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    Live-report – Alcatraz 2025

    ALCATRAZ FESTIVAL 2025 (Courtrai, Belgique)
    Du 08 au 10 août 2025

    Texte et photos : Seb D
    Vidéos : Once Upon a Live

    Depuis l’année dernière, je me suis fixé comme objectif de faire au minimum un festival par an à l’étranger. Après le Beyond The Gates en 2024 en Norvège, mon dévolu s’est porté cette fois-ci sur l’Alcatraz Festival. Cela faisait déjà quelque temps qu’il me faisait de l’œil et 2025 m’a paru être le bon moment pour y participer.

    Pour sa dix-septième édition, le festival belge a fait résonner les guitares saturées du jeudi 7 au dimanche 10 août dernier, sur le complexe sportif Lange Mute à Courtrai. Cet événement continue de faire se déplacer les foules un peu plus chaque année, le bouche à oreille faisant son effet. Il faut dire qu’une programmation des plus alléchantes associée à une organisation au cordeau en font une des étapes incontournables pour les amateurs et amatrices de gros sons durant la saison estivale. Ça vous dit que je vous raconte mon expérience ? Alors, allons-y, je vous embarque avec moi !

    Rendez-vous à l’aire de covoiturage de Landivisiau avec une partie de mes codétenus pour un départ matinal en direction du pénitencier qui va nous accueillir durant ces quatre prochains jours. Sur place, nous retrouverons nos autres compagnons de cellule partis de région parisienne dans un autre convoi. Au menu du week-end : travaux forcés ! Mais ici point de caillasses à casser mais plutôt tenter d’enchaîner un maximum de concerts. Une peine que j’accomplirai sans broncher et avec le plus grand des plaisirs.

    Dès l’arrivée à Courtrai, il n’y a qu’à suivre les indications qui nous invitent à nous garer sur l’immense parking d’une zone d’activités. De là, des navettes, tournant dans un flux discontinu du matin au soir, nous mènent à l’entrée du festival. Après un temps d’attente relativement court, je me retrouve avec mon bracelet de prisonnier au poignet. Celui-ci n’est pas électronique. Comprenez par-là qu’en ces terres, la cashless ne fait pas loi. Il faudra faire avec les bons vieux jetons (ou “coins”) de couleur rose pour pouvoir se sustenter en nourriture et breuvages houblonnés. Peu pratique, certes, mais on s’y fera. Il faut suivre un long chemin délimité de barrières avec de multiples affiches de festivals avant d’arriver sur l’aire de jeu.

    Je profite de cette première soirée, faisant office de warm-up, pour visiter et me familiariser avec les lieux. On y trouve quatre scènes : trois sous tentes (la Morgue, la Helldorado et la Swamp) et la principale, en open air, la Prison Stage. Cette dernière ne sera active qu’à partir du lendemain. Un autre espace, El Presidio, logé dans une sorte de grand hangar monté pour l’occasion avec bar attenant (c’est là que se trouvent les meilleurs bières 😉), verra s’enchaîner des DJ sets durant toute la durée du festival, faisant de cet endroit un lieu de détente ou de fiesta, en mode boîte de nuit Metal, selon l’heure de la journée.

    On y retrouve aussi les habituels stands de merchandising divers et variés et de nourriture – avec un large choix et d’excellente qualité pour la majorité d’entre eux. Il y a même un coin chill où des coussins et bancs sont posés en cercle autour de quatre grandes statues de bouddhas. Tout près de là, un bar avec de vieilles tables et chaises, comme chez mémé, qui devient instantanément notre camp de base pour les instants de pause.

    Une de mes priorités est de récupérer mon t-shirt à l’effigie du festival que j’ai pu précommander sur le site de l’Alcatraz en amont. Très bon système afin d’éviter de perdre du temps à faire la queue.

    La décoration, entre éléments faisant écho au milieu carcéral et décors ambiance Mad Max, permet de vivre une expérience immersive, aidant à la déconnexion totale durant ces quatre jours. 

    La Légende Ozzy Osbourne nous ayant quittés il y a moins de trois semaines, de nombreux hommages lui seront rendus tout au long du week-end. Il est même possible de laisser un petit mot ou un dessin en son honneur sur deux grands panneaux dédiés à cet effet.

    Lien vidéo Extrait spectacle pyrotechnique :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    Dans son ensemble, le festival est extrêmement bien organisé. Mais deux points négatifs sont tout de même à soulever. D’une part, des publicités intempestives sur les écrans géants durant les concerts, ce qui a pour effet d’attirer l’œil et de potentiellement couper l’effet envoûtant de certaines prestations. D’autre part, le chevauchement des sets entre les différentes scènes, ce qui force à rater le début ou la fin d’un show si on veut en voir un en entier. Et c’est bien dommage.

    Et la musique dans tout ça ? En ce jeudi soir, sous la Swamp, c’est le bal des tribute bands d’excellente qualité. Ceux-ci rendent hommage à Motörhead (Motörheads), Status Quo (The Belgian Quo Band) ou encore aux Ramones (Ramones Alive). Mais c’est la Helldorado qui m’attire le plus ce soir car c’est le Thrash Metal qui y est à l’honneur. Je vais vite déchanter car le son y est abominable. Difficile d’apprécier quoique ce soit dans cette bouillie sonore. Et pourtant, il y a du beau monde : Exhorder, Evil Invaders ou encore Overkill. La déception est encore plus grande pour ce dernier car je n’ai jamais eu l’occasion de les voir sur scène jusqu’ici. J’écoute donc la tête d’affiche de l’extérieur de la tente, en dilettante, en discutant avec des amis. En espérant que le son soit meilleur le lendemain.

    Vendredi 8 août 2025

    Allant au Motocultor Festival le week-end suivant et les deux événements ayant un tronc commun de groupes, j’ai tenté de construire le plus intelligemment possible mon running order afin d’éviter de voir deux fois les mêmes groupes deux week-ends d’affilée. Pari tenu, sauf pour un groupe. A vous de deviner lequel 😉

    COFFIN FEEDER

    Quelle meilleure façon de se mettre dans le bain, pour démarrer réellement le festival, que de se faire violenter les oreilles à 12h35 par le Brutal Death des Belges de Coffin Feeder ? Cela me permet de me rassurer immédiatement sur la qualité sonore de la Helldorado qui n’a plus rien à voir avec le gloubi-boulga d’hier soir. Ouf ! La formation menée par Sven de Caluwé d’Aborted ainsi que d’autres sommités de la scène brutale belge (des membres de Leng Tch’e ou de Fleddy Melculy entre autres) va nous rouler dessus durant quarante-cinq minutes, sans temps mort, mettant en avant leur premier album, Big Trouble, sorti en avril dernier. Le chanteur va nous régaler de ses vocalises de phacochère enragé reconnaissables entre mille. Un concert où les maîtres mots sont énergie et bonne humeur. Parfait pour commencer la journée.

    Lien vidéo COFFIN FEEDER :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    CHEMICIDE

    J’enchaîne avec Chemicide qui a déjà entamé son set sous la Swamp. Tout droit venus du Costa Rica, nos quatre latinos proposent un Thrash Metal somme toute assez classique, comme peuvent le proposer nombre de groupes de la vague revival Thrash. Ça ne réinvente pas la roue mais ça fait le job et le set est plutôt agréable. Pour le dernier titre, ils nous décochent une reprise bien exécutée du « Arise » de Sepultura se mettant ainsi le public dans la poche. Ce dernier reprenant, comme un seul homme, les paroles de ce classique incontournable.

    Lien vidéo CHEMICIDE :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    MESSA

    Je zappe volontairement le concert d’Heriot afin de me placer suffisamment tôt et correctement pour assister au set des Italiens de Messa. Et j’ai bien fait car cet après-midi, la Morgue sera pleine comme un œuf. J’ai dû faire un choix cornélien car au même moment, les Anglais de Winterfylleth se produisent sous la Helldorado. Choix payant car d’après les potes qui y sont allés, le rendu sonore était abominable. Ne rendant pas grâce à leur Black Metal d’une richesse mélodique absolue. De mon côté, c’est tout l’inverse. Le son est puissant et propre, sublimant le Scarlet Doom de nos amis transalpins. Depuis la sortie de leur dernier album en date, The Spin, la hype autour d’eux ne fait que grandir un peu plus chaque jour. Il faut dire qu’ils nous ont offert un des bijoux de l’année 2025. Le concert est à l’avenant : la charismatique chanteuse Sara, sous des airs faussement nonchalants, et ses camarades de jeu dégagent une classe folle, collant parfaitement à l’ambiance désabusée de leur musique. La formation met l’accent sur son dernier effort, interprétant six des sept titres qui le composent. « Rubedo » extrait de l’album Close sorti en 2022, est le seul rescapé de l’ancien répertoire. La basse claque, les mélodies de guitares s’envolent et Sara, de sa voix puissante et ensorcelante, envoûte totalement la foule. Un concert d’une beauté rare.

    Lien vidéo MESSA :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    WEDNESDAY 13

    Wednesday 13 a déjà entamé son set lorsque je rejoins la scène principale, la Prison Stage. N’ayant absolument pas suivi la carrière solo de l’artiste, j’assiste à la prestation dans l’espoir d’avoir un maximum de titres du projet qui l’a révélé au grand public : Murderdolls. Seules deux chansons de son ancien groupe seront interprétées : « Summertime Suicide » et « Nowhere ». Dommage que nous n’ayons pas eu le droit à un « Dead In Hollywood ». Mais bon, ne faisons pas la fine bouche car la formation ultra lookée nous sert un très bon concert de Hard Rock énergique doté d’un son impeccable.

    Je m’accorde une pause d’un peu plus d’une heure pour me restaurer et passer du temps avec les amis autour d’une bière car c’est aussi ça, les festivals.

    DYING FETUS

    Vous prendrez bien une petite douceur ? Je vous propose une bonne part de gratin de graisse au gras avec les Américains de Dying Fetus. Ici, pas de chichi, le trio est là pour nous broyer les os avec leur Brutal Death Grind bourrin, mais pas que. Si le régal est auditif, il l’est tout autant pour les yeux tant les trois musiciens sont des bêtes de technique. Ça blaste la tronche et ça tricote sévère sur les manches. En cinquante minutes, la messe est dite, c’est la mandale. Comme d’habitude j’ai envie de dire.

    ABSU

    Attention, légende ! Le pionnier du Black Metal made in USA est actuellement en tournée en Europe et honore Courtrai d’une escale. Impossible de rater ça ! Proscriptor, maître à penser de l’entité, habituellement à la batterie et au chant, ne se charge aujourd’hui que du micro. Les musiciens évoluent devant un immense backdrop reprenant la pochette de l’album The Sun Of Tiphareth qui est bien entendu mis à l’honneur avec pas moins de cinq titres. Et oui, c’est que ça fait trente ans que cette pierre angulaire est sortie. Ça se fête ! Le leader, à l’instar d’un King Diamond, fait le show et attire tous les regards. Il faut dire que le bougre occupe l’espace et ne laisse personne indifférent avec son accoutrement, chemise à manches amples et petit gilet, bien loin des codes habituels de ce style musical. Il s’agite, grimace, frôlant parfois le ridicule mais ne bascule jamais dans la caricature. Sa voix criarde reconnaissable entre mille électrise l’assistance couplée à une exécution impeccable de la part de son backing band. Un très bon concert qui aurait mérité une meilleure mise en son. Je quitte malgré tout la Swamp avant la fin car je ne veux pas louper une miette du suivant. Direction donc la Prison Stage.

    Lien vidéo ABSU :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    W.A.S.P.

    N’ayant jamais eu l’occasion de voir le groupe de Blackie Lawless, il était inconcevable que je ne sois pas présent pour assister à ce show. Même si j’avoue avoir un peu peur du rendu vocal, le leader de W.A.S.P. n’étant plus tout jeune. Crainte qui se confirme sur le premier titre « I Wanna Be Somebody » (mon préféré) où le chant déraille un peu par moment mais tout rentre très vite dans l’ordre dès le deuxième titre. C’est comme pour un vieux diesel, il faut que les cordes vocales s’échauffent. Là aussi, nous fêtons un anniversaire : les quarante ans de l’album éponyme de la formation (quarante-et-un ans en vrai car il est sorti en 1984). Celui-ci est donc interprété en intégralité et dans l’ordre, s’il vous plaît. Un pur régal ! Et en guise de cadeau, les Américains nous gratifient de deux titres bonus, « Wild Child » et « Blind In Texas », tous deux issus de l’album The Last Command. Une heure de show qui file à la vitesse de la lumière. Un très bon moment.

    MASTODON

    Je reste posé devant le Prison Stage durant les trois quarts d’heure séparant la fin du set de W.A.S.P. et la prestation suivante car je veux bien me positionner pour le concert de Mastodon. Les enceintes crachent le « Crazy Train » de qui-vous-savez, le refrain étant repris à pleins poumons par la foule présente en nombre devant la scène. Les Américains déboulent sur scène en décochant un « Tread Lightly » qui permet de constater immédiatement que le son est puissant et ultra propre. On va prendre cher ce soir. Le groupe va nous saisir à la gorge pour ne jamais nous relâcher jusqu’à la dernière note de ce show. L’écran géant derrière la formation habille à merveille la scène. Le rendu se faisant de plus en plus percutant au fur et à mesure que la nuit tombe. Troy Sanders (chanteur / bassiste) s’impose en véritable chef de meute depuis l’éviction de Brent Hinds (chanteur / guitariste) cette année. Qui aurait pu penser à cet instant que ce dernier allait perdre la vie douze jours plus tard, anéantissant à tout jamais un possible espoir de réconciliation et un retour au bercail pour le tatoué guitariste ? La Faucheuse ne nous fait aucun cadeau cette année.

    Le set pioche dans une grande partie de la riche discographie des Georgiens faisant de ce set un joli best of que chacun pourra critiquer en râlant de ne pas avoir eu son titre préféré joué ce soir. Le temps alloué au groupe (une heure quinze) passe très vite. J’ai envie de quitter les lieux avant la fin car je veux bien me placer pour le concert suivant mais je n’y arrive pas. Après un « Blood and Thunder » final, ils nous réservent une dernière surprise en reprenant le « Supernaut » de Black Sabbath. Un show phénoménal qui sera l’un des meilleurs du week-end.

    DOOL

    Je n’ai que cinq minutes pour rejoindre la Morgue. Je ne traîne pas et arrive juste à temps avant que les musiciens ne montent sur scène. J’arrive à me placer correctement. Dool démarre son set de manière tonitruante par le morceau qui donne le titre à son dernier album en date, « The Shape of Fluidity ». Le groupe est dans une très grande forme. Cela peut s’expliquer par le fait que c’est le deuxième concert qu’il donne ce jour, ayant joué un peu plus tôt dans un autre festival au Pays-Bas. Les titres s’enchaînent sans temps morts mettant en avant son dernier bébé représenté par cinq morceaux sur les huit jetés en pâture à un public totalement conquis. L’intensité de la prestation, où l’émotion est à fleur de peau mêlée à l’énergie folle des zicos (ils ont bouffé du lion ce soir ou quoi ?), crée une bulle suspendue hors du temps. Ce concert est tout simplement exceptionnel. Je ressors de là complètement sonné, à la limite des larmes. Il me faudra un moment pour redescendre.

    KREATOR

    Kreator n’est pas mon groupe de Thrash Metal favori. Loin de là. Paradoxalement, c’est certainement celui que j’ai vu le plus souvent en live dans ce style musical. Ce soir, il assure la place tant convoitée de headliner du jour. Le son et la production sont colossaux. Mille Petrozza et sa bande ont mis le paquet ! Le public est au rendez-vous, vu la masse de monde agglutiné devant la scène principale. La setlist en forme de best-of tape dans le mille (Petrozza, hu hu hu…) à chaque fois car le groupe sait ce que leurs fans veulent entendre. Et je dois bien avouer que ça fonctionne puisque je me laisse prendre au jeu et trouve la prestation plus intéressante que celle du Zénith de Paris en novembre dernier. Les Allemands n’ont clairement pas usurpé leur place et remplissent parfaitement le rôle de tête d’affiche.

    Je me dirige vers la sortie en n’omettant pas de faire une petite halte au niveau de la Morgue qui dégueule de monde de tous les côtés. Normal, la sensation Stoner du moment, Slomosa, a déjà entamé son set depuis une bonne vingtaine de minutes. La fatigue commençant à me gagner et les ayant déjà vus au Hellfest au mois de juin, je ne reste que le temps de deux titres. C’est qu’il y a une navette à prendre et une bonne demi-heure de route pour rejoindre notre logement.

    Samedi 9 août 2025

    VULTURE

    Notre hôte profite de notre venue dans le Nord et la Belgique pour nous faire faire le tour des caves à bières, histoire de ramener à la maison quelques potions houblonnées du cru. Nous profitons donc de la matinée pour explorer les richesses que peut nous offrir la région. Cela nous fait arriver sur site à 14h30, pile poil pour assister au set des Allemands de Vulture. Ici on prend la machine à voyager dans le temps pour se replonger au cœur des années 80 avec un Speed / Thrash Metal hargneux qui sent bon la nostalgie. Et niveau look, les curseurs sont poussés au maximum avec le combo cuir / moustaches et les guitares BC Rich aux formes géométriques aussi piquantes que le logo du groupe. L’énergie et la conviction délivrées par la formation est tellement communicative que la fosse se transforme très rapidement en une grosse marmite en ébullition. Ça pogote, ça lève le poing en réponse aux invectives du chanteur et chaque fin de titre est saluée avec force et cris. Un démarrage de journée pied au plancher avec cette excellente prestation qui restera comme l’une des meilleures de ce week-end. Très belle découverte.

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    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    DROWNING POOL

    J’arrive sur la Prison Stage où Drowning Pool balance déjà son Néo Metal depuis une bonne vingtaine de minutes. En ce samedi après-midi, les Texans font revivre à un public assez massif les plus belles heures de ce courant musical qui régna en maître entre la fin des années 90 et le début des années 2000. Le groupe est en forme, aidé d’un très bon son, décoche des brûlots d’une efficacité redoutable. La palme revenant au dernier titre, le tube du groupe, « Bodies », qui fait jumper l’assistance jusqu’à très loin, comme ça se faisait à l’époque où l’on portait des baggys et des chaussures de skateurs. Un très bon concert. Comme la veille, j’enchaîne avec la petite pause bouffe et houblon avec les amis.

    VADER

    Une fois rassasié, je me place sous la Swamp pour assister à la prestation des Polonais de Vader. Groupe culte de la scène Death Metal européenne, la formation est une véritable légende dans le style. Ces vieux routards écument les scènes du monde entier sans relâche depuis bientôt quarante ans et ont encore la santé pour coller des raclées aux jeunes loups aux dents longues. Là aussi, on fête un anniversaire (on pourrait croire que c’est le thème du week-end) puisqu’il y a vingt-cinq ans sortait l’album Litany. Celui-ci sera représenté par sept titres sur les quatorze interprétés. Les musiciens déroulent le set à la cool en mode Death old school faisant le bonheur d’un public qui aurait mérité d’être plus nombreux. Hommage oblige, le set se termine par la reprise du « Black Sabbath » de… eh bien devinez, tiens 😉

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    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    WOLFMOTHER

    J’enchaîne avec les Australiens de Wolfmother, qui est désormais plutôt le projet solo de l’excellent Andrew Stockdale qu’un véritable groupe à part entière, tant l’entité a connu une valse incessante de musiciens depuis de nombreuses années. Qu’importe, c’est la musique qui compte. Et dans ce domaine, le leader est un artiste complet et talentueux. Néanmoins, je ne rentre pas du tout dans le concert. Passer du Death Metal de Vader au Hard Rock de Wolfmother aurait mérité un sas de décompression pour pouvoir apprécier pleinement ce set.

    CRYPT SERMON

    Petit tour sous la Morgue pour aller découvrir les Américains de Crypt Sermon dont j’ai entendu beaucoup de bien. Leur Doom épique avec des petites notes de Heavy est plutôt bien foutu mais ne me touche pas plus que ça. Un concert pas désagréable mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable en mémoire. Next.

    DORO

    Retour à la Prison Stage où la daronne du Heavy Metal va bientôt entrer en scène. Et elle est attendue de pied ferme par un public bien fourni. Du haut de ses soixante-et-un ans, Doro a toujours la Pesch. La belle va nous délivrer un set de pur Heavy Metal composé de quatre titres de sa carrière solo et sept de Warlock, groupe qui l’a fait connaître au monde. C’est carré, pêchu et le son est très bon. L’immense back drop sur écran géant, reprenant la pochette de son dernier album en date Conqueress – Forever Strong and Proud, habille le fond de scène. Les musiciens font le show et brillent par leur maîtrise. Vers la fin du set, elle nous offre un petit cadeau en reprenant le « Breaking the Law » de Judas Priest. Un très bon concert.

    Lien vidéo DORO :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    THE NIGHT ETERNAL

    Direction la Morgue à nouveau pour me faire une idée sur The Night Eternal dont j’ai entendu beaucoup de bien. J’y vais les oreilles vierges, n’ayant rien écouté de leur répertoire avant ça et ne connaissant pas le style joué par le groupe. Les Allemands donnent dans un Heavy Metal rendant hommage aux pères fondateurs en y incorporant beaucoup de modernité. Il serait réducteur de les cloisonner à ce simple style musical tant les mélodies de guitares jumelles sont riches et piochent dans d’autres genres avec des touches empruntées au Rock sombre et mélancolique. J’y ai retrouvé des sonorités me rappelant les premiers efforts de groupes comme Editors ou Interpol. Et que dire de Ricardo Baum, son chanteur dreadlocké, dont la voix hypnotise l’assistance. Quel vocaliste ! Quel talent ! La mise en son est impeccable et l’énergie délivrée sur scène embarque la foule présente. Une très belle découverte et un des concerts marquants de cette édition.

    HELMET

    Petit tour sous la Helldorado où je n’ai pas encore eu l’occasion de traîner les pieds aujourd’hui. C’est que Helmet va s’y produire et il fait partie des immanquables du festival. La setlist fait la part belle à son répertoire des années 90. Plus de la moitié du set est consacrée aux albums cultes que sont Meantime (1992) et Betty (1994). Page Hamilton et sa bande ont les crocs et nous avoinent la tronche avec leur mélange de Hardcore et de Metal Alternatif si typique qui a fait leur gloire. Ils n’en oublient pas pour autant de mettre la lumière sur leur dernière offrande avec trois extraits de l’album Left. Le public mange dans la main du groupe et ne tient plus en place lorsque la formation joue « Just Another Victim », mythique morceau qu’ils avaient sorti en duo avec les rappeurs de House Of Pain en 1994, sur la non moins mythique bande originale du film Judgment Night. Quelle claque !

    CANDLEMASS

    Un concert de Candlemass, c’est toujours bien. Ne cherchez pas à me contredire, c’est une règle d’or, une table de loi. C’est comme ça, on ne peut pas y déroger. Mais comme toute règle, elle a ses exceptions. Et aujourd’hui, comment dire, les Suédois ne me paraissent pas aussi percutants qu’à l’accoutumée. Pourtant la setlist est top, les classiques sont là (« Bewitched », « Mirror Mirror », etc.) mais la mise en son n’est vraiment pas bonne et n’aide pas à l’immersion dans ce Doom si caractéristique. Et c’est un défaut de la Swamp où une bonne partie des prestations sont impactées par une sonorisation parfois hasardeuse. De plus, je trouve que Johan Langquist n’est pas particulièrement en voix ce soir, comme s’il était enroué. Bref, je lâche l’affaire à mi-parcours, déçu par ce concert. J’en profite pour aller me placer tout devant, sous la Helldorado, pour la suite du programme.

     LEPROUS

    Clivante. C’est assurément ce qu’est la formation norvégienne pour le commun des mortels. Leprous, soit on déteste, soit on adore. Personnellement, je trouve ce groupe extrêmement talentueux et ayant raté leur passage lors du dernier Hellfest, c’est une bonne occasion de me rattraper. Je me place aux avants postes, tout proche des crash barrières. Les musiciens arrivent sur scène sous une ovation, signe que les fans sont présents en nombre sous la Helldorado ce soir. La setlist va balayer les cinq derniers albums sortis entre 2015 et 2024. Les lights et le son sont somptueux aidant à l’immersion totale dans l’univers musical des Norvégiens. Einar Solberg nous éblouit par ses capacités vocales passant d’une voix de tête puissante (« Below ») à des vocaux plus posés et quelques passages plus rageurs. Un seul mot d’ordre : l’émotion. Des jets de flammes appuis les moments plus rythmés et les chorégraphies désarticulées de la formation. L’énergie est bien présente malgré une musique technique et exigeante. Le show se termine sur l’outro de « The Sky is Red » que j’aurai bien aimé voir interprété en entier. Pour dire vrai, j’aurai adoré que cet instant ne s’arrête jamais. Un superbe moment.

    OBITUARY

    Le temps de rejoindre la Swamp qu’Obituary a déjà entamé son set. La tente est très garnie pour ce dernier concert de la journée. Je reste donc dans le fond, à l’extérieur. Je regarde de loin ce qu’il se passe sur scène mais qu’importe, le son est très bon même là où je suis placé. La setlist se concentre en grande partie sur l’album Cause of Death avec sept titres (dont la reprise « Circle of the Tyrants » de Celtic Frost) car cela fait trente-cinq ans que ce disque légendaire, pilier du Death floridien, est sorti. Les Américains sont des tueurs en live et le show de ce soir ne déroge pas à la règle. C’est lourd, ça groove, bref, tout ce qu’on aime chez eux. Malgré ça, je ne rentre pas dedans car ils ont l’air de faire face à des petits problèmes techniques. Les pauses plus ou moins longues entre chaque titre cassent le rythme et n’aident pas à se plonger pleinement dans le concert.

    Dimanche 10 août 2025

    GUTALAX

    Dernier jour et arrivée encore plus tardive sur site. Normal, il serait malpoli de quitter un apéro en cours avec notre hôte. Nous savons respecter les règles de bienséance. C’est donc vers 15h30 que nous sommes attirés sous la Helldorado par une douce sérénade exécutée par les poètes tchèques de Gutalax. Une foule immense (la plus grosse affluence qu’aura connu cette tente de tout le week-end) est venue faire la fête avec nos déboucheurs de chiottes préférés. C’est la foire à neuneu et le niveau de gogolerie est poussé au max. Des objets gonflables en tout genre (licornes, WC, crocodiles…) virevoltent au-dessus des têtes des spectateurs et on ne compte plus le nombre de rouleaux de PQ déroulés tels des serpentins dans une soirée du nouvel an. Tout l’abécédaire de la scatologie est passé à la moulinette du Goregrind de nos trublions en combinaisons blanches. C’est lourdingue, certes, mais l’ambiance est folle et une fois qu’on a éteint le cerveau, on passe un très bon moment.

    PIG DESTROYER

    On reste dans la poésie avec les Américains de Pig Destroyer. Là, on ne fait pas dans la dentelle. Le groupe nous envoie de la violence, sans sommation, en pleine tronche et tant pis pour ceux qui ne sont pas réveillés ou qui auraient voulu faire une petite sieste. Les titres sont courts mais intenses. Alex Cha, l’un des vocalistes, triture son sampler pour en sortir des sons barbares. Je ne tiens pas la totalité du set car il faut bien l’avouer, cela peut s’avérer difficile à digérer sur la longueur.

    Lien vidéo PIG DESTROYER :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    DOPE

    La suite se passe sous la Helldorado où les Américains de Dope se produisent devant un immense backdrop reprenant la pochette de leur troisième album Group Therapy sorti en 2003, dont trois extraits sont joués sur les neuf interprétés. La formation délivre une belle énergie et Edsel Dope, en vrai leader charismatique, sait mettre un public clairsemé dans sa poche. Je ne reste pas tout du long car le groupe suivant m’intéresse davantage. Un concert agréable mais guère transcendant.

    Lien vidéo DOPE :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    TSJUDER

    Ah ! Enfin du Black Metal ! C’est sous une Swamp moyennement garnie que se produisent les Norvégiens de Tsjuder. Corpse paint de sortie, la formation nous offre une interprétation dans la plus pure tradition du Metal Noir. La quasi-totalité de la discographie du groupe est survolée, allant même jusqu’à exhumer un « Possessed » issu de sa toute première démo sortie en 1995, Div Gammelt Stasj, ainsi qu’une reprise du « Sacrifice » de Bathory. La prestation est bonne mais il manque un truc, je ne saurais dire quoi. Peut-être le fait que le groupe se produit de jour (même si nous sommes sous une tente), que les publicités intempestives sur les écrans ne m’aident pas à me plonger totalement dans le set, ou bien encore un son qui aurait mérité d’être un peu plus propre. Bref, un bon concert mais je m’attendais à mieux.

    Lien vidéo TSJUDER :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    DOWNSET.

    Le 3 août, soit quatre jours avant le début du festival, le groupe Ill Niño annonce sur ses réseaux sociaux l’annulation de sa tournée européenne estivale. Cela ne laisse que peu de temps aux différentes orgas pour se retourner et trouver un autre groupe capable de remplacer les Latinos-Américains. L’Alcatraz a misé sur les Californiens de Downset. pour tenter de contenter les éventuels déçus et il a eu le nez creux. Le groupe de Hardcore / Rap Metal qui a eu son heure de gloire dans les années 90 avait un peu disparu de mes radars depuis tout ce temps. Et c’est avec un immense plaisir que je me dirige encore une fois sous la Helldorado (scène où je passe le plus de temps aujourd’hui). Le set de Tsjuder se terminant à l’heure où celui des Américains commence, je rate le premier titre (« Empower ») le temps de rallier la tente. Ce n’est pas la foule des grands jours mais le public présent est au taquet. Et il faut bien admettre que le quatuor ne joue pas à l’économie et donne tout pour que la fosse s’agite. Et ça fonctionne à merveille ! En cinquante-cinq minutes, la formation transforme le pit en un joyeux bordel. Le pinacle étant atteint sur le dernier titre « Anger », le tube qui les a fait connaître au grand public. Le chanteur va jusqu’à descendre de scène pour se coller aux barrières et aux premiers rangs qui ne se font pas prier pour chanter le refrain de cet hymne. Une réussite totale.

    Lien vidéo 1 DOWNSET. :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    Lien vidéo 2 DOWNSET. :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    PRONG

    Petite pause pad thaï pour reprendre des forces avant de s’engouffrer à nouveau sous la Helldorado afin d’assister à la prestation du groupe de Metal Indus le plus groovy de la planète, j’ai nommé Prong. Le pilier Tommy Victor et ses musiciens vont régaler une foule assez conséquente, preuve d’une notoriété toujours d’actualité pour cette formation qui a bientôt quarante ans au compteur. Le son est massif et le trio nous sert un set ultra solide qui monte en intensité, pour terminer en apothéose sur un « Snap your Fingers, Snap your Neck », toujours aussi efficace. Morceau extrait de l’album culte Cleansing qui est le plus représenté ce soir avec quatre titres. Un concert impeccable délivré par un groupe talentueux et à la classe folle.

    STATIC-X

    Il est toujours étrange d’assister à la prestation d’un groupe dont son créateur et leader est décédé. D’autant plus quand ce projet musical contient son nom. En effet, Wayne Static, chanteur / guitariste, nous a quittés en 2014 mais le line-up d’origine continue de perpétrer sa mémoire avec un nouveau membre pour le remplacer, rôle qui ne doit pas être simple à tenir pour ce nouveau venu (depuis 2018 tout de même) arborant le pseudo de Xer0. Mais qui est donc ce personnage, sosie vocal quasi parfait, portant un masque aux yeux lumineux, chapeauté de la chevelure dressée sur le haut du crâne, signature visuelle de Wayne ? Et bien, on l’a déjà vu sur cette même scène un peu plus tôt cet après-midi ,car il s’agit ni plus ni moins d’Edsel Dope, chanteur du groupe Dope. Static-X transforme la fosse de la Helldorado en véritable boîte de nuit géante tant son Metal Indus est aussi violent que dansant. Le son est phénoménal et le show est visuel tant au niveau des lights que de l’animation sur scène. Tel un Eddy pour Iron Maiden, les Américains disposent aussi d’une mascotte représentant un Wayne Static géant déambulant à plusieurs reprises sur les planches comme si celui-ci prenait part au show depuis l’au-delà. La formation ne sera pas avare en morceaux puisque nous avons le droit à dix-sept titres dont dix sont issus de leur premier album, le chef d’œuvre Wisconsin Death Trip. Un concert fabuleux et la belle grosse surprise de cette dernière journée.

    EMPEROR

    Lorsqu’il y a Emperor sur une affiche, il est difficile de résister à l’appel du Black Metal des Norvégiens car c’est l’assurance de passer un très bon moment. Et cette fois-ci ne déroge pas à la règle. On sait que la setlist ne comporte pas de surprises mais ce n’est pas grave car ces titres font partis du patrimoine de l’Art noir. La discographie est entièrement survolée et l’accent est mis, bien entendu, sur les deux premiers chefs-d’œuvre du groupe (neuf titres sur les onze proposés). Seul point négatif, le son, pas au top sous la Swamp ne permettant pas d’apprécier toutes les subtilités et la richesse de la musique du combo et un grésillement assez agaçant durant deux ou trois titres sur la première partie du set. Qu’importe, le concert est excellent (comme d’habitude). L’empereur a encore délivré une prestation transpirant la classe absolue.

    MACHINE HEAD

    Depuis peu, Machine Head a enfin atteint le statut de tête d’affiche. Et pour l’avoir vu au Hellfest l’année dernière, je peux affirmer que cette place n’est pas usurpée tant les Américains nous ont laminés la tronche et les oreilles avec un set époustouflant. La bande de Robb Flynn a la lourde tâche de clôturer ces quatre jours de festivités et on peut dire qu’ils sont attendus de pieds fermes vu la foule campant devant la Prison Stage. Le « Diary of a Madman » d’Ozzy s’échappe des enceintes avant que le quatuor ne prenne possession de la scène. Comme l’année dernière, l’entame du concert se fait sur la bombe « Imperium » montrant instantanément que le son est énorme. Les lights et les projections des écrans en fond de scène sont magnifiques. Ça enchaîne directement sur « Ten Ton Hammer ». La setlist est sensiblement identique à celle que nous a proposé le groupe l’année dernière mis à part l’ajout de deux extraits du nouvel album de qualité discutable. Je lâche l’affaire en milieu de set car Robb Flynn m’agace à trop parler et à en faire des tonnes. Pas mauvais mais l’impression d’un set trop bien rodé, tel une pièce de théâtre, où l’imprévu n’a pas sa place.

    ROTTING CHRIST

    J’en profite donc pour m’engouffrer une dernière fois sous la Swamp pour assister au rituel des Grecs de Rotting Christ. Ayant été frustré par les trois quarts d’heure qui leur avaient été alloués au Motocultor l’année dernière, je compte bien avoir ma dose avec un set d’une heure. Qui a déjà assisté à une prestation de l’entité des frères Tolis sait que celles-ci s’apparentent à de vrais cérémonials mystiques. Et lorsque la pyrotechnie s’invite à la fête, elle ne fait qu’appuyer le propos. Etrangement, la dernière offrande Pro Xristou n’est représentée que par un seul titre, là où Kata ton Daimona Eaytoy, album sorti en 2013, se taillera la part du lion avec cinq morceaux. Quasiment la moitié du set. Ce concert final est tout simplement excellent et me fait dire que j’ai fait le bon choix en ne restant pas m’éterniser devant la tête d’affiche du jour.

    Avec près de soixante mille spectateurs, cette édition 2025 a tenu toutes ses promesses, tant au niveau de la richesse d’offres en termes de concerts qu’au niveau de l’organisation générale de l’événement. Pour celles et ceux qui hésitent encore à tenter l’expérience de bagnards le temps de quatre jours, je n’aurais qu’un mot à dire : foncez ! Vous ne le regretterez pas. Et quand on voit la programmation que le festival belge nous a pondu pour 2026, vous n’avez aucune excuse !

  • Live Report – Demande à la Poussière + Blød (Davarn Breizh – 29)

    Live Report – Demande à la Poussière + Blød (Davarn Breizh – 29)

    DALP + Blød
    Au Davarn’Breizh (Landerneau, 29)
    Samedi 18 octobre 2025

    Texte : Fred et Mémé Migou
    Photos : Mémé Migou 
    Vidéos : Bruno Guézennec

    Cela faisait un moment déjà que j’avais coché cette date du 18 octobre sur mon agenda ! Ce samedi d’automne qui efface petit à petit les derniers rayons du soleil, ce petit vent frais et cette pénombre qui va s’intensifier jusqu’à noircir cette soirée ! Car il est question de noirceur… [Fred]

    – … Une noirceur dans la musique et dans les émotions que celle-ci va aller triturer. Et tu sais quoi, Fred ? Ça fait un bien fou ! Patauger dans les remugles de la peur, du dégoût, de la tristesse, voire du désespoir, même si parfois il se mâtine d’une fine jointure d’or en guise de Kintsugi… Les brisures deviennent beauté… [Mémé]

    C’est tout joyeux que je descends à pieds vers l’antre de la musique extrême de Landerneau, à deux pas de l’église dont les vitraux sont éclairés (j’aime imaginer que ce soit pour l’occasion), situé rue des Boucheries : le DAVARN’BREIZH. [Fred]


    – … Attends, Fred, Mémé arrive avec les copains de Memento Mori Webzine. On n’allait pas rater une occasion de venir chez Camille et Gaëlle, tout de même ! Au passage, j’en profite pour faire de la pub pour le pub qui organise une date de Black Metal le jour de la fête des enfants (oups, mon côté « madeleine de Proust » belge qui ressort avec la Saint Nicolas) le 6 décembre prochain !) [Mémé]

    ***


    Deux pointures du « Sludge/doom » sont programmées, les bordelais de Blød et les franciliens de Demande à la Poussière. Rien que ça !

    Affiche et style inédits dans les parages, alors c’est sans surprise que je retrouve Bruno (vidéo, youtube, …), Mémé Migou (photos/ MMW) et Didier (spécialiste du Black Metal), déjà affairés à descendre une bière et échangeant des anecdotes, des rires et la bonne humeur de leurs derniers concerts. Je me joins rapidement au groupe… [Fred]

    – … Encore heureux que tu te joignes à nous, Fred, c’est ainsi que j’ai pu te recruter pour ce live report… A force de se côtoyer en concerts, on finit par se connaître, ou du moins se reconnaître, façon « t’étais pas au Destrock Fest, toi ?! Ah oui, il me semblait bien t’avoir déjà vu ! ».[Mémé]


    … Et je ne sais pas… D’un coup l’atmosphère jusqu’à présent joviale disparaît en laissant la place à une drôle de sensation. Les lumières se tamisent, une fumée envahit la salle, des samples se font entendre, les guitares d’Ulrich et Astaroth commencent à pleurer leur douleur. Anna se présente devant son micro dressé sur un pied composé d’ossements, de têtes réduites et autres grigris qu’elle seule sait d’où ils viennent…

    Je ne sais pas si les 50 âmes venues à cette drôle de messe offerte par Blød s’attendaient à ce qu’elles allaient vivre ce soir-là… Alternant voix claire et criée, Anna se fait rââââle qui sort des tripes et te prend à la gorge sans sommation. Ses deux acolytes ne tarissent pas leurs efforts à grands coups de 6 cordes pour l’accompagner dans cette atmosphère lourde, suintante, oppressante, poisseuse…

    Je me surprends à sourire et à bouger sur place tellement j’aime ça. Suis-je normal ? Ah Ah… [Fred]


    – Aimer la douleur, la chérir pour la transcender, la rendre presque inaccessible de beauté, et s’en délecter, c’est être a-normal, loin de toutes ces personnes qui vont justement chercher à mettre un couvercle sur les émotions pour ne pas trop se faire mal. Mais qu’est-ce qu’on est vivant, justement, quand on y fait face… Je dirais même plutôt supra-normal. Bien que la normalité soit à l’aune de la majorité et là… clairement, nous étions tous dedans ! Alors, au final, nous n’étions qu’entre normaux, dans une bulle d’a-normalité… Vous avez 2h pour développer le sujet de philo…[Mémé]

    ***

    Pause… Reprise des esprits… [Fred]

    – Oui, ce n’est pas simple de redescendre les pieds sur terre quand on a plané si fort… Et si vous voulez poursuivre un peu dans l’aventure Blød, n’hésitez pas à relire la chronique de leur album par Gévaudan : https://www.memento-mori-webzine.fr/2024/06/21/blod-mara/ . Et sinon, une p’tite bière ? Faut aussi penser à faire vivre le commerce de Camille, qui nous manque en tant que photographe … Mais ça, c’est une autre histoire.[Mémé]


    Reprise des esprits pour tout le monde ? L’exorciste se faisant toujours attendre, c’est une autre possédée qui s’empare de la scène et à son regard, tu sais que le second pied-bouche arrive. Sommes-nous prêts ? [Fred]

    – Oui.. oui… oui… Mémé est prête ! Elle l’attendait, cette date. Revoir DALP en concert, c’est un kif… Mais voilà, entre temps, y a eu un peu de changements et j’appréhende un tantinet. Le hurleur en chef n’est plus Simon et c’est une voix féminine qui vient prendre le relais le temps de la tournée… Je ne cache pas que c’est un gros virage et j’attends de voir, l’esprit peut-être un peu critique… Wait and see, Mémé ! [Mémé]


    Demande à la Poussière présente leur nouvelle Front-Woman et nous balance directement un gros son. Kali n’attend pas et vomit sa rage et son désespoir en pleine tête, accompagnée de lumières stroboscopiques et toujours cette fumée envahissante, nourrie de décibels acérés et mordants. Une transmission d’émotions tordues et pleines de douleurs, le fil du micro enroulé autour du cou, on agonise avec notre écorchée vive ! Ses yeux sont habités, elle est en transe… Et ce moment hallucinant où elle a chanté avec le micro sur la gorge ! 

    40 minutes de rage plus loin, un moment de béatitude et son regard reprend vie… Et un léger sourire illumine son visage en sueur, les cheveux en bataille – qu’elle a gagnée, d’ailleurs – on sent qu’elle a pris un gros shoot d’adrénaline et nous, un ultime uppercut. Des frissons ! [Fred]


    – Tu as très bien résumé, Fred. Pour les connaisseurs du groupe, c’était la nouveauté du jour, que ce changement de line up. Pour les autres, peu importe, au final, c’est la musique qui prime. Et les 4 du line up que j’avais précédemment vus en concert nous ont offert un set qui alliait à la fois le plaisir d’être sur scène – qui se voyait dans la lourdeur qu’ils se sont appliqués à nous balancer – et la brutalité massive d’un mur de son compact, étouffant, englobant comme un fog qui envahit la Tamise. On se noie dans cette vague sonore, mais on s’y noie avec délectation. Vous savez, la jouissance du choking… Merci messieurs, Merci messieurs-dame, Merci le groupe… Car, bon, il me faut aussi revenir sur la prestation de Kali. Peu de répets, un poste de session, c’est pas simple… Et pourtant, j’y ai vu un groupe en osmose totale. On sent que le CDD va vite se transformer en CDI… Même si j’aurais aimé un peu plus de variations dans la voix, nul doute qu’avec le temps et en prenant ses marques plus intensément, on aura un groupe qui avancera dans une même direction en creusant encore un peu plus leur sillon dans la route poussiéreuse – et boueuse – du Doom/Sludge. D’ailleurs, quelques échanges avec Edgard Chevallier me mettent l’eau à la bouche. Moins de post (j’ai peut-être mal compris… désolée si ce n’est pas la teneur des propos), plus de sludge et de violence brute. Ça me va très bien, ça ! En fin de compte, c’est un groupe uni que j’ai pu voir, ce soir-là. Il s’est vraiment passé quelque chose…Et si tu veux relire la chro que j’ai pu écrire sur leur dernier album, c’est par ici :  https://www.memento-mori-webzine.fr/2024/04/28/demande-a-la-poussiere-kintsugi/  [Mémé]

    ***

    Ces 2 sets étaient d’une très grande qualité, malgré quelques « problèmes » de son parfois… [Fred]

    – C’est vrai que la voix était plus audible sur le baffle à l’opposé de là où nous nous tenions… Il fallait parfois tendre l’oreille pour entendre le chant… Ou se bouger… [Mémé]

    Les émotions étaient partagées, entre le public et les groupes. Ces dames avaient un compte à régler avec qui ? Sûrement pas avec Camille, qui portait son t-shirt « More Women on stage »… Le malin ! Avait-il peur de finir sur le pied de micro ?

    Après cette tornade de fureur, pas sûr qu’il reste de la poussière sur le sol du Davarn’Breizh… demande à Camille ! [Fred]

    Camille a très bien fait de booker cette date. Comme tu as pu le dire en début de report, Fred, ce genre d’affiche est assez rare dans le coin. On ne peut que le remercier d’avoir osé. Et remercier Blød comme DALP d’avoir fait le déplacement jusqu’au fin fond des Terres Bretonnes, le Finistère. On en ressort avec un cœur gros d’avoir malaxé des sensations, des sentiments, des ressentis. On en ressort avec le cœur gros que ce soit déjà fini. On a passé une soirée hors du commun… Qui a pu se terminer sur les bougies du gâteau d’anniversaire amené par Gaëlle et soufflées par Kali[Mémé]

  • Live report –  Hellfest 2025/J4

    Live report – Hellfest 2025/J4

    HELLFEST 2025 (Clisson, 44)
    Du 19 au 22 juin 2025

    Dimanche 22 juin

    Texte : Seb D et Bruno Guézennec
    Vidéos : Bruno Guézennec et Once Upon a Live
    Photos : Seb D

    N’ayant pas sollicité d’accréditation, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien, ont arpenté les scènes du Hellfest édition 2025. Ils vous livrent ici leurs impressions.

    Dimanche 22 juin 2025

    BLACK BILE

    Bruno : Un groupe breton ouvrant le dimanche dans la Valley, je me devais d’être présent, a fortiori quand ce groupe est Black Bile et même si je les avais déjà vus à Brest en première partie de Celeste en mai 2024. 

    Le problème c’est que les deux autres groupes jouant au même instant sont The Chainsaw Motel et TSAR. Deux groupes eux aussi bretons. C’est moche le Hellfest de me faire un coup pareil !

    Les Morbihannais ne disposent que de trente minutes pour montrer leur talent. Sachant que leurs morceaux font souvent sept à neuf minutes, on comprend facilement qu’ils n’ont pas intérêt à se tromper en établissant leur setlist. En regardant les festivals auxquels Black Bile a participé depuis août 2024 (Motocultor, Tyrant Fest, Rock In Bourlon, Frozen Fest, Rituel Noir et donc Hellfest), on se dit que ce n’est pas ça qui doit leur poser des problèmes.

    Le quintette assure, dans une Valley plutôt bien remplie si l’on tient compte de l’heure extrêmement matinale pour un quatrième jour d’un festival frappé par la canicule.

    Succès mérité pour les Lorientais même si un concert en plein soleil avant midi n’est pas ce que l’on peut rêver de mieux pour eux.

    Lien vidéo BLACK BILE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    CALCINE

    Bruno : Une chanteuse après une chanteuse avec toutefois un style et un look totalement différent. Le HxC énervé des Parisiens a prouvé son efficacité, provoquant une belle séance de gymnastique dans le pit, avec deux dinosaures qui passaient par là, en prime.

    vingt-cinq minutes seulement, mais à fond.

    Lien vidéo CALCINE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    GUINEAPIG

    Bruno : Quoi de mieux qu’un concert de Grindcore après un de HxC et tout ça avant midi ?

    Les Italiens de Guineapig (cochon d’Inde…après tout pourquoi pas…) ont fait le taf avec leur Grindcore puissant ; et pourtant il m’a manqué un truc pour que le concert décolle vraiment. Je ne saurai dire quoi exactement, peut-être un set trop linéaire, les titres se ressemblant tous un peu. Je les trouve bien plus percutants sur album.

    Lien vidéo GUINEAPIG :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    GOUGE AWAY

    Bruno : Retour dans la Warzone pour le second des sept shows auxquels je vais assister ce dimanche dans l’antre du Punk / HxC.

    Encore une frontwoman, Christina, dont le groupe donne un très bon concert, mélange de HxC, Post-Hardcore. C’est entraînant, mélodique, la voix et la prestation de la chanteuse sont des atouts indéniables.

    À voir et revoir parce que ça passe tout seul et les trente minutes filent bien trop vite. Même si vous n’êtes pas sûr de les voir jouer plus longtemps dans une salle.

    Lien vidéo GOUGE AWAY :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    UNE MISÈRE

    Bruno : Re-traversée du site et retour sous l’Altar pour assister à la prestation d’un groupe islandais qui aurait très bien pu jouer sur une autre scène, leur style étant en adéquation avec la ligne directrice de la « Zone de guerre”.

    Un mélange bien vénère de Metal et de HxC qui explose bien la tronche, à l’image du chanteur qui défonce la sienne à coups de micro dans le front (voir vidéo).

    Une Misère a mis tout le monde d’accord, tout en puissance. Du Metal, du vrai, du beau, sous une tente très bien remplie.

    Une des belles découvertes de cette édition, malgré l’absence de leur bassiste.

    Lien vidéo UNE MISÈRE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    PAIN OF TRUTH

    Bruno : Retour en Warzone – je voyage pas mal ce dimanche – et je découvre dans la place un chien gonflable géant qui trône dans le coin gauche de la scène. Il doit bien faire quatre mètres de haut et autant en longueur.Impossible de le louper. 

    Ce clébard est bien sûr celui qui orne la pochette du EP No Blame…Just Facts (2020) des Américains.

    Malgré de gros problèmes techniques du bassiste (voir vidéo) qui se répètent par intermittence durant deux ou trois chansons, le groupe envoie du bon gros HxC « in your face ». Le public ne s’y est pas trompé, le pit étant bien rempli et bien agité malgré le soleil qui tape fort à ce moment de la journée.

    Lien vidéo PAIN OF TRUTH :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Bruno : Parce que se fader seize concerts de rang un quatrième jour de festival est quand même un peu épuisant, je décide de m’accorder « ma » pause de la journée (oui, je sais, je suis faible).

    En fait c’est surtout que la trilogie Poppy, Prayers et Signs Of The Swarm proposée à ce moment de la journée ne m’inspire vraiment pas du tout ! Et qu’en plus je commence à avoir sérieusement faim (il était quand même 14h20) et il me restait neuf concerts à voir, il était temps de reprendre quelques forces.

    GUILT TRIP

    Bruno : Une fois sustenté, je retourne en Warzone pour un nouveau concert de HxC, le style étant vraiment à l’honneur en ce dimanche avec une programmation très consistante.

    Est-ce que Guilt Trip a réussi à mettre le feu à la Warzone ? Oui ! Une bonne partie du devant de scène s’est transformée en un énorme pit avec wall of death, un gros circle pit et un bon paquet de slammeurs.

    À 15h30 il y en a quelques-uns qui ont dû prendre une belle suée.

    Belle démonstration du groupe anglais, avec une fille à la basse. More women on stage !

    Lien vidéo GUILT TRIP :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    LORNA SHORE

    Seb : Arrivée tardive sur le site pour ce jour de clôture. En effet, nos logeurs nous ont conviés à un apéro dinatoire qu’on a décemment pas pu refuser. C’est vers 15h30 que je passe sous la cathédrale et rejoins une partie de la team Memento Mori Webzine (Mémé Migou, Manu et Simon). Bruno est bien sur le site mais collé aux crash barrières pour vous ramener plein de vidéos pour le souvenir.

    Les hostilités démarrent donc à 16h pour moi avec les Américains de Lorna Shore. Groupe de Deathcore qui a le vent en poupe et qui n’arrête plus de grappiller des fans partout où il passe. Il faut dire que même sans être un gros fan de ce style musical, il est difficile de ne pas admettre que ces cinq gars ont vraiment un truc en plus qui les fait sortir du lot. Déjà, ce mélange d’orchestrations symphoniques allié à la brutalité des breakdowns n’est pas classique. Les guitaristes, véritables virtuoses, nous pondent des soli et mélodies ultra accrocheuses qui vous collent en tête instantanément. Et ce batteur ! Mamma mia ! Une véritable mitraillette humaine. Mais c’est bien Will Ramos, vocaliste versatile, qui capte toute l’attention. Ce mec est phénoménal. Passant du cri le plus aigu aux vocalises les plus graves, à rendre jaloux un évier qui se débouche. Époustouflant ! l’entame du set sur “Sun//Eater” me met directement dans le bain. En sept titres et quarante-cinq minutes de show, la messe est dite : Lorna Shore est un des boss de la scène Deathcore. C’est indéniable.

    MESSA

    Bruno : On passe en Italie, avec Messa et Sara, dont la présence est sans conteste un atout avec son chant doux et aérien. Le groupe propose un Doom plutôt planant qui va faire quelques excursions en terre jazzy et un guitariste qui joue en slide le temps d’un titre (voir vidéo).

    Beau succès ! Les Italiens ont sûrement gagné des fans durant ces quarante-cinq minutes.

    Un peu calme pour moi mais je n’avais jamais vu le groupe et en face c’était Gutalax (que je verrai au Motocultor) et Lorna Shore en MS, et venant de la Warzone pour retourner à la Warzone, j’essaye d’optimiser les déplacements afin de limiter la fatigue lors de cette journée à quinze concerts.

    Lien vidéo MESSA :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    GORILLA BISCUITS

    Bruno : Des légendes, pour un de mes derniers concerts dans la Warzone. Le HxC des Américains est plutôt « gentil » et mélodique par rapport aux quelques furieux qui se sont succédés sur cette scène au cours de la journée mais, contrairement aux autres, Gorilla Biscuits a eu l’honneur du fameux « lancer de poireaux », qui a lieu tous les ans devant la scène Punk / HxC (je ne sais pas en quelle année cela a réellement débuté). C’est sympa, ça ne fait de mal à personne et ça fait marrer tout le monde, y compris les mecs du groupe.

    Pas le meilleur concert du week-end mais les mecs sont toujours bien présents et en forme.

    Seb : N’ayant rien coché sur ce créneau, je me laisse porter par ce que veut voir mon ami Franck. C’est donc tout naturellement que nous nous dirigeons vers la Warzone, attirés par la douce odeur du muscadet. Ce n’est pas la foule des grands jours mais Gorilla Biscuits déjà en place met un beau bordel dans la fosse. On a ici à faire à un Hardcore bien vénère matiné de Punk. Bien que n’étant pas féru de ce style musical, j’apprécie le moment car le groupe et Anthony Civarelli, son chanteur, délivrent un set pied au plancher avec conviction.

    Lien vidéo GORILLA BISCUITS :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Lien vidéo GORILLA BISCUITS :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    KYLESA

    Seb : Lorsque la reformation de Kylesa a été officialisée, je n’attendais qu’une chose, les voir à nouveau en live. J’avais eu l’occasion d’assister à une de leur prestation lors du Hellfest 2011. Et je ne vais pas être déçu cette fois encore car je me fais cueillir instantanément avec le premier titre (mon préféré) “Tired Climb”. Le Sludge des Géorgiens est toujours aussi efficace et jouissif. Le duo de vocalistes / guitaristes, seuls rescapés du line up originel, Laura Pleasants et Phillip Cope, tient la baraque et a su s’entourer d’une excellente section rythmique rendant honneur au répertoire de cette formation culte. Un seul absent à l’appel : Roy Mayorga ; il n’est certes pas présent derrière les fûts en ce moment mais on le verra un peu plus tard dans la journée sur cette même scène avec une autre formation. Le concert est très bon. Comment peut-il en être autrement ? Mais il manque la deuxième batterie, à laquelle nous avait habitué le groupe par le passé. Ce n’est qu’un détail insignifiant mais qui aurait pu amener la prestation à un niveau encore plus élevé qu’elle ne l’a été. Un grand moment !

    Bruno : Encore une femme sur le devant de la scène avec le groupe suivant : Kylesa. Mais pas dans le même style que la délicate chanteuse de Messa.

    Là ce sont des riffs bien gras, du Sludge lourdingue qui vous enfonce plus bas que terre. Les Américains se font plutôt rares et leur concert au Hellfest après une pause de plus de huit ans entre 2016 et 2024 est une aubaine pour les fans.

    Laura Pleasants la guitariste/chanteuse a une grosse présence et son chant apporte énormément par sa rage et sa détermination.

    Cinquante minutes sans concession et un beau retour en terre clissonnaise après onze ans d’absence.

    Lien vidéo KYLESA :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    Lien vidéo KYLESA :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    REFUSED

    Bruno : Je n’ai pas remis les pieds sur une des Mainstages depuis le concert de The Cult, le vendredi à 18h35. Quarante-huit heures plus tard, je repointe mes chaussures de randonnée (je n’ai rien trouvé de mieux ni de plus étanche/confortable) sur le parvis pour assister aux adieux de Refused, pour ceux qui comme moi n’auront pas l’occasion de les revoir avant qu’ils arrêtent leur carrière fin 2025.

    Problème, venant de la Valley, j’ai tout le site à traverser en diagonale le dimanche à 18h40, autant vous dire que pour accéder près de la scène c’est mission impossible… Eh bien non, j’arrive comme une fleur, avant le début du concert, sans bousculer personne, au sixième ou septième rang, j’aurais même pu aller sans soucis au deuxième ou troisième rang devant les barrières mais je n’ai pas eu envie de déranger les gens devant moi. Il y a toujours cette foutue avancée de scène que je déteste par-dessus tout.

    L’ambiance a mis un peu de temps à s’installer, du moins à droite de l’avancée de scène puisque que, de l’autre côté, on ne voit absolument pas ce qu’il se passe. Mais au bout de vingt minutes cela commence à bien bouger. Il y a d’ailleurs pas mal de fans du groupe à l’endroit où je me trouve.

    En résumé un bon set des Suédois et un groupe que l’on ne verra, hélas, plus.

    À noter un bel amorti de la poitrine, du micro, de la part du chanteur. Un geste technique que l’on trouve plutôt dans le football et visible sur ma vidéo.

    Seb : C’est dans le cadre de leur tournée d’adieu que se produisent à Clisson les Suédois de Refused, groupe que j’ai écouté à la fin des années 90 sans être à fond dessus non plus. Eh bien, je dois avouer que je n’ai pas accroché du tout… Même syndrome que pour le concert de Thursday l’année dernière, formation que j’écoutais sporadiquement aussi dans mes jeunes années. Il faut croire que c’était mieux dans mon souvenir. Ou peut-être que certaines musiques restent ancrées dans une époque et celles-ci nous parlent moins en grandissant. Le groupe met pourtant l’accent sur son répertoire le plus ancien car pas moins de dix titres sont tirés d’albums ayant vu le jour dans les années 90, dont sept d’entre eux sont extraits de l’album iconique The Shape Of Punk To Come.

    Lien vidéo REFUSED :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    UNLEASHED

    Seb : Ah ! Enfin du Death Metal ! Et du vrai de vrai en plus. Ce style musical est clairement le parent pauvre de cette édition. Mais les vétérans de Unleashed vont montrer à tout le monde que le Death Metal a encore sa place au Hellfest. L’Altar n’est pas très remplie, A Day To Remember captant une grosse partie de la foule du côté des Mainstages, mais qu’importe : les Suédois vont donner une bonne correction au public présent. Et celui-ci va bien le lui rendre en enchaînant les circle pits et autre wall of death. La fosse est en ébullition durant tout le set, ça ne débande pas une seule seconde, de quoi donner de l’énergie à nos vikings préférés. Un concert efficace et sans chichi.

    Bruno : Retour dans mon antre (Altar/Temple) pour le Death Metal d’Unleashed.

    J’aurais pu passer plus de temps sous les tentes mais j’avais, un peu plus tôt, choisi Kylesa, que je n’avais jamais vu, à la place des Italiens de Fleshgod Apocalypse puisque je suis sûr de les revoir au Motocultor. J’aime bien privilégier les groupes que je n’ai jamais vus live même si le style me plaît un peu moins.

    Rien d’original dans la prestation du quartette suédois, mais ce qu’ils font, ils le font très bien. C’est carré, efficace en diable (petits doigts de metal), et ils confirment leur statut de valeur sûre du Death Metal old school.

    Une référence avec laquelle on a peu de chance d’être déçu.

    Lien vidéo UNLEASHED :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    THE KOVENANT

    Bruno : Que de souvenirs avec ce groupe, d’abord nommé Covenant pour ses deux premiers albums, dont Nexus Polaris, une des grosses sorties de l’année 1997. Pratiquement trente ans plus tard, ils participent au Hellfest et leur Black Metal Symphonique n’a pas trop vieilli.

    J’ai pourtant eu un peu de mal à entrer dans le concert mais au fur et à mesure les mélodies familières se rappellent à mon esprit (fatigué, l’esprit). Ils nous gratifient aussi du titre « New World Order », bien différent de ce que faisait le groupe à ses débuts mais à la mélodie assez imparable (un petit air de Samael version symphonique).

    Au final un bon moment avec les Norvégiens et un petit retour dans le passé toujours agréable bien que je ne sois pas vraiment nostalgique et partisan du « c’était mieux avant ».

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    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    WALLS OF JERICHO

    Seb : Je n’ai pas vu Candace Kucsulain et sa bande depuis le Hellfest 2012. La charismatique hurleuse n’a pas son pareil pour embraser un pit. Et treize ans plus tard, elle prouve encore qu’en un claquement de doigt, elle peut retourner la fosse de la Warzone qui aujourd’hui est pleine comme un œuf. La formation de Détroit a écumé suffisamment de scènes pour savoir comment faire plaisir à son public. Et il le lui rend bien : c’est la bagarre des grands jours (mais toujours dans la bonne humeur). En quinze titres pour autant de mandales dans la tronche, la messe est dite : les coreux/ses et autres amateurs de musiques hargneuses sont pressé/es comme des citrons par Walls Of Jericho et laissent sur place le jus qu’il leur reste encore dans les pattes après quatre jours de festival.

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    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    JERRY CANTRELL

    Seb : Ayant raté son passage au Hellfest 2022, s’il y a un concert que je ne veux pas louper aujourd’hui, c’est bien celui de Jerry Cantrell. Et visiblement, je ne suis pas le seul car la Valley est très bien garnie ! Contrairement au show donné lors de son passage précédent, le guitariste à la longue chevelure va concentrer l’essentiel de son set sur ses albums solo, Ses deux derniers efforts, Brighten et I Want Blood étant représentés par trois titres chacun. Mais, il n’en oublie pas pour autant son groupe principal, Alice In Chains, qui l’a fait connaître au grand public. En effet, quatre titres sont repris (“Them Bones”, “Down In A Hole”, “Would?” et Rooster”) superbement interprétés par un Greg Puciato (chanteur de The Dillinger Escape Plan) vocalement parfait. En fermant les yeux, on croirait presque entendre le regretté Layne Staley. C’en est presque troublant. Des frissons me parcourent le corps à de nombreuses reprises. Derrière les fûts, l’excellent Roy Mayorga fait des merveilles. Voilà pourquoi il était absent lors du concert de Kylesa un peu plus tôt. L’heure de jeu allouée à Jerry Cantrell passe à une vitesse folle. Incontestablement le meilleur concert du week-end.

    Lien vidéo JERRY CANTRELL :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    DETHKLOK

    Bruno : Le set des Allemands est formidable musicalement mais vraiment pénible visuellement. Peut-être que la fatigue des cinquante-six concerts que j’ai déjà dans les pattes (les oreilles et les yeux) y sont pour quelque chose, mais je trouve très rapidement que les images animées derrière les musiciens, que l’on ne voit qu’en ombre chinoise du début à la fin, deviennent vite insupportables. Et impossible d’y échapper, l’écran derrière eux étant vraiment géant.

    Par contre ça joue, vite, fort et très bien, les mecs sont des machines et techniquement c’est parfait.

    Impression bizarre donc, vu que j’ai passé un bon pourcentage du concert les yeux fermés, baissés ou avec les rebords de mon chapeau en protection pour cacher au maximum l’écran car c’est un peu comme prendre un stroboscope dans la tronche pendant soixante minutes. Pas tellement agréable.

    Lien vidéo DETHKLOK :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    LINKIN PARK

    Seb : Le passage du groupe au Hellfest 2017 n’avait pas eu le succès escompté. Chester Bennington n’est plus et c’est un Linkin Park 2.0 qui vient prendre sa revanche et par la même occasion présenter Emily Armstrong, sa nouvelle chanteuse. Fort du succès de son album du come back From Zero, le groupe vient effacer son ardoise et montrer à tout le monde qu’il sait encore botter des culs. Jusqu’au matin même, personne n’était encore certain que la formation américaine pourrait assurer son show du soir. En effet, deux jours avant, ils ont dû annuler une date en Suisse pour cause de maladie. Mais à 23h, c’est un ouf de soulagement car les lumières de la Mainstage 1 s’allument et une intro résonne dans les enceintes, très vite suivie par les premiers accords de “Somewhere I Belong”. Il est assez déstabilisant au départ de se faire au chant d’Emily sur les anciens titres, la tonalité des chansons étant revue pour s’adapter à sa tessiture vocale, et l’âme de Chester faisant partie intégrante de tous ces tubes. Mais l’oreille s’y fait vite et il faut bien avouer que la belle s’en sort avec les honneurs. Là où elle excelle, c’est sur les morceaux du dernier disque comme “The Emptiness Machine”. Je quitte les lieux à la moitié de la prestation après un “One Step Closer” tonitruant magnifié par les flammes embrasant le site. Non pas que le concert soit mauvais (au contraire, il est très bon) mais le découpage du set en trois actes, avec des intros (trop longues) pour chacun d’entre eux, casse le rythme et me sort du show. La fatigue des quatre jours commence aussi à se faire sentir. Je rentre au campement d’où je vois le très beau feu d’artifice final.

    KNOCKED LOOSE

    Bruno : Pour bien faire, en dernier concert d’un Hellfest, on choisit un truc qui va marquer la mémoire, avec si possible une grosse ambiance. Et vu que ce sont les groupes les plus connus, en général cela fonctionne.

    Pour Knocked Loose cela marche particulièrement bien parce que la Warzone est à feu et à sang (bon j’exagère un peu mais par moment une sacrée putain de folie s’empare du pit).

    Je me situe comme pratiquement toujours un peu à droite de la scène de la Warzone pour diverses raisons pratiques : un peu moins de furieux qu’aux barrières du milieu, pour avoir l’occasion de sortir son tél et faire des vidéos potables avec un angle favorable pour pouvoir filmer toute la scène d’un seul tenant sans avoir à balayer de droite à gauche (je me place assez rarement en plein milieu pour cette raison).

    Néanmoins, côté droit ou pas, ça bouge dans tous les sens et les slammeurs débarquent par vagues de deux ou trois.

    Knocked Loose a prouvé sa capacité à tenir une scène et mérite sa place de tête d’affiche.

    Lien vidéo KNOCKED LOOSE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Bruno : Encore une édition bourrée de découvertes, de confirmations, de rares déceptions et de fatigue intense au bout de quatre jours de concert pratiquement non-stop.

    Seb : Malgré les nombreuses critiques de départ concernant la programmation, le Hellfest a encore réussi son coup en nous offrant une nouvelle fois une superbe édition riche en concerts de qualité. Les pass pour l’édition 2026 ont tous trouvé preneur le 8 juillet dernier. L’orga nous promet un line-up qui s’annonce musclé. Je croise les doigts pour un retour en force des musiques extrêmes, Black et Death Metal en priorité. Nous verrons tout cela en fin d’année lorsque la nouvelle affiche sera dévoilée. D’ici-là, il ne nous reste plus qu’à compter les jours jusqu’au week-end du 18 au 21 juin 2026. À l’année prochaine !🤘

  • Live report – Hellfest 2025/J3

    Live report – Hellfest 2025/J3

    HELLFEST 2025 (Clisson, 44)
    Du 19 au 22 juin 2025

    Jour 3 – Samedi

    Texte : Seb D et Bruno Guézennec
    Vidéos : Bruno Guézennec

    N’ayant pas sollicité d’accréditation, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien, ont arpenté les scènes du Hellfest édition 2025. Ils vous livrent ici leurs impressions.

    Samedi 21 juin 2025

    Bruno : De bonne heure et de bonne humeur, c’était un peu le leitmotiv de cette édition 2025 puisque je suis arrivé pour 10h30 sur site les vendredi, samedi et dimanche.

    Journée facile pour moi en ce samedi 21 juin : des tentes, des tentes, des tentes… puisque je vais passer ma journée entre l’Altar et la Temple avec une seule petite incursion dans la Valley.

    C’est simple pourtant : quand la programmation de la Temple est uniquement composée de groupe de Black Metal, il y a peu de chance que vous me voyez ailleurs ! Et pourtant il y avait du très solide dans la Warzone avec Pest Control, Nasty, Stick To Your Guns, Terror et Turnstile. Mais il faut faire des choix, on ne peut pas être partout, hélas.

    VESTIGE

    Bruno : 10h30, Vestige, les français investissent l’Altar pour son mélange de Metal Progressif/Shoegaze.

    Le groupe ne met pas l’accent sur la vitesse mais plutôt sur les ambiances avec une musique planante mais qui n’oublie pas de devenir bien lourde et puissante. Le set est passé bien vite, ce qui est généralement bon signe.

    Encore une formation à redécouvrir dans une petite salle pour les voir dans de meilleures conditions, bien que le son de leur prestation était tout à fait satisfaisant.

    Lien vidéo VESTIGE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    LUNAR TOMBFIELDS

    Bruno : Ayant déjà vu le groupe à Querrien (29) en décembre 2024 avec les Canadiens de Miserere Luminis et Givre, je savais à quoi m’attendre : du Black Metal Atmosphérique. Pour ceux qui ne connaissent pas bien cet univers, le terme Atmosphérique ne signifie pas du tout de la musique douce et planante qui va permettre de vous aérer l’esprit en fumant un joint (enfin ça peut, mais pas là !).

    Parce qu’il y a aussi le terme Black Metal qu’il ne faut pas oublier. Les Nantais vous chopent à la gorge d’entrée et ne vous lâchent plus jusqu’à la fin du concert, les mélodies sont bien présentes mais la force de frappe aussi. Ils savent embarquer les auditeurs, et spectateurs dans le cas présent, dans leur monde sombre tout en les brossant dans le sens du poil (ou du cheveu) avec de magnifiques parties de guitares.

    Bref, j’ai passé un super moment, bien que trop court, avec un groupe de chez LADLO.

    Lien vidéo LUNAR TOMBFIELDS :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    SYK

    Bruno : Je m’en vais à la fin du concert et après une longue marche de près de… vingt mètres, sans me perdre, j’arrive dans l’Altar, qui, ô bonne surprise, est toujours là ! Des fois qu’ils l’aient démontée pendant le concert des Nantais, on ne sait jamais.

    Ne connaissant absolument rien de ce groupe et ayant écouté à peine trente secondes d’une de leurs chansons, mais suffisamment pour me rendre compte que je préfère leur musique à celle de Majestica (MS2) et The Midnight Ghost Train (Valley), je débarque dans l’Altar pour assister à la fin des balances, avec un mec, et une fille, plutôt charmante, en petite jupette argentée, en train de s’époumoner dans un micro.

    Ayant un peu peur de la caution « fille qui est là pour faire bien », (si, si, ça arrive, incroyable n’est-ce-pas ?!), j’attends pour voir ce qu’il en sera vraiment quand le concert commencera.

    Ayant retrouvé Mémé Migou, nous assisterons ensemble à la prestation des Italiens.

    Les musicos reviennent sur scène et nous balancent une sorte de Death Metal que l’on pourra qualifier de progressif, assez syncopé, avec certains moments qui me font un peu penser à Meshuggah (en beaucoup moins compliqué).

    Le guitariste a un chant assez torturé qui convient parfaitement au style.

    Et la jupette argentée alors ?! C’est joli de teaser, mais il faut donner des réponses !

    Et bien cette fille, Dalida Kayros (également le nom de son projet solo), et qui apparaît comme guest sur le dernier album des Italiens, a une présence incroyable sur scène et a, elle aussi, une voix assez impressionnante.

    Je reste un peu sur le cul devant leur show car je ne m’attendais pas du tout à un tel niveau.

    Une des bonnes surprises, que ce concert de Syk : je n’avais aucune idée d’où je mettais les pieds et cela va rester dans mon top 10 ou 15 du Hellfest 2025.

    Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences…

    Lien vidéo SYK :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    WITCH CLUB SATAN

    Bruno : Avec Migou nous nous dirigeons vers la Temple pour du Black Metal. Parfait, c’est pour moi ça ! Là encore je n’ai pratiquement rien écouté de ce que produit le groupe. Je sais juste que ce sont trois femmes sur scène.

    Elles déboulent avec des espèces de cornes de boucs en laine sur la tête et une sorte de haut de vêtement blanc avec une ouverture qui laisse apparaître leurs poitrines…

    Je regarde Migou avec circonspection, mais elle a l’air moins surprise que moi. Ok, on a déjà eu les flamants roses de Trollfest hier, après tout pourquoi pas. Comment je disais déjà ? : “il ne faut pas se fier aux apparences”.

    Le problème c’est que cette fois-ci les apparences étaient au niveau de leur musique. Je suis passé complètement à travers, le côté exhibition gratuite n’arrangeant en rien mon impression de groupe qui mise un peu trop sur le look et pas assez sur les compos, un vieux pain de la guitariste à la fin du troisième morceau ne faisant que confirmer mon sentiment. Un regard commun avec Migou me fait rapidement comprendre qu’elle aussi trouve ça pour le moins à chier.

    Quand on a fait beaucoup de concerts avec quelqu’un, il n’y a même pas besoin de parler pour se comprendre. Et là, on était d’accord sur le fait que ce n’était vraiment pas terrible.

    Si vous avez aimé ce concert, tant mieux pour vous.

    Résultat je suis allé me prendre un truc à bouffer au Hellsnack qui se trouve juste devant les tentes et j’ai continué à écouter le concert d’une oreille distraite en me baladant entre l’Altar et la Temple et en mangeant mes grignottes de poulet. C’est pas extra mais ça cale bien, c’est pas cher et on est servi extrêmement rapidement (style dix secondes entre le moment où j’arrive et je repars avec mon pochon de bouffe). Migou quant à elle avait déserté les lieux depuis longtemps, c’est dommage, elle n’a pas pu assister au changement de tenues des musiciennes qui sont revenues avec un pantalon rouge et rien au-dessus !

    Moi je m’en fous, j’ai filmé un titre du concert de Witch Club Satan pour mettre, comme tous les autres groupes, un extrait sur ma chaîne YouTube. Et bien vous savez quoi ? Trois semaines plus tard, la vidéo totalise plus de vues que celle de Pentagram, The Damned et Thy Catafalque réunis !

    Lien vidéo WITCH CLUB SATAN :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    URNE

    Bruno : Après ce qui reste le concert qui m’a le moins accroché du Hellfest 2025 – comme tout ce Report, c’est juste un avis personnel -, je continue mes va-et-viens Altar-Temple pour les Anglais d’Urne et, à l’inverse du show précédent, pas de fioriture, pas de mise en scène, juste des musiciens qui débarquent sur une scène et vous envoie leur Metal, à tendance progressive, dans la face pendant quarante minutes. Le son est bon, lourd et le trio garde la même intensité durant toute leur prestation.

    Simple et bougrement efficace, on comprend mieux pourquoi ils sont devenus les protégés de Joe Duplantier (Gojira) qui a produit leur dernier album.

    Lien vidéo URNE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    MARS RED SKY

    Seb : En cette troisième journée, l’arrivée sur site se fait durant le concert des Bordelais de Mars Red Sky. Le soleil cogne encore très fort et la musique pratiquée par le groupe s’accorde plutôt bien avec cette chaleur. J’avais déjà eu l’occasion de les voir sur scène lors du Motocultor en 2015 et ils m’avaient fait forte impression. Il faut dire que leur Stoner a tendance psychédélique a tous les atouts pour embarquer l’assistance vers un voyage astral et cosmique. La voix douce et haut perchée de Julien, le chanteur guitariste, peut être déstabilisante au début mais se fait vite envoûtante. Parfait pour débuter la journée.

    S’ensuit le rendez-vous annuel à ne pas manquer : l’apéro MUSinc. En effet, chaque année, Greg, le créateur de la chaîne YouTube du même nom, profite du Hellfest pour rencontrer sa communauté. C’est toujours un plaisir de pouvoir discuter avec lui et d’autres personnes le suivant sur ses différents réseaux.

    TRYGLAV

    Bruno : Retour dans la fournaise de la Temple, entre 40° et 45°C minimum, devant la scène… Bon, ce n’est pas qu’il fait moins chaud dans l’Altar mais j’ai l’impression qu’il y a un petit peu plus de courant d’air grâce à une bâche ouverte sur le côté gauche.

    Excellente prestation de Tryglav, malgré un son pour le moins brouillon en partie dû à une double grosse caisse réglée à un volume débile et qui couvre les autres instruments. Tous les ans c’est la même chose, tous les ans on se plaint du même problème et l’année suivante ça recommence. Un peu pénible à la longue et ce n’est hélas pas propre au Hellfest : dans les autres fests, c’est régulièrement la même chose.

    À part cela les Croates assurent, leur Black Mélodique fait le job et le fait très bien.

    À revoir en tête d’affiche d’une soirée pour pouvoir en profiter plus longtemps.

    Lien vidéo TRYGLAV :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    WITCHFINDER

    Seb : Je pensais aller voir ensuite les Ukrainiens de Stoned Jesus mais un problème logistique ne leur permet pas d’arriver à l’heure pour honorer leur créneau de jeu. Ce sont donc les Français de Witchfinder qui les remplacent au pied levé. Stoned Jesus jouera plus tard dans la cage de la Purple House. Je ne reste pas car un ami vient d’arriver sur le site et il me propose de le rejoindre sous l’Altar.

    VULTURE INDUSTRIES

    Seb : Et sous l’Altar, ce sont les Norvégiens de Vulture industries qui se produisent. Pas vraiment ma came, j’écoute donc d’une oreille distraite, n’accrochant pas vraiment le son qui vient chatouiller mes conduits auditifs.

    Bruno : Quand le chanteur déboule sur scène avec son accoutrement classe (costard noir, cravate rouge, sa canne et son chapeau), mais un peu bizarre pour un concert de Metal, il me fait tout de suite penser (physiquement) à Reuno, le chanteur de Lofofora ; ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça et puis c’est tout.

    Le Metal un brin progressif des Norvégiens ne m’a pas emballé, je ne suis jamais rentré dans ce concert. Ce n’est pas que j’ai trouvé cela déplaisant mais un peu plat et la voix du chanteur ne m’a pas vraiment transcendé non plus. Ce dernier souffrait visiblement de la chaleur ; en même temps, on ne l’oblige pas à porter un costard par plus de 40°C.

    Je ne m’étendrai pas car je n’ai pas grand-chose à dire de plus, je n’étais ni pour ni contre, bien au contraire (pour paraphraser un humoriste célèbre).

    Lien vidéo VULTURE INDUSTRIES :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    D-A-D

    Seb : Direction la Mainstage pour aller assister à la prestation des Hard Rockers de D-A-D. Les yeux se tournent naturellement vers son facétieux bassiste Stig Pedersen avec ses étranges basses à deux cordes. Au final un concert sympathique, sans plus, et qui a du mal à capter l’attention sur la longueur. En plus, ils n’ont pas joué mon titre préféré “Reconstructed”. Dommage.

    AGRICULTURE

    Bruno : Un des groupes incontournables de mon Hellfest 2025. Je suis les Californiens depuis la parution de leur premier EP en 2022 et de cette vidéo un peu étrange (avec un cochon) du magnifique titre « The Circle Chant ».

    Le groupe arrive sur scène et niveau look : si on ne connaît pas les ricains, on parierait sur n’importe quel style sauf du Black.

    Le guitariste de gauche arbore une très belle chemise à fleurs et le batteur, des rouflaquettes. Ce n’est pas très Black Metal, ça, ma bonne dame !

    Musicalement par contre, fini la rigolade : ça envoie du lourd, malgré la structure et le style des morceaux qui sont assez atypiques. C’est sûrement ce qui fait le charme de ce groupe, ils ne sont pas comme les autres.

    Les morceaux oscillent entre des passages un peu tordus/déstructurés où le public ne sait pas trop comment réagir à des moments planants de beautés intenses suivies par les solos inspirés de Richard Chowenhill (dit « chemise à fleurs »).

    La chanteuse/bassiste met la touche finale à ce tableau avec son style agressif et une voix à l’avenant.

    J’attendais beaucoup de cette prestation et j’ai eu exactement ce que j’espérais.

    Ce groupe est un peu à part dans l’univers Metal.

    Lien vidéo AGRICULTURE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    PERSEFONE

    Bruno : Série de pas-chassés sur la gauche pour retourner une fois de plus sous l’Altar (oui, j’aime bien me déplacer en pas-chassés, ça me rappelle les cours de gym quand j’étais en primaire et les entraînements de mon club de basket plus tard).

    Un groupe de la principauté d’Andorre au Hellfest, je ne crois pas me tromper beaucoup en disant que ça n’arrive pas tous les ans. Persefone propose un Death Progressif plutôt technique (c’est souvent le cas quand il y a « progressif » dans le descriptif d’un groupe).

    Malgré cela, n’allez pas croire que les titres sont de longues œuvres interminables. S’ils en ont qui dépassent les dix minutes, la majeure partie sont des morceaux qui oscillent entre trois et six ou sept minutes. Assez standard donc. 

    Et si vous rentrez dans leur « trip » vous allez passer un très bon concert ; c’est ce qui m’est arrivé : gros son, bonne présence du chanteur, bonnes mélodies, c’est amplement suffisant pour moi.

    Lien vidéo PERSEFONE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    CONAN

    Seb : Tiens ! Et si on se prenait un gros coup de massue dans la tronche avec un bon Doom des familles ?! C’est exactement ce que je suis allé faire en rejoignant la Valley pour assister au set des Anglais de Conan

    Tels des coups de masse, chaque riff du trio vient nous écraser pour nous enfoncer un peu plus dans le sol avec leur musique douce comme le pas lourd d’un pachyderme. Je serais bien resté tout le long mais je préfère abréger. Non pas que la qualité ne soit pas au rendez-vous (bien au contraire) mais le groupe que j’attends le plus ne va pas tarder à se produire et j’aimerais, si possible, me placer tout devant.

    SPECTRAL WOUND

    Seb : Dire que j’attendais le set des Canadiens de Spectral Wound relève du doux euphémisme. Leur dernier album Songs Of Blood And Mire m’avait plu à tel point qu’il avait fini en tête de mon top album 2024. Des amis les avaient vus à l’Inferno Festival à Oslo au mois d’avril et m’en avaient dit le plus grand bien. Je suis à l’avant-poste, prêt à me prendre cette débauche de violence en pleine face. 

    Et le programme est respecté. Leur Black Metal sauvage et sans retenue est d’une beauté rare. On y retrouve l’héritage des pionniers du genre. Mais, ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas de bourrinage bête et méchant : les mélodies en tremolo-picking viennent vous chatouiller l’oreille et amènent la petite touche qui rend leur musique irrésistible. Tous les regards convergent naturellement vers Jonah, le chanteur, bête de scène charismatique au possible. Quelle mandale !

    Bruno : Suite de cette formidable journée passée sous le signe du Black Metal dans la Temple, avec Spectral Wound.

    Je retrouve Sébastien – ou lui me retrouve, je ne sais plus – et nous nous installons devant la scène pour assister à la prestation des Canadiens. 

    On ne dira jamais assez de bien de la scène Black canadienne… Le livret du Hellfest présentait ainsi le groupe : « Aussi glacial que le grand froid québécois… » Bon, je dois avouer qu’avec environ 45°C devant les barrières, je n’ai pas vraiment senti le « grand froid québécois » !

    Qu’importe, le quintette a livré un show de grande qualité. Une voix bien black d’écorché vif, des titres qui ne retombent jamais en intensité. Les Canadiens bénéficient d’une plage horaire de cinquante minutes, la première de la journée, les plage horaires du samedi se répartissant comme suit sous les tentes et sur Warzone/Valley :

    • quatre de trente minutes
    • deux de quarante minutes
    • trois de quarante-cinq minutes
    • trois de cinquante minutes
    • six d’une heure

    (en dehors des MS ou les têtes d’affiche jouent jusqu’à une heure trente).

    Cinquante minutes étant largement suffisantes pour présenter son œuvre, même si j’aurais été partant pour dix ou vingt minutes de plus tant le concert de Spectral Wound m’a plu.

    Sébastien et moi nous sommes reculés d’une quinzaine de mètres vers la fin du concert pour profiter d’une température un peu plus clémente et d’un petit filet d’air qui passait par là. Quand je dis plus clémente, c’était quand même largement au-dessus des 36/38°C.

    Lien vidéo SPECTRAL WOUND :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    GRIMA

    Bruno : La triplette suivante Peyton Parrish, My Sleeping Karma et Wheel ne m’emballant pas plus que cela et parce qu’avec ces températures il faut savoir un peu s’économiser, je décide de prendre ma seule pause de la journé, pour m’asseoir contre une barrière dans le fond de la tente. Parce que, mine de rien, même si j’ai déjà vu dix concerts non-stop, il en reste encore sept à venir avant la fin de la journée et pas des moindres, à commencer par une des grosses attentes du week-end : Grima.

    Même si les conditions d’une énorme tente comme la Temple, en plein jour, sous plus de 40°C, n’étaient pas optimales, le show des Russes fut en tout point sublime en dépit d’une double grosse caisse là encore réglée beaucoup trop fort (il me semble que j’ai déjà évoqué le problème !)

    Sombre, inquiétant avec ses tenues et ses masques, le groupe des frangins Sysoev sait poser les ambiances comme avec la chute de flocons de neige pendant « Enisey » et sa mélodie envoûtante. Effet simple mais tellement efficace. Que dire de l’arrivée sur scène du chanteur avec son sceptre, ses avant-bras en branches et toujours son masque en bois sur « Siberian Sorrow ».

    Grima enfoncera le clou avec « The Shrouded in Darkness » dont les quatre dernières minutes sont juste exceptionnelles.

    Un grand concert des Sibériens, un grand moment du festival.

    Petit message aux mecs qui ont trouvé le moyen de slammer pendant un concert de Grima : « Allez bien vous faire cuire le cul !!! »

    Seb : Sur le chemin qui me mène de nouveau à la Valley, je décide de me désaltérer avec une bière. Une fois le breuvage en main, j’hésite : que fais-je ? Je suis mon programme et je vais voir My Sleeping Karma avec le risque de subir sous un cagnard abominable, quitte à passer à côté de la prestation ou est-ce que je me pose à l’ombre ? À contre-cœur je choisis la seconde option ; il est parfois important d’écouter son corps.

    Après ce moment régénérant, retour sous la Temple où les Russes de Grima vont tenter de souffler un vent de fraîcheur avec leur Black Metal Atmosphérique tout droit venu du fin fond des forêts sibériennes. Ayant déjà vu la formation l’année dernière en salle (au Ferrailleur à Nantes), je sais d’avance que je vais passer un très bon moment et que le groupe va gagner le cœur de nouveaux fans. 

    L’affluence est importante, signe que les Russes gagnent en notoriété à chaque nouvel album. Cela n’est pas le fruit du hasard, la troupe tournant sans relâche. Les jumeaux Sysoev, à la tête du projet, ont créé un univers très marquant avec leur cape et leur masque en bois. 

    L’effet est absolument réussi, à tel point qu’on croirait voir des arbres prendre vie, lesquels se seraient saisis d’instruments pour nous compter la rudesse du climat glacial. Durant le show, la projection de mousse pour faire un effet de neige fonctionne du tonnerre et finit par embarquer les derniers sceptiques dans leur univers. Je dois avouer que Nightside, leur dernier album en date, m’avait moins plu mais, en live, ce groupe reste d’une efficacité redoutable.

    Lien vidéo GRIMA :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    THE OCEAN

    Bruno : Du Black sous la Temple et une belle série de pointures du Metal Progressif sous l’Altar avec Persefone / The Ocean / VOLA et Leprous. Pas mal, non ?

    Ce sont les Allemands qui nous intéressent pour le moment avec une prestation plutôt attendue si l’on en juge par le monde qui a investi la tente. Au chant, Loïc Rossetti, toujours aussi à l’aise et qui n’a pas perdu de temps puisque, dès le premier morceau, il slamme, pour finir debout, porté par le public, tout en continuant à chanter et même à prendre le téléphone d’un spectateur pour faire un petit film souvenir.

    Pas trop de surprise pour moi : lors de leur prestation de 2019 dans la Valley, c’est vers moi qu’il s’était précipité (j’étais à la barrière) pour se jeter dans le public.

    Le Post Metal Progressif de The Ocean recueille une belle ovation. C’est mérité, le talent du groupe n’est plus à démontrer que ce soit sur disque ou en live. Une valeur sûre de la scène Metal.

    Lien vidéo THE OCEAN :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    SAVATAGE

    Seb : Attention, légende ! Savatage reprend du service pour une tournée mettant fin à dix ans de silence scénique. Les musiciens ne sont pas restés inactifs durant tout ce temps car ils tournent non-stop outre Atlantique avec le Trans Siberian Orchestra, grosse locomotive au succès colossal. Zack Stevens au chant, Al Pitrelli et Chris Caffery aux guitares, Johnny Lee Middleton à la basse et Jeff Plate derrière les fûts. Le line-up a de quoi faire rêver. Un grand absent tout de même, et non des moindres : Jon Oliva, le boss et membre fondateur qui n’a pas pu se joindre à cette tournée pour raisons de santé. 

    Qu’importe, les membres présents vont faire honneur au répertoire du groupe avec des titres de la trempe de “Gutter Ballet” et “Hall Of The Mountain King” sur une scène dépouillée de décor, si ce n’est le logo du groupe en arrière-plan sur écran géant. Mais l’essentiel est là : la musique. Dommage tout de même que le titre “Dead Winter Dead” n’ait pas été joué. Il est navrant de remarquer qu’une telle prestation n’ait ramené qu’un si maigre public devant une Mainstage à cette heure-là (entre 19h35 et 20h30). Les absents ont toujours tort.

    DEAFHEAVEN

    Seb : La suite se passe sous la Temple afin d’assister, pour ma toute première fois (tou-toute première fois ! #referencedevieux), à la prestation des Américains de Deafheaven. C’est aussi l’occasion de voir si la réputation du groupe n’est pas usurpée. J’ai plutôt tendance à me méfier des formations “tendance” (justement). Je ne vais pas être déçu : quelle mandale ! C’est sans aucun artifices que la formation se présente devant nous en nous servant son Blackgaze d’une qualité phénoménale. Jouant sur la rapidité et la violence du (Post) Black Metal tout en alliant des mélodies à la beauté enchanteresse, les Californiens vont me transporter pendant l’heure de jeu qui leur est allouée. George Clarke, le chanteur, est une vraie pile sur scène. Plus proche du chanteur de Hardcore dans l’attitude que du blackeux standard, il nous sert des vocaux criards à s’en arracher la gorge. Un set tout en intensité pendant lequel on ne s’ennuie pas une minute. Le groupe mérite son statut de référence absolue dans le genre, c’est incontestable.

    Bruno : Encore une grosse attente de ma part. La programmation de ce samedi était vraiment faite pour moi.

    Les ricains ayant sorti un album pour le moins convaincant, l’attente là encore était grande.

    Une nouvelle fois je n’ai pas été déçu ; mieux, je place même ce concert parmi les grosses réussites de l’édition 2025.

    Les titres sont longs, souvent plus de sept minutes, et ne retombent que très rarement en intensité, et le plus souvent c’est pour repartir encore plus fort.

    Le groupe vous embarque dans son Blackgaze : par moment, il suffit juste de fermer les yeux et, si vous vous laissez transporter, cela peut vous mener très loin.

    C’est ce qui m’est arrivé au fur et à mesure du show. Chaque nouveau titre ajoutant l’impression que j’étais en train d’assister à un super concert.

    Lien vidéo DEAFHEAVEN :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    VOLA

    Bruno : Toujours eu un petit faible pour ce groupe danois, notamment grâce à leurs deux premiers albums, Inmazes (2015) et Applause of a Distant Crowd (2018). Il y a un je-ne-sais-quoi de classieux chez cette formation et la voix du chanteur Asger Mygind y est sans doute pour quelque chose.

    VOLA a fait ce qu’ils font le mieux, un Metal Progressif très mélodique – j’ai dit mélodique pas mou – et malgré le fait que les albums que je préfère se soient retrouvés être les parents pauvres (très pauvres même) de leur setlist, le résultat final était amplement satisfaisant à mes yeux (enfin oreilles surtout).

    Lien vidéo VOLA :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    JUDAS PRIEST

    Seb : Encore Judas Priest ? On pourrait en dire de même pour Scorpions qui jouera juste après, non ? Mais, que voulez-vous : quand c’est bon, c’est bon ! The Priest is back in Clisson et il est dans une forme olympique ce soir. Rob Halford et ses compères vont mettre à l’honneur l’album Painkiller sorti il y a trente-cinq ans, avec pas moins de sept titres sur les quatorze joués durant ce set. Les classiques dudit album sont là : “A Touch Of Evil”, “Hell Patrol”, “Night Crawler” et bien entendu, le classique parmi les classiques “Painkiller”, durant lequel le Metal God, en se pliant sur lui-même pour atteindre les notes plus aiguës, fera honneur sans avoir à rougir. C’est pourtant un morceau exigeant vocalement parlant (et musicalement aussi d’ailleurs) : sortir de telles notes à soixante-treize ans, chapeau bas ! Les musiciens ne sont pas en reste : la section rythmique (Ian Hill à la basse et Scott Travis à la batterie) assure une base solide pour que les gratteux nous régalent de leurs riffs légendaires et de leur battle de solos mythiques. Andy Sneap est de plus en plus à l’aise mais c’est le génial Richie Faulkner qui fait le show. C’est en grande partie grâce à lui que la légende du Heavy Metal vit une seconde jeunesse. 

    Le son est puissant et excellent, et les projections sur écran habillent merveilleusement bien l’ensemble. Les flammes sur le site du Hellfest magnifient le tout pour une immersion totale dans le show. Les tubes ne sont pas oubliés : “You’ve Got Another Thing Comin’”, “Breaking The Law”, “Hell Bent For Leather” ou encore “Living After Midnight”. Même les titres du dernier album (trois extraits) se fondent parfaitement dans la setlist tel un “Giant In The Sky” tubesque. 

    À la sortie de cette prestation, il n’y a rien à dire sinon que Judas Priest vient clairement de rafler la mise. Ce soir, la tête d’affiche, c’était eux, c’est indéniable. Des patrons !

    ABBATH

    Bruno : C’est donc le cœur léger, youpi youplala, mais les jambes lourdes que je me dirige vers l’antépénultième concert de la journée.

    Troisième participation au Hellfest pour le fantasque Abbath, mais cette fois çi pour une prestation qui repose entièrement sur des titres de son ancien groupe : Immortal.

    D’abord les lights : c’est tout rouge, après c’est tout bleu, après c’est tout blanc, c’est redevenu tout rouge avant de redevenir tout bleu… le tout avec beaucoup de fumigènes et les spots étant bien sûr dirigés vers la gueule des spectateurs, des fois que l’on ait réussi à apercevoir autre chose que des ombres chinoises. J’avoue que ça me saoule de plus en plus cette manière de procéder.

    Pas assez toutefois pour me gâcher le plaisir du concert, parce qu’Abbath qui reprend du Immortal, ça envoie du bois. Le set est violent, sans temps mort ni blabla inutiles et le final « The Sun No Longer Rises » + « Stand The Fall Of Time » achève tout le monde.

    Respect.

    Seb : Petite incursion sous la Temple pour prendre le set d’Abbath en cours. Le Norvégien est présent à Clisson dans le cadre de sa tournée “Doom Occulta” où il reprend uniquement des titres de son ancien groupe Immortal. Une véritable aubaine de pouvoir réentendre tous ses tubes en live qui, pour une partie d’entre eux, sont inscrits à jamais au panthéon du Black Metal. Le son plutôt fort n’est pas optimal, la faute à une reverb un peu trop présente à mon goût, mais cela n’entame pas le plaisir de se délecter d’hymnes tels que “Mountains Of Might” ou “Blashyrkh (Mighty Ravendark)”.

    Lien vidéo ABBATH :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    RUSSIAN CIRCLES

    Bruno : Ma première et seule incartade de la journée hors des tentes pour assister au show de Russian Circles dans la Valley. J’aurais pu rester et voir Leprous, mais j’avais déjà vu les Norvégiens en 2022 et jamais les Américains. Ah, oui, ils ne sont pas vraiment Russes, contrairement à Grima. Je choisis donc la nouveauté (pour moi).

    Le temps de faire le trajet, il y avait déjà énormément de monde dans la Valley qui, avec sa scène sur la gauche quand on arrive, est toujours aussi mal foutue. Ça fait trois ans que ça dure, il va réellement falloir la positionner face à la Warzone, ou au fond quand on arrive pour ceux qui ne situent pas bien le truc.

    J’arrive à m’approcher suffisamment pour avoir une vue acceptable, mais pas assez pour prendre une vidéo dans de bonnes conditions et, comme je ne lève jamais mon téléphone au-dessus de ma tête pour filmer, et bien tant pis : on fera sans le petit souvenir.

    Le groupe de Chicago est un trio instrumental, ce qui peut vite devenir casse-gueule comme exercice, certains s’ennuyant assez rapidement quand il n’y a pas de frontman.

    Ce n’est pas vraiment mon cas si toutefois le groupe occupe l’espace sonore pour ne pas que l’on sente le vide occasionné par l’absence de chanteur, ce que fait très bien Russian Circles. Même si je ne ferais pas 200 km pour les revoir en concert.

    La setlist est suffisamment étoffée et variée pour que l’on ne trouve pas le temps trop long.

    TURNSTILE

    Seb : Je décide de rejoindre la Valley dans l’optique d’assister au show des Américains de Russian Circles mais je déchante vite face à une foule énorme. Tant pis, j’en profite pour bien me placer pour le concert suivant, celui de leurs compatriotes de Turnstile, groupe dont la hype est au plus haut. Je déchante vite face à un son faiblard qui m’empêche de rentrer dans le concert. Ça manque clairement de patate. Je décroche au bout de trois titres et quitte la Warzone qui continue à faire le plein, car je m’ennuie sévère. Alors ? Turnstile ? Groupe surcoté ou c’est tout simplement moi qui passe à côté d’un truc ? Sûrement un peu des deux.

    Ayant déjà vu le show de Blood Fire Death l’année dernière au Beyond The Gates, je décide de quitter le site pour regagner le campement. Ce n’est qu’une fois à l’extérieur, lorsque je passe derrière les Mainstages, que je me rends compte que Dream Theater est actuellement sur scène. J’avais complètement zappé ça et regrette instantanément de ne pas avoir jeté un dernier coup d’œil sur mon running order avant de partir. Dommage.

    BLOOD FIRE DEATH

    Bruno : Un hommage à Quorthon/Bathory par des anciens membres et des pointures de la scène Black Metal : Gaahl (Gaalh’s Wyrd), Erik Danielson (Watain), Apollyon (Aura Noir) et Grutle (Enslaved) qui se succèdent au chant, on a fait pire comme line-up !

    Et le résultat est à la hauteur des espérances, un son satisfaisant, une setlist solide et un public qui semble être plutôt de connaisseurs (du moins dans les premiers rangs, plus loin je ne sais pas).

    À noter au quinzième/vingtième rang (environ), une personne qui a tenu pendant tout le concert, au bout d’une tige de trois mètres de haut, un drapeau représentant l’arc-en-ciel du mouvement LGBT+.

    Je ne sais pas si c’était pour embêter Faust, le batteur du groupe, emprisonné pour le meurtre d’un gay en 1992 et qui a purgé sa peine de prison, ou pour saluer Gaahl, ouvertement homosexuel, et qui a reçu le soutien de Faust quand il a fait son coming out. Les choses ne sont pas toutes blanches ou toutes noires (même s’il s’agit de Black Metal).

    Situation étrange, mais pas sympa pour ceux qui se trouvaient derrière et qui ont eu une partie de la scène cachée à cause du drapeau. Quel que soit le drapeau, c’est toujours une mauvaise idée d’en brandir un pendant un concert, il ne faut pas être égoïste et penser à ceux à qui vous bouchez la vue (il m’est arrivé la même chose durant le concert de VOLA avec une fille qui brandissait un drapeau ukrainien – je crois – juste dans l’axe de la scène).

    Parfait comme concert de la fin d’une journée placée sous le signe du Black Metal.

    Lien vidéo BLOOD FIRE DEATH :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

  • Live Report – Rockiavelic 2025

    Live Report – Rockiavelic 2025

    Rockiavelic (Carantec, 29)
    Tungs10, No Retry, Incinerator, Realm of Perdition
    Samedi 06 septembre 2025

    Texte : Seb D
    Photos : Mémé Migou
    Vidéos : Bruno Guézennec

    En ce samedi 06 septembre, il flotte dans l’air comme un doux parfum de rentrée. Les mioches ont repris le chemin de l’école et les metalleuses et metalleux commencent à ressentir une nostalgie en se remémorant les souvenirs des festivals en open air d’un été qui ne va pas tarder à laisser sa place à l’automne et ses feuilles mortes. C’est dans ce climat qu’une partie de la team Memento Mori Webzine (Mémé Migou, Bruno G, LB D et moi) se dirige vers Carantec pour un rendez-vous annuel devenu incontournable.

    C’est dans cette station balnéaire bretonne que se déroule chaque année le festival Rockiavelic. Et pour cette 24ème édition, il s’installe dans la salle du Kelenn flambant neuve, réhabilitée et inaugurée en avril dernier. D’emblée, je me dis que la scène du festival risque de paraître bien petite dans un lieu aussi immense. Mais l’orga a eu la très bonne idée de placer la scène en son centre, ce qui réduit l’espace de moitié.

    Petit par la taille, le Rockiavelic fait tout comme les grands : bar, food-truck, stand de merch et de vinyles, tatoueuse ainsi qu’un stand par groupes présents à l’affiche. On a même le droit aux cacahuètes et biscuits apéro mis à disposition pour éponger la bière. Yann et son équipe de bénévoles font tout pour qu’on se sente bien, comme à la maison. Petite précision, et non des moindres, l’entrée du festival est gratuite. Oui GRA-TUI-TE ! Argument qui rend toute absence à l’événement inexcusable.

    Et la musique dans tout ça ? On garde la même formule : 4 groupes pour 4 styles différents. De quoi contenter tout le monde. Un seul mot d’ordre : support your local scene !

    Les hostilités démarrent à 19h directement dans le gras avec le Metal Extrême de Realm Of Perdition. Une étiquette qui lui sied à merveille tant le groupe s’amuse à piocher aussi bien dans le Death Metal que dans le Black Metal n’hésitant pas, au passage, à saupoudrer le tout d’éléments Deathcore savamment sélectionnés. C’est donc à un décrassage des cages à miel auquel nous avons le droit en ouverture de cette soirée.

    L’un des atouts majeurs de cette jeune formation est d’avoir 2 chanteurs : Alex se charge des growls quand Dav s’occupe du chant crié tout en jouant de la six cordes. Le mélange des 2 voix n’est pas juste là pour faire joli. Le mix des 2 apporte une vraie plus-value. Alex en véritable leader charismatique n’hésite pas à venir au contact du public sur la petite avancée de scène en nous éructant son chant de boucher en pleine face. Quelle voix ! Le public, clairsemé et plutôt timide en début de set, se laisse peu à peu prendre au jeu. Si à cette heure il n’en est pas encore à pogoter, la qualité des titres et son exécution parfaite en live fait instinctivement secouer la tête de bon nombre de personnes dans l’assistance. Preuve que ceux-ci sont plutôt bien ficelés.

    Très vite, il me semble reconnaître un visage déjà vu dans une autre formation. Cela se vérifiera lorsque le groupe fera les présentations. Il s’agit bien de Jo, guitariste de Möhrkvlth (ou ex- Möhrkvlth ?). La formation arrive au bout de sa setlist avant la fin du temps imparti. Elle en profitera pour en rejouer 2 d’entre eux dont un « Holocaust » réclamé unanimement par la foule.

    Lien vidéo REALM OF PERDITION :

                Pour le prochain groupe, nous sommes sur de la scène locale d’un peu plus loin puisqu’Incinerator a fait un petit bout de route depuis Nantes pour nous offrir une prestation Thrash Metal. Après tout, la Loire-Atlantique fait partie de la Bretagne historique, non ? Sortez les vestes à patchs et les baskets à languettes apparentes car le groupe nous fait revivre les plus belles heures de ce style iconique.

    Les virtuoses Pierre et Romain, armés de leurs Jackson Randy Rhoads, prennent un malin plaisir à nous asséner leurs riffs précis et rapides tout en nous régalant de belles batailles de soli. La section rythmique exclusivement féminine, assurée par Anaïs et Claire, offre une ossature solide à la musique du groupe n’omettant pas quelques lignes de basse groovy bienvenues.

    Quant à JP, très à l’aise, il assure le show en occupant très bien l’espace scénique et en plaçant quelques interventions pleines d’humour entre les titres. Ses vocalises criardes et sa gestuelle me font penser plus à un chanteur de Black Metal que de Thrash. Notre homme serait-il fan de ce courant musical plus extrême ? L’ambiance passe au niveau supérieur lorsqu’il est demandé à la foule de se séparer en 2.

    Les gratteux descendent dans la fosse et vont chacun d’un côté. Au signal du chanteur, le petit wall of death entre en action et se termine en circle pit autour de Pierre et de Romain qui continuent à tricoter sur leurs manches. Ce concert d’Incinerator a une saveur particulière puisqu’il s’agit du dernier de Claire, la bassiste.

    Ceci ne signifie en rien la fin du groupe car plusieurs dates sont déjà prévues d’ici la fin de l’année. Vous n’avez donc pas fini d’entendre parler de cette formation très prometteuse. Vous verrez également Pierre, cet automne, puisqu’il va arpenter les routes avec Anthares, remplaçant ponctuellement David, lors de la tournée européenne commune avec les Américains de Lacabra au mois d’octobre.

    Lien vidéo INCINERATOR :

               

    La scène Metalcore française se porte très bien. Des locomotives telles que Landmvrks et Novelists ont le vent en poupe et font parler d’elles bien au-delà des frontières hexagonales, faisant de celles-ci des exemples pour de nombreuses jeunes formations. Seules les plus talentueuses pourront s’extirper de la masse et il se peut bien que Nø Retry en fasse partie.

    Il est fascinant de voir la vitesse à laquelle ce jeune groupe (moins d’un an d’activité) nous sert un show ultra carré et professionnel. Rien n’est laissé au hasard. Des compos, aux lights en passant par la mise en scène, tout est pensé pour faire vivre une expérience immersive au public.

    Denis, le chanteur, a le sourire tout au long du show. En véritable pile électrique, il occupe l’espace et capte immanquablement tous les regards. Ses camarades de jeu, concentrés sur leurs instruments et aidés par les machines, fabriquent un vrai mur du son auquel l’assistance ne peut rester insensible.

    Cédric, chanteur / guitariste de Tungs10 viendra pousser la chansonnette sur le titre « Solace » pour un duo percutant. Le temps de jeu alloué aux finistériens passe à une vitesse folle. Preuve de la qualité de la prestation. Un groupe à suivre !

    Lien vidéo NØ RETRY :

    C’est à Tungs10 que revient l’honneur de clôturer cette soirée. Avec leur 10 ans d’existence, ils ont écumé suffisamment de scènes pour être rodé à l’exercice. Le groupe vient défendre son dernier bébé, « Chronicles Of The Living » sorti en janvier dernier.

    Cependant, une certaine pression doit peser sur les épaules de la formation. En effet, Nathalie/Madeleine, la chanteuse emblématique de la troupe, ne fait plus partie des effectifs. Les Morlaisiens ont néanmoins su réagir assez vite en la remplaçant par Morgane peu avant une date charnière au festival Kreiz Y Fest au mois de mai. Ce soir, il s’agit donc de la 2ème date avec cette nouvelle vocaliste. Et il ne doit pas être aisé d’enfiler les chaussons de Nathalie/Madeleine, tant elle a marqué le groupe avec sa personnalité aussi bien vocalement que scéniquement. Mais c’est sans compter sur l’expérience passée de Morgane au sein de son groupe Octane. Si bien que nous avons à faire à une chanteuse qui prend possession de la scène avec une aisance folle amenant avec elle une nouvelle énergie plus brute et « rock’n’roll ».

    Le groupe, électrisé par ce souffle nouveau, me semble moins statique que par le passé. Le nouvel opus est naturellement mis en avant avec 7 titres joués sur les 11 que contient la setlist. Le test du live se fait sans heurt même si le chant est aux antipodes entre les versions studios et celles exécutées devant nous ce soir.

    Certains regretteront le côté plus pop (non il ne s’agit pas d’un gros mot) de Nathalie/Madeleine qui apportait un aspect plus lumineux à l’ensemble. De mon côté, je trouve que les 2 interprétations ont leurs charmes. [Note de Mémé : ahhhh… pour ma part, il n’y a pas photo… Le groupe retrouve ici une énergie plus Metal, plus sombre, plus libérée. C’est un Tungs10 nouveau qui va arriver et il va faire mal ! ]

    Denis de Nø Retry vient donner de la voix sur le morceau « Wake Up And Fight ». Malgré quelques problèmes de micro qui ne ternissent pas le show, Tungs10 délivre un set carré et tout en énergie. Morgane est définitivement adoptée !

    Une image me restera tout de même en tête par sa puissance : celle de Nathalie/Madeleine, dans le public, faisant face à Morgane. Personne ne saura quel est son ressenti face à la prestation de ses anciens compères et de sa remplaçante. Elle applaudit tout de même après chaque morceau. De nombreuses personnes la reconnaissent et la saluent chaleureusement.

    Lien vidéo TUNGS10 :

    Le bilan de cette nouvelle édition est très positif. Les 4 groupes nous ont régalés avec des prestations de qualité et l’organisation a tout mis en œuvre pour que l’on se sente bien, dans une atmosphère conviviale. Seul point négatif, car il y en a un, c’est l’affluence qui aurait pu être beaucoup plus fournie. Comment un événement gratuit ne blinde-t-il pas une salle ? A l’époque où l’on voit partout sur les réseaux « il faut supporter la scène locale », il est navrant de remarquer que les mots ne sont pas mis en application. Pour blinder des arénas ou un Stade de France à des prix délirants il y a du monde mais pour une soirée Metal gratuite on fait la fine bouche. C’est incompréhensible !

    Peu importe, ceux qui ont fait le déplacement sont pour la majorité d’entre eux repartis avec le sourire aux lèvres. Encore une fois, les absents ont eu tort. Un grand merci à Yann et à ses bénévoles de se défoncer autant pour offrir un festival d’une telle qualité et de mettre en lumière les jeunes pousses de notre région.

    Vivement l’année prochaine !

  • Live report Hellfest 2025 – Jour 2

    Live report Hellfest 2025 – Jour 2

    HELLFEST 2025 (Clisson – 44)
    Du 19 au 22 juin 2025

    Texte : Seb D et Bruno Guézennec
    Vidéos : Bruno Guézennec

    N’ayant pas sollicité d’accréditation, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien, ont arpenté les scènes du Hellfest édition 2025. Ils vous livrent ici leurs impressions.

    Vendredi 20 juin 2025

    WORMSAND

    Bruno : Levé tôt, petit-déjeuner sans perdre trop de temps pour arriver sur site un peu avant 10h30 et assister au début des hostilités dans la Valley avec Wormsand. Trois sur scène pour du Stoner lorgnant vers le Sludge. Il fait déjà bien chaud, ce qui ne doit pas déranger le trio qui vient de Menton, près de la frontière italienne : ils sont habitués à la chaleur, pas moi. Trente minutes bien remplies par le groupe qui se donne à fond, sans temps morts.

    Bon petit concert pour lancer la journée. Les musiciens ont fait honneur à la chance qui leur était accordée de jouer au Hellfest, car même si c’est en milieu de matinée il ne faut pas oublier qu’ils ont présenté leur musique devant au moins cinq cents personnes (je n’ai pas le chiffre exact, c’est une estimation au pif) et je ne pense pas que cela doit leur arriver toutes les semaines.

    Lien vidéo WORMSAND :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    MORGATEN

    Bruno : Retour dans mes antres que sont l’Altar et la Temple. C’est justement sous cette tente que se produisent les Suisses de Morgaten. Malgré la chaleur déjà présente je me poste dans les premiers rangs. Les musiciens entrent en scène et attaquent le premier morceau, le son semble bon jusqu’à ce que tout parte en cacahuète ! Certains instruments semblent disparaître, tout part en vrille, difficile de dire ce que l’on entend bien mais, une chose est certaine, ça ne va pas du tout. Les musiciens arrêtent, le guitariste se dirige vers l’ordinateur que gère le batteur, tripote des boutons et revient deux minutes plus tard, s’excuse pour la gêne occasionnée et recommence le même titre au début.

    Plus de peur que de mal, le son est nickel… jusqu’à ce que tout foire de nouveau. Nouvel arrêt, nouveau tour vers l’ordinateur, nouveau redémarrage, nouveau replantage… vous connaissez le déroulé des événements.

    Au début, le batteur et l’autre guitariste ont bien essayé de faire patienter le public avec un petit bœuf improvisé, mais cela ne changera rien au désastre à cause d’un ordinateur qui a surchauffé (explication du chanteur/guitariste dans une interview).

    Vingt bonnes minutes de galère, jusqu’à ce que Morgaten déclare forfait, la mort dans l’âme.

    Quelle tristesse pour le groupe qui se faisait une joie de participer au Hellfest.

    Le public les a soutenus dans leurs malheurs mais j’imagine à peine leur déception une fois arrivés dans leur loge.

    Ils méritent une deuxième chance. L’année prochaine ?

    HEXECUTOR

    Bruno : L’avantage avec les Rennais, c’est que l’on sait immédiatement où l’on met les pieds : dans le bon vieux Thrash avec tous les clichés visuels inhérents au style, c’est le paradis de la ceinture à balles, du cuir et des cheveux longs. Pas grand chose à ajouter, à part quelques hésitations guitaristiques de Jey Deflagratör (comme au Courts Of Chaos 2023).

    Hexecutor a fait du Hexecutor, c’est ce qu’on leur demande.

    Lien vidéo HEXECUTOR :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    CASTLE RAT

    Seb : Réveil difficile en cette deuxième journée. Mais peu importe, il va falloir assumer les excès de la veille car l’objectif est fixé : être sur site à 11h40 pour le concert de Castle Rat. Une bonne douche froide, une pinte de flotte et c’est parti ! J’arrive à la Valley lorsque les premières notes résonnent dans la sono. Et j’ai bien fait de me faire violence car ce groupe est clairement mon gros coup de cœur de cette édition. Le Heavy Doom des Américains a instantanément fait mouche auprès de moi et a accroché mon cerveau avec une efficacité redoutable. Le chant envoûtant de The Rat Queen et les riffs lourds du titre “Feed The Dream” vont m’obséder durant plusieurs jours après le festival. On pourrait pourtant ne pas prendre le groupe au sérieux si on ne s’arrêtait qu’aux looks des musiciens. La formation jouant la carte du Medieval Fantasy, on est dans le kitsch le plus total avec des accoutrements dignes des plus beaux nanars. Durant le set, une entité féminine vient provoquer la chanteuse. Cela se finit par un duel d’épée théâtralisé où cette dernière perd la vie et est ensuite ressuscitée par son bassiste. Tout est bien qui finit bien. Hautement recommandable !

    BELORE

    Seb : Direction la Temple pour un des plus beaux moments de cette édition. Aleevok, connu pour être le bassiste de Darkenhöld, nous présente son bébé : Belore. Son Black Metal épique et atmosphérique nous transporte vers un imaginaire lointain et onirique tant sa musique joue avec nos émotions. Le chef d’orchestre a su s’entourer de musiciens brillants. Son talent de compositeur couplé avec un son impeccable et limpide nous régalent durant cette demie heure bien trop courte. L’apport d’instruments à vent enrichit le tout, nous faisant parfois penser à des groupes comme Saor ou Summoning. Un groupe de cette trempe mériterait d’être mis encore plus en lumière qu’il ne l’est actuellement.

    Bruno : Après la déconvenue de Morgaten, nous allions savoir si la scène de la Temple était maudite pour les groupes affiliés à la scène Black Metal puisque c’était au tour de Belore d’investir la tente.

    La réponse est arrivée rapidement : non !

    Le projet du chanteur/bassiste Aleevok nous a offert une prestation majestueuse, alliant la finesse de la flûte, la puissance des guitares et des nappes de synthés qui apportent beaucoup niveau mélodies comme sur le magnifique dernier titre “Battle for Therallas”.

    Mais bon sang, seulement une demie heure, c’est frustrant quand on aime un concert ; cela passe tellement vite, surtout quand un groupe a des morceaux qui font au minimum six minutes.

    À revoir d’urgence pour une prestation plus longue.

    Lien vidéo BELORE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Seb : Je me suis bloqué un créneau de deux heures, où la programmation m’intéresse moins pour aller faire un tour au merchandising. C’est armé d’une bouteille d’eau bien fraîche que je me prépare à faire la queue sous un soleil qui cogne fort. Au bout d’une heure, j’atteins le but mais manque de tourner de l’œil. Ce serait dommage de s’écrouler à quelques mètres du bol de sangria ! Une fois délesté de quelques euros, je décide de me poser un peu à l’ombre dans la forêt. Je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée. Beaucoup de monde cherche à se mettre au frais. 

    THE NIGHT ETERNAL

    Bruno : Changement de tente pour voir le groupe allemand, que j’avais choisi un peu par défaut, les autres propositions : Amira Elfeky en Mainstage et Dirty Sound Magnet (Valley) me branchant encore moins.

    Ça joue bien, le chanteur a une très bonne présence sur scène et se donne à fond mais le style était peut-être un peu trop classique (et trop calme) pour moi.

    Pas désagréable mais il a manqué le petit je ne sais quoi qui fait que vous accrochez vraiment à un concert. Le public présent a semblé apprécier, c’est le principal.

    Lien vidéo THE NIGHT ETERNAL :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Bruno : La première pause de mon Hellfest était prévue depuis longtemps car le choix Last Train / Frustration / Skiltron me laisse complètement de marbre et en plus je commence à avoir la dalle. Donc petit tour chez Mémé Migou…euh, non pardon, chez Mémé Patate pour mon habituelle box patate/lardons/crème fraîche que je vais manger tranquillement en attendant la suite.

    SANDRIDER

    Bruno : Le Stoner n’étant pas ma musique favorite et ayant tendance à me lasser rapidement, c’est toujours avec un peu d’appréhension que je me pointe dans la Valley. Cette fois-ci c’est pour assister au show des Américains de Sandrider. Doutes vite dissipés car le Stoner de Sandrider c’est du lourd, du très lourd, bien énergique, pas celui qui vous laisse planer tranquillement. Les quarante-cinq minutes passent vite, ça envoie comme il faut et les musiciens ont bien fait monter la température, ce qui n’est pas vraiment une bonne idée avec les 36/38°C et le soleil en pleine poire. On les pardonne.

    Lien vidéo SANDRIDER :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    BURNING WITCHES

    Seb : Je ne reste pas longtemps dans la forêt car les Suissesses de Burning Witches ont déjà commencé à faire ronronner leurs instruments sous une Altar plutôt bien fournie. À tel point que je n’arrive pas à me faufiler à une place décente pour pouvoir profiter du show. N’ayant pas envie de lutter, j’abandonne et vais m’asseoir sous la Temple pour me reposer au doux son du Heavy Metal maîtrisé et bien péchu de ses belles amazones. Ma pause se fera entre les riffs velus de ces dames et les balances de Luc Arbogast sous une tente qui fait plus office de sauna que d’oasis de fraicheur.

    LUC ARBOGAST

    Seb : Après une petite sieste réparatrice, je me relève pour assister au début du set de Luc Arbogast. Ce ménestrel des temps modernes à la voix d’ange va nous montrer toute l’étendue de son talent avec son Folk Médiéval qui ne laisse pas insensible. Je me sens happé par cette musique venant d’un autre temps mais non dénuée de modernité. Necurat, chanteur de Bliss Of Flesh, en invité de luxe fait son apparition dès le troisième titre, apportant par son chant un peu de noirceur. Je ne reste pas plus longtemps car il faut que je boive quelque chose de frais. Et mon remède vient d’une bonne grosse pinte de…smoothie fraise/banane. Me voilà remis sur pied et prêt à enchaîner les concerts à un bon rythme !

    LION’S LAW

    Seb : Direction la Warzone pour prendre une bonne dose de Punk dans les esgourdes avec les Français de Lion’s Law. Crânes rasés, tatouages en évidence, on croirait voir des hooligans anglais scandant des hymnes. On a affaire ici à un des plus fiers représentants de la scène Oï nationale. Je prends le set en cours mais on peut voir que le groupe délivre une énergie brute et sans répit, le tout mêlé à des refrains efficaces. Un moment sympathique.

    Bruno : Du Street Punk (ou de la Oï si vous préférez) avec le groupe parisien et ses refrains à reprendre en chœur, son énergie, ses titres qui mettent l’accent sur les mélodies facilement mémorisables. Tiens, je me demande si je ne viens pas de donner la recette d’un bon concert.

    Là aussi, malgré la chaleur écrasante, la Warzone a su se mettre en mouvement pour répondre aux sollicitations du chanteur.

    La Oï, quand elle est bien faite, est bougrement efficace, même si elle n’est pas très variée et que les morceaux ont tendance à se ressembler tous un peu (ça me rappelle un célèbre sketch des Nuls avec les skins dans la bagnole qui changent de chanson et c’est toujours la même), est un reproche que l’on retrouve souvent quand un style ne plait pas : oui, le Death (vous pouvez avantageusement remplacer par Black, Thrash, Punk Rock, Hard Rock…) c’est nul, tous les morceaux se ressemblent.

    Lien vidéo LION’S LAW :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Bruno : Mon concert suivant était Nervosa sous l’Altar. Les ayant déjà vus à Morlaix au cours de la première date du Warm-up du Hellfest, je décide d’aller me poser juste à côté, sous la Temple, en prévision des neuf concerts non-stop qui m’attendent jusqu’à la fin de la journée.

    Ce n’est pas dans mes habitudes de faire deux pauses en si peu de temps, mais j’avais déjà sept concerts dans les pattes depuis le matin et la chaleur n’aidant pas, je joue la carte du « qui veut aller loin ménage sa monture” et ses pieds.

    La demie heure heure m’ayant fait du bien dans la très relative fraîcheur du fond de la Temple (quand il ne fait “que” 34°C avec quelques petits courants d’air, on trouve qu’il fait frais par rapport au 38°C du dehors et 45°C de devant la scène, tout est relatif !), je vais me placer pour assister au prochain concert.

    MÅNEGARM

    Bruno : S’il y en a qui savent mettre l’ambiance sous une tente, ce sont bien les musiciens de Månegarm. Difficile d’être insensible à leurs titres car il y a tout : puissance, mélodies, côté folk. Difficile de résister à un titre comme “Blodörn”. On a eu le droit à la traditionnelle séance de rameur dans le public, mais tellement moins importante que celle de 2019 !

    Il faut croire que tout le monde n’a pas compris le principe ou n’a pas voulu jouer le jeu.

    Lien vidéo MÅNEGARM :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    LEFTOVER CRACK

    Seb : Je zappe volontairement les Canadiennes de Kittie car je n’ai pas envie de rester planté devant une mainstage à subir la chaleur. Je préfère aller manger une bonne spaetziflette histoire de caler la dent creuse. Une fois rassasié, retour vers la Warzone pour un moment Ska Punk bienvenu. Le genre de musique qui colle à la perfection avec cette météo ensoleillée. Ce sont donc les Américains de Leftöver Crack qui vont se charger de nous régaler avec leur musique festive émaillée de bonnes rasades de Hardcore pour équilibrer le tout. Les vocaux sont partagés entre la belle Tibbie X et le leader Stza. La musique est entraînante mais le chant criard de Stza peut s’avérer clivant. Celui-ci peut avoir pour effet, par moment, de nous faire sortir du concert. Une prestation qui reste agréable malgré tout. 

    DOPETHRONE

    Seb : J’enchaîne avec les Canadiens de Dopethrone qui nous offrent une bonne grosse mandale. Les musiciens arrivent sur scène avec une bière chacun à la main, qu’ils s’empressent d’engloutir en mode cul-sec. Leur état montre qu’ils n’ont pas attendu l’heure de l’apéro pour s’enfiler quelques godets. On s’attend à du gras et on va être servis. Le set démarre depuis une minute à peine que la musique s’arrête net. Le batteur vient de percer sa caisse claire. Il va tranquillement en chercher une autre, ce qui laisse le temps à ses camarades de siroter une autre bière. Le changement se fait assez rapidement et la formation ne perd pas une minute pour nous assommer avec son Doom/Sludge lourd comme une enclume. Shawn, le batteur, frappe comme une mule mais il ne cassera plus rien jusqu’à la fin du set. Vincent Houde, le chanteur guitariste, est l’attraction du concert : rasades de whisky entre chaque chanson ou buvant un liquide inconnu dans un jerrican qui sert généralement à mettre de l’essence. Il le jettera dans le public à la fin du show. Une prestation en mode rouleau compresseur servie par des musiciens maîtrisant totalement leur sujet, même avec deux grammes dans chaque poche.

    3 INCHES OF BLOOD

    Bruno : France (Lion’s law), Suède (Månegarm) et un petit tour au Canada pour la prestation old school des pas encore tout à fait anciens de 3 Inches Blood, même si l’année de création du groupe commence par un « 1 » (1999).

    La formation est revenue à la vie en 2023, après un break de huit ans, et il faut croire qu’ils ont bien fait quand on constate l’énergie qu’ils déploient sur les planches de l’Altar avec leur Thrash/Heavy qui fait pas mal d’émules dans le pit devant le milieu de la scène. Mission accomplie pour 3 Inches Blood.

    Lien vidéo 3 INCHES OF BLOOD :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    THE CULT

    Bruno : Une de mes très rares incursions devant la Mainstage 1 pour voir The Cult à l’œuvre. J’ai un peu lâché la discographie du groupe ces dernières années ; il faut dire qu’avec deux albums au compteur depuis 2012, il n’y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent. Mais j’ai adoré la période de la deuxième moitié des années 80 durant laquelle les Anglais ont sorti coup sur coup Love (1985), Electric (1987) et Sonic Temple (1989) !

    Je descends donc vers la MS1 pour apercevoir de loin ce que je déteste par-dessus tout, l’avancée de scène. Je hais ce truc à peu près inutile qui coupe le public en deux, le repousse à des dizaines de mètres de la scène et flingue l’ambiance tout cela pour qu’un groupe en fin de soirée puisse en profiter pour « être plus près de son public ». Mec, si tu veux être plus près de ton public, dégage cette avancée de scène de trente mètres de long !

    À part ça, The Cult a un peu perdu l’énergie de ses débuts, on s’en doutait, mais la classe est toujours là, la voix de Ian Astbury aussi et Billy Duffy nous balance toujours ses riffs inspirés.

    Un des rares concerts où je n’ai pas ramené de vidéo, je n’étais pas très bien placé et l’avancée de scène fait que, de toute façon, même en étant près, on est loin !

    Seb : Il fait toujours chaud mais les températures deviennent un peu plus supportables. C’est donc l’occasion de faire un tour du côté de la Mainstage 1 pour aller voir The Cult. N’ayant pas vu la formation depuis 2011, j’ai hâte de voir si les années n’ont pas eu trop d’effet sur le duo. Démarrage efficace avec “Rise” tiré du mésestimé album Beyond Good And Evil dont un deuxième extrait sera également joué ce soir : “War (The Process)”. Ian Astbury est en voix et Billy Duffy décoche ses riffs avec classe et élégance. N’étant pas placé trop proche, je reste assis une bonne partie du set à me concentrer uniquement sur la musique. L’enchaînement final sur “She Sells Sanctuary”, “Fire Woman” et “Love Removal Machine” ne pouvait pas mieux clore cette très bonne prestation.

    TANKARD

    Bruno : Les anciens du Thrash s’amusent comme des petits fous sur scène, surtout Andreas Geremia, très décontracté, qui a passé la moitié du concert à « jouer » avec un des caméramans, inviter Flora, une fille du staff technique du Hellfest, à faire quelques pas de danse avec lui pendant l’intro groovy de « Chemical Invasion » (voir vidéo) et à discuter avec le public en leur annonçant par exemple que le morceau suivant est le seul (ou pas !!) dans la carrière du groupe qui contient le mot « bière » dans les paroles.

    Les mecs sont heureux d’être là, ça se sent, c’est communicatif, et ne se prennent pas au sérieux en déclarant : « …we are old, fat and ugly ».

    Quand, en plus, ils vous balancent des perles comme « Die With a Beer in your Hand », on peut se dire qu’ils ont encore donné un bon concert.

    Lien vidéo TANKARD :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    LES GARÇONS BOUCHERS

    Seb : Sur le chemin me menant à La Valley dans l’optique d’aller voir les Britanniques de Crippled Black Phoenix, je tombe sur un couple d’amis avec qui je reste finalement parler de choses et d’autres autour d’un muscadet. C’est aussi ça le Hellfest : le running order personnalisé peut évoluer en fonction des rencontres. La suite se passe du côté de la Warzone où une légende de la scène Rock Alternative française va se produire : Les Garçons Bouchers, orphelins de son fondateur et compositeur principal François Hadji-Lazaro, vont amener un vent de fraîcheur et d’humour dans la programmation du jour. Ce concert en forme de best-of et d’hommage à leur leader disparu en 2023 va retracer toute la carrière du groupe (“La Lambada, on n’aime pas ça”, “La Bière”) mais pas que. Ils reprennent également des titres des autres groupes dans lesquels le sieur Hadji-Lazaro est passé comme Los Carayos (Madeleine) ou Pigalle (“Dans la salle du bar-tabac de la rue des Martyrs”). L’ambiance dans le public est festive et les refrains sont repris en chœur. On a même le droit à une reprise du “Je ne regrette rien” d’Edith Piaf. À la sauce boucherie bien entendu. Un des meilleurs concerts du week-end.

    TROLLFEST

    Bruno : On ne va pas se mentir, la Temple est devenue le temps d’un concert une sorte de Foire à la saucisse. Je ne vais pas dire que je suis surpris, c’était Trollfest sur scène, et les sept musiciens ont déboulé en jupe et collant, avec un bec sur la tête, tout en rose, déguisés en flamants.

    On a eu le droit à tout ce qui fait un concert de Trollfest : slammeurs, circle pit, wall of death et bien sûr l’inégalable chenille.

    Vous avez le droit de détester, j’étais un peu là par défaut, Les Garçons Bouchers ne me branchant pas trop, et j’avais un peu peur de tomber sur la grosse foule face au concert de The Hu devant la MS2. Si c’est pour voir un concert à cent mètres, ça ne m’intéresse pas.

    Au final j’aurais bien sûr préféré un groupe de Black sous la Temple, mais il faut reconnaître un talent certain aux Allemands pour mettre de l’ambiance devant une scène ; il faut juste ne pas être trop regardant sur le procédé.

    Lien vidéo TROLLFEST :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    PENTAGRAM

    Bruno : Beaucoup de monde devant Pentagram qui, outre le fait d’être un excellent groupe, a sans doute bénéficié auprès de ceux qui ne les connaissaient pas précédemment de l’effet pub du meme de Bobby Liebling quelques semaines avant le Hellfest.

    Eh bien, le Bobby, il a toujours la forme sur scène malgré son physique de momie ambulante. Les trois musiciens autour de lui font le job, c’est le moins que l’on puisse dire, et la voix du septuagénaire tient toujours la route.

    Le son était excellent et mettait en valeur les riffs de guitare bien lourds de Griffin.

    Pentagram est là et bien là, faudra attendre encore un peu pour les enterrer.

    Seb : Je bascule à nouveau sur la Valley où Pentagram se produit devant une foule assez conséquente. L’énorme notoriété de leur leader auprès des jeunes sur les réseaux sociaux n’est pas le seul responsable de cette foule. Non, ce groupe est légendaire et les fans de Doom se sont tous retrouvés pour assister à la prestation du Black Sabbath américain. Le chanteur Bobby Liebling est en voix et habité. Il est heureux d’être là et ça se voit. Le son est très bon et rend honneur au répertoire du groupe. Je ne reste pas tout le long du set, à contrecœur, tout simplement car je veux me placer au mieux pour voir la tête d’affiche du jour.

    Lien vidéo PENTAGRAM :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    THE DAMNED

    Bruno : Début du défilé de légendes en cette fin de journée sur la scène de la Warzone.

    Captain Sensible à la guitare et Dave Vanian au chant étaient des débuts du groupe en 1976. Quarante-neuf ans après, les mecs sont toujours là avec un Dave très classe, arborant un look de crooner de Las Vegas des années 80, avec le micro vintage pour parfaire la panoplie.

    Une heure de Rock/Punk Rock qui, si elle n’a pas enflammé la Warzone comme peuvent le faire certains groupes de furieux, n’en a pas moins reçu un bel accueil, le public présent sachant rendre hommage à des musiciens qui ont fait l’histoire du mouvement Punk.

    Lien vidéo THE DAMNED :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    MUSE

    Seb : Je fais partie de ceux qui estiment que Muse n’a rien à faire au Hellfest. Mais, que voulez-vous, en tant qu’énorme fan du trio britannique, je ne vais pas bouder mon plaisir d’aller les voir pour la douzième fois en live. Le fait de quitter la Valley avant la fin de Pentagram contribue à bien me placer, ce qui me permet ainsi de voir la fin du set de Within Temptation qui nous sert un magnifique final sur “Mother Earth”.

    La bande de Matthew Bellamy nous offre en ouverture son tout nouveau single, “Unravelling”, sorti ce même jour sur toutes les plateformes de streaming, titre partant dans tous les sens et qu’il faut écouter à tête reposée afin de l’assimiler. Il n’empêche que cette entame de set fonctionne car elle allie mélodie et riffs énergiques et pêchus, ce qui fait le sel du groupe. Ils enchaînent directement avec “Stockholm Syndrome”, une chanson parfaitement adaptée au festival. La formation a eu l’intelligence de construire une setlist qui colle à l’événement en incluant des titres rentre-dedans (“Won’t Stand Down”, “We Are Fucking Fucked” ou “Kill Or Be Killed”) sans pour autant se compromettre en laissant de côté ses tubes plus grand public (“Hysteria”, “Time Is Running Out” ou encore “Plug In Baby”). Sachant où il joue ce soir, Muse fait un clin d’œil aux metalleux en entamant l’intro du “Stranded” de Gojira ainsi que “Heart Shaped Box” de Nirvana. Le son est plutôt capricieux sur un bon tiers du show mais cela finira par se régler. Le groupe réalise un véritable hold-up et fait taire les mauvaises langues (dont moi) et confirme qu’il a sa place sur cette affiche. Il n’y a qu’à observer autour de soi durant la prestation :  la foule chante à tue-tête les hymnes autant que les morceaux les moins connus du grand public. Il n’y aucun doute, il y a du fan en masse ce soir. Matt, Chris et Dom ont donné un très bon concert encore une fois.

    C’est bien d’être près des grandes scènes. Mais cela implique un temps interminable pour s’extirper de cette foule. Surtout lorsqu’on veut rejoindre la Warzone pour aller voir les Sex Pistols. Le temps de rejoindre le point de chute qu’il est impossible de se frayer un chemin pour voir la scène tellement il y a de monde. Ils auraient mérité une mainstage. Je tente d’approcher d’un côté ou d’un autre, rien à faire. J’abandonne à contre-cœur et je vais me consoler avec un riz au lait. Ouais, je sais, c’est pas très punk tout ça.

    HERMANO

    Bruno : Mes habituels déplacements durant le Hellfest se faisant le plus souvent de l’Altar vers la Temple et inversement, je change un peu mes habitudes pour un Valley-Warzone-Valley pour assister à la très attendue prestation d’Hermano. Le groupe de Stoner s’étant fait très rare ces dix dernières années, autant vous dire que certains avaient coché la date de ce concert depuis de nombreux mois.

    Malgré quelques problèmes matériels du guitariste David Angstrom (à gauche sur scène), les cinq ricains ont mis les choses au point rapidement : si vous cherchiez les boss parmi les formations de Stoner, vous pouviez arrêter vos investigations, ce sont eux !

    John Garcia (Kyuss), impérial devant le micro, a mené la barque pendant l’heure qui leur était accordée, enchaînant les classiques de leur discographie.

    Lien vidéo HERMANO :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    SEX PISTOLS & FRANK CARTER

    Bruno : Suite du défilé de légendes dans la Warzone avec le trio Steve Jones, Glen Matlock, Paul Cook.

    Si quelqu’un m’avait dit en 1977 que je verrais les Sex Pistols en concert en 2025, je ne suis pas certain que je l’aurais cru, je suis même certain du contraire !

    Grosse foule dans la Warzone qui a été carrément prise d’assaut pour un des gros événements de cette édition 2025.

    Étant parti très rapidement dès la fin du concert d’Hermano, je réussis à me faufiler pour arriver environ à vingt mètres de la scène, un peu sur la droite (j’aurai pu m’approcher plus mais je ne suis pas du genre à bousculer tout le monde pour gagner dix mètres). Dès la première salve, la Warzone est devenue un pogo géant et, deux titres plus tard, je n’étais plus qu’à dix mètres de la scène, pour finir au deuxième rang au morceau suivant. Ne me demandez pas comment j’ai fait, ça m’a rappelé cette chanson d’Edith Piaf « Emporté par la foule » 🙂

    Une fois devant, par contre, je n’ai pas décollé de là jusqu’à la fin du concert avec l’impression d’être dans une machine à laver en mode essorage.

    J’ai l’habitude de ramener des vidéos des concerts auxquels je vais mais, là, j’ai assez vite abandonné l’idée de sortir mon téléphone pour ne pas finir comme le gars regardant par terre, essayant d’écarter les gens pour retrouver le sien qui était tombé au sol. RIP le téléphone.

    Le seul moment un peu calme du concert étant le début de « My Way », la reprise de Claude François [NdC : reprise par Sinatra, qui engendre la reprise des Sex Pistols] immortalisée par Sid Vicious dans une vidéo bien délirante en 1979.

    Frank Carter quant à lui, a joué le rôle de détonateur avec sa fougue habituelle et son incursion au milieu du pit sous le regard inquiet des mecs de la sécurité auxquels il répétait que tout allait bien, pendant qu’un circle pit se mettait en place autour de lui.

    En résumé, les Sex Pistols ont mis le feu dans la Warzone pour ce qui restera, là aussi, un des événements importants du week-end.

    Fin de cette deuxième journée et ses seize concerts. Il est temps d’aller se coucher !

  • Live Report – Hellfest 2025/J1

    Live Report – Hellfest 2025/J1

    HELLFEST Out of Bounds
    (Clisson, 44)
    Du 19 au 22 juin 2025

    Texte : Seb D et Bruno Guézennec
    Vidéos : Bruno Guézennec et Once Upon a Live
    Photos : Seb D

    Intro…

    N’ayant pas sollicité d’accréditation, par choix, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien, ont arpenté les scènes du Hellfest édition 2025. Ils vous livrent ici leurs impressions.

    Cette 18ème édition du Hellfest aura fait parler d’elle dès l’annonce de sa programmation en décembre dernier. En effet, après les Foo Fighters et autres Shaka Ponk en 2024, le festival clissonnais a osé offrir un créneau de tête d’affiche à Muse. Montrant au passage son ouverture vers des courants plus mainstream afin de renouveler son offre et son public. Ajoutons à cela une place réduite à peau de chagrin pour les représentants de la scène extrême (Black et Death Metal en particulier). Résultat des courses, un flot de critiques de la part de nombreux aficionados de l’événement, ce qui ne l’empêchera pas d’afficher sold out.

    Mais quand on se détourne des gros noms et des Mainstages, le Hellfest sait toujours régaler les plus ouverts d’esprit et ceux qui aiment la nouveauté. Et force est de constater que les boulimiques de musique que nous sommes ont encore une fois été régalés jusqu’à plus faim. Revenons sur une édition chaude comme l’enfer.

    Seb : J’arrive sur place dès le mercredi soir. Cela me permet de récupérer le précieux bracelet et de faire un tour au Hellcity Square et Metal Corner afin de me mettre gentiment dans l’ambiance.

    Cette année, les nouveautés sont nombreuses et se concentrent essentiellement sur cette zone. Et elles se voient dès l’arrivée ! Outre le Hellcity Brewpub & Restaurant ayant ouvert en lieu et place de l’ancienne boîte de nuit “Le Looksor”, l’esplanade d’entrée (bitume et gazon) ainsi que le gros H avec l’inscription “Clisson Rock City” ont été entièrement refaits. Ce qui donne un côté très classieux. La Gardienne des ténèbres nous accueille sous une immense arche et déambulera durant tout le week-end au sein du Hellcity Square. Au niveau du Metal Corner, une nouvelle scène a fait son apparition : la Purple House. C’est un gros cube d’une capacité d’environ 400 places, et dans lequel les groupes programmés jouent sur une scène centrale, dans une cage. On y trouve également des bornes d’arcades et autres jeux ainsi que des canapés pour chiller.

    Jeudi 19 juin 2025

    SKINDRED

    Bruno : Résumé de mon marathon clissonnais durant 4 jours. 58 concerts complets, encore beaucoup de souvenirs engrangés, peu de déceptions et beaucoup de découvertes.

    Ce texte est juste un instantané de mon ressenti devant les concerts, pas un jugement de valeur sur les groupes ou d’analyses précises et techniques des prestations.

    Je suis « bon public », j’ai toujours tendance à voir ce qui va plutôt que ce qui ne va pas, d’où ma propension à apprécier les concerts auxquels j’assiste.

    Arrivé largement en avance pour passer la Cathédrale, je ne regrette pas mon choix car il y avait pas mal de monde et je rentre sur site à peine 10 minutes avant le début du 1er concert.

    Comme je n’en suis pas à mon 1er Hellfest, on ne me la fait pas à moi, je suis un habitué, je me dirige d’un pas décidé vers la Valley pour assister à la prestation de Skindred…. pour me rendre compte, arrivé devant la scène, que le concert a lieu sur la Mainstage 1. Oui, je sais, je suis un gros boulet !!!!

    Faut me comprendre aussi, je n’ai eu que 3 mois (depuis le dévoilement du Running Order) pour préparer ce 1er concert, c’est un peu juste !

    Pas vraiment le style que je préfère, mais j’ai toujours eu un petit faible pour ce groupe américain, c’est groovy et festif (pourtant je n’aime pas trop la musique festive) et ils savent envoyer les guitares quand il le faut.

    Un petit reproche tout de même, Benji est trop bavard et le set a tendance à partir un peu dans tous les sens par moment. Je pense qu’avec juste 40 minutes de disponible en festival il devrait un peu plus concentrer leurs efforts sur de vrais titres au lieu de s’éparpiller. Opinion personnelle, même si les mini-reprises de titres connus ont obtenu une belle réaction de la part du public.

    Lien vidéo SKINDRED :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    TAR POND

    Seb : C’est avec une bonne demi-heure avant le lancement des concerts que je me retrouve sur le site des festivités. Et c’est sur la Valley, avec les Suisses de Tar Pond que les hostilités se lancent. Ce projet mis en route par feu-Martin Eric Ain (Hellhammer / Celtic Frost) va me charmer avec son Doom sombre et ses rythmiques pachydermiques. Les parties vocales de Thomas Ott nous plongent au plus profond de la noirceur humaine. Un set tout en sobriété et efficacité. Parfait pour démarrer.

    Lien vidéo TAR POND :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    MYSþYRMING

    Seb : Direction la Temple pour prendre une bonne dose de Black Metal venu du froid avec les Islandais de Misþyrming. Un peu de violence après la lenteur du Doom. Ça réveille les esprits et ça fait le plus grand bien ! Et on ne va pas bouder notre plaisir vu le peu de représentants du style présents à l’affiche cette année. En 40 minutes, la formation va faire montre de toute sa maîtrise et son talent dans l’art musical noir. En un peu plus de 10 ans, le groupe s’est forgé un nom sur la scène et on comprend aisément pourquoi au sortir de ce set. Les musiciens nous auront saisis à la gorge dès les 1ers accords pour ne nous relâcher qu’à la fin. Un groupe à revoir absolument.

    Bruno : Second concert et déjà un groupe que je ne voulais surtout pas manquer sous la Temple. Le Black Metal des Islandais est assez violent mais ils arrivent toujours à placer des petites touches mélodiques qui vous emportent loin des terres clissonnaises. Aussi bien live que sur album. Un grand « petit groupe » qui arrive bien trop tôt dans la journée.

    Par contre on ne remerciera jamais assez les mecs qui slamment pendant les concerts de Black et qui en plus s’accrochent à vous car ils ont peur de tomber. Franchement, super les mecs, continuez comme ça, vous êtes parfaits !

    Lien vidéo MYSþYRMING :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    MENTAL CRUELTY

    Bruno : Petit déplacement vers la gauche pour le show de Mental Cruelty sous l’Altar. Les Allemands proposent un mélange de Death, Black mais on sent aussi les influences Metalcore. Pas le groupe pour lequel je ferais 150 km mais ils ont fait le job et plutôt de belle manière, sans s’économiser, proposant 40 minutes intenses et sans temps mort. Rien à dire, le public a vraiment apprécié.

    Lien vidéo MYENTAL CRUELTY :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    SLOMOSA

    Seb : Retour à la Valley pour voir la sensation Stoner du moment, Slomosa. Ce n’est pas banal pour un groupe venu de Norvège de pratiquer ce style musical. Ce pays étant généralement plus connu pour ses formations de Black Metal. La météo est au diapason avec la musique proposée par Benjamin Berdous et sa troupe. Celle-ci respire plus le road trip sur les longues routes désertiques au milieu des États-Unis que la balade en bateau au milieu des fjords. J’y ai retrouvé du Queens Of The Stone Age des débuts auquel on aurait assaisonné avec goût des touches doomy sabbathiennes. Le résultat fait instantanément mouche et ce n’est pas la très belle affluence devant cette scène qui me fera mentir. Un des meilleurs concerts du week-end.

    Lien vidéo SLOMOSA :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    THY CATAFALQUE

    Seb : Retour sous la Temple pour un moment énergique et envoûtant à la fois. Le projet Thy Catafalque du Hongrois Tamás Kátai, auquel on pourrait coller l’étiquette fourre-tout de Metal Avant-Gardiste, prend un malin plaisir à mélanger Metal Extrême, Metal Progressif et éléments de la culture hongroise, notamment grâce aux harmonies vocales des 2 chanteuses de la troupe. Le chef d’orchestre, derrière sa basse, assure une ossature rythmique solide à l’ensemble avec son binôme à la batterie. Le line-up composé de musiciens non dénués de charisme délivre une prestation d’excellente qualité. Encore un concert marquant. Et ce n’est que le début.

    Bruno : Je reste sous les tentes (comme c’est très souvent le cas lors de mes week-ends Hellfest) pour Thy Catafalque. Je ne sais pas si c’est une constante mais le dernier groupe hongrois qui m’avait marqué sous la Temple, Dirty Shirt, était une vingtaine sur scène, pour un concert des plus jouissifs, en 2022.

    Thy Catafalque n’a pas un line-up aussi impressionnant mais ils sont quand même 8 sur les planches quand la formation se présente au complet. 2 Guitaristes, 1 bassiste, 1 batteur, rien de très original, mais 2 chanteurs et 2 chanteuses.

    Le Metal Progressif, qualifié d’Avant-Gardiste, de la formation m’a tout de suite embarqué et le travail au chant n’y est pas étranger. S’ils sont bien 4 à tenir les micros, ils ne sont pas souvent ensemble sur scène, se succédant au gré des titres pour varier les plaisirs : un chanteur et les 2 femmes, les 2 chanteurs seuls, les 2 chanteuses seules, l’autre chanteur et les 2 femmes, les 4 ensemble.

    50 minutes qui ont passé bien vite, c’est toujours bon signe.

    Lien vidéo THY CATAFALQUE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    AIRBOURNE

    Seb : Après un concert musicalement riche, quoi de mieux qu’une bonne dose de Hard Rock comme on sait si bien le faire au pays des kangourous ? Les frangins O’Keeffe, en dignes héritiers d’AC/DC vont nous servir ce qu’ils savent faire de mieux : du bon Blues Rock, les doigts dans la prise avec les potards au maximum. Je n’ai pas vu Airbourne depuis leur passage en terre clissonnaise en 2017. Autant dire que ça fait un bail. Eh bien, 8 ans plus tard, ils n’ont pas changé d’un iota et envoient toujours la sauce avec une efficacité redoutable. Tant et si bien qu’il ne sert à rien de résister car la musique du groupe a cette force de vous faire taper du pied et secouer la tête en rythme. C’est imparable. Et ça fait du bien. Un très bon moment avec les potes tout en s’envoyant des bières.

    CHAT PILE

    Bruno : Retour à la Valley après ma courte incursion du début de festival (!) et rendez-vous avec Mémé Migou (qui terminait son service au catering des bénévoles et pour qui ce sera le premier concert), pour assister à l’attendue prestation des ricains de Chat Pile et leur Sludge, Noise, Post-Hardcore sombre et inquiétant.

    Busch, le chanteur, qui n’est pas du genre à s’emmerder avec les panoplies de scène, était torse nu, pieds nus avec juste son short gris lui tombant sur les hanches, déambulant sur la scène et exécutant des pas de danse pour le moins désordonnés.

    En une heure les 4 musiciens ont mis tout le monde d’accord, nous venions d’assister à un des moments marquants du festival. [NdMémé : Je ne peux que plussoir !]

    Lien vidéo CHAT PILE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    IHSAHN

    Bruno : Outre le fait que je sois toujours obligé de vérifier si je n’ai pas fait de faute quand j’écris son nom, je n’arrive pas vraiment à m’emballer pendant les concerts du musicien norvégien. Ce n’est pas que je n’aime pas sa musique, je trouve les morceaux très bien, mais il manque ce petit truc en plus qui fait que l’on sort de là avec la banane en ayant la sensation d’avoir assisté à un grand moment.

    Pour l’instant je n’arrive pas à savoir à quoi c’est dû, un jour peut-être.

    Pas grave, je n’ai pas non plus boudé mon plaisir et je ne me suis pas ennuyé, il ne faut pas exagérer.

    Lien vidéo IHSAHN :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    MONKEY3

    Bruno : Je continue ma séance de running, car je ne sais pas si vous avez remarqué mais je venais de faire Temple/Valley/Temple pour retourner immédiatement dans la Valley pour le Stoner/Psychédélique des très Floydiens Monkey3.

    Quand je dis Floydiens je fais bien sûr référence à Pink Floyd, le dernier album des Suisses étant un hommage plus qu’appuyé à la légendaire formation anglaise, comme son titre l’indique « Welcome to the machine« .

    Pas de chanteur dans le quartet helvète, vous fermez simplement les yeux en début de concert et vous vous laissez entraîner par leur musique, vers les étoiles, tout là-haut. Bon, ouvrez les régulièrement quand même car les lights étaient vraiment magnifiques.

    Un beau moment, un peu hors du temps, aussi rafraîchissant que le petit vent qui se levait à l’occasion pour faire remarquer aux spectateurs que les températures caniculaires de cette journée commençaient à baisser.

    Oui parce que je n’en ai pas parlé, mais j’ai souffert en silence ce jeudi, avec ses 36°C à l’ombre et ses + de 40°C sous les tentes, devant.

    Seb : J’ai un bon creux d’une heure et demie durant lequel rien ne m’intéresse vraiment. J’en profite pour retrouver les potes en mangeant un morceau et en prenant l’apéro. Apéro qui est plus ou moins en cours depuis 11h le matin… Autant dire qu’à 22h passées, il devient plus compliqué de s’immerger dans les sets proposés. Notamment celui que délivre Monkey3 sur la Valley. Pour avoir vu la formation au Motocultor l’année dernière et m’être fait happer par ce voyage psychédélique très Floydien, je sais qu’il faut être en condition pour pouvoir apprécier et vivre pleinement celui-ci. Ce soir, je tente l’expérience mais n’y arrive pas. La faute à trop de joie, trop d’excitation de retrouver les plaines du Champ Louet et les potes et trop de pintes et/ou de verres de muscadets partagés. On le connaît pourtant très bien ce piège du 1er jour mais on se fait avoir quasiment à chaque fois. Je jette donc l’éponge en milieu de set et mon binôme d’enjaillement et moi prenons la sage décision de faire route vers le camp de base et d’aller nous coucher. Tant pis pour The Hellacopters, Orange Goblin et Alcest mais à un moment donné, il faut savoir être raisonnable (surtout si on ne l’a pas été avant 😉). Sur le chemin du retour, en passant derrière les Mainstages, la musique de Korn nous accompagne sur le début d’une longue et interminable marche.

    Lien vidéo MONKEY3 :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    THE HELLACOPTERS

    Bruno : Rock N’ Roll !!!!

    Pour avoir acheté le 1er album des Suédois « Supershitty to the Max! » » en 1996, j’avais immédiatement pris un bon gros coup dans la gueule avec leur Rock hyper énergique et leurs compos inspirées.

    Près de 30 ans plus tard, ils sont toujours présents, avec le retour de l’enfant prodige, Dregen (parti fonder Backyards Babies entre temps).

    Même si ce concert n’avait pas le pit le plus agité du week-end, la formation a enchaîné les classiques et autres incontournables de leur discographie, et ils en ont un sacré paquet en stock !

    Alors évidemment, The Hellacopters n’a plus la fougue de ses débuts et on pourrait leur reprocher un manque de folie mais j’ai néanmoins passé un excellent moment, et j’en aurais bien pris 20 minutes de plus.

    Lien vidéo THE HELLACOPTERS :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    WHITECHAPEL

    Bruno : Je prends immédiatement le chemin de l’Altar dès les dernières notes des Suédois, pour être relativement bien placé pour le concert des Américains, histoire de vous ramener des vidéos pas trop dégueulasses.

    Vous noterez la conscience professionnelle, enfin pas professionnelle du tout, ça ne me rapporte pas 1 centime. (PS : j’ai écrit ça plusieurs semaines avant la polémique sur les influenceurs qui se font payer).

    Le Deathcore de Whitechapel bute méchamment, vous savez que vous pouvez laisser la finesse au placard quand vous rentrez sous la tente.

    Le son est énorme avec, comme souvent, une grosse caisse qui défonce tout (un peu trop à mon goût), mais je le savais déjà, à chaque fois que le mot « core » est associé à « Metal » ou « Death » on a le droit a un son de double grosse caisse d’un niveau délirant, sans compter le pad de batterie qui déclenche les infra-basses !

    Écoutez la vidéo que j’ai filmée, vous comprendrez de quoi je veux parler.

    Le pit était bien énervé et des slammeurs s’en sont donnés à cœur joie. Rien de plus à ajouter, un concert de Whitechapel quoi.

    Lien vidéo WHITECHAPEL :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    ALCEST

    Bruno : Dernier concert de cette première journée, sous la Temple avec le Blackgaze d’Alcest et sa musique lumineuse et subtile… Bon ça c’est en pratique, parce que le son n’était ni lumineux ni subtil, on entendait à peine la voix de Neige, noyée sous un brouhaha de guitares mal réglées et d’une grosse caisse ridiculement forte par rapport au reste. Eh les mecs, c’est pas du Deathcore que vous sonorisez, c’est Alcest !

    J’ai tenu 3 ou 4 morceaux en espérant que cela s’améliore, mais il n’y avait pas de grande différence, en désespoir de cause j’ai reculé au milieu de la Temple, mais le résultat était à peu près le même. J’ai reculé encore un peu et dans le fond on entendait moins la grosse caisse, mais ça m’avait saoulé, donc je suis sorti de la Temple pour partir, et arrivé dehors je me suis aperçu que ceux qui regardaient le concert sur l’écran extérieur de la Temple et les enceintes externes avaient un son qui était de bien meilleure qualité !

    Un rien énervant quand même, ça m’a pris la tête je suis parti quand même, de toute façon on approchait de la fin du concert.

    Pas de vidéo, j’ai commencé à filmer au début du concert mais devant le naufrage sonore j’ai fini par laisser tomber.

    Tant pis, dernier concert du jeudi. Demain sera un autre jour.

  • Live Report – Rituel Noir 2025

    Live Report – Rituel Noir 2025

    Ferme du Boudiguen (Querrien, 29)
    Les Acteurs de l’Ombre Productions
    Les 1er, 2 et 3 mai 2025

    Texte : Seb D et Bruno Guézennec
    Photos : Mémé Migou et Seb D
    Vidéos : Bruno Guézennec et Once Upon a Live

    Entre 2016 et 2019, une poignée de privilégiés a eu la chance de participer à un événement hors du temps et à mille lieues de tout ce qui pouvait se faire ailleurs : Les Feux de Beltane.

    Ce rassemblement, mêlant culture païenne et musiques extrêmes dans un cadre bucolique, avait laissé ses aficionados orphelins lorsque ses géniteurs décidèrent de mettre fin au projet après quatre éditions.

    Le 18 décembre dernier, c’est avec des étoiles plein les yeux que l’on a pu découvrir, sur la page Facebook du label Les Acteurs de l’Ombre Productions, un post annonçant la naissance de Rituel Noir. Un week-end de rassemblement interculturel et musical à la ferme, à Querrien. Tiens, tiens, ça me fait fortement penser à quelque chose. Ne serait-ce pas le petit frère des Feux de Beltane ?

    Je vous propose de me suivre afin de vous conter au mieux le déroulement de ces trois jours.

    Jeudi 1er mai 2025

                C’est avec une impatience non feinte que nous rallions le lieu des festivités pour la soirée préambule avant le début du festival le lendemain. Au programme : la présentation du jeu « Mal Ardent » (jeu de rôles) ainsi que trois concerts, histoire de se mettre tranquillement en jambe. Nous arrivons sur place vers 19h. L’entrée du site est constituée d’un stand où l’on se fait poser le bracelet, d’une palissade et d’un accès surplombé d’une inscription « Rituel Noir » ainsi que du symbole du label Les Acteurs de l’Ombre, le tout fait de bois, zinc, crânes, toiles, feuilles et mousse. Une fois le bracelet au poignet, nous nous engouffrons dans le petit tunnel servant d’entrée, tel un sas nous faisant passer du monde réel vers une bulle de plaisir auditif et de bonheur convivial.

                Connaissant déjà très bien l’endroit, je fais faire le tour à ma femme et l’ami qui m’accompagne. Sur notre droite, les food trucks (crêpes et burgers) et à gauche, le point névralgique : le bar. Au fond trône la magnifique grange en bois qui fera office de salle de concert. À sa gauche, le market où l’on peut trouver divers stands de merchandising (LADLO, Antiq Label, Transcendance, Les Éditions des Flammes Noires ainsi qu’un espace de merch pour les groupes jouant durant le week-end). Sur la droite de la grange, en contrebas, un espace de verdure où une imposante structure en bois attire inévitablement l’œil, un cromlech et tout en bas du terrain, un mini-village viking.

    Nous croisons rapidement et serrons la main au maître des lieux : Vincent (aka Couille de Loup), le remerciant par la même occasion de nous accueillir durant ce week-end organisé conjointement avec le label Les Acteurs de l’Ombre Productions.

                Ce petit tour du propriétaire nous ayant donné grand soif, c’est d’un pas assuré que nous nous dirigeons vers le bar afin de nous hydrater. Un large choix de breuvages houblonnés et de softs nous est proposé. En effet, les brasseries Couille de Loup, Ouroboros et Blast n’ Beer vont régaler nos gosiers. Une fois la pinte en main, nous nous attablons et commençons à discuter de choses et d’autres, oubliant un instant que le premier concert va bientôt commencer. Un des gars de l’organisation sort les participants de leur oisiveté en signalant qu’il y a des concerts ce soir et en nous invitant à rejoindre la grange.

                C’est à Ǥứŕū (Guru) que revient la lourde tâche de donner le top départ à ces trois jours de décibels noirs. Le groupe breton va permettre au public de se mettre gentiment dans le bain avec un mélange audacieux de Doom et de Black Metal. N’ayant volontairement pas écouté ni fait de recherches sur les groupes que je ne connaissais pas encore, histoire de garder la surprise, je trouve que le chanteur ressemble énormément à Jerry, le leader des Chants de Nihil. Normal, c’est lui ! Dans ce nouveau projet, il laisse la guitare de côté et va devoir occuper la scène sans pouvoir se cacher derrière son instrument de prédilection. Et il s’en sort formidablement bien le bougre ! Fort d’un charisme naturel, il capte tous les regards, aidé par diverses tenues et accessoires (cane avec un crâne à son sommet, fouet pour se flageller, faux intestin sanguinolent autour du cou ou pancarte flanquée du mot « hourra »). Certains pourraient trouver ça too much par moment mais au moins il se passe quelque chose sur scène. Et la musique dans tout ça ? Et bien ça fonctionne complètement car le set est bien en place. Les musiciens nous offrent un équilibre parfait entre la noirceur du Black et la chape de plomb propre au Doom. Le chant de Jerry magnifie le tout tant sa performance vocale est habitée. Une très belle découverte et un groupe dont on n’a pas fini d’entendre parler.

    Lien vidéo Ǥứŕū :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

                Petite pause d’une demi-heure durant laquelle la grange se referme afin de permettre à la formation suivante de se mettre en place et de faire les derniers réglages. Cela nous laisse du temps pour aller hydrater nos gosiers desséchés. Je ne m’éloigne pas trop de l’espace concert car dire que j’apprécie la formation suivante relève du doux euphémisme. Lorsque les portes s’ouvrent, je fonce me placer au premier rang. J’ai eu un énorme coup de cœur lors de la découverte de Black Bile avec leur album « l’Oratoire ». Ce soir, c’est la quatrième fois que je les vois en un an. Et je peux aisément attester que les progrès faits par les Lorientais en termes de prestation live est impressionnant. Le set est carré et leur association de Doom et de Post Metal va instantanément me faire décoller pour ne me faire regagner le sol qu’à la toute dernière note de ces cinquante minutes d’un voyage émotionnel fort. Le chant de Romane appuie les nuances musicales tantôt en y mettant de la douceur, tantôt en poussant des cris torturés dont elle seule a le secret. Peu de groupes sont capables de transporter une assistance à ce point en lui donnant des frissons à de multiples reprises. Un des meilleurs concerts du week-end.

    Lien vidéo BLACK BILE :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

                   Corpus Diavolis prend le relais pour 1h d’un set Black / Death Metal occulte. Les lumières rouges et les deux chandeliers trônant de chaque côté de la scène installent une ambiance mystique. Les musiciens virtuoses nous servent une musique violente mais pas bourrine. Alternant moment rageur et instant plus posé permettant au chanteur de déclamer sa prose luciférienne à un public qui n’attend que ça. Malheureusement, je ne saurai expliquer pourquoi je ne rentre pas dans le set ; peut-être est-ce dû à la claque reçue sur le concert précédent ou l’absence d’une seconde guitare qui aurait permis d’apporter plus d’ampleur à l’ensemble en lui donnant un effet rouleau compresseur. Pas un mauvais moment, loin de là. C’est juste moi qui n’ai pas été conquis.

    Lien vidéo CORPUS DIAVOLIS :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    Ce préambule a tenu toutes ses promesses. Il est temps de rejoindre nos pénates afin d’être en forme demain pour le début du rituel.

    Vendredi 2 mai 2025

    Afin d’éviter toute incompréhension de la part de certains groupes, il me semble important de préciser que notre photographe maison n’était présente que ce jour-là. 

    Mémé Migou n’étant présente que ce jour-là, seuls les groupes du vendredi seront shootés.

    Pour cette première vraie journée, le site ouvre ses portes à 10h30. De notre côté, nous n’arrivons sur place qu’à 14h20. Ratant la diffusion du documentaire « Que ton règne vienne : une histoire du satanisme en France », la présentation du jeu « Mal Ardent » et la première salve de contes de l’excellent Quentin Foureau. À cette heure-là, Versatile, récemment signé chez Les Acteurs de l’Ombre, envoie déjà des décibels dans la grange avec son mélange de Black Metal et d’Indus à grand renfort de beats électro. Un mariage musical qui divise, faisant fuir les plus « true » mais qui réjouit la frange du public la plus ouverte. Le spectacle n’est pas qu’auditif, il se passe aussi sur les planches : maquillages, masques et costumes étudiés contribuent à se plonger dans l’univers du groupe. Pour le final, le batteur rejoint ses compères sur le devant de la scène suivant le beat sur un tonneau et enflammant ses mailloches pour un effet visuel garanti. La très belle découverte de cette édition.

    Lien vidéo VERSATILE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

                Il n’y a pas plus de cinq groupes sur chaque journée. Entre chaque concert, les pauses peuvent s’étaler entre une et trois heures, ce qui laisse le temps de faire connaissance avec de nouvelles personnes ou de tailler le bout de gras avec les amis présents. C’est très agréable de pouvoir profiter de l’instant. Cela nous change des festivals où les concerts s’enchaînent sans interruption où il faut galoper de scène en scène tel un marathonien. Mais pour celles et ceux qui veulent faire autre chose, l’orga a tout prévu. Durant ces moments de calme, il y a toujours une animation au niveau de l’espace herbeux. Les activités alternent selon les heures : combat armé, duel judiciaire, contes, cérémonies vikings, luttes vikings…

    Pour le prochain groupe, Räum, je dois avouer que je n’ai pas accroché du tout. Je précise tout de suite qu’il ne s’agit que de mon avis personnel. Je n’ai pas le monopole du bon goût, ça se saurait ! Dès l’entame du set, je bloque sur l’attitude scénique du chanteur très proche du Hardcore. Je trouve que ça ne colle pas avec la musique. Je reste dans la grange le temps de deux titres puis me mets à l’extérieur pour voir si, sans le visuel, ça passe mieux. Mais non, rien à faire. Au-delà de l’aspect scénique, je n’apprécie pas non plus le chant. Pour en avoir discuté avec plusieurs personnes, certaines ont eu le même blocage que moi là où d’autres trouvent le set très bon. Comme quoi, les goûts et les couleurs…

    Malgré ça, si l’occasion m’est donnée de revoir le groupe en live, je leur donnerai une seconde chance car on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Ce ne serait pas la première fois.

    Lien vidéo RÄUM :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

                Arrive ensuite le tour de Miasmes qui s’est greffé à l’affiche afin de remplacer A/Oratos. Et on sait déjà d’avance qu’on va se prendre une bonne branlée tant le Black Metal du groupe, mâtiné de touches Death Metal, est d’une efficacité redoutable. Le trio nous déroule un set où le seul mot d’ordre est : violence. Si Mötörhead avait démarré sa carrière fin 90-début 2000 et qu’il avait été biberonné au Metal Extrême, il se serait appelé Miasmes. Ça tabasse sévère et je kiffe grave. À tel point que l’heure allouée au groupe passe à vitesse grand V et que j’en aurais bien repris vingt minutes de plus. À revoir d’urgence !

    Lien vidéo MIASMES :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

                C’est le moment de la grande pause du jour. Il est 18h40 et le prochain groupe ne commence qu’à 21h45. Nous décidons donc de quitter les lieux pour aller se faire un petit resto.

                Nous revenons bien assez tôt pour assister à la fin de la cérémonie viking Beltane et nous placer dans la grange pour la suite du régal auditif. Une ambiance étrangement calme règne en ces lieux. Un silence quasi religieux… Les enceintes diffusent le « Jesus’ Blood Never Failed Me Yet » de Gavin Bryars ce qui instaure une atmosphère apaisante. Cela contraste vite avec la violence épileptique que les Belges de Wiegedood nous balance dans la figure et les oreilles lors d’un show de Black Metal sans concession aussi bien au niveau musical que des lights. Le trio, en véritable bâtisseur d’un mur du son, impressionne par son intensité. Je quitte la salle pour mieux apprécier de l’extérieur car en milieu de set, le caisson de basse est beaucoup trop fort et étouffe un peu les autres instruments. Un ami placé tout devant me dira que les retours posés sur le caisson avançaient et reculaient tout seuls, un finissant même sur la scène avec les vibrations. Un groupe bluffant ! L’heure de pause qui suit sera la bienvenue pour nous remettre de nos émotions et nous mettre à l’abri car une petite pluie s’invite au programme et nous fera rater les contes au coin du feu.

    Lien vidéo WIEGEDOOD :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

                Vient le moment de la tête d’affiche. Alors, oui, certains vont râler : « encore un groupe de Black à capuches », « encore un groupe de Black Mélodique comme il en existe des centaines ». Ce n’est pas totalement faux car il est vrai que les Allemands de Groza ne jouent pas la carte de l’originalité en surfant sur cette mouvance très « à la mode » en ce moment. On fait inévitablement le rapprochement avec des groupes comme Gaerea ou Harakiri For The Sky. On peut dire tout ce qu’on veut : qu’on aime ou pas, la formation nous délivre un show ultra carré doté d’un des meilleurs sons (si ce n’est pas le meilleur) de tout le week-end permettant une immersion totale dans leur univers misanthropique et nihiliste. Ils m’ont cueilli et fait voyager durant l’heure qui leur a été allouée. Un des meilleurs concerts de ce Rituel noir.

    Lien vidéo GROZA :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Samedi 3 mai 2025

    C’est sous un soleil et une chaleur estivale que débute cette dernière journée. Nous nous posons dans l’herbe face au cromlech pour écouter Quentin Foureau qui va nous régaler avec trois contes.

    Lien vidéo Qunetin Foureau :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Début des concerts avec les Bretons des Chants de Nihil. Les ayant déjà vus à de nombreuses reprises, je sais d’avance que nous allons passer un bon moment tant ils sont efficaces en live. La formation met en avant son album « Armor » afin de marquer les dix ans de sa sortie dans les bacs. Mais elle n’en oublie pas pour autant ses titres les plus percutants de son dernier album en date tel Le tyran et l’esthète et Ma doctrine, ta vanité devenus des indéboulonnables des setlists. J’avoue qu’un « Dame silence » m’aurait fait plaisir mais c’est juste pour émettre une petite critique (pas objective du tout car c’est mon titre préféré) sur un concert très bon de bout en bout. Je trouve le public assez timide durant la prestation. Peut-être dû à la courte nuit (excès de tartines de houblons ?) ou au soleil qui cogne dur.

    Lien vidéo LES CHANTS DE NIHIL :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Après l’heure de pause, ce sont les Niçois de Darkenhöld qui prennent la scène d’assaut. À un peu plus d’un mois de la sortie de son nouvel album Le Fléau du rocher, le groupe nous fait l’honneur de proposer trois nouveaux titres qui passent facilement l’épreuve du live. Cervantes et sa troupe nous régalent durant cinquante minutes avec leur Black Metal Médiéval qui fait toujours autant mouche. Pour le final, ils font intervenir Quentin Foureau afin d’enrichir un des morceaux de sa verve légendaire. Et cela n’est pas anodin car le conteur a une place de choix sur ce nouvel opus. En effet, l’édition limitée dudit disque contient un livre intitulé Le conte du rocher ainsi qu’un CD ou vous retrouvez la voix du conteur durant quarante-cinq minutes.

    Lien vidéo DARKENHÖLD :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    La suite se passe avec Borgne et le démarrage du set ne va pas se passer comme prévu ; on devine tout de suite que quelque chose ne tourne pas rond au vu des regards que s’échangent les musiciens, jusqu’à ce que le leader, Bornyhake, fasse signe de tout stopper. Il semble que la boîte à rythmes, socle de la musique de la formation, n’est pas audible dans les retours. L’incident est vite réglé et le show peut reprendre instantanément comme si rien ne s’était passé. Le son est massif et met parfaitement en valeur leur Black Metal Industriel froid qui flirte avec la dépression. Une musique ne laissant pas de marbre doublée d’un impact visuel fort. Les musiciens étant recouverts de maquillage noir et de sang. Le guitariste Ombra (dixit Metal Archives) lance des regards aux yeux écarquillés au public comme si une folie passagère venait lui chatouiller le cerveau. Un concert parfait !

    Lien vidéo BORGNE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Les deux heures de repos qui suivent seront l’occasion de se restaurer et de faire bon usage du jeton qui nous a été remis le premier jour lors de la pose du bracelet. Celui-ci nous donne droit à une dégustation d’hydromel au chaudron. Késaco ? Une boisson fermentée à base d’eau et de miel chauffée au feu de bois dans un chaudron et servie à la louche dans notre gobelet. On se partagera un fond de verre à trois car on conduit ce soir. Une curiosité sympathique mais je n’en boirais pas des litres.

    Omegaeternum fait partie des groupes les plus attendus de ce week-end. L’affluence présente pour ce show ne fait que confirmer cette impression. Il faut dire que le line-up a de quoi faire rêver : Sorghal (chant, guitare) et Arawn (guitare), tous deux issus des cultissimes Nehëmah, ainsi que de ÖberKommander666 (basse, chant) et de Sistre (batteur) membres du groupe Les Chants de Nihil. Ici, les corpse paint et les bracelets à clous sont de rigueur dans la plus pure tradition Black Metal. La musique est sauvage et rageuse mais la formation a savamment intégré des passages plus posés permettant au public de souffler avant de se reprendre une nouvelle déflagration violente en pleine face. L’audience extatique assiste religieusement au spectacle. Sans conteste, le meilleur concert du week-end.

    Lien vidéo OMEGAETERNUM :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    La foule migre en masse vers la grosse structure en bois où un périmètre de sécurité a été mis en place tout autour. D’ici quelques minutes, elle sera la proie des flammes. Un petit cortège, parmi lesquels on peut reconnaître des membres de l’orga et des musiciens, arrive progressivement, torches enflammées en main, afin de commettre ce méfait. Quentin Foureau raconte ses dernières histoires pendant que le feu commence à lécher l’édifice. Les flammes se propagent vite et montent très haut dans le ciel de cette nuit noire sous les cris et applaudissements de l’assistance. Effet garanti ! Ce spectacle visuel rappelle une époque au début des années 90, où des églises brûlaient en Norvège.

    Lien vidéo Grand feu :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    Pour ma part, c’est le clap de fin de ce week-end qui a fait office de rampe de lancement de la saison des festivals. Et il n’y aurait pas pu avoir de meilleurs événements pour la démarrer. Je laisse donc la plume à Bruno pour parler du dernier groupe.

    Si c’est une formation suisse, Versatile, qui a eu l’honneur d’ouvrir la journée du vendredi, c’est un autre groupe helvète qui a eu le privilège de clôturer la soirée du samedi et le festival par la même occasion : Bølzer.

    Duo emmené par le guitariste/chanteur Okoi « KzR » Jones et sa drôle de guitare avec sept tirants sur le haut de la tête et quatre tirants dans le bas, ce qui fait tout de même un beau paquet de cordes, les quatre du bas étant doublées.

    L’autre protagoniste, Fabian « HzR » Wyrsch s’occupe de la batterie, et son passe-temps favori semble être de taper très fort pour desserrer les pieds de cymbales ou de micros, ce qui obligera le technicien à intervenir au moins cinq ou six fois durant le concert pour remettre tout cela en place.

    Grosse débauche d’énergie pendant l’heure qui était dévolue au groupe car, en dehors de quelques intros, le public s’est pris un déluge de décibels en pleine face. Intense, par moment dissonant, le chant puissant de KzR ne faisant qu’appuyer l’impression que dégage le Black/Death Metal de la formation : c’est du compact !

    Pour ce qui est des lights, un bleu profond était de mise durant la quasi totalité de la performance. Le duo n’étant pas là pour faire joli mais pour provoquer l’inquiétude, ce n’est pas la déclamation habitée de KzR durant le titre “Aestivation” qui arrangera les choses. Le chanteur gratifiera les spectateurs de quelques mots en français, on salue l’effort, et repartira bien trop vite au goût d’un public qui aurait bien pris dix minutes supplémentaires.

    Lien vidéo BØLZER :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Ce Rituel Noir a tenu toutes ses promesses. Agissant comme une piqûre de rappel pour les nostalgiques des Feux de Beltane et faisant de nouveaux adeptes venus pour la toute première fois en ces lieux. Un grand merci à Gérald Milani, aux Acteurs de l’Ombre ainsi qu’à Vincent pour l’organisation de cet excellent week-end et leur accueil. Merci également à tous les bénévoles ayant œuvré pour le bon déroulement de celui-ci. Ils nous ont permis de vivre dans une petite bulle de bonheur, loin des tracas du quotidien, pendant trois magnifiques journées. Il ne reste plus qu’à espérer que ce Rituel Noir s’installe dans la durée avec une nouvelle édition dès l’année prochaine. On va croiser les doigts très fort !

  • Live Report – Frozen Night 15

    Live Report – Frozen Night 15

    Aetheria Conscientia+Movrir+Limbes
    31 Janvier 2025
    Cold Crash (Rezé, 44)

    Texte et Photos : Mémé Migou

    Les 6, 7 et 8 juin prochains, pour ses 5 ans, Frozen Records vous propose son Frozen Fest au Ferailleur, à Nantes (44). 3 Jours de concerts à vous faire baver. Et s’il faut encore vous donner envie, lisez donc ce report d’une Frozen Night, qui a eu lieu le 31 janvier dernier à Rezé (44), au Cold Crash. Montons dans la Delorean et retournons quelques mois en arrière.

    *

    Zwizwizwizwizwiiiiiiiii *bruit d’un rewind*

    Fin janvier 2025, c’était notre premier concert de l’année. Et pas n’importe lequel, puisque sur les 3 propositions, l’une était le coup de cœur de ce début d’année pour Mémé et l’autre, celui de la fin 2024 pour LBD. Et ce dernier avait vanté le lieu, qui plus est…

    Eh oui ! Le Cold Crash n’est autre qu’une salle de concert attenant à la brasserie Nautile. Et croyez en la Mémé Migou, la bière, là-bas, est pur nectar. La triple est simplement un délice. Et vous savez quoi ? Cerise sur le gâteau, l’hôtel est à 200 mètres…

    Premier concert et donc aussi la première fois que je découvre cet endroit. J’avais un peu peur, en prenant le couloir étroit, de me retrouver dans une salle minuscule au son très moyen. Il n’en est rien. Bien sûr, on n’est pas sur une salle de la taille d’un Arena, ni même d’une SMAC, mais tout de même, elle a une bonne taille et surtout un son propre quel que soit l’endroit où on se trouve ; Ce qui est plutôt une bonne chose quand on aime (ou on finit, à force de faire des photos, par aimer) squatter le devant de la scène.

    La scène n’est pas hyper surélevée et l’ambiance très sombre et enfumée. Je n’en suis pas étonnée. Je commence à régler mon appareil tout en me disant que ça allait être compliqué d’avoir autre chose que des ombres chinoises. Et c’est à ce moment là que, comme si de rien était, une personne seule sur scène, juste en kilt et en guitare, lance le premier set de la soirée. C’est parti pour la 15ème Frozen Night…

    Limbes

    Seul en scène, Guillaume Galaup offre ses tripes comme une offrande à Achlys ou toute autre divinité de la tristesse et de la mort.

    « Quand le brouillard enlise l’âme,
    La peinture fane plus vite
    Que les pétales d’un hiver
    Aussi dru qu’un pied de pilori. »*

    Limbes est un one man band, fort de 2 albums et d’un split avec Mütterlein. Alors oui, il est seul à tout faire et non il n’a pas fait appel à d’autres musiciens pour le soutenir en live. Il est seul et il assume. Certes, certaines choses seront enregistrées, comme la batterie. Mais dans ce cas de figure, ce n’est pas dérangeant.

    « Quand les pensées ne sont qu’infâmes,
    La mélodie est une pluie
    Qui se meut comme les vers
    De bruits d’un fade infini. » *

    On a, au travers de ces volutes tenaces de fumée, dans ces ambiances entre le bleu glacial d’un hiver éternel réchauffé de quelques lumières lie-de-vin, comme autant de tâches de sang qui s’étalent comme des pétales d’une fleur figée par le froid, une personne derrière un pied de micro, le crâne rasé ou presque, qui hurle sa fragilité jusqu’à nous en transpercer les os.

    J’ai… beaucoup… aimé.

    Ah oui… Liernes a été chroniqué sur Memento Mori Webzine par Seblack. Retrouvez ici son papier : Limbes – Liernes (2024) – Memento Mori Webzine

    * « Buffet Frigide, » Liernes (2024) – Limbes

    Galerie Photos de Limbes : 

    Movrir

    C’était mon coup de cœur de ce début d’année. Un black Metal teinté de noise pour un rendu assez raw. N’hésitez pas à retrouver la chronique qui gît dans les colonnes de Memento Mori Webzine ( Movrir – Insolence – Memento Mori Webzine )

    On passe ici d’un set de Black Metal Atmosphérique immersif à un Black Metal bien plus rocailleux et quelque part plus audacieux. Moins intensif ? Que nenni ! Ma crainte était de ne pas retrouver en live ce que j’avais ressenti sur les pistes du dernier opus, Insolence. Je n’ai pas été déçue.

    Le set tant attendu a tenu ses promesses. Je me suis ruée sur le merch à l’interscène. Pour dire tout le bien que je pense de cet album et pour me rhabiller d’un joli t-shirt noir avec tout simplement le logo du groupe.

    Movrir sur scène… Dalida en rêvait, et c’est moi qui l’ai vécu… Tout un art…

    Galerie Photos de Mourir :

    Aetheria Conscientia

    Là, c’est mon covoitureur, LBD, qui frétillait d’avance. Il était là pour ce groupe, qu’il a chroniqué ici : Ætheria Conscientia – The Blossoming – Memento Mori Webzine . Coup de cœur 2024. Album de l’année. Rien que ça !

    C’est en allant faire une petite virée à Nantes, et plus spécifiquement dans les locaux de Frozen Records, qu’un certain Paul, lors de la vente, lui a glissé un autocollant d’un groupe pas franchement connu de notre LBD, Aetheria Conscientia. Il l’avait alors mis de côté, pour s’y intéresser plus tard.

    Plus tard… Ah ! Il s’en est mordu les doigts, notre LBD, tant il en est resté sur le cul.

    Alors, aurons-nous sur scène le saxophone ? Allons-nous retrouver toute la folie expérimentale de ce Black Metal décomplexé ?


    Eh bien oui ! OUI ! Malgré la petite coupure de son au début du set qui n’a en aucun cas affecté la qualité de la prestation du groupe, l’intégralité des morceaux du dernier album The Blossoming est interprétée ce soir, et bien entendu le saxo est au rendez-vous. Sonorités extrêmes alliant des touches de Metal Progressif. On a un Paul Breheret qui arpente la scène de long en large, retournant à sa percussion régulièrement.

    Quand on lance un regard vers le reste de la salle, quand on voit les têtes bouger de haut en bas en un OUI collectif, quasi mystique, on peut se dire que le pari est plus que gagné.

    Galerie Photos de Aetheria Conscientia : 

    On a, ce soir du 31 janvier 2025, passé une soirée magique où tous les ingrédients étaient présents pour régaler nos papilles auditives et notre immersion sèche en terres brumeuses du Black Metal protéiformes.

    Ffziouw Ffziouw Ffziouuuuuuuwd… * Bruit d’un FFWD pour un retour au présent *

    *

    Voilà… Nous avions partagé galeries photos, Chroniques, mais aussi l’interview de Paul, l’un du duo Frozen Records (et chanteur de Aetheria Conscientia au passage) – à retrouver ici : Interview – Frozen Records – Memento Mori Webzine .


    À la veille du Frozen Fest, une petite touche de rappel pour mettre l’eau à la bouche n’est pas superflue. Alors, tous à vos préventes, les places vous attendent !


    Lien vers l’event : (1) Frozen Fest 2025 | Facebook

  • Live Report – Metal Noz II

    Live Report – Metal Noz II


    Metal Noz II
    (Skol Diwan Gwenrann)
    15 Mars 2025
    Espace La Fontaine (Assérac – 44)

    Texte et photos : Mémé Migou
    Vidéos : Bruno Guézennec

    C’est qu’on en a fait, du chemin, l’ami Bruno, ma p’tite voiture bleue et moi-même, en ce samedi de mi-mars. Et en plus, on l’a fait de bonne humeur, avec le plaisir d’aller retrouver Killian et Romain (de l’association de parents d’élèves de l’école Guérandaise du réseau Diwan – pffffff quelle phrase ! Je respire enfin). Ah non.. Je dois encore rajouter une petite info : le plaisir de les retrouver puisque nous avions, quelque temps auparavant, fait l’interview du duo organisateur. Envie de vivre ce moment de partage et de soutenir cette belle initiative. Et croyez-moi que pour sortir le papy du Léon qu’est notre Bruno, il faut qu’il soit motivé !

    Je viens juste de parler d’un duo organisateur, mais vous avez compris qu’il s’agit de tout un réseau qui se retrouve aux manettes de cet événement. Alors, cela peut paraître couillu, un festival Metal pour remplir les caisses d’une association de parents d’élèves, eh bien pas tant que ça… Souvenez-vous, le Samaïn Fest n’est autre qu’un festival Metal organisé par… par… je vous le donne en mille : une APE Diwan !

    Le Metal Noz en est à sa seconde édition. Celle de 2024 avait terriblement bien fonctionné, galvanisant les foules et les parents. Mais pas que ! Puisque j’y ai vu professeurs et directrice de l’école en question. Bravo pour l’ouverture d’esprit.

    Pour cette année, le lieu a été délocalisé à Assérac. Un peu plus grand, avec une cour extérieure permettant d’y installer les barnums pour les galettes-saucisses et autres douceurs made in Bzh. Dès l’entrée, sur notre gauche se trouvait le petit marché, avec des artisans de qualité et même la possibilité de se faire tatouer. J’ai terriblement hésité à acheter le superbe collier en cuir rouge pour toutou… Je n’ai pas de chien…

    Et de l’autre côté, dans la salle à notre droite, tout au fond, la scène. Du coup, on va peut-être entrer dans le vif du sujet, vous ne croyez pas ?


    Autant mettre les pieds dans le plat de suite. La salle était plus grande, il est normal que l’on puisse se dire qu’atteindre la jauge maximale serait un doux vœu. De fait,il m’a semblé que la salle avait du mal à se remplir. Malgré tous les efforts déployés par l’organisation, la publicité qui a pu être faite etc, je trouve foncièrement dommage que les Metalheads du coin ne se soient pas plus mobilisés. Attention, il y avait du public, n’imaginez pas le contraire et je pense que les frais ont pu être résorbés avec les entrées. Mais… Bordel, un après-midi de mars, avec pas moins de 8 groupes pour une somme très modique qui ira dans les poches d’une APE… Vraiment, je ne comprends pas les Metalleux qui viendront ensuite pleurnicher qu’il n’y a jamais rien dans leur coin ! Voilà, le coup de gueule est passé, Mémé prend sa p’tite camomille et poursuit son récit.

    L’ambiance ultra familiale (avec enfants casqués), des personnes de tous âges et horizons, vraiment j’en ressors avec le sourire de qui a passé un moment entre amis. Et des potes, on en a croisés… C’était fun d’échanger quelques tacles amusés avec Nicolas de Thrashocore, entre autres personnes.

    C’est vers 15h30-16h que le premier groupe a pris possession de la scène.

    Vermoth

    La grande muette, c’est le doux sobriquet de l’armée. La grande mouette, c’est à Brest (si vous en doutez, allez donc écouter cette chanson mythique que tout candidat au BAFA se doit d’apprendre « Moumou la reine des Mouettes »). Et la grande inconnue (non ce n’est pas en math), elle revient à Vermoth.

    Lors de notre interview, Romain et Killian nous avaient avoué ne connaître Vermoth qu’à la faveur du seul titre qu’ils ont lâché sur Youtube. Vous l’aurez compris, c’était la surprise presque totale. Tout ce qu’on pouvait lire de Vermoth, c’était sa mention de « groupe Metal ». Pour un festival Metal, c’est quand même mieux, me direz-vous !

    On imagine donc aisément un jeune groupe, un peu vert… Bien… Voilà donc Vermoth sur scène. Et du vert, il y en a dans le logo du groupe. Mais en toute sincérité, j’ai été épatée par leur proposition. Ça groove, il y a des plans techniques, on sent que derrière il y a de la réflexion et du travail. Peut-être même de l’XP, comme disent les rôlistes. Sur scène, c’est carré et on sent l’ombre de SOAD planer sur les compos.

    Un moment rafraîchissant, mais qui déjà nous place dans les pas du Death Metal bien lourd qui arrive.

    « J’ai trouvé pas mal. J’ai été surpris par le son. Ça me faisait un peu peur d’écouter du Metal ici. Je connais la salle, et je suis très étonné par la qualité du son. Je n’ai pas écouté tous les morceaux du groupe car je suis arrivé en cours et je faisais attention à mon enfant. Mais oui, bien. J’ai entendu plein d’influences différentes. Intéressant. » – Brieuc

    Galerie photos de Vermoth :

    *

    Crocodeath

    Ahhh… Crocodeath… Vous ai-je déjà parlé de la Breizh Death Metal Party, qui a eu lieu le 1er février au Le Thy’roir à Ploërmel ? Non ? Ah mais oui, suis-je bête, je suis en retard dans mes live reports, ça va arriver… Mais du coup, je vais un peu spoiler : J’ai découvert Crocodeath ce soir-là. Et j’ai pris une belle claque. C’est lourd, c’est assumé, ça assène des riffs Death old School comme autant de leçons qu’ils t’infligent.

    Et pour cette fessée, ils sont 3. Un putain de trio qualitatif… Avec au chant le premier guitariste chanteur de l’excellent groupe Yyrkoon. Tout de suite, ça place l’ambiance et le niveau. Pour autant, bassiste et batteur ne sont pas en reste. Croyez-moi, Crocodeath est un nom à retenir. Juste un EP à leur actif, qu’ils défendent sur scène de façon décontractée et pro.

    Rajoutez à cela le petit gimmick « dansé », celui du piétinement crocodilesque et vous avez un set qui illumine votre visage d’un sourire qui sous-titre « mais c’est bon, ça ! ».

    C’est donc la seconde fois que je les vois. Ils confirment la première bonne impression que j’avais eue. Un set excellent – où je déplore le son de la caisse claire un chouïa trop claire pour moi – qui amène le premier Wall of Death.

    « C’était très bien. J’ai adoré. Le groupe était bien. Le son était bien. Le seul point, c’était un peu tôt. Je suis pas encore assez dans l’ambiance pour aller devant la scène. Mais c’était vraiment très bien » – Alan

    Galerie photos de Crocodeath :

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    Incinerator

    Non mais qui vois-je sur scène ? Ne serait-ce pas l’un des organisateurs du festival ? Mais oui mais oui, j’ai bien vu un Romain !

    Bon, d’accord, je ne vais pas jouer l’étonnée, je le savais et de fait, j’attendais de les voir. Avec Incinerator, on passe dans le côté obscur du Thrash Metal. Ou plutôt le côté lumineux du Metal, laissant au Black l’obscurité dont il aime se parer… Tout est question de point de vue. Mais laissons ces considérations de côté et retrouvons le quintette du 44, avec une bassiste et une batteuse !

    Je ne connais pas tant que cela le Thrash Metal, je dois bien l’avouer. Cependant, ce que je vois sur scène, ce sont 5 personnes qui se connaissent, qui prennent un plaisir fou à jouer ensemble et qui arrivent à nous le recracher dans des morceaux bien acérés. Tout le monde semble relax, cool, signe d’un travail en amont pour en arriver à cette facilité.

    Quand on parle de côté lumineux du Metal, c’est bien sûr les riffs qui rentrent tout en s’envolant. Exit la lourdeur du Death Metal. Ici, on cherche des solutions, on envoie du pâté et on kiffe. Un big up au chanteur qui tient la scène de main de maître.

    Galerie photos de Incinerator :

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    Repurgator

    Je pourrais vous refaire la même que pour Crocodeath, savoir « ahhhhh… Repurgator… ». Ici aussi, ce n’est pas la première fois que je les vois sur scène. La première remontant à la release party du dernier album de Circle Ov Hell. Et si on creuse, on pourra aussi se dire que certains membres, j’ai également pu les voir dans d’autres formations (Elisirius au Samaïn Fest, par exemple).


    En septembre dernier sortait leur premier album, Fovea Inferno, signé chez L’Ordalie Noire, dont vous pourrez retrouver la chronique sur notre site. Et le peu que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont le vent en poupe. Le public les suit et depuis septembre, les scènes où j’ai pu les voir les font grandir à chaque fois.

    C’est donc un groupe assez jeune, mais à la volonté acérée qui vient délivrer son Death Metal devant un public qui peine à bouger. Pour autant, et malgré quelques petits soucis, notamment sur le dernier morceau, les 5 gars réussiront à embarquer le public. Et notamment Nicolas de Thrashocore, réellement sous le charme. Écoutez ce qu’il en dit :

    « Malgré les petits pépins techniques – mais ça arrive à tout le monde – ça groove tellement… C’est du Cannibal Corpse en plus groovy. Et en plus, ils sont sympas. »

    Galerie photos de Repurgator :

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    Brokenheads

    Allez, hop ! Retour vers un Metal plus Thrashisant, s’il vous plaît !

    Ça ne vous est jamais arrivé de croiser une personne et de vous dire : « on se connaît, non ? ». Et vous cherchez, vous cherchez… Mais ça ne revient pas. Mémé et ses pertes de mémoire, mazette ! Car c’est ce qui lui est arrivé… Sur scène, l’un des guitaristes, Mémé l’avait déjà croisé, mais dans une toute autre aventure, celle d’un clip… (enfin, je crois, j’ai encore quelques doutes). Par contre, ce qui ne fait plus un pli, c’est que désormais, c’est fixé : il joue dans Brokenheads !

    À la batterie, on retrouve Céline, pour qui ce sera le dernier concert avec la formation. Une fois annoncé, une petite émotion est palpable.

    Le groupe va essentiellement jouer leur dernier (et premier, par la même occasion) album, « Waiting for the End », dont l’artwork magnifique est signé Laurent Fièvre. Mais ils proposeront quelques nouveaux morceaux dont le dernier qui va déclencher headbangs dans le public. Cassage de nuques de vue !

    Galerie photos de Brokenheads :

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    Tanork


    Tanork, ou le petit groupe qui monte qui monte qui monte…

    On commence à connaître la chanson, enfin ma chanson : Tanork, j’ai eu l’occase de les voir, notamment à la Breizh Death Metal Party à Ploërmel. J’avais également chroniqué leur album, en son temps. Tanork, dans le cadre de ce festival en faveur du réseau Diwan, était une évidence même, puisque les jeunes qui composent le groupe en sont issus, même s’ils sont plutôt région rennaise. Cette année 2025 (et rajoutons 2024) est véritablement l’année de leur explosion. Vous pourrez les retrouver à l’affiche du Motocultor , ainsi que sur la Hellstage et au Muscadeath !

    Leur particularité, hormis d’avoir des compositions Death très efficaces, est d’avoir des lyrics en breton. Ah ça, on est Diwan ou on ne l’est pas ! Mais… je me dis que tout le monde ne connaît peut-être pas le réseau Diwan. Explications : ce sont des établissements associatifs laïcs, gratuits et ouverts à tous, sous contrat avec l’Education Nationale, qui proposent un enseignement du primaire au secondaire en immersion totale dans la langue bretonne. Ces établissements sont gérés bénévolement par des associations d’éducation populaire, et ont donc besoin de soutien, notamment financier, pour pouvoir développer des projets.


    Tanork, malgré la grande jeunesse de ses membres (d’ailleurs d’un duo, ils sont passés au trio) et la création du groupe en 2020, a déjà un EP et un album à son actif. Ils ne chôment pas, c’est le moins que l’on puisse dire. Se partageant le chant, Melaine et Efflam savent comment emmener le public. Ils se démènent sur scène, mais cela ne semble pas être un souci, plutôt un way of life. Et dans la salle, ça répond ! Les premiers slams arrivent. Il faut dire qu’ils ont leur fan base !

    Tanork, c’est d’une efficacité redoutable, façon Death US ! Ne les ratez pas lors d’un passage sur scène, ils vont vous en mettre plein la vue.

    Galerie photos de Tanork :

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    Nervous Decay


    Ahhhh… Nervous Decay… Mais non, je ne vais pas recommencer, c’était pour la blague. Cependant, je peux tout de même annoncer les avoir déjà vus, il n’y a pas très longtemps, lors de la Release party de Circles Ov Hell… Et pour vous dire si j’ai apprécié ou non, je vais simplement mentionner le fait que je me suis ruée sur leur merch pour acheter leur album.


    À la croisée des chemins, Nervous Decay propose du Death Metal que certains pourront dire mâtiné de Thrash, quand d’autres vont avancer le côté technique du Death, sans toutefois tomber dans du Tech Death tel qu’un Vitriol peut le concevoir. Vous l’aurez compris, Mémé est fan ! Et je suis toujours scotchée par la présence scénique du bassiste (vous irez vous replonger dans les live reports où on retrouve Nervous Decay, Cryogenical Excision…)

    C’est à une machine de guerre bien rodée qu’on a affaire. Ce sera sans concession. Ils connaissent leur métier, ils savent ce qu’il faut faire pour déclencher chez le public de quoi pogoter ou slamer.

    Peut-être l’aurez-vous remarqué, mais lors de la première annonce de l’affiche de ce Metal Noz 2, il y avait Joël BatS qui devait intervenir. Ayant déclaré forfait très peu de temps avant, c’est donc Nervous Decay qui a pris la relève, non pas au pied levé, mais pas loin.

    Galerie photos de Nervous Decay :

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    CHOUCH’N MOLOTOV

    Du forfait de Joël BatS, CHOUCH’N MOLOTOV prend la tête d’affiche. Ils nous promettent un verre de Chouchen à la fin du set, qui sera assez court. Ce qui n’est pas anormal, vu qu’on est sur un set de Punk/HxC… Ça envoie, ça en bouche un coin, ça embouche nos « ah ! », « oh ! » et autres « yeah ! ».

    Du Chouchen en cocktail survitaminé. Ça n’a pas fait un pli. Certes, il ne restait plus beaucoup de monde sur cette fin de festival. Il était assez tard… Et de nombreux bénévoles étaient partis se reposer pour assurer la journée du lendemain, moins Metal like. Malgré tout, les warriors restés jusqu’au bout ont pu boire cul sec le punk crossover qu’ils nous servent de façon très énergique.

    Riches de 2 EP, le 3ème sort en juin. On a hâte d’entendre ça. En attendant, on reste avec les images du set qu’ils nous ont proposé. Et croyez-en Mémé, CHOUCH’N MOLOTOV, ça vous immerge et submerge !

    Galerie photos de CHOUCH’N’MOLOTOV :

    *

    Voilà, il est temps pour Bruno et moi de retrouver notre voiture et rentrer en terres Finistériennes. C’était un sacré bon moment, dont on repart avec chacun une bouteille de Metal Noz, une bière spécialement brassée pour l’occasion. De petits festivals de la sorte, on rêve de les soutenir. Alors vous devriez tous faire de même !


    Bravo Romain, Killian, tous les bénévoles et l’équipe Skol Diwan Gwenrann. Ce fut un plaisir ! À l’année prochaine ?