Étiquette : Memento Mori Webzine

  • Au moment critique…

    Au moment critique…

    L’évolution des goûts et des couleurs
    Une réflexion de WvG

    à lire, savourer, méditer et commenter !

    Allons enfants de la puterieeee, le jour des glaires eeeeest arrivé : me voici reviendu, je suis de retour après un long moment pour se ressourcer, se revigorer, se… nan, pas du tout en fait, mais vu le cynisme ambiant des actualités qui dilatent le renflement brun plus que jamais, entre Trump qui considère mériter son Nobel de la Paix, Poutine qui veut s’approprier l’Ukraine en invitant son homologue en terrain neutre, c’est-à-dire Moscou évidemment, Netanyahou qui veut un plan de paix en annexant un pays voisin, Bayrou qui veut niquer tout le monde sauf ses potes à coup de mesures fiscales diverses et variées et la polémique sur les influenceurs Metal qui veulent faire raquer les groupes pour de la visibilité sur leurs reels, pour revenir au sujet qui nous intéresse… je pense qu’il n’était pas utile de rajouter une couche de sarcasme à un moment aussi crucial tant la réalité de l’humour noir et grinçant ne serait pas à la hauteur quand la fiction dépasse la réalité. Que nenni, laissons ces putes à leur puterie…

    Fi de putes, donc, aujourd’hui on va s’intéresser à l’art de la critique et la critique de l’art, et donc l’évolution des goûts et des couleurs. Comme souvent, vous ne serez pas d’accord avec moi et c’est très bien ainsi : vous avez votre avis et moi le mien, qui évolue selon le temps qui passe mais ne remet jamais en question mes valeurs… Et quand un foireux est un foireux fier de l’être, je n’ai pas de souci à… l’ignorer parce qu’il ne mérite aucune promotion, adulation ou même oreille à l’écoute. Mais c’est aussi ainsi que j’entre dans le vif du sujet puisque me voici déjà critique sur des aspects bien nombreux.

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    « La critique est aisée mais l’art est difficile » … Vous avez certainement déjà croisé cette sentence, initialement issue d’une pièce de Destouches que chaque personne qui refuse la critique brandit comme son bouclier de Captain America, ou sa main en bramant « miroir, miroir ! » sans même connaître l’origine de cette maxime. À tous les coups, vous n’y avez pas échappé dans un commentaire ou post sur un de vos RS de prédilection…

    Le truc, avec la critique, c’est de réfléchir déjà à ce qui est critique, ce qu’est la critique, comment c’est critique et comment l’interlocuteur va recevoir la critique… et en extrapolant à devenir auto-critique. On pourrait aussi pousser le bouchon vers la définition de ce qu’est l’art [mais il me semble déjà avoir abordé précédemment ce sujet dans un article… ou alors c’était un autre con que moi et j’aurais dû le citer sur un post FaceBook pixelisé fait sur Paint…] Tiens d’ailleurs, tentons de le faire.

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    La notion d’Art est fondamentalement subjective, avec une honnêteté toute relative de la part de l’auteur ou du spectateur [oui, ça aussi, j’ai déjà dû l’aborder… ou alors c’était encore un autre con, M. Grincement qui écrit l’histoire et tape sur mon clavier… m’enfin des Grecs il y a fort longtemps avaient déjà commencé donc…]. Le péquin qui me dit « je suis artiste » ou celui qui admire me dit « c’est de l’Art », j’aurais tendance à remettre assez vite sa vision biaisée en question, soit à cause de son fanatisme pour le second ou son égo démesuré pour le premier. Ce premier, avec sa prétention, je le mettrais face à sa vision personnelle de l’Art et pourquoi/pour quoi il le pratique : pour être reconnu ? pour être glorifié ? pour rester dans l’Histoire ? Pour en tirer profit d’une manière ou d’une autre ? C’est concrètement et empiriquement difficile de définir réellement l’Art en soi, même si par le passé certains ont tenté de le faire en parlant d’« Art pur » et même dans ce cas, on peut remettre en question cette notion d’Art pour l’Art au regard de l’idée même de faire mieux que le prédécesseur, ce qui est finalement très égocentrique. Selon moi, l’artiste est celui qui ne sait pas ou ne se rend pas compte qu’il en fait, qui est « béni des Muses grecques » et fait ce qu’il a à faire parce que c’est désintentionné ou désintéressé ; sinon il/elle risque de rentrer dans des cadres pour plaire, satisfaire, se brider et ne devenir qu’un simple exécutant, un artisan finalement… De nombreux artistes, ceux qu’on dit « torturés », faisaient avant tout ce qui était dans leur domaine de compétence, donnaient le meilleur d’eux-mêmes sans se revendiquer artistes, voire minimisaient leur place dans cette case sociale, que ce soit des Baudelaire, ou des encore Gainsbourg qui considéraient pratiquer un art « mineur ». C’est effectivement applicable dans le domaine du Metal comme d’autres non mécénés par Euterpe : un toubib/chirurgien qui fait son taff avec dextérité et sauve une vie est un artiste, un mécano qui te trouve la panne la plus improbable sur ta bagnole et te la règle en deux-deux est un artiste, le mec qui change les pneus de ta F1 en moins de deux secondes est un artiste, le prof qui malgré les conditions les plus merdiques et en voie d’empirer trouve le point essentiel qui arrive à faire s’épanouir un gamin et l’ouvrir à la réflexion et la culture est un artiste, le cuisinier qui recherche la saveur qui manque pour que tes papilles limitées à cinq goûts s’extasient par illusion devant un sixième est un artiste… Liste non exhaustive mais la réflexion autour de l’Art est indubitablement personnelle et nécessaire, elle pourrait aussi se limiter à « donner le meilleur de soi-même et du talent qu’on cultive » [le talent n’est pas un don inné mais un travail constant, même si certaines prédispositions aident à le cultiver].

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    Partant de cette définition, l’Art est de base difficile puisque difficile de savoir ce qui en est ou pas, selon son propre regard ou celui d’autrui.

    D’un autre côté… Il y a ceux qui, donc, éprouvent leur travail d’« artiste » dans le but d’être vus/reconnus/admirés, etc. Admettons, si telles sont tes volontés et ambitions… 

    • Dans ce cas, tu te dois d’accepter que tu ne fasses pas l’unanimité, que tu ne convaincras jamais tout le monde. À titre personnel, on a essayé de nombreuses années de me convaincre que Bach est un génie, l’artiste absolu ; je n’y ai jamais adhéré : pour moi c’est un mathématicien qui composait pour obtenir la rédemption de son chef à qui il cirait les bottes dans le but d’avoir une place convenable à ses côtés… je parle de « Dieu », bien sûr… Mais surtout c’était une perte de temps puisque j’entendais des maths et pas de la musique, même si les deux disciplines sont étroitement liées. Le paradoxe metalleux entre ici en ligne de compte : vouloir convaincre tout le monde que le Metal mérite sa place au grand jour… mais qu’il ne faut pas parce que, sinon, ça deviendrait mainstream.
    • Dans ce cas, tu dois également accepter, puisque tu ne feras pas l’unanimité, que même dans ton milieu tu n’auras pas que des admirateurs, par atavisme et snobisme de groupe souvent (j’aurai l’occasion d’en reparler plus bas), ou aura carrément des détracteurs, exactement pour les mêmes raisons, le groupe « hater » faisant la force.

    Tu soumettras donc ton travail à la critique, dans le but [ou l’espoir] d’en tirer un bénéfice (visibilité, pognon, augmentation du nombre de fans, etc) qui te donnera une impression de valeur.

    C’est là que débute mon second point : « la critique est aisée » …

    Non. En fait… La critique n’est pas aisée, d’autant quand tu veux être un tant soit peu honnête en tant que critique et pas juste te fondre dans la masse des « j’aime pas parce que les autres n’aiment pas donc je vais le pourrir », d’autant si tu as une notion très relative également d’avoir un pouvoir ou un poids quelconque pour que ton opinion influe sur le reste du monde, d’autant si ton objectif de critique est d’être constructif selon tes normes et valeurs mais pas de descendre pour le plaisir de descendre ou par sadisme, d’autant, d’autant, d’autant… Tu te dois d’avoir un semblant d’éthique et de morale pour être critique constructif. C’est aussi pour ça que la critique n’est pas si « aisée », dans l’absolu.

    La complexité de la démarche reste l’honnêteté [oui, je redonde] et surtout le fait d’éviter de tomber dans la mauvaise foi parce que la tempérance est tout aussi importante. Je vais prendre un exemple très récent, mon visionnage du Pauvres créatures de Lanthimos (déjà réalisateur de The Lobster entre autres), film que j’ai trouvé très féministe dans son propos, intéressant dans sa réalisation mais gonflant sous certains aspects visuels. Très, ou trop féministe selon les goûts et autant dire que ma partenaire de visionnage, elle-même de sexe féminin, donc à priori plutôt concernée par le fond de ce film, revisitation du mythe de Frankenstein avec une notion de liberté absolue d’émancipation féminine par tous les aspects, l’a trouvé trop féministe pour elle. Nonobstant le fait que je l’aie également perçu, ressenti (et sans avoir été spoilé préalablement puisque je le découvrais) comme poussé loin, il y a une ironie derrière cet exemple que je vous propose : suite à cette séance, qui m’a amené vers des tas de réflexions tant personnelles que globales et n’étant pas forcément obtus dans mon fonctionnement, j’ai regardé les avis sur le film. Pas ceux de l’ultracrépidarien internetistique mais des personnes dont c’est le métier, donc la compétence… Et j’ai ri jaune en lisant les critiques, dans la globalité dithyrambiques (quatre Oscar dont un pour Emma Stone dans le rôle principal), avec d’un côté ceux qui notent de manière manichéenne l’aspect féministe en fonction de leur appartenance et leur bord sur le sujet (et j’avoue avoir été décontenancé par la critique positive de CNews… comme quoi, hein…) mais, surtout de l’autre, des magazines très penchés vers le féminisme… qui trouvent que ce film est une daube machiste et misogyne… parce que c’est une vision masculine, donc inappropriée/inadéquate/appropriatrice, donc “tu peux pas comprendre, t’es pas une femme”, donc mansplaining, donc blablabla… C’est la raison pour laquelle je prends cet exemple qui démontre qu’au-delà du fait de ne pas pouvoir plaire à tou.te.s, les intentions réelles ou sous-entendues sont analysées et critiquées (à tort ou raison, je ne saurais dire, mais là n’est pas la question), biaisées de surcroît, et qu’émettre une hypothèse sans fondement est nettement plus « aisé » pour critiquer que se remettre en question ainsi que son jugement de valeurs et son échelle graduée attenante.

    Parce que quand tu sens le foutage de gueule, oui, tu peux ou te dois (mais c’est selon votre sensibilité ou l’envie de le faire ou s’impliquer) de « balancer ton hypocrite ». Il m’est arrivé d’écourter des interviews pour la malhonnêteté « artistique » de mon/mes interlocuteur/s ; il m’est arrivé de refuser de chroniquer des « albums » dans le but de ne pas tailler le groupe qui voulait son quart d’heure de gloire et, comme dit en préambule, ce genre de guignols, je les ignore ; il m’est arrivé de devoir faire des chroniques de trucs que je n’ai pas aimés… et donc dire le mal (et le bien aussi, faut pas non plus déconner) que j’en pensais, particulièrement celui de la démarche « artistique » en me prenant des retours négatifs d’une façon ou l’autre par le label (qui oublie assez souvent que la promo faite par un chroniqueur n’est pas un honneur mais un travail et que la pyramide de Maslow ne fonctionne pas dans ce cas de figure).

    *

    Non, la critique n’est pas aisée quand tu dois te censurer, pour tes principes ou valeurs… mais elle ne l’est pas davantage quand tu vas encenser, parce que tu n’as pour ainsi dire rien à apporter comme valeur ajoutée excepté ton avis. Ou alors, dans le but d’être constructif et pas simplement un énième fanboy, tu dois réfléchir sur ta critique, en admettant que la perfection n’est pas de ce monde, et sans pour autant pinailler, considérer que tu n’as pas forcément atteint l’extase absolue, le nirvana ou choppé quelque syndrome de Stendhal, donc chercher à comprendre d’où vien(drai)t la faille qui t’a empêché d’atteindre le seuil de l’Île des plaisirs [peut-être le fait qu’il n’y a pas de sangliers dessus…]. Ça m’est aussi arrivé dernièrement de chroniquer des albums que je trouve quasi parfaits… et vous noterez mon « quasi » qui fait que je ne peux pas donner de note optimale à un album. On pourrait aussi discuter de l’intérêt de mettre une note à un album, question qui a longtemps été débattue dans les milieux éducatifs « mais pas que… » (pour pomper le slogan de MMW, placement de sponsors oblige), a été tournée et retournée, pour arriver au constat suivant : on a tous besoin de chiffres pour se jauger, que ce soit en notes, en étoiles, en nombres de chiffres sur le bulletin de salaire ou bâtons gravés sur la rampe du lit/le côté de la voiture pour celui de mecs/nanas dans votre bodycount…

    D’autre part, la critique doit aussi être tournée vers l’intérieur et pas seulement l’extérieur, la paille perçue avant la poutre, qu’elle soit de Bamako ou d’autre part. Savoir se remettre en question, être autocritique est essentiel pour (re)devenir un tant soit peu objectif, même si l’on sait en définitive que cette notion est totalement invalide en soi. Dans le cadre de cette réflexion me revient un moment, rigolo tant qu’à faire mais assez démonstratif de ce que j’entends par autocritique: le making of de l’enregistrement de Sadistic Sex Daemon de Misanthrope durant lequel le titre « Conversations métapsychiques » est en cours de mixage et l’ingé son qui le passe à la moulinette se marre à growler “conversation avec un cric”. Ce passage m’a fait marrer d’une part en imaginant la situation de ladite conversation mais aussi parce que tout sérieux que soit l’instant, dans un cadre tout autant sérieux, ce moment d’autodérision est salutaire d’une pour détendre l’atmosphère mais aussi de deux pour relativiser le sérieux : on peut faire des choses sérieusement et éviter d’être chiantissimement premier degré simultanément, mais ça  nécessite du recul et surtout de ne PAS se prendre au sérieux. À titre comparatif, faire de l’humour (dans un cadre professionnel, j’entends), c’est sérieux, bien que ça paraisse paradoxal de prime abord : un humoriste ou aspirant humoriste passe un temps considérable, sérieusement, à étudier, analyser, construire, bâtir, s’entraîner, répéter, improviser… L’humour, c’est donc du sérieux, mais aussi de la remise en question (ré-écrire des sketchs, des vannes qui plantent, etc.) donc de la critique envers ses goûts, mais aussi son travail.

    Rien n’interdit effectivement d’être critique même (surtout, en fait) parmi les choses qu’on aime, ne serait-ce que pour atteindre le niveau le plus épanouissant de satisfaction personnelle, sur un plan plus hédoniste : le chef-d’œuvre ! [Ah, tiens… j’en ai déjà parlé aussi… j’imagine que je commence à avoir fait le tour des sujets et qu’il va être temps de m’effacer avant de ne plus rien avoir de constructif à proposer jusqu’à tomber dans le pathos de ceux qui n’ont rien à dire mais le disent quand même…] « Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » selon Beaumarchais… ce qui complète assez bien la citation de Destouches tout en la mettant en porte-à-faux : si tu as conscience que ta critique est pragmatique, elle devient constructive. Je prends un exemple : j’aime Maiden [je prends cet exemple parce que je me suis confronté à cette réflexion durant leur concert à Paris]. MAIS je n’aime pas Maiden… J’aime ce que Maiden a fait jusqu’à Seventh Son, même si je n’aime pas du tout cet album mais je le trouve artistiquement honnête (voir définition plus haut, à moult occasions). No Prayer étant ma madeleine de Proust, j’ai du mal à avoir du recul même si je m’y force, mais Fear of the Dark, hormis quelques morceaux dont celui éponyme singueulisé… bah, c’est pas l’album du siècle ! Tout ce qui vient ensuite n’est que tentative vaine de perdurer, pas grand-chose à sauver, et surtout pas Senjutsu que je trouve artistiquement malhonnête, avec des morceaux pas inspirés, insipides, torchés, mal enregistrés, mal branlés, irréfléchis… une démarche pas du tout artistique mais mercantile. Et pourtant, Maiden a rempli deux dates d’affilée à Paris, deux fois quarante-cinq mille spectateurs, qui sont venus pour LE Maiden, celui qui s’arrête donc à… Fear of the Dark… Et même mon regard d’enfant émerveillé a constaté que, bah, le groupe dans son ensemble avait perdu de sa superbe, le plus pragmatique étonnamment malgré son caractère espiègle ayant été Nicko McBrain conscient qu’il n’était plus capable de suivre le rythme du groupe quand les autres continuent, quitte à tenter de faire survivre le mythe quand ils ne font que l’enterrer par orgueil…

    Mème Iron Maiden : r/ironmaiden

    Qui plus est, nos goûts évoluent avec le temps et il m’est aussi arrivé, en réécoutant un album que j’avais chroniqué (ou pas d’ailleurs, juste simplement aimé sans en dire mot), de me faire la remarque « t’as pas été assez magnanime/vachard » sur tel ou tel aspect, et la critique elle-même varie en fonction de notre propre acquisition de connaissances et compétences, ce qu’on appelle lapidairement « le Temps ». On en revient à la nécessité d’introspection et de recul.

    Je lisais dernièrement un article de Télérama qui ressemblait presque à un mea culpa pour avoir taillé des « chefs-d’œuvre » de la comédie (un peu comme si les César se décidaient, mais trop tardivement, à en créer un pour la “Meilleure comédie”), ou d’autres journaux/zines/média lambda, mais en hype, qui réhabilitent des films/livres/pensées/compositions, etc. en se rendant compte que leur charge n’a eu aucun effet, pire ça a incité à ce que des œuvres deviennent cultes (Donnie Darko, The Big Lebowski, Last Action Hero, Scott Pilgrim VS the World… je ne cite que quelques exemples à la louche, transposables dans des groupes de Metal qui apparaissent dans des festivals dès lors qu’on a réalisé leur existence et intérêt musical) parce qu’on y a trouvé de l’honnêteté sans prétention contrairement à d’autres films poncés au laudatifs qui n’étaient que des pirouettes techniques sans saveur ni volonté autre que de s’inscrire dans l’air du temps… J’entends déjà mugir dans les campagnes les fans de Julia Ducourneau pour une critique de Alpha [quand de mon côté je ressens ma fin de sujets à proposer, mon oméga], ou les admirateurs des groupes qui « sonnent comme » et ont leur fanbase irréfléchie brainwashée au format qui plagie sans vergogne et se contente de ne pas pousser ses neurones au-delà du stade primitif voire fécal… mais qui ont voix au chapitre puisque suivis par la masse (oui, pas pu m’empêcher de tailler les « influenceurs » évoqués en introduction : n’est influenceur que celui qui a des influençables, ce qui est triste dans le fond… mais clairement, j’ai déjà la flemme de vous expliquer la loi de Brandolini donc je ne vais pas chercher à vainement vous convaincre pour certains ou enfoncer des portes ouvertes pour d’autres).

    Prendre du recul sur ses idées, tempérer et relativiser peut ouvrir vers des directions positives et constructives, ne serait-ce que pour sa propre appréhension du monde (et aussi se rendre compte d’à quel point on peut se faire dilater sans réagir, à défaut d’avoir agi, mais ceci est une autre histoire et point de vue, qui ne feront certes pas non plus l’unanimité). Réaliser que son âme d’enfant ou de révolutionnaire n’a pas disparu pour autant en est une autre, co-existante.

    Un vieux con, c’est juste un jeune con qui a vieilli… Rappelez-vous quand vous écoutiez votre « musique de barbares » dixit vos parents et que vous dites la même chose de la musique qu’écoutent les/vos gosses actuellement, avec la fâcheuse impression d’être largué parce que vos outils de comparaison datent et que « c’était mieux avant »… Evidemment que vos goûts évoluent, soit face à la lassitude [ça m’arrive assez fréquemment, tant à l’écoute d’un album récent qui « sonne comme », mais vraiment COMME, que dans le cadre de ce que je propose en termes de réflexions ou de baratin que vous lisez pour les quelques premiers paragraphes parce que je m’étends sur des formats très ou trop longs qui me soulent moi-même dans le simple cadre de lecteur, même si je suis obligé de développer ma pensée et que ça prend DES pages pour ne pas simplement tomber dans le pathos ou la régurgitation de connaissances non approfondies], soit parce que le monde évolue et change, et qu’il faut aussi se mettre à la page, pas forcément pour développer son esprit critique et se morfondre en « gneugneugneu c’était mieux avant, d’tout’façon » mais parce que certaines évolutions ont un impact positif et utile, n’en déplaise. Perso, pour les amateurs de 1349 résiduels, j’aurais moyen pas apprécié de vivre cette période [NB : on mourait assez facilement de la peste noire en ces temps de « c’était mieux avant »]. Au fait, puisqu’on met les pieds dedans… vous avez tous écouté des musiques « extrêmes » dès le départ ou vous y êtes arrivés par paliers ? 😉

    D’ailleurs, pour enfin parler Metal en profondeur… Oui, il y a des jeunes qui viennent vers les anciens (on parlait de Maiden plus haut, il n’y avait pas que des soixantenaires dans la salle) mais, oui, il y a aussi des anciens, d’aucuns diront « vieux », qui s’ouvrent aux nouveaux courants ou descendants d’un genre qui est lui-même l’accumulation et la somme de sous-genres. Ozzy, RIP à son héritage et l’usure qu’en a fait sa chère moitié spécialisée dans le pressage de citron, était conscient que, tout pionnier du Metal qu’il ait été, il a été le parrain, le mentor voire l’Amphitryon de nombreux musiciens dans des styles qui ont succédé à son œuvre, adoubant certains tant par un featuring que par une invitation à participer à son OzzFest… l’ultime concert pré mortem est assez démonstratif de cette chronologie, me semble-t-il. Maintenant, prenons l’exemple des plus radicaux adeptes du « c’est de la merde », adage qu’ils se feront peut-être un jour tatouer sur leur petit cœur d’acier ou graver sur leur épitaphe : bah oui mais… si les autres sont de la merde, toi et le courant musical que tu affectionnes ne seriez rien sans les autres, soit par les origines soit par la succession, même si ce n’est que pour servir d’outil de comparaison.

    *

    Arrivé à ce point, petit aparté : je ne considère pas que se renseigner ou écouter d’autres propositions soit une forme de progressisme ou, pire pour certain.e.s, de wokisme. Deux raisons à cela : la première est que de nombreuses idées qui ont de plus en plus le vent en poupe sont loin d’être nouvelles (et “ont fait leurs preuves » comme dirait Elie Sémoun parlant des fours crématoires de modèle allemand… si, si, il a été drôle et fait de l’humour noir) et d’être progressistes, mais plutôt régressistes dans des domaines sociétaux, politiques, promotionnels ou autres, si tant est qu’on considère qu’il faille choisir un extrême ou ne considérer que la voix de celui qui gueule le plus fort comme celle de la raison ; la seconde est la manière d’aborder plus ou moins intelligemment un concept, donc pas par le biais du prosélytisme ou du diktat, de la radicalité en somme du « ami ou ennemi, choisis ton camp !!! » [Je mets sciemment trois points d’exclamation pour souligner le ton de manière écrite, même si vous ne m’entendez pas ou entendez votre propre voix dans votre tête en me lisant… et de facto, c’est la vôtre et pas la mienne… ou alors vous fantasmez la mienne et arrêtez tout de suite : ça m’excite déjà]. Le mien serait simplement de n’avoir aucune envie de t’écouter et encore moins adhérer à tes idées vu comme tu en fais l’apologie avec brutalité… et si tu insistes, il y a de fortes chances que je t’envoie chier, radicalement pour le coup, comme on aurait envie de ne pas acheter un produit dont la pub est matraquée à longueur de temps sur des médias, même quand tu payes pour ne pas avoir à subir ces pubs mais qu’on te les impose quand même (coucou Amazon Prime et YouTube : niveau répulsif, je pense que ces boîtes n’ont pas encore compris l’effet néfaste).

    *

    Mais revenons au sujet initial, les goûts, leur évolution et donc celle de notre esprit critique. « Et c’est le temps qui court, court, qui nous rend sérieux » … Est-ce que récemment vous avez réécouté un album ou morceau que vous chérissez et vous êtes dit « hé, mais en fait, c’est naze/chiant/mal foutu/ « de la merde » ? Soit vos goûts ont évolué (en fonction de la découverte de choses antérieures ou postérieures), soit votre esprit critique s’est acéré et vous vous rendez compte que la « perfection » d’antan ne l’était finalement pas… Un Painkiller, aussi « parfait » soit-il, ben en fait non : tu sens bien l’odeur et le goût du Médoc dans l’enregistrement quand tu tends l’oreille [NB pour celleux qui l’ignoreraient, l’album a été enregistré en 1989 aux Studios Miraval, dans le Bordelais, rachetés depuis par un certain… Brad Pitt]. Mais pour autant, est-ce qu’on devient plus ou moins tolérant, et est-ce que cette tolérance n’est pas elle-même biaisée par une forme de mauvaise foi ? Est-ce qu’on ne deviendrait pas trop sérieux avec le temps ?

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    A contrario, évoquons les groupes qui ont fait notre bonheur auriculaire mais dont les membres ont fait des choses qui ne correspondent pas/plus à nos valeurs, AKA syndrome de la distinction de l’œuvre et de l’artiste ; est-ce que leur musique/œuvre est finalement merdique et on s’est trompé de bout en bout, ou est-ce simplement un rejet lié à une autre raison ? Je ne donnerai aucun exemple tant la liste pourrait être longue selon les sensibilités et, selon la radicalité de votre point de vue, elle peut être infinie puisque nul n’est parfait par définition et vous ne trouverez rien ni personne d’irréprochable. 

    Si pour Brassens « le temps ne fait rien à l’affaire : quand on est con, on est con », je pense qu’il y a aussi à relativiser : la capacité d’évolution et de réflexion est latente si tant est qu’on y pousse ou cultive la curiosité, sans notion d’âge ou origine diverse… Mais tout est affaire d’effort personnel (et possiblement, à terme, collectif) à entreprendre et, tout comme tenter de convaincre un platiste que la Terre est en fait un donut [on le sait tous, arrêtons de nous mentir, nous sachons et renseignez-vous par vous-mêmes] est peine perdue, laisser trainer l’information plutôt que forcer à la lire va développer sa curiosité et son envie de véracité, au lieu de « vérités vraies que j’ai lu sur Twitter ». 

    Critique de la raison pure de Kant - Editions Flammarion

    [Kant on est con, on est con]

    Et si jamais vous êtes arrivés jusqu’ici, j’ai peut-être déjà instillé cette idée dans votre tête : je vous le souhaite, je passe mon temps à re-réfléchir des tas de choses en m’efforçant de confronter la science et la logique à ce que j’aimerais être vrai ; c’est souvent décevant mais c’est un exercice que je trouve sain et qui permet même de terminer ce laïus puisque ça m’a amené à réfléchir sur l’Art, sa critique, la Critique et l’évolution de cette dernière, donc à l’intérêt de faire tout cet ensemble de choses en parallèle.

    La complexité de mon long [avis personnel et autocritique] propos tient surtout en l’idée que je vois de plus en plus le milieu du Metal (ou des Metals, devrais-je dire) se gangrener par des radicalisations, des dénonciations, des susceptibilités exacerbées et que si je ne suis effectivement pas qu’amour et paix… Putain, de temps à autres, un peu de silence dans ce vacarme, un bon gros « fermez bien bien vos gueules ! » au centre du brouhaha devenu capharnaüm d’individualités, ça détend… mais ça ne peut avoir lieu qu’en bonne intelligence donc capacité à proposer de l’art, de la critique et de l’évolution. Je n’ai essentiellement pas vocation à devenir un influenceur [sinon vous pensez bien que non seulement je ne vous inviterais pas à réfléchir mais en plus je me ferais monnayer à votre détriment et n’hésiterais surtout pas à me faire connaître #fortuneetgloire], ou mentor, ou prophète, ou gourou, ou que-sais-je d’autre, mais je vous convie à pratiquer cet exercice, même s’il n’a pas vocation à être publicisé : écoutez un album que vous adorez, puis rédigez la chronique critique de celui-ci, mais pas en fan : en analyste. Alors, relisez ce que vous venez d’écrire : si votre propos tient en deux lignes laudatives, c’est que vous avez besoin de réfléchir encore et évoluer.

    Evolution of Charles' Poster, picture, metal print, paint by Nicebleed |  Displate

  • IMPUREZA – Alcàzares

    IMPUREZA – Alcàzares

    Genre : Death /Brutal Death Progressif
    Label : Season of Mist
    Sortie le : 11 juin 2025

    Note : 90/100 ou Ooooooh la belle bleue !!! ( Rodrigo Lopez el Guapissimo Hombre (Si si si !) )

    « Les beaux objets sont petits » –  Edmund Burke 

    La flamboyance !

    Lorsque certains cherchent à enseigner la ferveur, moi Nathanaël je t’enseignerai la flamboyance.

    Tu flambes et tu crames,

    C’est ça que j’ai compris du monde.

    C’est peu. Déjà trop.

    L’autre chose que j’ai comprise est que nous ne flamboyons pas pareil si tu es riche, pauvre, seul, en groupe… 

    La flamboyance, je l’ai gardée dans mes entrailles. Fuligineux viscères… Ceux qui décident de se brûler dans des passions pour atteindre le sublime et le jeter sur cette terre, sont flamboyants. On les nomme “artistes”.

    Oh, ne te méprends pas… Beaucoup de personnes au statut d’artiste n’ont pas des flammes dans le pouls. Je ne te parlerai pas des faux-semblants, pas des statuts officiels qui ne connaissent pas le secret des êtres.

    La flamboyance artistique, c’est de la chaleur, ou un froid, c’est une émotion mais aussi une aridité apparente. Un secret, une humilité… Qui braille et emmerde.

    Companero ! 

    Regarde !

    Regarde donc sur quoi je tombe à force palabrer !

    Regarde donc cette pochette ! Certes, elle ne représente pas quelque chose qui m’émeut et me transperce mais tout de même !

    Un beau ciel bleu, des pétales… De la vie et de la mort, mais pas dans l’esthétique habituelle du genre.

    Companero, écoute ce que cela m’inspire ! Pour être flamboyant, il te faut être en rupture. Bien sûr, ce n’est pas une règle immuable. Le sublime : sommet de la flamboyance ne s’atteint pas par des règles mais il faut les utiliser pour l’atteindre, paradoxalement. Retiens bien : les utiliser, pas s’y soumettre. Les reconnaître, pas s’y soumettre…

    Puis, tu vois, j’ai écouté et je dois dire que la vie, c’est important ; peut-être rencontreras-tu d’autres personnes, qui te diront qu’il faut que l’homme s’approche, dans sa chair, le plus possible du mécanique, du numérique pour espérer toucher au sublime. Moi, je ne fais pas partie de cette école : les doigts qui glissent sur les frettes, une erreur, des regards, des sourires, des froncements de sourcils. De la sueur. La vie captée… Là-dessus cet album à la pochette azul, on peut le dire, ne donne pas entière satisfaction : la production est belle car équilibrée (quoiqu’un peu tassée), organique pourrait-on dire mais il manque ce frétillement, cette vie qui se défend, ce côté chaotique de la chair qui s’insinue subtilement dans la mécanicité de la technique. 

    Raaaah, amigo, je fais partie des gens qui aiment les erreurs… qui voient le polystyrène et le latex sur les créatures du cinéma mais qui ne sortent pas pour autant du film. C’est la même pour la musique, la peau sur les cordes… Je ne l’entends pas. Peut être parce que l’ambition de cette musique ne laisse pas de place à cela ?

    Donc, oui, le son est beau, réussi, et rend agréable l’écoute.

    Quoi, ces compositions ? Que veux-tu que je braille sur ça !!??

    Ah, mon cher !

    Un délice tout bonnement, un délice !

    La vie est là, ça serpente, ça frappe, ça pleure, ça interjette, ça prend tes mains, ça les lâche…

    Les arrangements subtils permettent de faire de chaque composition un moment d’évolution musicale : un moment d’histoire, avec ses rebondissements, sa progression. C’est pour moi, mi companero, le meilleur et le plus délicieux dans cet album ! ça virevolte, ça danse, ça frappe, ça… Hem, je pense que tu as compris. Il existe d’excellentes œuvres que je qualifierai de figées. Celle-ci ne l’est pas : pas de règles, on a une histoire et, à travers elle, des émotions à transmettre… Chaque riff, chaque arrangement, chaque break, continuité, a un but clair dans leur fugace existence : poursuivre l’histoire.

    En ce sens, la longueur des compositions est parfaitement en harmonie avec cette vie qui déborde de l’album, cette vie fourmillante d’idées : des instruments traditionnels ou acoustiques, des pauses, des reprises, des moments de violence, d’autres plus épiques, d’autres encore plus lyrique. Ah, companero, j’avais commencé en prenant note de chaque passage qui était soit brutal et massif, soit lyrique et sensible, soit épique et solennelle, mais les uns se mêlaient aux autres, et quand tout cela ne débordait pas ! Toutes les compositions étaient bien trop généreuses et te jettent au visage leur allégresse, leurs débordements, leur théâtralité, leur excès !

    Arf, je vois que tu ne cesses de m’interrompre en me demandant si on peut qualifier ce groupe de technique… Je ne comprendrai jamais cette obsession pour la technique. Je vais résoudre cette interrogation inepte pour toi.

    Oui c’est un groupe technique, et non ce n’est pas cela qui rend l’œuvre plus mémorable que les autres. 

    Leur technique n’est pas démonstrative ; voyante, oui ! Je le concède car c’est une musique d’excès. Mais elle sert ces cascades narratives, ces courants de vie, de sang et de feu et de roses. Tu comprends ? Il y a de la rigueur, de la précision, de l’abnégation, mais pas un rapport malade aux instruments. Le groupe fait à son niveau (un excellent niveau, oui) et avant il faisait encore à son niveau. Une forme de sérénité dans cette émotionnelle hystérie : ils sont à l’aise alors ils font ainsi ; s’ils n’étaient pas à l’aise avec certaines vitesses, certains plans, se seraient-ils échinés à le faire pour le faire ? Non ! Ils auraient trouvé d’autres choses. Une force tranquille, tant j’ai entendu les châteaux, les batailles, les cris, avant d’entendre les musiciens. J’ai entendu le bouillonnement des histoires et des émotions mais pas le cliquetis malade des outils : ils étaient de feu et faisaient bruisser la lymphe dans mes veines.

    Oh, je te vois arriver, tu m’as déjà entendu faire l’éloge de leur deuxième album comme s’il était un achèvement !

    Bon je dois donc mettre à jour ce qui est né de mes réflexions à l’écoute des albums de Impureza.

    Je dois dire que le second contient toujours pour moi leur meilleure composition mais ce n’est que très subjectif. Tout au plus, prends-le comme une confession. 

    Ce que nous pouvons dire avec un minimum d’objectivité… si, si, l’objectivité… conspué et adoré ce mot, hein ?!  Je reprends mon ami :  leur œuvre nouvelle est une suite parfaitement logique de La Caida de Toniatuh. Il n’y a ni rupture ni contre-pied… L’ambition du deuxième album était déjà haute et le troisième possède également cette folie des grandeurs.

    Impureza veut qu’on dise d’eux : “c’est du Death Metal mais pas que”… Et cela nous sied bien, à nous, chez Memento Mori !

    De plus, tous les éléments d’ajouts autour de ce Death Metal… Quoi, qu’y a-t-il ?

    Les textes ? Eh bien, quoi ! Parle donc, personne ne t’a écorché la langue enfin !

    Qu’en ai-je pensé… ?

    Ah…

    Bon… Companero, écoute bien ce que je vais te dire…

    Je n’ai pas aimé les textes…

    Écoute bien !

    J’adore l’histoire, j’adore les mythes, j’adore les chansons, les albums qui racontent quelque chose, une histoire, un concept, qu’importe. J’aime quand c’est intelligible, simple, sans être rustaud ; j’aime quand c’est haletant, que ça suit la musique ou au contraire que ce soit un à côté supplémentaire.

    Là, le groupe lie sa musique aux thématiques, aux émotions, à la grandeur et à la violence de ce qu’il narre.

    Mais…Je dois me rendre à l’évidence : les paroles proférées ne sont pas toujours très poétiques et on ne ressent pas le tragique ou l’ampleur de ce qui nous est conté. Les mots manquent de flamboyance, les phrases ne sont pas solidaires les unes aux autres, le tableau est inachevé, imprécis… Il n’y a ni personnage ni point de vue… Juste des litanies guerrières mais on ne ressent pas la folie de la guerre qui happe les personnes, la souffrance et l’agonie de personnes que nous aimons du fait de la maladie. Bref, le point de vue est bien trop froid… Et pourtant, l’interprétation est là !

    Mais pas de mystères, pas d’envolées, pas de chair, pas de pertes et donc pas de victoires dans les mots de l’album. Heureusement, je ne ressens pas non plus une certaine fatuité dans ces mots.

    Je sais, à ta moue je le devine : tu me trouves injuste…  Peut-être le suis-je… Même si je pense simplement que ce n’est pas l’aspect que le groupe a le plus travaillé… Et puis ça n’aide pas ce texte, la réussite de cette ambition musicale, d’atteindre la portée émotionnelle de la musique !

    Je ne vais pas manquer d’être condescendant désormais ; je tiens mon cher ami à te faire part d’une confession : l’Andalousie, c’est beau mais ce n’est pas que ça, la culture hispanique, et je dois dire que je rêve secrètement qu’Impureza, tout en gardant son identité, nous surprenne pour leur prochain album… Thématiquement, esthétiquement, musicalement, je ne leur reprocherai certainement pas de faire ce qu’ils semblent aimer faire, car ils le font avec flamboyance depuis au moins, désormais, deux albums ! 

    J’avoue qu’il y a une région qui m’est chère en Espagne pour des raisons tout à fait personnelles.

    Ce n’est pas une région, c’est un pays… Avec une sacrée histoire et des mythes et légendes foisonnants dans ces vertes vallées… Et Impureza, je le sais au plus profond de ma chair de soleil et de pluie, est le conteur tout indiqué pour honorer cette (ces) histoire(s) de l’Euskadi.

    Mais ceci est une autre histoire de flammes, de sang, de cendres, et de beauté, Companero…

    Trinquons à nous, à eux, aux morts, à la beauté des épaules dénudées d’une femme, à la beauté des musiques extrêmes, ici, révélées par ce groupe, dans un tourbillon de poésie violente, assassine par trop de beauté. 

    Non, la Beauté, ce n’est décidément pas qu’un rêve de pierre… 

    Line Up:

    Lionel Cano Muñoz – Guitares (électriques, acoustiques)

    Guilhem Auge – Batterie

    Florian Saillard – Basse

    Esteban Martin – Voix

    Guests :

    Xavier Hamon – Percussions

    Louis Viallet – Orchestrations

    Liens :

    https://impureza.bandcamp.com

    http://www.facebook.com/Impurezaconquista

    http://www.youtube.com/channel/UCLkOMYXI-_teRnaDCs1ho8A

  • Aldaaron / Par-delà les cimes

    Aldaaron / Par-delà les cimes

    Genre : Epic Atmospheric Black Metal
    Label : Ordre du Givre Records / Paragon Records (co-release)
    Sortie : 4 Avril 2025

    Note : 95/100 (Mémé Migou)


    under the blazing gleam of an exalted sun*

    Peut-être étais-je dans le mood, avec la sortie de l’album 1248 d’Omegaeternum qui tournait en boucle depuis un bon moment déjà…

    Peut-être étais-je dans le mood, avec ces incursions de froid dans un printemps qui n’en porte plus que le nom, tant la nature s’est déréglée sous nos conneries humaines…

    Peut-être étais-je dans le mood, en regardant les photos de l’ami Herwull, en rando dans les sommets parfois enneigés des montagnes qui se trouvent à l’opposé de mon Brest et de sa mer d’Iroise…

    Peut-être étais-je dans le mood, avec un léger ras-le-bol qui pointait le bout de son nez, sur ce besoin galopant de toujours consommer, de toujours faire plus et plus vite…

     cold and torn shadows are born,*

    … Au point d’en oublier parfois l’essentiel.

    frozen specters in the golden light *

    Peut-être tous ces préalables étaient-ils nécessaires pour entrer de plain-pied dans cette 5ème offrande d’une entité au nom qui résonne pour tout adorateur des défenseurs de la Nature que sont les elfes du Silmarillion. Peut-être… Mais avec des si et des peut-être, on mettrait Paris (ou n’importe quelle grande métropole autour du globe) en bouteille qu’on jetterait à la mer comme pour demander du secours à qui pourrait l’entendre et le vouloir. Alors restons les pieds sur terre, et sentons les racines de cet album qui nous relie à Mère nature tout en élevant notre esprit auprès des secrets chuchotés par des spectres figés dans les glaces.

    whispering the secrets of forgotten souls *

    Par-delà les cimes, sorti le 4 avril 2025 par Aldaaron chez Ordre du Givre Records / Paragon Records, parle d’éternité mais n’a pas mis une éternité à m’enchanter. Cela fut instantané. Mood ou pas, je peux l’écouter sans jamais m’en lasser. Juste l’envie de m’enlacer les genoux et d’y poser ma tête alanguie. Fermer les yeux et se laisser porter par la musique autant que les paroles. J’ai froid et je sens la chaleur de cette envie de vivre tout à la fois. Un besoin de respirer en ouvrant grand les poumons un air non vicié, alors que notre esprit nous rappelle que nous sommes sous des chapes de pollution.

    * in « Frozen Shadows of the Exalted Sun »

    Et c’est bien là toute la dualité de l’album, des ombres gelées d’un soleil exalté, ainsi que le second titre nous le suggère. Le froid dans la chaleur intense. De la plénitude dans la tristesse infinie. La multitude des éléments qui chuchotent dans la solitude des hauts sommets.

    Dès le départ, Aldaaron est reconnaissable par ses mélodies sculptées pour pénétrer dans vos crânes et ne pas en sortir. Les riffs tournent sur de longues mesures, sur un chant âpre et haché. Mais si sur le premier album, Nous reviendrons immortels, j’avais une impression d’éléments qui se succédaient plutôt que se fondant les uns avec les autres, il n’en est plus trace désormais. On a les éléments, mais ils sont tellement bien intriqués que notre oreille passe du riff à la mélodie en trémolo picking, du blast beat à la descente de fûts sans même s’en rendre compte. Ce sont autant de fils de glace entremêlés pour une dentelle de solitude teintée de chants aux accents de tristesse. Mais… cette dentelle-là n’est pas si souple qu’on le croit, elle est durcie par des imprécations prophétiques. Ces spectres gelés emprisonnés dans la glace murmurent des sentences sur fond de menaces : « Dans ce vide absolu résonnent d’anciennes prophéties, des avertissements ignorés, des promesses de désolation » ( Antediluvian Prophecies ).


    Ainsi, ce premier morceau introduit tout le propos de l’album. Il s’entame avec un arpège mélodique, quand sur les précédents albums nous avions des intros de feu crépitant (Nous reviendrons immortels) ou de tempête venteuse et guitare sèche (Suprême silence). À noter que les intros, chez Aldaaron, sont ciselées. Sur le troisième album, Arcane Mountain Cult, le prologue entame ce virage de l’épique qui flirte avec le cinématographique. Majestic Heights, Melancholic Depths , quant à lui, démarre sur les chapeaux de roues, plaçant d’emblée un riff accrocheur dans un tempo assez élevé. « Antediluvian Prophecies », premier des 4 titres de l’album, part sur ce qui peut sembler martial, mais très vite, on coule vers un rythme ternaire. Le chant hurlé laisse place à une voix mi-hurlée mi-parlée, plus grave, plus obsédante. On est embarqué dans une ambiance tournoyante avant de revenir sur les sentiers du binaire. On repart sur l’anglais, déjà utilisé sur les deux précédents albums à raison de 50/50, avec un peu de français disséminé dans le titre. Il sera plus présent sur le 3ème morceau. Alors que les deux premiers albums avaient un quota inversé.


    « Frozen Shadows of the Exalted Sun » vient ensuite. Encore une rythmique syncopée, mais le chant rêche se fait moins brut. On revient sur la dualité précédemment citée d’un chant décharné plus mélodique, avec toujours ce tremolo picking qui reste en tête. Et c’est vers la 5ème minute du titre qu’arrive un chant qui se fait chœur, le son de guitare faisant comme des cloches qui tintent en accord. Une ambiance à la Batushka, mais sans le propos. Eh oui, on se surprend à chantonner l’air… Qui nous amène vers les 7:45, où une nouvelle mélodie sur un chant clair vient panser nos blessures.

    Les ombres gelées et le soleil exalté…


    Le chant en mode liturgique, nous le retrouvons sur la piste suivante, « Chants d’hiver et de solitude ». On ferme les yeux et on se laisse emporter dans les monastères qui jonchent les sommets enneigés. On n’ose plus parler, ni même bouger. On est là et on écoute. On vénère à notre manière la Nature qu’on a pris soin de salir. C’est tout simplement empreint de magnificence. Même la reprise par les instruments se fait dans une aura de douceur. Et le chant black suivra cette ligne de conduite, bien qu’on puisse y entendre des aspérités d’un chant encore plus écorché. On a juste envie de lever les bras au ciel, en symbiose avec l’opus.


    Pour clore le chapitre Par-delà les cimes, « Under the Icy Sky, Memories Fade Away » nous offre une intro « parlante » à la guitare électrique. Ne me demandez pas pourquoi j’ai choisi cet adjectif, il s’est imposé de lui-même. On retrouve la descente de toms (qui est une marque de fabrique, puisqu’on la retrouve sur tous les albums et de nombreux titres) puis la mélodie. La basse, de Rich Gray, est plus présente à partir de 4:30 et nous conduit vers un break où la mélodie se fait arpégée et des chœurs, plus pagans que liturgiques, viennent compléter le tableau. On repart sur du blast et un chant hargneux, mais aussi quelques sons de cor. Finalement, on clôturera de manière mystique, la fin se faisant au gré d’un coup de tonnerre et d’une mélopée de violon qui élève l’album sur un plan spirituel.


    Alors bien sûr, on retrouve la synergie entre les rythmiques et le propos, l’utilisation des cymbales pour donner l’impression de combats, mais aussi les descentes de fûts ou de toms, les blast beats en veux-tu en voilà, de la double… Mais pas seulement. Sur cet album, la batterie me semble bien plus présente, avec un jeu nettement plus travaillé.

    L’album est plus court en comparaison aux 4 autres, qui titillent les 45 à 50 minutes avec 6 à 10 titres. Le mix, entièrement réalisé par Ioldar, est également upgradé. On glisse d’une piste à l’autre et intrinsèquement d’un riff à l’autre comme une paire de ski sur une poudreuse de compétition. L’ambiance est, comme depuis 2 albums, beaucoup plus cinégénique lui conférant une aura épique dans le contexte d’un black metal atmosphérique, pagan et déchiré. Entre le premier album et celui-ci, on voit et ressent l’évolution. Même si on a l’impression qu’avec Majestic Heights, Melancholic Depths, indéniablement, Aldaaron a clos un chapitre, ce Par-delà les cimes ne se contente pas d’en ouvrir un nouveau (l’artwork, également signé Ioldar, s’il garde la charte graphique, n’arbore plus les personnages encapuchonnés. Désormais, seule compte l’idée de ce qu’il y a par-delà les cimes). Il prend tous les curseurs précédemment employés et, non seulement les pousse un peu plus loin, les sublime ! Et c’est en cela que je n’hésite pas à lui conférer une place de choix dans mon top 5 de l’année 2025. Merci Ioldar pour ce talent de composition, merci Aldaaron pour ce voyage enraciné.

    Ils songent à un avenir
    Dessiné à bout de bras
    Où le temps ne dure pas
    L’éternité d’un soupir
    Fredonnent un hymne joyeux
    Pour les vieillards silencieux,
    Qui résonne couvrant l’écho
    De chaque loup ou corbeau

    (« La légende des fils » – Suprême Silence)

    Tracklist :

    1. Antediluvian prophecies
    2. Frozen Shadows of the Exalted Sun
    3. Chants d’hiver et de solitude
    4. Under the Icy Sky, Memories Fade Away

    Line up :

    Ioldar – tous instruments, chants et compositions

    Voldr – guitare lead sur les pistes 3 et 4

    Guests :

    Rich Gray – Basse

    Oleg Bezuglov – Violon piste 4

    Eric Catiglia – Chant piste 4

    Liens :

    https://aldaaron.com

    http://aldaaron.bandcamp.com/music

    https://www.instagram.com/aldaaron_official

    https://www.youtube.com/channel/UCjlpwIipq5ptdGAKs-Wd_JA

  • Falling from Grace – At the Edge

    Falling from Grace – At the Edge

    Genre : Groove Metal
    Label : Inverse Records
    Sortie : 2 Mai 2025

    Note :   65/100 (WvG)

    Ça m’aura pris un temps certain et un certain temps pour aborder At the Edge du groupe finlandais Falling from Grace, une des raisons étant liées à un aspect technique dont je vais vous parler juste en dessous.

    *

    Déjà, il existe assez peu d’informations sur le groupe en lui-même : comme la majorité des groupes et leur promotion ciblée, la biographie est réduite à peau de chagrin que ce soit parce que pas de site internet mais des pages de RS (impersonnelles et dépersonnalisées désormais) et une fiche info (quand elle est envoyée/fournie) du label qui résume à outrance. Le groupe vient de Vantaa en Finlande (d’après les informations glanées sur le Net) et est un quintette qui propose (je cite) du Melodic Death Metal/Groove Metal, cet opus étant le successeur d’un précédent intitulé Shattered et composé de nouveau par le guitariste du groupe, Timi Tonteri.

    Outre le fait que j’ai eu assez peu de temps pour en disserter plus tôt, un paramètre m’a largement ralenti, y compris dans mon envie de le faire : un problème de son sur les pistes reçues. Je me suis posé la question, j’ai posé la question à d’autres auteurs de MMW, constat similaire : un problème de compression, soit des fichiers soit du mix tout court. On pensait le problème résolu en téléchargeant un autre bundle et il est, même si légèrement résorbé et atténué, de facto récurrent et se ressent à la longue : probablement le gate qui a été réglé comme un sagouin et qui crée des effets de chute brusque du volume après chaque pêche dans les hautes fréquences (en gros, imaginez que chaque frappe de caisse claire atténue tout ce qui suit, ce qui est problématique notamment dans ce sous-genre Metal dans lequel on fait bien, bien entendre sa présence et de manière assez répétée !) Vouloir du « gros son », c’est bien ; savoir le maîtriser, c’est mieux.

    [Si vous en doutez, jetez une oreille ici :]

    Maintenant, concernant l’aspect musical en soi, on est tout à fait dans du Groove/Modern Metal, une jonction entre Shadows Fall et Lamb of God par passages, mais quant à l’aspect Melodeath, je le cherche encore… Vaguement les samples synthétiques ponctuels ou l’ultime morceau « The Creator » pourraient aller dans cette veine, même si on est davantage dans un Dark Metal upgradé de type Paradise Lost.

    J’ajoute à ceci le fait que le growl du chanteur soit inégal dans sa qualité au fil des pistes, on tire limite sur de l’aphonie par moments et j’avais presque de la peine cumulée à l’envie de lui envoyer une boîte de Strepsils…

    *

    NONOBSTANT…

    Il y a des qualités notables dans la globalité car l’album est plutôt équilibré et fat, lourd et énergique. 

    J’imagine que le passage sur scène offre moults occasions de se niquer les cervicales, les morceaux semblant taillés et formatés pour ce médium. 

    De plus, l’aspect technique musical, surtout instrumental, sans en faire de trop (pas de branlette de manche à gogo ou de sweeping harmonique), tient parfaitement la route : le groupe semble ne pas chercher la démonstration technique mais de la carritude dans l’exécution, et ça vaut toujours mieux que de jouer les « Poseur » (le seul morceau dépassant les quatre minutes) pour citer un des titres de l’album.

    *

    Je vais donc tracer un bilan très mitigé : certes, ce n’est que le deuxième album… mais c’est déjà le deuxième album et donc un recul peut se poser à l’écoute ou la réécoute avant parution. N’ayant pas plus d’informations quant au passage en studio, je ne me perdrai pas en conjectures de choix d’ingé son par telle ou telle personne mais le director’s cut revient au groupe, qui n’a pas suffisamment appuyé sur ce point. Par contre, mettez le dans une Warzone ou un fest de type -core, et c’est banco assuré.

    Track list:


    1. At the Edge
    2. Final Hour
    3. Downfall
    4. Egoistic
    5. Poseur
    6. Crawling Back to the Dark
    7. The Abyss
    8. Shadow
    9. Revolt Unleashed
    10. The Creator

    Line-up:

    Timi Tonteri – Guitar

    Atte Väisänen – Guitar

    Niki Tonteri – Vocals

    Toni Jokelainen – Bass

    Valtteri Honko – Drums

    Links:


    https://www.facebook.com/FallingFromGraceFIN
    https://www.instagram.com/fallingfromgracemetal
    https://fallingfromgrace.bandcamp.com 

  • Mawiza / Ül

    Mawiza / Ül

    Genre : Tribal Groove Metal
    Label : Season of Mist
    Sortie : 18 Juillet 2025

    Note :   85/100 (WvG)

    Je dois l’avouer : je n’ai pas choisi initialement de traiter de cet album pour raisons musicales ; uniquement parce qu’il y avait matière à caler des jeux de mots laids et, comme chacun le sait, la matière fait cale. J’ai déjà disserté sur pas mal de skeuds mais celui-là manquait sur mon CV. Et quelle meilleure occasion de vous dire qu’il manque Ül quelque part !

    *

    Le titre énigmatique – « mystérieux » comme dirait le CM d’Allociné à tour de posts – de ce troisième album du groupe Mawiza ne l’est pas tant que ça quand on jette son oreille au texte, ou du moins son œil parce qu’à part si vous parlez les dialectes sud-américains (en l’occurrence le Mapunzungun, celui de la nation ancestrale – entendre par-là « bien, bien précolombienne » – Mapuche), peu de chances que vous en compreniez la teneur.

    Musicalement métissé, mais pas d’Ibiza, Mawiza propose une interaction entre la binarité d’un Rammstein sur le morceau d’ouverture, le Progressif d’un Devin Townsend, le tout se fondant sur des syncopes et un son brut, mais en plus tribal, à la Gojira, ce qui n’est pas trop étonnant au vu des relations qui les lient que ce soit scéniquement (participation à diverses premières parties introduisant le groupe français) ou avec le featuring de Joe Duplantier sur le finale « Ti Inan Paw-Pawkan ». Certains me répondront que « c’est pas le Pérou » et, effectivement c’est le Chili d’où provient ce quatuor qui s’est inspiré de la mythologie et de l’animisme des tribus et civilisations d’Amérique du Sud pour cet album.

    On retrouvera donc des allusions aux arbres, ceux de la forêt d’Araucanie, sur « Mamüll Reke », ainsi qu’aux animaux totems comme le cougar sur « Nawelkünuwnge » et le colibri sur « Pinhza Ñi Pewma » mais aussi au postcolombien car le Colomb a amené les colons et ces irritables en ont bien profité et le font encore, phénomène dénoncé du morceau d’ouverture « Wingkawnoam » (décoloniser) à « Ngulutu » (tempête venue de l’Ouest), la globalité des morceaux portant un regard très prononcé sur l’aspect écologique et spirituel puisque l’album s’achève sur un chant funéraire, le « dernier appel de la harpe » avec sa guimbarde lancinante, transcendante et omniprésente, s’évanouissant sur un delay suspendu comme un dernier souffle de l’âme [concept que l’on trouve dans une multitude de civilisations qui n’ont a priori aucun lien de connaissances géographiques voire aucun contact entre elles, comme la notion de « wakani » chez les Shuars d’Amazonie].

    *

    Et comme tout ce qui émane du Chili, ça pète bien et fort ! Leur deuxième album, Kollong, de 2019 ayant déjà entamé son évolution textuelle vers ce langage des Mapuche, il leur a valu un Pulsar Award (soit un Grammy du Chili) et tout amateur de Gojira consentira à dire que ce Ül est en bonne voie pour obtenir une récompense similaire, grâce à un album équilibré tant dans la brutalité que les passages atmosphériques et planant. C’est bien écrit, bien réfléchi, bien produit, bien interprété et ça mérite d’être connu bien davantage.

    Tracklist :

    • Wingkawnoam 
    • Pinhza Ñi Pewma
    • Ngulutu 
    • Nawelkünuwnge 
    • Mamüll Reke 
    • Wenu Weychan
    • Lhan Antü
    • Kalli Lhayay
    • Ti Inan Paw-Pawkan

     Lineup : 

    Awka – Lead Vocals & Rhythm Guitar 

    Karü – Lead Guitar & Backing Vocals 

    Zewü – Bass & Backing Vocals 

    Txalkan – Drums & Percussion

    Guest(s) : 

    Fabiola Hidalgo (Liquen) – ​Vocals (« Wingkawnoam »)

    Joe Duplantier (Gojira) – Vocals (« Ti Inan Paw-Pawkan »)

    Liens :

    https://www.youtube.com/channel/UChq-O6hnvAj9CJVAGvEcyDg

    https://mawizakvlt.bandcamp.com/album/l

    https://www.instagram.com/mawizakvlt

    https://www.facebook.com/mawizakvlt

  • Montre-nous tes fests !

    Montre-nous tes fests !

    L’été et le Metal… et l’équipe de MMW !
    Un papier de WvG

    A lire, savourer, commenter...

    L’équipe de Quotidien étant (encore) en vacances – putain, bossent encore moins que des profs, ceux-là –, je sais que vous êtes en manque de culs de métalleux… Aussi pour pallier vos perversions naturelles, l’équipe de MMW est heureuse de vous montrer ses fests ! En sus des canicules à répétition, l’été sera chaud dans les t-shirts, dans les maillots…

    Avec la précision préalable que je ne touche aucune thune – hélas – pour promouvoir les évènements dont je vais parler un peu plus bas, cette publi étant non sponsorisée, ne vous étonnez pas si je n’entre pas dans les détails mais fais juste un clin d’œil voire appel du pied aux organisateurs car s’il existe pléthore de fests ou mini-fests se déroulant durant la période estivale (je prends au sens large en terme de saison, pas de vacances scolaires puisque la majorité des gamins préfèreront scroller sur leur smartphone la dernière vidéo Tiktok à liker plutôt que d’en lever les yeux et leurs esgourdes pour venir les secouer devant une mainstage), on n’en parle que trop peu au tout-venant : sachez que pour les JT, le retour de Kendji Girac sur scène est nettement plus intéressant quand on aborde un reportage sous un aspect journalistique traitant des « festivals de l’été » sans même évoquer un seul dans le genre musical Metal… M’enfin bref, on ne saura jamais si c’est par pudeur ou incompétence, voire racolage putassier.

    Toujours z’est-il que je m’en va vous parler de ces festivals qui jonchent et jalonnent la route du festivalier en quête de sensations fortes et de torticolis, le tout en deux parties : ceux dans lesquels vous avez pu ou croiserez des membres de la team Memento Mori Webzine… et les autres. Il n’y a aucun jugement de valeur, puisque je vais quand même en parler, mais c’est évident qu’aucun des membres même le.a plus investi.e ne saurait prendre part à toutes ces festivités, pour raison de temps, ou d’argent, ou de (bon) goût.

    Commençons par le gros, le lourd, voire le lourdingue, la machine de guerre Hellfest, qui a eu lieu à Clisson (44) du 18 au 21 juin. Si vous avez fait attention, vous avez pu y croiser Mémé Migou et son dentier, ainsi que Seb, Bruno et Manu, chacun venu pour ses raisons particulières tantôt en tant que bénévole, tantôt festivalier avec chacun.e ses groupes de prédilections. Facile de les repérer et impossible de les rater : ils étaient en noir avec des cheveux longs. Ils et elle se feront un plaisir de vous narrer les concerts auxquels ils et elle se sont enjaillés durant leur périple, sachant que Migou était venue pour voir « Cattle, qui a décommandé au dernier moment ; sinon : Chat Pile, Messa, Blood Fire Death, Ishahn », Manu pour « Spectral Wound, Messa, Russian Circles, Monkey3, Black Pantera, Deafheaven, Jerry Cantrell », et on ne compte même plus le nombre de vidéos qu’a pu shooter Seb, dépassant aisément sa consommation en litres de bière : autant vous dire qu’ils en sont à chercher leurs premiers mots pour commencer leur rédaction, en évitant les poncifs de type « De tout temps » et « mais tout ceci n’était qu’un rêve »…

    Hellfest 2025 : la programmation complète est là !

    https://www.facebook.com/hellfest

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    Fidèle à l’affection qu’il porte au savatage, pas le groupe mais celui effectué avec des pointures 44 dans ta tronche, Bruno s’est donc hardiment rendu au Superbowl of Hardcore à Rennes (35) les 27 et 28 juin, qui recevait des têtes d’affiche bien sympathiques comme Walls of Jericho, Earth Crisis, Discharge ou Merauder.

    Peut être une image de texte qui dit ’FACE TO FACE FACETOFACEPRÉSENTE CEPRÉSENTE MOFサYAROCORE EUPERBILYL OFHARPCORE 10TH EDITION WAILS DISCHARGE JERICHO EARTHCRISIS SLAPSHOT IGNITE 山ん53 CONGRESS PEST CONTROL 北华区神 Sfntterdt npи6и SESTH 春錄持玩 RESTRAINING ORDER INITIATE LIFESICK B生COMIN蛋 A.A. GRAYSTATE LOVE LETTER EXLAKH 27ET28JUIN2025 27 ET 28 JUIN 2025 RENNES JARDIN MODERNE’

    https://www.facebook.com/superbowlofhardcore

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    Le Kave Fest, à échelle humaine mais le « plus gros festival de Metal » à la programmation toujours vacillante malgré la qualité générale, a pris place à Gisors (27) du 4 au 6 juillet ; vous avez/auriez pu y croiser JP, en villégiature (et toujours un peu partout sur le site), venu assister aux concerts de « Klone, Mirabelle et déçu de pas avoir vu Coheed and Cambria ». Il précisera par ailleurs pour Klone que « Non, je pleure pas, c’est de la poussière dans les yeux, comme pour Garaea, Bord d’aile de merle ! » et en aura également profité pour assister au set d’Ensiferum qui était la tête d’affiche du samedi, dans le cadre de la cour du château du bourg « à moins d’une heure de Paris ».

    Kave Fest 2025 - Discussion

    https://www.facebook.com/LaKaveAsso

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    Bruno, toujours à l’aise dans ses rangeos taille fillette, était au BernaFest Subaru à Langan (35) le 5 juillet ; pour ne pas déroger à ses goûts, il a donc pu entrevoir par l’interstice de ses cocards les groupes de Punk et HxC locaux qui s’y sont enchaînés.

    Peut être une image de texte qui dit ’BernaFEST SUBARU samedi 5 juillet 25 BARBE ROUGE LANGAN (35850) 風 ACCÈS LIBRE DÈS 14H MARCHÉ CRÉATEURICES FLASH TATTOO (INKERMANN TATTOO) CONCERT A 16 で TOCARD! Fastcore Rennes KBE Moder Nantes FOOD FIGHT PowerPop Rennes THE PLAYMATICS Rennes ASHEN SHORE Skate Punk Rennes ABUSE MARIA TAREY Crust C Vannes NotSick Not Sick Rep Reprises ise Folk PAF 10€ PRÉVENTE 14 SUR PLACE BOUFFE ET CAMPING SUR PLACE’

    https://www.facebook.com/bernadetteXsubaru

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    Mémé Migou est partout, et particulièrement là où ses dents la traînent. C’est pourquoi elle s’est déplacée vaillamment jusqu’à l’Ar’ Vran Fest de Janzé (35) les 6-7 juillet (« et même le before ! »), principalement pour y voir Saor « mais pas que » comme le veut le slogan du zine tenu par sa taulière. Et pourtant il y avait du choix, et non des moindres, dans l’affiche partagée également entre Equilibrium, Heidevolk, Cruachan et Aktarum…

    https://www.facebook.com/arvranprod

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    Il y a aussi les festivals où vous pourrez croiser des membres de l’équipe comme Seb qui va se rendre à l’Alcatraz Open Air à Coutrai (Belgique) des 7 au 10 août, probablement dans le pit de « Messa, Slomosa, Dool, Helmet, Tsjuder, Obituary, Dimmu Borgir, Machine Head, etc. » ; si vous remarquez un BG avec une main prise par un appareil photo et l’autre par une mousse, c’est forcément lui (ou son doppelganger).

    ALCATRAZ FESTIVAL : EN ROUTE POUR 2025 - Metal Overload

    https://www.facebook.com/alcatrazmusic

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    Vous croiserez forcément un des Memento Morty au Motocultor Festival à Carhaix (29) du 14 au 17 août, que ce soit Mémé – elle est partout, celle-là ! – pour « Imperial Triumphant, Samael, Cult Of Luna, Dimmu Borgir, Batushka, Enthroned, Benediction, Suffocation », Seb pour « Benighted, Loudblast, Samael, Houle, Extreme, Dimmu Borgir, Klone, Gutalax, etc. », Bruno, ou Manu pour « Machine Head, Mogwai, Me & that Man, Samael, Solstafir, Enslaved, Envy, Cult of Luna, Batushka, Harakiri for the Sky, Blind Guardian, Candlemass, Kanonenfieber, Green Lung ». En clair, vous avez beaucoup de chances de les y rencontrer, mais probablement pas pour des live-reports [disons que l’offre spontanée d’une accréditation donne nettement plus envie de travailler à promouvoir un festival que de faire payer son entrée, tout travail méritant salaire…] Néanmoins, ça leur laissera largement plus de temps pour échanger avec vous autour d’une pinte en ponctuant d’un jeu de mots truculent, tout travail méritant sa bière.

    Peut être une illustration de texte qui dit ’AUGUST 2025 FESTIVAL MACHINE HEAD TRIVIUM PREVAIL LACUNA LANDMURKS CARPENTERBRUT. HELLDEBERT MAGMA BATUSHKA EMFORCER KATAKLYSM TESSERACT EXHORDER GUTALAX BAMBINO BUFFALO WAMPAS mOL NAILBOMB PALEFACE SWISS PELICAN PRIMORDIAL SAMAEL SKALMOLD SNOT SOLSTAFIR SUFFOCATION BEETROOTS TRIBULATION WITCHCRAFT AGGRESSIVE AGRICULTOR ANGELMAKER BELENOS BENIGHTED BLACKBRIAR COBRA IMPALER DOGMA DOODSESKADER DOOL DROPOUT THE HIEROPHANT GAUPA GOST HERIOT HIRAES HOULE HÜRLEMENT IMPERIAL TRIUMPHANT JOHMNIE CARWASH LAZULI LOUDBLAST LUNAR TOMBFIELDS MARGARITA WrTCH CULT mosi OBLIVISCARIS PARTY CANNOM POESIE ZERO RECTAL SMEGMA RENDEZ SAQQARAH_ REG SKELETAL REMAINS SLOPE ·SOLITARIS. TAMORK THE CALLOUS DAOBOYS THE GORGE THROWN GRAVE TRAQUENARD TRISKILL VERSATILE WESTIGE VONSHARON WAYFARER WEGFEREND WΥAT. YEAR LIGHT’

    https://www.facebook.com/MOTOCULTOR.FESTIVAL.OpenAir

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    Par la suite et entre deux interviews, vous pourrez discuter comme les stars sur place avec Mémé (oui, encore) qui vient au Furiosfest à Saint Flour (14) les 23 et 24 août principalement « pour Dark Tranquility » ; JP sera également de la fête mais davantage pour Mercyless et Smash Hit Combo… mais aussi assurément pour ROTNS, dont il espère un entretien sublimé par un placement de « Omae wa mō shinde iru » et de « ah tatatatata » !

    Home Furiosfest – 2025 - FuriosFest

    https://www.facebook.com/FuriosFestCantal

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    Pendant ce temps et ce mois d’août, Bruno se remettra en place les dernières phalanges et côtes flottantes pour se préparer à assister au Ol’ Dirty Beat Fest à Brasparts (29) les 29 et 30 août. Sa sortie de coma est prévue pour mi-septembre, son assurance et sa famille ont déjà été prévenues…

    https://www.facebook.com/symphonyofdestructionrec/posts/pfbid034wquXUWrKeGbfin8SQHcb1YeQVfv6mubm321pcisv76PaRboXmxE9fZfeQgBH2wkl

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    Les hostilités reprennent dès la rentrée avec le Mennecy Metal Fest à… Mennecy (91) – étonnant, hein ? – les 5 à 7 septembre, festival auquel Manu assistera principalement pour « Blind Guardian, Akiavel, Electric Mary, Ensiferum, Impureza »

    Peut être une image de texte qui dit ’HWOKS PIAAIE FINALE ANNONCE LF MENNEC METAL FEST BLIND GUARDIAN CARPENTER BRUT ·MASSHYSTER MASS HYSTERI DAGOBA LOUDBLAST ENSIFERUM SHAÄRGHOT KE GRESSOR LES SHERIFF DROPDEAD CHAOS WALTARI NECRODEA PTIC IMPUREZA· NIGHTMARE WITCHES DIRTY DIRTY FONZY ELECTRIC THE STYX UNBOUNDED TERROR •KRASHKARMA KOB •FATAL POLARYS WAKAN TANKA BLOODYFLOW METALKOMBAT KOMBAT III VAINQUEUR TREMPLI Mennecy PARC DE VILLEROY 91540 MENNECY 5,6.1 SEPTEMBRE 2025 MUSKOEYE Franc Mefal CERANA (raat'sAartwbrks LOUD RSTLSS.COM TVE MUST eKomeиR’

    https://www.facebook.com/mennecymetalfestoff

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    Simultanément, une partie de l’équipe sera au Rockiavelic à Carantec (29) le 6 septembre : Seb y va pour « Realm of Perdition, Tungs10, Nø Retry, Incinerator » (mais on sait tous qu’il ne s’y rend QUE pour Tungs10 !) et en plus « c’est gratuit », Bruno en sera également (pas forcément pour Tungs10 mais… va savoir… un coup de cœur… un effet Impulse…) et Mémé, pire que Muriel Bolle car toujours dans les mauvais coups, explique que « pas pour quelqu’un en particulier mais en soutien de tous » avant tout.

    Aucune description de photo disponible.

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100057310875828

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    Et pour achever l’été, vous pourrez de nouveau repérer dans votre sillage Mémé (elle est partout, je vous dis !) et  Manu au Muscadeath à Vallet (44) les 19 et 20 septembre, Migou y allant pour « Belphegor, Deathcode Society, Unleashed », et Manu de préciser : « j’arrive pas à lire les noms sur l’affiche », donc en gros du Death [NdMémé : Mais non, il y a du Black aussi !]…

    Muscadeath 2025

    https://www.facebook.com/muscadeathfestival

    On comprend votre déception… Mais la team MMW ne peut pas être partout, il y a des choix à faire, et des groupes à ne pas manquer sur scène et dont Seb est particulièrement friand (d’où sa venue au Rockiavelic) … Et dire que si votre amour pour certains groupes vous aurait amené à rencontrer et partager avec des personnes pleines de grâce, affables et amènes, et grands fans de karaoké (surtout quand Bernard Minet est sur scène), ils ne pourront pas se rendre à TOUS les festivals Metal de l’été.

    Ceci ne veut pas dire que d’autres n’en seraient pas moins qualitatifs mais…

    Voilà de quoi vous consoler malgré tout, et agrémenter votre playlist de plein de nouveaux morceaux en prenant part aux festivals ci-dessous, dont je n’évoquerai que les têtes d’affiche mais d’autres groupes en petites lignes valent aussi le coup d’oreille.

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    Le MozHell Open Air aura lieu à Insming (57) les 19-20 juillet et accueillera Psykup, Novelists, Resolve et Pro Pain mais surtout Fear Factory et Soulfly ainsi que Carpenter Brut en tête d’affiche. Enjoy !

    Programmation 2025 - 19 20 Juillet - MozHell Open Air

    https://www.facebook.com/mozhellopenair

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    L’ Xtreme Fest prendra place à Le Garric (81) des 31 juillet au 2 août, avec une affiche qui laisse des traces (mais Bruno n’en sera pas, le temps de se replacer quelques os) proposant Madball, Napalm Death, Hatebreed, The Exploited et Mass Hysteria.

    Xtreme Fest 2025

    https://www.facebook.com/XtremFest

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    L’indétrônable Sylak Open Air à Saint-Maurice-de-Gourdans (01) du 1er au 3 août ne sera pas en reste puisque Mass Hysteria y sera également, ainsi que Dimmu Borgir, Candlemass, Suffocation, Korpiklaani et, surtout, Nanowar of Steel !!!

    Peut être une illustration de ‎texte qui dit ’‎国塩屋 ሓበት SYLAH 12 AOUT 2025 SRINT DE GOURDANS כוםם 무.u BORGIR DISMEMBER MASS HYSTERIA GANDLEMASS HORPIKLA DRANGE GOBLIN SUFFOGATION AM MORBID THE MELUINS FRO የፀዘ HARAHIRI FOR THE SHY AAKANGEL IMPERIAL TMT E BRAINS MAMQUAR ዐቶ STEEL OR EE SEUERE TORTURE 7 H THE CHISEL UAKE E DEAD AKIAUEL HMUGKLE HEHO LAST ADDIGTION ASHED WHMTER UHTGHORIOUS LAFAYETTE LIFEBOATS UTARO MUST 무 BERΕΤΤA FRAMHLIN‎’‎

    https://www.facebook.com/sylakopenair

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    Le Queyrock Open Air Festival de Ginest (24) du 1er au 3 août proposera quant à lui aussi les Novelists mais également Tagada Jones, Dagoba, les Ramoneurs de Menhirs et une invitation à sortir couverts, offerte par Elmer Food Beat.

    Aucune description de photo disponible.

    https://www.facebook.com/queyrockfestival

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    Un autre festival qui trace petit à petit son bout de chemin, c’est le Festival 666 à Cercoux (17) qui, du 8 au 10 août, affiche la venue de Mass Hysteria (encore plus présents en fests que Mémé), Tagada Jones aussi, Hatebreed itou, mais également Leprous et, surtout, Fu Manchu et Seth.

    FESTIVAL 666 L'affiche complète de l'édition 2025 dévoilée

    https://www.facebook.com/festival666

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    Le Barbeuk Metal Fest à Champtoceaux (49) les 22-23 août commence aussi à bien se placer dans le game pour sa troisième édition avec des groupes comme Destinity, Carcariass, Headcharger mais aussi Angelus Apatrida, Tygers of Pan Tang et Onslaught.

    Aucune description de photo disponible.

    https://www.facebook.com/barbeukmetalfest

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    Le Ugly Fest de Gravigny (27) clôturera août les 30-31 avec Kamizol-K.

    Peut être une image de texte qui dit ’LES CAFARDS PRODUCTIDN spore sp: re ERASSERE EPARBEFIFARTANW.FETAPRCOV ApacOm UGLYFEST RUNNING ORDER SAMEDI 30 AOÛT 14H30 OPENDOORS 15H30 14H30 ENDRAW 16H30 DIMANCHE 31 AOÚT 12H30 16H00 16H 17H30 OPENDOORS SEEPARISANDDIE 17H00 DEPRESSIVE 13H30 12H30 18H30 LA DÉPANNE 18H00 14H30 DROPS 19H30 MURDE 14H00 19H00 BONES 15H00 15H30 ENTERTAIN THE TERROR UNDE 20H00 1630 21H45 16H00 CERBÈRE 21H15 17H30 KAMIZOL-I 17H00 22H45 ALKHEMIA 18H30 POLYBIUS 18H00 PYRECULT 00H00 19H45 19H15 EIGHT SINS 21H15 30 30/31 20H45 IZZYBIUS AOUT 22H00 BRASSERIE SPORE’

    *

    Et pour finir cette virée du Tour de France, on ira au Pyrenean Warriors Open Air à Torreilles (66) le 13 septembre avec en tête d’affiche Geoff Tate et Jag Panzer.

    Pyrenean Warriors Open Air 2025 – The Nwothm

    https://www.facebook.com/pyreneanwarriorsopenair

    Bon… Théoriquement, que ce soit en croisant le fer ou la bière, vous devriez trouver votre compte dans cette liste non exhaustive de festivals à taille variable disséminés aux quatre coins de l’Hexagone – big up aux profs de maths en PLS suite à cette phrase. Mais avouez qu’il serait dommage de ne pas rencontrer cette équipe dynamique, fougueuse et pleine de verve !

    Cette page publicitaire se refermant simultanément avec la disparition d’un homme (en noir) de télévision et surtout instigateur de célèbres slogans comme « Lapeyre, y en a pas deux », je conclurai en vous rappelant ceci : « Memento Mori Webzine, du Metal extrême… mais pas que » ; aussi beaucoup de grand n’importe quoi, d’autodérision et de recul 😊 

  • Fractal Universe – The Great Filters

    Fractal Universe – The Great Filters

    Genre : Death Metal progressif
    Label : M-Theory Audio
    Sortie : 4 Avril 2025

    Note :   95/100 (WvG)

    C’est sans filtre que je vais vous parler de The Great Filters de Fractal Universe, quatrième album du quatuor nancéen. Et il me sera TRÈS difficile d’en dire du mal…

    *

    Si le groupe avait déjà précédemment fait la démonstration de ses qualités tant sur scène qu’en album, on atteint avec cet album un sommet, peut-être pas encore leur Everest (ou leur Himalaya pour les fans de Bayrou résiduels) mais on est déjà très haut sur tous les plans ou reliefs et il va m’être difficile d’être critique de manière négative tant cet album revêt des aspects qui ne sont sans me déplaire.

    D’abord, et même si je ne suis pas un fan de la première heure du Metal Prog, il y a la technicité, indéniable, celle de chacun des intervenants : les modulations de voix de Vince Wilquin aussi à l’aise dans les longueurs de notes tenues et harmonisées que dans le growl (hé, c’est du DEATH prog !), la fluidité des guitares et particulièrement dans les soli école Satriani/Vai/Petrucci (par Yohan Dully), la basse de Valentin Pelletier qui ondule (particulièrement dans l’introduction de « The Equation of Abundance », probablement le plus « Dream Theater » des morceaux de l’album alors que « Dissecting the Real » irait plutôt piocher chez Symphony X dans les influences) quand Clément Denys à la batterie tape fort et précis… En clair, pas un reproche à faire sur cet aspect.

    Ensuite, la musicalité : comme dit plus haut avec un présupposé, je suis davantage de l’école harmonique et mélodique, pas forcément celle de la recherche de l’extrême – mais je pense qu’au fil des lectures des diverses chroniques proposées [et si ce n’est pas encore le cas, ruez-vous dessus ainsi que (et surtout) sur celles de mes confrères de MMW], vous l’aviez compris. Or, ici, la recherche de l’équilibre entre tension et détente tant dans la brutalité que les variations de tonalité, avec des enchaînements harmoniques fouillés et pas des degrés I-IV-V-I en boucle, va évidemment en faveur de mon appréciation positive.

    Enfin, l’originalité et la démarcation sur la scène Metal entrent en ligne de compte. En effet, non content de s’affirmer vocalement (et à la guitare), Vince Wilquin se permet de faire apparaître fréquemment, en premier plan ou en sous-texte, son saxophone qui ajoute ce groove typé jazz ou pop-jazz tout en glissandi et vibrato prononcé. Si le groupe n’est pas précurseur dans cet ajout instrumental, il sait efficacement l’exploiter. À ceci s’ajoutent les plages planantes et subtiles de piano, particulièrement sur « Specific Obsolescence » qui joue sur de multiples tableaux harmoniques et modaux. De surcroît, l’album n’est pas réfléchi comme une succession de morceaux formatés, limite radio edit, mais avec un concept (dystopique et/ou futuriste… hé, c’est du PROG !) introduit par un artwork d’une qualité picturale de toute beauté. Je retrouve donc une forme d’originalité musicale et sensorielle que je n’avais plus vraiment ressentie depuis le Amoeba de Hacride (autant vous dire que ça date : 2007).

    *

    Je vous ai spoilé d’entrée de jeu mais il était nécessaire de ne pas vous faire perdre trop de temps en lecture inutile de mon baratin qui touche limite au promotionnel voire au plébiscite présentement : sautez sur cet album dès que vous en aurez l’occasion, il en vaut la peine. Sur ce, je pars allumer ma clope, avec filtre quant à elle, et inhaler cet album de nouveau par les oreilles.

    Tracklist:

       01. The Void Above

       02. The Great Filter

       03. Causality’s Grip

       04. The Seed of Singularity

       05. The Equation of Abundance

       06. Specific Obsolescence

       07. Dissecting the Real

       08. Concealed

       09. A New Cycle

    Line-up:

       Yohan Dully (Guitare)

       Vince Wilquin (Guitare, chant, saxophone)

       Clément Denys (Batterie)

       Valentin Pelletier (Basse)

    Liens :

    www.fractaluniverseband.com

    www.facebook.com/fractaluniverseband

    www.instagram.com/fractaluniverseband

    www.youtube.com/fractaluniversemetal

  • Interview : Furios Fest 2025

    Interview : Furios Fest 2025

    Interviewé : Christophe Bourry
    Interviewers : Mémé Migou et Bruno Guézennec

    Un échange enrichissant avec Christophe Bourry, le papa du Furios Fest.

    La programmation, sa ligne de conduite, l’évolution du Furios Fest, sa vision du festival, comment il s’y est pris… Tout cela et bien d’autres choses encore sont au menu de cette interview, à retrouver ici :

    Pour rappel, le Furios Fest se déroulera les 23 et 24 août 2025, à Saint-Flour.

    Crédit musical dans l’interview : Dark Tranquility (qui sera d’ailleurs l’une des têtes d’affiche du Furios Fest 2025) – « Punish my Heaven »

    Quelques liens pour glaner toutes les infos :

    Home Furiosfest – 2025

    https://www.facebook.com/FuriosFestCantal

    Billetterie : https://www.helloasso.com/associations/cantal-crossbones/evenements/furiosfest-5

  • Interview – Sixtine Audebert / Fanzine Rëquiëm

    Interview – Sixtine Audebert / Fanzine Rëquiëm

    Interviewée : Sixtine Audebert – Fanzine Rëquiëm
    Interviewer : Seb D.

    Chaque mois, je regarde le live YouTube Rock Hard décortiquant le numéro du mois en cours. J’aime ce format car on y apprend souvent des choses très intéressantes qui viennent compléter la publication. A la fin de l’une d’entre elles, Philippe Lageat (Rédacteur en chef du magazine) montre un fanzine se nommant Rëquiëm. Celui-ci revient sur l’histoire d’Enfer Magazine. En grand fan de la presse musicale, n’ayant pas connu cette époque (car trop jeune) et toujours avide d’en apprendre davantage sur tout ce qui gravite autour de la sphère Metal, je me suis précipité pour l’acheter. Très vite, il y a eu deux autres numéros que j’ai dévorés avec grand intérêt.

    Cela m’a donné envie de mettre en lumière le travail de Sixtine Audebert, l’une des personnes se cachant derrière ce projet.

    Bonjour Sixtine ! 

    Merci de nous accorder de ton temps afin que nous puissions discuter ensemble de Rëquiëm. Mais avant toute chose, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

    Qui est Sixtine Audebert ?

    Merci à vous de l’invitation !

    J’ai plusieurs casquettes, car, du haut de ma fraîche trentaine, j’aspire à vivre de ma plume : enseignement dans plusieurs facs, en littérature et en info-comm ; journalisme culturel dans la presse spécialisée, le magazine de cinéma fantastique Mad Movies et l’émission Mauvais Genres de François Angelier sur France Culture, le plus vieux (30 ans d’âge) et unique programme de la chaîne nationale qui soit dédié à la culture populaire ; micro-édition avec mon compagnon Samuel Guillerand de livres à quatre mains portant sur nos centres d’intérêt très spécifiques (musique, cinéma, littérature etc.), avec des productions comme Rëquiëm ; lecture et correction de manuscrits pour diverses maisons d’édition. En parallèle, je finis mon travail de thèse sur les fanzines de hard rock en France dans les années 1980.

    Comment s’est faite ta rencontre avec le Hard Rock et le Metal ?

    Un cri du cœur à l’adolescence ! Je suis d’une génération où la Grande Histoire du rock dur possède déjà tous ses grands jalons, j’arrive un peu après la bataille ; j’ai fait ma culture musicale de manière anarchique.

    Les premiers groupes que j’ai écoutés assidûment étaient des Allemands à l’étiquette « punk » – die Toten Hosen, die Ärzte pour nommer les plus connus. Puis j’ai découvert Cradle of Filth qui m’a longtemps fasciné pour la richesse des références à explorer (la Hammer et le cinéma gore – au passage, citons le jouissif Cradle of Fear d’Alex Chandon ! –, toute la littérature gothique et fantastique etc.). Un peu plus tard, je me suis entichée de heavy/hard/glam/sleaze, le style qui reste encore à ce jour celui qui a le plus profondément marqué mon ADN (de Quiet Riot à D.A.D. en passant par Dokken, W.A.S.P., Firehouse, Def Leppard, RATT, Tesla, et j’en passe et des meilleurs, avec une préférence marquée pour la lignée Skid Row, Faster Pussycat, Tigertailz, L.A. Guns, Dangerous Toys, Shotgun Messiah… comme les groupes associés au revival de ces années, Blackrain, Crashdiët, Vains of Jenna, Sex Slaves, Crazy Lixx, Hardcore Superstar, Buckcherry etc.). Et dernier tournant, j’ai adoré l’indus (avec une bonne fixette sur Nine Inch Nails, saupoudré de Manson et de Ministry) et le néo metal (Korn, Deftones, Limp Bizkit, RATM etc.). Voilà pour les bornes de la timeline ; mais il y a évidemment des incursions ailleurs (je suis allée très récemment aux concerts de New Model Army, The Mission, The Cult, Christian Death par exemple, et je dois dire que Sisters of Mercy, Siouxsie and the Banshees, Virgin Prunes… font partie de ma playlist rituelle, au même titre que des groupes très divers des années 1990, de Sonic Youth et Hole à Unsane). 

    Enfin, ajoutons que les fanzines sur lesquels je bosse regorge de groupes de hard français (Sortilège, Blasphème, Demon Eyes, Jumper Lace, Killers, Vulcain…), de groupes de speed/thrash/death (Helloween, Overkill, Anthrax, Exodus, Nuclear Assault, Testament…) et même quelques formations crossover (j’adore Stormtroopers of Death et Nomed que j’y ai découverts), autant de nouveaux sons avec lesquels j’ai eu l’occasion de me familiariser durant ces six années de thèse. 

    Tu es plutôt jeune pour avoir connu l’âge d’or de la presse Hard Rock / Metal. Et encore moins la naissance du 1er magazine dédié uniquement à ce style musical en France : Enfer Magazine. Qu’est-ce qui t’a donné envie de te pencher sur son histoire ?

    Oui, je n’ai hélas pas connu la « grâce » ni la nécessité d’acheter en kiosques ces magazines… Je m’y suis intéressée en tant que passionnée et chercheuse (deux termes qui ne s’excluent pas). Alors que je prévoyais de prolonger encore mes études de littérature par une thèse (le projet concret était plutôt de ne jamais vraiment « travailler » en creusant mon trou à l’université), je voulais à tout prix un sujet qui cadre avec mes préoccupations quotidiennes. Il me fallait donc légitimer une incursion vers la culture rock… La presse écrite constituait une porte d’entrée « littéraire » ! C’est la découverte du corpus de fanzines en ligne sur France Metal Museum (concordant avec mes compétences musicales) qui m’a aiguillée vers ma proposition définitive autour des fanzines de hard français des années 1980.

    Je suis arrivée à Enfer Magazine par les fanzines de hard français : le premier fanzine français sur le sujet que j’ai répertorié peut être considéré comme le « numéro 0 » d’Enfer Magazine, sorti en région parisienne fin 1982, réalisé par les jeunes amateurs (qui deviendront ses premiers pigistes) Jean François Jimenez, Eric Galinski, Bruno Garcia et Bruno Labati, ainsi que son second rédacteur en chef Philippe Touchard (même s’il ne signe aucun papier). Avant donc que le titre ne soit déposé par les financiers qui possédaient les discothèques Le Saint à St Michel (Vème arrondissement) et Le Grillon en grande banlieue parisienne (providentiellement mises en avant dès la deuxième page du numéro 1 du magazine).

    Mais si ta question porte plus largement sur mon rapport à la presse magazine (en dépit de mon âge), je dirai que j’éprouve un profond respect pour cette période aristocratique des médias qu’a été la séquence historique de la culture jeune (et donc forcément rock à l’époque), qui est en fait le réel sujet de ma thèse : quand l’amateurisme et la passion ne signifiaient pas uniquement divertissement, mais bien possibilité de se forger un destin différent de celui tout tracé par la société. De Actuel à R.A.G.E, en passant par Métal Hurlant, Libération, Starfix, HK etc., toutes ces grandes aventures de presse culturelle me fascinent ; ces espaces d’expression et proto-réseaux sociaux constituaient les bastions d’une culture différente, infusée par la modernité américaine (à l’heure d’une Grande Culture française sclérosée dans la réaction à l’ « invasion ») et dotée d’une véritable force émancipatrice (le souffle rock qui parcourt chacune d’entre elles, même lorsqu’elles portent sur d’autres disciplines comme la BD ou le ciné).  

    Quel a été l’élément déclencheur qui t’a poussée à sortir le 1er numéro du fanzine Rëquiëm sur Enfer Magazine ?

    Dans le cadre de ma recherche, j’ai organisé une journée d’études à Montpellier sur les liens entre presse jeune et écriture rock (conférences universitaires le matin ; table ronde avec des professionnels de la presse l’après-midi ; concert de Patrick Eudeline dans un club local le soir). Je prononçais une conférence sur Enfer magazine (et la construction d’une communauté de fans en France dans les années 1980) que l’on retrouve in extenso dans le premier fanzine. Pour préparer cette intervention, j’avais interviewé les auteurs du fanzine Enfer et je disposais donc de trois entretiens-fleuves totalement inédits

    Mon compagnon Samuel Guillerand, fidèle artisan du médium pendant une vingtaine d’années (sur le rock, le cinéma de genre, la BD et la littérature), mais aussi musicien, journaliste culturel, auteur de plusieurs livres sur les scènes rock et affiliées (il a notamment coécrit le livre Enjoy the Violence – Une Histoire Orale des origines de la scène thrash/death en France), m’a suggéré de faire vivre encore ce matériau, de l’exploiter à nouveau sous la forme d’un fanzine. Selon lui, en plus de faire des heureux lecteurs, cela constituerait un excellent passage de la théorie à la pratique – ce qui s’est effectivement avéré des plus bénéfiques pour ma réflexion !

    Il faut quand même insister sur le fait que la trilogie Rëquiëm est un travail à quatre mains : avec Samuel, nous avons travaillé ensemble à l’élaboration et à l’édition de cette matière, nous répartissant équitablement les entretiens (transcription/réécriture/édition des textes/correction), il est intervenu de manière décisives dans l’élaboration du sommaire, le rubriquage, mais aussi la mise en page, la fabrication/impression, la diffusion, la gestion des comptes et des stocks — car tout cela fait bel et bien partie de l’activité « d’écrire », a fortiori lorsque l’on œuvre en autonomie complète.

    A-t-il été facile de convaincre les différents acteurs de l’aventure Enfer Magazine de se confier sur cette épopée ? As-tu rencontré des obstacles ou des réticences ?

    Lorsque j’ai commencé mes travaux de recherche, j’ai craint de me retrouver face à des murs, des érudits qui me testeraient sur mes connaissances musicales avant d’approuver ma démarche… En fait, les auteurs de fanzines sont plutôt bien disposés : généralement cinquantenaires, ils ont dépassé la pose romantique de la clôture de la communauté et parlent d’autant plus volontiers de leurs objets qu’ils sont de gros collectionneurs un poil nostalgiques.

    Pour les gens d’Enfer, c’est un autre zineux,  Luk  « Akerbeltz » Ardilouze (ex fan éditeur de Poulets basquaise, graphiste pour le label Vicious Circle) qui m’a donné le mail de Jimenez… Il lui avait acheté des disques et avait reconnu derrière sa signature « jfj » le Jean-François d’Enfer ! Nous avons échangé d’abord par phoner ; nous nous sommes réellement rencontrés bien après la sortie du numéro 1 dans une salle de concert parisienne à un concert de punk rock australien (Stiff Richards), où il m’a prêté le fameux numéro 0 d’Enfer fanzine ! Une fois Jean François dans la poche, il n’y avait plus qu’à suivre la piste : il était toujours en contact avec Eric Galinsky, même s’ils ne s’étaient pas vus depuis longtemps, qui était toujours en contact avec Bruno Labati etc. Quant au dessinateur Kkrist Mirror, qui fait toujours de la bande dessinée, il n’a pas été très difficile à débusquer ; c’est lui qui m’a glissé l’adresse du rédac chef Philippe Touchard. 

    Enfin, ce premier numéro était plus ludique et convivial, avec l’esprit choral du fanzine – au sens où nous avons aussi invité les copains, Guillaume Gwardeath (ancien directeur de la Fanzinothèque de Poitiers, ex-fan éditeur et actuellement gérant d’une maison d’édition, également auteur du documentaire Fanzinat et bientôt d’un livre somme sur la question), Laur Veglam (auteur du site Veglam, musicien/activiste issu des sphères underground, s’étant démarqué ces vingt-cinq dernières années dans les scènes glam, rock et after punk au sein de divers groupes, dont Sparkling Bombs et Vague Scare), Jérémie Grima (activiste de la Zone 52, maison d’édition, fanzine, podcast, collection Gore et co auteur avec Samuel de Enjoy the Violence), Philippe Bertrand (auteur du fanzine Troubadour fin des années 1980), Luk  « Akerbeltz » Ardilouze (présenté plus haut), Camille Clerc (auteur des fanzines Metal Witchcraft et Malédictions)… Il dénote un goût assumé pour le pastiche !
    En regard, le numéro 2 est infiniment plus sérieux et bien plus chiadé, plus ascétique aussi car nous n’y sommes que deux ; il tire davantage vers le livre d’entretiens… 

     Ce troisième et dernier volet se situe à mi-chemin : à la fois fanzinesque – plein de l’énergie de l’époque – et « construit », en tant que retour réflexif.

    Le succès du 1er numéro de Rëquiëm t’a poussée à sortir un 2ème volet consacré à « l’histoire de la presse Hard / Heavy / Metal en France dans les années 1980-90 ». Dans celui-ci, tu reviens sur les autres titres nés durant ces 2 décennies. Était-ce une demande de ton lectorat ou une idée que tu avais en tête depuis le début ? Là aussi a-t-il été compliqué de rencontrer ces différents protagonistes et de les amener à te conter leur histoire ?

    Effectivement ! Il ne devait pas y avoir de « série » à l’origine ; je ne devais imprimer que 100 exemplaires, pour en donner à quelques amis et une poignée de gens intéressés… À ce jour, 600 copies écoulées et 4 tirages. Et on nous en réclame encore ! Mais avec le bouche-à-oreille numérique et l’aide de Philippe Lageat et Stéphane Auzilleau de Rock Hard (qui ont accordé deux chroniques et un gros article de 5 pages à Rëquiëm, un immense merci à eux !), nous avons touché qui nous devions toucher. Tant pis pour les retardataires… Car les impressions et la gestion des stocks, les envois postaux, la comptabilité, la communication… c’est tout un métier ! Et puis nous avons plein d’autres projets.

    Après le premier, les lecteurs imploraient pour une suite et un travail similaire autour de Metal Attack (dont la couverture du numéro 2 reprend l’esthétique époque Claude Maggiori, fameux magazine-doctor de la période, qui a rafraîchi L’Echo des savanes, Les Inrocks etc.. et est responsable de l’identité visuelle Mk2 !).
    Pour notre part, outre le fait que Metal Attack offrait moins de matière qu’Enfer, la perspective de recommencer exactement le même ouvrage ne nous satisfaisait pas. Il nous a paru plus judicieux de procéder à une « montée en gamme » : de l’aventure des pionniers aux deux décennies de l’âge d’or de la presse hard en France, avec au sommaire Metal Attack, Hard Rock Mag’, Hard N’ Heavy, Rock Hard, Metal Hammer, Hard Force, Metal Attitude, Best, R.A.G.E !

    Christian Lamet et Philippe Lageat nous ont aidé et recommandé les « bonnes personnes ». Et Samuel, fréquentant et travaillant dans le milieu de la presse musicale depuis une bonne quinzaine d’années, a bénéficié de l’aide de son réseau. Pour Hervé Picart, c’est sa maison d’édition Le Castor Astral qui m’a donné son adresse.

    Pour certains magazines, il a été délicat de trouver qui interroger tant ils ont connu de directions successives : Jeff Bouquet nous a quitté, Olivier Walleyrand qui a fait long feu au magazine était le seul à ma disposition ; on connaît le clash entre Sabouret et Saupiquet, à la succession de James Petit… bref, nous avons opté pour des journalistes ayant de l’expérience, qui ont pour la plupart collaboré à plusieurs rédactions, et qui ont le recul nécessaire pour raconter correctement cette histoire de la presse hard.  

    Pour le numéro 3, quoi de plus normal pour un fanzine que de s’attaquer à l’histoire du fanzinat en France dans les années 1980 – 1990. C’est un sacré pavé, plus proche du livre que du fanzine. La masse de travail a dû être colossale ?

    Oui, on passe d’une cinquantaine de pages à 132 puis 244 pages !
    Mais la pertinence exigeait que nous convoquions toute la galaxie des petites revues – vingt et un fan éditeurs au sommaire de ce numéro, aux quatre coins de la France, avec des publications à la longévité fluctuante, des activités variées et complémentaires (de la pratique de la musique à l’émission de radio et au blog/webzines plus tardivement, en passant par les associations et l’organisation de concerts !) qui couvraient tout le spectre du hard/heavy au metal extrême. L’exhaustivité étant bien entendu impossible, le but était d’avoir une certaine diversité de fan-type, faisant ressortir chacun leur singularité (le fan monomaniaque de Def Leppard, les tropismes plus crossover, les thrasheux et les glameux…). J’avais déjà noué de nombreux contacts pour ma thèse, et les entretiens étaient reversés directement, donc d’une pierre deux coups !

    Nous avons inclus le dernier magazine manquant, post 2000, avec l’interview de Philippe Lageat de Rock Hard France. Et élargi aux activistes Patrice « Herr Sang » Lamare, auteur du fanzine New Wave, et surtout producteur avec New Wave Records du mythique split Loudblast/Agressor et de quelques autres galettes mythiques comme Nomed, et éditeur de la courte mais non moins passionnante formule New Waves ; et Christophe Goffette, qui a débuté par un fanzine Mediators, puis essaimé dans la presse rock, BD et ciné Crossroads, Brazil, Fluide Glacial, Music Up !, Compact, Best

    Nous avons également trouvé intéressant d’ajouter un regard quasi socio-historique grâce à Guillaume Gwardeath (Possessed by Speed), ancien directeur de la Fanzinothèque de Poitiers et auteur du documentaire Fanzinat, et un point de vue interne avec Jeff de Up the Zines ! (le seul zine sur les zines !), également éditeur de Satyagraha et In Dust we trust.

    Malheureusement, pour toutes les personnes qui souhaiteraient se procurer ces 3 numéros, c’est trop tard ! T’attendais-tu à un tel succès en te lançant dans cette aventure ?

    Comme je l’ai déjà expliqué, pas du tout pour le premier. Mais une fois lancés dans l’aventure, nous étions nous-mêmes pris par l’élan et l’engouement, l’envie de creuser plus profondément et d’explorer à fond le sujet, d’aller jusqu’au bout pour tourner une fois pour toute la page.
    Comment expliquer ce succès ? Une histoire de bon timing ! Figure toi que je n’avais même pas réalisé en publiant le premier numéro en mai 2023 que… Enfer allait fêter ses quarante ans ! C’est dire si la publication tombait à pic.
    Comme je le disais plus tôt en parlant des auteurs de fanzines, les fans qui ont vécu cette période d’émergence ont aujourd’hui la cinquantaine… Ils n’ont généralement pas abandonné leur passion pour la musique – ou bien s’ils l’ont remisée pendant les premiers temps de leur vie active, ils y reviennent avec une certaine nostalgie pour leur folle jeunesse, un plus fort pouvoir d’achat et des frénésies de collection !

    Si la demande se fait insistante, comptes-tu rééditer ces 3 numéros ? Si oui, sous quelle forme (coffret regroupant les 3 volumes, format numérique payant…) ?

    Eh bien non. Je crois plutôt à l’énergie du « bon endroit au bon moment ». La composition, l’édition, l’impression et la distribution des trois numéros nous a déjà pris plus d’un an et demi de vie – car comme j’insistais déjà plus haut, sortir un livre d’entretiens ne se limite pas à rencontrer des gens pour leur poser des questions. De même, pour rééditer un coffret, l’opération serait beaucoup plus compliquée qu’une simple pression sur la touche « Imprimer »…

    Nous avons déjà en cours un nouveau livre sur les fans, mais de cinéma cette fois-ci, notre autre passion structurante ! Nous enquêtons sur les cinéphiles/cinéphages parisiens qui vont plus de 300 fois par an en salle, interrogeant l’attachement à cet espace. Des profils parfois très proches dans leur compulsion et leur érudition des accros du rock, et témoignant souvent du même activisme touche-à-tout.  

    Pouvons-nous espérer une suite ? Peut-être consacrée au monde du webzinat ?

    Eh non, non plus. Troisième et bel et bien dernier numéro cette fois !
    De fait, on nous a réclamé un quatrième tome sur le webzinat, et je reconnais volontiers que cela aurait été tout à fait pertinent. Mais j’avoue ne pas m’intéresser au medium… comme à peu près tout ce qui a trait au numérique et aux modes de production et de consommation digitalisés !
    Je crois en une force éthique du support physique ; mais ce n’est pas vraiment le lieu pour développer tout cela !  

    Merci infiniment de nous avoir consacré de ton temps pour cette interview. Je te laisse le mot de la fin.

    Merci pour ces échanges et longue vie aux petites fourmis de l’Internet, comme vous, qui accomplissent un gros boulot et perpétuent la noble tradition de l’amateurisme !

  • Interview – Glyphe

    Interview – Glyphe

    Interviewés : les 6 membres du groupe GLYPHE
    Interviewers : Séb D. et Mémé Migou

    Glyphe est un nouveau groupe mené par Nico Heartofmetal… Son concept tourne autour du chiffre 6… Mais aussi de Souris.

    Ecoutez leurs propos et impressions après leur premier concert, le concert fondateur, à l’Ar Vran Fest (Janzé, 35). Propos recueillis par Séb D, Mémé Migou et Roxy auprès des 6 membres, le tout sur 6 questions (et une bonus, mais ça ne compte pas, hein…). On aurait aimé que la vidéo dure 6×6 minutes… Mais il n’en sera rien… Seulement 5x 6 minutes, c’est déjà pas mal !

    Sortie de leur album ce vendredi 12 juillet 2025