortement penser à quelque chose. Ne serait-ce pas le petit frère des Feux de Beltane ?

    Je vous propose de me suivre afin de vous conter au mieux le déroulement de ces trois jours.

    Jeudi 1er mai 2025

                C’est avec une impatience non feinte que nous rallions le lieu des festivités pour la soirée préambule avant le début du festival le lendemain. Au programme : la présentation du jeu « Mal Ardent » (jeu de rôles) ainsi que trois concerts, histoire de se mettre tranquillement en jambe. Nous arrivons sur place vers 19h. L’entrée du site est constituée d’un stand où l’on se fait poser le bracelet, d’une palissade et d’un accès surplombé d’une inscription « Rituel Noir » ainsi que du symbole du label Les Acteurs de l’Ombre, le tout fait de bois, zinc, crânes, toiles, feuilles et mousse. Une fois le bracelet au poignet, nous nous engouffrons dans le petit tunnel servant d’entrée, tel un sas nous faisant passer du monde réel vers une bulle de plaisir auditif et de bonheur convivial.

                Connaissant déjà très bien l’endroit, je fais faire le tour à ma femme et l’ami qui m’accompagne. Sur notre droite, les food trucks (crêpes et burgers) et à gauche, le point névralgique : le bar. Au fond trône la magnifique grange en bois qui fera office de salle de concert. À sa gauche, le market où l’on peut trouver divers stands de merchandising (LADLO, Antiq Label, Transcendance, Les Éditions des Flammes Noires ainsi qu’un espace de merch pour les groupes jouant durant le week-end). Sur la droite de la grange, en contrebas, un espace de verdure où une imposante structure en bois attire inévitablement l’œil, un cromlech et tout en bas du terrain, un mini-village viking.

    Nous croisons rapidement et serrons la main au maître des lieux : Vincent (aka Couille de Loup), le remerciant par la même occasion de nous accueillir durant ce week-end organisé conjointement avec le label Les Acteurs de l’Ombre Productions.

                Ce petit tour du propriétaire nous ayant donné grand soif, c’est d’un pas assuré que nous nous dirigeons vers le bar afin de nous hydrater. Un large choix de breuvages houblonnés et de softs nous est proposé. En effet, les brasseries Couille de Loup, Ouroboros et Blast n’ Beer vont régaler nos gosiers. Une fois la pinte en main, nous nous attablons et commençons à discuter de choses et d’autres, oubliant un instant que le premier concert va bientôt commencer. Un des gars de l’organisation sort les participants de leur oisiveté en signalant qu’il y a des concerts ce soir et en nous invitant à rejoindre la grange.

                C’est à Ǥứŕū (Guru) que revient la lourde tâche de donner le top départ à ces trois jours de décibels noirs. Le groupe breton va permettre au public de se mettre gentiment dans le bain avec un mélange audacieux de Doom et de Black Metal. N’ayant volontairement pas écouté ni fait de recherches sur les groupes que je ne connaissais pas encore, histoire de garder la surprise, je trouve que le chanteur ressemble énormément à Jerry, le leader des Chants de Nihil. Normal, c’est lui ! Dans ce nouveau projet, il laisse la guitare de côté et va devoir occuper la scène sans pouvoir se cacher derrière son instrument de prédilection. Et il s’en sort formidablement bien le bougre ! Fort d’un charisme naturel, il capte tous les regards, aidé par diverses tenues et accessoires (cane avec un crâne à son sommet, fouet pour se flageller, faux intestin sanguinolent autour du cou ou pancarte flanquée du mot « hourra »). Certains pourraient trouver ça too much par moment mais au moins il se passe quelque chose sur scène. Et la musique dans tout ça ? Et bien ça fonctionne complètement car le set est bien en place. Les musiciens nous offrent un équilibre parfait entre la noirceur du Black et la chape de plomb propre au Doom. Le chant de Jerry magnifie le tout tant sa performance vocale est habitée. Une très belle découverte et un groupe dont on n’a pas fini d’entendre parler.

    Lien vidéo Ǥứŕū :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

                Petite pause d’une demi-heure durant laquelle la grange se referme afin de permettre à la formation suivante de se mettre en place et de faire les derniers réglages. Cela nous laisse du temps pour aller hydrater nos gosiers desséchés. Je ne m’éloigne pas trop de l’espace concert car dire que j’apprécie la formation suivante relève du doux euphémisme. Lorsque les portes s’ouvrent, je fonce me placer au premier rang. J’ai eu un énorme coup de cœur lors de la découverte de Black Bile avec leur album « l’Oratoire ». Ce soir, c’est la quatrième fois que je les vois en un an. Et je peux aisément attester que les progrès faits par les Lorientais en termes de prestation live est impressionnant. Le set est carré et leur association de Doom et de Post Metal va instantanément me faire décoller pour ne me faire regagner le sol qu’à la toute dernière note de ces cinquante minutes d’un voyage émotionnel fort. Le chant de Romane appuie les nuances musicales tantôt en y mettant de la douceur, tantôt en poussant des cris torturés dont elle seule a le secret. Peu de groupes sont capables de transporter une assistance à ce point en lui donnant des frissons à de multiples reprises. Un des meilleurs concerts du week-end.

    Lien vidéo BLACK BILE :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

                   Corpus Diavolis prend le relais pour 1h d’un set Black / Death Metal occulte. Les lumières rouges et les deux chandeliers trônant de chaque côté de la scène installent une ambiance mystique. Les musiciens virtuoses nous servent une musique violente mais pas bourrine. Alternant moment rageur et instant plus posé permettant au chanteur de déclamer sa prose luciférienne à un public qui n’attend que ça. Malheureusement, je ne saurai expliquer pourquoi je ne rentre pas dans le set ; peut-être est-ce dû à la claque reçue sur le concert précédent ou l’absence d’une seconde guitare qui aurait permis d’apporter plus d’ampleur à l’ensemble en lui donnant un effet rouleau compresseur. Pas un mauvais moment, loin de là. C’est juste moi qui n’ai pas été conquis.

    Lien vidéo CORPUS DIAVOLIS :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    Ce préambule a tenu toutes ses promesses. Il est temps de rejoindre nos pénates afin d’être en forme demain pour le début du rituel.

    Vendredi 2 mai 2025

    Afin d’éviter toute incompréhension de la part de certains groupes, il me semble important de préciser que notre photographe maison n’était présente que ce jour-là. 

    Mémé Migou n’étant présente que ce jour-là, seuls les groupes du vendredi seront shootés.

    Pour cette première vraie journée, le site ouvre ses portes à 10h30. De notre côté, nous n’arrivons sur place qu’à 14h20. Ratant la diffusion du documentaire « Que ton règne vienne : une histoire du satanisme en France », la présentation du jeu « Mal Ardent » et la première salve de contes de l’excellent Quentin Foureau. À cette heure-là, Versatile, récemment signé chez Les Acteurs de l’Ombre, envoie déjà des décibels dans la grange avec son mélange de Black Metal et d’Indus à grand renfort de beats électro. Un mariage musical qui divise, faisant fuir les plus « true » mais qui réjouit la frange du public la plus ouverte. Le spectacle n’est pas qu’auditif, il se passe aussi sur les planches : maquillages, masques et costumes étudiés contribuent à se plonger dans l’univers du groupe. Pour le final, le batteur rejoint ses compères sur le devant de la scène suivant le beat sur un tonneau et enflammant ses mailloches pour un effet visuel garanti. La très belle découverte de cette édition.

    Lien vidéo VERSATILE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

                Il n’y a pas plus de cinq groupes sur chaque journée. Entre chaque concert, les pauses peuvent s’étaler entre une et trois heures, ce qui laisse le temps de faire connaissance avec de nouvelles personnes ou de tailler le bout de gras avec les amis présents. C’est très agréable de pouvoir profiter de l’instant. Cela nous change des festivals où les concerts s’enchaînent sans interruption où il faut galoper de scène en scène tel un marathonien. Mais pour celles et ceux qui veulent faire autre chose, l’orga a tout prévu. Durant ces moments de calme, il y a toujours une animation au niveau de l’espace herbeux. Les activités alternent selon les heures : combat armé, duel judiciaire, contes, cérémonies vikings, luttes vikings…

    Pour le prochain groupe, Räum, je dois avouer que je n’ai pas accroché du tout. Je précise tout de suite qu’il ne s’agit que de mon avis personnel. Je n’ai pas le monopole du bon goût, ça se saurait ! Dès l’entame du set, je bloque sur l’attitude scénique du chanteur très proche du Hardcore. Je trouve que ça ne colle pas avec la musique. Je reste dans la grange le temps de deux titres puis me mets à l’extérieur pour voir si, sans le visuel, ça passe mieux. Mais non, rien à faire. Au-delà de l’aspect scénique, je n’apprécie pas non plus le chant. Pour en avoir discuté avec plusieurs personnes, certaines ont eu le même blocage que moi là où d’autres trouvent le set très bon. Comme quoi, les goûts et les couleurs…

    Malgré ça, si l’occasion m’est donnée de revoir le groupe en live, je leur donnerai une seconde chance car on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Ce ne serait pas la première fois.

    Lien vidéo RÄUM :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

                Arrive ensuite le tour de Miasmes qui s’est greffé à l’affiche afin de remplacer A/Oratos. Et on sait déjà d’avance qu’on va se prendre une bonne branlée tant le Black Metal du groupe, mâtiné de touches Death Metal, est d’une efficacité redoutable. Le trio nous déroule un set où le seul mot d’ordre est : violence. Si Mötörhead avait démarré sa carrière fin 90-début 2000 et qu’il avait été biberonné au Metal Extrême, il se serait appelé Miasmes. Ça tabasse sévère et je kiffe grave. À tel point que l’heure allouée au groupe passe à vitesse grand V et que j’en aurais bien repris vingt minutes de plus. À revoir d’urgence !

    Lien vidéo MIASMES :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

                C’est le moment de la grande pause du jour. Il est 18h40 et le prochain groupe ne commence qu’à 21h45. Nous décidons donc de quitter les lieux pour aller se faire un petit resto.

                Nous revenons bien assez tôt pour assister à la fin de la cérémonie viking Beltane et nous placer dans la grange pour la suite du régal auditif. Une ambiance étrangement calme règne en ces lieux. Un silence quasi religieux… Les enceintes diffusent le « Jesus’ Blood Never Failed Me Yet » de Gavin Bryars ce qui instaure une atmosphère apaisante. Cela contraste vite avec la violence épileptique que les Belges de Wiegedood nous balance dans la figure et les oreilles lors d’un show de Black Metal sans concession aussi bien au niveau musical que des lights. Le trio, en véritable bâtisseur d’un mur du son, impressionne par son intensité. Je quitte la salle pour mieux apprécier de l’extérieur car en milieu de set, le caisson de basse est beaucoup trop fort et étouffe un peu les autres instruments. Un ami placé tout devant me dira que les retours posés sur le caisson avançaient et reculaient tout seuls, un finissant même sur la scène avec les vibrations. Un groupe bluffant ! L’heure de pause qui suit sera la bienvenue pour nous remettre de nos émotions et nous mettre à l’abri car une petite pluie s’invite au programme et nous fera rater les contes au coin du feu.

    Lien vidéo WIEGEDOOD :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

                Vient le moment de la tête d’affiche. Alors, oui, certains vont râler : « encore un groupe de Black à capuches », « encore un groupe de Black Mélodique comme il en existe des centaines ». Ce n’est pas totalement faux car il est vrai que les Allemands de Groza ne jouent pas la carte de l’originalité en surfant sur cette mouvance très « à la mode » en ce moment. On fait inévitablement le rapprochement avec des groupes comme Gaerea ou Harakiri For The Sky. On peut dire tout ce qu’on veut : qu’on aime ou pas, la formation nous délivre un show ultra carré doté d’un des meilleurs sons (si ce n’est pas le meilleur) de tout le week-end permettant une immersion totale dans leur univers misanthropique et nihiliste. Ils m’ont cueilli et fait voyager durant l’heure qui leur a été allouée. Un des meilleurs concerts de ce Rituel noir.

    Lien vidéo GROZA :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Samedi 3 mai 2025

    C’est sous un soleil et une chaleur estivale que débute cette dernière journée. Nous nous posons dans l’herbe face au cromlech pour écouter Quentin Foureau qui va nous régaler avec trois contes.

    Lien vidéo Qunetin Foureau :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Début des concerts avec les Bretons des Chants de Nihil. Les ayant déjà vus à de nombreuses reprises, je sais d’avance que nous allons passer un bon moment tant ils sont efficaces en live. La formation met en avant son album « Armor » afin de marquer les dix ans de sa sortie dans les bacs. Mais elle n’en oublie pas pour autant ses titres les plus percutants de son dernier album en date tel Le tyran et l’esthète et Ma doctrine, ta vanité devenus des indéboulonnables des setlists. J’avoue qu’un « Dame silence » m’aurait fait plaisir mais c’est juste pour émettre une petite critique (pas objective du tout car c’est mon titre préféré) sur un concert très bon de bout en bout. Je trouve le public assez timide durant la prestation. Peut-être dû à la courte nuit (excès de tartines de houblons ?) ou au soleil qui cogne dur.

    Lien vidéo LES CHANTS DE NIHIL :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Après l’heure de pause, ce sont les Niçois de Darkenhöld qui prennent la scène d’assaut. À un peu plus d’un mois de la sortie de son nouvel album Le Fléau du rocher, le groupe nous fait l’honneur de proposer trois nouveaux titres qui passent facilement l’épreuve du live. Cervantes et sa troupe nous régalent durant cinquante minutes avec leur Black Metal Médiéval qui fait toujours autant mouche. Pour le final, ils font intervenir Quentin Foureau afin d’enrichir un des morceaux de sa verve légendaire. Et cela n’est pas anodin car le conteur a une place de choix sur ce nouvel opus. En effet, l’édition limitée dudit disque contient un livre intitulé Le conte du rocher ainsi qu’un CD ou vous retrouvez la voix du conteur durant quarante-cinq minutes.

    Lien vidéo DARKENHÖLD :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    La suite se passe avec Borgne et le démarrage du set ne va pas se passer comme prévu ; on devine tout de suite que quelque chose ne tourne pas rond au vu des regards que s’échangent les musiciens, jusqu’à ce que le leader, Bornyhake, fasse signe de tout stopper. Il semble que la boîte à rythmes, socle de la musique de la formation, n’est pas audible dans les retours. L’incident est vite réglé et le show peut reprendre instantanément comme si rien ne s’était passé. Le son est massif et met parfaitement en valeur leur Black Metal Industriel froid qui flirte avec la dépression. Une musique ne laissant pas de marbre doublée d’un impact visuel fort. Les musiciens étant recouverts de maquillage noir et de sang. Le guitariste Ombra (dixit Metal Archives) lance des regards aux yeux écarquillés au public comme si une folie passagère venait lui chatouiller le cerveau. Un concert parfait !

    Lien vidéo BORGNE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Les deux heures de repos qui suivent seront l’occasion de se restaurer et de faire bon usage du jeton qui nous a été remis le premier jour lors de la pose du bracelet. Celui-ci nous donne droit à une dégustation d’hydromel au chaudron. Késaco ? Une boisson fermentée à base d’eau et de miel chauffée au feu de bois dans un chaudron et servie à la louche dans notre gobelet. On se partagera un fond de verre à trois car on conduit ce soir. Une curiosité sympathique mais je n’en boirais pas des litres.

    Omegaeternum fait partie des groupes les plus attendus de ce week-end. L’affluence présente pour ce show ne fait que confirmer cette impression. Il faut dire que le line-up a de quoi faire rêver : Sorghal (chant, guitare) et Arawn (guitare), tous deux issus des cultissimes Nehëmah, ainsi que de ÖberKommander666 (basse, chant) et de Sistre (batteur) membres du groupe Les Chants de Nihil. Ici, les corpse paint et les bracelets à clous sont de rigueur dans la plus pure tradition Black Metal. La musique est sauvage et rageuse mais la formation a savamment intégré des passages plus posés permettant au public de souffler avant de se reprendre une nouvelle déflagration violente en pleine face. L’audience extatique assiste religieusement au spectacle. Sans conteste, le meilleur concert du week-end.

    Lien vidéo OMEGAETERNUM :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    La foule migre en masse vers la grosse structure en bois où un périmètre de sécurité a été mis en place tout autour. D’ici quelques minutes, elle sera la proie des flammes. Un petit cortège, parmi lesquels on peut reconnaître des membres de l’orga et des musiciens, arrive progressivement, torches enflammées en main, afin de commettre ce méfait. Quentin Foureau raconte ses dernières histoires pendant que le feu commence à lécher l’édifice. Les flammes se propagent vite et montent très haut dans le ciel de cette nuit noire sous les cris et applaudissements de l’assistance. Effet garanti ! Ce spectacle visuel rappelle une époque au début des années 90, où des églises brûlaient en Norvège.

    Lien vidéo Grand feu :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    Pour ma part, c’est le clap de fin de ce week-end qui a fait office de rampe de lancement de la saison des festivals. Et il n’y aurait pas pu avoir de meilleurs événements pour la démarrer. Je laisse donc la plume à Bruno pour parler du dernier groupe.

    Si c’est une formation suisse, Versatile, qui a eu l’honneur d’ouvrir la journée du vendredi, c’est un autre groupe helvète qui a eu le privilège de clôturer la soirée du samedi et le festival par la même occasion : Bølzer.

    Duo emmené par le guitariste/chanteur Okoi « KzR » Jones et sa drôle de guitare avec sept tirants sur le haut de la tête et quatre tirants dans le bas, ce qui fait tout de même un beau paquet de cordes, les quatre du bas étant doublées.

    L’autre protagoniste, Fabian « HzR » Wyrsch s’occupe de la batterie, et son passe-temps favori semble être de taper très fort pour desserrer les pieds de cymbales ou de micros, ce qui obligera le technicien à intervenir au moins cinq ou six fois durant le concert pour remettre tout cela en place.

    Grosse débauche d’énergie pendant l’heure qui était dévolue au groupe car, en dehors de quelques intros, le public s’est pris un déluge de décibels en pleine face. Intense, par moment dissonant, le chant puissant de KzR ne faisant qu’appuyer l’impression que dégage le Black/Death Metal de la formation : c’est du compact !

    Pour ce qui est des lights, un bleu profond était de mise durant la quasi totalité de la performance. Le duo n’étant pas là pour faire joli mais pour provoquer l’inquiétude, ce n’est pas la déclamation habitée de KzR durant le titre “Aestivation” qui arrangera les choses. Le chanteur gratifiera les spectateurs de quelques mots en français, on salue l’effort, et repartira bien trop vite au goût d’un public qui aurait bien pris dix minutes supplémentaires.

    Lien vidéo BØLZER :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Ce Rituel Noir a tenu toutes ses promesses. Agissant comme une piqûre de rappel pour les nostalgiques des Feux de Beltane et faisant de nouveaux adeptes venus pour la toute première fois en ces lieux. Un grand merci à Gérald Milani, aux Acteurs de l’Ombre ainsi qu’à Vincent pour l’organisation de cet excellent week-end et leur accueil. Merci également à tous les bénévoles ayant œuvré pour le bon déroulement de celui-ci. Ils nous ont permis de vivre dans une petite bulle de bonheur, loin des tracas du quotidien, pendant trois magnifiques journées. Il ne reste plus qu’à espérer que ce Rituel Noir s’installe dans la durée avec une nouvelle édition dès l’année prochaine. On va croiser les doigts très fort !