Samedi 25 octobre 2025
(Salle Cassiopée – La Mézière – 35)
Texte : Bruno G. et Mémé Migou
Vidéos : Bruno Guézennec
Photos : Mémé Migou (galerie en fin de report)
Avant même d’ouvrir les hostilités, place à la paix et au recueillement : la journée du samedi s’entame sur la traditionnelle cérémonie druidique de Samaïn, le nouvel an celte, ce passage entre les mondes où l’on rend hommage notamment aux personnes parties dans l’année.
Ainsi que pour les précédentes années, l’émotion y était une nouvelle fois palpable. Au pied du brasero et des cornes, une photo. Chacun pensera aux siens, leur dira une dernière fois au revoir.


Et comme la pomme, au coeur de pentacle, symbole de sagesse mais pas que, les pépins peuvent être replantés pour que le fruit mourant puisse renaître pommier, ainsi en va-t-il de la nouvelle année. C’est dans les bras de l’un l’autre que chacun a pu souhaiter une bonne année aux autres.
Nous ne resterons pas pour l’échange qui s’ensuivra, ayant à nous préparer pour la suite du festival, qui va s’ouvrir avec Death Council.
Death Council, ce nom commence lui aussi à bien circuler dans le milieu du Metal breton, pourtant riche en groupe de qualité. Le bouche-à-oreille faisant son travail après des prestations toujours impeccables, malgré le style très technique qui pardonne rarement la moindre erreur.


Les rennais opéraient sur leurs terres, en ouverture de la journée du samedi. Une belle opportunité d’acquérir de nouveaux fans avec leur Death Metal teinté de Thrash.
Je ne sais pas si cela a été le cas mais le quartette à fait tout ce qu’il fallait pour : un show bien rempli avec des titres de leur 1er EP, paru 6 mois plus tôt, certains de leur futur EP pour les tester en live. Un concert carré, bien rodé et une balance parfaitement effectuée avec pour résultat un son parfait permettant de saisir les subtilités de leurs compos.
On notera que le Samaïn Fest offrait à la scène locale et émergente bretonne une place de choix dans cette programmation. 8 groupes (4 par jours) disposant tous d’un créneau de 40 minutes, largement suffisant pour bien se mettre en valeur sur la belle et grande scène de la salle Cassiopée. Les lights et la sono claire et puissante étant là pour parfaire le résultat.
Il y a de belles opportunités à saisir dans la carrière d’une jeune formation pour se faire reconnaître, celle-là en faisait assurément partie. Death Council et les autres groupes de la scène locale n’ont pas laissé passer leurs chances, ce qui ne doit pas être toujours évident. Il devait y avoir pour les musiciens un sentiment de pression plus important qu’un simple concert de fin de semaine dans un bar. Même si j’adore me rendre dans des concerts de fin de semaine dans des bars, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit (j’en ai écumé quelques-uns au cours ces 40 dernières années et j’aime toujours autant cela !).
Des rennais succédant à d’autres (ils sont potes), et en parlant de groupe dont le nom commence à bien circuler, celui que je vais vous citer s’est lui aussi bâti une réputation qui dépasse maintenant largement la frontière bretonne.
À force de concerts tonitruants, débordant d’énergie et de morceaux faisant mouche auprès des amateurs de metal, en général, et de Death Metal en particulier, Tanork n’est pratiquement plus à présenter. Je dis pratiquement car il est toujours bon de rappeler les grandes lignes de leur CV : 3 jeunes ayant tous étudié dans une école Diwan (école gratuite en langue bretonne) et chantant du Death Metal old school en breton. La moitié de leurs titres sont en breton sur le 1er album, et tous sur le second.


Que dire de leur gig ? Le trio qui avait délivré une prestation remarquée au Motocultor 2025 en août a remis le couvert et repris les ingrédients qui font sa force. Des titres puissants, intenses, qui ont le chic pour déclencher des pogos et faire travailler les cervicales s’en même que l’on s’en rende compte (je parle des cervicales, les pogos on a tendance à remarquer tout de suite quand on est embarqué dedans !).
Sans temps morts ni blabla inutile, le curseur placé sur « à fond la caisse » du début à la fin et devant une assistance bien fournie, le public ne s’y trompant pas, les jeunes rennais ont fait honneur à leur réputation avec une reprise du « Slave new world » de Sepultura comme dernier titre, accompagné au chant par les deux guitaristes de Death Council montée sur scène pour l’occasion (voir vidéo), pour un final aussi jouissif que les 36 minutes précédentes.
Les fans de Death old school étaient particulièrement gâtés en ce samedi 25 octobre puisque que ce sont les nantais de Nervous Decay qui succédaient aux rennais. Un album en 2021 et un EP en 2024 qui permet de mieux situer les influences du groupe puisque ce dernier offre des covers de Morbid Angel, Carcass et Death. On voit immédiatement à quelle sauce on va être mangé.
Même si la formation est relativement jeune, les musiciens qui la composent n’en sont pas à leurs coups d’essais. Ils officient dans des groupes comme Ethic Near Death, Mental Vortex, Cryogenical Excision ou Those Once Loyal, qui eux non plus ne sont pas réputés pour faire dans le rock mélodique.


Les chansons des nantais sont techniques et méritent un minimum de concentration mais vu la qualité des musiciens le résultat est la hauteur des attentes. Le groupe a évidemment pioché dans leur unique LP mais ont aussi proposé des compos qui figureront sur leur futur album comme « Straight to the point » (voir vidéo), et qui reste dans la lignée de ce que le quintette propose déjà.
Comme Tanork juste avant, le quintette a achevé le public présent avec la magnifique reprise du « In mortail coil » de Carcass qui figure sur leur EP trois titres.
Le public ayant pris une bonne dose de décibels dans la face on pouvait se dire que le prochain à fouler la scène serait un groupe un peu plus calme ou du moins délivrant un flot d’énergie légèrement moins débridé. Un rapide coup d’œil au programme montrait en seulement 6 lettres l’étendue de l’erreur : Infern
Parce que pour ce qui est de calmer le jeu, ils ne savent pas trop y faire. On a beau leur dire « allez vous nous jouez, deux slows, trois ballades, quatre titres acoustiques et on ne se connait plus », rien n’y fait. Il faut toujours qu’ils essaient de faire sortir, à grands coups de riffs, les cerveaux des spectateurs de leurs boîtes crâniennes !
L’album Turn of the tide datant d’octobre 2024, les 10 titres le constituant ont déjà été joués sur scène à de nombreuses reprises et n’ont plus à prouver leurs efficacités. Le Death à forte tendance groovy des bretons étant bâti pour faire bouger l’audience et permettant de se démonter gentiment les cervicales, d’où la fuite du cerveau, que l’on ramasse à la petite cuillère à la fin du concert.


Pierre-Loup et Jean-Marie en experts du riff dévastateur, Sylvain et Simon assurant le travail rythmique et Julien, à la présence impressionnante sur scène, toujours prêt à descendre de scène pour se mêler au public. Bon, là elle était un peu haute, il n’a pas pu, parce que ce n’est pas le tout de descendre mais il faut penser à remonter ensuite.
Les cinq musiciens ont déroulé leurs brûlots pendant les 40 minutes qui leur étaient imparties, mes préférences allant toujours aux titres un peu plus lents et lourds que sont « Tormented paranoid » et le plus ancien mais redoutable « Victim of the doom ».
En 10 titres l’affaire était pliée, il ne restait plus qu’à aller boire une bonne bière locale au bar ou se rendre au Merch pour ceux qui ne possédaient pas encore l’album « Turn of the tide » ou un t-shirt du groupe.
Le Samaïn a su faire confiance à la scène locale bretonne qui le lui a bien rendu avec des gigs sous hautes intensités et un public aux anges après ce flot de brutalité extrêmement jouissif depuis le début de ce samedi après-midi.
Place maintenant à une autre forme de Death Metal, moins brute, mais avec d’autres atouts. En l’occurrence, c’est un vent glacial qui est venu souffler son Cold Metal, aux accents Indus, Doom, Cold Wave. S.U.P... 3 petites lettres pour un quatuor de légende, qui aura su, avec ses albums conceptuels débouler dans la planète Death Metal et foutre un bon coup de pied dans la fourmilière. The Cube, Hegemony, Octa, on ne compte plus les succès… dont Anomaly, qu’ils joueront entièrement sur la scène de la salle Cassiopée.


Comment vous dire que d’être présent pour entendre cet album avant-gardiste, sorti en 2000, dans sa totalité, c’était un cadeau que S.U.P. et le Samaïn Fest ont pu offrir au public, qui ne s’y trompait pas pour un sou. Vous l’entendrez d’ailleurs chanter en chœur dans la vidéo ci-dessous. Il savait qui jouait actuellement sur scène.
Comme à chaque prestation de S.U.P, on se sent envahi par des émotions aussi froides qu’intenses. Ça vous enfonce dans le sol et l’onde électrique vous parcourt le corps. Et ce, malgré l’état de Ludovic, chanteur-guitariste, qui avait bien du mal à cacher son état grippal avancé. Cela a dû être compliqué pour lui, mais bordel, ce que c’était bon !
Sur scène, derrière les fûts, nous retrouvons encore Thierry Berger qui, depuis, a cédé sa place à Alain Dujardin.
On poursuit dans les légendes… Cette fois, c’est le Death bien particulier de Misanthrope qui se pointe, fort de son album de covers, Tribute to their Majesties, sorti en 2025 et de sa propre discographie longue comme le bras de Lucifer.
On a ce growl et ce chant pleuré propre à S.A.S de l’Argilière qui vient emplir la salle. Chaque musicien sur scène est un monstre dans son domaine, que ce soit Anthony Scemama et ses soli impressionants, Gaël Feret derrière ses fûts et l’excellentissime bassiste, JJ Moréac. Philippe Courtois, les mains régulièrement tendues vers l’avant, vient nous choper. Et je dois dire que je (et le public itou) me laisse facilement embarquer.


Hey ! Ici aussi, nous avons un groupe qui a forgé le genre depuis 1988 avec des albums qui sortaient des sentiers battus. Progressif dans l’âme, avant-gardiste dans son ADN et toujours cet amour du Death Metal.
Sur la scène du Samaïn Fest, ils vont nous offrir une véritable rétrospective de leurs albums. Le public, déjà à fond pour S.U.P. N’a pas baissé d’intensité.
Et l’apothéose arriva, véritable armageddon au sein de La Mézière. C’est la scène grecque qui vient prendre possession des planches de la salle Cassiopée comme de l’enthousiasme du public. Il devient particulièrement difficile de shooter quelques clichés tant le public s’est massé pour communier avec SepticFlesh.


Quelle déferlante ! Tout y passe : l’énergie, le côté mélodique, ces refrains fédérateurs, ces moments « coups de poings en l’air », et l’échange avec le public, avec force « My friend », « Brothers and Sisters » pour ponctuer les nombreuses interventions parlées. Certains peuvent ne pas aimer les groupes qui parlent entre les titres, mais il faut avouer qu’ici, Spiros le fait de telle manière qu’on se sent inclus dans sa communauté.
Une véritable communion entre les morceaux et le public qui chante en chœur face à des backdrops stylisés Giger.
C’est Armageddon au sein du public, qui s’est lancé à corps perdu dans des circle pits, amenés parfois par le chanteur. On se sent tout petit face à ce mythe grec.
Le Samaïn Fest 2025 a fermé ses portes il y a quelques mois… Nous espérons que ce report vous allèchera pour vous tourner vers l’édition 2026 ! N’oubliez pas que le Samaïn Fest est une manière d’auto-financer l’école Diwan de la région.
D’année en année, le festival sait évoluer, offrant des programmations de qualité qui fédèrent les Metalleux de tous poils.
Nous remercions l’organisation, les bénévoles et Charles pour leur accueil et leur confiance. C’est toujours un plaisir.

Et si, avant de terminer, on vous touchait un mot du Samaïn Fest 2026 ?
=> Du 23 au 24 octobre 2026, avec une soirée ouverte à tous le 22 octobre
=> Salle Cassiopée, La Mézière (35)
=> Prog : Abbath, Cave Ne Cadas, Gruesome Pledge, Belenos, Sublime Cadaveric Decomposition, Gravats, Necrowretch, Corium, Yeun Elez, Trouble Emeraude, Lonsai Maïkov, Numen, Entertain The Terror, Glassbone
=> Tarifs : jeudi – gratuit ; vendredi : 39 euros ; samedi : 49 euros ; pass 2 jours : 79 euros
Le lien pour les billets :
Samain Fest 2026 – Sparfell Aoz
liens :
Galerie Photos Cérémonie Druidique :








Galerie Photos Septicflesh :









Galerie Photos Misanthrope :









Galerie Photos S.U.P. :














Galerie Photos Infern :












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Galerie Photos Tanork :








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