Étiquette : Mémé Migou

  • Omegaeternum – 1248

    Omegaeternum – 1248

    Genre : Black Metal
    Label  : Van Records
    Sortie : 25 novembre 2024

    Note :  88 / 100 (LB D)
    Note : 95/100 (Mémé Migou)

     

    “Dear disciples of the Great Old Ones, dear offsprings of their greatness ! For over 20 years lost in the Endless meanders of outer space, far from men's Devious existence, worshippers of their own Decline... I've been working, dead but dreaming, on the creation of a new Requiem beyond Light and Shadows. From my cosmic journey, a circle of four hateful bringers of blasphemy has been gathered to bring 8 Symbols of slimy and crawling ocular distorted art so called "black metal", the way it shall be... Today, with malicious pride, we bring you, dear disciples and dear toys, what many of you have been asking for these past two decades. And no one was better suited to bring this nightmare to your innocent ears and to sublimate it than the nonetheless well-known Ludovic Tournier who gave its final form to this new Stone, achieved and erected in 20 years from the Echoes of painful torments. A final shape of a nightmare that has gone through many manifestations... The chaos starts again exactly where it left off... Dear disciples, dear puppets, I have the great honor to introduce you to the new form of an old succubus: OMEGAETERNUM. May the Incantation begin... Spread their wrath!” - Sorghal

    Lorsque les premières rumeurs ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux concernant un retour de Sorghal avec un projet comportant de nombreux points communs avec Nehëmah, cela suffisait déjà à nous mettre l’eau à la bouche. De plus, il avait été annoncé qu’Arawn, ami de longue date et guitariste live du groupe Savoyard, ainsi que Ludovic Tournier, le producteur emblématique seraient associés à ce projet. Si l’on ajoute la relative discrétion du chanteur bassiste Corven depuis 2019 et l’album Deus Sive Natura de Evohé (Il se murmure quand même qu’un nouvel album serait en préparation). Croyez-moi ou pas, mais, on était en droit de rêver, voire même de fantasmer (enfin surtout moi, lol!) sur un éventuel retour presque improbable d’une des légendes du Black Metal français des années 2000

    Alors évacuons le sujet tout de suite, NON, il ne s’agit pas d’une reformation de Nehëmah, mais précisément la naissance d’une nouvelle entité au doux nom de Omegaeternum. Sorghal fera appel à des musiciens chevronnés de la scène nantaise pour compléter sa formation afin d’assurer la section rythmique du groupe. Ainsi nous retrouvons Oberkommander666 à la basse et Sistre à la batterie, deux artistes ayant déjà collaboré ensemble au sein des formations Les Chants De Nihil, Bestial Nihilism et Gotholocaust. Pour en terminer avec les présentations, on notera que c’est au label allemand Van Records que reviendra l’honneur de publier ce premier opus, intitulé tout simplement 1248.

    *

    Avant d’attaquer le vif du sujet, une petite explication historique s’impose autour du concept album et de ce titre plus ou moins énigmatique. 1248, c’est l’année où eut lieu l’effondrement du Granier, montagne qui culmine à 1933 m dans le massif de la Chartreuse et domine la cluse de Chambéry. Un éboulement des marnes situées à la base de la montagne, consécutif à la chute d’une portion de la falaise calcaire, est à l’origine de cette catastrophe. Cette tragédie a enseveli et écrasé un grand nombre de villages et de paroisses, entraînant la mort d’entre 4 000 et 6 000 personnes, enterrées sous les décombres. Bonjour l’ambiance.

    L’atmosphère froide, inquiétante et délétère imprègne l’ensemble de cet album, y compris le morceau d’ouverture intitulé “Ye Incantation”. L’introduction se révèle lente et troublante, les premiers riffs apparaissant progressivement, pour finir par se jeter sur vous. Ces derniers sont similaires, tant dans leur nature que dans l’ambiance qu’ils instaurent, à ceux de “Through The Dark Nebula”, le dernier titre de Requiem Tenebrae, troisième et ultime album de Nehëmah. Ainsi, la boucle est bouclée : Omegaeternum est bien le digne successeur des Savoyards.

    — Ah  ! mon cher LB D, quoi de plus naturel, au final, qu’un éternel recommencement, une histoire perpétuelle, qui se répète, une histoire sans fin, avec un nom tel que Omegaeternum. Peut-être aurons-nous plus d’éclaircissements lors d’une interview, mais on peut laisser notre esprit vagabonder dans les mots. “Je suis l’Alpha et l’Omega, le début et la fin”, raconte une histoire vieille de plusieurs milliers d’années. Omegaeternum, “pour toujours et à jamais”. Tout est dans le tiraillement de la dichotomie du monde. Et comme le dit Sorghal dans son propos introductif : “Le chaos reprend exactement là où il s’est arrêté”.

    Dès les premières notes de « The Endless Quietus », une sensation de lourdeur s’installe, donnant l’impression d’une chape de plomb pesant au-dessus de votre tête. On perçoit une abondance de trémolo picking ainsi que de blast beats. La brutalité est omniprésente tout en conservant une dimension mystérieuse lorsque le tempo ralentit. Il ne fait aucun doute que musicalement, nous sommes profondément ancrés dans les années 1990. Autant vous le dire tout de suite, que la joie et la bonne humeur ne figurent pas au programme.

     “The Devious Deceiver” commence là où s’arrête “The Endless Quietus”. Une légère dissonance apparaît au début du morceau, au fur et à mesure, le tempo se ralentit considérablement laissant la place à une atmosphère pesante, parfois à la limite du Doom. Les riffs de guitares s’assombrissent tandis qu’une voix malsaine surgit de nulle part, accompagnée par les premiers passages de claviers qui se  dévoilent à nous, apportant un aspect plus atmosphérique au morceau. Cette piste est la plus longue, la plus épique et la plus mystique de l’album.

    — Ahhhhh (bis), mon cher LB D… As-tu remarqué sur l’artwork, signé Ritual Art Spirit, tous ces symboles qui ouvrent les portes d’un monde chaotique, celui de notre imagination ou celui d’une explication apportée à un mystère, celui du Mont Granier, par exemple.  Cette lune avec les tentacules, pour commencer. Les paroles de Sorghal en incise, quand il s’adresse à nous, ne laissent que peu de doutes “Dear disciples of the Great Old Ones”…  Rajoutons le titre du premier morceau, qui nous place dans le mode incantatoire, que l’on retrouve avec ces voix fourmillantes. On comprend vite où l’histoire veut en venir : l’éboulement du Mont Granier n’est certes pas sans lien avec le culte des Grands Anciens, couché originellement sur papier par Lovecraft. 

    Après, on ne peut nier que les symboles y soient nombreux. Déjà le logo en lui-même, que l’on retrouve presque entre les mains de ce grand prêtre, un coeur très vulvé par où s’immisce un serpent. Je ne vais pas te faire un dessin, tu auras compris l’allusion. Et comme médaille au cou de ce personnage central, l’arrière-plan stylisé, c’est-à-dire un faisceau de sommets montagneux. Mais tu vois, Sorghal mentionne 8 symboles… Penses-tu que ces 8 symboles se retrouvent déjà dans l’artwork ? Bien entendu, on ne va pas jouer les naïfs, nous avons 8 pistes… 

    Au fait… la symbolique du chiffre 8, c’est bien l’infini (mets-le sur le flanc…) et le renouveau. Aussi l’équilibre, paraît-il… 

     “1248 The Symbols Swallower” constitue le premier des trois volets consacrés à l’effondrement du mont Granier. On observe une plus grande diversité dans les voix et d’un clavier à la fois sinistre et omniprésent, s’enchaînant directement sur le court instrumental faisant office d’interlude. 

    Intitulé “1248 The Silent Tears of the Stone Giant”, il se compose exclusivement de rythmes de batterie lancinants et d’un son singulier émanant des claviers. Les tempi s’accélèrent à nouveau pour la troisième partie du triptyque. L’alternance des chants se fait remarquer, oscillant entre le rauque et le crié. Bien que la première section soit rapide, la deuxième est plus modérée, marquée par l’apparition d’une voix claire sortie tout droit d’un office religieux voire d’un rituel de magie noire. Cette voix s’harmonise parfaitement avec le puissant son d’une double grosse caisse, créant ainsi l’un des passages les plus marquants de l’album.

    Cet enregistrement comprend également deux autres pavés d’une durée approximative de quinze minutes chacun, intitulés “My Inner Decline » et « In Outverse Slumber », et qui viennent conclure cet album. Bien qu’ils présentent un certain intérêt, ils s’inscrivent dans la continuité des œuvres précédentes, épiques, mélodiques, mais toujours dans cette atmosphère angoissante. On notera tout de même, ce final qui nous rappelle le Black Metal Orthodoxe de Batushka (pour ne citer que lui), avec ses chants liturgiques, cette voix rocailleuse et ces nappes de synthés. Ce passage crée un climat tout particulier semblable à celui d’une période de deuil et de recueillement. Si je dois émettre une petite critique, c’est précisément la durée de ces deux titres qui me pose problème : ils sont beaucoup trop longs, on a du mal à rester concentré jusqu’à la fin et on finit par se lever de son canapé pour faire autre chose. À mon humble avis, ils auraient mérité d’être raccourcis afin de captiver l’auditeur jusqu’à la fin, évitant ainsi toute impression de monotonie.

    — Ahhhh (ter), mon cher LB D permets-moi de m’inscrire en faux, tout du moins en contre. En ce qui me concerne, je me suis laissée embarquer dans cette aventure avec délectation. Je n’ai pas eu once d’ennui ou de déconcentration. Au contraire, dès la première écoute, je me suis dit que cette œuvre ne se laisserait pas facilement apprivoiser, et qu’il m’en faudrait de nombreuses autres pour tout appréhender. Et plus on met le bout de l’oreille dans cette cérémonie, plus on découvre de petites choses restées secrètes, discrètes ou passées sous silence par une attention occupée par d’autres aspects de la musique ou de l’œuvre. 

    *

    Au premier abord, cet album peut paraître fastidieux et linéaire, je conçois qu’il puisse en fatiguer plus d’un. Cependant, ces impressions seront vite balayées si vous persévérez dans le nombre d’écoutes et c’est seulement après que vous allez prendre conscience de toutes les subtilités que renferme ce 1248, hormis le petit reproche mentionné un peu plus haut. Cet album, je le trouve relativement bien équilibré, cohérent, oscillant entre des passages brutaux et des moments de tranquillité pour le moins sinistres. Il offre également de nombreuses montées en puissance imprégnées d’occultisme et de mysticisme. En exécutant des riffs froids et glaciaux selon leur propre philosophie du Black Metal, les musiciens parviennent à se forger une identité qui leur est propre, et ça, ce n’est pas donné à tout le monde. 

    Je reste persuadé qu’à l’avenir, Omegaeternum gravira aisément la montagne qui les emmènera vers les sommets du Black Metal français.

    — Pour ma part, c’était la révélation de cette fin d’année…  

    Tracklist : 

     01 – Ye Incantation

     02 – The Endless Quietus 

     03 – The Devious Deceivers 

     04 – 1248: The Symbols Swallower

     05 – 1248: The Silent Tears of the Stone Giant

     06 – 1248: Echoes from the Depths

     07 – My Inner Decline 

     08 – In Outerverse Slumber 

    Line-up : 

    Sorghal – Chant, Guitares, Claviers 

    ÖberKommander666 – Basse 

    Arawn – Guitares (solo) 

    Sistre – Batterie

    Liens : 

    https://omegaeternum.bandcamp.com/album/1248

    https://www.facebook.com/OMEGAETERNUM

  • Live Report – Frozen Night 15

    Live Report – Frozen Night 15

    Aetheria Conscientia+Movrir+Limbes
    31 Janvier 2025
    Cold Crash (Rezé, 44)

    Texte et Photos : Mémé Migou

    Les 6, 7 et 8 juin prochains, pour ses 5 ans, Frozen Records vous propose son Frozen Fest au Ferailleur, à Nantes (44). 3 Jours de concerts à vous faire baver. Et s’il faut encore vous donner envie, lisez donc ce report d’une Frozen Night, qui a eu lieu le 31 janvier dernier à Rezé (44), au Cold Crash. Montons dans la Delorean et retournons quelques mois en arrière.

    *

    Zwizwizwizwizwiiiiiiiii *bruit d’un rewind*

    Fin janvier 2025, c’était notre premier concert de l’année. Et pas n’importe lequel, puisque sur les 3 propositions, l’une était le coup de cœur de ce début d’année pour Mémé et l’autre, celui de la fin 2024 pour LBD. Et ce dernier avait vanté le lieu, qui plus est…

    Eh oui ! Le Cold Crash n’est autre qu’une salle de concert attenant à la brasserie Nautile. Et croyez en la Mémé Migou, la bière, là-bas, est pur nectar. La triple est simplement un délice. Et vous savez quoi ? Cerise sur le gâteau, l’hôtel est à 200 mètres…

    Premier concert et donc aussi la première fois que je découvre cet endroit. J’avais un peu peur, en prenant le couloir étroit, de me retrouver dans une salle minuscule au son très moyen. Il n’en est rien. Bien sûr, on n’est pas sur une salle de la taille d’un Arena, ni même d’une SMAC, mais tout de même, elle a une bonne taille et surtout un son propre quel que soit l’endroit où on se trouve ; Ce qui est plutôt une bonne chose quand on aime (ou on finit, à force de faire des photos, par aimer) squatter le devant de la scène.

    La scène n’est pas hyper surélevée et l’ambiance très sombre et enfumée. Je n’en suis pas étonnée. Je commence à régler mon appareil tout en me disant que ça allait être compliqué d’avoir autre chose que des ombres chinoises. Et c’est à ce moment là que, comme si de rien était, une personne seule sur scène, juste en kilt et en guitare, lance le premier set de la soirée. C’est parti pour la 15ème Frozen Night…

    Limbes

    Seul en scène, Guillaume Galaup offre ses tripes comme une offrande à Achlys ou toute autre divinité de la tristesse et de la mort.

    « Quand le brouillard enlise l’âme,
    La peinture fane plus vite
    Que les pétales d’un hiver
    Aussi dru qu’un pied de pilori. »*

    Limbes est un one man band, fort de 2 albums et d’un split avec Mütterlein. Alors oui, il est seul à tout faire et non il n’a pas fait appel à d’autres musiciens pour le soutenir en live. Il est seul et il assume. Certes, certaines choses seront enregistrées, comme la batterie. Mais dans ce cas de figure, ce n’est pas dérangeant.

    « Quand les pensées ne sont qu’infâmes,
    La mélodie est une pluie
    Qui se meut comme les vers
    De bruits d’un fade infini. » *

    On a, au travers de ces volutes tenaces de fumée, dans ces ambiances entre le bleu glacial d’un hiver éternel réchauffé de quelques lumières lie-de-vin, comme autant de tâches de sang qui s’étalent comme des pétales d’une fleur figée par le froid, une personne derrière un pied de micro, le crâne rasé ou presque, qui hurle sa fragilité jusqu’à nous en transpercer les os.

    J’ai… beaucoup… aimé.

    Ah oui… Liernes a été chroniqué sur Memento Mori Webzine par Seblack. Retrouvez ici son papier : Limbes – Liernes (2024) – Memento Mori Webzine

    * « Buffet Frigide, » Liernes (2024) – Limbes

    Galerie Photos de Limbes : 

    Movrir

    C’était mon coup de cœur de ce début d’année. Un black Metal teinté de noise pour un rendu assez raw. N’hésitez pas à retrouver la chronique qui gît dans les colonnes de Memento Mori Webzine ( Movrir – Insolence – Memento Mori Webzine )

    On passe ici d’un set de Black Metal Atmosphérique immersif à un Black Metal bien plus rocailleux et quelque part plus audacieux. Moins intensif ? Que nenni ! Ma crainte était de ne pas retrouver en live ce que j’avais ressenti sur les pistes du dernier opus, Insolence. Je n’ai pas été déçue.

    Le set tant attendu a tenu ses promesses. Je me suis ruée sur le merch à l’interscène. Pour dire tout le bien que je pense de cet album et pour me rhabiller d’un joli t-shirt noir avec tout simplement le logo du groupe.

    Movrir sur scène… Dalida en rêvait, et c’est moi qui l’ai vécu… Tout un art…

    Galerie Photos de Mourir :

    Aetheria Conscientia

    Là, c’est mon covoitureur, LBD, qui frétillait d’avance. Il était là pour ce groupe, qu’il a chroniqué ici : Ætheria Conscientia – The Blossoming – Memento Mori Webzine . Coup de cœur 2024. Album de l’année. Rien que ça !

    C’est en allant faire une petite virée à Nantes, et plus spécifiquement dans les locaux de Frozen Records, qu’un certain Paul, lors de la vente, lui a glissé un autocollant d’un groupe pas franchement connu de notre LBD, Aetheria Conscientia. Il l’avait alors mis de côté, pour s’y intéresser plus tard.

    Plus tard… Ah ! Il s’en est mordu les doigts, notre LBD, tant il en est resté sur le cul.

    Alors, aurons-nous sur scène le saxophone ? Allons-nous retrouver toute la folie expérimentale de ce Black Metal décomplexé ?


    Eh bien oui ! OUI ! Malgré la petite coupure de son au début du set qui n’a en aucun cas affecté la qualité de la prestation du groupe, l’intégralité des morceaux du dernier album The Blossoming est interprétée ce soir, et bien entendu le saxo est au rendez-vous. Sonorités extrêmes alliant des touches de Metal Progressif. On a un Paul Breheret qui arpente la scène de long en large, retournant à sa percussion régulièrement.

    Quand on lance un regard vers le reste de la salle, quand on voit les têtes bouger de haut en bas en un OUI collectif, quasi mystique, on peut se dire que le pari est plus que gagné.

    Galerie Photos de Aetheria Conscientia : 

    On a, ce soir du 31 janvier 2025, passé une soirée magique où tous les ingrédients étaient présents pour régaler nos papilles auditives et notre immersion sèche en terres brumeuses du Black Metal protéiformes.

    Ffziouw Ffziouw Ffziouuuuuuuwd… * Bruit d’un FFWD pour un retour au présent *

    *

    Voilà… Nous avions partagé galeries photos, Chroniques, mais aussi l’interview de Paul, l’un du duo Frozen Records (et chanteur de Aetheria Conscientia au passage) – à retrouver ici : Interview – Frozen Records – Memento Mori Webzine .


    À la veille du Frozen Fest, une petite touche de rappel pour mettre l’eau à la bouche n’est pas superflue. Alors, tous à vos préventes, les places vous attendent !


    Lien vers l’event : (1) Frozen Fest 2025 | Facebook

  • Interview – Ar Vran Fest III

    Interview – Ar Vran Fest III

    Interviewé : Kobal /Ar Vran Fest
    Interviewers : Séb D. et Mémé Migou / MMW

    Crédit musical dans la vidéo : Equilibirum (tête d’affiche du samedi) – « Gnosis » (2024)

    Vous avez des envies de Black Atmo, de Pagan et de Folk Metal ?

    Vous aimez les marchés et artisanats médiévaux ?

    Vous faites quoi les 5 et 6 juillet prochains ?

    Si vous ne savez pas, j’ai une petite idée à vous suggérer :

    Ar Vran Fest III

    Et si vous souhaitez en savoir plus, Kobal, son créateur, vous en parle dans cette interview qu’il nous a accordée :

    Quelques liens :

    Accueil

    https://www.facebook.com/events/477540778510272/

    https://www.helloasso.com/associations/ar-vran-productions

  • Live Report – Metal Noz II

    Live Report – Metal Noz II


    Metal Noz II
    (Skol Diwan Gwenrann)
    15 Mars 2025
    Espace La Fontaine (Assérac – 44)

    Texte et photos : Mémé Migou
    Vidéos : Bruno Guézennec

    C’est qu’on en a fait, du chemin, l’ami Bruno, ma p’tite voiture bleue et moi-même, en ce samedi de mi-mars. Et en plus, on l’a fait de bonne humeur, avec le plaisir d’aller retrouver Killian et Romain (de l’association de parents d’élèves de l’école Guérandaise du réseau Diwan – pffffff quelle phrase ! Je respire enfin). Ah non.. Je dois encore rajouter une petite info : le plaisir de les retrouver puisque nous avions, quelque temps auparavant, fait l’interview du duo organisateur. Envie de vivre ce moment de partage et de soutenir cette belle initiative. Et croyez-moi que pour sortir le papy du Léon qu’est notre Bruno, il faut qu’il soit motivé !

    Je viens juste de parler d’un duo organisateur, mais vous avez compris qu’il s’agit de tout un réseau qui se retrouve aux manettes de cet événement. Alors, cela peut paraître couillu, un festival Metal pour remplir les caisses d’une association de parents d’élèves, eh bien pas tant que ça… Souvenez-vous, le Samaïn Fest n’est autre qu’un festival Metal organisé par… par… je vous le donne en mille : une APE Diwan !

    Le Metal Noz en est à sa seconde édition. Celle de 2024 avait terriblement bien fonctionné, galvanisant les foules et les parents. Mais pas que ! Puisque j’y ai vu professeurs et directrice de l’école en question. Bravo pour l’ouverture d’esprit.

    Pour cette année, le lieu a été délocalisé à Assérac. Un peu plus grand, avec une cour extérieure permettant d’y installer les barnums pour les galettes-saucisses et autres douceurs made in Bzh. Dès l’entrée, sur notre gauche se trouvait le petit marché, avec des artisans de qualité et même la possibilité de se faire tatouer. J’ai terriblement hésité à acheter le superbe collier en cuir rouge pour toutou… Je n’ai pas de chien…

    Et de l’autre côté, dans la salle à notre droite, tout au fond, la scène. Du coup, on va peut-être entrer dans le vif du sujet, vous ne croyez pas ?


    Autant mettre les pieds dans le plat de suite. La salle était plus grande, il est normal que l’on puisse se dire qu’atteindre la jauge maximale serait un doux vœu. De fait,il m’a semblé que la salle avait du mal à se remplir. Malgré tous les efforts déployés par l’organisation, la publicité qui a pu être faite etc, je trouve foncièrement dommage que les Metalheads du coin ne se soient pas plus mobilisés. Attention, il y avait du public, n’imaginez pas le contraire et je pense que les frais ont pu être résorbés avec les entrées. Mais… Bordel, un après-midi de mars, avec pas moins de 8 groupes pour une somme très modique qui ira dans les poches d’une APE… Vraiment, je ne comprends pas les Metalleux qui viendront ensuite pleurnicher qu’il n’y a jamais rien dans leur coin ! Voilà, le coup de gueule est passé, Mémé prend sa p’tite camomille et poursuit son récit.

    L’ambiance ultra familiale (avec enfants casqués), des personnes de tous âges et horizons, vraiment j’en ressors avec le sourire de qui a passé un moment entre amis. Et des potes, on en a croisés… C’était fun d’échanger quelques tacles amusés avec Nicolas de Thrashocore, entre autres personnes.

    C’est vers 15h30-16h que le premier groupe a pris possession de la scène.

    Vermoth

    La grande muette, c’est le doux sobriquet de l’armée. La grande mouette, c’est à Brest (si vous en doutez, allez donc écouter cette chanson mythique que tout candidat au BAFA se doit d’apprendre « Moumou la reine des Mouettes »). Et la grande inconnue (non ce n’est pas en math), elle revient à Vermoth.

    Lors de notre interview, Romain et Killian nous avaient avoué ne connaître Vermoth qu’à la faveur du seul titre qu’ils ont lâché sur Youtube. Vous l’aurez compris, c’était la surprise presque totale. Tout ce qu’on pouvait lire de Vermoth, c’était sa mention de « groupe Metal ». Pour un festival Metal, c’est quand même mieux, me direz-vous !

    On imagine donc aisément un jeune groupe, un peu vert… Bien… Voilà donc Vermoth sur scène. Et du vert, il y en a dans le logo du groupe. Mais en toute sincérité, j’ai été épatée par leur proposition. Ça groove, il y a des plans techniques, on sent que derrière il y a de la réflexion et du travail. Peut-être même de l’XP, comme disent les rôlistes. Sur scène, c’est carré et on sent l’ombre de SOAD planer sur les compos.

    Un moment rafraîchissant, mais qui déjà nous place dans les pas du Death Metal bien lourd qui arrive.

    « J’ai trouvé pas mal. J’ai été surpris par le son. Ça me faisait un peu peur d’écouter du Metal ici. Je connais la salle, et je suis très étonné par la qualité du son. Je n’ai pas écouté tous les morceaux du groupe car je suis arrivé en cours et je faisais attention à mon enfant. Mais oui, bien. J’ai entendu plein d’influences différentes. Intéressant. » – Brieuc

    Galerie photos de Vermoth :

    *

    Crocodeath

    Ahhh… Crocodeath… Vous ai-je déjà parlé de la Breizh Death Metal Party, qui a eu lieu le 1er février au Le Thy’roir à Ploërmel ? Non ? Ah mais oui, suis-je bête, je suis en retard dans mes live reports, ça va arriver… Mais du coup, je vais un peu spoiler : J’ai découvert Crocodeath ce soir-là. Et j’ai pris une belle claque. C’est lourd, c’est assumé, ça assène des riffs Death old School comme autant de leçons qu’ils t’infligent.

    Et pour cette fessée, ils sont 3. Un putain de trio qualitatif… Avec au chant le premier guitariste chanteur de l’excellent groupe Yyrkoon. Tout de suite, ça place l’ambiance et le niveau. Pour autant, bassiste et batteur ne sont pas en reste. Croyez-moi, Crocodeath est un nom à retenir. Juste un EP à leur actif, qu’ils défendent sur scène de façon décontractée et pro.

    Rajoutez à cela le petit gimmick « dansé », celui du piétinement crocodilesque et vous avez un set qui illumine votre visage d’un sourire qui sous-titre « mais c’est bon, ça ! ».

    C’est donc la seconde fois que je les vois. Ils confirment la première bonne impression que j’avais eue. Un set excellent – où je déplore le son de la caisse claire un chouïa trop claire pour moi – qui amène le premier Wall of Death.

    « C’était très bien. J’ai adoré. Le groupe était bien. Le son était bien. Le seul point, c’était un peu tôt. Je suis pas encore assez dans l’ambiance pour aller devant la scène. Mais c’était vraiment très bien » – Alan

    Galerie photos de Crocodeath :

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    Incinerator

    Non mais qui vois-je sur scène ? Ne serait-ce pas l’un des organisateurs du festival ? Mais oui mais oui, j’ai bien vu un Romain !

    Bon, d’accord, je ne vais pas jouer l’étonnée, je le savais et de fait, j’attendais de les voir. Avec Incinerator, on passe dans le côté obscur du Thrash Metal. Ou plutôt le côté lumineux du Metal, laissant au Black l’obscurité dont il aime se parer… Tout est question de point de vue. Mais laissons ces considérations de côté et retrouvons le quintette du 44, avec une bassiste et une batteuse !

    Je ne connais pas tant que cela le Thrash Metal, je dois bien l’avouer. Cependant, ce que je vois sur scène, ce sont 5 personnes qui se connaissent, qui prennent un plaisir fou à jouer ensemble et qui arrivent à nous le recracher dans des morceaux bien acérés. Tout le monde semble relax, cool, signe d’un travail en amont pour en arriver à cette facilité.

    Quand on parle de côté lumineux du Metal, c’est bien sûr les riffs qui rentrent tout en s’envolant. Exit la lourdeur du Death Metal. Ici, on cherche des solutions, on envoie du pâté et on kiffe. Un big up au chanteur qui tient la scène de main de maître.

    Galerie photos de Incinerator :

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    Repurgator

    Je pourrais vous refaire la même que pour Crocodeath, savoir « ahhhhh… Repurgator… ». Ici aussi, ce n’est pas la première fois que je les vois sur scène. La première remontant à la release party du dernier album de Circle Ov Hell. Et si on creuse, on pourra aussi se dire que certains membres, j’ai également pu les voir dans d’autres formations (Elisirius au Samaïn Fest, par exemple).


    En septembre dernier sortait leur premier album, Fovea Inferno, signé chez L’Ordalie Noire, dont vous pourrez retrouver la chronique sur notre site. Et le peu que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont le vent en poupe. Le public les suit et depuis septembre, les scènes où j’ai pu les voir les font grandir à chaque fois.

    C’est donc un groupe assez jeune, mais à la volonté acérée qui vient délivrer son Death Metal devant un public qui peine à bouger. Pour autant, et malgré quelques petits soucis, notamment sur le dernier morceau, les 5 gars réussiront à embarquer le public. Et notamment Nicolas de Thrashocore, réellement sous le charme. Écoutez ce qu’il en dit :

    « Malgré les petits pépins techniques – mais ça arrive à tout le monde – ça groove tellement… C’est du Cannibal Corpse en plus groovy. Et en plus, ils sont sympas. »

    Galerie photos de Repurgator :

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    Brokenheads

    Allez, hop ! Retour vers un Metal plus Thrashisant, s’il vous plaît !

    Ça ne vous est jamais arrivé de croiser une personne et de vous dire : « on se connaît, non ? ». Et vous cherchez, vous cherchez… Mais ça ne revient pas. Mémé et ses pertes de mémoire, mazette ! Car c’est ce qui lui est arrivé… Sur scène, l’un des guitaristes, Mémé l’avait déjà croisé, mais dans une toute autre aventure, celle d’un clip… (enfin, je crois, j’ai encore quelques doutes). Par contre, ce qui ne fait plus un pli, c’est que désormais, c’est fixé : il joue dans Brokenheads !

    À la batterie, on retrouve Céline, pour qui ce sera le dernier concert avec la formation. Une fois annoncé, une petite émotion est palpable.

    Le groupe va essentiellement jouer leur dernier (et premier, par la même occasion) album, « Waiting for the End », dont l’artwork magnifique est signé Laurent Fièvre. Mais ils proposeront quelques nouveaux morceaux dont le dernier qui va déclencher headbangs dans le public. Cassage de nuques de vue !

    Galerie photos de Brokenheads :

    *

    Tanork


    Tanork, ou le petit groupe qui monte qui monte qui monte…

    On commence à connaître la chanson, enfin ma chanson : Tanork, j’ai eu l’occase de les voir, notamment à la Breizh Death Metal Party à Ploërmel. J’avais également chroniqué leur album, en son temps. Tanork, dans le cadre de ce festival en faveur du réseau Diwan, était une évidence même, puisque les jeunes qui composent le groupe en sont issus, même s’ils sont plutôt région rennaise. Cette année 2025 (et rajoutons 2024) est véritablement l’année de leur explosion. Vous pourrez les retrouver à l’affiche du Motocultor , ainsi que sur la Hellstage et au Muscadeath !

    Leur particularité, hormis d’avoir des compositions Death très efficaces, est d’avoir des lyrics en breton. Ah ça, on est Diwan ou on ne l’est pas ! Mais… je me dis que tout le monde ne connaît peut-être pas le réseau Diwan. Explications : ce sont des établissements associatifs laïcs, gratuits et ouverts à tous, sous contrat avec l’Education Nationale, qui proposent un enseignement du primaire au secondaire en immersion totale dans la langue bretonne. Ces établissements sont gérés bénévolement par des associations d’éducation populaire, et ont donc besoin de soutien, notamment financier, pour pouvoir développer des projets.


    Tanork, malgré la grande jeunesse de ses membres (d’ailleurs d’un duo, ils sont passés au trio) et la création du groupe en 2020, a déjà un EP et un album à son actif. Ils ne chôment pas, c’est le moins que l’on puisse dire. Se partageant le chant, Melaine et Efflam savent comment emmener le public. Ils se démènent sur scène, mais cela ne semble pas être un souci, plutôt un way of life. Et dans la salle, ça répond ! Les premiers slams arrivent. Il faut dire qu’ils ont leur fan base !

    Tanork, c’est d’une efficacité redoutable, façon Death US ! Ne les ratez pas lors d’un passage sur scène, ils vont vous en mettre plein la vue.

    Galerie photos de Tanork :

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    Nervous Decay


    Ahhhh… Nervous Decay… Mais non, je ne vais pas recommencer, c’était pour la blague. Cependant, je peux tout de même annoncer les avoir déjà vus, il n’y a pas très longtemps, lors de la Release party de Circles Ov Hell… Et pour vous dire si j’ai apprécié ou non, je vais simplement mentionner le fait que je me suis ruée sur leur merch pour acheter leur album.


    À la croisée des chemins, Nervous Decay propose du Death Metal que certains pourront dire mâtiné de Thrash, quand d’autres vont avancer le côté technique du Death, sans toutefois tomber dans du Tech Death tel qu’un Vitriol peut le concevoir. Vous l’aurez compris, Mémé est fan ! Et je suis toujours scotchée par la présence scénique du bassiste (vous irez vous replonger dans les live reports où on retrouve Nervous Decay, Cryogenical Excision…)

    C’est à une machine de guerre bien rodée qu’on a affaire. Ce sera sans concession. Ils connaissent leur métier, ils savent ce qu’il faut faire pour déclencher chez le public de quoi pogoter ou slamer.

    Peut-être l’aurez-vous remarqué, mais lors de la première annonce de l’affiche de ce Metal Noz 2, il y avait Joël BatS qui devait intervenir. Ayant déclaré forfait très peu de temps avant, c’est donc Nervous Decay qui a pris la relève, non pas au pied levé, mais pas loin.

    Galerie photos de Nervous Decay :

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    CHOUCH’N MOLOTOV

    Du forfait de Joël BatS, CHOUCH’N MOLOTOV prend la tête d’affiche. Ils nous promettent un verre de Chouchen à la fin du set, qui sera assez court. Ce qui n’est pas anormal, vu qu’on est sur un set de Punk/HxC… Ça envoie, ça en bouche un coin, ça embouche nos « ah ! », « oh ! » et autres « yeah ! ».

    Du Chouchen en cocktail survitaminé. Ça n’a pas fait un pli. Certes, il ne restait plus beaucoup de monde sur cette fin de festival. Il était assez tard… Et de nombreux bénévoles étaient partis se reposer pour assurer la journée du lendemain, moins Metal like. Malgré tout, les warriors restés jusqu’au bout ont pu boire cul sec le punk crossover qu’ils nous servent de façon très énergique.

    Riches de 2 EP, le 3ème sort en juin. On a hâte d’entendre ça. En attendant, on reste avec les images du set qu’ils nous ont proposé. Et croyez-en Mémé, CHOUCH’N MOLOTOV, ça vous immerge et submerge !

    Galerie photos de CHOUCH’N’MOLOTOV :

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    Voilà, il est temps pour Bruno et moi de retrouver notre voiture et rentrer en terres Finistériennes. C’était un sacré bon moment, dont on repart avec chacun une bouteille de Metal Noz, une bière spécialement brassée pour l’occasion. De petits festivals de la sorte, on rêve de les soutenir. Alors vous devriez tous faire de même !


    Bravo Romain, Killian, tous les bénévoles et l’équipe Skol Diwan Gwenrann. Ce fut un plaisir ! À l’année prochaine ?

  • Interview – SALACE

    Interview – SALACE

    Interviewés : Jay et Vince / Salace
    Interviewers : Manu (HoM+MMW) et Mémé Migou

    Crédit musical : SALACE – « Icarus », album Dragged into Rot
    Crédit vidéos : Manu (Humans of Metl et MMW)

    1 Mois après la sortie de leur album « Dragged into Rot », Jay et Vince du groupe de doom/sludge SALACE, nous offrent l’opportunité d’échanger autour de l’album,… mais pas que !

    Leur passé musical, la scène, la musique une histoire d’amis avant tout, leur manière de composer et bien entendu le sempiternel conseil memento mori… Voilà, entre autres, ce que vous pourrez découvrir dans cette interview, émaillée de quelques extraits de leur live au WE METAL Fest, en avril dernier.

    Quelques liens pour retrouver l’actu de Salace :

    https://www.youtube.com/channel/UCAQswl4dLICsD_ATtK3R1Ug

    https://salace.bandcamp.com/

    https://www.facebook.com/Salaceofficiel

    https://www.instagram.com/salaceofficiel

    Lien vers la chronique de l’album : Salace – Dragged Into Rot (2025) – Memento Mori Webzine

  • Live report – Formoraich+Mezel+Arkaist

    Live report – Formoraich+Mezel+Arkaist

             Formoraich + Mezel + Arkaist
             Le Pavillon Noir 
           Lampaul-Guimiliau (29)
                    Samedi 29 mars 2025        

     Texte : LB D
         Photos : Mémé Migou
       Vidéos : Bruno Guézennec

    Ah, je l’attendais avec une grande impatience cette petite soirée  entièrement dédiée au Metal Noir ! Petite soirée organisée par l’association Penn Ar Stourm avec trois groupes bretons à l’affiche : les Rennais d’Arkaist, les Costarmoricains de Mezel et les Finistériens de Formoraich. Et cerise sur le gâteau, elle a lieu au Pavillon Noir à Lampaul-Guimillau ; autant vous dire que je jouais à domicile ce soir-là.

    *

    J’effectue un léger détour par le centre de Landivisiau afin de récupérer trois black metalleux venus de la région parisienne (bravo à eux d’avoir fait le déplacement), nous arrivons à la salle aux alentours de 20h. Cela me laisse le temps de saluer quelques habitués qui attendent bien sagement l’ouverture des portes, et de rejoindre l’équipe de Memento Mori, à savoir Mémé Migou, Seb D et Bruno G. On rentre dans la salle tous ensemble afin de se mettre au chaud et fidèles à nos habitudes, de se désaltérer le gosier avant le début des festivités. 

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    Arkaist :

    C’est Arkaist qui a l’honneur d’ouvrir le bal devant un auditoire d’environ soixante personnes. Je suis un peu déçu de l’affluence, pensant qu’une telle affiche aurait au moins attiré une petite centaine de spectateurs. Que cela ne tienne, nous avons assisté à une très bonne soirée, et pis tant pis pour les absents. Les ayant vus quinze jours auparavant, je savais à quoi m’attendre. En réalité, la seule interrogation qui me préoccupait était de savoir s’ils allaient interpréter les morceaux dans le même ordre que sur l’album, comme cela avait été le cas à Querrien.

    Ça démarre tout comme, après une courte intro, c’est “Aube Noire” qui ouvre la soirée, enchaîné directement à “Ode à la Haine”, ça y est, je suis fixé, les titres défilent dans l’ordre. Le son est bon, ça ne m’étonne pas, je n’ai jamais été déçu dans cette salle à ce niveau-là. Faut dire que Mick, le boss de cet établissement, en connaît un rayon en matière de sonorisation. Les premières notes de “Prophète du Sang » se font entendre, pas un mot, pas un sourire, aucune émotion n’est palpable. Déjà trois titres de passés, purée, ça défile à une vitesse ! Le groupe est en place, ça joue bien, c’est puissant, racé. Maeror vocifère sa rage, soutenu de temps en temps par Gwenc’hlann An Teñval. 

    Les musiciens demeurent statiques un court instant ; bon, la logique voudrait que ce soit “Terre Ancestrale” : bingo, c’est “Terre Ancestrale”. Ils entonnent le chant quasi militaire, ce qui nous offre un moment de répit, et je me surprends à chanter avec eux cet hymne à la gloire de nos ancêtres. C’est à ce moment précis que je me rends compte que je le connais par cœur, cet album : faut dire que je l’ai bien poncé pour ma chronique sortie quelques jours auparavant. Les musiciens concluent le morceau de la même manière qu’ils l’ont débuté, immobiles et droits dans leurs bottes ; cela constituera notre deuxième et dernière pause. Car, aussitôt on replonge corps et âme dans un moment de pur Black Metal avec “Anachorète” ; normalement, y’a le break au milieu du morceau. Yes, ça passe crème, ils le font tranquille avant de terminer en trombe ! Je les attends au tournant sur “Linceul D’éther”, avec sa partie finale un peu délicate tout en spoken words. Mais Maeror s’en sort plutôt bien : je dirai même plus, il l’a bonifié en prenant sa voix la plus rocailleuse au possible, il a rendu ce passage encore plus noir, plus sombre. 

    Tout le monde ne le sait pas encore mais, moi, je le sais que “Puer Aeternus” est le dernier morceau : profite Didier, c’est ton préféré. Aargh ! Cette mélodie en fond sonore, ces accélérations et son finish… Purée, je ne m’en lasserais jamais. Les dernières notes se font entendre, voilà c’est fini, les musiciens posent leurs instruments et s’en vont comme ils sont venus, sans un mot, sans un au revoir. Put…, on vient d’assister tout simplement à une leçon de Black Metal old school.

    Setlist :
    –  Aube Noire
    –  Ode à la Haine 
    –  Prophète du Sang 
    –  Terre Ancestrale
    –  Anachorète 
    –  Linceul d’Éther 
    –  Puer Aeternus

    *

    Mezel : 

    Autre salle, autre ambiance avec Mezel et son Black Death Sympho qui aura la lourde tâche de succéder à Arkaist. La branche complètement à l’ouest de Memento Mori connaît bien les costarmoricains, on les suit depuis leur début et leur premier concert au Saltimb’Arts à Merléac. Au fil des concerts, on les a vus progresser, franchir des paliers les uns après les autres, jusqu’à ce fameux concert en tête d’affiche à Saint-Brieuc dans le cadre de la soirée “Les Studios partent en Live” dans cette bonne vieille salle de Bonjour Minuit en janvier 2024. Ce soir-là, Mezel s’était surpassé autant sur le plan musical que scéniquement, et restera à ce jour, pour moi, le meilleur concert donné par la formation.

    Dès les premières notes, fidèle à sa réputation, David, vêtu de sa soutane de prêtre maléfique, commence à gesticuler dans tous les sens ;  il en sera de même tout le concert. On remarque d’entrée de jeu que les instruments sont mis en valeur par l’élément déterminant d’un bon concert : le son. Indispensable dans ce style de musique, notamment au niveau des claviers quand ils sont chargés de donner de la profondeur à vos compositions, défaut qu’on a souvent reproché à Mezel par le passé mais, ce soir, c’est parfait.

    Je l’avais déjà constaté à Querrien, mais certaines compositions ont été retravaillées, réarrangées au niveau des riffs de guitares et du son de basse. C’est désormais plus clair et plus limpide, elles ont gagné en efficacité : faut dire aussi que Jeff y participe grandement en assurant le tempo tel un métronome et martèle ses fûts comme jamais. 

    Mais nos yeux n’en ont que pour la prestation de David au chant, il l’aura encore démontré ce soir en véritable bête de scène qu’il est. Je le trouve particulièrement très en voix, alternant avec brio le growl et le chant typiquement black, avec toujours cette faculté d’être complètement investi et possédé par son personnage. Il fait chaud et contrairement à Querrien, la soutane en fait les frais et tombe à terre après seulement quelques morceaux. Il terminera d’ailleurs le concert torse nu, petite habitude qui s’était un peu perdue ces derniers temps. Nous avons également eu le plaisir d’entendre un nouveau titre intitulé “Au Seuil Des Mondes”, qui a su passer aisément l’épreuve de la scène.

    Après une heure de performance, le concert s’achève en apothéose avec le morceau « La Part Du Diable », les retours sur la prestation de Mezel sont largement positifs. En tout cas, chez Memento Mori, nous sommes tous d’accord pour affirmer que ce fut leur meilleur concert à ce jour. Le concert de Saint-Brieuc est désormais relégué au second 

    plan. Dorénavant la référence sera celle-ci, au Pavillon noir. Allez hop ! Maintenant, tout le monde en studio pour nous enregistrer un petit quelque chose.  

    Setlist : 
    – Les Vents Luminiques
    – Dissociation Divine
    – Le Prisme Du Mal
    – Naissance De L'astre Noir
    – Les Cohortes De L'ombre
    – Au Seuil Des Mondes
    – Les Louanges Du Passé
    – Les Confins Du Néant
    – La Part Du Diable

    *

    Formoraich : 

    Formoraich, c’est l’autre groupe de Gwenc’hlann An Teñval et de Maeror. Dans cette configuration, Gwenc’hlann An Teñval a troqué sa basse pour le micro, s’ajoutant au passage d’imposants bracelets cloutés. De son côté, Maeror garde sa place, à peine a-t-il changé de guitare, mais il abandonne son rôle de chanteur principal pour se concentrer exclusivement sur les chœurs. Ulfar An Disehol (basse), Balor (guitare) complètent l’effectif, avec une petite surprise, ce n’est pas Seb derrière les fûts. Étant trop occupé avec ses autres projets, ce soir, ils ont dû faire appel à un batteur de session pour le remplacer.

    Le set débute sur une intro marquée par des orages et des bruits inquiétants. Tout le monde demeure figé pendant cette introduction, enfin non pas tout le monde, puisque Gwenc’hlann An Teñval fait son entrée sur scène au son des premiers riffs de guitare.

    Les titres chantés en breton font la particularité de Formoraich, qui, associés à des chœurs essentiellement en chant clair, confère à sa musique une dimension pagan. Attention, pas le Pagan de nos jours avec tous ces instruments folkloriques qui donnent un côté festif à la chose. Non, je veux parler plutôt du Pagan à l’ancienne comme on peut l’entendre dans les pays de l’Est, notamment en Pologne ou en Ukraine. Cette influence se manifeste également à travers la performance de Gwenc’hlann An Teñval, avec laquelle je perçois de nombreuses similitudes avec Myrd’raal (R.I.P) de Bergrizen, autant vocalement que scéniquement. Sa prestance sur scène est remarquable, n’hésitant pas à parcourir la scène en long, en large, en travers, venant parfois haranguer le public d’un poing rageur. Son attitude haineuse, associée à son corpse paint morbide, pourrait susciter de la peur.

    Les titres joués dans l’ordre de l’unique démo du groupe s’enchainent à une vitesse folle et, après quarante-cinq minutes, le concert s’achève sur les dernières notes de ”Urzh Ar Reusd” et une citation en breton éructée par le chanteur que je ne saurais traduire.

    Setlist : 
    – Taranadenn 
    – Galv an doueed
    – Souflamoù ar c'hunujennoù
    – Kevrenn 18
    – Deuet eo an amzer  
    – Urzh ar reustl

    *

    Les lumières se rallument, le public semble satisfait dans l’ensemble et commence à quitter la salle. Quant à nous, on s’éternise un peu, on boit un dernier verre, on refait le match, comme si on n’avait pas envie que la soirée se termine. Je ramène mes acolytes dans le centre de Landivisiau vers 1h30 du matin. Mais au fait, je ne vous les ai pas présentés : il y avait Laurent, un contact Facebook avec qui j’échange beaucoup de musique, Pierre-Lau, et Stéphane de Noir Hexagone, association chargée d’organiser des concerts Black Metal sur Paris. Deux des trois groupes (Arkaist et Formoraich) qui jouaient ce soir sont d’ores et déjà programmés pour le 5 décembre à la péniche Antipode. Il se murmure même que Mezel serait dans les petits papiers, mais chuuut !

    Galerie photos Arkaist :

    Galerie Photos Mezel :

    Galerie Photos Formoraich :

  • Interview – Berlial/part 2

    Interview – Berlial/part 2

    Interviewés : HSOD et CzH / Berlial
    Interviewer : Mémé Migou / Memento Mori Webzine

    Dans cette seconde partie d’interview, il y sera question de neo libéralisme, de chroniques, de composition, du Golden State Killer, de Palahniuk, de Krys (oui oui), de conseils Memento Mori et de plein d ‘autres choses encore… Mais surtout de « Nourishing the Disaster to Come« , le dernier album de Berlial sorti chez My Kingdom Music / Source Atone Records, ainsi que quelques spoilers sur le 3ème album en cours de gestation…

    Merci à CzH et HSOD pour ce temps accordé et ce riche échange !

    Quelques liens :

    Facebook : https://www.facebook.com/Berlial666
    Youtube : https://www.youtube.com/@berlial7444
    Bandcamp : https://berlial666.bandcamp.com/album/e-d-p

    Retrouvez la chronique ici : Berlial – Nourishing the Disaster to Come – Memento Mori Webzine

    et la première partie de l’interview ici : Interview – Berlial/Part 1 – Memento Mori Webzine

  • Interview – Berlial/Part 1

    Interview – Berlial/Part 1

    Interviewés : CzH et HSOD / Jérémie et Cédric – Berlial
    Interviewer : Mémé Migou

    Après la découverte de l’album, avec à la clé une chronique en forme de coup de cœur, Mémé a eu le plaisir d’échanger avec les deux protagonistes du groupe de Black Metal Berlial, savoir CzH et HSOD. Une belle rencontre qui tient plus de la discussion que de l’interview, ce qui n’a pas empêché d’aborder les items spécifiques au groupe. Nouveau coup de cœur pour Mémé ! Alors ensemble, ils ont parlé… parlé… parlé…

    … C’est pour cela que cette interview sera proposée en 2 parties. Dans cette première, on y parle de Berlial, bien évidemment, de leur discographie, de leur façon de composer, mais également, d’art, de poésie, et de la scène Black Metal, entre autres choses. Découvrez par vous-même…

    Enjoy :

    Liens :

    Berlial – Nourishing the Disaster to Come – Memento Mori Webzine

    https://berlial666.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/Berlial666

    https://mykingdommusic.bandcamp.com/album/nourishing-the-disaster-to-come-2

  • Live report – Samaïn Fest 2024/2

    Live report – Samaïn Fest 2024/2

    Samaïn Fest 2024 – Jour 2
    La Mézière, Salle Cassiopée (35)
    24 – 26 Octobre 2024

    Texte, vidéo et Photos : Mémé Migou

    Quelques heures de repos et… Nous voici prêts pour le second jour de ce Samaïn Fest 2024. Après une journée plutôt orientée vers le Black Metal, on sera ici tourné vers le Death, même si, pour remplacer la tête d’affiche Destroyer666, ce sera avec l’occult rock d’Aluk Todolo. On n’est pas sur la même ligne, mais j’en connais qui ont fait le déplacement spécifiquement pour eux…

    Avant de parler musique, un détour incontournable sur la petite esplanade herbeuse qui fait office d’avant-cour de la salle, juste après le bar, pour assister à la cérémonie druidique du Samhain, « le nouvel an celte ». Je prends d’énormes raccourcis en disant cela. Vous ferez vos propres recherches quant à la signification de ce rite, mené par le grand Druide de la Gorsedd de Bretagne, accompagné de 3 druides, dont l’un des organisateurs du festival. De longues accolades en forme de bénédiction à la fin, ce fut un moment émouvant où j’ai pu voir de jeunes en larmes et des amis pleinement présents pour vivre ce moment.

    Juste après, nous avons eu la chance d’écouter l’un des protagonistes de la cérémonie, le Barde, dans un exposé de son travail autour de la série de nombres et de la force du symbole dans le druidisme. C’était kiffant à souhait, malgré un problème de son. Un court temps d’échanges entre le public, l’orateur et le Grand Druide, avant que ce dernier ne reprenne la main en présentant Gwenc’hlan Le Scouëzec. Ancien Grand Druide.


    S’il y avait vraiment pas mal de monde à la cérémonie, il faut admettre que nous étions un peu moins nombreux à rester à la conférence. Mais tout de même en suffisance.

    La voie du druidisme est nimbée d’un brouillard que certains arriveront à dissiper par une introspection et un travail personnel, où il faut arrêter d’être cartésien. Et le Barzaz Breiz peut se faire phare et feu dans cette nuit intérieure. (Bon, je n’ai p’tet pas tout compris… )

    Pour un p’tit aperçu, c’est par ici :

    Et le festival reprend… Jour 2 :

    Scumslaught

    Halala, ça commence mal… Je ferai involontairement l’impasse sur le premier groupe (non, je n’avais ni faim ni soif), parce qu’en pleine discussion avec Per Vari, le Grand Druide, en compagnie, entre autres, de Amduscias (Conviction, Temple of Baal, …) et sa douce, Vince (Salace) et Vince (de la Couille de Loup).

    Toutes mes excuses, mais quand on me parle de symbolique, je frétille et j’en oublie mes « obligations ».

    Mental Vortex

    Quintette de Death/ Thrash Metal assez technique. Du shred, de gros growls (oui, c’est une jolie allitération, n’est-ce pas ?), des passages lourds viennent remplir nos oreilles et faire vibrer nos corps. L’envie d’en découdre commence à se faire sentir dans le pit. Sans oublier les riffs en contretemps, les p’tits breaks efficaces… 

    Sur un morceau viendra un feat, le chanteur de… Et là, Mémé serre les fesses, car elle n’est vraiment pas sûre de son coup (Si je me trompe, n’hésitez pas à le dire en commentaire… mais gentiment hein !). Donc, le chanteur de Nervous Decay, il me semble. Car, ma foi, dans ce groupe, on retrouve une partie du band, mais le chanteur à la guitare. Bon, je ne sais pas si je suis bien claire, là.


    Et mention spéciale à la put* de shreddeuse ! Mazette ! Impressionnante… Ceci dit, Mémé n’avait d’yeux que pour le bassiste, qui se transforme et se transcende sur scène (ce n’est pas Hulk non plus, je vous rassure), mais il a une de ces auras !

    Halala… Le public est déjà bien chaud, ma foi !

    « Techniquement c’est pas mal. J’aimais bien les soli. Ça s’écoute bien. » – Nico

    Voight Kampff

    Oh ! Voight Kampff était attendu, je ne vous raconte pas ! Du haut de leurs 2 albums de Thrash technique, c’était malgré tout comme une re-formation du groupe. Cela faisait un moment qu’ils n’avaient pas tourné. Alors le public était en attente et les musiciens tout autant…

    Les premiers pogos arrivent dans le pit. C’est le signe en général que l’ambiance est bonne, mais surtout que le groupe sait déclencher « la guerre » du pit.

    Y a pas à dire, Ramon dispose d’un organe qui envoie du lourd… Et là, je me rends compte que, tournée de cette façon, la phrase peut paraître suspecte. En d’autres termes, quelle voix !


    Riffs et batterie sont également au rendez-vous. Le pénultième (ouais, j’aime utiliser de vieux mots qui sentent la naphtaline) titre sera dédicacé à l’un des leurs, parti bien trop tôt.


    Bon… Après, j’avoue que c’est bien foutu, mais au final, ça ne me touche pas personnellement. Question de goût, ça n’enlève en rien la qualité du groupe.

    « Très bien, super. La voix était trop forte sur le premier morceau. Ça reste du Thrash. Un très bon groupe, de très bons musiciens. Et en plus il avait un T-Shirt de Potopak !  [bon là, je ne suis pas certaine de la bonne retranscription…] » – Gérard

    « C’est très bon. Ça faisait combien de temps qu’ils n’avaient pas joué? ! Je les avais vus au Motoc pour leur 1er album puis aux 15 ans de Garmonbozia. Ils avaient fait une pause et là, il semblerait qu’ils reviennent. » – Thomas

    « Voight Kampff, c’est un peu un ovni breton. Parce que pas accessible. Ils ne jouent pas souvent, mais quand ils se produisent, ils envoient des balles. C’est du Metal, mais très créatif, très carré, avec une voix qui n’en fait pas trop. Je trouve que ce groupe a une identité… qui gagne à être connue. Son propre, Thrash technique, bien composé. Voilà, c’est ça, c’est grand. » – Laurent

    « Un p’tit côté Vektor. Quand on les avait vus, c’était il y a 10 ans. J’étais resté sur une image très propre, pas accessible. Ici, on sentait qu’ils prenaient plaisir. Je suis client de Thrash conventionnel. Mais là, j’ai kiffé. Très bon concert. » – Romain


    Cryogenical Excisio
    n

    Changement de décor… à plusieurs titres. Pour commencer, parce qu’on revient sur du Death. Enfin… dans la famille Death, je demande le Brutal Death, et même le Slam Death,  celui qui gruik. Et pour gruiker bien comme il faut, ils n’étaient pas moins de 2 chanteurs sur scène.

    Tiens, mais… ce ne serait pas le même bassiste qui avait capté mon attention sur Mental Vortex ? Ah ben si… Et toujours aussi solaire sur scène. Pour du Metal, rhaaaaaa, ce n’est peut-être pas la métaphore la plus idéale, j’en conviens.

    L’autre décor, c’est aussi le fait de passer un peu plus de temps derrière la scène et sur les côtés. D’abord pour shooter, parce ça commençait à sacrément bouger dans le pit, ensuite prise dans le tourbillon d’une discussion…


    J’en profite pour faire mon petit moment de pause… Mille excuses.

    Vortex of End

    Là aussi, on retrouvera quelqu’un déjà aperçu… mais la veille : ÖberKammander666 de retour à la basse et au backing vocals. Mais combien c’est réducteur de ne parler que de lui. NGH, NKR et Vagus Nox prennent possession des planches. On revient, ici, sur du Black, avec un peu de Death dans certaines structures. Sang qui dégouline sur les visages, vasques enflammées, tout le décorum y est pour placer l’ambiance. Sans oublier ces adorables lights rouges que tous les photographes adorent, bien entendu.

    On m’avait prévenue, genre « putain, on vient d’entendre les balances de Vortex of End, ils vont mettre tout le monde à l’amende ! »… La soirée Black, c’était pas hier ? Bah si, mais ça fonctionne aussi ici, parce qu’il est teinté de Death et parce que niveau haine, c’est une belle déculottée qu’ils nous flanquent.


    Ça accélère… Puis accélère encore… Et encore ! Quand survient un break façonné du groove made in Death Metal… Le batteur est juste impressionnant. Quant aux chants, ils se font parfois refrains qui fédèrent avant de repartir sur du saturé bien énervé.


    C’est mauvais – dans l’esprit- comme une teigne, mais c’est bon – dans la réalisation – comme un groupe que je vais résolument suivre.

    Malheureusement il y a deux petits bémols… Un problème de son pour Vagus Nox, le guitariste, malgré des balances qui se sont bien déroulées, et des inter titres un chouïa vides.

    Le public, au final, ne s’y trompe pas, il profite de ces intertitres pour faire entendre sa voix également et dire tout le bien qu’il pense du groupe. Je m’associe à lui pour clamer haut et fort qu’on a aimé.

    « Je ne les avais jamais vus. Je les avais ratés au Court of Chaos. J’étais curieux de voir ce que ça donnait sur scène, je n’ai pas été déçu » – Ano Nyme

    Aluk Todolo

    Voilà voilà… On a déjà abordé l’épineuse question de l’annulation de Destroyer666… Il a bien fallu remplacer le groupe, alors on a joué aux chaises musicales et Mercyless a pris le dernier slot, tandis que ce pénultième (vous vous souvenez du mot ? C’est bon?) ira à l’occult rock d’Aluk Todolo.

    Entre le Krautrock aux relents de Black et le prog, c’est très lent et infusant… Mais commençons par le début. La batterie se trouve au centre de la scène, relativement en avant, tandis que Shantidar et Matthieu (guitare et basse) viennent l’encercler sur les flancs. Et là, tout devant, ayant donné du fil à retordre à ceux qui ont installé le plateau, une grosse ampoule qui descend du plafond et offrira une aire de jeu pour le trio…


    Vous l’aurez compris, les photographes vont galérer, peu de lights, ou par l’arrière, beaucoup de fumée et une demande de shooter en noir et blanc. Qu’à cela ne tienne, je m’y plierai. L’aspect visuel fait partie intégrante de l’expérience. Car c’est bien une expérience que l’on aura pu vivre avec Aluk Todolo.


    Et ce n’était pas si simple que ça pour une partie du public. Car si Aluk Todolo avait sa fan base, venue tout spécialement pour lui, le public était tout de même divisé, certains n’ayant absolument pas adhéré quand d’autres attendaient « leur concert de la soirée ».


    Mercyless


    C’est à la bande à Max Otero que revient le plaisir de clôturer et la soirée et le festival.


    Du Death old School et un show énergique, voilà ce à quoi le public, par ailleurs très réceptif, a pu recevoir. De fait, ça a foutu dans la salle une grosse ambiance. Il faut dire que Max a de la bouteille, il sait comment faire pour tenir la scène et le public.


    « Those Who Reign Below », leur dernier album, étant sorti la veille, c’était une fête avec feux d’artifice -virtuels, bien entendu, vous l’aviez compris – pour l’occasion.

    Quant à moi, je me demande encore pourquoi le micro était placé plus haut que la normale. Une façon de libérer les cordes vocales ? Messieurs-dames les vocalistes, je vous en prie, ouvrez-moi l’esprit.

    Et c’est sur ce set qu’on va prendre congé du Samaïn Fest 2024, en espérant vivement le retrouver en 2025 (ce qui sera le cas, je vous rassure).

    *


    Le moment idéal est venu pour remercier toute l’orga du Samaïn Fest, pour la réussite de ces deux soirées (trois, mais je n’étais présente que pour 2), ainsi que pour l’accréditation. C’était la seconde fois que je participais au festival, mais la première en tant qu’accréditée, à vivre les 2 jours de façon très concentrée.


    Le Samaïn Fest est organisé par des personnes passionnées, avec des bénévoles souriants, accueillants, le tout sur une ambiance bon enfant. Le Fest n’est pas seulement fait de musique, c’est aussi tout le concept, ce qui entoure le Samaïn Fest, qui participe à son succès.

    Alors si vous aussi, vous souhaitez passer un excellent moment passionné, le Samaïn Fest 2025, ce sera les 23, 24 et 25 octobre prochains.


    Quelques liens utiles :

    Facebook

    https://samainfest.com

    Samain Fest (@festivalsamain) • Photos et vidéos Instagram

    On se retrouve dans 6 mois ! 

    Cérémonie druidique et décors

    Aluk Todolo

    Cryogenical Excision

    Mental Vortex

    Mercyless

    Voight Kampff

    Vortex of End

  • Live Report – Samaïn Fest 2024

    Live Report – Samaïn Fest 2024

    Samaïn Fest 2024 – Jour 1
    La Mézière, Salle Cassiopée (35)
    24 – 26 Octobre 2024

    Texte et Photos : Mémé Migou

    Le Samaïn Fest, ce n’est pas juste un fest comme un autre, c’est un fest qui vous plonge dans un univers spécifique de par son décor, mais également les nombreuses activités liées au breton (ateliers d’initiation, balade contée) car il s’agit bien d’un festival au profit de l’école de Guipel, du réseau Diwan (tout est fait en langue bretonne, apprentissages comme langue de vie). Ajoutons à cela la cérémonie du nouvel an druidique dès le samedi matin. Et rien de tel, pour mener cette célébration, que le grand Druide de la Gorsedd de Bretagne.

    Pour autant le Samaïn Fest a également vocation de casser les codes de l’imagerie bretonne tout en mettant la lumière sur des groupes qui chantent en langue bretonne ou qui ressortent de la région. Mais pas que, comme nous allons le voir…

    Mais mais mais… Je ne pourrai faire l’impasse sur la petite polémique qui a fait rage : Destoyer 666. Est-ce bien, pas bien, de programmer de tels groupes ? Savaient-ils ? Devaient-ils garder le cap, faire face ou plutôt volte-face en déprogrammant ? Ahhhh… Les réseaux sociaux y sont allés de bon cœur ! Et si je suis la première à dire qu’on ne devrait pas avoir à baisser notre froc devant la grande censure qui nous impose leurs choix moraux… bah là, pour le coup, j’ai trouvé l’acharnement un peu too much. Pourquoi ? Relisez un peu plus haut… Le Samaïn Fest a été créé pour soutenir une école ! D’accord, on peut casser les codes, mais on ne va pas non plus jeter le discrédit sur une école et son réseau, tout de même. Et ceci n’engage que moi et ma p’tite conscience…

    Ce que le Samaïn Fest nous propose en cette fin octobre 2024, ce sont 3 jours de concerts. Enfin, plutôt 2 jours de festival et une soirée d’ouverture. Malheureusement, pour cette dernière, je n’ai pu m’y rendre. Au programme, il y avait La faim du monde et un concert expérimental de Lannog, un concert dans le noir. Ça devait être bien intéressant !

    Passons au premier jour, si vous le voulez bien…

    (Et si vous ne voulez pas, passez donc au second jour directement, c’est pas plus compliqué que cela).

    D’emblée, dès les premiers pas sur le site, nous sommes plongés dans l’ambiance. Le décor est partout, qui vous happe. L’accueil des bénévoles est chaleureux. On se dit de suite qu’on va passer un bon moment.

    Elisirius

    Pour entamer la première journée, l’organisation a fait appel à Elisirius. Ce fut une belle entrée en matière qui, malgré le maquillage, manquait malgré tout d’un peu de jeu de scène. Des passages de black qui enchaînent avec des envolées plus « symphos », soutenues par de nombreux samples. C’était intéressant.

    Pour ma part, il manquait d’une guitare rythmique et, je dois bien l’admettre, tout n’était pas hyper carré. Mais au-delà de ces considérations, j’ai passé un excellent moment.

    Sans aucun doute, Elisirius est un groupe à suivre de près.

    « J’ai trouvé pas mal pour du black, c’est sympa. Un peu froid, niveau public, mais c’est normal, c’est eux qui ouvraient. Heureusement, ils enchaînaient les morceaux. Il n’y a pas eu de trous » – Alain

    Circles ov Hell

    Ah… Circles ov Hell… Ils avaient lâché un morceau « Minos », quelques temps auparavant. J’avais pu les voir au Muscadeath 2023 et ce titre m’avait donné l’impression d’écouter un autre groupe… Autant vous dire combien j’avais hâte de les revoir.

    Eh bien voilà… ce fut un set beaucoup trop court. Enfin, je veux dire par là que ça a passé bien trop vite et que j’en aurais bien pris repris une p’tite lampée auditive. Le public, déjà plus compact, était également ultra réceptif. Je vois les têtes commencer à dodeliner.

    Le set est touffu, tant dans le son que visuellement. Le côté sympho est bien plus appuyé qu’auparavant et vient pimper la prestation, donnant parfois des airs de Septicflesh. Kratos, le chanteur, sait aller chercher le public.

    Tout est carré. On entame le set avec le premier extrait du 2ème album, et on clôture en traversant le Styx sur un groove bien senti. La salle était dans la poche.

    Ende

    J’avais chroniqué la compilation « Beata Mortvi – Reliquat Mortifère » avant la sortie de leur dernier album. Avec le recul, je me suis trouvée un peu dure (de la feuille ? Peut-être… Il faut l’admettre Mémé n’est plus de prime jeunesse). Ici aussi, j’attendais beaucoup du show.

    Inutile de dire que ça a été une déferlante de haine acérée, une lame scarifiant la gorge. Un mur de son qui s’abat sur vous, ça te rentre dedans, ça vient chercher la nuque pour la plier en guise de prière. Amen.

    Le public est compact. Là, je vais juste rappeler que cette première journée n’est autre que sold out. Cependant, il est moins actif aussi. Pas de panique, le chanteur, I.Luciferia, saura aller le chercher. Un set très pro, puissant… mais qui me laisse un peu sur ma faim.

    Sang Froid

    Tiens… Voilà l’Öberkommandeur666 (Chants de Nihil, Omegaeternum, etc.) sur scène. Je comprends mieux la présence dans la salle de quelques personnes venues de loin… Mais faisons fi de ces réflexions qui n’apportent pas grand chose au report.

    Je ne connais pas Sang Froid. J’aime me laisser surprendre par un set. Et dans la salle, il y a quelques connaissances qui frétillent d’avance à l’idée savourer leur show. Je ne suis pas étonnée, sur scène on a tout de même des membres de groupes bien connus, Regarde les Hommes Tomber et The Veil. Signé chez Frozen Records, le groupe est pourtant assez jeune dans sa formation (2019).

    Et là, la musique commence… Encore heureux, allez-vous me dire, on est en festival ! Mais chut, la p’tite voix ! Chut pourquoi ? Chut, parce que j’ai besoin d’écouter. Ce que j’entends là, c’est.. ça sort de l’ordinaire. Voilà mon discours intérieur sur le moment…

    Bah oui, je ne m’attendais pas du tout, mais alors pas du tout du tout à ce qui allait débarquer. Imaginez Depeche Mode qui aurait fusionné avec The Cure ! Bah voilà, on a l’idée. Et de fait, après une petite recherche post festival, il s’avère qu’on est bien dans du Dark Rock, inspiré autant de la scène goth que cold wave. DM, Sisters of Mercy, … Les inspirations sont bien là.

    Un véritable ovni qui m’a scotchée sur place avec cette envie d’y retourner et de creuser le dossier. L’ambiance Dark a ouvert ses ailes noires sur la salle pour l’enrober dans ses pennes. Une belle découverte.

    Seth

    Bon… Il arrive un moment où il me faut bien aborder le sujet « j’ai l’estomac qui crie famine ». Il est pas loin de 21h et Mémé n’a toujours pas eu son bouillon du soir. Ayant déjà vu à plusieurs reprises Seth, c’est malheureusement le groupe qui fera les frais de mon absentéisme.

    Bien mal m’en a pris car il semblerait, d’après les nombreux retours, qu’ils aient délivré l’un de leurs meilleurs sets, du moins en Bzh.

    Borknagar

    Je vais vous dire un p’tit secret. Approchez-vous de plus près, je ne veux pas que tout le monde l’entende : « je ne suis pas une grande fan de Borknagar »…

    Holalaaaaa, je vois bien le reproche dans vos yeux ! Mais que voulez-vous, c’est peut-être un chouïa trop mélodique ou trop bien chanté pour moi. Attention, je ne dénigre pas la qualité des compositions et des chants. Juste que Mémé préfère les voix saturées.

    OK… J’arrête de faire ma vieille chouette… Et autant vous dire que j’ai kiffé grave le moment. Certes, ça reste hyper mélodique et très bien chanté, mais surtout j’avais face à moi deux monstres sacrés. Commençons par celui que j’attendais, Lars Nedland ! L’un du duo de Black avant-gardiste, Solefald ! Lars, qui chante comme un dieu. Ah ça ! Qu’on ne vienne pas m’avancer le nom de Einar Solberg, il n’a pas la rondeur et l’humilité d’un Lars. Alors effectivement, j’avais des étoiles dans les yeux, ce soir-là. D’autant plus qu’il y avait également à ses côté… ICS Vortex. Arcturus, quoi !

    On a senti un silence de plomb s’abattre sur la salle quand a commencé à résonner les premières notes de « Voices ». Voilà, ceux qui étaient présents dans la salle, étaient en communion. Merci messieurs !

    Rotting Christ

    On parle de légendes juste au-dessus ? Et que dire de Rotting Christ ?! Vous vous rendez compte ? Rotting Christ qui vient faire son show dans une petite ville bretonne, dans un festival en soutien à une école Diwan. C’est purement hallucinant. Et on peut féliciter les organisateurs non seulement d’avoir réussi ce tour de force, mais aussi de proposer au fil des ans des affiches on ne peut plus alléchantes.

    Là, on sent bien que les patrons entrent sur scène. La salle est bondée, prête à en découdre avec le Black Death Heavy épique de Rotting Christ.

    « C’était la guerre.. Putain, ça tabassait ! Après le côté cool de Borknagar, c’était ce qu’il fallait. Rotting Christ était attendu. C’est une machine de guerre très très bien rodée. Ils ont du métier. Et Sakis Tolis, qu’est-ce qu’il est cool ! En live c’est wow wow wow ! » – Vince

    Et oui, tous les éléments étaient réunis pour un set homérique et mémorable. Que ce soient les lights, le jeu de scène de tous les musiciens, le charisme de Sakis, et ce côté très abordable, ce fut un véritable feu d’artifices. Habemus Papam 666 !

    Fin…

    J’en connais qui n’auront pas beaucoup vu la lumière… de la salle. L’ambiance à l’extérieur était aussi bonne qu’à l’intérieur, là, auprès des bars. Il faut dire que pour ne pas perdre un seul set et profiter de l’air et de la bière, un écran géant permettait de suivre les shows. Je suis bien d’accord que ça ne vaut pas l’ambiance à l’intérieur, mais c’est une belle initiative digne d’être saluée.

    J’ai croisé pas mal de monde, dont SAS de l’Argilière, Vince le brasseur de la fameuse « Couille de loup », Vince le bassiste de Salace, Arawn de Omegaeternum, Amduscias de Conviction/temple of Baal/ entre autres, et moult autres personnes… Pour une première journée, elle fut à la hauteur de mes attentes. Ajoutons à cela l’élément ccol/pas de prise de tête, un public proche des artistes et vice versa (ouaiiiiiiis j’ai croisé Lars dans le public… et j’ai osé faire ma midinette de base en baragouinant un « I love so muuuuuch your work and… I miss Solefald ! »).

    Il est temps de rentrer se coucher. Dans quelques heures, la cérémonie druidique de Samhain se déroulera ici même. Je ne veux pas rater ça…

    Pour info :

    Le samaïn fest édition 2025 aura lieu les 23, 24 et 25 octobre 2025. Ne loupez aucune info en vous rencardant sur leurs sites :

    Site officiel

    Facebook

    Instagram

    Borknagar

    Circles ov Hell

    Elisirius

    Ende

    Rotting Christ

    Sang Froid

    Seth

    Les coulisses et décor