En ce moment au milieu des polémiques Hellfest, etc.
Il est bon de se réimprégner de certaines œuvres. Retrouver du sens au milieu de ces agitateurs au milieu des débats artificiels, d’angoissé-e-s ou de buveur-se-s de cadavres.
En écoutant The Oblation of Man, je me suis dit que même si ça passait sur M6, j’aimerais quand même.
Finalement, quand le critère il n’y en a qu’un : la musique et ce que son rythme charrie.
Des émotions, des malaises, des doutes, des cauchemars, des beautés, des sensations.
L’IA est morte, vive les nerfs.
Je comprends, je saisis la différence entre un programme et un humain.
L’un est plus détestable que l’autre.
Mais l’un crée, l’autre non.
Towering me remplit de Joie. Une vraie.
J’écoute leur album et je saisis pourquoi je consacre une grande partie de mon insignifiante vie à la Musique. Et plus particulièrement au Metal extrême.
J’écoute et je me dis que la Grandeur de cette musique survole nos programmations, nos prompts, nos trends, nos réels, nos stories, nos coups de gueules, mais aussi nos guerres, nos drames personnels, nos croyances, nos sujétions morales, légales, nos débordements narcissiques subtils ou vulgaires.
Je n’ai pas peur des incendies et du réchauffement climatique.
Je n’ai pas peur des influenceurs.
Je n’ai pas peur de la Misère.
Je n’ai pas peur de souffrir
Ni même d’une guerre
Je n’ai pas peur de Dieu, du Diable ou de quelconque divinité.
Je n’ai pas peur de la Nature.
Il existe une chose en ce monde qui a vaincu l’Angoisse.
Il existe une chose en ce monde qui a soigné mes déséquilibres.
Towering a un éclat de cette chose.
Il ne s’agit pas d’authenticité (le groupe n’en est pas dépourvu mais ce n’est pas ce qui m’a fait renouveler les écoutes jusqu’à vomir par tous les pores de ma peau les mélodies tourmentées).
Il ne s’agit pas de complexité (bien que leur musique soit un dédale dissonant et de sons se répondant qui force l’auditeur à se concentrer pour saisir chaque indice pour espérer trouver une pleine libération !)
Il ne s’agit pas de générosité (un dédale musical où chaque pierre nous semble familière, avec des ornementations que nous ne connaissons que trop bien : Deathspell Omega, Ulcerate, Gorguts… J’en oublie, c’est sûr).
Il ne s’agit pas de puissance (bien que le groupe possède un son et des arrangements sonores qui forcent le respect tellement tout nous écrase, nous surplombe, nous domine, nous force à une certaine contrition et à poser le front dans la poussière).
Il ne s’agit pas d’émotions (alors que dans ce dédale de rythmiques inattendues et de dissonances jaillissant par tous les coins de l’œuvre l’on trouve tant dans la voix que dans les tortures harmoniques un profond désespoir, une profonde colère, une résignation et une énergie sombre. Ici nous hurlons, nous souffrons, nous nous rendons, nous ne feignons pas les larmes ou l’élan dans nos cœurs. Nous ressentons tous les drames).
Il ne s’agit pas de fascination (et pourtant cette musique est bien entêtante et a martelé pour mon esprit pour me rappeler constamment à elle, comprendre encore l’architecture de chaque composition, prendre des notes pour entendre les répétitions, les nuances, les brisures, saisir dans ce grand tout chaque détail qui le rend dans son intégralité : Juste).
Il s’agit de l’Équilibre.
The Oblation of Man est une œuvre qui équilibre tout : Le Metal Extrême trouve à nouveau de sa superbe de sa pertinence dans cette risible époque. Le fait d’acheter l’album a du sens car cette œuvre se découvre comme on veut mais finit par nous faire l’acheter car tant de perfection et de noirceur mérite un soutien quand on s’estime apôtre du Metal Extrême et des Ténèbres.
The Oblationof Man est une œuvre qui équilibre tout : à l’ère de l’ultra-marchandisation et des fausses créations, cette œuvre nous rappelle que le sang est plus puissant que nos technologies prisons, que nos désespoirs.
The Oblation of Man est un astre qui irradie de son existence nos existences noyées dans les lumières dévoreuses féroces et débiles de nos propres incapacités à penser autrement nos vies individuellement et collectivement.
The Oblation of Man survole autant le nihilisme paresseux que les naïvetés stériles.
The Oblation of Man est un astre qui vient équilibrer le Cosmos de nos vies.
À vous maintenant de le comprendre et d’en franchir le seuil en vous y projetant,
Dans votre chute vous perdrez tout et vous serez enfin, un instant.
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