Étiquette : Power Metal

  • Live Report – Powerwolf+Hammerfall+Wind Rose

    Live Report – Powerwolf+Hammerfall+Wind Rose

    Powerwolf+Hammerfall+Wind Rose
    LE ZENITH (Nantes, 44)
    Mercredi 9 octobre 2024

    Texte : Seb D
    Vidéos : Once Upon a Live (sauf la dernière)

    C’est sous la pluie et un ciel grisâtre que je rallie le Zénith de Nantes pour passer une bonne soirée au doux son du Heavy Metal. En effet, c’est dans le cadre de sa tournée européenne “Wolfsnächte 2024”, en soutien à son nouvel album “Wake up the Wicked”, que les Allemands de POWERWOLF, accompagnés de deux autres groupes, vont gratifier notre pays avec deux escales. La première date à Paris ayant affiché sold out rapidement, la troupe d’Attila Dorn a rajouté l’étape nantaise à son périple qui comptait déjà quinze dates.

    C’est devant une fosse déjà bien fournie que les Italiens de WIND ROSE prennent la scène d’assaut. Les transalpins n’ont que vingt minutes pour convaincre et n’ont aucun mal à le faire grâce à leur Power Folk Metal festif et très accrocheur. Les musiciens arrivent sur les planches habillés de capes bleu roi à l’encolure en moumoute. Le chanteur, grimé tel un seigneur nain s’étant échappé de la Terre du Milieu, déboule à son tour une hache à la main. En seulement quatre titres, la belle équipe va mettre le public dans sa poche. Je crois n’avoir jamais vu un groupe mettre le feu comme ça en si peu de temps. Chapeau bas ! Il faut dire que le Metal pratiqué par la formation est très festif et il est difficile de ne pas se laisser embarquer par leur énergie et de tels hymnes. C’est le dernier titre, “Diggy Diggy Hole”, qui remporte la palme car reprise en cœur par l’audience ; c’est leur plus gros tube, affichant plus de soixante millions de vues sur YouTube, le genre de musique que je déteste habituellement. Je n’écouterai pas ça à la maison mais je dois avouer que si le groupe devait se produire en festival et que je suis dans les parages, je ne bouderai pas mon plaisir. Une agréable entrée en matière.

    Lien vidéo WIND ROSE :

    Ça enchaîne très vite car après seulement dix petites minutes de pause, la salle est de nouveau plongée dans le noir. C’est maintenant au tour des Suédois d’HAMMERFALL de nous régaler avec leur Heavy Metal. Forts de plus de trente ans d’expérience au compteur, on se dit que la sauce va prendre immédiatement. Eh bien pas du tout ! Il n’est pas si évident que ça de passer après la tornade WIND ROSE, même lorsqu’on s’appelle HAMMERFALL. Le groupe sort les rames et il faut attendre le tube “Renegade”, cinquième titre de la setlist, pour qu’enfin le public commence à se mettre dans l’ambiance et à lever le poing. À partir de ce moment, le chanteur Joacim Cans ne va plus le lâcher en captant son attention et en jouant avec lui, notamment avant le début du titre “Let the Hammer fall”. Et cela jusqu’à la fin du show grâce à des hymnes tels que, “(We Make) Sweden Rock” et “Hail to the King”. Sur les douze titres joués ce soir, les Suédois ont mis à l’honneur trois extraits de leur nouvel album Avenge The Fallen. Un très bon concert qui n’est pas passé loin du naufrage, ce qui aurait été bien dommage.

    Lien vidéo HAMMERFALL :

    Une voix résonne dans la salle et nous annonce un entracte de trente minutes. Un grand rideau rouge flanqué du logo de la tête d’affiche du jour, cache la scène.

    Lorsque celui-ci tombe, nous découvrons le décor dans lequel vont évoluer les Allemands. Le terrain de jeu de POWERWOLF ce soir peut faire penser aux ruines d’une église dont les vitraux servent à projeter des images. En fond de scène, un écran gigantesque diffuse diverses animations où le loup (mascotte du groupe) se meut dans différents thèmes et saynètes en fonction des titres joués. C’est un véritable show à grand renfort de pyrotechnie. L’entame de cette grande messe du Heavy Metal se fait sur un extrait de leur tout dernier album, Bless ‘em with the Blade. Le son est massif et très net, on va en prendre plein les yeux et les oreilles ! Et le groupe ne va pas être avare car il va nous jouer dix-neuf titres (rappel compris). Une grosse partie de leur discographie est balayée avec des tubes comme s’il en pleuvait tels “Army of the Night”, “Amen & Attack”, “Armata Strigoi”, “Bête du Gévaudan”, etc. Ils mettront également à l’honneur leur dernier bébé avec pas moins de quatre titres.

    Le chanteur Attila communique avec l’audience tout le long de la soirée dans un français impeccable, n’hésitant pas à faire participer le public, lui demandant de le suivre sur ses vocalises puissantes. La salle répond comme un seul homme à toutes ses demandes.

    Tels Flake et Till de Rammstein, Attila et le claviériste Falk animent la galerie sous forme de minis sketchs où ils n’hésitent pas à se charrier.

    Le concert passe à une vitesse folle et c’est après un rappel avec la triplette “Sanctified with Dynamite”, “We drink your Blood” et “Werewolves of Armenia” que le groupe quitte la scène sous une véritable ovation.

     Lien vidéo POWERWOLF :

    Depuis plusieurs années déjà, une question se pose : “Qui pourra remplacer nos têtes d’affiche légendaires et vieillissantes dans les gros festivals ?”.

    A l’instar d’un GHOST, d’un MACHINE HEAD ou d’un SABATON, je pense que POWERWOLF peut aisément prétendre à ce statut vu la véritable machine de guerre qu’est devenu le groupe en live. 

    POWERWOLF – Wolfsnächte 2024 (NANTES) :

  • Du metal en Slovaquie.

    Du metal en Slovaquie.

    Je dois être un peu taré, ou maso, voire les deux, mais quand on m’a dit « Hé ! Tu ne m’accompagnerais pas en Slovaquie ?! Y a des forêts, des montagnes, des ours, des Skoda, c’est près de la frontière ukrainienne, trop cool, blablabla… », bah j’ai dit oui…
    Bon, je vous passe les détails d’un mode de vie assez chelou : oui, y a des ours (dont un qui a bouffé quatre touristes trois semaines après mon retour, à un endroit que je suis allé visiter), y a des Skoda (avec les phares toujours allumés, qui roulent comme des barjots sur des sorties d’agglo qui passent de 50 à 130 km/h, pire que des immatriculés dans le Calvados), y a des gens bourrés à 17h (tout ferme et ils carburent à toute sorte d’alcool, autre que le calvados, eux), y a des trams de l’époque soviétique (avec un système de tickets assez sophistiqué pour le coup) à l’image des bâtiments, y a des MacDo qui font encore les trucs frits aux pommes (chacun sa madeleine de Proust) ; un mélange curieux de présent, passé et futur… Mais le réflexe que j’ai en visitant un pays étranger, c’est (dans l’ordre ou le désordre) bouffe, télé, musique/arts. Rien de mieux pour s’intégrer à une culture locale que d’appréhender son patrimoine et sa linguistique (elle aussi chelou, mélange de vocabulaire slavo-germanique et de déclinaisons latinos-germaniques).
    Au-delà d’avoir considéré l’histoire austro-hongroise du pays, mon intérêt était évidemment métallistique : un pays qui a retrouvé l’Occident depuis 1991 doit forcément avoir (essayé de) rattraper le temps perdu en danses traditionnelles, clichés des amateurs de Tintin et le Lac aux Requins et de vidéos Youtube lollantes assimilant Slovaquie et Bavière, avec tenues à bretelles/bermuda et accordéon. Tremblez, Bratislaboys !
    Alors, oui, il y en a une, qui copie, vire, plagie allègrement celle occidentale interdite durant la période du bloc URSS VS USA. On y trouve pêle-mêle un Scorpions/Poison/Motley Crue-like, un John Lennon slovaque (Miroslav Zbirka, à qui on a créé une mythologie et un packaging similaires), du BM, du Death, etc. Et, franchement, autant on peut rire des français qui ont tenté d’assimiler avec plus ou moins de succès le Rock puis le Metal en francisant tout, autant des Slovaques qui le font dans leur langue natale, ça donne des pépites un peu déroutantes, pas moins qualitatives (loin s’en faut) mais surprenantes, eu égard justement à la linguistique nationale.
    On passera évidemment à côté des nationalistes (dont je me fous royalement, sans être royaliste) qui cachent sous leur Metal Black ou Pagan ou Folk des relents un peu trop d’extrême droite dans un pays qui a mis à sa tête un président du même bord politique ; je vais davantage (vous ?) m’intéresser à la diversité de la scène et à des talents mal exportés selon moi.
    *
    Au regard de la scène généraliste et assez passéiste au final, le Metal, bien que présent, n’est pas si prégnant dans le pays. Pour exemple, les magasins de musique sont peu courants (on n’est pas dans la profusion du quartier Pigalle de Paris non plus, mais s’il y en a un par métropole, c’est déjà bien) et, quand on joue, pour tester une guitare, un riff plus ou moins connu ou technique, on te regarde comme si tu étais un guitar hero quand tu es, modestement, confirmé sans plus. Les disquaires (metal ou généralistes) sont rares également (pas de grande structure type FNAC ou Virgin), enclavés (en tout cas, là où j’étais, i.e. Kosice) et mettent beaucoup en avant leur(s) star(s) locale(s), légitimement, vous me direz. Pour vous dire, j’ai fait le chiffre – je pense – de la semaine du petit disquaire local, Peter Lenek, qui m’a longuement parlé de ses ancêtres bretons Laennec (ce sur quoi je l’ai maudit en l’enduisant de beurre salé et de chouchen) et qui m’a regardé avec des Euro €€€ dans les yeux quand je lui ai fourni ma liste de « je voudrais ça… non, non, que du slovaque en slovaque, je connais déjà Slayer… »
    Évidemment, fers de lance et têtes de gondole, deux groupes : Elàn et Tublatanka.
    Le premier étant davantage pop-rock-variété, je ne vais pas m’étendre ; je vous invite juste à aller écouter sur ce lien :



    Mais parlons de Tublatanka. Alors, oui, j’abusais un peu en parlant d’un mur pas totalement berlinois dans la musique occidentale ; les murs ont des oreilles et « les oreilles n’ont pas de paupière » (P. Quignard, La haine de la musique). Et les oreilles du groupe se sont tournées vers Iron Maiden, Scorpions et Van Halen, assurément.


    Fondé en 1982 et officiellement encore actif (enfin pas depuis 1992 environ), c’est un peu la fierté nationale metal.

    Depuis la fin de la Perestroïka, le panel de groupes de Metal, dans sa diversité, s’est élargi considérablement. Ce qui fait que je ne vais m’arrêter que sur certains qui correspondent soit à un sous-genre qui me convient soit sont de qualité subjective suffisante pour en parler.
    Sur la scène slovaque on trouve donc Lunatic Gods (Peter Lenek me l’a vendu comme « putain de trop cool » (sic) donc je lui ai fait ouvrir son tiroir-caisse), un groupe d’atmo BM avec la fameuse étiquette des bacs des années 90, décennie de son essor « Black/Doom/Death » qu’on trouvait dans les bacs des inclassables en grandes surfaces. Le groupe est toujours actif et a viré vers une espèce de Folk Metal teinté Death, assez éloigné du BM atmo de leur début, par le biais duquel je les ai découverts.


    On y trouve également mon favori, puisque Power Metal avec tonalités sympho : Signum Regis. Le groupe existe depuis 2007, quintette qui a signé son septième album l’an passé, Undivided, lui aussi a évolué d’un Power Metal (disons Speed melodic vu la période et l’état d’esprit) typé Gamma Ray/Stratovarius vers un gros Helloween/Hammerfall. J’avoue avoir une petite préférence pour Exodus ou Chapter IV : The Reckoning, plus sympho et speed, mais le dernier opus est de bonne facture, avec une prod digne du genre (Jacob Hansen, cœurs avec les doigts à toi).



    Dans cette même veine, on peut aussi noter RavenClaw (rien à voir avec la team Harry Potter, du moins je suppose), plus prog sympho avec des consonances Symphony X/Royal Hunt/Edguy, groupe adoubé par « Herr » Kaï Hansen (Helloween puis Gamma Ray). Bon… faut croire que les groupes aiment varier leur approche puisque depuis, on est davantage tombé dans le folk pouet-pouet Pirate Metal que la technicité précédente, à mon grand dam… Je préfère vous recommander Presage, nettement plus intéressant, à l’instar des groupes avec UNE bassiste (mais c’est mon côté mâle cis’ hét’ qui parle de concert avec Annie, qui elle aussi aime les cis’ hét’).


    Niveau mélodique, on a aussi April weeps, groupe qui est dans la trempe des groupes de « Metal à chanteuse » (ce qui ne veut rien dire si on compare, Epica à The Agonist ou Anneke Van Giersbergen à Maria Brinks). Bon, ici, on serait dans un mélange de Clémentine Delaunay et Vicky Psarakis par moments, sur des morceaux aux ambiances variées allant de plages planantes à de la grosse brutalité. Je vous recommande donc Cataclastic, présentement.



    Pour finir ce petit tour d’horizon tourné vers le levant, je vous propose celui dont le nom m’a le plus attiré à lui tant ça fait Wish/Temu de prime abord : Metalinda. Contrairement à son nom qui sonne comme celui d’un groupe de Thrash US qu’on ne cite même plus ni ne bitche gratuitement son batteur, on est ici face à du gros Rock Metal mélodique teinté Volbeat par moments, une sorte de gros foutoir fourre-tout qui passe de la power ballad au Johnny Hallyday et les orchestrations de Francis Lay, mais dans la langue de Janko Kràl’. En clair d’une piste à l’autre, on a diverses salles et ambiances allant du wall of death à son penchant calinou wall of love. Et comme je suis sympa, je ne vous mettrai que la version qui tape (gentiment, dans le respect de la personne humaine) son voisin.



    Voilà, j’espère avoir quelques instants fait glisser le rideau de fer pour vous apporter un peu de connaissances et de la variété. On ne sait jamais : si vous tentez l’expérience de Zdiar et son pont suspendu au-dessus des ours en espérant revenir entier, c’est que vous êtes prêt à affronter le gros son made in Slovakia. Et pis… allez faire coucou à Peter ; vous lui direz que vous venez de la part du chevelu fringué en noir… mwarf.
    Ďakujem, že ste ma čítali !

  • Signum Regis / Undivided (2023)

    Signum Regis / Undivided (2023)

    Genre : Power Melodic Metal
    Label : Ulterium Records
    Sortie : 17 Novembre 2023

    Note : 80 + 7/100 (WvG)


    Ça ne vous manque pas, vous, cette envie irrépressible d’aller chevaucher dans les grandes plaines et aller bouter tout ce qui bouge tant que c’est un personnage fantastique (mais pas un être surnaturel et merveilleux, ou autre « créature magique », pour éviter de se prendre les foudres de Disney Corp. ou de Peter Dinklage) ? Bon… alors j’ai peut-être ce qu’il vous faut niveau bande-son, en la présence auriculaire de Signum Regis et leur septième album intitulé « Undivided ».
    Il était une fois un groupe de power melodic slovaque inconnu dans nos contrées et qui pourtant fredonne en creusant sa mine depuis 2007 ; il était temps qu’ils déposent leurs pépites en France, terre d’accueil du metal since l’avènement révolutionnaire de Gojira que le pays des Lumières a donc découvert en 2024. Pour ma part, je les ai découverts (tel un Christophe Colomb du Metal qui penserait avoir inventé une poudre que les pays limitrophes possèderaient depuis des années mais pas nous, franco-français) lors d’une pérégrination dans leur pays natal, via deux précédents albums, Exodus (concept album avec plein de guests au chant) et Chapter IV : The Reckoning, qui m’ont incité vivement à vous en faire la promotion présentement [allez lire l’article dans lequel je parle de ça… si, si, allez le lire et partagez, mettez des pouces bleus, toussa…]
    Alors, c’est trois nains… pardon, « créatures merveilleuses » … non, cinq en fait, ils vont à la mine : le premier prend la pelle, le deuxième la pioche, le troisième… bon bref, ça tape plutôt lourd et ça résonne ; on peut entendre l’écho mélodieux de leurs voix et instruments au cours de dix morceaux bien rocailleux qui ne seront sans vous évoquer Helloween (principalement), Hammerfall, Symphony X voire Royal Hunt (et un chouia de Maiden sur le finale « Shield my Soul »).

    « Gneu gneu, le power et le melodic, c’pas metôl… » Ben tiens… les mêmes qui seraient en train de brailler bras-dessus bras-dessous du Bernard Minet en fest… J’t’en foutrais du « pas metôl », avec des refrains catchy et teigneux (« c’est teigneux, un nain ! » comme diraient Laspalès et Chevalier… oui, on a les refs qu’on mérite, na !) Écoutez « Sea of Galilee » pour vous faire une idée : la voix de Jota Fortinho est hargneuse, la basse de Ronnie König (membre fondateur et certainement fan de Steve Harris vu sa technique et le fait qu’il soit compositeur majoritaire) claque, la guitare de Filip Koluš est acérée, les claviers de Ján Tupý sont planants et la frappe de caisse claire de Jaro Jančula est saignante. Et quand la production est confiée à Jacob Hansen – est-il encore nécessaire de le présenter ? –, on a forcément un diamant brut.
    Bref, au lieu d’aller mettre quinze balles dans le prochain ersatz de live action made by la team de tonton Walt (qui doit être en train de faire du breakdance olympique dans sa tombe), mettez-les dans ce skeud de chez Ulterium Records (Suède) – et distribué par Socadisc en France –, ça fera un grand bien de toute part, y compris à votre petit cœur tout mou de cavalier en quête d’aventures épiques (ou de princesse à réveiller avec un gros poutou) sur son fier destrier. Et vous aurez fait une bonne… pioche… hu hu hu… #ilsétaientsept.

    Tracklist :

    1. Daniel’s Prophecy
    2. Ministry of Truth
    3. Salt of the Earth
    4. Interpreter of Dreams
    5. Pilgrim Road
    6. Servants of the Fallen One
    7. Sea of Galilee
    8. Prepare for War
    9. Undivided
    10. Shield My Soul

    Line up :
    Jota Fortinho – Lead and backing vocals
    Filip Koluš – Guitars
    Ronnie König – Bass
    Ján Tupý – Keyboards, backing vocals
    Jaro Jančula – Drums

    Guests :
    Jimi Cimbala – Guitar solo on « Servants of the Fallen One (03:55-4:02) and « Shield my Soul » (04:57- 05:19)
    Daniel J. Fries (Affector) – Guitar solo on « Pilgrim Road » (02:48-03:00), « Sea of Galilee » (02:25-02:37) and « Undivided » (02:46-03:26)
    David Åkesson (Moonlight Agony, Quantice, Symphonity) – Additional backing vocals on « Daniel’s Prophecy », « Interpreter of Dreams » and « Shield My Soul”

    Liens :
    Website: www.signum-regis.com
    Facebook: http://www.facebook.com/signum.regis
    Instagram: https://www.instagram.com/signumregis

  • Moisson Livide – Sent Empèri Gascon

    Moisson Livide – Sent Empèri Gascon

    Genre : Black/Heavy/Power/Folk (mais pas que !)
    Label : Antiq Label
    Sortie : 3 Mai 2024

    Note : 88/100 (Mémé Migou)


    Vous êtes transportés par magie en plein cœur de la Gascogne. Devant vous se dresse un énorme rocher. Que faites-vous ?

    J’avance et si je rencontre des gobelins, je fonce dedans !, dit le Barbare en flanquant une gifle au Nain.

    moi, je baguenaude à la recherche de baies, répond l’Elfe.

    J’irai là où l’Elfe n’ira pas !, avance le Nain, tout en se frottant la joue.

    schlaguevuk zodo, grogne l’Ogre

    Qu’est-ce qu’il dit, l’Ogre ?, demande le Voleur

    Il dit qu’il a faim, répond la Magicienne

    OK… pendant que vous palabrez, vous entendez un bruit venant de derrière le rocher. Un bruit qui racle. Ranger, lance un dé 100. Tu as 99 % de chances de tomber sur un groupe de Folk Metal gascon*, venu se ressourcer ou… un feumble et ce sera la version démoniaque tout droit sortie des Enfers…

    100 ! Et meeeeerde !

    Prend place sur le rocher, à côté d’un grand serpent aux yeux rouges et à la langue d’épée, un prêtre au béret noir vissé sur la tête. Il embouche un boha et fait résonner une litanie plutôt dansante, ce qui ne manquera pas de vous étonner, par ailleurs.

    C’est l’heure de la moisson, lâche-t-il, livide. Je suis venu récolter vos âmes ! Mais personne n’a dit qu’il fallait que ce soit triste, alors, dansons, chantons, rions !

    Vous ne comprendrez pas grand chose aux paroles qui accompagnent une guitare électrique, dont le riff sera sautillant, un riff comme on en trouve dans le Death mélodique. Quand le chant commence, la filiation avec le mélo death se poursuit par une voix proche de celle d’un Mickael Stanne de Dark Tranquility, sans oublier les nombreux passages à la double pédale… Pour autant, très vite, vous vous rendrez compte que vous vous trémoussez bel et bien sur des blasts et des tremolo pickings, le tout auréolé d’une bonne tranche de fiel purement Black Metal.

    Vous reconnaissez le gaillard devant vous. Il dit se nommer Darkagnan (vous pouvez souffler, ce n’est pas Dark Vador). Derrière lui, un homme martèle des fûts (peut-être de bière, allez savoir, vous ne voyez pas bien de là où vous êtes), répondant au nom de Philippe Etcheblast. Est-il cuistot, le bougre ? Impossible à savoir… Mais ce dont vous êtes certains, pour l’avoir déjà aperçu en concert par ailleurs (très exactement au Motocultor 2023), c’est que ce béret noir, c’est celui de Baptiste Labenne, chanteur de Boisson Divine*.


    Il faut le reconnaître, le Folk, le Heavy, c’est pas votre truc. Vous vous dites en votre for intérieur « pffffff…. »**. Ouais, mais ce « Serpent D’Isaby » ne se déroule pas comme vous l’imaginiez. Après une intro bien médiévale, que n’aurait pas reniée Pen of Chaos, la dimension Blackisante est bien présente et vous laissera un petit sourire sur les lèvres (OK, c’est un peu antinomique, mais vous ferez avec, c’est ainsi !). Finalement, ce n’est pas si folk que ça.

    … Attendez ! Ah si quand même… Y a de larges passages purement Folk et médiévaux. Chaque titre y aura droit. Souvent en intro de morceau et à l’intérieur. Ces passages arrivent d’ailleurs à la façon d’un break, ce qui vous fera peut-être dire « paye ta transition ! ».

    A noter, un morceau purement instrumental, en cinquième piste. Mais revenons aux précédents. Et notamment aux paroles. Souvenez-vous, j’avais bien dit que vous ne comprendriez pas grand chose et pour cause, c’est entièrement écrit et chanté en gascon. Mais si vous avez entre les mains la traduction, n’hésitez pas à la dévorer. Même en français, un grand soin y est apporté. On va naviguer entre les grandes épopées épiques, ce qui se traduit aussi musicalement, chères au pays gascon. Des légendes, des hymnes aux personnes qui ont posé leur pierre à l’édifice Landais ( MALHEUREUSE ! Que dis-tu là ?! Le projet est originaire du Gers, non des Landes !!!)… Ces morceaux seront plus longs. On sent bien l’amour du gascon pour sa « mère patrie ». Quand certains vont jouer du Biniou ou du Hautbois, ici, Baptiste jouera du boha ou de l’aboès, instruments du « pays ». Les paroles en gascon ajoutent à cette dimension.

    La langue, mais aussi les idées ! Quelques titres plus courts sont de véritables brûlots à l’encontre de ce qui peut agacer les Landais (et d’autres aussi, je vous rassure) : les cyclistes qui inspireront le second titre « Sus l’arròda » ou encore la sixième piste, « A.C.A.B », qui vous parle des bobos… C’est purement hilarant. Et vous pourriez aussi y trouver un petit trait d’union avec l’esprit breton… On se dit que la sortie chez Antiq est totalement raccord !

    «  L’òmi xens passat », est un titre de Boisson Divine*, mais dont le traitement (le refrain) sera en version BM… Parlant Black metal, vous allez également vous surprendre à chanter en chœur les refrains. C’est une nouvelle influence qui se retrouve ici, celle du True Metal : Rhapsody et ses refrains brillants, chantés à la façon des hymnes, mais aussi In Extremo, notamment dans le chant en occitan, vieil allemand et vieux suédois. En autres influences, on trouvera aussi le côté épique du Power Metal et celui dévastofoutraque du punk (légèrement, hein).

    C’est là où vous commencez à comprendre qu’en face de vous, se tient un duo de magiciens noirs qui ont capturé votre âme (sans oublier les innombrables guests). Car oui, vous vous surprendrez à chantonner les riffs, qui sont très bons. Vous vous dites que tout est bien construit. Le son est excellent, avec un mix signé Borie de la combe noire qui laisse la place à chaque instrument, ainsi que l’artwork. Et quand c’est fini, bah vous avez envie de relancer la quête… Malin ! (Ben oui, quand c’est démoniaque, le malin n’est jamais très loin).

    Pour cette fois, la troupe ne passera pas le big boss de l’aventure. Vous allez devoir recommencer le niveau, réécouter Sent Empèri Gascon . Un plaisir pur pour les uns, un plaisir coupable pour les autres. Mais finalement, à votre grand étonnement (ou pas), cela restera du plaisir.

    * Boisson Divine est un groupe de Folk Heavy Metal.
    ** Qu’est-ce qu’il dit, l’Ogre ? Il dit qu’il faut remplir les petits points avec les mots qui vous conviennent.


    P.S. : Ah oui... j'oubliais... prenez le temps de lire les crédits et autres remerciements, tout est trempé dans l'encre de l'humour... noir parfois, hilarant toujours. Jetez donc un œil aux noms des roadies : Fenriz de Veau, Euronymoussaka, Sebastien Chabal-Sagoth, Count Grishgnac !

    Tracklist :

    01 La sèrp d’Isavit (Le Sepent d’Isaby)

    02 Sus l’arròda (Sur la roue)

    03 L’òmi xens passat (L’homme sans passé)

    04 Sent Empèri Gascon (Saint Empire Gascon)

    05 Passejada dolorosa (Promenade douloureuse)

    06 A.C.A.B. (Armanhaqués Comandò Anti-Borgesòts – Commando Armagnacais Anti Petit-Bourgeois)

    07 Caçaire d’eternitat (Chasseur d’éternité)


    Line-up : Darkagnan – Chant, guitare électrique, guitare acoustique, basse, bouzouki, boha, aboès, tin whistle, lap steel guitar, saxophone alto, claviers / Philippe Etcheblast – Batterie


    Guests : Romain Queille – Trompette (4) / Pereg Ar Bagol – Accordéon (3) / Geoffroy Dell’Aria – Tin Whistle (1) / Sylvain Marques – Trompe de chasse (7) / Lafforgue – Vielle à roue (1&7) / Torve Ascète – Arrangements batterie

    Imagerie, mixage et mastering par Borie de la combe noire


    Liens :

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100087613433522

    https://antiqofficial.bandcamp.com/album/extr-me-sud-ouest