Genre : Symphonic Progressive Metal Label : Inverse Records Sortie : 3 Septembre 2025
Note : 65/100 (WvG)
Je visionnais récemment une vidéo de Jean-François Ziegel, vulgarisateur de musiques savantes parfois (souvent, en fait) condescendant – oui, on peut être métalleux et pas forcément obtus ou fermé à la Musique dans sa vasteté… contrairement à Ziegel – dans laquelle il discutait avec Sir Roger Norrington, chef d’orchestre reconnu dans son milieu et domaine, du trop plein – ou pas – de vibrato dans les interprétations orchestrales de la section de Cordes (et de l’anachronisme qu’est sa présence par rapport aux œuvres classiques). M’attablant à la chronique du Wasteland Requiem de Dominant Chain, je serais déjà enclin à partir sur la nécessité d’en mettre, au moins un peu…
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Le groupe finlandais, quitte à faire dans le cliché, propose du sympho… Oui, c’est un cliché, tous les groupes finlandais ne cherchent pas forcément à singer Nightwish ou Children of Bodom, leurs compatriotes. D’ailleurs, ce n’est pas vraiment le cas dans cet EP de cinq titres de style compositionnel plutôt, voir trop, varié : une intro sympho pleine balle, sympathique, une deuxième piste Amaranthe-like (donc pop-electro-metal), une troisième plus sympho-prog déjà (dans la veine des Adagio, Symphony X, etc.), une quatrième dans la même veine mais en moins complète au niveau du spectre sonore et une clôture d’EP un peu plus fouillée… dont l’ensemble serait chanté par Anette Olzon (pour faire le lien avec Nightwish). Il y a les pro et les anti ; je fais partie de ces seconds, pas simplement par fanatisme de Tarja Turunen mais parce que la voix et la technique de cette dernière ne sont pas lisses (les détracteurs, que je rejoindrai concernant les sessions live, diront qu’elle y met néanmoins trop de vibrato) et collaient à l’identité de Nightwish, la constituaient également par sa présence vocale (ce que n’a pas su faire Anette et a été réhabilité par Floor Jansen par la suite).
Pour revenir, donc, à ma critique initiale, la chanteuse Marja Kettunen, paradoxalement, n’en fait pas assez ou n’est pas au niveau des attentes ou prétentions, si tant est qu’il y en ait au-delà du stade d’amateur.e.s pour le groupe. Parce qu’au fil des cinq pistes, quatre si l’on excepte l’introduction, ce qui touche mais pas dans la cible, c’est bien l’impression de karaoké pour un instrument qui est bien mis en évidence, dans un mix qui sonne aussi amateur que le reste, DIY en home studio et envoyé au label qui a validé sa distribution (alors que pourtant tout semble avoir été enregistré en studio à Helsinki). Des notes longues, tenues, sans timbre, sans vibrato, sans vie… sans âme…
Je ne serai pas critique quant aux raisons que j’ignore… mais la fiche technique précise que ce groupe, remanié quasi totalement au final, existe depuis 2006 : quelles que soient les raisons, tu te dois d’avoir du recul (presque vingt ans, là…) sur tes compositions… mais aussi les interprètes et comment iels interprètent. Autant les parties de guitares, pas démentielles – mais bon, vaut mieux du passable bien exécuté que du hyper technique foiré – et de basse font le taff, autant celles de claviers sont inégales tant dans le liant/legato que le choix des patches (on peut avoir des sons des cordes nettement plus corrects gratuitement sur un DAW avec une extension Spitfire par exemple) et celles de batteries semblent ne pas avoir été réécoutées, avec des frappes de toms et pédales pas harmonisées dans leur vélocité (ce qui fait quand même tâche dans un morceau « singueulisé » pour la promotion). On serait sur un groupe de petits jeunes, j’aurais une certaine tendresse ou candeur pour des personnes qui jouent leurs premières billes dans un milieu ultra-concurrentiel, mais dans ce cas de figure, je suis obligé de relever l’amateurisme du projet et du quintette, présenté comme musiciens professionnels – quand même, ça pique – dans leur fiche promotionnelle, que les compositions soient plaisantes ou pas ; ici, elles ne sont pas marquantes pour autant : c’est propret, sympathique mais sans plus.
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« Ni bon ni mauvais » comme résumerait certain.e.s chroniqueur.ses, c’est malheureusement l’impression de gâchis que donne ce Wasteland Requiem. Je ne leur souhaite pas que ce soit le leur, je n’ai pas non plus envie de les tailler, mais il va falloir bosser bien davantage car je ne remets pas en question la composition en soi mais le résultat, le « produit » fini, médiocre (au sens littéral et non péjoratif : moyen).
Tracklist:
01 – Wasteland Requiem 02 – The Moment 03 – Tears of the Tyrant 04 – Dirt 05 – Kissed by This Life
Line-up:
Bass : Tuomas Korkatti
Drums : Toni Balk
Guitars : Jarno Keränen
Keyboards & orchestrations : Juho Keränen
Lead & backing vocals : Marja Kettunen
Guest:
Backing Growls in ”Kissed by This Life”: Mika Kankainen
DALP + Blød Au Davarn’Breizh (Landerneau, 29) Samedi 18 octobre 2025
Texte : Fred et Mémé Migou Photos : Mémé Migou Vidéos : Bruno Guézennec
Cela faisait un moment déjà que j’avais coché cette date du 18 octobre sur mon agenda ! Ce samedi d’automne qui efface petit à petit les derniers rayons du soleil, ce petit vent frais et cette pénombre qui va s’intensifier jusqu’à noircir cette soirée ! Car il est question de noirceur… [Fred]
– … Une noirceur dans la musique et dans les émotions que celle-ci va aller triturer. Et tu sais quoi, Fred ? Ça fait un bien fou ! Patauger dans les remugles de la peur, du dégoût, de la tristesse, voire du désespoir, même si parfois il se mâtine d’une fine jointure d’or en guise de Kintsugi… Les brisures deviennent beauté… [Mémé]
C’est tout joyeux que je descends à pieds vers l’antre de la musique extrême de Landerneau, à deux pas de l’église dont les vitraux sont éclairés (j’aime imaginer que ce soit pour l’occasion), situé rue des Boucheries : le DAVARN’BREIZH. [Fred]
– … Attends, Fred, Mémé arrive avec les copains de Memento Mori Webzine. On n’allait pas rater une occasion de venir chez Camille et Gaëlle, tout de même ! Au passage, j’en profite pour faire de la pub pour le pub qui organise une date de Black Metal le jour de la fête des enfants (oups, mon côté « madeleine de Proust » belge qui ressort avec la Saint Nicolas) le 6 décembre prochain !) [Mémé]
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Deux pointures du « Sludge/doom » sont programmées, les bordelais de Blød et les franciliens de Demande à la Poussière. Rien que ça !
Affiche et style inédits dans les parages, alors c’est sans surprise que je retrouve Bruno (vidéo, youtube, …), Mémé Migou (photos/ MMW) et Didier (spécialiste du Black Metal), déjà affairés à descendre une bière et échangeant des anecdotes, des rires et la bonne humeur de leurs derniers concerts. Je me joins rapidement au groupe… [Fred]
– … Encore heureux que tu te joignes à nous, Fred, c’est ainsi que j’ai pu te recruter pour ce live report… A force de se côtoyer en concerts, on finit par se connaître, ou du moins se reconnaître, façon « t’étais pas au Destrock Fest, toi ?! Ah oui, il me semblait bien t’avoir déjà vu ! ».[Mémé]
… Et je ne sais pas… D’un coup l’atmosphère jusqu’à présent joviale disparaît en laissant la place à une drôle de sensation. Les lumières se tamisent, une fumée envahit la salle, des samples se font entendre, les guitares d’Ulrich et Astaroth commencent à pleurer leur douleur. Anna se présente devant son micro dressé sur un pied composé d’ossements, de têtes réduites et autres grigris qu’elle seule sait d’où ils viennent…
Je ne sais pas si les 50 âmes venues à cette drôle de messe offerte par Blød s’attendaient à ce qu’elles allaient vivre ce soir-là… Alternant voix claire et criée, Anna se fait rââââle qui sort des tripes et te prend à la gorge sans sommation. Ses deux acolytes ne tarissent pas leurs efforts à grands coups de 6 cordes pour l’accompagner dans cette atmosphère lourde, suintante, oppressante, poisseuse…
Je me surprends à sourire et à bouger sur place tellement j’aime ça. Suis-je normal ? Ah Ah… [Fred]
– Aimer la douleur, la chérir pour la transcender, la rendre presque inaccessible de beauté, et s’en délecter, c’est être a-normal, loin de toutes ces personnes qui vont justement chercher à mettre un couvercle sur les émotions pour ne pas trop se faire mal. Mais qu’est-ce qu’on est vivant, justement, quand on y fait face… Je dirais même plutôt supra-normal. Bien que la normalité soit à l’aune de la majorité et là… clairement, nous étions tous dedans ! Alors, au final, nous n’étions qu’entre normaux, dans une bulle d’a-normalité… Vous avez 2h pour développer le sujet de philo…[Mémé]
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Pause… Reprise des esprits… [Fred]
– Oui, ce n’est pas simple de redescendre les pieds sur terre quand on a plané si fort… Et si vous voulez poursuivre un peu dans l’aventure Blød, n’hésitez pas à relire la chronique de leur album par Gévaudan : https://www.memento-mori-webzine.fr/2024/06/21/blod-mara/ . Et sinon, une p’tite bière ? Faut aussi penser à faire vivre le commerce de Camille, qui nous manque en tant que photographe … Mais ça, c’est une autre histoire.[Mémé]
Reprise des esprits pour tout le monde ? L’exorciste se faisant toujours attendre, c’est une autre possédée qui s’empare de la scène et à son regard, tu sais que le second pied-bouche arrive. Sommes-nous prêts ? [Fred]
– Oui.. oui… oui… Mémé est prête ! Elle l’attendait, cette date. Revoir DALP en concert, c’est un kif… Mais voilà, entre temps, y a eu un peu de changements et j’appréhende un tantinet. Le hurleur en chef n’est plus Simon et c’est une voix féminine qui vient prendre le relais le temps de la tournée… Je ne cache pas que c’est un gros virage et j’attends de voir, l’esprit peut-être un peu critique… Wait and see, Mémé ! [Mémé]
Demande à la Poussière présente leur nouvelle Front-Woman et nous balance directement un gros son. Kali n’attend pas et vomit sa rage et son désespoir en pleine tête, accompagnée de lumières stroboscopiques et toujours cette fumée envahissante, nourrie de décibels acérés et mordants. Une transmission d’émotions tordues et pleines de douleurs, le fil du micro enroulé autour du cou, on agonise avec notre écorchée vive ! Ses yeux sont habités, elle est en transe… Et ce moment hallucinant où elle a chanté avec le micro sur la gorge !
40 minutes de rage plus loin, un moment de béatitude et son regard reprend vie… Et un léger sourire illumine son visage en sueur, les cheveux en bataille – qu’elle a gagnée, d’ailleurs – on sent qu’elle a pris un gros shoot d’adrénaline et nous, un ultime uppercut. Des frissons ! [Fred]
– Tu as très bien résumé, Fred. Pour les connaisseurs du groupe, c’était la nouveauté du jour, que ce changement de line up. Pour les autres, peu importe, au final, c’est la musique qui prime. Et les 4 du line up que j’avais précédemment vus en concert nous ont offert un set qui alliait à la fois le plaisir d’être sur scène – qui se voyait dans la lourdeur qu’ils se sont appliqués à nous balancer – et la brutalité massive d’un mur de son compact, étouffant, englobant comme un fog qui envahit la Tamise. On se noie dans cette vague sonore, mais on s’y noie avec délectation. Vous savez, la jouissance du choking… Merci messieurs, Merci messieurs-dame, Merci le groupe… Car, bon, il me faut aussi revenir sur la prestation de Kali. Peu de répets, un poste de session, c’est pas simple… Et pourtant, j’y ai vu un groupe en osmose totale. On sent que le CDD va vite se transformer en CDI… Même si j’aurais aimé un peu plus de variations dans la voix, nul doute qu’avec le temps et en prenant ses marques plus intensément, on aura un groupe qui avancera dans une même direction en creusant encore un peu plus leur sillon dans la route poussiéreuse – et boueuse – du Doom/Sludge. D’ailleurs, quelques échanges avec Edgard Chevallier me mettent l’eau à la bouche. Moins de post (j’ai peut-être mal compris… désolée si ce n’est pas la teneur des propos), plus de sludge et de violence brute. Ça me va très bien, ça ! En fin de compte, c’est un groupe uni que j’ai pu voir, ce soir-là. Il s’est vraiment passé quelque chose…Et si tu veux relire la chro que j’ai pu écrire sur leur dernier album, c’est par ici : https://www.memento-mori-webzine.fr/2024/04/28/demande-a-la-poussiere-kintsugi/ [Mémé]
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Ces 2 sets étaient d’une très grande qualité, malgré quelques « problèmes » de son parfois… [Fred]
– C’est vrai que la voix était plus audible sur le baffle à l’opposé de là où nous nous tenions… Il fallait parfois tendre l’oreille pour entendre le chant… Ou se bouger… [Mémé]
Les émotions étaient partagées, entre le public et les groupes. Ces dames avaient un compte à régler avec qui ? Sûrement pas avec Camille, qui portait son t-shirt « More Women on stage »… Le malin ! Avait-il peur de finir sur le pied de micro ?
Après cette tornade de fureur, pas sûr qu’il reste de la poussière sur le sol du Davarn’Breizh… demande à Camille ! [Fred]
– Camille a très bien fait de booker cette date. Comme tu as pu le dire en début de report, Fred, ce genre d’affiche est assez rare dans le coin. On ne peut que le remercier d’avoir osé. Et remercier Blød comme DALP d’avoir fait le déplacement jusqu’au fin fond des Terres Bretonnes, le Finistère. On en ressort avec un cœur gros d’avoir malaxé des sensations, des sentiments, des ressentis. On en ressort avec le cœur gros que ce soit déjà fini. On a passé une soirée hors du commun… Qui a pu se terminer sur les bougies du gâteau d’anniversaire amené par Gaëlle et soufflées par Kali. [Mémé]
Genre : Brutal Death Label : Everlasting Spew Records
Note : 90/100 ou encore une bouteille steuplait ! (Robin)
Ça t’arrive toi, d’apprécier un album au-delà de sa véritable valeur musicale ?
Je veux dire, tu sais que l’album n’innove pas, ne fourmille pas d’idées, n’a pas une ambition musicale démesurée…
Non, je parle pas d’un album de Landmvrks… Je parle de l’album de Diabolizer que je chéris fort fort fort !
Leur premier album.
Ah oui je les ai découverts avec leur second, sorti cette année. Ah, c’est une tuerie leur deuxième album ! Mais… Leur premier je le préfère.
Ça tient à si peu de choses… Car si on prend les deux œuvres, ben… à part le son… c’est quoi la différence…? Oui, d’accord, y a un putain de solo sur la compo d’ouverture du second, ça, j’avoue… Mais on est pas là pour parler de celui-ci. T’as compris : je te le conseille !
Mais moi je préfère le premier.
Alors…
Eh bien, le premier, c’est un album qui ne cache pas son ambition bourrine et… d’ambiance ! Non mais le deuxième aussi…
Mais le premier album, c’est incroyable, t’as pas une composition en dessous des quatre minutes, voire des cinq, à part une… C’est long, c’est éreintant, le groupe ralentit peu et rarement. Le groupe t’essouffle, et c’est bon car essoufflé, oui, mais aucunement ennuyé !
J’adore ce son sec et précis. Il sied bien au style de jeu : véloce et intense. J’adore ces moments où le groupe sans se poser, ralentit, pour proposer un étoffement des riffs, faire apparaître une complémentarité guitaristique, et des mélodies, menaçantes, solennelles et épiques.
Aride, l’album l’est, à l’image de la pochette : brutal, intense, épique, t’écrase, te dépasse, monolithique tout du long, peu de variations émotionnelles. Un monochrome sauvage que la batterie te jette, pendant que les guitares œuvrent pour varier, apportant des nuances bienvenues dans cette frénésie perforante, endurante et continue !
J’avoue que c’est la force de Diabolizer : ça paraît linéaire mais les mecs varient les riffs, adoptent des structures non linéaires. Seulement, comme la batterie garde cette prétention d’ébouriffement absolue, même des crânes chauves, on a l’impression, à la première écoute, que les mecs ne savent qu’être un peu subtils lors des secondes moitiés des compositions ou quand il y a un rare ralentissement ! Mais non !
Les riffs sont pas originaux mais toujours très bien amenés, et savent faire corps avec la batterie explosive pour créer un mur de son destructeur. Non… Plutôt une fine lame gigantesque cosmique qui, à une vitesse incroyable, découpe des planètes et des soleils…
Il y en a des groupes qui m’ont impressionné par leur radicalité, leur jusqu’au boutisme, leur violence.
Mais j’ai rarement ressenti que leur bourrinattitude était empreinte de furie, et d’une urgence vitale…
Diabolizer blaste car c’est un rituel ! Ils invoquent la source d’un Mal, en brisant des Mondes, ils se prosternent une fois l’incantation faite car, dans leurs notes, dans les moments où ils décident de ne plus être les servants de la Destruction, ils prient une Force de bien accepter ces sacrifices et d’effractionner dans notre Univers. Et là c’est la beauté, rustre, simple et éternelle d’un enchaînement harmonique et sombre de notes…
Simplicité fait loi, jamais facilité, fut-ce dans la technique, les mélodies, les façons de ne pas rendre ennuyeux la messe !
Un coup d’éclat ! Il peut y en avoir deux comme ça, d’accord, mais celui-ci est l’ultime pour moi !
Interviewé : Charles C ( organisateur du Samaïn Fest) Interviewers : Bruno G. et Mémé Migou
D’année en année, le Samaïn Fest (La Mézière, 35) ne cesse de proposer des prog. qui allèchent toujours plus. Les 24 et 25 octobre prochains, il enfonce le clou avec :
Vendredi : Xannax, Mezel, Aetheria Conscientia, Moundrag, The Great Old Ones, Dool et Ufomammut
Samedi : Death Council, Tanork, Nervous Decay, Infern, SUP, Misanthrope et Septicflesh
Sans oublier la soirée d’ouverture, le jeudi 23, « au chapeau », avec Flod, Lannog et Brieg Guerveno.
En discussion avec Bruno Guézennec, l’homme au chapeau, et Mémé Migou, Charles nous parle de l’histoire du Festival, de la langue bretonne, de la cérémonie druidique, du line up et bien entendu, de beaucoup d’autres choses encore à découvrir.
Pour info, sachez que le fest se tiendra à la salle Cassiopée, il y aura des stands de merch, mais également de restauration et de bières artisanales. Un petit camping est à disposition des festivaliers.
HELLFEST 2025 (Clisson, 44) Du 19 au 22 juin 2025 Dimanche 22 juin
Texte : Seb D et Bruno Guézennec Vidéos : Bruno Guézennec et Once Upon a Live Photos : Seb D
N’ayant pas sollicité d’accréditation, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien, ont arpenté les scènes du Hellfest édition 2025. Ils vous livrent ici leurs impressions.
Dimanche 22 juin 2025
BLACK BILE
Bruno : Un groupe breton ouvrant le dimanche dans la Valley, je me devais d’être présent, a fortiori quand ce groupe est Black Bile et même si je les avais déjà vus à Brest en première partie de Celeste en mai 2024.
Le problème c’est que les deux autres groupes jouant au même instant sont The Chainsaw Motel et TSAR. Deux groupes eux aussi bretons. C’est moche le Hellfest de me faire un coup pareil !
Les Morbihannais ne disposent que de trente minutes pour montrer leur talent. Sachant que leurs morceaux font souvent sept à neuf minutes, on comprend facilement qu’ils n’ont pas intérêt à se tromper en établissant leur setlist. En regardant les festivals auxquels Black Bile a participé depuis août 2024 (Motocultor, Tyrant Fest, Rock In Bourlon, Frozen Fest, Rituel Noir et donc Hellfest), on se dit que ce n’est pas ça qui doit leur poser des problèmes.
Le quintette assure, dans une Valley plutôt bien remplie si l’on tient compte de l’heure extrêmement matinale pour un quatrième jour d’un festival frappé par la canicule.
Succès mérité pour les Lorientais même si un concert en plein soleil avant midi n’est pas ce que l’on peut rêver de mieux pour eux.
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Crédit vidéo : Bruno Guézennec
CALCINE
Bruno : Une chanteuse après une chanteuse avec toutefois un style et un look totalement différent. Le HxC énervé des Parisiens a prouvé son efficacité, provoquant une belle séance de gymnastique dans le pit, avec deux dinosaures qui passaient par là, en prime.
vingt-cinq minutes seulement, mais à fond.
Lien vidéo CALCINE :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
GUINEAPIG
Bruno : Quoi de mieux qu’un concert de Grindcore après un de HxC et tout ça avant midi ?
Les Italiens de Guineapig (cochon d’Inde…après tout pourquoi pas…) ont fait le taf avec leur Grindcore puissant ; et pourtant il m’a manqué un truc pour que le concert décolle vraiment. Je ne saurai dire quoi exactement, peut-être un set trop linéaire, les titres se ressemblant tous un peu. Je les trouve bien plus percutants sur album.
Lien vidéo GUINEAPIG :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
GOUGE AWAY
Bruno : Retour dans la Warzone pour le second des sept shows auxquels je vais assister ce dimanche dans l’antre du Punk / HxC.
Encore une frontwoman, Christina, dont le groupe donne un très bon concert, mélange de HxC, Post-Hardcore. C’est entraînant, mélodique, la voix et la prestation de la chanteuse sont des atouts indéniables.
À voir et revoir parce que ça passe tout seul et les trente minutes filent bien trop vite. Même si vous n’êtes pas sûr de les voir jouer plus longtemps dans une salle.
Lien vidéo GOUGE AWAY :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
UNE MISÈRE
Bruno : Re-traversée du site et retour sous l’Altar pour assister à la prestation d’un groupe islandais qui aurait très bien pu jouer sur une autre scène, leur style étant en adéquation avec la ligne directrice de la « Zone de guerre”.
Un mélange bien vénère de Metal et de HxC qui explose bien la tronche, à l’image du chanteur qui défonce la sienne à coups de micro dans le front (voir vidéo).
Une Misère a mis tout le monde d’accord, tout en puissance. Du Metal, du vrai, du beau, sous une tente très bien remplie.
Une des belles découvertes de cette édition, malgré l’absence de leur bassiste.
Lien vidéo UNE MISÈRE :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
PAIN OF TRUTH
Bruno : Retour en Warzone – je voyage pas mal ce dimanche – et je découvre dans la place un chien gonflable géant qui trône dans le coin gauche de la scène. Il doit bien faire quatre mètres de haut et autant en longueur.Impossible de le louper.
Ce clébard est bien sûr celui qui orne la pochette du EP No Blame…Just Facts (2020) des Américains.
Malgré de gros problèmes techniques du bassiste (voir vidéo) qui se répètent par intermittence durant deux ou trois chansons, le groupe envoie du bon gros HxC « in your face ». Le public ne s’y est pas trompé, le pit étant bien rempli et bien agité malgré le soleil qui tape fort à ce moment de la journée.
Lien vidéo PAIN OF TRUTH :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Bruno : Parce que se fader seize concerts de rang un quatrième jour de festival est quand même un peu épuisant, je décide de m’accorder « ma » pause de la journée (oui, je sais, je suis faible).
En fait c’est surtout que la trilogie Poppy, Prayers et Signs Of The Swarm proposée à ce moment de la journée ne m’inspire vraiment pas du tout ! Et qu’en plus je commence à avoir sérieusement faim (il était quand même 14h20) et il me restait neuf concerts à voir, il était temps de reprendre quelques forces.
GUILT TRIP
Bruno : Une fois sustenté, je retourne en Warzone pour un nouveau concert de HxC, le style étant vraiment à l’honneur en ce dimanche avec une programmation très consistante.
Est-ce que Guilt Trip a réussi à mettre le feu à la Warzone ? Oui ! Une bonne partie du devant de scène s’est transformée en un énorme pit avec wall of death, un gros circle pit et un bon paquet de slammeurs.
À 15h30 il y en a quelques-uns qui ont dû prendre une belle suée.
Belle démonstration du groupe anglais, avec une fille à la basse. More women on stage !
Lien vidéo GUILT TRIP :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
LORNA SHORE
Seb : Arrivée tardive sur le site pour ce jour de clôture. En effet, nos logeurs nous ont conviés à un apéro dinatoire qu’on a décemment pas pu refuser. C’est vers 15h30 que je passe sous la cathédrale et rejoins une partie de la team Memento Mori Webzine (Mémé Migou, Manu et Simon). Bruno est bien sur le site mais collé aux crash barrières pour vous ramener plein de vidéos pour le souvenir.
Les hostilités démarrent donc à 16h pour moi avec les Américains de Lorna Shore. Groupe de Deathcore qui a le vent en poupe et qui n’arrête plus de grappiller des fans partout où il passe. Il faut dire que même sans être un gros fan de ce style musical, il est difficile de ne pas admettre que ces cinq gars ont vraiment un truc en plus qui les fait sortir du lot. Déjà, ce mélange d’orchestrations symphoniques allié à la brutalité des breakdowns n’est pas classique. Les guitaristes, véritables virtuoses, nous pondent des soli et mélodies ultra accrocheuses qui vous collent en tête instantanément. Et ce batteur ! Mamma mia ! Une véritable mitraillette humaine. Mais c’est bien Will Ramos, vocaliste versatile, qui capte toute l’attention. Ce mec est phénoménal. Passant du cri le plus aigu aux vocalises les plus graves, à rendre jaloux un évier qui se débouche. Époustouflant ! l’entame du set sur “Sun//Eater” me met directement dans le bain. En sept titres et quarante-cinq minutes de show, la messe est dite : Lorna Shore est un des boss de la scène Deathcore. C’est indéniable.
MESSA
Bruno : On passe en Italie, avec Messa et Sara, dont la présence est sans conteste un atout avec son chant doux et aérien. Le groupe propose un Doom plutôt planant qui va faire quelques excursions en terre jazzy et un guitariste qui joue en slide le temps d’un titre (voir vidéo).
Beau succès ! Les Italiens ont sûrement gagné des fans durant ces quarante-cinq minutes.
Un peu calme pour moi mais je n’avais jamais vu le groupe et en face c’était Gutalax (que je verrai au Motocultor) et Lorna Shore en MS, et venant de la Warzone pour retourner à la Warzone, j’essaye d’optimiser les déplacements afin de limiter la fatigue lors de cette journée à quinze concerts.
Lien vidéo MESSA :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
GORILLA BISCUITS
Bruno : Des légendes, pour un de mes derniers concerts dans la Warzone. Le HxC des Américains est plutôt « gentil » et mélodique par rapport aux quelques furieux qui se sont succédés sur cette scène au cours de la journée mais, contrairement aux autres, Gorilla Biscuits a eu l’honneur du fameux « lancer de poireaux », qui a lieu tous les ans devant la scène Punk / HxC (je ne sais pas en quelle année cela a réellement débuté). C’est sympa, ça ne fait de mal à personne et ça fait marrer tout le monde, y compris les mecs du groupe.
Pas le meilleur concert du week-end mais les mecs sont toujours bien présents et en forme.
Seb : N’ayant rien coché sur ce créneau, je me laisse porter par ce que veut voir mon ami Franck. C’est donc tout naturellement que nous nous dirigeons vers la Warzone, attirés par la douce odeur du muscadet. Ce n’est pas la foule des grands jours mais Gorilla Biscuits déjà en place met un beau bordel dans la fosse. On a ici à faire à un Hardcore bien vénère matiné de Punk. Bien que n’étant pas féru de ce style musical, j’apprécie le moment car le groupe et Anthony Civarelli, son chanteur, délivrent un set pied au plancher avec conviction.
Lien vidéo GORILLA BISCUITS :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Lien vidéo GORILLA BISCUITS :
Crédit vidéo : Once Upon a Live
KYLESA
Seb : Lorsque la reformation de Kylesa a été officialisée, je n’attendais qu’une chose, les voir à nouveau en live. J’avais eu l’occasion d’assister à une de leur prestation lors du Hellfest 2011. Et je ne vais pas être déçu cette fois encore car je me fais cueillir instantanément avec le premier titre (mon préféré) “Tired Climb”. Le Sludge des Géorgiens est toujours aussi efficace et jouissif. Le duo de vocalistes / guitaristes, seuls rescapés du line up originel, Laura Pleasants et Phillip Cope, tient la baraque et a su s’entourer d’une excellente section rythmique rendant honneur au répertoire de cette formation culte. Un seul absent à l’appel : Roy Mayorga ; il n’est certes pas présent derrière les fûts en ce moment mais on le verra un peu plus tard dans la journée sur cette même scène avec une autre formation. Le concert est très bon. Comment peut-il en être autrement ? Mais il manque la deuxième batterie, à laquelle nous avait habitué le groupe par le passé. Ce n’est qu’un détail insignifiant mais qui aurait pu amener la prestation à un niveau encore plus élevé qu’elle ne l’a été. Un grand moment !
Bruno : Encore une femme sur le devant de la scène avec le groupe suivant : Kylesa. Mais pas dans le même style que la délicate chanteuse de Messa.
Là ce sont des riffs bien gras, du Sludge lourdingue qui vous enfonce plus bas que terre. Les Américains se font plutôt rares et leur concert au Hellfest après une pause de plus de huit ans entre 2016 et 2024 est une aubaine pour les fans.
Laura Pleasants la guitariste/chanteuse a une grosse présence et son chant apporte énormément par sa rage et sa détermination.
Cinquante minutes sans concession et un beau retour en terre clissonnaise après onze ans d’absence.
Lien vidéo KYLESA :
Crédit vidéo : Once Upon a Live
Lien vidéo KYLESA :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
REFUSED
Bruno : Je n’ai pas remis les pieds sur une des Mainstages depuis le concert de The Cult, le vendredi à 18h35. Quarante-huit heures plus tard, je repointe mes chaussures de randonnée (je n’ai rien trouvé de mieux ni de plus étanche/confortable) sur le parvis pour assister aux adieux de Refused, pour ceux qui comme moi n’auront pas l’occasion de les revoir avant qu’ils arrêtent leur carrière fin 2025.
Problème, venant de la Valley, j’ai tout le site à traverser en diagonale le dimanche à 18h40, autant vous dire que pour accéder près de la scène c’est mission impossible… Eh bien non, j’arrive comme une fleur, avant le début du concert, sans bousculer personne, au sixième ou septième rang, j’aurais même pu aller sans soucis au deuxième ou troisième rang devant les barrières mais je n’ai pas eu envie de déranger les gens devant moi. Il y a toujours cette foutue avancée de scène que je déteste par-dessus tout.
L’ambiance a mis un peu de temps à s’installer, du moins à droite de l’avancée de scène puisque que, de l’autre côté, on ne voit absolument pas ce qu’il se passe. Mais au bout de vingt minutes cela commence à bien bouger. Il y a d’ailleurs pas mal de fans du groupe à l’endroit où je me trouve.
En résumé un bon set des Suédois et un groupe que l’on ne verra, hélas, plus.
À noter un bel amorti de la poitrine, du micro, de la part du chanteur. Un geste technique que l’on trouve plutôt dans le football et visible sur ma vidéo.
Seb : C’est dans le cadre de leur tournée d’adieu que se produisent à Clisson les Suédois de Refused, groupe que j’ai écouté à la fin des années 90 sans être à fond dessus non plus. Eh bien, je dois avouer que je n’ai pas accroché du tout… Même syndrome que pour le concert de Thursday l’année dernière, formation que j’écoutais sporadiquement aussi dans mes jeunes années. Il faut croire que c’était mieux dans mon souvenir. Ou peut-être que certaines musiques restent ancrées dans une époque et celles-ci nous parlent moins en grandissant. Le groupe met pourtant l’accent sur son répertoire le plus ancien car pas moins de dix titres sont tirés d’albums ayant vu le jour dans les années 90, dont sept d’entre eux sont extraits de l’album iconique The Shape Of Punk To Come.
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Crédit vidéo : Bruno Guézennec
UNLEASHED
Seb : Ah ! Enfin du Death Metal ! Et du vrai de vrai en plus. Ce style musical est clairement le parent pauvre de cette édition. Mais les vétérans de Unleashed vont montrer à tout le monde que le Death Metal a encore sa place au Hellfest. L’Altar n’est pas très remplie, A Day To Remember captant une grosse partie de la foule du côté des Mainstages, mais qu’importe : les Suédois vont donner une bonne correction au public présent. Et celui-ci va bien le lui rendre en enchaînant les circle pits et autre wall of death. La fosse est en ébullition durant tout le set, ça ne débande pas une seule seconde, de quoi donner de l’énergie à nos vikings préférés. Un concert efficace et sans chichi.
Bruno : Retour dans mon antre (Altar/Temple) pour le Death Metal d’Unleashed.
J’aurais pu passer plus de temps sous les tentes mais j’avais, un peu plus tôt, choisi Kylesa, que je n’avais jamais vu, à la place des Italiens de Fleshgod Apocalypse puisque je suis sûr de les revoir au Motocultor. J’aime bien privilégier les groupes que je n’ai jamais vus live même si le style me plaît un peu moins.
Rien d’original dans la prestation du quartette suédois, mais ce qu’ils font, ils le font très bien. C’est carré, efficace en diable (petits doigts de metal), et ils confirment leur statut de valeur sûre du Death Metal old school.
Une référence avec laquelle on a peu de chance d’être déçu.
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Crédit vidéo : Bruno Guézennec
THE KOVENANT
Bruno : Que de souvenirs avec ce groupe, d’abord nommé Covenant pour ses deux premiers albums, dont Nexus Polaris, une des grosses sorties de l’année 1997. Pratiquement trente ans plus tard, ils participent au Hellfest et leur Black Metal Symphonique n’a pas trop vieilli.
J’ai pourtant eu un peu de mal à entrer dans le concert mais au fur et à mesure les mélodies familières se rappellent à mon esprit (fatigué, l’esprit). Ils nous gratifient aussi du titre « New World Order », bien différent de ce que faisait le groupe à ses débuts mais à la mélodie assez imparable (un petit air de Samael version symphonique).
Au final un bon moment avec les Norvégiens et un petit retour dans le passé toujours agréable bien que je ne sois pas vraiment nostalgique et partisan du « c’était mieux avant ».
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Crédit vidéo : Bruno Guézennec
WALLS OF JERICHO
Seb : Je n’ai pas vu Candace Kucsulain et sa bande depuis le Hellfest 2012. La charismatique hurleuse n’a pas son pareil pour embraser un pit. Et treize ans plus tard, elle prouve encore qu’en un claquement de doigt, elle peut retourner la fosse de la Warzone qui aujourd’hui est pleine comme un œuf. La formation de Détroit a écumé suffisamment de scènes pour savoir comment faire plaisir à son public. Et il le lui rend bien : c’est la bagarre des grands jours (mais toujours dans la bonne humeur). En quinze titres pour autant de mandales dans la tronche, la messe est dite : les coreux/ses et autres amateurs de musiques hargneuses sont pressé/es comme des citrons par Walls Of Jericho et laissent sur place le jus qu’il leur reste encore dans les pattes après quatre jours de festival.
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Crédit vidéo : Once Upon a Live
JERRY CANTRELL
Seb : Ayant raté son passage au Hellfest 2022, s’il y a un concert que je ne veux pas louper aujourd’hui, c’est bien celui de Jerry Cantrell. Et visiblement, je ne suis pas le seul car la Valley est très bien garnie ! Contrairement au show donné lors de son passage précédent, le guitariste à la longue chevelure va concentrer l’essentiel de son set sur ses albums solo, Ses deux derniers efforts, Brighten et I Want Blood étant représentés par trois titres chacun. Mais, il n’en oublie pas pour autant son groupe principal, Alice In Chains, qui l’a fait connaître au grand public. En effet, quatre titres sont repris (“Them Bones”, “Down In A Hole”, “Would?” et Rooster”) superbement interprétés par un Greg Puciato (chanteur de The Dillinger Escape Plan) vocalement parfait. En fermant les yeux, on croirait presque entendre le regretté Layne Staley. C’en est presque troublant. Des frissons me parcourent le corps à de nombreuses reprises. Derrière les fûts, l’excellent Roy Mayorga fait des merveilles. Voilà pourquoi il était absent lors du concert de Kylesa un peu plus tôt. L’heure de jeu allouée à Jerry Cantrell passe à une vitesse folle. Incontestablement le meilleur concert du week-end.
Lien vidéo JERRY CANTRELL :
Crédit vidéo : Once Upon a Live
DETHKLOK
Bruno : Le set des Allemands est formidable musicalement mais vraiment pénible visuellement. Peut-être que la fatigue des cinquante-six concerts que j’ai déjà dans les pattes (les oreilles et les yeux) y sont pour quelque chose, mais je trouve très rapidement que les images animées derrière les musiciens, que l’on ne voit qu’en ombre chinoise du début à la fin, deviennent vite insupportables. Et impossible d’y échapper, l’écran derrière eux étant vraiment géant.
Par contre ça joue, vite, fort et très bien, les mecs sont des machines et techniquement c’est parfait.
Impression bizarre donc, vu que j’ai passé un bon pourcentage du concert les yeux fermés, baissés ou avec les rebords de mon chapeau en protection pour cacher au maximum l’écran car c’est un peu comme prendre un stroboscope dans la tronche pendant soixante minutes. Pas tellement agréable.
Lien vidéo DETHKLOK :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
LINKIN PARK
Seb : Le passage du groupe au Hellfest 2017 n’avait pas eu le succès escompté. Chester Bennington n’est plus et c’est un Linkin Park 2.0 qui vient prendre sa revanche et par la même occasion présenter Emily Armstrong, sa nouvelle chanteuse. Fort du succès de son album du come back From Zero, le groupe vient effacer son ardoise et montrer à tout le monde qu’il sait encore botter des culs. Jusqu’au matin même, personne n’était encore certain que la formation américaine pourrait assurer son show du soir. En effet, deux jours avant, ils ont dû annuler une date en Suisse pour cause de maladie. Mais à 23h, c’est un ouf de soulagement car les lumières de la Mainstage 1 s’allument et une intro résonne dans les enceintes, très vite suivie par les premiers accords de “Somewhere I Belong”. Il est assez déstabilisant au départ de se faire au chant d’Emily sur les anciens titres, la tonalité des chansons étant revue pour s’adapter à sa tessiture vocale, et l’âme de Chester faisant partie intégrante de tous ces tubes. Mais l’oreille s’y fait vite et il faut bien avouer que la belle s’en sort avec les honneurs. Là où elle excelle, c’est sur les morceaux du dernier disque comme “The Emptiness Machine”. Je quitte les lieux à la moitié de la prestation après un “One Step Closer” tonitruant magnifié par les flammes embrasant le site. Non pas que le concert soit mauvais (au contraire, il est très bon) mais le découpage du set en trois actes, avec des intros (trop longues) pour chacun d’entre eux, casse le rythme et me sort du show. La fatigue des quatre jours commence aussi à se faire sentir. Je rentre au campement d’où je vois le très beau feu d’artifice final.
KNOCKED LOOSE
Bruno : Pour bien faire, en dernier concert d’un Hellfest, on choisit un truc qui va marquer la mémoire, avec si possible une grosse ambiance. Et vu que ce sont les groupes les plus connus, en général cela fonctionne.
Pour Knocked Loose cela marche particulièrement bien parce que la Warzone est à feu et à sang (bon j’exagère un peu mais par moment une sacrée putain de folie s’empare du pit).
Je me situe comme pratiquement toujours un peu à droite de la scène de la Warzone pour diverses raisons pratiques : un peu moins de furieux qu’aux barrières du milieu, pour avoir l’occasion de sortir son tél et faire des vidéos potables avec un angle favorable pour pouvoir filmer toute la scène d’un seul tenant sans avoir à balayer de droite à gauche (je me place assez rarement en plein milieu pour cette raison).
Néanmoins, côté droit ou pas, ça bouge dans tous les sens et les slammeurs débarquent par vagues de deux ou trois.
Knocked Loose a prouvé sa capacité à tenir une scène et mérite sa place de tête d’affiche.
Lien vidéo KNOCKED LOOSE :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Bruno : Encore une édition bourrée de découvertes, de confirmations, de rares déceptions et de fatigue intense au bout de quatre jours de concert pratiquement non-stop.
Seb : Malgré les nombreuses critiques de départ concernant la programmation, le Hellfest a encore réussi son coup en nous offrant une nouvelle fois une superbe édition riche en concerts de qualité. Les pass pour l’édition 2026 ont tous trouvé preneur le 8 juillet dernier. L’orga nous promet un line-up qui s’annonce musclé. Je croise les doigts pour un retour en force des musiques extrêmes, Black et Death Metal en priorité. Nous verrons tout cela en fin d’année lorsque la nouvelle affiche sera dévoilée. D’ici-là, il ne nous reste plus qu’à compter les jours jusqu’au week-end du 18 au 21 juin 2026. À l’année prochaine !🤘
Genre : “Doom/Death mélodique” aussi appelé Dark Metal Label : Inverse Records Sortie : 10 Octobre 2025
Note : 85/100 (WvG)
Cher.e lecteur.ice,
Ayant reçu une proposition indécente de chronique, je m’en vais de ce pas t’évoquer la sortie de l’album de Serpent God. Un serpent, un gode, deux bonnes raisons d’écouter Denial, le « dernier » opus du groupe combinant ces deux termes.
*
Eve s’en lèverait, lentement mais sûrement telle une noire princesse de contes de fées, dans le déni de sa condition de future princesse Disney. Dans cet album, on pose de la lenteur, de la lourdeur, de l’atmosphère sombre, des plages ambiantes, dans un style qui n’est pas sans évoquer tantôt Paradise Lost, tantôt Moonspell (groupes qui eux aussi sortent un album récemment, au passage…) mais avec une voix plus caverneuse et dans la période 90’s-2K’s des deux groupes cités comme comparatifs. En gros ce qu’on ne savait pas trop comment classer dans cette période, qu’on trouvait dans le bac Doom/Death des FNAC, Virgin et concurrents et qu’on a fini par appeler « Dark Metal ».
Si la patte inspirationnelle semble assez évidente pour qui a déjà connaissance de ces groupes, Serpent God propose donc un premier album plutôt réussi pour qui aime se poser et bronzer au soleil de la Finlande sur un pic rocheux en méditant sur sa proximité géographique avec le voisin russe et la proche nécessité de devoir en apprendre la langue. Oui, quand on se met dans l’état d’esprit lié à l’ambiance lors de l’écoute de Denial, difficile de se mettre en situation d’optimisme ou de déni.
En effet, j’ai bien dit « premier album » ; là, on se dit « nan mais il se moque, le WvG : le travail du son est trop propre, c’est trop réfléchi et pas assez amateur pour un debute » … Vous auriez raison fondamentalement… sauf si le groupe était bâti sur les cendres d’un autre, précédent et/ou simultané, on n’arrive pas trop à comprendre puisque fondé en 2009 et ayant sorti un album en 2022. Des rushes de ce groupe, Se, josta ei puhuta, est né Serpent God, avec le rebut de ce qui n’était pas exploitable pour le premier.
Bon, ça va, niveau rebut, on a vu pire et plus bordélique : le résultat est pesant, mélodieux (en mode mineur, hein, faut pas déconner non plus), construit et mesuré pour mettre l’auditeur dans l’apaisement puis la tension, niveau nuances sonores, bien sûr ; ne vous attendez pas à un subit blast beat > SPOILER : y en a pas ! Bon, j’abuse, ça s’énerve un peu sur la partie centrale de l’album (« Sermon » et donc « Oblivion » sur lequel apparaît un mini passage en blast, OK…) mais pas d’inquiétude, vous resterez dans la vôtre, de quiétude, comme sur « Keyhole » avec quelques chœurs et un piano parcimonieux, pour s’achever sur l’orgue Hammond qui mène par la nappe sonore le final « Void » concluant l’album sur un célesta synthétique et sa ritournelle.
*
Aussi, auditeur.ice, te voici face à un faux premier album qui sent la maîtrise des ténèbres et leur accueil chaleureux à passer dans les bras d’un Morphée morfal avide de doux cauchemars de froidure et de pluie.
Interviewés : Famine, Cinis, Hatred Salander, Morphée – Versatile Interviewers : Eva (Girls’N Nantes) et Mémé Migou (MMW)
Interview organisée au Muscadeath 2025 Merci Alexandre ( M&00ffice) et Ben (Muscadeath)
C’est au Muscadeath 2025, à Vallet, que les 2 comparses, Eva (pour le blog Girls’N Nantes) et Mémé Migou (pour Memento Mori Webzine), se sont donné la main et le micro pour mener en binôme la rencontre avec le quatuor suisse VERSATILE.
Et elles doivent bien l’avouer, ce moment passé en leur compagnie a été aussi intéressant que sympathique. Il faut dire que cette interview vient remplir un vide, celui d’une précédente, faite il y a quelques mois en visio, qui avait capoté faute d’une connexion de qualité et surtout… interview qui s’est perdue dans les limbes du web.
Merci à Versatile pour ces échanges. Merci également au Muscadeath et à M&O Office/Promotion d’avoir permis cela.
Et on en profite pour remercier chaleureusement Flav’ (Blut Sauger) pour avoir joué le cameraman pendant toute cette interview. !
ATTENTION… Il y a un p’tit bonus philosophique à la fin, juste après le générique 😉
Crédit musical : « Ieshara » – Versatile Crédit photos : Mémé Migou – photos du set de Versatile au Muscadeath 2025.
Genre : Black Metal introspectif Label : Season of Mist Sortie : 12/09/2025
Note : 95/100 (El Jeanjean)
Il existe des groupes qui nous proposerons une musique frontale… d’autres qui aimeront proposer des trucs plus alambiqués, demandant des efforts pour rentrer dans leurs univers… Certains favoriseront l’énergie pour que l’auditeur ait juste envie de tout casser et d’autres encore vont préférer les ambiances. Et puis y’a des groupes comme DER WEG EINER FREIHEIT.
Le groupe, formé depuis 2009, nous propose cette année son 6ème album et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils savent prendre leur temps pour composer des chansons qui prennent aux tripes.
Noktvrn était sorti en 2021, ils avaient, avant, un rythme d’un album tous les 2 ans en moyenne (chipotez pas lààààà !), et le fait que pour Innern, un délai de 4 ans ait été pris nous montre à quel point ils ont tenu à offrir un album irréprochable.
Innern s’ouvre donc sur son 1er titre “Marter” et d’emblée, on sent qu’on va avoir beaucoup de sentiments… et de ressentiments !
“Mais, encore une fois, une fois de trop…La chanson silencieuse du supplice se noie en moi. Ce qui tombe dans l’oreille d’un sourd reste toujours muet et jamais dit.
Écoute-moi, écoute-moi ! Ma gorge brûle tout, tout, tout ! Vos dos marqués par chaque mot, chaque mot se réduit en cendres”
Voila… Dès la 1ere chanson, on sait que cet album va être quelque chose qui va nous pousser dans nos retranchements et il est évident que d’un point de vue paroles et thèmes, on est très très loin des odes à Satan et autres festivités habituelles dans le style Black Metal. Et très très vite, on découvre que le sentiment qu’on ressent en 1er lieu, c’est de la colère, sourde…intérieure… qui ne demande qu’à sortir et à être exprimée, entendue…
“De mille corps germe ce qui était resté si longtemps caché, et qui est à nouveau libre. Descends de ton trône, la Terre viendra te chercher, elle te donnera ta récompense”
Ce lyrisme est tiré de la chanson “Eos”, qui est sorti en single peu de temps avant la sortie officielle de l’album, et clairement, cette chanson m’a frappée de plein fouet… Tout ce que j’aime dans une chanson se trouve dans ces 7mn30 de folie, de colère, de beauté, d’urgence… Très sincèrement, je ne comprendrais pas comment on ne pourrait pas tomber amoureux de cette chanson et que la volonté de vouloir repasser en boucle son dernier tiers véloce et musical ne vous titille pas. Ne vous méprenez pas ! Chaque titre nous agrippe, ne nous lâche pas et au final, une fois les 6 titres écoutés, on relance son écoute, voulant continuer à découvrir tout ce qui se cache en son intérieur.
Dans le rayon des nouveautés, il s’agit là du 1er album suite à l’arrivée du bassiste Alan Noruspur et surtout du 1er album enregistré par le chanteur-guitariste Nikita Kamprad, qui a aussi géré le mix et le mastering (les batteries ayant été enregistrées dans un autre studio. J’en profite d’ailleurs pour souligner l’intelligence du jeu de Tobias Schuler qui est tout bonnement impérial sur cet album), ce qui nous donne un album qui sonne naturel mais moderne en même temps. Tous les éléments ont leur place dans le mix et cela rend l’écoute vraiment agréable.
Là où Noktvrn nous emmenait dans un voyage personnel plus introspectif et confidentiel, Innern va plutôt vous embarquer dans une quête plus cathartique et libératrice ! Là où Noktvrn nous donnait un sentiment de pudeur et de calme à son écoute, Innern nous donne un sentiment de colère et de tempête intérieure contradictoire ! Nul doute que les gens qui avaient été un peu moins emballés par le précédent album retrouveront le DER WEG EINER FREIHEIT du début, la maturité en plus.
HELLFEST 2025 (Clisson, 44) Du 19 au 22 juin 2025 Jour 3 – Samedi
Texte : Seb D et Bruno Guézennec Vidéos : Bruno Guézennec
N’ayant pas sollicité d’accréditation, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien, ont arpenté les scènes du Hellfest édition 2025. Ils vous livrent ici leurs impressions.
Samedi 21 juin 2025
Bruno : De bonne heure et de bonne humeur, c’était un peu le leitmotiv de cette édition 2025 puisque je suis arrivé pour 10h30 sur site les vendredi, samedi et dimanche.
Journée facile pour moi en ce samedi 21 juin : des tentes, des tentes, des tentes… puisque je vais passer ma journée entre l’Altar et la Temple avec une seule petite incursion dans la Valley.
C’est simple pourtant : quand la programmation de la Temple est uniquement composée de groupe de Black Metal, il y a peu de chance que vous me voyez ailleurs ! Et pourtant il y avait du très solide dans la Warzone avec Pest Control, Nasty, Stick To Your Guns, Terror et Turnstile. Mais il faut faire des choix, on ne peut pas être partout, hélas.
VESTIGE
Bruno : 10h30, Vestige, les français investissent l’Altar pour son mélange de Metal Progressif/Shoegaze.
Le groupe ne met pas l’accent sur la vitesse mais plutôt sur les ambiances avec une musique planante mais qui n’oublie pas de devenir bien lourde et puissante. Le set est passé bien vite, ce qui est généralement bon signe.
Encore une formation à redécouvrir dans une petite salle pour les voir dans de meilleures conditions, bien que le son de leur prestation était tout à fait satisfaisant.
Lien vidéo VESTIGE :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
LUNAR TOMBFIELDS
Bruno : Ayant déjà vu le groupe à Querrien (29) en décembre 2024 avec les Canadiens de Miserere Luminis et Givre, je savais à quoi m’attendre : du Black Metal Atmosphérique. Pour ceux qui ne connaissent pas bien cet univers, le terme Atmosphérique ne signifie pas du tout de la musique douce et planante qui va permettre de vous aérer l’esprit en fumant un joint (enfin ça peut, mais pas là !).
Parce qu’il y a aussi le terme Black Metal qu’il ne faut pas oublier. Les Nantais vous chopent à la gorge d’entrée et ne vous lâchent plus jusqu’à la fin du concert, les mélodies sont bien présentes mais la force de frappe aussi. Ils savent embarquer les auditeurs, et spectateurs dans le cas présent, dans leur monde sombre tout en les brossant dans le sens du poil (ou du cheveu) avec de magnifiques parties de guitares.
Bref, j’ai passé un super moment, bien que trop court, avec un groupe de chez LADLO.
Lien vidéo LUNAR TOMBFIELDS :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
SYK
Bruno : Je m’en vais à la fin du concert et après une longue marche de près de… vingt mètres, sans me perdre, j’arrive dans l’Altar, qui, ô bonne surprise, est toujours là ! Des fois qu’ils l’aient démontée pendant le concert des Nantais, on ne sait jamais.
Ne connaissant absolument rien de ce groupe et ayant écouté à peine trente secondes d’une de leurs chansons, mais suffisamment pour me rendre compte que je préfère leur musique à celle de Majestica (MS2) et The Midnight Ghost Train (Valley), je débarque dans l’Altar pour assister à la fin des balances, avec un mec, et une fille, plutôt charmante, en petite jupette argentée, en train de s’époumoner dans un micro.
Ayant un peu peur de la caution « fille qui est là pour faire bien », (si, si, ça arrive, incroyable n’est-ce-pas ?!), j’attends pour voir ce qu’il en sera vraiment quand le concert commencera.
Ayant retrouvé Mémé Migou, nous assisterons ensemble à la prestation des Italiens.
Les musicos reviennent sur scène et nous balancent une sorte de Death Metal que l’on pourra qualifier de progressif, assez syncopé, avec certains moments qui me font un peu penser à Meshuggah (en beaucoup moins compliqué).
Le guitariste a un chant assez torturé qui convient parfaitement au style.
Et la jupette argentée alors ?! C’est joli de teaser, mais il faut donner des réponses !
Et bien cette fille, Dalida Kayros (également le nom de son projet solo), et qui apparaît comme guest sur le dernier album des Italiens, a une présence incroyable sur scène et a, elle aussi, une voix assez impressionnante.
Je reste un peu sur le cul devant leur show car je ne m’attendais pas du tout à un tel niveau.
Une des bonnes surprises, que ce concert de Syk : je n’avais aucune idée d’où je mettais les pieds et cela va rester dans mon top 10 ou 15 du Hellfest 2025.
Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences…
Lien vidéo SYK :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
WITCH CLUB SATAN
Bruno : Avec Migou nous nous dirigeons vers la Temple pour du Black Metal. Parfait, c’est pour moi ça ! Là encore je n’ai pratiquement rien écouté de ce que produit le groupe. Je sais juste que ce sont trois femmes sur scène.
Elles déboulent avec des espèces de cornes de boucs en laine sur la tête et une sorte de haut de vêtement blanc avec une ouverture qui laisse apparaître leurs poitrines…
Je regarde Migou avec circonspection, mais elle a l’air moins surprise que moi. Ok, on a déjà eu les flamants roses de Trollfest hier, après tout pourquoi pas. Comment je disais déjà ? : “il ne faut pas se fier aux apparences”.
Le problème c’est que cette fois-ci les apparences étaient au niveau de leur musique. Je suis passé complètement à travers, le côté exhibition gratuite n’arrangeant en rien mon impression de groupe qui mise un peu trop sur le look et pas assez sur les compos, un vieux pain de la guitariste à la fin du troisième morceau ne faisant que confirmer mon sentiment. Un regard commun avec Migou me fait rapidement comprendre qu’elle aussi trouve ça pour le moins à chier.
Quand on a fait beaucoup de concerts avec quelqu’un, il n’y a même pas besoin de parler pour se comprendre. Et là, on était d’accord sur le fait que ce n’était vraiment pas terrible.
Si vous avez aimé ce concert, tant mieux pour vous.
Résultat je suis allé me prendre un truc à bouffer au Hellsnack qui se trouve juste devant les tentes et j’ai continué à écouter le concert d’une oreille distraite en me baladant entre l’Altar et la Temple et en mangeant mes grignottes de poulet. C’est pas extra mais ça cale bien, c’est pas cher et on est servi extrêmement rapidement (style dix secondes entre le moment où j’arrive et je repars avec mon pochon de bouffe). Migou quant à elle avait déserté les lieux depuis longtemps, c’est dommage, elle n’a pas pu assister au changement de tenues des musiciennes qui sont revenues avec un pantalon rouge et rien au-dessus !
Moi je m’en fous, j’ai filmé un titre du concert de Witch Club Satan pour mettre, comme tous les autres groupes, un extrait sur ma chaîne YouTube. Et bien vous savez quoi ? Trois semaines plus tard, la vidéo totalise plus de vues que celle de Pentagram, The Damned et Thy Catafalque réunis !
Lien vidéo WITCH CLUB SATAN :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
URNE
Bruno : Après ce qui reste le concert qui m’a le moins accroché du Hellfest 2025 – comme tout ce Report, c’est juste un avis personnel -, je continue mes va-et-viens Altar-Temple pour les Anglais d’Urne et, à l’inverse du show précédent, pas de fioriture, pas de mise en scène, juste des musiciens qui débarquent sur une scène et vous envoie leur Metal, à tendance progressive, dans la face pendant quarante minutes. Le son est bon, lourd et le trio garde la même intensité durant toute leur prestation.
Simple et bougrement efficace, on comprend mieux pourquoi ils sont devenus les protégés de Joe Duplantier (Gojira) qui a produit leur dernier album.
Lien vidéo URNE :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
MARS RED SKY
Seb : En cette troisième journée, l’arrivée sur site se fait durant le concert des Bordelais de Mars Red Sky. Le soleil cogne encore très fort et la musique pratiquée par le groupe s’accorde plutôt bien avec cette chaleur. J’avais déjà eu l’occasion de les voir sur scène lors du Motocultor en 2015 et ils m’avaient fait forte impression. Il faut dire que leur Stoner a tendance psychédélique a tous les atouts pour embarquer l’assistance vers un voyage astral et cosmique. La voix douce et haut perchée de Julien, le chanteur guitariste, peut être déstabilisante au début mais se fait vite envoûtante. Parfait pour débuter la journée.
S’ensuit le rendez-vous annuel à ne pas manquer : l’apéro MUSinc. En effet, chaque année, Greg, le créateur de la chaîne YouTube du même nom, profite du Hellfest pour rencontrer sa communauté. C’est toujours un plaisir de pouvoir discuter avec lui et d’autres personnes le suivant sur ses différents réseaux.
TRYGLAV
Bruno : Retour dans la fournaise de la Temple, entre 40° et 45°C minimum, devant la scène… Bon, ce n’est pas qu’il fait moins chaud dans l’Altar mais j’ai l’impression qu’il y a un petit peu plus de courant d’air grâce à une bâche ouverte sur le côté gauche.
Excellente prestation de Tryglav, malgré un son pour le moins brouillon en partie dû à une double grosse caisse réglée à un volume débile et qui couvre les autres instruments. Tous les ans c’est la même chose, tous les ans on se plaint du même problème et l’année suivante ça recommence. Un peu pénible à la longue et ce n’est hélas pas propre au Hellfest : dans les autres fests, c’est régulièrement la même chose.
À part cela les Croates assurent, leur Black Mélodique fait le job et le fait très bien.
À revoir en tête d’affiche d’une soirée pour pouvoir en profiter plus longtemps.
Lien vidéo TRYGLAV :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
WITCHFINDER
Seb : Je pensais aller voir ensuite les Ukrainiens de Stoned Jesus mais un problème logistique ne leur permet pas d’arriver à l’heure pour honorer leur créneau de jeu. Ce sont donc les Français de Witchfinder qui les remplacent au pied levé. Stoned Jesus jouera plus tard dans la cage de la Purple House. Je ne reste pas car un ami vient d’arriver sur le site et il me propose de le rejoindre sous l’Altar.
VULTURE INDUSTRIES
Seb : Et sous l’Altar, ce sont les Norvégiens de Vulture industries qui se produisent. Pas vraiment ma came, j’écoute donc d’une oreille distraite, n’accrochant pas vraiment le son qui vient chatouiller mes conduits auditifs.
Bruno : Quand le chanteur déboule sur scène avec son accoutrement classe (costard noir, cravate rouge, sa canne et son chapeau), mais un peu bizarre pour un concert de Metal, il me fait tout de suite penser (physiquement) à Reuno, le chanteur de Lofofora ; ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça et puis c’est tout.
Le Metal un brin progressif des Norvégiens ne m’a pas emballé, je ne suis jamais rentré dans ce concert. Ce n’est pas que j’ai trouvé cela déplaisant mais un peu plat et la voix du chanteur ne m’a pas vraiment transcendé non plus. Ce dernier souffrait visiblement de la chaleur ; en même temps, on ne l’oblige pas à porter un costard par plus de 40°C.
Je ne m’étendrai pas car je n’ai pas grand-chose à dire de plus, je n’étais ni pour ni contre, bien au contraire (pour paraphraser un humoriste célèbre).
Lien vidéo VULTURE INDUSTRIES :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
D-A-D
Seb : Direction la Mainstage pour aller assister à la prestation des Hard Rockers de D-A-D. Les yeux se tournent naturellement vers son facétieux bassiste Stig Pedersen avec ses étranges basses à deux cordes. Au final un concert sympathique, sans plus, et qui a du mal à capter l’attention sur la longueur. En plus, ils n’ont pas joué mon titre préféré “Reconstructed”. Dommage.
AGRICULTURE
Bruno : Un des groupes incontournables de mon Hellfest 2025. Je suis les Californiens depuis la parution de leur premier EP en 2022 et de cette vidéo un peu étrange (avec un cochon) du magnifique titre « The Circle Chant ».
Le groupe arrive sur scène et niveau look : si on ne connaît pas les ricains, on parierait sur n’importe quel style sauf du Black.
Le guitariste de gauche arbore une très belle chemise à fleurs et le batteur, des rouflaquettes. Ce n’est pas très Black Metal, ça, ma bonne dame !
Musicalement par contre, fini la rigolade : ça envoie du lourd, malgré la structure et le style des morceaux qui sont assez atypiques. C’est sûrement ce qui fait le charme de ce groupe, ils ne sont pas comme les autres.
Les morceaux oscillent entre des passages un peu tordus/déstructurés où le public ne sait pas trop comment réagir à des moments planants de beautés intenses suivies par les solos inspirés de Richard Chowenhill (dit « chemise à fleurs »).
La chanteuse/bassiste met la touche finale à ce tableau avec son style agressif et une voix à l’avenant.
J’attendais beaucoup de cette prestation et j’ai eu exactement ce que j’espérais.
Ce groupe est un peu à part dans l’univers Metal.
Lien vidéo AGRICULTURE :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
PERSEFONE
Bruno : Série de pas-chassés sur la gauche pour retourner une fois de plus sous l’Altar (oui, j’aime bien me déplacer en pas-chassés, ça me rappelle les cours de gym quand j’étais en primaire et les entraînements de mon club de basket plus tard).
Un groupe de la principauté d’Andorre au Hellfest, je ne crois pas me tromper beaucoup en disant que ça n’arrive pas tous les ans. Persefone propose un Death Progressif plutôt technique (c’est souvent le cas quand il y a « progressif » dans le descriptif d’un groupe).
Malgré cela, n’allez pas croire que les titres sont de longues œuvres interminables. S’ils en ont qui dépassent les dix minutes, la majeure partie sont des morceaux qui oscillent entre trois et six ou sept minutes. Assez standard donc.
Et si vous rentrez dans leur « trip » vous allez passer un très bon concert ; c’est ce qui m’est arrivé : gros son, bonne présence du chanteur, bonnes mélodies, c’est amplement suffisant pour moi.
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Crédit vidéo : Bruno Guézennec
CONAN
Seb : Tiens ! Et si on se prenait un gros coup de massue dans la tronche avec un bon Doom des familles ?! C’est exactement ce que je suis allé faire en rejoignant la Valley pour assister au set des Anglais de Conan.
Tels des coups de masse, chaque riff du trio vient nous écraser pour nous enfoncer un peu plus dans le sol avec leur musique douce comme le pas lourd d’un pachyderme. Je serais bien resté tout le long mais je préfère abréger. Non pas que la qualité ne soit pas au rendez-vous (bien au contraire) mais le groupe que j’attends le plus ne va pas tarder à se produire et j’aimerais, si possible, me placer tout devant.
SPECTRAL WOUND
Seb : Dire que j’attendais le set des Canadiens de Spectral Wound relève du doux euphémisme. Leur dernier album Songs Of Blood And Mire m’avait plu à tel point qu’il avait fini en tête de mon top album 2024. Des amis les avaient vus à l’Inferno Festival à Oslo au mois d’avril et m’en avaient dit le plus grand bien. Je suis à l’avant-poste, prêt à me prendre cette débauche de violence en pleine face.
Et le programme est respecté. Leur Black Metal sauvage et sans retenue est d’une beauté rare. On y retrouve l’héritage des pionniers du genre. Mais, ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas de bourrinage bête et méchant : les mélodies en tremolo-picking viennent vous chatouiller l’oreille et amènent la petite touche qui rend leur musique irrésistible. Tous les regards convergent naturellement vers Jonah, le chanteur, bête de scène charismatique au possible. Quelle mandale !
Bruno : Suite de cette formidable journée passée sous le signe du Black Metal dans la Temple, avec Spectral Wound.
Je retrouve Sébastien – ou lui me retrouve, je ne sais plus – et nous nous installons devant la scène pour assister à la prestation des Canadiens.
On ne dira jamais assez de bien de la scène Black canadienne… Le livret du Hellfest présentait ainsi le groupe : « Aussi glacial que le grand froid québécois… » Bon, je dois avouer qu’avec environ 45°C devant les barrières, je n’ai pas vraiment senti le « grand froid québécois » !
Qu’importe, le quintette a livré un show de grande qualité. Une voix bien black d’écorché vif, des titres qui ne retombent jamais en intensité. Les Canadiens bénéficient d’une plage horaire de cinquante minutes, la première de la journée, les plage horaires du samedi se répartissant comme suit sous les tentes et sur Warzone/Valley :
quatre de trente minutes
deux de quarante minutes
trois de quarante-cinq minutes
trois de cinquante minutes
six d’une heure
(en dehors des MS ou les têtes d’affiche jouent jusqu’à une heure trente).
Cinquante minutes étant largement suffisantes pour présenter son œuvre, même si j’aurais été partant pour dix ou vingt minutes de plus tant le concert de Spectral Wound m’a plu.
Sébastien et moi nous sommes reculés d’une quinzaine de mètres vers la fin du concert pour profiter d’une température un peu plus clémente et d’un petit filet d’air qui passait par là. Quand je dis plus clémente, c’était quand même largement au-dessus des 36/38°C.
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Crédit vidéo : Bruno Guézennec
GRIMA
Bruno : La triplette suivante Peyton Parrish, My Sleeping Karma et Wheel ne m’emballant pas plus que cela et parce qu’avec ces températures il faut savoir un peu s’économiser, je décide de prendre ma seule pause de la journé, pour m’asseoir contre une barrière dans le fond de la tente. Parce que, mine de rien, même si j’ai déjà vu dix concerts non-stop, il en reste encore sept à venir avant la fin de la journée et pas des moindres, à commencer par une des grosses attentes du week-end : Grima.
Même si les conditions d’une énorme tente comme la Temple, en plein jour, sous plus de 40°C, n’étaient pas optimales, le show des Russes fut en tout point sublime en dépit d’une double grosse caisse là encore réglée beaucoup trop fort (il me semble que j’ai déjà évoqué le problème !)
Sombre, inquiétant avec ses tenues et ses masques, le groupe des frangins Sysoev sait poser les ambiances comme avec la chute de flocons de neige pendant « Enisey » et sa mélodie envoûtante. Effet simple mais tellement efficace. Que dire de l’arrivée sur scène du chanteur avec son sceptre, ses avant-bras en branches et toujours son masque en bois sur « Siberian Sorrow ».
Grima enfoncera le clou avec « The Shrouded in Darkness » dont les quatre dernières minutes sont juste exceptionnelles.
Un grand concert des Sibériens, un grand moment du festival.
Petit message aux mecs qui ont trouvé le moyen de slammer pendant un concert de Grima : « Allez bien vous faire cuire le cul !!! »
Seb : Sur le chemin qui me mène de nouveau à la Valley, je décide de me désaltérer avec une bière. Une fois le breuvage en main, j’hésite : que fais-je ? Je suis mon programme et je vais voir My Sleeping Karma avec le risque de subir sous un cagnard abominable, quitte à passer à côté de la prestation ou est-ce que je me pose à l’ombre ? À contre-cœur je choisis la seconde option ; il est parfois important d’écouter son corps.
Après ce moment régénérant, retour sous la Temple où les Russes de Grima vont tenter de souffler un vent de fraîcheur avec leur Black Metal Atmosphérique tout droit venu du fin fond des forêts sibériennes. Ayant déjà vu la formation l’année dernière en salle (au Ferrailleur à Nantes), je sais d’avance que je vais passer un très bon moment et que le groupe va gagner le cœur de nouveaux fans.
L’affluence est importante, signe que les Russes gagnent en notoriété à chaque nouvel album. Cela n’est pas le fruit du hasard, la troupe tournant sans relâche. Les jumeaux Sysoev, à la tête du projet, ont créé un univers très marquant avec leur cape et leur masque en bois.
L’effet est absolument réussi, à tel point qu’on croirait voir des arbres prendre vie, lesquels se seraient saisis d’instruments pour nous compter la rudesse du climat glacial. Durant le show, la projection de mousse pour faire un effet de neige fonctionne du tonnerre et finit par embarquer les derniers sceptiques dans leur univers. Je dois avouer que Nightside, leur dernier album en date, m’avait moins plu mais, en live, ce groupe reste d’une efficacité redoutable.
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Crédit vidéo : Bruno Guézennec
THE OCEAN
Bruno : Du Black sous la Temple et une belle série de pointures du Metal Progressif sous l’Altar avec Persefone / The Ocean / VOLA et Leprous. Pas mal, non ?
Ce sont les Allemands qui nous intéressent pour le moment avec une prestation plutôt attendue si l’on en juge par le monde qui a investi la tente. Au chant, Loïc Rossetti, toujours aussi à l’aise et qui n’a pas perdu de temps puisque, dès le premier morceau, il slamme, pour finir debout, porté par le public, tout en continuant à chanter et même à prendre le téléphone d’un spectateur pour faire un petit film souvenir.
Pas trop de surprise pour moi : lors de leur prestation de 2019 dans la Valley, c’est vers moi qu’il s’était précipité (j’étais à la barrière) pour se jeter dans le public.
Le Post Metal Progressif de The Ocean recueille une belle ovation. C’est mérité, le talent du groupe n’est plus à démontrer que ce soit sur disque ou en live. Une valeur sûre de la scène Metal.
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Crédit vidéo : Bruno Guézennec
SAVATAGE
Seb : Attention, légende ! Savatage reprend du service pour une tournée mettant fin à dix ans de silence scénique. Les musiciens ne sont pas restés inactifs durant tout ce temps car ils tournent non-stop outre Atlantique avec le Trans Siberian Orchestra, grosse locomotive au succès colossal. Zack Stevens au chant, Al Pitrelli et Chris Caffery aux guitares, Johnny Lee Middleton à la basse et Jeff Plate derrière les fûts. Le line-up a de quoi faire rêver. Un grand absent tout de même, et non des moindres : Jon Oliva, le boss et membre fondateur qui n’a pas pu se joindre à cette tournée pour raisons de santé.
Qu’importe, les membres présents vont faire honneur au répertoire du groupe avec des titres de la trempe de “Gutter Ballet” et “Hall Of The Mountain King” sur une scène dépouillée de décor, si ce n’est le logo du groupe en arrière-plan sur écran géant. Mais l’essentiel est là : la musique. Dommage tout de même que le titre “Dead Winter Dead” n’ait pas été joué. Il est navrant de remarquer qu’une telle prestation n’ait ramené qu’un si maigre public devant une Mainstage à cette heure-là (entre 19h35 et 20h30). Les absents ont toujours tort.
DEAFHEAVEN
Seb : La suite se passe sous la Temple afin d’assister, pour ma toute première fois (tou-toute première fois ! #referencedevieux), à la prestation des Américains de Deafheaven. C’est aussi l’occasion de voir si la réputation du groupe n’est pas usurpée. J’ai plutôt tendance à me méfier des formations “tendance” (justement). Je ne vais pas être déçu : quelle mandale ! C’est sans aucun artifices que la formation se présente devant nous en nous servant son Blackgaze d’une qualité phénoménale. Jouant sur la rapidité et la violence du (Post) Black Metal tout en alliant des mélodies à la beauté enchanteresse, les Californiens vont me transporter pendant l’heure de jeu qui leur est allouée. George Clarke, le chanteur, est une vraie pile sur scène. Plus proche du chanteur de Hardcore dans l’attitude que du blackeux standard, il nous sert des vocaux criards à s’en arracher la gorge. Un set tout en intensité pendant lequel on ne s’ennuie pas une minute. Le groupe mérite son statut de référence absolue dans le genre, c’est incontestable.
Bruno : Encore une grosse attente de ma part. La programmation de ce samedi était vraiment faite pour moi.
Les ricains ayant sorti un album pour le moins convaincant, l’attente là encore était grande.
Une nouvelle fois je n’ai pas été déçu ; mieux, je place même ce concert parmi les grosses réussites de l’édition 2025.
Les titres sont longs, souvent plus de sept minutes, et ne retombent que très rarement en intensité, et le plus souvent c’est pour repartir encore plus fort.
Le groupe vous embarque dans son Blackgaze : par moment, il suffit juste de fermer les yeux et, si vous vous laissez transporter, cela peut vous mener très loin.
C’est ce qui m’est arrivé au fur et à mesure du show. Chaque nouveau titre ajoutant l’impression que j’étais en train d’assister à un super concert.
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Crédit vidéo : Bruno Guézennec
VOLA
Bruno : Toujours eu un petit faible pour ce groupe danois, notamment grâce à leurs deux premiers albums, Inmazes (2015) et Applause of a Distant Crowd (2018). Il y a un je-ne-sais-quoi de classieux chez cette formation et la voix du chanteur Asger Mygind y est sans doute pour quelque chose.
VOLA a fait ce qu’ils font le mieux, un Metal Progressif très mélodique – j’ai dit mélodique pas mou – et malgré le fait que les albums que je préfère se soient retrouvés être les parents pauvres (très pauvres même) de leur setlist, le résultat final était amplement satisfaisant à mes yeux (enfin oreilles surtout).
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Crédit vidéo : Bruno Guézennec
JUDAS PRIEST
Seb : Encore Judas Priest ? On pourrait en dire de même pour Scorpions qui jouera juste après, non ? Mais, que voulez-vous : quand c’est bon, c’est bon ! The Priest is back in Clisson et il est dans une forme olympique ce soir. Rob Halford et ses compères vont mettre à l’honneur l’album Painkiller sorti il y a trente-cinq ans, avec pas moins de sept titres sur les quatorze joués durant ce set. Les classiques dudit album sont là : “A Touch Of Evil”, “Hell Patrol”, “Night Crawler” et bien entendu, le classique parmi les classiques “Painkiller”, durant lequel le Metal God, en se pliant sur lui-même pour atteindre les notes plus aiguës, fera honneur sans avoir à rougir. C’est pourtant un morceau exigeant vocalement parlant (et musicalement aussi d’ailleurs) : sortir de telles notes à soixante-treize ans, chapeau bas ! Les musiciens ne sont pas en reste : la section rythmique (Ian Hill à la basse et Scott Travis à la batterie) assure une base solide pour que les gratteux nous régalent de leurs riffs légendaires et de leur battle de solos mythiques. Andy Sneap est de plus en plus à l’aise mais c’est le génial Richie Faulkner qui fait le show. C’est en grande partie grâce à lui que la légende du Heavy Metal vit une seconde jeunesse.
Le son est puissant et excellent, et les projections sur écran habillent merveilleusement bien l’ensemble. Les flammes sur le site du Hellfest magnifient le tout pour une immersion totale dans le show. Les tubes ne sont pas oubliés : “You’ve Got Another Thing Comin’”, “Breaking The Law”, “Hell Bent For Leather” ou encore “Living After Midnight”. Même les titres du dernier album (trois extraits) se fondent parfaitement dans la setlist tel un “Giant In The Sky” tubesque.
À la sortie de cette prestation, il n’y a rien à dire sinon que Judas Priest vient clairement de rafler la mise. Ce soir, la tête d’affiche, c’était eux, c’est indéniable. Des patrons !
ABBATH
Bruno : C’est donc le cœur léger, youpi youplala, mais les jambes lourdes que je me dirige vers l’antépénultième concert de la journée.
Troisième participation au Hellfest pour le fantasque Abbath, mais cette fois çi pour une prestation qui repose entièrement sur des titres de son ancien groupe : Immortal.
D’abord les lights : c’est tout rouge, après c’est tout bleu, après c’est tout blanc, c’est redevenu tout rouge avant de redevenir tout bleu… le tout avec beaucoup de fumigènes et les spots étant bien sûr dirigés vers la gueule des spectateurs, des fois que l’on ait réussi à apercevoir autre chose que des ombres chinoises. J’avoue que ça me saoule de plus en plus cette manière de procéder.
Pas assez toutefois pour me gâcher le plaisir du concert, parce qu’Abbath qui reprend du Immortal, ça envoie du bois. Le set est violent, sans temps mort ni blabla inutiles et le final « The Sun No Longer Rises » + « Stand The Fall Of Time » achève tout le monde.
Respect.
Seb : Petite incursion sous la Temple pour prendre le set d’Abbath en cours. Le Norvégien est présent à Clisson dans le cadre de sa tournée “Doom Occulta” où il reprend uniquement des titres de son ancien groupe Immortal. Une véritable aubaine de pouvoir réentendre tous ses tubes en live qui, pour une partie d’entre eux, sont inscrits à jamais au panthéon du Black Metal. Le son plutôt fort n’est pas optimal, la faute à une reverb un peu trop présente à mon goût, mais cela n’entame pas le plaisir de se délecter d’hymnes tels que “Mountains Of Might” ou “Blashyrkh (Mighty Ravendark)”.
Lien vidéo ABBATH :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
RUSSIAN CIRCLES
Bruno : Ma première et seule incartade de la journée hors des tentes pour assister au show de Russian Circles dans la Valley. J’aurais pu rester et voir Leprous, mais j’avais déjà vu les Norvégiens en 2022 et jamais les Américains. Ah, oui, ils ne sont pas vraiment Russes, contrairement à Grima. Je choisis donc la nouveauté (pour moi).
Le temps de faire le trajet, il y avait déjà énormément de monde dans la Valley qui, avec sa scène sur la gauche quand on arrive, est toujours aussi mal foutue. Ça fait trois ans que ça dure, il va réellement falloir la positionner face à la Warzone, ou au fond quand on arrive pour ceux qui ne situent pas bien le truc.
J’arrive à m’approcher suffisamment pour avoir une vue acceptable, mais pas assez pour prendre une vidéo dans de bonnes conditions et, comme je ne lève jamais mon téléphone au-dessus de ma tête pour filmer, et bien tant pis : on fera sans le petit souvenir.
Le groupe de Chicago est un trio instrumental, ce qui peut vite devenir casse-gueule comme exercice, certains s’ennuyant assez rapidement quand il n’y a pas de frontman.
Ce n’est pas vraiment mon cas si toutefois le groupe occupe l’espace sonore pour ne pas que l’on sente le vide occasionné par l’absence de chanteur, ce que fait très bien Russian Circles. Même si je ne ferais pas 200 km pour les revoir en concert.
La setlist est suffisamment étoffée et variée pour que l’on ne trouve pas le temps trop long.
TURNSTILE
Seb : Je décide de rejoindre la Valley dans l’optique d’assister au show des Américains de Russian Circles mais je déchante vite face à une foule énorme. Tant pis, j’en profite pour bien me placer pour le concert suivant, celui de leurs compatriotes de Turnstile, groupe dont la hype est au plus haut. Je déchante vite face à un son faiblard qui m’empêche de rentrer dans le concert. Ça manque clairement de patate. Je décroche au bout de trois titres et quitte la Warzone qui continue à faire le plein, car je m’ennuie sévère. Alors ? Turnstile ? Groupe surcoté ou c’est tout simplement moi qui passe à côté d’un truc ? Sûrement un peu des deux.
Ayant déjà vu le show de Blood Fire Death l’année dernière au Beyond The Gates, je décide de quitter le site pour regagner le campement. Ce n’est qu’une fois à l’extérieur, lorsque je passe derrière les Mainstages, que je me rends compte que Dream Theater est actuellement sur scène. J’avais complètement zappé ça et regrette instantanément de ne pas avoir jeté un dernier coup d’œil sur mon running order avant de partir. Dommage.
BLOOD FIRE DEATH
Bruno : Un hommage à Quorthon/Bathory par des anciens membres et des pointures de la scène Black Metal : Gaahl (Gaalh’s Wyrd), Erik Danielson (Watain), Apollyon (Aura Noir) et Grutle (Enslaved) qui se succèdent au chant, on a fait pire comme line-up !
Et le résultat est à la hauteur des espérances, un son satisfaisant, une setlist solide et un public qui semble être plutôt de connaisseurs (du moins dans les premiers rangs, plus loin je ne sais pas).
À noter au quinzième/vingtième rang (environ), une personne qui a tenu pendant tout le concert, au bout d’une tige de trois mètres de haut, un drapeau représentant l’arc-en-ciel du mouvement LGBT+.
Je ne sais pas si c’était pour embêter Faust, le batteur du groupe, emprisonné pour le meurtre d’un gay en 1992 et qui a purgé sa peine de prison, ou pour saluer Gaahl, ouvertement homosexuel, et qui a reçu le soutien de Faust quand il a fait son coming out. Les choses ne sont pas toutes blanches ou toutes noires (même s’il s’agit de Black Metal).
Situation étrange, mais pas sympa pour ceux qui se trouvaient derrière et qui ont eu une partie de la scène cachée à cause du drapeau. Quel que soit le drapeau, c’est toujours une mauvaise idée d’en brandir un pendant un concert, il ne faut pas être égoïste et penser à ceux à qui vous bouchez la vue (il m’est arrivé la même chose durant le concert de VOLA avec une fille qui brandissait un drapeau ukrainien – je crois – juste dans l’axe de la scène).
Parfait comme concert de la fin d’une journée placée sous le signe du Black Metal.
Comme tu as pu le remarquer, ici aussi on n’a pas fait de grande interview… Juste de petits teasers avec la participation des groupes (merci ! ). Mais si tu veux revoir l’interview de Franck Bugny, le papa du Destrock Fest, enregistrée l’an passé, suis ce lien : Interview : Franck Bugny – Memento Mori Webzine