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  • Omegaeternum – 1248

    Omegaeternum – 1248

    Genre : Black Metal
    Label  : Van Records
    Sortie : 25 novembre 2024

    Note :  88 / 100 (LB D)
    Note : 95/100 (Mémé Migou)

     

    “Dear disciples of the Great Old Ones, dear offsprings of their greatness ! For over 20 years lost in the Endless meanders of outer space, far from men's Devious existence, worshippers of their own Decline... I've been working, dead but dreaming, on the creation of a new Requiem beyond Light and Shadows. From my cosmic journey, a circle of four hateful bringers of blasphemy has been gathered to bring 8 Symbols of slimy and crawling ocular distorted art so called "black metal", the way it shall be... Today, with malicious pride, we bring you, dear disciples and dear toys, what many of you have been asking for these past two decades. And no one was better suited to bring this nightmare to your innocent ears and to sublimate it than the nonetheless well-known Ludovic Tournier who gave its final form to this new Stone, achieved and erected in 20 years from the Echoes of painful torments. A final shape of a nightmare that has gone through many manifestations... The chaos starts again exactly where it left off... Dear disciples, dear puppets, I have the great honor to introduce you to the new form of an old succubus: OMEGAETERNUM. May the Incantation begin... Spread their wrath!” - Sorghal

    Lorsque les premières rumeurs ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux concernant un retour de Sorghal avec un projet comportant de nombreux points communs avec Nehëmah, cela suffisait déjà à nous mettre l’eau à la bouche. De plus, il avait été annoncé qu’Arawn, ami de longue date et guitariste live du groupe Savoyard, ainsi que Ludovic Tournier, le producteur emblématique seraient associés à ce projet. Si l’on ajoute la relative discrétion du chanteur bassiste Corven depuis 2019 et l’album Deus Sive Natura de Evohé (Il se murmure quand même qu’un nouvel album serait en préparation). Croyez-moi ou pas, mais, on était en droit de rêver, voire même de fantasmer (enfin surtout moi, lol!) sur un éventuel retour presque improbable d’une des légendes du Black Metal français des années 2000

    Alors évacuons le sujet tout de suite, NON, il ne s’agit pas d’une reformation de Nehëmah, mais précisément la naissance d’une nouvelle entité au doux nom de Omegaeternum. Sorghal fera appel à des musiciens chevronnés de la scène nantaise pour compléter sa formation afin d’assurer la section rythmique du groupe. Ainsi nous retrouvons Oberkommander666 à la basse et Sistre à la batterie, deux artistes ayant déjà collaboré ensemble au sein des formations Les Chants De Nihil, Bestial Nihilism et Gotholocaust. Pour en terminer avec les présentations, on notera que c’est au label allemand Van Records que reviendra l’honneur de publier ce premier opus, intitulé tout simplement 1248.

    *

    Avant d’attaquer le vif du sujet, une petite explication historique s’impose autour du concept album et de ce titre plus ou moins énigmatique. 1248, c’est l’année où eut lieu l’effondrement du Granier, montagne qui culmine à 1933 m dans le massif de la Chartreuse et domine la cluse de Chambéry. Un éboulement des marnes situées à la base de la montagne, consécutif à la chute d’une portion de la falaise calcaire, est à l’origine de cette catastrophe. Cette tragédie a enseveli et écrasé un grand nombre de villages et de paroisses, entraînant la mort d’entre 4 000 et 6 000 personnes, enterrées sous les décombres. Bonjour l’ambiance.

    L’atmosphère froide, inquiétante et délétère imprègne l’ensemble de cet album, y compris le morceau d’ouverture intitulé “Ye Incantation”. L’introduction se révèle lente et troublante, les premiers riffs apparaissant progressivement, pour finir par se jeter sur vous. Ces derniers sont similaires, tant dans leur nature que dans l’ambiance qu’ils instaurent, à ceux de “Through The Dark Nebula”, le dernier titre de Requiem Tenebrae, troisième et ultime album de Nehëmah. Ainsi, la boucle est bouclée : Omegaeternum est bien le digne successeur des Savoyards.

    — Ah  ! mon cher LB D, quoi de plus naturel, au final, qu’un éternel recommencement, une histoire perpétuelle, qui se répète, une histoire sans fin, avec un nom tel que Omegaeternum. Peut-être aurons-nous plus d’éclaircissements lors d’une interview, mais on peut laisser notre esprit vagabonder dans les mots. “Je suis l’Alpha et l’Omega, le début et la fin”, raconte une histoire vieille de plusieurs milliers d’années. Omegaeternum, “pour toujours et à jamais”. Tout est dans le tiraillement de la dichotomie du monde. Et comme le dit Sorghal dans son propos introductif : “Le chaos reprend exactement là où il s’est arrêté”.

    Dès les premières notes de « The Endless Quietus », une sensation de lourdeur s’installe, donnant l’impression d’une chape de plomb pesant au-dessus de votre tête. On perçoit une abondance de trémolo picking ainsi que de blast beats. La brutalité est omniprésente tout en conservant une dimension mystérieuse lorsque le tempo ralentit. Il ne fait aucun doute que musicalement, nous sommes profondément ancrés dans les années 1990. Autant vous le dire tout de suite, que la joie et la bonne humeur ne figurent pas au programme.

     “The Devious Deceiver” commence là où s’arrête “The Endless Quietus”. Une légère dissonance apparaît au début du morceau, au fur et à mesure, le tempo se ralentit considérablement laissant la place à une atmosphère pesante, parfois à la limite du Doom. Les riffs de guitares s’assombrissent tandis qu’une voix malsaine surgit de nulle part, accompagnée par les premiers passages de claviers qui se  dévoilent à nous, apportant un aspect plus atmosphérique au morceau. Cette piste est la plus longue, la plus épique et la plus mystique de l’album.

    — Ahhhhh (bis), mon cher LB D… As-tu remarqué sur l’artwork, signé Ritual Art Spirit, tous ces symboles qui ouvrent les portes d’un monde chaotique, celui de notre imagination ou celui d’une explication apportée à un mystère, celui du Mont Granier, par exemple.  Cette lune avec les tentacules, pour commencer. Les paroles de Sorghal en incise, quand il s’adresse à nous, ne laissent que peu de doutes “Dear disciples of the Great Old Ones”…  Rajoutons le titre du premier morceau, qui nous place dans le mode incantatoire, que l’on retrouve avec ces voix fourmillantes. On comprend vite où l’histoire veut en venir : l’éboulement du Mont Granier n’est certes pas sans lien avec le culte des Grands Anciens, couché originellement sur papier par Lovecraft. 

    Après, on ne peut nier que les symboles y soient nombreux. Déjà le logo en lui-même, que l’on retrouve presque entre les mains de ce grand prêtre, un coeur très vulvé par où s’immisce un serpent. Je ne vais pas te faire un dessin, tu auras compris l’allusion. Et comme médaille au cou de ce personnage central, l’arrière-plan stylisé, c’est-à-dire un faisceau de sommets montagneux. Mais tu vois, Sorghal mentionne 8 symboles… Penses-tu que ces 8 symboles se retrouvent déjà dans l’artwork ? Bien entendu, on ne va pas jouer les naïfs, nous avons 8 pistes… 

    Au fait… la symbolique du chiffre 8, c’est bien l’infini (mets-le sur le flanc…) et le renouveau. Aussi l’équilibre, paraît-il… 

     “1248 The Symbols Swallower” constitue le premier des trois volets consacrés à l’effondrement du mont Granier. On observe une plus grande diversité dans les voix et d’un clavier à la fois sinistre et omniprésent, s’enchaînant directement sur le court instrumental faisant office d’interlude. 

    Intitulé “1248 The Silent Tears of the Stone Giant”, il se compose exclusivement de rythmes de batterie lancinants et d’un son singulier émanant des claviers. Les tempi s’accélèrent à nouveau pour la troisième partie du triptyque. L’alternance des chants se fait remarquer, oscillant entre le rauque et le crié. Bien que la première section soit rapide, la deuxième est plus modérée, marquée par l’apparition d’une voix claire sortie tout droit d’un office religieux voire d’un rituel de magie noire. Cette voix s’harmonise parfaitement avec le puissant son d’une double grosse caisse, créant ainsi l’un des passages les plus marquants de l’album.

    Cet enregistrement comprend également deux autres pavés d’une durée approximative de quinze minutes chacun, intitulés “My Inner Decline » et « In Outverse Slumber », et qui viennent conclure cet album. Bien qu’ils présentent un certain intérêt, ils s’inscrivent dans la continuité des œuvres précédentes, épiques, mélodiques, mais toujours dans cette atmosphère angoissante. On notera tout de même, ce final qui nous rappelle le Black Metal Orthodoxe de Batushka (pour ne citer que lui), avec ses chants liturgiques, cette voix rocailleuse et ces nappes de synthés. Ce passage crée un climat tout particulier semblable à celui d’une période de deuil et de recueillement. Si je dois émettre une petite critique, c’est précisément la durée de ces deux titres qui me pose problème : ils sont beaucoup trop longs, on a du mal à rester concentré jusqu’à la fin et on finit par se lever de son canapé pour faire autre chose. À mon humble avis, ils auraient mérité d’être raccourcis afin de captiver l’auditeur jusqu’à la fin, évitant ainsi toute impression de monotonie.

    — Ahhhh (ter), mon cher LB D permets-moi de m’inscrire en faux, tout du moins en contre. En ce qui me concerne, je me suis laissée embarquer dans cette aventure avec délectation. Je n’ai pas eu once d’ennui ou de déconcentration. Au contraire, dès la première écoute, je me suis dit que cette œuvre ne se laisserait pas facilement apprivoiser, et qu’il m’en faudrait de nombreuses autres pour tout appréhender. Et plus on met le bout de l’oreille dans cette cérémonie, plus on découvre de petites choses restées secrètes, discrètes ou passées sous silence par une attention occupée par d’autres aspects de la musique ou de l’œuvre. 

    *

    Au premier abord, cet album peut paraître fastidieux et linéaire, je conçois qu’il puisse en fatiguer plus d’un. Cependant, ces impressions seront vite balayées si vous persévérez dans le nombre d’écoutes et c’est seulement après que vous allez prendre conscience de toutes les subtilités que renferme ce 1248, hormis le petit reproche mentionné un peu plus haut. Cet album, je le trouve relativement bien équilibré, cohérent, oscillant entre des passages brutaux et des moments de tranquillité pour le moins sinistres. Il offre également de nombreuses montées en puissance imprégnées d’occultisme et de mysticisme. En exécutant des riffs froids et glaciaux selon leur propre philosophie du Black Metal, les musiciens parviennent à se forger une identité qui leur est propre, et ça, ce n’est pas donné à tout le monde. 

    Je reste persuadé qu’à l’avenir, Omegaeternum gravira aisément la montagne qui les emmènera vers les sommets du Black Metal français.

    — Pour ma part, c’était la révélation de cette fin d’année…  

    Tracklist : 

     01 – Ye Incantation

     02 – The Endless Quietus 

     03 – The Devious Deceivers 

     04 – 1248: The Symbols Swallower

     05 – 1248: The Silent Tears of the Stone Giant

     06 – 1248: Echoes from the Depths

     07 – My Inner Decline 

     08 – In Outerverse Slumber 

    Line-up : 

    Sorghal – Chant, Guitares, Claviers 

    ÖberKommander666 – Basse 

    Arawn – Guitares (solo) 

    Sistre – Batterie

    Liens : 

    https://omegaeternum.bandcamp.com/album/1248

    https://www.facebook.com/OMEGAETERNUM

  • Live Report – Samaïn Fest 2024

    Live Report – Samaïn Fest 2024

    Samaïn Fest 2024 – Jour 1
    La Mézière, Salle Cassiopée (35)
    24 – 26 Octobre 2024

    Texte et Photos : Mémé Migou

    Le Samaïn Fest, ce n’est pas juste un fest comme un autre, c’est un fest qui vous plonge dans un univers spécifique de par son décor, mais également les nombreuses activités liées au breton (ateliers d’initiation, balade contée) car il s’agit bien d’un festival au profit de l’école de Guipel, du réseau Diwan (tout est fait en langue bretonne, apprentissages comme langue de vie). Ajoutons à cela la cérémonie du nouvel an druidique dès le samedi matin. Et rien de tel, pour mener cette célébration, que le grand Druide de la Gorsedd de Bretagne.

    Pour autant le Samaïn Fest a également vocation de casser les codes de l’imagerie bretonne tout en mettant la lumière sur des groupes qui chantent en langue bretonne ou qui ressortent de la région. Mais pas que, comme nous allons le voir…

    Mais mais mais… Je ne pourrai faire l’impasse sur la petite polémique qui a fait rage : Destoyer 666. Est-ce bien, pas bien, de programmer de tels groupes ? Savaient-ils ? Devaient-ils garder le cap, faire face ou plutôt volte-face en déprogrammant ? Ahhhh… Les réseaux sociaux y sont allés de bon cœur ! Et si je suis la première à dire qu’on ne devrait pas avoir à baisser notre froc devant la grande censure qui nous impose leurs choix moraux… bah là, pour le coup, j’ai trouvé l’acharnement un peu too much. Pourquoi ? Relisez un peu plus haut… Le Samaïn Fest a été créé pour soutenir une école ! D’accord, on peut casser les codes, mais on ne va pas non plus jeter le discrédit sur une école et son réseau, tout de même. Et ceci n’engage que moi et ma p’tite conscience…

    Ce que le Samaïn Fest nous propose en cette fin octobre 2024, ce sont 3 jours de concerts. Enfin, plutôt 2 jours de festival et une soirée d’ouverture. Malheureusement, pour cette dernière, je n’ai pu m’y rendre. Au programme, il y avait La faim du monde et un concert expérimental de Lannog, un concert dans le noir. Ça devait être bien intéressant !

    Passons au premier jour, si vous le voulez bien…

    (Et si vous ne voulez pas, passez donc au second jour directement, c’est pas plus compliqué que cela).

    D’emblée, dès les premiers pas sur le site, nous sommes plongés dans l’ambiance. Le décor est partout, qui vous happe. L’accueil des bénévoles est chaleureux. On se dit de suite qu’on va passer un bon moment.

    Elisirius

    Pour entamer la première journée, l’organisation a fait appel à Elisirius. Ce fut une belle entrée en matière qui, malgré le maquillage, manquait malgré tout d’un peu de jeu de scène. Des passages de black qui enchaînent avec des envolées plus « symphos », soutenues par de nombreux samples. C’était intéressant.

    Pour ma part, il manquait d’une guitare rythmique et, je dois bien l’admettre, tout n’était pas hyper carré. Mais au-delà de ces considérations, j’ai passé un excellent moment.

    Sans aucun doute, Elisirius est un groupe à suivre de près.

    « J’ai trouvé pas mal pour du black, c’est sympa. Un peu froid, niveau public, mais c’est normal, c’est eux qui ouvraient. Heureusement, ils enchaînaient les morceaux. Il n’y a pas eu de trous » – Alain

    Circles ov Hell

    Ah… Circles ov Hell… Ils avaient lâché un morceau « Minos », quelques temps auparavant. J’avais pu les voir au Muscadeath 2023 et ce titre m’avait donné l’impression d’écouter un autre groupe… Autant vous dire combien j’avais hâte de les revoir.

    Eh bien voilà… ce fut un set beaucoup trop court. Enfin, je veux dire par là que ça a passé bien trop vite et que j’en aurais bien pris repris une p’tite lampée auditive. Le public, déjà plus compact, était également ultra réceptif. Je vois les têtes commencer à dodeliner.

    Le set est touffu, tant dans le son que visuellement. Le côté sympho est bien plus appuyé qu’auparavant et vient pimper la prestation, donnant parfois des airs de Septicflesh. Kratos, le chanteur, sait aller chercher le public.

    Tout est carré. On entame le set avec le premier extrait du 2ème album, et on clôture en traversant le Styx sur un groove bien senti. La salle était dans la poche.

    Ende

    J’avais chroniqué la compilation « Beata Mortvi – Reliquat Mortifère » avant la sortie de leur dernier album. Avec le recul, je me suis trouvée un peu dure (de la feuille ? Peut-être… Il faut l’admettre Mémé n’est plus de prime jeunesse). Ici aussi, j’attendais beaucoup du show.

    Inutile de dire que ça a été une déferlante de haine acérée, une lame scarifiant la gorge. Un mur de son qui s’abat sur vous, ça te rentre dedans, ça vient chercher la nuque pour la plier en guise de prière. Amen.

    Le public est compact. Là, je vais juste rappeler que cette première journée n’est autre que sold out. Cependant, il est moins actif aussi. Pas de panique, le chanteur, I.Luciferia, saura aller le chercher. Un set très pro, puissant… mais qui me laisse un peu sur ma faim.

    Sang Froid

    Tiens… Voilà l’Öberkommandeur666 (Chants de Nihil, Omegaeternum, etc.) sur scène. Je comprends mieux la présence dans la salle de quelques personnes venues de loin… Mais faisons fi de ces réflexions qui n’apportent pas grand chose au report.

    Je ne connais pas Sang Froid. J’aime me laisser surprendre par un set. Et dans la salle, il y a quelques connaissances qui frétillent d’avance à l’idée savourer leur show. Je ne suis pas étonnée, sur scène on a tout de même des membres de groupes bien connus, Regarde les Hommes Tomber et The Veil. Signé chez Frozen Records, le groupe est pourtant assez jeune dans sa formation (2019).

    Et là, la musique commence… Encore heureux, allez-vous me dire, on est en festival ! Mais chut, la p’tite voix ! Chut pourquoi ? Chut, parce que j’ai besoin d’écouter. Ce que j’entends là, c’est.. ça sort de l’ordinaire. Voilà mon discours intérieur sur le moment…

    Bah oui, je ne m’attendais pas du tout, mais alors pas du tout du tout à ce qui allait débarquer. Imaginez Depeche Mode qui aurait fusionné avec The Cure ! Bah voilà, on a l’idée. Et de fait, après une petite recherche post festival, il s’avère qu’on est bien dans du Dark Rock, inspiré autant de la scène goth que cold wave. DM, Sisters of Mercy, … Les inspirations sont bien là.

    Un véritable ovni qui m’a scotchée sur place avec cette envie d’y retourner et de creuser le dossier. L’ambiance Dark a ouvert ses ailes noires sur la salle pour l’enrober dans ses pennes. Une belle découverte.

    Seth

    Bon… Il arrive un moment où il me faut bien aborder le sujet « j’ai l’estomac qui crie famine ». Il est pas loin de 21h et Mémé n’a toujours pas eu son bouillon du soir. Ayant déjà vu à plusieurs reprises Seth, c’est malheureusement le groupe qui fera les frais de mon absentéisme.

    Bien mal m’en a pris car il semblerait, d’après les nombreux retours, qu’ils aient délivré l’un de leurs meilleurs sets, du moins en Bzh.

    Borknagar

    Je vais vous dire un p’tit secret. Approchez-vous de plus près, je ne veux pas que tout le monde l’entende : « je ne suis pas une grande fan de Borknagar »…

    Holalaaaaa, je vois bien le reproche dans vos yeux ! Mais que voulez-vous, c’est peut-être un chouïa trop mélodique ou trop bien chanté pour moi. Attention, je ne dénigre pas la qualité des compositions et des chants. Juste que Mémé préfère les voix saturées.

    OK… J’arrête de faire ma vieille chouette… Et autant vous dire que j’ai kiffé grave le moment. Certes, ça reste hyper mélodique et très bien chanté, mais surtout j’avais face à moi deux monstres sacrés. Commençons par celui que j’attendais, Lars Nedland ! L’un du duo de Black avant-gardiste, Solefald ! Lars, qui chante comme un dieu. Ah ça ! Qu’on ne vienne pas m’avancer le nom de Einar Solberg, il n’a pas la rondeur et l’humilité d’un Lars. Alors effectivement, j’avais des étoiles dans les yeux, ce soir-là. D’autant plus qu’il y avait également à ses côté… ICS Vortex. Arcturus, quoi !

    On a senti un silence de plomb s’abattre sur la salle quand a commencé à résonner les premières notes de « Voices ». Voilà, ceux qui étaient présents dans la salle, étaient en communion. Merci messieurs !

    Rotting Christ

    On parle de légendes juste au-dessus ? Et que dire de Rotting Christ ?! Vous vous rendez compte ? Rotting Christ qui vient faire son show dans une petite ville bretonne, dans un festival en soutien à une école Diwan. C’est purement hallucinant. Et on peut féliciter les organisateurs non seulement d’avoir réussi ce tour de force, mais aussi de proposer au fil des ans des affiches on ne peut plus alléchantes.

    Là, on sent bien que les patrons entrent sur scène. La salle est bondée, prête à en découdre avec le Black Death Heavy épique de Rotting Christ.

    « C’était la guerre.. Putain, ça tabassait ! Après le côté cool de Borknagar, c’était ce qu’il fallait. Rotting Christ était attendu. C’est une machine de guerre très très bien rodée. Ils ont du métier. Et Sakis Tolis, qu’est-ce qu’il est cool ! En live c’est wow wow wow ! » – Vince

    Et oui, tous les éléments étaient réunis pour un set homérique et mémorable. Que ce soient les lights, le jeu de scène de tous les musiciens, le charisme de Sakis, et ce côté très abordable, ce fut un véritable feu d’artifices. Habemus Papam 666 !

    Fin…

    J’en connais qui n’auront pas beaucoup vu la lumière… de la salle. L’ambiance à l’extérieur était aussi bonne qu’à l’intérieur, là, auprès des bars. Il faut dire que pour ne pas perdre un seul set et profiter de l’air et de la bière, un écran géant permettait de suivre les shows. Je suis bien d’accord que ça ne vaut pas l’ambiance à l’intérieur, mais c’est une belle initiative digne d’être saluée.

    J’ai croisé pas mal de monde, dont SAS de l’Argilière, Vince le brasseur de la fameuse « Couille de loup », Vince le bassiste de Salace, Arawn de Omegaeternum, Amduscias de Conviction/temple of Baal/ entre autres, et moult autres personnes… Pour une première journée, elle fut à la hauteur de mes attentes. Ajoutons à cela l’élément ccol/pas de prise de tête, un public proche des artistes et vice versa (ouaiiiiiiis j’ai croisé Lars dans le public… et j’ai osé faire ma midinette de base en baragouinant un « I love so muuuuuch your work and… I miss Solefald ! »).

    Il est temps de rentrer se coucher. Dans quelques heures, la cérémonie druidique de Samhain se déroulera ici même. Je ne veux pas rater ça…

    Pour info :

    Le samaïn fest édition 2025 aura lieu les 23, 24 et 25 octobre 2025. Ne loupez aucune info en vous rencardant sur leurs sites :

    Site officiel

    Facebook

    Instagram

    Borknagar

    Circles ov Hell

    Elisirius

    Ende

    Rotting Christ

    Sang Froid

    Seth

    Les coulisses et décor

  • Repurgator – Fovea Inferno

    Repurgator – Fovea Inferno

    Genre : Death Metal
    Label :  L’Ordalie Noire
    Sortie : 13/09/2024

    Note : 80/100 (Antirouille)

    Repurgator débarque sur la scène Death Metal française avec un premier album, sans passer par la case démo, split ou EP. S’ils dérogent un peu à cette règle, ils ne vont pas s’éloigner d’un iota de celles  établies par le registre joué ici, à savoir un Death Metal vieille école à chercher du côté de Cannibal Corpse pour les grandes lignes, Deicide dans certaines approches vocales ou encore Obituary pour le Groove. 

    Avec tout ça, ne cherche pas la modernité, des entames hypers chiadées ou des samples diverses et variés, non, tu auras du Death Metal pur et dur, primitif, comme on le jouait dans les années 90. Tu auras tout au plus une intro dont la durée aurait pu être diminuée de moitié et qui aurait tout simplement pu être dispensée pour coller parfaitement au thème. 

    Ça envoie du gras et du gros son bien dégueu, certes déjà entendu, sans grande surprise mais sans aucune monotonie. Les 31 minutes passent crème, excepté peut-être cette intro ( je t’ai déjà dit qu’elle était dispensable ?) et tu vas te surprendre à en redemander. Addictif Fovea Inferno ? Oui, et ce ne sont pas des titres très « Cannibouliens » comme «Blood & Gore » ou encore «Homicide or Suicide »  qui feront mentir.

    Comme convenu, les guitares envoient du son saturé, des mélodies rampantes, certaines répétées à l’infini et des solos hauts en couleurs comme sur «Blood Frenzy ». Bon, ne t’attends pas non plus à du Eddie Van Halen, faut pas pousser, c’est du Death Metal ! La batterie joue le plus souvent un mid tempo comme l’aime le registre, mais elle est capable de belles envolées et dézingue tout en mode Kalashnikov.  La basse aime plomber un titre, le stopper net dans sa course et l’enliser dans un groove étouffant, parfois proche du Doom, comme sur la fin de «Years of Torments ». Les voix de notre growleur sont maîtrisées, il passe volontiers d’un grunt classique à des growls profonds en passant par des effets de voix growlées/criées qui font leur petit effet. Nos franciliens dominent le sujet et ils nous le démontrent ici. 

    Si Fovea Inferno était sorti dans les âges d’or du registre, il aurait pu se faire une place entre Tomb of the Mutilated, Legion, The End Complete, Spiritual Healing ou encore Breeding the Spawn, mais voilà, on est dans les années 2020…  S’il ne surprendra pas les vieux hardos biberonnés aux albums cités ci-dessus dans leur adolescence, au moins arrivera-t-il à leur faire lever le nez de la bouillie actuelle en leur rappelant de bons souvenirs. Quant aux jeunes metalleux qui font leurs premiers pas dans le Metal et avides de découvertes, c’est une bonne entrée en matière pour appréhender le Death Metal, le old school, celui du vieil Antirouille

    Album complet

    Tracklist 

    1. Abyssi Tenebrarum
    2. Hammered Skull
    3. Plague Death
    4. Homicide or Suicide
    5. Years of Torments
    6. Blood & Gore
    7. Gruesome Masterpiece
    8. Blood Frenzy
    9. Savage Dismember

    Line up : 

    Thomas Beauquier – Basse

    Yann Iwach – Batterie

    Arthur Kayser  – Guitare 

    Florent Mignon  – Guitare

    Maxence Guibert – Chant

    Liens :

    https://www.deezer.com/en/artist/281761461

    https://www.facebook.com/repurgator

    https://www.instagram.com/repurgator

    https://twitter.com/i/flow/login?redirect_after_login=%2Frepurgator

    https://www.youtube.com/@Repurgatordeathmetal

    https://music.apple.com/us/artist/repurgator/1767695600

  • Live Report : Sólstafir + Oranssi Pazuzu + Helga.

    Live Report : Sólstafir + Oranssi Pazuzu + Helga.

    L’ANTIPODE (Rennes, 35)
    Mercredi 27 novembre 2024

    Texte : Seb D
    Vidéos : Once Upon a Live

    3 groupes venus des contrées les plus froides d’Europe débarquent à Rennes en ce mercredi pluvieux. Ce “Nordic Descent Tour 2024” met à l’honneur les Islandais de Sólstafir venus défendre leur tout nouvel album Hin Helga Kvöl fraîchement sorti au début de ce même mois. Pour l’occasion, ils sont accompagnés d’Oranssi Pazuzu et de Helga.

    C’est à cette dernière entité que revient la lourde tâche d’ouvrir la soirée devant une salle qui se remplit timidement. La formation suédoise, dont le nom n’est autre que le prénom de sa leadeuse et chanteuse, officie dans un style difficilement définissable. Le socle est définitivement Folk mais les musiciens n’hésitent pas à y incorporer des éléments plus Dark, Doom voire de Metal plus agressif afin de donner du relief à l’ensemble. Helga Gabriel attire tous les regards tant elle vit sa musique. Elle occupe totalement l’espace, se lançant dans des danses faisant penser par moment à un état de transe hypnotique. La diversité des langues et autres onomatopées renforce cette impression d’assister à une cérémonie chamanique. Dans un sens, heureusement qu’elle est là car le reste du groupe, bien qu’exécutant bien sa partition, reste très (trop) statique. Un concert agréable, pour une mise en bouche, qui reçoit un accueil poli.

    Lien vidéo HELGA :

    J’ai eu une pensée pour les personnes venues voir exclusivement la tête d’affiche lorsqu’ils se sont littéralement fait violer les oreilles par la musique des Finlandais d’Oranssi Pazuzu. Si on n’est pas préparé, ça a de quoi surprendre et décontenancer. Ici, on oublie tous les codes d’un schéma de chanson classique. Ça part dans tous les sens, il n’y a aucune barrière. Estampillé groupe de Black Metal, le nombre de claviers sur scène a de quoi éveiller la curiosité. Ceux-ci sont la base de la musique de la troupe et vont arroser à grosses louches le Metal Extrême des Finlandais. J’avais tenté l’expérience avec les 2 derniers albums studio mais sans trouver de plaisir ou de point d’accroche pour véritablement rentrer dans leur univers. C’est véritablement quand on les voit en live que ça paraît plus clair et que tout prend son sens. Il faut voir à quel point le groupe se donne sur scène pour tomber en admiration face à cette expérience sonore. Surtout le guitariste Ikon qui maltraite sa guitare et triture ses claviers pour en sortir toutes sortes de sons aussi étranges les uns que les autres. La musique du groupe est jouissive dans ce contexte et vous transporte ailleurs. Un moment magique et un groupe à revoir absolument lorsqu’il repassera dans le coin.

    Lien vidéo ORANSSI PAZUZU :

    Après une telle déflagration, Sólstafir va devoir sortir le grand jeu s’il ne veut pas que sa prestation paraisse fade. Lorsque le groupe entre en scène, c’est sous une ovation qui montre à quel point il est attendu.

    Une intro instrumentale interminable et Adalbjorn « Addi » Tryggvason (chanteur / guitariste) commence enfin à nous gratifier de sa voix toute en émotion. Mais bizarrement, j’ai du mal à entrer dans le concert. La faute à un problème qui sera récurrent tout le long du show, la guitare du leader est beaucoup trop forte. À tel point qu’elle écrase totalement le jeu de ses 2 compères guitariste et bassiste et arrive parfois même à éclipser la batterie. De plus, j’ai le sentiment qu’il surjoue de sa voix plaintive et ça en devient agaçant sur la longueur. Les titres tels que le tube “Fjara” ou la chanson d’ouverture du nouvel album Hún Andar sont des petits sursauts plaisants mais n’arrivent pas à éclipser cette sensation de concert en demi-teinte. Le chanteur fait l’effort de lâcher sa guitare le temps d’un titre et d’un bain de foule micro à la main (merci pour nos oreilles !) ce qui permet d’apprécier enfin le talent des 3 autres musiciens. Le concert se clôture sur “Ótta”, excellent titre dans sa version studio mais ici étiré à l’infini jusqu’à l’écœurement. Il est minuit passé, on se dit que le concert est terminé mais, quand il n’y a plus, il y en a encore ! Le groupe est généreux ce soir et nous sert un “Goddess of the Ages” en guise de rappel que je trouve sans fin car mon esprit n’est déjà plus là depuis un bon moment. C’est à 00h30 que nous quittons cette superbe salle de l’Antipode avec un sentiment de déception face au show que nous ont délivré les Islandais.

    Les ayant déjà vus à plusieurs reprises, je sais qu’ils sont capables de bien mieux. Ce sentiment est certainement aussi une conséquence de l’énorme claque que nous a infligée Oranssi Pazuzu.

    Lien vidéo SÓLSTAFIR :

  • MERCYLESS – Those Who Reign Below

    MERCYLESS – Those Who Reign Below

    Genre : Death Metal
    Label : Osmose Productions
    Sortie : 25 Octobre 2024

    Note : 80/100 ou Ah oui ça fait plaisir mais… Bon, oui, ça fait vraiment plaisir, mais… Non mais oui, c’est excellent, d’accord ! Mais…  (Robin le gardien des anomalies)

    Hors des sentiers battus

    Quelquefois, lorsque je vois l’engouement incroyable pour certaines œuvres, je reste perplexe face à tous les superlatifs que je lis et entends… Un excellent album de Death « old school » dit-on désormais quand le groupe fait dans le classicisme, tant dans l’esthétique que dans la musique : ça ne me satisfait plus ! Et j’en ai marre que ce terme soit utilisé comme synonyme de qualité ou preuve d’intégrité.

    Mercyless est si important pour moi que je ne peux pas encenser le groupe sans vous parler de ce qui a pu me faire vibrer chez lui : L’audace !!! Bordel de merde, oui, l’audace ! L’envie d’essayer des trucs nouveaux frais, de s’essayer et de se frotter à des choses qui font décoller le nez du genre ! Souvenez-vous de Agressor avec Rebirth, souvenez-vous de Loudblast avec Sublime Dementia ! De Supuration avec The Cube ! Ce sont des albums qui ont voulu pousser le genre défini, vers d’autres frontières à franchir…

    Mercyless fut un de ceux-là…

    Vers un chemin tortueux

    Vous savez ce qu’il a fait Mercyless ? Il a signé un des meilleurs albums de Death Metal que j’aie jamais écouté, rien que ça ! Je veux bien sûr parler de Coloured Funerals

    Pochette hideuse mais une œuvre définitivement importante pour moi !

    Parce que j’ai fait sa rencontre après avoir vu Mercyless à la Nuit de l’Enfer le 21 avril 2018 et que le retour a été une sacrée péripétie… Une nuit de ténèbres dans les phares, l’album dans la voiture m’a servi de bande son. Par la suite, je l’ai écouté en continu pour me familiariser avec ses mélodies si envoûtantes, si hors du commun du genre (malgré le fait qu’il restait un album de Death Metal).  Les chaînes brisées, le groupe s’est alors affranchi des thématiques propres au genre, il s’est également émancipé musicalement de son envie de brutalité, il a laissé poindre sa sensibilité, son lyrisme, son romantisme quelque part, mais pas ampoulé ou élitiste à la Misanthrope, une sensibilité qui, subtilement, mais indéniablement a tordu le genre et les compositions du groupe pour révéler une part plus écorchée, et osons l’écrire : Belle ! 

    La musique de Mercyless a été belle et audacieuse !

    Aujourd’hui elle est intense, inspirée… et convenue.

    Et après un tel chef-d’œuvre, l’histoire estime que le groupe s’est perdu… Or je serai toujours un défenseur des albums suivants parce que le groupe, à défaut de réaliser un chef-d’œuvre, s’affranchit d’un genre et décide de ne pas tourner en rond. Il ne négocie pas toujours bien les virages et la voix à la Rob Flynn, des fois, agace… Mais Max Otero s’essaye à d’autres choses et garde sa force d’interprétation ! 

    Les musiciens ne sont pas en reste, s’essayant à un Groove Metal qui s’injecte de manière maladroite d’autres genres musicaux dans son sang de lave de Death Metal. Oui, les albums suivant ce chef-d’œuvre qu’est Coloured Funerals ne sont pas une immense réussite mais l’audace est là et les moments de grâce moins fréquents surviennent sur certaines compositions.

    Tout de même : entre C.O.L.D. et Sure to Be Pure il y a une différence qualitative évidente. Si C.O.L.D.  lorgnait vers un Groove Metal un peu putassier, il contenait toujours d’étonnantes surprises, Sure to be Pure est lui beaucoup plus convenu, courant avec détermination vers un Death indus, certes bourrin mais peu inspiré, à l’image de la direction artistique visuelle.

     Cependant, sur cet album aussi, nous retrouvons des éléments épars d’une envie d’innovation, de rafraîchissement. Hélas, la sauce prend bien moins et la linéarité frappe l’ensemble des compositions : riffs peu inspirés, peu de moments dont on se souvient, l’album, rêche, s’avère finalement stérile… Il me fait d’ailleurs penser à Cause for Conflict de Kreator : bourrin, production sèche, une orientation assumée, mais rien d’inspiré ou de marquant.

    Puis vient le silence…

    Close to a World below…

    Impossible d’écouter cet album sans avoir en tête l’histoire musicale du groupe car, s’il convient de le cerner dans ce qui peut être appelé la seconde partie de l’histoire du groupe, il me rappelle toujours par sa volonté de coller au plus près aux codes du genre son histoire complète. 

    Le dernier album de Mercyless fait suite à Mother of all Plagues sorti en 2022. Et autant dire qu’il a été encensé ! Je dois dire que cet album m’a amplement plus convaincu que celui de 2022. 

    Plus inspiré, une ligne rouge, ou une idée de structure qui définit bien chaque compo, des mélodies torturées et infernales, des solos de toute beauté exécutés pour la plupart par des invités de renom. Je trouve que le groupe fait là, preuve d’ingéniosité et j’ai toujours adoré les œuvres collectives, l’apport des « guests » est non négligeable et je salue vraiment le groupe d’avoir collaboré avec ces guitaristes car, grâce à eux et au riffing inspiré de Max Otero, j’ai retrouvé l’ambiance et le caractère mélodique prenant de Pathetic Divinity (qui avait également des invités de marque pour certains solos).

    Vous l’avez compris : je partage l’engouement général pour cet album. Mais malgré cette véritable réussite, je n’oublierai jamais l’audace dont a pu faire preuve Mercyless. Comme… une anomalie dans une discographie qui, aujourd’hui depuis quatre albums, semble avoir trouvé sa pleine cohérence malgré des changements de line up discrets, Mercyless je m’en souviens, a été aussi un autre groupe. 

    J’ai des souvenirs d’un temps que je n’ai pas connu. Mais j’entends toujours ces audaces, que des fois je me récite comme des psalmodies. Même ceux qui règnent en Maître dans les flammes indécentes des Enfers, ont dans un Délire cosmique, ouvert un portail dans un monde. Un monde par-delà le bien et le mal, par-delà le Metal Extrême.

    Je rêve d’aberrations, c’est ce qu’ils disent tous.

    Tracks :

    1. Extreme Unction  

    2. I Am Hell  

    3. Evil Shall Come Upon You  

    4. Phantoms of Caïn  

    5. Thy Resplendent Inferno

    6. Crown of Blasphemy  

    7. Prelude to Eternal Darkness  

    8. Chaos Requiem  

    9. Absurd Theatre 

    10. Sanctus Deus Mortis  

    11. Zechariah 3:1  

    Line up :

    Yann Tligui – Basse

    Max Otero – Voix, Guitare

    Gautier Merklen – Guitare

    Johann Voirin – Batterie

    Guests :

    Münch Thomas – Guitare (lead) (track 9)

    Groupe principal associé – Manzer

    Bonvin Patrick – Guitare (lead) (tracks 2, 4)

    Groupe principal associé : Construct of Lethe, Near Death Condition

    Stephan Baillot : Guitare (lead) (track 7)

    Groupe principal associé : Misgivings, Ritualization

    Artwork :

    Néstor Ávalos

    Liens :

    https://mercyless.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/mercylesscult

    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/4mFRXUxwlZpEDGrAzN2LqW

    https://www.instagram.com/mercylessofficial

  • Live-Report – Metalearth festival 2024

    Live-Report – Metalearth festival 2024

    Metalearth Festival III
    LA CARÈNE (Brest, 29)
    Vendredi 15 et samedi 16 novembre 2024

    Texte : Seb D
    Photos : Mémé Migou
    Vidéos : Bruno Guézennec
    Interviews : Seb D., Bruno Guézennec et Mémé Migou

    Cet automne, le Metalearth Festival a fait son retour pour une troisième édition sous le signe du changement : après les deux premières qui s’étaient tenues en avril 2022 et 2023, le public a dû prendre son mal en patience et attendre la tombée des feuilles mortes pour avoir sa dose de gros son dans les oreilles. Ensuite, nouveau lieu : exit l’espace Léo Ferré pour un nouveau camp de base à La Carène. Un pari assez osé pour un jeune festival mais qui va dans la continuité de ses ambitions et de développement sur le long terme.

    Le Metalearth, ce n’est pas seulement une liste de jolis noms de groupes sur une affiche, c’est bien plus que ça : le festival engagé et enragé défend et veut éveiller les consciences sur des causes qui lui tiennent à cœur. Après la sauvegarde des espèces marines en 2022, celle du loup des Monts d’Arrée en 2023, la lumière est faite cette année sur l’exploitation minière des fonds marins et tous les dégâts que celle-ci peut causer notamment sur l’écosystème des espèces, de la surface jusqu’au fond des abysses. Combat magnifiquement illustré sur l’affiche de cette édition qui est l’œuvre de Chromatorium Music.

    Afin d’illustrer le propos et renseigner les festivaliers sur ce sujet, deux associations sont présentes : Greenpeace et Sea Shepherd. On peut retrouver leur stand respectif dans le hall de la salle ainsi qu’une exposition de photos sur ce thème. Durant les changements de plateau entre les groupes, toujours dans le hall, deux films courts sont diffusés sur écran géant : le premier, intitulé “Pourquoi pas les abysses ?”, nous invite à suivre le navire de l’Ifremer sur l’exploration et la découverte de nouvelles espèces animales marines au fin fond des océans ; le deuxième, est une prise de parole de Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd et grand défenseur de la cause des baleines et luttant contre leur chasse, actuellement en prison.

    Passons maintenant au volet musique si vous le voulez bien. L’asso a mis les petits plats dans les grands cette année en proposant une programmation quatre étoiles. Comme les éditions précédentes, la soirée du vendredi est consacrée au Black Metal et celle du samedi au Death Metal et Metal progressif.

    HOULE

    C’est Houle qui ouvre le bal. Le groupe qui a le vent en poupe et ayant écumé de nombreuses scènes cette année, se devait de faire une escale à Brest. Car l’un de leur membre, le guitariste Crabe, est un natif de la cité du Ponant. Durant l’intro, les musiciens de la formation arrivent l’un après l’autre sur scène, tous habillés de marinières, cirés et bottes de pluie, tels des pêcheurs venant à peine de rentrer au port après avoir subi une forte tempête. Les algues encore collées à leurs vêtements renforcent cette impression. Une fois les instruments empoignés, vient le moment de déverser les premiers accords de leur Black Metal marin. Adsagsona, la chanteuse, encapuchonnée et lanterne à la main, arrive enfin à son tour sur scène. Tous les regards vont naturellement vers elle tant sa prestation est hypnotique. Elle vit totalement la musique et l’enrichit de sa voix tantôt criarde tantôt sanglotante. Elle ira même jusqu’à descendre dans la fosse pour être au plus près du public. Malgré un son pas optimal (l’une des guitares est anormalement sous-mixée), c’est une énorme claque qui ne fait que confirmer tout le bien que je pense de cette jeune formation. Le titre “Mère Nocturne” me restera en tête plusieurs jours après cette prestation.

    Lien vidéo HOULE :

    ACOD

    Acod prend le relais avec leur Black / Death Metal hautement qualitatif. Voir un show des Marseillais, c’est assister à un rituel. Le groupe fait en sorte de rendre chacune de ses prestations unique en prenant soin de travailler ses setlists afin que chaque concert soit différent. Les deux leaders charismatiques, le chanteur Fred et le bassiste Jérôme, en imposent sur scène. On assiste à un concert pied au plancher.

    Le son est massif et les renforts de samples de claviers étoffent la musique de la plus belle des manières. Ce n’est pas la peine de résister tant il est impossible de ne pas headbanguer aux rythmes et aux riffs de ce Metal Extrême. Le guitariste, d’une technicité folle, m’hypnotise une bonne partie du set avec ses doigts qui défilent avec aisance sur le manche. Du grand art !

    Nous avons eu la chance de passer quelques temps à discuter lors d’une interview que le duo nous a accordée. Retrouvez l’article et l’entretien ici : Interview : ACOD – Memento Mori Webzine

    L’interview de Fred et Jérôme/ACOD :

    Lien vidéo ACOD :

    THE GREAT OLD ONES

    La tête d’affiche de cette première soirée n’est rien de moins que l’un des plus importants groupes de Post-Black Metal de l’hexagone : The Great Old Ones. Les Bordelais vont nous servir une superbe prestation de leur Metal noir mettant en musique l’œuvre de H.P. Lovecraft.

    La mise en son est excellente et les musiciens se donnent à fond. Nous avons même le droit à un extrait du prochain album, Kadath, qui sortira le 24 janvier 2025, avec le titre “Me, the Dreamer”. Ce n’est que la deuxième fois qu’ils jouent ce morceau en live : il laisse présager le meilleur pour cette nouvelle galette. Quel dommage de voir la salle se vider au fur et à mesure du concert… Le groupe termine tout de même sa prestation devant un public conséquent mais moins nombreux que pour Acod.

    Ici aussi, nous avons eu le plaisir de rencontrer Benjamin Guerry en amont du set. Retrouvez l’entretien accordé à Memento Mori Webzine ici : Interview : Benjamin Guerry – Memento Mori Webzine

    Lien vidéo THE GREAT OLD ONES :

    ***

    SPHERES

    C’est le groupe Spheres de Paris, qui lâche les premières notes de cette seconde soirée. Qui dit Metal Progressif peut parfois dire démonstration de technique en omettant l’essentiel, la mélodie. Ce n’est pas le cas de notre quatuor : les lignes mélodiques sont facilement assimilables ce qui n’empêche pas la formation de faire montre de tout son talent technique. Un concert très agréable mené de main de maître par son chanteur guitariste à la bonne humeur communicative. Une belle découverte.

    Lien vidéo SPHERES :

    CARCARIASS

    C’est dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures soupes. Et ce soir les vieux briscards de Carcariass nous le prouvent de la plus belle des manières. C’est à une leçon de Death Metal Mélodique old school à laquelle nous assistons. Le son est gros et Pascal Lanquetin, lead guitariste, nous enchante et nous éblouit avec ses pluies de notes qui font la signature du groupe depuis ses débuts. Le set se concentre essentiellement sur les trois derniers albums de la bande en n’omettant pas d’aller piocher dans le vieux matériel avec deux extraits de l’album Killing Process qui date de 2002. Jérôme Thomas, le chanteur, descend s’ambiancer dans le pit durant le titre “Mortal Climb”, pogotant avec le public puis se mettant en retrait pour admirer ses camarades jouer le morceau. Incontestablement le meilleur concert du festival !

    Lien vidéo CARCARIASS :

    ATLANTIS CHRONICLES

    C’est à Atlantis Chronicles que revient la tâche de clôturer cette seconde soirée. Et ils n’ont aucun mal à mettre le public dans leur poche grâce à leur Death Metal Technique et Mélodique parsemé de touches de Metalcore. Le niveau technique des musiciens est juste époustouflant. On sent les années passées sur la route, de la plus petite salle jusqu’aux scènes des plus gros festivals en France comme à l’étranger. Mais pour ma part, j’abandonne au deuxième titre car ce genre de musique ne me parle absolument pas. Vu le peu de monde qui traine dans le hall de La Carène durant leur set, on peut considérer que la majorité de l’audience a été conquise.

    Lien vidéo ATLANTIS CHRONICLES :

    ***

    Afin de clôturer le festival, une partie de l’équipe monte sur scène pour un petit discours de remerciement. Le pari du changement de salle est relevé haut la main. Cette édition est une réussite totale en tout point. Et avec une belle fréquentation (300 entrées payantes le vendredi et 250 le samedi). Ce qui laisse présager le meilleur pour l’avenir.

    Brest, ville punk, a été pendant de nombreuses années, un parent pauvre en matière de concerts Metal. Cela étant certainement dû à sa position géographique. Mais aujourd’hui la ville peut se réjouir d’avoir deux festivals Metal qui tiennent la route et remportent chacun un joli succès. Bravo à toute l’équipe du Metalearth de nous avoir si gentiment gâtés. Nous avons déjà hâte de tous vous retrouver l’année prochaine avec une affiche encore plus folle.

    Merci au Metalearth pour l’accréditation et les interviews accordées.

    Nous vous laissons avec quelques photos des organisateurs, merch et exposants.

  • Wormed – Omegon

    Wormed – Omegon

    Genre : Tech Brutal Death
    Label : Season of Mist
    Sortie : 5 juillet 2024

    Note : 75/100 (WvG)

    Il fait chaud, trop chaud pour que j’arrive à dormir paisiblement… et quand je n’arrive pas à dormir, je rumine, je ressasse des trucs qui, pour faire simple, seraient l’équivalent d’un statut « c’est compliqué » sur Facebook, je réfléchis à m’en taper la tête contre les murs, ce qui va à l’encontre de la logique puisque c’est plutôt l’inverse en général : c’est quand on se prend le mur qu’on réfléchit (d’où l’expression « après mur, réflexion »). En clair, j’avais le cœur gros, de nuit, fallait que je change de peau… J’ai changé de draps et de caleçon, c’est déjà ça : un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’hygiène.

    Bref, j’avais besoin de penser à autre chose et, donc, je me dis « et si j’allais zieuter dans la liste d’albums à chroniquer chez Memento, je trouverai peut-être le repos : rien de mieux pour un bon gros dodo ! » … Je tombe alors sur Wormed et leur quatrième album intitulé Omegon.

    *

    Ah, cool, de l’astrophysique et de la physique quantique d’après les titres ! Théoriquement, ça devrait aider… Je lis du « Nexus », du « Teratogenesis », du « gravitational », je me dis qu’il y a matière (noire) à soulever une épée de Damoclès : soit l’endormissement (mon souhait), soit une recherche approfondie pour creuser ces abysses insondables que sont internet et ses sources infinies d’information en quête de nouvelles connaissances. Et puis l’artwork est totalement classieux et quali, totalement dans l’esprit « espace », « technologie » et consorts, un peu dans l’esprit d’une jaquette de Fear Factory.

    Bon, j’avais oublié de lire la spécificité stylistique « technical brutal Death » … Et en effet, on est les deux pieds dedans ; il y a comme un grain de sable de terrain de beach volley olympique dans cette machine dans ma tête : le 4/4, c’est pour les fragiles… Alors, oui, il y en a, occasionnellement, ponctuellement, mais juste comme une soupape de respiration (genre la courte plage « Malignant Nexus ») dans un flot de mesures complexes aux rythmiques syncopées qui feraient passer un prog snob pour un néophyte. De toute façon, il se serait déjà barré, vu l’absence de mélodie. D’ailleurs, je me demande bien ce que ça peut donner en live : un headbang n’est même pas envisageable, ou alors ça passera pour une crise d’épilepsie, ce qui pourrait être drôle à voir, moins si c’est une vraie en direct… Cherchez pas, je réfléchis encore trop…

    Le ton est donné dès le premier morceau « Automaton Virtulague » : ça va taper… La nuit est chaude, elle est sauvage, et finalement, ce n’est pas l’écoute de cet album qui va me calmer. Et vous avez intérêt d’être bien accroché pour tenir les neuf pistes pour quarante-et-une minutes s’achevant sur le long morceau éponyme de l’album (sept minutes de tabassage arythmique), servies par le quintette espagnol qui doit avoir l’esprit encore plus tordu et facétieux que le mien. Petit tour sur Encyclopedia Metallum ; chaque membre pseudonymé de ce petit groupe de joyeux madrilènes semble tout autant hyperactif, au vu du CV.

    Tout ça devrait être plutôt élogieux, musicalement, mais beaucoup de choses m’ont fait sortir d’Omegon. Déjà, la caisse claire qui sonne kit Playschool tambourinée par une poupée Mattel ; il parait que c’est une esthétique, mais je n’adhère pas. Ensuite, c’est bien sympa de parler de sujet de haute volée, encore faudrait-il que les paroles soient (1) compréhensibles/intelligibles (là, je pourrais ânonner ma liste de courses simultanément que ça serait pareil) et (2) audibles ; une piste de voix sous-mixée donc dispensable pour ce qui est censé être un concept album (?!)… Subséquemment, ça donne l’impression d’avoir choisi une thématique au hasard (par exemple… « Astrophysique pour 40 points * jingle Jeopardy* : « un trou de ver » … Miguel ? – Hmmm… Qu’est-ce qui a inspiré le nom du groupe « Wormed » ? »), idée aussi évidente et foisonnante de débouchés que de prendre… disons au hasard aussi… une poupée Mattel (ou le jeu Touché Coulé) et lui affecter un scénario qui tient sur un post-it pour en faire un film ! Soyons fous !

    *

    Conclusion : brutalement, techniquement et deathment, c’est un album idéal, du genre plus efficace que du Redbull, pour vous tenir éveillé(e) sur la route… disons pour aller en fest… disons au Motocultor, pourquoi pas *blink, la rédac’*… mais pas pour vous servir de berceuse ou vous distraire de vos pensées nocturnes insomnieuses. Donc l’été sera chaud dans mon T-shirt, dans mon maillot et j’ai toujours le cœur gros, Nadine…

    Line Up : 

    Guillemoth – Basse / Phlegeton – Samples, Chants, paroles / Migueloud – Guitares, Composition (3, 6, 8) / V-Kazar – Batterie, composition ( 1, 2, 4, 7, 9) / D-Kazar – Guitares, composition (5)

    Tracklist : 

    1. Automaton Virtulague
    2. Pareidolia Robotica
    3. Protogod
    4. Pleoverse Omninertia
    5. Malignant Nexus
    6. Virtual Teratogenesis
    7. Aetheric Transdimensionalization
    8. Gravitational Servo Matrix
    9. Omegon

    Liens : 

    https://wormed.bandcamp.com/album/omegon

    https://www.facebook.com/wormed

    https://www.youtube.com/channel/UCuUSrdwvLIG07CPeGsdv4fw

    Omegon - Wormed - CD album - Achat & prix | fnac
  • Live Report : Sepultura+Jinjer+Obituary+Jesus Piece

    Live Report : Sepultura+Jinjer+Obituary+Jesus Piece

    Sepultura+Jinjer+Obituary+Jesus Piece
    LE ZENITH (Paris, 75)
    Mercredi 30 octobre 2024

    Texte : Seb D
    Vidéos : Once Upon a Live

    Cette année, les Brésiliens de SEPULTURA ont décidé de célébrer leurs quarante ans de carrière en se lançant dans une tournée d’adieu. Ce “Celebrating life through death tour” se terminera en 2026 par une ultime date à Sao Paulo ainsi que par la sortie d’un album live regroupant quarante titres enregistrés dans quarante villes différentes en signe d’épitaphe.

    Après avoir débuté cette tournée par les Etats-Unis le 17 septembre à Chicago, la joyeuse troupe débarque sur le vieux continent et nous fait l’honneur de commencer cette escale européenne par la France.

    *

    Je rate volontairement le JESUS PIECE, premier groupe à jouer ce soir, préférant boire une bière avec les amis et faire quelques emplettes au stand merchandising. N’étant pas un grand fan de Hardcore, vu le son que l’on entend depuis le hall du Zénith et ayant écouté le dernier album du groupe avant de venir, je sais que je ne loupe pas grand-chose.

    Le deuxième groupe m’intéresse beaucoup plus et nous profitons de la pause pour bien nous placer. C’est qu’il est bientôt l’heure de se prendre une bonne dose de Death Metal old school dans les esgourdes. La machine floridienne la plus groovy du circuit ne tarde pas à prendre possession des planches et entame son set par l’habituel instrumental “Redneck Stomp”. Histoire de nous montrer que le son est bien gros et qu’on va prendre cher.

    En vieux métalleux que je suis, je trouve inconcevable de voir OBITUARY jouer avant JINJER. Mais que voulez-vous, à l’heure des plateformes de streaming, on peut vite voir que les Ukrainiens sont bien plus populaires que la bande des frères Tardy.

    Malgré ça, la bande de Tampa délivre un concert impeccable comme il sait si bien le faire à chaque fois que j’ai l’occasion de les voir en live.

    Hormis trois titres du dernier album en date Dying of Everything et l’intro mentionnée plus haut, la formation met en avant ses albums sortis entre 1989 et 1997. Ce qui ravit les fans de la première heure. Après dix titres enchaînés sans temps mort, les arpèges de “Slowly We Rot” résonnent dans le Zénith, annonçant le dernier morceau du set. Un excellent concert !

    Lien vidéo OBITUARY :

    *

    La charismatique Tatiana Shmayluk et ses trois acolytes ne tardent pas à prendre le relais. Changement total d’ambiance avec un Metal Progressif moderne penchant très franchement vers le Djent. Depuis le buzz créé par le groupe il y a bientôt dix ans jusqu’à aujourd’hui, la notoriété du groupe est montée en flèche, faisant de JINJER une des plus grosses locomotives européennes de renommée mondiale. Mais tout cela n’est pas le fruit du hasard, c’est uniquement dû à un travail sans relâche et des tournées incessantes aux quatre coins de la planète. Tatiana est comme toujours époustouflante, alternant les vocaux avec une aisance folle. Quelle voix ! Le set de ce soir ne fera que confirmer le professionnalisme de la formation tant le show est carré de chez carré. Bien que j’apprécie le groupe, je ne rentre pas totalement dans le concert sur la durée. Le côté froid et mécanique de ce style musical me lasse un peu sur la longueur. Le public paraît totalement conquis et je peux le comprendre. JINJER reste une machine ultra efficace en live.

    Lien vidéo JINJER :

    *

    Vient enfin le moment du plat de résistance. Autant le dire directement, SEPULTURA est en très grande forme ce soir et va nous le prouver de la plus belle des façons. Et ils ne vont pas être avares car nous allons avoir le droit à vingt-et-un titres !

    Nous sommes très bien placés et les enceintes crachent le “War Pigs” de BLACK SABBATH suivi du “Polícia” du groupe TITÃS pour faire patienter l’audience. 

    D’entrée de jeu les Brésiliens nous décochent deux tubes : “Refuse/Resist” et “Territory”, ce qui a pour effet de faire exploser la fosse en un énorme pogo où tout le monde s’égosille en reprenant les refrains de ses deux titres imparables.

    Le ton est donné, ce soir le groupe est chaud bouillant, il est heureux d’être là et va tout faire pour régaler le public venu nombreux fêter cet anniversaire.

    La setlist explore toutes les époques du groupe et met à l’honneur tous les albums du quatuor (excepté quatre d’entre eux : Nation, Roorback, A-Lex et The Mediator between Head and Hands must be the Heart). Andreas Kisser (guitariste), en véritable maître de cérémonie, communique énormément avec le public ; ce dernier montre sa dévotion totale à la formation qui donnera tout sur scène. Les réactions sont aussi bonnes sur les titres les plus récents que sur les hymnes les plus anciens inscrits au panthéon du Metal.

    SEPULTURA nous fait aussi le cadeau de reprendre le “Orgasmatron” de MOTÖRHEAD. J’ai toujours préféré la version des Brésiliens à celle de Lemmy et sa bande.

    Derrick Green, le chanteur, ne démérite pas : celui qui a toujours été plus ou moins vu comme un remplaçant, voire un imposteur, se donne à fond et nous montre qu’il a lui aussi sa place dans l’histoire de cet icône du Thrash Metal. Et que dire de Greyson Nekrutman ? Talentueux batteur qui a eu la lourde tâche de remplacer l’excellentissime Eloy Casagrande parti chez SLIPKNOT juste avant que la tournée de SEPULTURA ne débute. Il est tout simplement magistral. 

    Le groupe quitte la scène après un “Arise” qui a entretenu le bouillon dans la fosse…

    Mais c’est pour mieux revenir et nous finir sur les deux tubes de l’album Roots que sont “Ratamahatta” et le classique “Roots Bloody Roots”, repris à gorges déployées par un Zénith totalement conquis par la mandale qu’il vient de recevoir.

    SEPULTURA est venu, a vu et a vaincu ! Ce sera l’un des meilleurs concerts de 2024 pour moi.

    Lien vidéo SEPULTURA (1) :

    Lien vidéo SEPULTURA (2) :

    *

    Et maintenant, que va t’il se passer ? Nous savons tous que les tournées d’adieu dans le monde du Metal ne veulent pas dire grand chose. SEPULTURA tiendra t-il sa parole et raccrochera une fois pour toutes les guitares après la dernière date à Sao Paulo ? Ou cédera-t-il aux nombreuses propositions de cachets indécentes pour revenir sur scène avec le line-up historique, c’est-à-dire avec Max et Igor Cavalera ?

    Tout est possible et l’histoire a prouvé à de nombreuses reprises que des mallettes pleines de billets verts peuvent aider à enterrer la hache de guerre afin de faire plaisir aux promoteurs, aux gros festivals et surtout aux fans. Nous verrons bien.

    Mais tout reste possible, sachant qu’Andreas KISSER a lancé un appel du pied aux frères Cavalera afin que ceux-ci soient présents et participent au show de clôture de cette tournée. Il précise bien qu’il n’y a pas d’amitié ni aucune relation de quelque ordre que ce soit entre eux mais un respect mutuel. Quelque temps après cette déclaration, Andreas Kisser ne se privait pas de tacler les deux frangins sur les relectures des premiers albums de SEPULTURA qu’ils ont sortis sous le nom CAVALERA.

    Wait and see…

  • Interview : ACOD

    Interview : ACOD

    Interviewés : Fred et Jérôme (ACOD)
    Interviewers : Mémé Migou et Bruno Guézennec

    Au Metalearth 2024 (Brest, La Carène)

    Lors de cette 3ème édition du Metalearth Festival, en 2024, Memento Mori Webzine a eu le plaisir de partager un moment de discussion avec le duo Fred et Jérôme, du groupe ACOD, venus défendre leur dernier album « Versets Noirs » sur la scène de la Carène ( Brest).

    Merci Acod et Merci le Metalearth festival.

    Crédit musique : ACOD/ "The Son of a God : The Heir of Divine Blood" 
    
    Crédit Photos : Mémé Migou

    Quelques liens :

    La chronique de « Versets Noirs » par Seblack :

    ACOD – Versets noirs (2024) – Memento Mori Webzine

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  • Live Report – Powerwolf+Hammerfall+Wind Rose

    Live Report – Powerwolf+Hammerfall+Wind Rose

    Powerwolf+Hammerfall+Wind Rose
    LE ZENITH (Nantes, 44)
    Mercredi 9 octobre 2024

    Texte : Seb D
    Vidéos : Once Upon a Live (sauf la dernière)

    C’est sous la pluie et un ciel grisâtre que je rallie le Zénith de Nantes pour passer une bonne soirée au doux son du Heavy Metal. En effet, c’est dans le cadre de sa tournée européenne “Wolfsnächte 2024”, en soutien à son nouvel album “Wake up the Wicked”, que les Allemands de POWERWOLF, accompagnés de deux autres groupes, vont gratifier notre pays avec deux escales. La première date à Paris ayant affiché sold out rapidement, la troupe d’Attila Dorn a rajouté l’étape nantaise à son périple qui comptait déjà quinze dates.

    C’est devant une fosse déjà bien fournie que les Italiens de WIND ROSE prennent la scène d’assaut. Les transalpins n’ont que vingt minutes pour convaincre et n’ont aucun mal à le faire grâce à leur Power Folk Metal festif et très accrocheur. Les musiciens arrivent sur les planches habillés de capes bleu roi à l’encolure en moumoute. Le chanteur, grimé tel un seigneur nain s’étant échappé de la Terre du Milieu, déboule à son tour une hache à la main. En seulement quatre titres, la belle équipe va mettre le public dans sa poche. Je crois n’avoir jamais vu un groupe mettre le feu comme ça en si peu de temps. Chapeau bas ! Il faut dire que le Metal pratiqué par la formation est très festif et il est difficile de ne pas se laisser embarquer par leur énergie et de tels hymnes. C’est le dernier titre, “Diggy Diggy Hole”, qui remporte la palme car reprise en cœur par l’audience ; c’est leur plus gros tube, affichant plus de soixante millions de vues sur YouTube, le genre de musique que je déteste habituellement. Je n’écouterai pas ça à la maison mais je dois avouer que si le groupe devait se produire en festival et que je suis dans les parages, je ne bouderai pas mon plaisir. Une agréable entrée en matière.

    Lien vidéo WIND ROSE :

    Ça enchaîne très vite car après seulement dix petites minutes de pause, la salle est de nouveau plongée dans le noir. C’est maintenant au tour des Suédois d’HAMMERFALL de nous régaler avec leur Heavy Metal. Forts de plus de trente ans d’expérience au compteur, on se dit que la sauce va prendre immédiatement. Eh bien pas du tout ! Il n’est pas si évident que ça de passer après la tornade WIND ROSE, même lorsqu’on s’appelle HAMMERFALL. Le groupe sort les rames et il faut attendre le tube “Renegade”, cinquième titre de la setlist, pour qu’enfin le public commence à se mettre dans l’ambiance et à lever le poing. À partir de ce moment, le chanteur Joacim Cans ne va plus le lâcher en captant son attention et en jouant avec lui, notamment avant le début du titre “Let the Hammer fall”. Et cela jusqu’à la fin du show grâce à des hymnes tels que, “(We Make) Sweden Rock” et “Hail to the King”. Sur les douze titres joués ce soir, les Suédois ont mis à l’honneur trois extraits de leur nouvel album Avenge The Fallen. Un très bon concert qui n’est pas passé loin du naufrage, ce qui aurait été bien dommage.

    Lien vidéo HAMMERFALL :

    Une voix résonne dans la salle et nous annonce un entracte de trente minutes. Un grand rideau rouge flanqué du logo de la tête d’affiche du jour, cache la scène.

    Lorsque celui-ci tombe, nous découvrons le décor dans lequel vont évoluer les Allemands. Le terrain de jeu de POWERWOLF ce soir peut faire penser aux ruines d’une église dont les vitraux servent à projeter des images. En fond de scène, un écran gigantesque diffuse diverses animations où le loup (mascotte du groupe) se meut dans différents thèmes et saynètes en fonction des titres joués. C’est un véritable show à grand renfort de pyrotechnie. L’entame de cette grande messe du Heavy Metal se fait sur un extrait de leur tout dernier album, Bless ‘em with the Blade. Le son est massif et très net, on va en prendre plein les yeux et les oreilles ! Et le groupe ne va pas être avare car il va nous jouer dix-neuf titres (rappel compris). Une grosse partie de leur discographie est balayée avec des tubes comme s’il en pleuvait tels “Army of the Night”, “Amen & Attack”, “Armata Strigoi”, “Bête du Gévaudan”, etc. Ils mettront également à l’honneur leur dernier bébé avec pas moins de quatre titres.

    Le chanteur Attila communique avec l’audience tout le long de la soirée dans un français impeccable, n’hésitant pas à faire participer le public, lui demandant de le suivre sur ses vocalises puissantes. La salle répond comme un seul homme à toutes ses demandes.

    Tels Flake et Till de Rammstein, Attila et le claviériste Falk animent la galerie sous forme de minis sketchs où ils n’hésitent pas à se charrier.

    Le concert passe à une vitesse folle et c’est après un rappel avec la triplette “Sanctified with Dynamite”, “We drink your Blood” et “Werewolves of Armenia” que le groupe quitte la scène sous une véritable ovation.

     Lien vidéo POWERWOLF :

    Depuis plusieurs années déjà, une question se pose : “Qui pourra remplacer nos têtes d’affiche légendaires et vieillissantes dans les gros festivals ?”.

    A l’instar d’un GHOST, d’un MACHINE HEAD ou d’un SABATON, je pense que POWERWOLF peut aisément prétendre à ce statut vu la véritable machine de guerre qu’est devenu le groupe en live. 

    POWERWOLF – Wolfsnächte 2024 (NANTES) :