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Dauþuz – Todeswerk: Uranium II (2026)

      Genre : Black Metal

       Label : Amor Fati Productions

      Date : 29 Mai 2026

      Note : 93/100 (LB D)

Après avoir chroniqué le Euch’Mau Noir bis de Galibot, je retourne au charbon, je redescends dans les entrailles de la terre. Mais cette fois, je quitte le nord de la France pour traverser le Rhin puisque j’ai envie de vous parler du septième album de Dauþuz, intitulé, Todeswerk: Uranium II. À l’image de ce nouvel artwork qui orne cette pochette, le côté ombrageux est encore une fois mis en valeur et présente beaucoup de similitudes avec l’album Uranium, sorti en 2024. C’est donc sans surprise que l’histoire s’intéresse à nouveau à l’extraction de l’uranium durant les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Mais cette fois-ci, l’album porte son regard sur le quotidien des mineurs et des travailleurs forcés. Il montre les conditions inhumaines qui existaient dans les mines, les camps et autres sites industriels exploités d’abord par les Soviétiques, puis par le régime communiste dans les régions de Joachimsthal et de Bohême en Allemagne de l’Est. Le duo allemand voulant mettre en lumière, à travers leurs compositions, le sort de ces milliers de mineurs qui ont payé le prix fort pendant cette folle course à la bombe atomique

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Cette entité propose huit titres pour une durée d’environ quarante-cinq minutes. Étrangement absente sur l’album précédent, on peut remarquer dès les premières notes le grand retour de la guitare acoustique qui est chargée d’ouvrir et de clore cet album. Ce n’est pas tout : deux morceaux sont entièrement composés pour cet instrument et sont idéalement placés à la troisième (“Hammerzwang”) et sixième position (“Bluteisen”). On peut ainsi les percevoir, selon son propre ressenti, comme des interludes sombres et mélancoliques séparant les parties black metal endiablées en trois chapitres bien distincts.

Comme sur les opus précédents, une grande partie de la musique est fortement influencée par le Black Metal brut et mélodique des années 90, proposant des morceaux longs et épiques avec une intensité plus marquée. Il y a quand même un petit changement : le duo à cette fois-ci fait appel à un batteur de session. Il est relativement bien connu dans le milieu, puisqu’il s’agit de Werwolf, qui joue également avec les Allemands de Black Forest ou encore les Ukrainiens d’Eskapism et Kroda. Ce n’est pas rien car sa performance mérite d’être saluée, étant donné qu’elle donne une dimension et une profondeur supplémentaires aux compositions.

Le travail sur les voix est encore une fois remarquable. On passe sans problème des cris aigus habituels du Black Metal ponctués de quelques hurlements rageurs à des chœurs surtout masculins. C’est peut-être là que la différence se fait, car ça me semble bien plus présent que sur les albums précédents. En tout cas, une chose est sûre : ils ajoutent beaucoup de théâtralité aux compositions. Le point culminant, c’est sans aucun doute l’intro de « 211947 ». On a l’impression qu’un chanteur d’opéra, doublé par un être maléfique représenté par le chant black metal, s’est invité au fond de la mine. C’est comme si le bien et le mal étaient là pour soutenir ou décourager les ouvriers qui, eux, continuent pendant ce temps-là de frapper la pierre avec leur pioche. L’imagerie est saisissante et elle amplifie la dramaturgie de la scène.

 Y’a pas à s’y méprendre, ce duo a le don pour captiver l’attention de l’auditeur en ajoutant des samples variés à leur musique. C’est comme ça qu’on peut entendre sur « Uranlager II » : des gens qui toussotent et, de la même façon, la souffrance des travailleurs au fond de la mine. On entend aussi des bottes qui frappent le sol et on imagine tout de suite que ce sont celles des soldats de l’armée soviétique. De la même manière, on peut suggérer sur le dernier titre, l’exécution par arme à feu d’un travailleur sur l’ordre d’un supérieur. D’où le titre « Des Häftlings Bergmannstod », que l’on peut traduire en français par La mort d’un mineur en captivité. Tous ces petits samples sont bien sentis et nous racontent, à eux seuls, l’histoire et la souffrance de ces hommes. Ça nous pousse à réfléchir aux conditions inhumaines que ces forçats ont dû subir à cette époque. Je dirais même plus, que tout ça, nous fait froid dans le dos.                                                

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Avec ce septième album, Dauþuz franchit un cap important dans sa déjà longue carrière. Grâce à une grande et solide maîtrise de son sujet, le duo réussit à plonger l’auditeur dans l’enfer de l’Allemagne de l’Est de l’après-guerre en construisant une musique originale et personnelle. Certes, le virage était déjà amorcé sur le précédent opus mais ils l’ont accentué sur cette deuxième partie de leur concept. Tout cela laisse entrevoir un avenir radieux et ce disque fera partie, sans nul doute, des sorties majeures de 2026. Arrrrh!, Vivement la prochaine immersion.

Tracklist : 

01 – Joachimsthal / Jáchymov

02 – Uranlager 

03 – Hammerzwang

04 – Der Turm des Todes

05 – Uranlager II

06 – Bluteisen

07 – 211947

08 – Des Häftlings Bergmannstod

Line-up : 

Aragonyth – Guitares, Basse

Syderyth – Chant, Guitare acoustique, Clavier

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