Genre : Punk Black Zouk Love Label : 25 C€ntim€t€rs Records Sortie : 1er Avril 2025
Note : 100/100 (WvG)
Quand certains se contentent de ne pas aller au fond des choses, avec Black Metal Romance, on tient du lourd, du puissant et pour autant, de l’engagé, avec leur nouvel album intitulé Pute Réfaction.
N’en déplaise, le mélange et la mixité, en bref la partouze sonore, c’est l’avenir de la (re)production. Et le groupe, du moins le seul membre qui s’agite sur ce projet écrit à une main, l’autre étant sûrement occupée, ne fait pas les choses à moitié puisqu’on ressent des influences diverses allant de la poésie punk au Zouk Love, ce qui lui donne un aspect à la fois coupé (en deux grandes parties, pour cet album) et décalé car dansant, ne laissant pas de temps de latence entre chaque piste, collées serrées l’une à l’autre.
En effet, Riton le Sauvageon (il semble que l’auteur compositeur souhaite rester sous couvert d’anonymat mais a bien choisi son pseudo eu égard à la violence musicale qu’il nous inflige) ne fait pas dans la demie mesure puisque, loin de nous proposer l’EP foireux de début de carrière fait dans la longueur, la langueur et le sale. Conscient que « plus c’est long, plus c’est bon », il étend sa verve pendant une quarantaine de minutes sur dix titres d’une durée oscillant entre dix secondes (sur « Prépuce précoce ») et vingt minutes (sur « Faut qu’on parle… »).
[copyright Mémé Migou, live at the Pita Madre]
J’avoue que ma préférence est venue sur « La chatte à Tsamère », vibrant hommage qu’il rend à l’absurdité de la société de façon assez jouissive en réinterprétant de sa voix de gorge profonde qui pénètre dans le son les textes du facétieux humoriste. Car oui, son âme seule n’est pas sale mais son cœur aussi, ce qui l’amènera sur « Quart en barres » à dénoncer les excès (de vitesse, cf. « Prépuce précoce ») sur fond d’humour noir, tels que les mensonges autour de l’existence des dinosaures sur la face cachée de la lune ou encore le placement des I et des Y dans « ornithorynque » et « dithyrambique » dans une société dislexyque.
Mais cet album est avant tout autobiographique : la version radio edit de « Saulitude » nous parle de ses travers de dendrophile au travers de références à Jean-Jacques Rousseau et au mime Marceau, le premier vrai black metalleux qui a initié le corpse paint que le courant s’est indûment approprié tout en se foutant ouvertement de la gueule de KISS.
Ah Putain, c’est génial, c’est que d’l’amour ! Cet album est un must have pour tout amateur qui se couche quand d’autres se lèvent, et savent contrepéter. Je crie au génie : ce chef-d’œuvre ne pourra pas vous laisser de glace !
Tracklist :
Azy, (Riton) c’est bon (2:01)
Prépuce précoce (0:09)
Faut qu’on parle… (20:18)
Trop de blegh blegh (3:01)
Demie molle, c’est notre histoire, ensemble pour un braquemart (3:22)
La chatte à Tsamère (6:66)
Il était un foie (8:6)
Saulitude (3:59)
Laisse tomber les zobs (16:64)
Quart en barres (3:45)
Line up :
Riton le Sauvageon – presque tout, y compris la bombarde et le kazoo
Guests :
Jacqueline la Coquine – Voix additionnelle sur piste 1 (« Bonjour »),2 (« Maman m’avait prévenue (…) ») et 4 (« Cindy, tu sais, celle qui bosse à la compta, et bah son mec (…) »)
Où il est question du moule et du Metal, et de toute la publicité fallacieuse faite autour Un dossier de WvG
à lire, partager et commenter !
Très souvent, je me sens et me suis senti comme un makrout sur un catalogue Weight Watchers : pas à sa place. J’ai beau avoir les codes (que l’école ne m’a pas dictés, nan nan…), je n’en comprends pas une majorité, avec un bon gros syndrome d’usurpateur et un décalage temporel sur des visions qui semblent de bon sens pour le commun des mortels, soit en avance soit en retard… Une sorte de publicité mensongère sur pattes pour laquelle le cadre ne fonctionne pas sans arrondir les angles. Si je ne crame pas dix personnes au premier rang en entrant en dragster sur scène, certains diront cependant que « c’est rock » jusqu’à ce que je me suicide.
La question étant aujourd’hui, pour cet article, celle du moule et du Metal, ainsi que toute la publicité fallacieuse faite autour, tant venant de l’intérieur que de l’extérieur et des choix qu’on fait pour adhérer à la « famille » (on a déjà rigolé sur l’hypocrisie de ce terme galvaudé précédemment, je vous invite à lire ou relire ce précédent « papier »… et les autres… et les posts divers et variés de ce webzine… et mettre pouces bleus, cœurs rouges et autres avis de passage Colissimo qui vous conviennent).
« Je suis celui qui pénètre votre cerveau. Je jouis dans votre hémisphère droit. Votre désir ne vous appartient plus : je vous impose le mien. C’est moi qui décide aujourd’hui ce que vous allez vouloir demain. L’idéal, serait que vous commenciez par me détester avant de détester l’époque qui m’a créé. » (99 Francs)
La publicité, toute mensongère soit-elle, c’est avant tout créer une admiration, une adoration, une adulation, une envie, un besoin, un sentiment d’appartenance. « Le grand standing, c’est tout ce dont il a envie, ça passe mieux quand tu portes un Giorgio Armani» pour citer IAM.
Ça crée aussi et surtout de l’espoir, un espoir parfois aveugle qui tue plus qu’il ne fait vivre, à base de promesses unilatérales et non tenues, voire de trahisons avec son lot de rancune et rancœur subséquentes. Je ne vais pas vous faire un listing des cas de figure des relations amicales, amoureuses, politiques, commerciales dans lesquelles ont lieu ce ressentiment, mais la déception sur le produit (on va rester à cette échelle) et les vices cachés sont moteurs de frustration, clairement. Si on voit le logo d’un groupe qui semble avoir été griffonné au Bic sous forme de ratures, on s’attend davantage à ce qu’un garde-chasse norvégien ait récupéré les membres du groupe, perdus dans une forêt lors d’un photoshooting, qu’à entendre du Glam. Le packaging a son importance. Mesdames, imaginez votre déception si on vous vendait le produit comme « vingt centimètres, dure » et en fait, c’est dix, molle ; messieurs, si vous êtes amateurs de poudreuse, visualisez la même situation… Même si l’essentiel demeure que ça glisse bien, on reste sur sa faim.
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Prenons l’exemple d’un webzine porté sur de la Musique Metal… Mais pas que ! (Complètement hasardeusement, hein, bien entendu…)
Vous vous attendez, lecteurs, à y trouver des vidéos, des chroniques, des live reports… du Metal extreeeeeeeeeme ! Et vous voilà en train de compulser cet article, qui n’a rien à voir avec vos attendus coutumiers sur ce type de pages dont le formatage habituel vous amène à penser n’y trouver QUE ce qui correspond à vos biais cognitifs. Dommage, ou tant mieux, fallait lire les petites lignes… et vous lisez celles-ci en ce moment…
Vous vous attendez, groupes, à ce qu’on ne dise que du bien de votre engeance maléfique, votre bébé Satan… Et bien… non. Enfin, pas forcément : si vous vous adonnez au jeu de la chronique, c’est aussi celui de la critique, aussi subjective soit-elle (et toute bienveillante, puisque tel ou tel rédacteur choisira un album qui lui convient plutôt que d’en prendre un random pour le saccager publiquement avec des saillies plus ou moins drolatiques). Aussi, si la variété et la quantité sont démesurées à l’heure où chacun peut produire sa propre musique depuis son Hewlett Packard, imaginez bien qu’un rédacteur fait des choix, soit par atavisme soit par intérêt, mais ne peut décemment pas tout traiter de manière efficace et a minima objective, le tout sans redonder.
[NB : On m’a demandé dernièrement de vulgariser des choses… Putain de bordel, c’est pas si simple quand on a envie de diversifier son vocabulaire. Aussi vous inviterai-je à acheter un dictionnaire pour chaque terme qui vous paraîtrait abstrus (celui-ci par exemple), que ce soit chez Larousse, Robert, Harpercollins… Voilà, j’ai cité trois marques, je reste dans le politiquement correct et la publicité à la fois.]
Contrairement à la poésie qui en est un beau, la publicité est un sale mensonge, un éjaculat d’étoiles dans les yeux avec un prix en € ou $, un agent immobilier à qui vous dites rechercher un appartement T3 en centre-ville avec balcon et salle de bains qui a bien compris votre demande et vous propose LE bien que vous recherchez… donc une maison de plain-pied en banlieue avec salle d’eaux (donc douche et chiottes dans la même pièce). Un univers merveilleux dans lequel on vous fait miroiter un monde meilleur, une religion en quelque sorte, dans lequel « le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous » (SNCF, publicité de 1942) …
Posées ces bases sur ce qu’est concrètement la définition de la publicité, je vous invite à vous ennuyer en lisant la partie suivante.
« Si nous posons les bonnes questions, nous pouvons changer le monde » (Dassault systèmes)
Le Metal est un vaste microcosme. On dirait un oxymore, hein ? Et pourtant, c’est teeeellement le cas qu’on en est à avoir une galaxie de sous-genres, dont je ne vais heureusement pour vous comme moi pas vous faire la liste exhaustive. Mais ça pose aussi la question de l’étiquette ; « c’est pô métole » – AKA « c’est de la merde » – diront certains de certains sous-genres dont les codes ne leur conviennent pas, heureux les imbéciles, mais ça indique bien que de base, le Metal a ses codes et en est un… ce qui amène donc à devoir se répartir dans ces catégories en fonction de vos influences ou de celles qu’on vous attribue.
Je pourrais vous donner des exemples journalistiques nombreux et dans de nombreux cas : la NWOBHM dont l’appellation est tirée des dires d’un journaliste par exemple, tout comme ce qui va donner les lettres de noblesse à l’ancêtre « Heavy Metal » pour lequel les origines divergent (ce qui en fait beaucoup à la fois, sacré gangbang) : tantôt d’un journaliste musical qui faisait références à l’artillerie lourde, tantôt aux paroles de « Born to be wild » de Steppenwolf, tantôt une citation de William Burrough, chantre du hippisme (rien à voir avec les courses de chevaux mais plus de cheveux) reprise par Ian Christe [j’ai oublié le nom du bouquin, ça remonte à loin…]. On pourrait parler aussi des catégorisations données par les groupes eux-mêmes pour se distinguer des autres mais en restant dans le crew (ex : Metallica qui dit faire du « Thrash », et hop, trademark sur un sous-genre, Rhapsody de même avec le « Hollywood Metal »).
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Jusque-là pourquoi pas, c’est un choix dans cette cosmogonie. La difficulté revient ensuite à nous, rédacteurs, et vous, auditeurs de comprendre 1. Ce qui fait les particularités de ce sous-genre (si tant est qu’on soit capable de vous les expliquer clairement) et 2. Vous les approprier pour, par la suite, dire avec affirmation et prestance que tel groupe fait de tel sous-genre (et le soutenir mordicus, of course). Admettons… c’est déjà bien chiant comme concept, mais admettons… Voilà donc où le bât blesse : qui fait (de) quoi et selon qui ?
Dernièrement, un long débat [émaillé de memes débiles et de vannes sur de multiples sujets, faut pas déconner non plus, on n’est pas si sérieux que ça, en vrai] a émulé le thread des conversations de la rédaction de Memento Mori Webzine sur le point suivant : tel groupe estampillé comme de style « sludge » par le label, alors que le groupe se revendiquait d’un autre sous-genre, est-il vraiment de ce courant musical… et finalement, c’est quoi les bayes ? Qu’est-ce qui fait qu’un groupe est de tel sous-genre, quels attributs sonores et/ou visuels… ? « C’est comme le Port-Salut : c’est marqué dessus » me répondrez-vous… Pourtant, s’il est assez facile de différencier les genres musicaux (je pense ne rien vous apprendre si je vous dis JuL VS Dying Fetus, j’imagine que vous distinguerez assez facilement les deux : le premier pond des trucs plus sales, infâmes et réguliers avec l’aval du public qui vénère l’extrême onction de sa fécalité que le second), cela l’est moins quand il s’agit des descendants plus ou moins congénitaux. Sachant que ledit groupe et sa revendication est forcément subjective, avec le choix de se présenter comme appartenant à ce sous-genre quand des codes peuvent te faire penser à d’autres, on ne sait plus qui de la poule ou l’œuf vient en preum’s. Bon, après, on s’en foutrait presque, tant qu’il y a des frites avec…
Pourtant, ça peut induire en erreur, au moins autant que si une quatrième de couv’ d’un Barbara Cartland te vendait un thriller… ce qui serait pour le moins exaltant, avouez : Beverley était éperdument en attente d’un signe de Steve, un rien qui lui enlèverait son doute sur ses sentiments inavoués… mais peut-être cache-t-il un lourd passé bien plus mystérieux qu’il n’en a l’air… Était-il espion, acteur porno pour des gonzo hongrois, livreur Ubershit en cavale ? Que de suspense…
Un autre sujet est venu dans la conversation, le « t’as changé, mec ». J’explique : au sujet d’un groupe dont le son et la structure des morceaux avaient changé ; on s’attend à quelque chose et ça sonne… moins authentique et plus formaté. Et étrangement, en lien avec le passage dudit groupe chez une major, problématique que nous verrons plus bas. Je me trouve face à ce genre de situation, similaire à celle que tous et toutes vivent sauf quand le cas du « je n’en attendais rien mais je suis quand même déçu » : ce regard plein de reproche face au gâchis. Fleshgod Apocalypse, pour recentrer mon explication, fait partie de ces groupes dans lesquels j’avais mis beaucoup d’espoirs parce que effet wow, depuis Agony, auquel s’ensuivront Labyrinth et King. Un groupe qui a fait le pied de grue pour intégrer l’écurie Nuclear Blast… Et depuis, coup sur coup, deux albums bof, Veleno et Opera, bien moins extraordinaires que ceux plus haut… et nettement plus formatés, loin des touches de génie de ces prédécesseurs. Je reste convaincu que ce n’est pas faute d’avoir des idées ou même d’être devant une page blanche mais surtout d’avoir cédé à la facilité en n’écoutant que les demandes du label… C’est bien ce qui m’a fait ne pas du tout en parler ni le chroniquer : devoir donner un avis négatif sur un groupe que j’ai adoré et dont j’ai moi-même fait la publicité. « Ne vous fabriquez pas de faux dieux, ne dressez pas d’idoles ou de pierres sacrées, ne placez pas dans votre pays de pierres décorées pour les adorer » dixit le Lévitique (un passage de la Bible donc… qui fait l’apologie de l’idolâtrie… hum…)
Bref ! (avec un point d’exclamation) Un avis, c’est comme un cul : tout le monde en a un mais on n’est pas obligé de le dévoiler en public, ce qui fait que je crée en ce moment un paradoxe (puisque je vous donne le mien aussi sale ou admirable soit-il) mais aussi que je vous invite à vous faire votre propre avis en allant découvrir les petites dentelles affriolantes qui se cachent sous un titre ou une appellation, même putassière, pour vous y reprendre à deux fois et trancher ensuite, entre « le bon grain et l’ivraie ».
Lors, « vous ne viendrez plus chez nous par hasard » (Total).
« Quand je fais de la purée Mousseline, je suis sûr(e) que tout le monde aime ça… » Non, en fait… parce que tout le monde n’aime pas la purée, particulièrement celle insipide de cette marque. Mais c’est aussi un choix, une différence, un goût, un esprit critique… et un marqueur de groupe social.
Assumer d’appartenir à un groupe social, c’est déjà quelque chose, particulièrement à celui qui nous concerne présentement. Se dire qu’également ça vous ferme des portes à d’autres groupes sociaux est une prise de conscience nécessaire et inéluctable : on (s’)applique des codes donc on fait un choix qui peut (nous) exclure d’autres « tribus » qui refusent ces codes, voire les honnissent avec force et véhémence, voire appliquer la « loi du plus fort » pour les mépriser ou éradiquer – c’est pas mal à la mode ce principe, en ce moment… ça rappelle des grandes heures de l’Histoire, hein ? Rappelez-vous les « zombies assoiffés de sang » (coucou M6, j’ai pas oublié) qui vont au Hellfest et apeurent les gentils voisins (qui depuis se sont rendus compte non pas qu’ils faisaient peur mais étaient surtout une source de revenu, hypocrisie, quand tu nous tiens…) C’est une image que le Metal a choisi de véhiculer, voire mettre en tête de gondole (pour rester dans la thématique publicitaire), voire exhorter à considérer comme vraie, au point d’en arriver à une généralisation des plus absurdes avec des poncifs du type « tu t’habilles en noir donc t’es un métalleux » [Ah ? Je savais pas qu’Ardisson était Metal…] Perso, c’est très clairement (et comme Ardisson d’ailleurs) parce que ça passe avec tout et (comme Einstein… ou Seth Brundle) parce que ça me fait chier de chercher une tenue différente à accorder chaque matin, j’ai du temps et de l’énergie à gâcher dans des tas d’autres tâches au moins aussi usantes chaque jour, plutôt qu’avec des branquignols de ce genre. Je ne vous ferai pas non plus la liste exhaustive des « on dit », je crois que vous les connaissez suffisamment…
Mais pour en revenir à cette notion de publicité et de territoire social de niche, faut aussi se rendre compte que le Metal, au tout-venant, bah c’est pas bankable… Ca vous laisse de nombreuses possibilités, toutes peu ou prou sans scrupules aucun, pour parvenir à votre but ultime : fortune et gloire. [Je repense à cette chanteuse Suisse aux dents longues, et désormais disséminée dans de nombreux projets plus ou moins de premier plan qui m’avait totalement snobé lors d’un concert où j’avais partagé la scène avec un groupe (et je remercie encore l’organisateur de m’avoir laissé cette opportunité) ; pas assez digne d’une simple réponse à mon « bonjour » certainement…]
Et le Metal n’est pas vraiment « le pays où la vie est moins chère » … Sauf cas assez rare (et désormais ancien) où après avoir été écrémé par la scène et la longévité, on pouvait et peut encore vivre de sa musique et ses royalties (Metallica a assez fait chier le monde avec l’affaire Napster quand le groupe était déjà millionnaire… mais bon, philosophie protestante US oblige, tu es ce que tu as gagné et ta réussite se montre en billets verts), on s’appauvrit désormais pour son « métier passion », ratio coût-dépense étant inverse – et on doit parallèlement renier ou abandonner toute idée de vie privée et/ou personnelle à ces fins – avec la quasi-certitude de, quoi qu’il en soit, y consacrer tout son temps et énergie sans rien en retour si ce n’est mourir pauvre, malheureux et oublié.
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Balavoine chantait « je veux mourir malheureux pour ne rien regretter », c’est un choix de vie, un sacerdoce… que certains ne sont pas enclins à subir ; bien qu’issus du monde Rock et Metal, et réalisant assez vite que ça ne leur rapportera pas un kopeck, certains artistes (talentueux en majorité mais arrivistes surtout) renient leurs origines culturelles et musicales pour les paillettes et les strass.
Petit aparté, pas tant hors sujet que ça mais hors cadre Metal : je déteste Gims. Aucunement question de goûts musicaux mais de philosophie. N’en déplaise, ce mec est talentueux, musicalement : bon chanteur, bon musicien, etc. Mais emprunt de cynisme affiché, il assume clairement de faire « de la merde » pour se faire de la thune, et ça, ça me dépasse (on parlait des codes en préambule, pour ma part et sans être japonais, le Bushido est le mien, et ça en sort totalement).
Pour en revenir au précepte, il en est nombre qui, pour le besoin de briller, choisissent de renier ce qui fait leur ADN musical pour « exister » au regard du plus grand nombre. Et d’autant plus à une époque où le paraitre a gagné sur l’être, l’image avant l’idée… Vous, par exemple, vous êtes sur des RS : c’est pour rencontrer et dialoguer, ou mater des photos et bitcher ? Regardez même le fonctionnement de ces RS : on ne crée pas/plus : on fait du « contenu » (TikTok, Youtube, etc.) ; on est sur Instagram, on voit des images défiler, mais lisez-vous le texte en dessous et avez-vous remarqué que ce qui devrait être des liens URL ne le sont pas… parce que ce n’est pas la fonction de ce type de RS, et surtout pas de promouvoir d’autres pages internet…
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Les trompettes de la renommée ne sont pas toujours assez puissantes pour abattre le mur de Jéricho. Si certains styles musicaux ont des passerelles, d’autres sont aux antipodes. S’il semble assez cohérent qu’un Garou ou un Renaud Hantson [ou Balavoine, cité ci-dessus] arrivent du milieu Rock pour se retrouver dans la Comédie musicale, ou l’Opéra Rock, ça semble déjà moins évident pour des Tryo qui, issu de la scène Punk Hardcore, ont opté pour du plus consensuel Ragga-Reggae et en faire un hymne de campagne publicitaire et une manne financière… Et tout ça pour quoi ? Qu’on se rappelle d’un seul album, leur premier ? Toute étoile qui brille encore devant vos yeux est probablement morte depuis des millénaires et si le « quart d’heure de gloire » que tout le monde recherche selon Warhol est devenu un crédo, il ne faut pas oublier qu’il est aussi éphémère que la carrière de Magalie Vaé… Combien de vaillants soldats sont morts connement en pensant devenir des « héros », terme tout autant utilisé à tort et à travers que ceux de « prise d’otage » lors des grèves de la SNCF ?
« Tous sortis du même moule, du même œuf… » (Lofofora) Peut-être que c’est ça, dans le fond, le problème : vouloir mouler à la louche et faire disparaître les aspérités, en édulcorant. Matmatah, Les Fatals Picards, nombreux sont ceux qui ont perdu (vendu) leur âme et leur identité à des majors par choix, pour se rendre plus accessibles à tous… avec le risque de ne plus être ce qui a fait leur spécificité. C’est un pari très risqué… Pour revenir à la scène Metal, regardons ce qui s’est passé avec des groupes qui ont voulu s’adapter au public et non le contraire : Metallica et leur Saint Anger (parce qu’il faut sonner comme KoRn), Dream Theater et Octavarium (parce que Muse est en odeur de sainteté), Rammstein et Reise Reise (parce que code de Universal Productions), In Flames et Siren Charms (qui a justement cédé au chant des sirènes de Century Media pour « élargir » (la rondelle de) leur public aux Metalcoreux) …
Pour moi, le pire et plus mémorable exemple emblématique de « faut pas vendre son âme au diable » reste et restera celui des groupes estampillés Roadrunner (Warner Music, donc) qui ont eu comme producteur Ross Robinson quand KoRn a eu le vent en poupe. Saturne dévorant ses enfants… Des Soulfly, Machine Head, Fear Factory au son et la composition clonés sur KoRn… Putain, quelle hérésie !!! Et le vent passe de la poupe à la proue pour ces groupes qui vont devoir traverser le désert et en sortir en se sentant « comme un ver de terre dans le sable ». Oui, t’as fait un choix, t’as signé un contrat… mais peut-être que chier sur ce dit contrat, te barrer et assumer ton intégrité était la meilleure des idées… On ne refera pas le passé : ça a servi de leçon à certains, d’autres se sont fait bouffer, ainsi va le monde en termes de vanitas vanitatis… Je n’aime pas plus KoRn que ça mais ils ont leur son, leur identité, qui a eu son succès certes mais je n’ai pas envie que Metallica sonne comme KoRn, parce que c’est Metallica et si je veux du KoRn, j’irai écouter KoRn…
On en revient à la question déjà abordée dans un précédent article de l’évolution musicale d’un groupe : qu’est-ce que nous, auditeurs, attendons d’un groupe/chanteur/artiste ? La même chose qu’avant ? La même chose qu’un autre ? Autre chose ? (Mais dans ce cas, autant chercher un autre groupe.) Et il devient de plus en plus difficile de rester intègre et ne pas « ressembler à » …
C’est finalement sur ce point que je vais achever mon propos : le « ressembler à ». Et la problématique de l’étiquetage… Oui, c’est évident, on ne peut que « ressembler à », parce qu’on a tous et toutes des référentiels et des comparatifs, qui nous aident naturellement à classifier dans tous les domaines de la vie courante, du pratique au futile, de l’essentiel à l’accessoire, de l’image d’Epinal à la triste réalité, de l’utopie à la dystopie. Mais est-il impossible de se sortir les doigts (et les yeux) de ces a priori pour s’ouvrir au possible ? Je pense que non. Rien que le fait que vous ayez cliqué sur ce lien et soyez arrivé à cette conclusion étaye mon propos : la publicité aurait pu être mensongère [je ne sais pas au préalable quels arguments de vente vont orner la publication de cet article] que si le décorum vous vend du rêve (ou de la référence à vos codes), vous avez cliqué, « hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère », par curiosité tout aussi malsaine que celle d’un « HornPub » plutôt que son pendant officiel dans lequel on joue davantage de flûtes que de trompettes.
Bref… « Venez comme vous êtes » !
PS : c’était totalement gratuit pour Dying Fetus 😉
Et voilà, c’est r’parti ! Il va sérieusement nous faire chier avec un sujet sérieusement chiant en nous demandant sérieusement de réfléchir… Est-ce bien sérieux ?!
Eh non, tas de naïfs ! Aujourd’hui, on fait dans l’insoutenable légèreté de l’être – ou sa lourdeur selon votre point de vue – puisqu’on va papoter dérision voire autodérision dans le Metal, tout en gardant un fond sérieux et explicatif malgré tout, faut pas déconner non plus… Confère un précédent article sur le premier degré [cherchez et vous trouverez… sinon relisez les précédents papiers pour retrouver… ou même les autres posts sur cette page], il est indispensable de jouer de la dérision, d’autant quand on est un grand méchant bre-som métalleux…
Humoristique veut-il dire « beauf » ? Non… pas besoin de montrer son cul ou faire des blagues pipi-caca ou de mecs bourrés pour que ça soit drôle (coucou Ultra Vomit et Alestorm). Aussi paradoxal que ça puisse paraître, l’humour, c’est sérieux, ça se travaille, ce n’est pas du talent mais des années d’études, d’observation, d’entraînement, etc. Autant on devrait pouvoir rire de tout avec tout le monde, autant on ne rit pas avec l’humour… ou alors on en rit, n’importe quel autre sentiment, ressenti, ou ressentiment. Et le Metal, comme n’importe quel micro ou macrocosme se doit d’avoir le recul nécessaire pour ne pas sombrer totalement dans ses propres clichés tout en les assumant, quelle que soit la finesse dudit humour ou même comment faire sourire. Et parfois, ça prête à rire, ou ça cherche à le vendre. Je ne vais donc aborder, et pas m’attaquer puisque les unTRVE ne m’intéressent pas, pas davantage que faire leur promotion, le prisme de ce qui fait sourire parce que… parce que c’est drôle en étant sérieusement fait.
On va commencer par se mettre en joie avec ceux qui misent sur l’humour et la dérision comme blason.
Évidemment et en premier lieu, j’aurais pu partir sur Ultra Vomit, référence franchouillarde imparable dans ce domaine. Et donc, non, je ne le ferai pas… Il y a encore quelques années, oui, je l’aurais fait, parce que leurs compositions étaient fouillées, référencées voire ultra référencées, donc réfléchies et travaillées (comme je vous disais plus haut, l’humour, c’est sérieux)… par exemple un « Kammthar » qui cherche à parodier Rammstein, en ayant réfléchi ses codes musicaux et esthétiques, poussant jusqu’à travailler l’accent allemand et le texte pour cadrer, là, je dis oui… Objectif : thunes et Panzer Surprise sont deux pépites dans ce domaine, même si le second commençait à virer vers ce que je craignais… Mais ce groupe a fait le choix, que je trouve donc hypocrite, d’une forme de populisme et de lourdeur dans leur humour, qui ne fait plus mouche mais se fait moucher par beaucoup (moi inclus, par conséquent), un choix de facilité navrant que ce soit dans les approches, dans les blagues, ou même dans la structure de leurs compositions. Donc, stop…
Cependant, dans l’idée de la parodie très réfléchie, je vous propose Nanowar (of Steel). Rien que le nom référencé prête à sourire. Ça fait quand même quelques années que ces italiens sont dans le game, du temps où Jamendo, site sur lequel je les ai découverts, existait encore (c’est dire si ça date…) Et ils continuent leur petit bonhomme de chemin avec professionnalisme dans le sujet. Et leur renommée va suffisamment loin pour que des sommités dans le milieu musical leur apporte soutien et participation dans la dérision et l’autodérision (Fabio Lione pour une parodie du groupe dans lequel il a pris part et exercé de nombreuses années, Rhapsody ; idem pour Joakim Brodén dans une parodie de Sabaton sous forme d’un commentaire de match de foot).
Le travail du groupe est sérieux et réfléchi et, par exemple dans le cas de « Norwegian Reggaeton », réussit à faire marrer en mélangeant des codes et genres musicaux qui semblent aux antipodes.
Le tout en restant bien en tête… En temps que fervents pratiquants, je vous recommande également « Valhallelujah »
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Le mélange des genres semble incongru… Ce qui est totalement paradoxal quand on décortique la constellation de sous-genres du Metal qui mise en partie sur les métissages musicaux… Oui, oui… même les plus « sérieux » sont inspirés de musiques on-ne-peut plus sérieuse, dite « savante », sous les approches spectrale, microtonale, dodécaphonique, etc. À part si ledit groupe que vous affectionnez à repompé sans réfléchir le style de son mentor, le mentor a probablement pris le recul nécessaire sur sa composition musicale, son mode et ses sources d’inspiration pour être/avoir été novateur.
À une époque où le métissage Metal-opéra semblait porter à sourire voire rire (ce qui est encore le cas pour les plus teubés… pardon, « ouverts » de nos cons-génères), il y a eu un très célèbre fake, qui persiste encore – malgré la révélation de la vérité – tellement il était crédible, car bien foutu, bien mixé, bien réfléchi… Celui d’un featuring de Luciano Pavarotti sur « Roots, bloody Roots » de Sepultura. Je ne vous cache pas, comme Fox Mulder, j’ai voulu y croire… Bon, par la suite, le sous-genre Metal symphonique a déployé ses ailes, et tant mieux, puisque celui-ci s’est élargi à plein de dérivés Dark, Death, Black, etc. (Septicflesh, Fleshgod Apocalypse, Dimmu Borgir, etc.)
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C’est justement ce qui est intéressant avec le Metal : des codes tellement ancrés dans la mémoire collective qu’on peut facilement jouer avec et les détourner. C’est aussi un genre qui évolue avec son temps et sa technologie ; qui aurait cru il y a vingt ans qu’on pourrait aujourd’hui avoir du CyberMetal et qu’on utiliserait des IA pour corriger des fausses notes voire écrire un morceau sans son provenant d’un instrument joué avec ses propres mimines ou cordes vocales ?
On va donc remonter dans le temps, il y a quarante ans… avec un album de Metallica… mais réfléchi comme il y a soixante-dix ans !
[NB : si vous préférez le disco, il y a aussi le Black Album dans ce style, ou si vous souhaitez opter pour la synth-wave, allez écouter « Du hast » de Rammstein dans cet esprit.]
Évidemment, ce n’est pas le premier cas d’arrangement de Metal dans un style musical différent. Pour expliquer rapidement, le principe de l’arrangement est de reprendre un morceau avec des instruments, des grilles d’accords voire un style musical différents des originaux (pour l’orchestration dont on ne parlera pas dans cet article, la réponse est dans la question : faire jouer par un orchestre). C’est justement le fond de commerce de Richard Cheese, qui en a fait son fonds de commerce avec des reprises swing jazz (à l’image de Paul Anka pour certains titres mais ce n’est pas sa spécialité).
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L’évolution de la technologie permet désormais à tout un chacun de trafiquer des morceaux sur la base des enregistrements préexistants, avec un minimum de connaissances techniques.
Ce qui permet la création du mashup !
Il va de soi qu’une oreille musicale ne sera pas de trop pour mélanger des morceaux distincts et les accommoder. Nombre sont des échecs parce que leur auteur ne l’a pas et sait juste appuyer sur des boutons, comme David Guetta ou le fameux « DeeJay » automatique de WinAmp il y a quelques années de ça, faisant fi de l’harmonie, la mélodie ou le tempo, en gros les bases de la musique.
Je vous propose donc un des – selon moi – plus réussis dans le domaine :
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L’oreille, c’est aussi traître. Vous aussi vous laissez de plus en plus abuser par la déformation des sons au point de ne plus savoir si c’est un solo de guitare électrique ou de clavier (ça a été mon cas sur l’intro de « Octavarium » de Dream Theater en son temps).
Mais c’est moins perturbant quand vous avez l’impression d’entendre des grosses conneries. Je ne vous ferai pas l’affront de vous poster ci-dessous celle du « Durch den Monsun » de Tokio Hotel mais restons chez les métalleux avec une de Six Feet Under.
Comme quoi, le growl, on pourrait faire sa liste de courses que personne n’y verrait rien… Si vraiment vous avez du temps à perdr… occuper, ou que vous considérez que « ce soir, j’ai les pieds qui puent », je vous invite à aller farfouiller cette chaîne :
L’image bre-som… L’image tout court en fait… Difficile de faire original avec des codes aussi établis… dans l’image du groupe autant que celle de ses clips… Entre les blackeux qui se sentent obligés de se perdre en forêt sans GPS ni électricité (mais des guitares) et les coreux qui cherchent des usines désaffectées pour faire tournoyer une caméra en traveling montage cut serré à vous foutre la gerbe, il y a des codes… Mais si on s’amusait à détourner les clips ?!
Allez, je suis sympa, je vous propose deux exemples rigolos car bien foutus ci-dessous.
[Oui, je sais… qui utilise encore Dailymotion… mais impossible autrement.]
Malheureusement, je n’ai pas retrouvé celui des Guns n’Roses qui chantaient la « Merguez Party » mais… sachez que ça a existé…
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Puisque l’image est importante, pour cette dernière partie, regardons des images… et les sons qui sont censés être visibles à l’image, pas le « off ».
Alors évidemment, il y a les pas-gentils-qui-se-moquent en pourrissant radicalement – mais tout en restant synchro – la bande son sur la bande image. Le principe même du « shred » (donc rien à voir avec la pure technique guitaristique).
Et quitte à se foutre de la gueule des clichés évoqués ci-dessus, voici un groupe qui est son propre cliché :
D’ailleurs et pour faire le lien avec le paragraphe suivant :
Parfois (et ça marche dans de nombreux autres genres musicaux), l’image seule est suffisamment absurde pour faire marrer, même sans être détournée. On entre forcément davantage dans la logique de réalisation filmique (long ou court métrage) mais cherchez les incohérences entre ce que vous voyez et entendez… En voici un exemple, soit le même morceau que juste avant :
L’idée du « musicless » en tant que descendant « sérieux » du shred, c’est ça : les images et ce qu’on est censé entendre réellement en synchro avec le « in », ce qu’on voit à l’écran. Idem, si vous avez du temps et de l’ouverture, allez essayer des « Gangnam Style » ou « Chandelier » en musicless, ça devrait vous décrisper les zygomatiques.
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Comme je l’énonçais en préambule, l’humour (et en faire), c’est sérieux… Il faut un concept qui tienne la route et ne jamais tomber dans la facilité ou la flemme, au risque d’en perdre en qualité (ou de racoler un « public qu’on mérite »).
S’il y a bien un auteur qui réfléchit ses parodies, c’est celui-ci, qui va se frotter avec intelligence à des références musicales dans tous les coins du Metal :
L’idée dans ce cas est aussi de réinterpréter les originaux, simulant le riffing voire le grain d’origine et adaptant les paroles à la thématique. Oui, c’est du boulot, en effet.
Arrivé à cette (douloureuse) conclusion, il va de soi que je n’ai que survolé le sujet, tant la notion même d’humour est infiniment subjective et difficilement définissable… car subjective… Et votre subjectivité vous poussera peut-être à vous exclamer : « Mon Diable, quel blasphémateur ! Il a osé moquer publiquement notre religion !!! Brûlons l’hérétique !!! Burn the witch !!! »
Pour citer Philippe Caverivière, lors de l’anniversaire des dix ans du massacre à Charlie Hebdo *troulouloouuu trouloulouuuu et autres bruits de langue-de-belle-mère et de cotillons explosifs bulletproof* : « L’humour, c’est comme le fist fucking : si t’es pas mort, c’est que t’es pas allé trop loin… » En cas de réclamation, je vous prierai, par décence et par avance, d’apporter la vaseline.
Reprenons un peu ce tour du monde métallique, puisque je vous ai déjà parlé de la Chine, la Slovaquie, etc. Aujourd’hui, de retour d’un périple italien, je vais vous brosser à la gomina un live report sans musique de Venise… Enfin, sans musique, il va de soi que c’est un peu l’objectif d’un article de cette trempe sur ce média et ce webzine qu’est Memento Mori mais vous allez comprendre pourquoi ma remarque au fil de mes pérégrinations lagunaires.
Venise est une ville à part, une sorte de microcosme. Coup de bol, mon agoraphobie n’a pas trop morflé : les nuages étaient plus nombreux que les âmes sur ces cent-dix-huit îles reliées par quatre cents ponts, les véhicules, exceptés les gondoles et les navettes sur le Grand Canal, y sont inexistants, les « rues » (puisque les vénitiens n’ont pas de rues mais des « calle » ni de places mais des « campo » ou « campiella » à l’exception de LA place Saint Marc) aussi étroites qu’une paire de fesses face à son premier toucher rectal. Bref, hors saison de carnaval ou d’été, c’est plutôt vide – c’est bien le point positif que je vais relever.
La bouffe y est bonne, même s’il faut aimer les fruits de mer, hérétique parfois (sérieux, on critique la pizzananas mais on peut y manger de la pizza… aux frites ou au kebab ! Putain !), gustative souvent (les pana cotta aux coulis variants selon le restau). Petite reco pour le ristorante Al Pozzo Reverso (patron accueillant, bonne bouffe, un peu paumé dans le labyrinthe de ruelles à l’attribut aussi éloquent que celui de « dei assassinati », mais prix modiques par rapport au reste de la ville). Quitte à être dans une ville où le spritz et le café coûtent moins cher que la flotte, autant se rincer et, tant qu’à faire, dans un des plus vieux café du monde (1790), le Florian, et s’envoyer un cappuccino – même si culturellement, j’ai blasphémé : passé midi, on ne boit plus que du café ; le capu, c’est le petit déj’.
[Ne vous laissez pas abuser, c’est juste un « prima plata » et l’assiette est creuse…]
Venise est une ville du paraître et surtout du visuel… On aime se regarder, se montrer… L’apparence avant tout… C’est d’ailleurs mon premier point noir… Tout est misé sur cet aspect. Et c’est une sorte de philosophie, allant de l’image que la ville a voulu se donner à celle qui est ancrée dans les esprits au point de ne venir QUE pour se montrer. On vous vend de la peinture, de l’architecture, de l’histoire de la République… de la marque de luxe, à tout niveau, des ors qui ornent les masques ou autres accessoires carnavalesques aux fresques et peintures, jusqu’aux vendeurs de cosmétiques et de fringues. Certes les rues sont étroites, mais suffisamment larges pour laisser une « avenue des Champs Élysées » où l’on trouve des Longchamp, Vuitton, Chanel pour les frenchies mais aussi des Versace, D&G, Gucci pour les transalpins… Et surtout une multitude de stronzi et cagne qui ne sont en ville et ne bouchent ces artères étroites que pour faire des photos devant les échoppes ou la piazza San Marco sans même faire l’effort d’échanger un mot en langue locale, au point que cette ville ultra touristique ne fait plus l’effort de t’accueillir dans sa langue natale, et semble étonnée quand a contrario toi, touriste lambda, fait cet effort linguistique. Et niveau accueil, c’est tout ou rien : soit tu es accueilli comme un prince, soit on te fait clairement comprendre que tu fais chier. Autant dire, pour ma part et face à un vénitien polyglotte, je suis un ricain (personne même francophone n’a commencé à me parler en VF) et junkie (si on se fie à la nouvelle occasion de contrôle à la douane – y a qu’en Italie que ce genre de conneries m’arrive).
Donc… arrivé à ce point, on parle tout de suite nerf de la guerre (commerciale) parce que ville touristique. Le luxe et l’image de luxe, ça se paye. Et, putanna, comme on traduirait mal, ça douille : imaginez des tarifs parisiens doublés ; si vous avez un rein ou un PEL qui ne vous servirait pas trop, c’est l’occasion, spécifiquement si vous aimez Véronèse et le verre de Murano.
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Voir Venise… Et mourir…
Oui, je sais, normalement on dit « Naples » mais j’en profite pour placer le diptyque de Jean Van Ham. Mais c’est surtout parce que, oui, visuellement et historiquement, c’est intéressant et sous le signe du soin porté à la qualité, si tant est que vous sortiez des spots touristiques sur lesquels on vous engraine (je résume : gondoles, Pont du Rialto, Place Saint Marc) pour vous vendre du masque en plastique made in China et du magnet Venezzia.
Dans ce cas, si vous êtes à l’ancienne avec des cartes Michelin et un bon sens de l’orientation, respect ; sinon, merci GoggleMaps (malgré son imprécision) parce que c’est un dédale. On s’y fait au bout de quelques heures/jours mais aller du point A à B en ligne droite est quasi impossible. Concrètement, c’est petit, mais dans les faits et la marche, c’est grand.
[Venezzia Vice City]
Cependant, en farfouillant, on tombe sur des pépites, particulièrement dans le quartier de l’Académie : des fabricants de masques originaux et créatifs (comme à La Ricerca) allant du plus classique au steampunk, du papier vénitien, des artisans locaux verriers (enfin, locaux de l’île d’à côté puisque Murano et son verre blanc et ses facteurs sont isolés de Venise intramuros pour des raisons politiques et économiques sur décision d’un doge).
Sur Venise même, beaucoup à voir dans le domaine pictural mais il vaut mieux aller sur les îles voisines pour avoir la quintessence de l’Histoire et la manufacture. Murano et ses verriers, une qualité et une précision imparable (des maîtres verriers capables – et obligés vu le matériau – de vous pondre un vase ou un cheval en une minute au chrono), propose une diversité de styles et de techniques par des experts ayant nécessité une formation de plus de quinze années et seuls les meilleurs sortent du lot : comme disait une des démonstratrices, soit tu es maître, soit tu restes assistant ; se distinguer est donc essentiel. Burano, petit village de pêcheurs avec deux mille trois-cents résidents, reste assez éloigné, en autarcie, et se distingue même de loin par la kyrielle de couleurs de ses habitations (au passage, plein de maisons à vendre si ça vous dit). Z’est choooli. Torcello, île-ville à l’origine de la Venise actuelle puisque c’est ici que se sont amassés vingt mille personnes et sur laquelle subsistent… dix personnes, présente une architecture préchrétienne avec une basilique… mais surtout un stand à boisson, ce qui a paru nettement plus intéressant aux badauds – je vous ai dit que j’étais misanthrope ? Non ? Bon, voilà pourquoi…
Dans Venise, il y a les classiques Basilique Saint Marc, Palais des Doges, Pont du Rialto, Pont des Soupirs… et les petits à-côtés (certainement) plus intéressants comme le « Ponte delle Tette » ou Pont des Seins, là où les prostiputes affichaient leurs boobs pour attirer le chaud chaland ou le musée Da Vinci, puisqu’il a séjourné dans le cité des Doges le temps de sortir ses meilleures inventions militaires (dont le futur char d’assaut), le plus intéressant de l’exposition étant surtout la fabrication de ses inventions, restées à l’état de schémas.
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E la musica ?
Autant être très clair d’entrée de jeu dans cette partie, niveau musique, Thomas Mann a résumé ma pensée : c’est Mort à Venise. Le sujet qui devait le plus m’intéresser en est le plus absent ! Damned ! Gabrieli, Monteverdi (le « père » de l’opéra), Cavalli, Vivaldi (le « père » du concerto ») … QUE DALLE !
Vous entendrez vaguement – et pour le touriste qui lâche sa thune – un gondolier chantonner, éventuellement accompagné par un guitariste (même pas une mandoline), une répétition duetto con organo hasardeuse à la basilique Sainte Lucie, un fond du « In Paradisum » du Requiem de Fauré en mettant le pied dans une petite église, quelques notes d’une cantatrice émanant du conservatoire proche, du Eros Ramazotti au petit déj’ à l’hôtel… Et sinon ? En ville, niente !
Pire, la Fenice, opéra mythique à plus d’un titre ironique, il numero due après la Scala de Milan, est à peine indiqué sur les panneaux (qui préfèrent te donner la direction des spots à touristes) ; le seul que j’aie vu se trouvait sur un mur face à l’hôtel où j’ai séjourné, à deux pas de l’édifice si sélect que pour une place (déjà toutes vendues) pour Rigoletto, il faut allonger deux-cent-cinquante euro. Et pourtant, niveau « ze plèce tou bi », on est pas mal : création des principaux opéras de Verdi, lieu de résidence de Maria Callas (au point d’avoir une aile et un pont à son nom) …
[Plus d’un millier de places assises dans la version étendue de la salle]
Un petit musée en hommage à Vivaldi dans une église désacralisée pour lieu de reconnaissance, et ne contenant que des instruments de la collection privée d’un maestro…
[Des modèles de contrebasses ayant été utilisées dans l’orchestre de Vivaldi père puis fils, donc LE Antonio]
Partant de ce précepte, je vous simplifie la lecture : à Venise, niveau Metal, tu dead ça, baby.
*
Le marchand (de disques) de Venise
Faut dire que rien n’est particulièrement mis en branle (double) pour les musiciens : deux-trois luthiers, deux enclaves où trouver une guitare, à l’intérieur desquelles les vendeurs semblent tellement étonnés de t’y voir mettre les pieds qu’ils sont sur le qui-vive… La vendeuse de Mille e una nota désespérait de voir un client passer la porte, semble-t-il.
Quant à la musique enregistrée, c’est simple, il y a deux disquaires sur place, dont un généraliste. Le second, Living in the Past, porte bien son nom, du contenu de l’échoppe à son singulier tenancier, Sergio (pas trop fan d’interviews), bloqué dans le Rock jusqu’au Metal des années 70 à 90, avec principalement des raretés en vinyle et CD.
…
Comme j’en ai déjà parlé, mes étapes dans un pays étranger sont la télé (habitude de la langue et sa prosodie), la bouffe (les spécialités culinaires, forcément, ça forge un estomac si tant est que la tourista ne s’en mêle pas) et… la musique/les arts (donc la musique pour ma part). « Alors quid du Metal ? » me direz-vous à raison, puisque c’est à ces fins que vous lisez un article sur Memento, pas pour me soutenir vous déblatérer mes odyssées.
L’Italie est pourtant pourvue d’une quantité assez incommensurable de groupes dans des sous-genres tout autant diversifiés. Et la Vénétie… aussi ! Dans ce cas, on se prépare une playlist avant de partir.
Donc ! Je vais évidemment vous proposer un petit florilège de produits locaux, en essayant de sortir un peu des sentiers battus par les majors de l’industrie mais, la scène étant foisonnante (en particulier Vérone et Vicence), je vais devoir limiter les propositions qu’à la Venise territoriale et aux groupes encore actifs. Je sais que vous l’attendiez avec une impatience palpable même au travers des bits qui nous séparent…
On va essayer de trier un peu par sous-genre (j’ai essayé de penser un peu a tutti) :
Pour le BM, voici Arcano Pensiero (tout en italien), Dodehender, Rovi (projet solo).
Pour sa version symphonique, voici Fourth Monarchy, Yass-Waddah et Obscura Qalma (en italien également).
Toujours dans le BM, expérimental, voici Eneth. Puis Chaos Luciferi (en italien) pour l’atmo. Enfin L’ordre du temple pour sa variante Folk.
Tournons-nous vers le Death en faisant un pont – un de plus pour Venise – avec le BM et Askesis.
Pour le Death en lui-même, voici Membrance, puis sa version Technical avec Miscreance (probablement déjà connu des puristes) et Necrosy, et pour sa mouture Mélo, voici Hobos, From the Shores (aux teintes Metalcore) et Sein (ou « tette » en italien si vous avez suivi).
Doucement, allons vers le Thrash en transitant par Cattivator of Death (en italien aussi), puis dans le vif du sujet avec Merciless Attack et Scyther. Et parce que rien que le nom est fendard, un petit Crossover avec Danny Trejo.
On calme un peu le jeu avec du Doom et ses variantes. Funeral Ground (nom adapté, n’est-il pas ?), Maya Mountains, Kröwnn, Holyphant et Muon.
Du Grindcore ? Mais bien sûr ! Y en a aussi (oui, oui, je vous disais : y a de tout !) : Stench of Profit.
Retour aux sources, l’Italie est une offre prolifique de Heavy, surtout mélodique. Quelques exemples avec Hextar, Phoenix Rage, Order of Minerva et (Thierry) Ardityon.
Pour finir, les quelques perdus dans la masse, avec du Shred guitar hero 80’s, Alex Masi, du Folk avec Vallorch (que vous connaissez sûrement d’une édition quelconque du Cernunnos), du Prog avec The Moor (que vous connaissez peut-être déjà) et on se perd avec Lachaise et son Sympho Goth.
…
Mais… dites-moi, Micheline ! Il n’a pas parlé du tout de Sympho et de Power ?! Eh oui, désolé mais il n’y en a pas sur Venise… Je comprends votre déception…
…
…
Mais il y en a sur la région !!!
Et voici donc, pour le Sympho (dans le pays de l’Opéra, imparablement, ce serait le comble de ne pas en trouver), je passerai sur Rhapsody mais je vous propose le side project de Fabio Leone, son ex-chanteur, Eternal Idol, et Afterlife Symphony, mais aussi du Power avec White Skull (dont je vous ai certainement déjà entretenus) et ses variantes Folk avec Arcana Opera et Forod Lad. Pour finir, la variante Prog avec Hollow Haze et Twintera.
Et voilà, bambine, je m’en retourne à mon sofa tel un pochetrone, en espérant avoir été un artigiano di qualità avec ce petit tour métallique local. Mais pour faire le bilan, je vous recommande la Toscane dans son ensemble et la Vénétie en tant que région pour ce qui est de la culture musicale qui vous tient aux tripes : si Capri, c’est fini, Venise, c’est pareil sur ce pan.
Le Metal dans l’Empire du Milieu Un dossier de WvG
N’hésitez pas à réagir, amender, échanger…
Ni hao à tous…
Puisque le 15 février, c’était la Saint Pangolin, et aussi parce qu’on a reçu de la demande – oui, y a des gens, au moins un, assez fous pour l’évoquer –, je vous propose présentement de faire un petit tour dans l’Empire du Milieu. Fort de plus d’un milliard quatre-cents millions d’habitants, il va de soi que je vais vous faire une sélection de groupes locaux assez courte mais garantie 100% ouïghour-free et suffisamment quali pour que Shein ne vienne pas me pomper mes idées pour en faire des t-shirts que vous achèterez à prix modique, dans la splendeur non du dragon rouge mais de l’éthique verte…
Commençons de suite avec Ordnance et son Thrash, histoire de briser le mur qui nous sépare ou la Grande Muraille si vous préférez, avec leur troisième album, Tear down this Wall, de 2014 :
De fait, les clichés me font marrer ; c’est pourquoi je vous propose un groupe au nom totalement stéréotypé, pour enchainer du Thrash au Heavy avec Dog Släyer, un groupe pékinois aux sonorités évoquant le bâtard de Skid Row, Iron Maiden et Anthrax, sur leur album Unrighteous Warfare de 2021 :
Évidemment, comme toute grande puissance qui se revendique, il est vital que le pays ait son folklore et son pagan. Si hélas je ne puis vous proposer le groupe Pagan, avec son éponyme Pagan, on va aller chercher du Pagan (Metal) quand même avec son pote Folk, en train de picoler – normal, me direz-vous – car le pouet-pouet n’a aucune frontière… et j’avoue toujours être déçu qu’aucun groupe français ne se soit lancé dans le Musette Metal mais…
Bref, et glou et glou avec Alcohol Dance (je vous épargne les idéogrammes) de Coiviealda, EP paru en 2020 :
Il y a des références déjà exportées, comme Ego Fall et le chant de gorge de Mongolie, donc je vous propose de retourner sur des sentiers battus par les Huns… ou The Hu, si vous préférez, avec le cinquième album de 2023, Golden Blood de ce premier :
Je vous propose de rester dans cette teinte musicale, avec les instruments locaux, comme le ehru en l’occurrence (le violon chinois si vous ne voyez pas de quoi je parle) avec un groupe de Folk Death Sympho instrumental, Dark Moon, et leur unique album de 2021, Ten Temples Yama Prison :
En amateur de Sympho, je ne pouvais pas ne pas vous proposer, même si « cé po métôle », de passer sur ce sous-genre avec Stars Seedling, et leur album de 2022 au titre traduit en VENG Our final Era, chanté en chinois avec des teintes folk et BM :
Restons dans le Sympho, mais davantage BM – ça y est, on revient sur des pistes « extrêmes » qui vous conviennent davantage – avec Dark Ring et leur second album Kissing the Ring of Angel paru en 2024, aux teintes Cradle ou Dimmu dans l’esprit :
Dans la continuité de cette route de la soie métallique, passons à Nether World Annihilate qui propose un BM sympho assez proche de ce que Dimmu ou Siebenburgen auraient pu proposer, avec leur seul album Suite from Hell de 2021 :
Je vous perds, je le sens… On va revenir sur du plus traditionnel… Mais pas tout de suite… Encore un petit shot de baijiu avant de revenir vomir ses tripes, je vous laisse dans la version symphonique, mais Black Death, avec Horror of Pestilence, leur second album datant de 2018 est intitulé Calling to the King of Black – me dites pas que je ne fais pas d’effort, hein… En plus, la charte graphique va tout à fait du côté des deatheux :
Bon, allez, assez rigolé, redevenons sérieux, pour les TRVE, je vous propose un groupe au nom français (c’est hype, entre les Pénitence onirique ou Pensées nocturnes…), Chute du Soleil et du BM sale « à l’ancyaine » sur leur EP de 2020 – comme quoi, même confiné, on peut toujours enregistrer dans ses chiottes, y trouver le son idoine, et en faire une production Wuhan-proof – avec un titre tout BM comme il faut, The Gate of Void Abyss :
Ce n’était qu’un répit ! Revenons sur mes terres, celles de la mélodie et l’harmonie supportable par mes oreilles de boomer réac, avec Armor Force et leur deuxième album de 2024, au teintes Melodeath et Folk, intitulé Crusade of Umbra :
Un petit peu de Death Mélo ? Je vous en remets une goutte ? Pas de souci, avec Burnmark et leur EP de 2016, qui déboite plutôt dans une approche qui évoque Arch Enemy ou In Flames mais plus Metalcore, Dying Glory :
Bien… Je ne pouvais pas finir cet article sans proposer ce qui me convient le plus – peut-être vous aussi, sait-on jamais – avec du Power. Je finirai donc avec deux groupes qui tiennent la route dans le domaine, Anduril, qui n’a sorti qu’un EP, prometteur pourtant, en 2017, Soul Alchemist :
Et donc, le plus stable, Barque of Dante, au nom qui tombe sous le coup de mon actualité (dont je parlerai bientôt, bien sûr), avec leur quatrième album Columbus de 2023 :
Si la question est de savoir si je suis taquin, sans faire de chinoiseries, la réponse est Vouiiiii !!! Donc, il reste un groupe que je ne vous ai pas présenté parce que… taïwanais. Mais disons que, sooner or later, ça redeviendra la Chine donc… Allez, on va conclure avec un petit Chthonic, toujours en activité depuis 1998 et neuf albums au compteur, toujours aussi efficaces :
Xièxiè d’avoir tenu jusqu’au bout, la route a été longue mais si des grands explorateurs ont tenu le coup pour vous trouver des raccourcis (en se plantant de route, soit, mais…), il ne reste que quelques ponts à franchir.
L’Amour (le gras, le lourd, le poisseux) et le Metal Un dossier de WvG
à lire, savourer, partager, débattre !
Ah là là, mes chéris chéris… Vous y croyez encore au summer body ? Pas la bonne période pour y songer, c’est plutôt celle où on prend du lourd, du gras… On bouffe, on bouffe, on bouffe… Et on enchaîne Noël, le Premier de l’An, la Chandeleur, la saison de la Raclette qui a débuté, la Saint Valentin, Pâques, etc. Oui, la Saint Valentin ! Non, je ne parle pas de la partie du sacro-saint restaurant et des chocolats mais de ce qu’on est censé déguster ensuite, la sainte Trinité cul-bite-chatte, pour rester dans le lourd et le gras. Ouiii ! Vous avez compris qu’aujourd’hui, on va faire dans la poésie -2.0 ; les metalleux sont peut-être de grands romantiques MAIS aussi des gros dégueulasses, au même titre qu’un personnage de Reiser, et ça parle de fesse et plus si affinités dans nombre de chansons de par le monde. [Alors que pour perdre du gras, rien de mieux que se faire un jeune intermittent… et c’est là tout l’intérêt de l’accent circonflexe pour éviter toute confusion malhabile.]
En voici donc un petit florilège pour vous mettre en jambes et en préliminaires divers et variés avant de passer à table, AKA « la chambre à coucher » (ou tout autre endroit qui vous siérait pour assouvir vos pulsions (pro)créatrices, de la machine à laver en cycle essorage à la chambre rouge de votre club libertin favori). Et autant dire qu’on va aller caresser de près, limite frotter, tous les pans de l’univers Metal parce qu’aucun sous-genre – à part peut-être le White Metal… et encore : tu prends Jésus en bouche – n’échappe ou ne s’attache (et s’empoisonne) à traiter du sujet de manière plus ou moins (Mötley)crue.
[NB : prévoyez de cliquer sur « j’ai plus de 18 ans » de multiples fois au fil de cet article… Pas pour cet article en lui-même, vous assumez votre âge, hein… Perso, je me dégage de toute responsabilité, vous êtes censé.e.s être majeur.e.s et vacciné.e.s (oui, ce jour, je me sens d’écrire en inclusif… et je me sens loutre aussi… mais ceci est une autre question à ne pas vous poser, sachez juste que c’est pour en faire chier certains et amuser d’autres 😉)]
Comme on dit dans le milieu artistique, « c’est bien de remplir une grosse salle, c’est mieux de se rappeler son prénom » alors entamons de suite cette partie tout en finesse – normal pour une partie fine – et en couleurs (de muche) avec ceux qui ne font pas dans la dentelle ni la crinoline et ne cachent pas les enjeux sessuels de leurs morceaux, avec des paroles très premier degré [NdlR : Et là, on vous renvoie vers l’article concernant le Premier degréchez les Metalleux!]. Il serait tellement facile d’entamer et disserter avec Steel Panther que… non. Hé, hé, hé… Trop simple, trop évident.
Allons plutôt tâter des teutons avec Rammstein. Un « Bück dich » [trad. lit. « Penche-toi »] étant déjà assez explicite, un titre trop germanophone ne touche pas assez de monde donc autant internationaliser la partouze : « Pussy », sur Liebe ist für alle da, est nettement plus fédérateur. Le clip aussi d’ailleurs… Bon, ici vous n’aurez que la version censurée/floutée, hypocrite pudibonderie étasunienne oblige, mais sans trop de souci vous trouverez la version classée ex-Twitter sur le Net.
Il va de soi que (Till) Lindemann ne saurait résister même dans sa carrière solo à évoquer l’acte copulatoire, le cul étant la seconde valeur essentielle après le fric « si j’ai bien lu Freud » (Coluche). Le porn de « Pussy » étant finalement trop soft, passons à plus musclé, le goût et l’arrière-goût de vos périnéens sans chocolat post-Noël avec la douche dorée de « Golden Shower » sur Skills in Pills.
D’autres Allemands, plus juvéniles et rigolards, apportent leur mouvement de hanches à la tarte à la crème, Edguy, avec « Lavatory Love Machine » sur Hellfire Club. Quoi de mieux que le fantasme de l’hôtesse pour s’envoyer en l’air ?
« Si les ricains n’étaient pas là, vous seriez tous en Germanie ». Après cette pénétration tout en douceur, juste pour mon cœur, dans le topic, on a parlé de la Germanie (pas encore de la Germaine mais ça ne saurait tarder), passons le mur de l’Atlantique, voire le continent suivant entier puisqu’on va chercher la prochaine partie du coté de Los Angeles… Tout un voyage initiatique, en somme.
Bim ! Direct ! « Wild side », sur Girls Girls Girls de Mötley Crüe, dont on parlait en préliminaire… Une bouche bien ouverte m’a soufflé au creux de l’oreille que cette chanson qui cite voire parodie nombre de prières catholiques parle d’une sainte, la sainte Nitouche, avec pour anecdote la relation « passionnée » entre l’un des membres les plus tendus du groupe et une petite jeune inscrite en école catholique qui se laisse happer par la tentation. Bon… qu’attendre de plus ou différent d’un groupe qui mise sur la provoc et le côté « horny » comme fonds de commerce.
Tommy Lee, batteur du groupe ci-dessus, ne faisant pas que dans la vidéo de qualité médiocre avec Pamela « Barb Wire » Anderson pour occuper ses vacances sans Arlette à Malibu, il va reproduire le schéma Mötley chez Methods of Mayhem sur l’album éponyme avec le titre « Get Naked » et une télécommande bien proéminente sur une bande-son digne d’un bon gros peep-show avec foultitude de samples pompés au Rap west coast.
D’ailleurs pour rester dans la zone californienne et le sunlight de Venice Beach, on peut aller vers les Guns n’Roses. Un « My World », qui conclut Use your Illusion 2, est suffisamment clair sur la thématique avec force râles et gémissements :
Mais le groupe sait aussi se montrer plus métaphorique dans son approche avec un « Rocket Queen » tiré de leur Appetite for Destruction. Axl Rose raconte que cette chanson est une sorte d’hommage à une fille qui voulait fonder un groupe éponyme au titre de la chanson… bon… les paroles parlent davantage d’envie de la pousser à monter sur autre chose que la scène.
Toujours à L.A., WASP et son Blackie Lawless de leader posent la main sur le sujet, et sur sa teub particulièrement avec la séance fantasmagorique de « Animal » au sous-titre explicite « (fuck like a Beast) » présent sur l’album éponyme du nom du groupe.
Mais Blackie ne fait pas que dans la branlette de manche puisqu’il remet le couvert sur la table et sur ce même album avec un touchant « L.O.V.E. Machine ».
Enfin, sur cette Côte Ouest, le long du grand Pacifique où les vagues défient le temps (si t’as la réf, c’est que t’es trop vieux), il y a le vent, l’haleine et le Van Halen. Le groupe comme le guitariste et son frère qui en sont membres, propose un grand classique sur leur premier album éponyme – décidément, j’aurai rarement autant employé ce terme – avec le morceau « Ain’t talking ‘bout Love » qui en effet ne parle pas d’amour… mais de cul.
*
Les Américains… Nus comme des vers ou court-vêtus d’une peau de bête, faut que ça parle de boule… et de kinks… de doms, surtout.
Non… toujours pas de Steel Panther, ni de slip panthère – je vous ai dit : trop facile… En guise d’introduction, mettons le doigt sur (dans ?) Manowar, des mecs couillus, quoi, Onan le Barbare. Forcément, ça doit aller sur le terrain aussi huilé que leurs pecs de la sexualité, même occasionnelle. Exemple le plus parlant, « Pleasure Slave » sur Kings of Metal, suffisamment explicite dès son ouverture, avec cris et chuchotements nettement éloignés de ceux du bouquin de Bergman.
Habitué des kinks crados ou pas, on embraye avec un expert dans le domaine du sexy plus ou moins attrayant (en tous cas suffisamment pour séduire la burlesque Dita von Teese), Marylin Manson, avec « User friendly » sur Mechanical Animal, dans lequel on inverse le rôle dominant-dominé et madame prend les rênes en main et chevauche.
On reste en Ohio et l’électro avec Nine Inch Nails et leur « Get down, make Love » (pas trop besoin de traduction, hein) sur Pretty Hate Machine, reprise plus sale que l’originale des Anglais de Queen déjà pas mal sensuelle. Le groupe de Trent Reznor fera une autre reprise arrangée sur le « Sex Dwarf » de Soft Cell, point commun avec Manson qui reprendra « Tainted Love » de ce même groupe (chanson qui est déjà une reprise, donc c’est une reprise de reprise…)
« Tourné vers l’Est, rien de nouveau » mais on retourne petit à petit sur sa côte, celle qu’on n’a pas réussi à s’ôter pour pratiquer l’auto-fellation à l’image de la rumeur pas fact-checkée sur Manson. La Dark Romance étant au goût du jour, on va rester sur cinquante nuances de gras ici, même si la scène Dark Gothic de New York fait plus sobre avec Type O Negative et au choix « My Girlfriend’s Girlfriend » et le saphisme et triolisme (sur October Rust) ou un « Machine Screw » très hot qui introduit l’album Bloody Kisses.
Le futur cinquante-et-unième état n’échappe pas à l’idée d’exposer ses gosses en public puisque le Canada par la voix de Chad Kroeger et son groupe Nickelback propose de faire du « S.E.X. » où tu veux quand tu veux, en particulier sur un Dark Horse plutôt qu’un caribou.
Revenons sur le vieux (in)continent, au Royaume-Uni en l’occurrence, terre natale du Metal. Et là, on va avoir du choix dans la date, tant ce petit monde est fécond en grivoiserie affichée peu ou prou en pleine figure.
On commence la faciale dans la série « Tu le sens, mon gros beat », avec les plus langoureux Def Leppard. Si la rythmique du batteur qui n’aura que du chocolat à moitié incite à l’ondulation du bassin, et il y a des cas où ce n’est pas si évident d’y mettre un pied (surtout s’il est petit), on peut prendre le sien sur celle-ci agrémentée de paroles coquines comme sur « Make Love like a Man » (Adrenalize) mais particulièrement sur « Pour some Sugar on me » (Hysteria), invitation à la léchouille par de gentilles ingénues.
En effet, la NWOBHM n’est pas exempte d’évoquer le cul, de manière moins « rentre-dedans » que le Nouveau Monde, plus subtile en somme, et des groupes comme Iron Maiden ou Judas Priest vont aussi faire du suggestif. Si « 22 Acacia Avenue » (The Number of the Beast) n’est pas le titre le plus sexuel de Maiden, il évoque quand même une courtisane prénommée Charlotte qui invite à monter chez elle, pas forcément gratuitement. Judas Priest, quant à eux, font dans l’allégorie méca-nique, la sensation de la moto, avec « Turbo Lover » sur Turbo (et son clip bien dégueulasse, dans les images plus que dans les allusions, de facto).
Vers cette même période naît le Black Metal, sous l’égide de Venom, qui propose y compris dans ce genre non pas le coït au nom de Satan mais de faire mumuse de manière régressive et écolière dans un « Teacher’s Pet » sur Black Metal. Bon, le morceau est davantage teinté blues hard rock queutard mais… un détail de l’histoire…
Toujours dans cette période, Dieu est (encore) vivant : Lemmy Kilmister. Avec Motörhead, il va proposer sur l’album Orgasmatron le morceau éponyme – oui, encore – et ses paroles des plus cash… comme un pamphlet anti-religieux surtout, mais présenté sous un aspect allégorique seksuel sur une rythmique mid tempo incitant au va-et-vient… Cependant, comme j’ai une préférence pour la reprise de Sepultura sur Arise…
Pour revenir davantage à des groupes « récents », on peut faire un saut par le Metal moderne de Bullet for my Valentine, de bon aloi pour cet article que vous lisez probablement encore d’une main ou d’une autre. « Fever », de l’album… Fever, traite de striptease, Matt Tuck ayant probablement une main occupée lui aussi.
Et pour finir avec la perfide Albion, partons dans le BM sympho avec Cradle of Filth. Il y a de la variété, aussi ne vais-je m’attarder que pour la plus éloquente « Scorched Earth Erotica », sur Eleven Burial Masses, qui oscille entre érotisme et cannibalisme selon l’interprétation.
Le reste de l’Europe ne l’est pas, en reste, pour évoquer le coït plus ou moins en profondeur.
On commence par le BM des Autrichiens de Belphegor qui vont en faire leur petite apologie BDSM avec « Sexdictator Lucifer » sur Bondage Goat Zombie (oui, on dirait presque que le titre a été choisi par un générateur d’idées random)
Ou encore Ghost – « c’est pas métole ! » … mais j’aime bien n’en avoir rien à battre que ça soit « métole » ou pas selon vous – qui va organiser sa messe noire grandguignolesque version Bible Black [vous trouverez assez facilement la réf sur Internet] dans un rituel à l’envers (ou l’endroit, ou dans le sens que vous voulez) de Satan dans « Monstrance Clock » sur Infestissumam.
« Du uc, du uc, du uc, à m’en déboîter la nuque… » La France, pays de lovers et du french kiss peut aussi apporter sa pierre à l’édifice, qu’elle soit maison de passe, close, club libertin ou autre (EHPAD ou Maternelle, par exemple).
Si vous possédez un cousin, vous savez que grivoiserie et graveleux lourdingue savent s’unir pour proposer un « Je ne t’ai jamait autans aimer », ode à la nécrophilie énoncé par Ultra Vomit, chantres de la poésie populaire (et apolitique) sur Objectif : thunes. C’est maintenant qu’on s’occupe de soulever la Germaine !
« Du lourd, du sale » selon le SCH du Palmashow, OK… Mais on peut faire un poil (de cul) plus fin dans l’approche, voire du coquinou avec Shaka Ponk et « Brunette localicious » voire « Sex Ball » (tous deux sur The Geek and the jerkin’ Socks)
On va remettre quand même une touche de sensualité dans les perversions avec Misanthrope et son « Humiliations Libertines » sur l’album… euh… presque éponyme Libertine Humiliations.
Après le french kiss, l’australian kiss (renseignez-vous par vous-même, comme on dit sur les pages de gens qui sachent). L’Australie, ce territoire où on se demande par quel acte crapuleux et quelle partouze improbable on a pu arriver à des animaux aussi étranges que l’ornithorynque… Moi je pense qu’un castor et un canard ont dû fauter quelque part, ce qui expliquerait que le castor ait la queue aussi plate que la Terre, mais cette réflexion n’engage que moi… Bref, qui dit Australie dit AC/DC, sans aucun doute. Et il y a foultitude de chansons du groupe sur la thématique, avec les prostiputes en tête de gondole, of course. [Anecdote : lors de je-ne-sais-plus quelle discussion avec une ex lointaine, elle m’avait dit « mais tu me prends pour une pute ? », ce à quoi j’avais répondu « mais qui te parle d’argent ?! »]
Alooooors… AC/DC, disais-je…
Les pululutes AKA « TdS », avec « Whole Lotta Rosie » encore avec Bon Scott au chant sur le debute album Let there Be Rock. Celles qui te refilent la chtouille sur « The Jack » (High Voltage) ou te secouent toute la nuit sur « you shook me all Night long » (Back in Black, donc plus Bon Scott mais Brian Johnson) après une petite pipe sur « Heatseeker » (Blow up your Video) qui finit, après avoir été trop touchée sur « Touch too much » (Highway to Hell) par se prendre du jus sur « Thunderstruck » (The Razor’s Edge). Ça fait beaucoup trop pour vous ? Vous êtes vraiment casse-burnes…
Et les filles dans tout ça ? Où sont les femmes, avec leurs gestes pleins de charme ?! Passives ou actives ? Actives, voire très, pour certaines qui prennent « les choses » en main, littéralement pour celles qui arrivent ci-après.
Lzzy Hale est une coquine… et elle en fait part avec son groupe Halestorm sur plusieurs morceaux : ça fait du seske dans « Apocalyptic » (Into the wild Life), « Dirty Work » (album… éponyme) ou encore « Love bites » [@JP : gnéééé a bites] (The strange Case of…)
Sabina Classen de Holy Moses est quant à elle trop bourrée pour niquer avec « Too drunk to fuck » sur World Chaos.
Doro Pesch, la daronne du Heavy et meneuse de Warlock, se montre, elle, plus sage mais suggestive sur « All Night » (Hellbound) ou « Love Song » (True as Steel)
Une qui, par contre, ne fait pas dans l’amour propre, mais l’amour sale, c’est Maria Brinks de In this Moment. On peut entamer avec « Whore » qui invite à lui mettre une fessée mais surtout « Adrenalize » (toutes deux sur Blood) avec une infirmière dont on n’a pas forcément trop envie qu’elle s’occupe de notre cas.
Vous aimez les « fêtes » commerciales ? Cool, c’est la Saint-Valentin et la fin des soldes. Au lieu de tomber dans le sempiternel bouquet de roses vendu à même le restau par un inconnu auquel vous répondrez gentiment « non merci, c’est gentil mais inutile : on a déjà baisé… », offrez à madame un womanizer, « parce que les fleurs, c’est périssable » et en plus, vous ne serez même pas forcé de suivre hypocritement une journée à thème sur un mec qui s’est fait hypothétiquement rouer de coups et décapité durant la Rome antique (comme quoi le Rome-antisme est mort) il y a plus de 1.700 ans… Ça, au moins, ça la fera vibrer pour l’occasion !
Allez, on oublie les Love actually et autres comédies à l’Histoire d’Ô de rose, on se dit directement que Harry va rencontrer salie, loin de l’empire décence, et on dégage tout de suite les assiettes de la table pour remettre le couvert.
Cadeau bonus, tout seing… sein… saint… bon, ceint de poésie franchouillarde :
PS : on me glisse, me susurre dans le conduit auditif avec des voix timbrées ASMR, que l’équipe se prépare à vous parler de Cyprine d’ici peu… On reste dans le ton général de cet article donc…
Salut à vous mes petits cale-son du conduit auriculaire. Pas de soucis, contrepétez en chœur avec moi si bon vous chante, on va s’occuper surtout présentement des « vieux cons » et du son sous ses différents aspects, et donc le prisme du « c’était mieux avant », générationnel des X encore survivants aux Béta qui nous survivront du moment que Trump n’aura pas annexé le Canada, le Groenland, le Canal de Panama, le… – z’avez vu le film Civil War d’Alex Garland ou Dead Zone de David Cronenberg ? Ils sont pas mal, hein ?
Bref, petit retour chronologique tant sur la Musique que les supports d’enregistrement, particulièrement sur ce dernier point puisque si vous êtes ici, c’est pas pour me lire déblatérer mes idées franchouillardes (donc de « gaulois réfractaire », alors que je suis moins gaulois que d’ascendance neustre voire norroise) anarcho-[ajoutez ce que vous voulez jusqu’à « islamo-gauchiste », j’en ai les testiboules qui font du tac-tac], mais faire des liens ténus avec ce genre musical qu’est le Metal et aussi comprendre comment et pourquoi on est « un vieux con », surtout quand on parle de son.
Pour faire simple, et introduire mon propos, plus vous êtes nombreux et bruyants, plus vous avez de pouvoir. Je pourrais vous faire cette constatation à l’échelle universelle, au sens vraiment littéral du terme, de l’atome au cosmos, mais on va microscoper et zoomer sur notre nombril personnel, celui de fourmi humaine.
La musique, c’est de la politique, qu’on soit dans l’opium du peuple ou le cri de révolte. Je vous laisse de bon gré insérer tel ou tel genre, sous-genre, style musical dans l’une ou l’autre des catégories, du rap français au Metal plus ou moins extrême, en ajoutant un « c’est de la merde » condescendant en suffixe selon votre bon vouloir à l’un ou l’autre des groupes auxquels vous pensez.
Reprenons les bases. *prend une voix de Père Fourras, ou Castor, chacun ses kinks* Dans les teeeeeemps ancieeeens… Ouais, c’est chiant en fait : parlons simple.
La fanfare… Que ce soit celle de la 20th Century Fox ou le thème des Avengers… Les Cuivres et les Percussions, c’est la Puissance, avec un gros P aussi lourd de sens que celui que vous pouvez lâcher dans un ascenseur empli d’autres êtres que vous-mêmes pour imposer votre présence et votre ascendant sonore et olfactif. Ce symbole remonte à aussi loin que l’invention du tissu, c’est-à-dire loin. De l’entrée des gladiateurs dans l’arène à l’armée féodale qui avance en rang serré, ou même l’entrée d’une sommité dans une salle prête à l’accueillir dans le plus grand faste – dommage, les bonnes habitudes se perdent, particulièrement quand la double porte vitrée automatisée du Carrouf s’ouvre et me laisse pénétrer dans son fief –, c’est un symbole bruyant de puissance. Soyons honnêtes, de l’hymne national à la présentation d’un super-héros, c’est nettement plus classe et représentatif avec une entrée « en fanfare » que sur un consort de flûtes à bec.
La puissance ou son image extérieure affichée par le nombre et le bruit – et la fureur, pour retourner sur l’aspect « gens qui parlent fort pour imposer leur point de vue » –, ça marche en tout point et tout instant [pas forcément les meilleurs pour les meilleures idées, mais je voudrais éviter de poser un point Godwin trop tôt dans mon laïus], de la harangue populaire et publique au Haka des plus tribaux, initialement tentative tribale néo zélandaise d’intimidation plus que folklore de l’Ovalie. Il va de soi que qui que ce soit dépositaire de cette puissance sonore évoque sa propre puissance. Si je reprends l’idée de l’intimidation, c’est aussi une intimation à l’adversaire plus ou moins belliqueux de ne pas tenter de venir chier sur la plate-bande [passante] du voisin au risque de se prendre une petite correction pas forcément des plus sympathiques ou agréables, sauf si vous êtes de la trempe des candidats au suicide. Ainsi, il semblait évident à tout un chacun en des temps reculés qu’avoir à sa botte un nombre impressionnant de musiciens sous son giron marquait un pouvoir politique proéminent, un « c’est moi qui ai la plus grosse » que Rocco Siffredi ne renierait pas, puisque c’est justement en Italie que je vais piocher mon exemple : bien avant le Rissorgimento de 1861, chaque petit royaume italien se tirait la bourre pour avoir LE musicien ou l’orchestre le plus imposant. C’est éminemment symbolique (et productif pour la musique puisque c’est par ce truchement politique-communiquant que naîtra l’Opéra), évidemment, puisqu’il faut réfléchir à une échelle budgétaire : le parent pauvre des finances, c’est l’Art. Clairement, économiquement, ça ne rapporte rien, pire, ça coûte du pognon. Ça peut fédérer et envoûter les masses mais du point de vue optimisation fiscale, c’est pas franchement un compte sur des îles offshore… Bref, ça coûte du pognon. Cependant, et justement, quel symbole de puissance ! Imaginez, votre adversaire sait pertinemment que sa puissance est avant tout militaire, donc s’il peut se permettre de mettre ses deniers (ou les vôtres, plutôt) dans l’investissement infructueux qu’est l’Art, ça veut dire qu’il a déjà bien plus de moyens que vous… donc une armée conséquente… donc qu’il ne vaut mieux pas trop tenter de lui chatouiller le rectum, sauf avec la langue et son aval. Et « sans maitrise, la puissance n’est rien », que ce soit pour votre pire ennemi ou vos Pirelli.
Certains dignitaires assez malins et avisés de cette vision ont tenté l’esbroufe, avec plus ou moins de réussite évidemment, mais le symbole reste fort et ancré dans la mémoire collective, au point que tous les exemples et contre-exemples que je vous ai proposés ci-dessus vous ont paru d’une logique tellement obvious que même le bon sens commun s’est pris sa petite fessée du « bah… t’es con ou quoi ? » face à l’évidence palpable que Captain America sans les Cuivres et les Percussions, c’est Barbie, et Mélenchon [ou Hitler, ça y est, je l’ai placé mon point Godwin] sans parler très fort voire crier/hurler… bah… c’est moins éloquent (et fédérateur) d’un coup.
*
Pour revenir sur un aspect plus politiquement-correct, observons donc l’évolution de l’Humanité sous l’aspect nombre ET puissance sonore en partant de l’orchestre à nos jours (et « notre » Metal).
Quand les puissants ont commencé à rassembler des orchestres, c’était avant tout à fins politiques, certes, mais cette démarche a perduré au fil du temps. Même si j’essaye de vous la faire courte (il y aurait tant et tant à dire), du solo du troubadour qui s’accompagne à la sonate en duo-trio qui s’étendra à la symphonie, pour orchestre donc, le volume va crescendo de manière significative et cohérente, avec cette idée sous-jacente de gain de puissance avec le gain de volume et de masse – putain, c’est bô, on croirait du TiboinShape… Mais cette notion va continuer même après que les compositeurs soient inféodés à un pouvoir politique étatique, mais à celui de ceux qui les leur offrent (par voix démocratique, semble-t-il ou paraît-il) : le peuple.
Si on aborde le sujet sur le pan de la nouveauté et de l’effet waoh, rappelez-vous pourquoi vous aimez le Metal et ce qui vous a fait l’aimer : c’est « extrême » (du moins selon votre biais cognitif et ses limites de connaissances) donc puissant et nouveau si on s’en réfère aux normes d’acceptation populaire (l’opium dont je parlais plus haut). Maintenant reportez ça à une échelle d’évolution de la Musique et de l’orchestre, voire à la fameuse saillie de Ted Nugent « si c’est trop fort, vous êtes trop vieux » : passée la Révolution française (et son impact sur les libertés diverses, sur un plan européen et occidental au sens large et de cette époque, octroyées au peuple, et donc aux artistes devenus « indépendants » du pouvoir mais davantage dépendants du nombre d’entrées), les compositeurs vont jouer du kikimeter pour créer l’œuvre toujours plus puissante, pas forcément émotionnellement mais en corrélation avec la puissance sonore. Les orchestres vont passer assez rapidement du simple au double en effectif, puis au triple, puis au quadruple, puis… exponentiellement… Regardons ce phénomène d’un point de vue acoustique et logistique : le syllogisme fait que un compositeur écrit une œuvre qui déboite son arrière-arrière-grand-maman > ça plait au public > il faut agrandir les salles pour accueillir plus de public > il faut plus de puissance sonore pour occuper cet espace sonore > c’est encore plus puissant, donc émotionnel > ça plait encore plus au public > on agrandit les salles pour en faire venir davantage > il faut combler l’espace acoustique > ad lib… On en arrive à des monstruosités de nombre de musicos pour interpréter des œuvres comme la Symphonie n°8 de Gustav Mahler, dite « symphonie des Mille » rien que pour le nombre d’instrumentistes-choristes sur scène (1029 en l’occurrence), sa création étant en date de 1910, donc plus d’un siècle de ça !
La logistique devient une problématique liée à la puissance… mais aussi les capacités humaines : vas-y, gars, tout soliste lyrique que tu sois, va jouer la guéguerre de puissance face à un orchestre de cent-soixante-dix gugusses qui ont un fortississimo indiqué sur leur partition… bonne chance ! MAIS… la technologie intervient et prend le relais : le micro et la diffusion sonore. Putain, cool, plus besoin de s’égosiller pour se faire entendre – du moins théoriquement et pour les « fragiles » ! Et en plus, plus besoin de sortir le PIB du Botswana pour les tour-bus… Avantage non négligeable : gain de place dans les salles de spectacle, avec la même puissance sonore… donc plus d’entrées d’argent… Mais il faut toujours créer l’effet waoh… donc toujours plus de puissance, donc évolution des amplificateurs, jusqu’à arriver, comme pour la voix à nu évoquée ci-dessus, à la saturation, saturation qui devient une trademark du Rock, puis Hard Rock, puis Heavy Metal, puis [ajouter tous les dérivés de Metal des plus extrêmes que vous connaissez ici] tant sur l’instrumentarium que l’aspect vocal, faisant passer le son par de nouveaux spectres : ceux du bruit. Et on en parle un peu plus bas.
La puissance, le pouvoir, le pouvoir de la puissance, c’est aussi et avant tout du pognon… Ahhh, le fric, la monnaie sonnante et trébuchante, le bizness… On parlait plus haut de l’impact à la fois sonore mais aussi financier d’avoir à sa botte des musiciens en nombre : tout ceci a un coût. Si ça s’achète et se vend, c’est qu’il y a un marché, donc moyen de se faire de la maille ! Comment rentabiliser l’Art, et donc la Musique ? En en faisant un produit, et tant qu’à faire en rentabilisant ledit produit sur des économies d’échelle et en créant l’offre et la demande simultanément.
Autant être très clair, la partition, y a mieux comme support sonore… Par contre, le rouleau et le microsillon, c’est un début et nettement plus accessible au tout venant – merci la technologie ! Revient sur la table le problème logistique ; la diffusion, c’est bien ; l’accumulation et la consommation, c’est mieux ! On remonte la capsule temporelle en 1877 avec Thomas Edison qui grave le premier rouleau de cire, le cylindre phonographique. Cool ! On peut enregistrer des sons sur un support ! Ceci amènera à de grandes réflexions scientifiques – théorisées par Woodbrigde en 1969, suivie (puis abandonnées) par le Prix Nobel Charpak puis récupérée par Hamp – sur le fait que si cette technique est applicable à un support volontaire, elle a pu l’être sur des supports involontaires et bien plus anciens comme les poteries antiques qui, décryptées, pourraient sur ce même principe de gravure contenir des sons d’époque (ou théorie logique de l‘archéo-acoustique), mais ce n’est pas le sujet du jour. Même si le concept est révolutionnaire, il n’est pas pratique : incapacité à dupliquer un exemplaire, problèmes de stockage, taille du matériel pour la diffusion, qualité sonore qui bouffe la moitié du spectre, etc.
On va donc faire évoluer ce support, et sa standardisation, vers un autre : le vinyle 78 tours. À comprendre que la diffusion de ce support doit effectuer soixante-dix-huit rotations par minutes pour être à vitesse réelle et ne pas altérer ni le tempo ni la hauteur sonore de l’enregistrement. Mieux… plus pratique… mais encore encombrant et pas super rentable : la qualité sonore reste encore médiocre, la capacité d’enregistrement oscille entre trois et cinq minutes, et un objet qui mesure entre vingt-cinq et trente centimètres de diamètre. On va garder le même format mais amener au 33 tours. Même principe de fonctionnement que le précédent mais capacité augmentée en durée parce que MICROsillon (donc économie de place pour un format similaire au précédent en taille) ; on passe donc à une vingtaine de minutes par face (le « long play » ou LP) en parallèle d’une qualité sonore nettement plus évidente, simultanée aux progrès technologiques dans la qualité d’enregistrement, celle des micros particulièrement : la fameuse « chaleur » du disque vinyle, expliquée plus bas.
Bien… mais ça reste encombrant et pas forcément super maniable… particulièrement quand tu es DJ sur une radio, que tu dois jongler avec des skeuds à diffuser. Si c’est pas pratique et de surcroît contraignant, ça demande des efforts, donc pas forcément l’envie de faire. En plus, c’est sympa d’avoir un album mais si pour une raison X ou Y on ne peut diffuser qu’un seul de tes morceaux, loin d’être simple à retrouver : va trouver UN poil précisément au milieu d’un sillon fessier, sans repère, à l’aveugle, bonne chance ! OK ! Rétrécissons les dimensions de l’objet : direction le 45 tours ! Ahhh, nettement plus maniable… par contre, la taille, ça compte, particulièrement dans ce cas puisque ça réduit la durée… |si vous présumez une allusion sexuelle, c’est vous que ça regarde, coquinous !] Et aussi ça formate des standards : le « radio edit ». Pourquoi cette durée de morceau ? Simplement à cause du support qui oblige que ton morceau ne dépasse pas les quatre minutes sinon, couic, a plus de musique, et si Queen ne pouvait pas diffuser son « Bohemian Rhapsody » en stations, c’est surtout parce que sa durée dépasse le standard du format 45 tours et donc de passer par le LP, tout Queen ou autre monstre du Rock qu’on soit. Au-delà de ce problème matériel, cette durée est devenue aussi une norme qui calque aux études scientifiques sur la durée de concentration moyenne à l’écoute d’un morceau de musique.
Size DOES matter ! De nouveau, la problématique de la taille entre en ligne de compte, il faut donc changer de support. [Et je vais essayer de faire succinct pour la fin du siècle précédent.] Viva la bande magnétique ! Plutôt pratique au niveau format, mais encore encombrant, on va réduire la taille pour le format cassette audio… Oui mais… les bandes s’usent… donc la qualité et la conservation… Changeons de support, d’autant que la technologie et l’informatique avancent côte-côte… Le laser et la gravure laser… le CD/compact disc apparaît. La musique est alors numérisée informatiquement… Oui maiis… le format est assez peu transportable, surtout son lecteur : on veut de la musique tout le temps et partout depuis l’invention du Walkman de Sony. Donc passons au MINIdisc. Oui maiiiis… puisque l’enregistrement est numérisé informatiquement, pourquoi se faire chier avec un support matériel ? Dématérialisons, ne gardons que les données et plus le support… Arrivée du format *.wav. Oui maiiiiiiiis… ça prend de la place sur un disque dur, donc il faut réduire encore la taille de son format : naissance du *.mp3.
Pourquoi réduire ces formats à peau de chagrin ? VENDRE PLUS !!! La Musique est un produit de consommation désormais, c’est même étiqueté comme tel : votre « consommation » (et plus « écoute ») de musique. Moins c’est contraignant, en termes d’accessibilité, de coût de production et de stockage, plus on peut en vendre…
Oui maiiiiiiiiiiiiiiiis…
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Ce dernier « oui mais » va nous amener sur le paramètre de la qualité sonore. Parce qu’il faut le dire franchement maintenant : la Musique EST « commerciale », par essence. Du moins, ce qui pouvait être de l’Art pour l’Art n’a pas eu trop le choix que de se plier aux exigences diverses : composer au nom de Dieu, en hommage à telle sommité, selon les normes ou le bon vouloir de tel pouvoir politique, selon les goûts des auditeurs, selon les nécessités de faire recette, selon la facilité à être diffusé, selon la volonté de (te faire) vendre plus, plus, plus d’exemplaires, etc. Sacré cahier des charges, tout de même ! Si initialement on avançait sur le qualitatif, l’effet woah que certains cherchent encore comme un syndrome de Stendhal, leur « chef-d’œuvre » (voir un article précédemment rédigé de mes petites mains potelées), la qualité compositionnelle et sonore est tombée de mal en pis au profit… du profit.
Voilà, on y est ! Le cœur du sujet : les « vieux cons » du « c’était mieux avant ». Il va de soi que je vais essayer de faire abstraction de toute mauvaise foi tout en ayant un avis très affirmé sur mon « oui, c’était mieux avant » [quant à définir le « avant, là…] sur des tas d’aspects : la technologie et son évolution sont totalement pratiques, j’en conviens et ne cracherai pas dans la soupe. Démonstration en est faite : vous me lisez parce que celle-ci me permet de dire masse de conneries assez librement et facilement, que vous pouvez y accéder sans effort autre que cliquer sur un lien (et le partager, tant qu’à faire, en mentionnant le zine qui me permet ces déambulations erratiques et divagatoires, donc Memento Mori Webzine, sans oublier de vous abonner et demander à plein de vos contacts de faire de même, liker, commenter, etc.) ; remettez-vous dans le contexte d’il y a quelques années, décennies voire siècles, nos relations épistolaires auraient été particulièrement plus fines, même pas sûr que j’aurais pu être un Philippe Manœuvre dans un Rock and Folk ou Métal Hurlant tellement j’enquille les absurdités telles que celles que vous compulsez présentement, si vous n’avez pas déjà ragequit sur un « mais quel connard, ce WvG… ».
Ce qui me dérange davantage, c’est qu’on m’impose des standards, avec des arguments plus ou moins acceptables. Premier exemple qui me vient à l’esprit, écologique : « les supports et leur production, c’est de la pollution ». Oui, c’est vrai… mais ton écoute prolongée de streams aux data stockées sur des serveurs bien polluants également, on en parle ? Le fait que les artistes, toujours plus nombreux car le façonnage d’un morceau et toute l’accessibilité du home studio, fassent de même avec leur propre produit jusqu’à saturer le « marché », nécessitant des espaces de stockage toujours plus denses, c’est pas polluant non plus peut-être ? Ta démo aux prétentions démesurées sur un marché ultra-concurrentiel parce que tu as des velléités de fortune et gloire et que tu mérites plus que les autres parce que « moi », comme le font multitude d’autres « moi », ça ne pollue pas, peut-être, en degré de méthane pour la bouse que tu as pondue autant qu’en CO2 pour la fosse septique que tu appelles ton « cloud » ? Que dalle, cet argument foireux pseudo-écologique pour se dédouaner de l’économique, je ne veux même pas l’entendre… Mon œil, oui !
… *respire entre deux crescendo de douleurs typées « mal à ma musique » *
Néanmoins… passé ce coup de gueule (que j’ai déjà énoncé dans un précédent article incitant à ce que ces intimations et leurs instigateurs aillent tous se faire énucléer – oui, c’est une anagramme), revenons aussi au centre du sujet : les vieux cons et les vieux sons.
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Déjà, définissons un « son ». Non, pas à la manière les djeuns en manque de vocabulaire qui appellent un morceau de musique mais scientifiquement : un son, c’est un mélange de multiples fréquences sonores, des ondulations qui se perpétuent dans des matériaux sous leur état solide, liquide ou gazeux jusqu’à arriver à nos capteurs, qu’ils soient tympans, marteau, enclume ou oreille interne et agissent sur nos neurotransmetteurs pour nous faire analyser ces fréquences, exprimées en Hertz, soit le nombre d’oscillations par seconde que notre cerveau interprètera comme des « sons ». Si ces vibrations sont proportionnelles en multiples entiers, c’est un son, si pas entiers, un bruit. Voilà, merci Jamy pour cette simplification extrême ! Mais pourquoi un son est-il riche ? Pourquoi le hautbois est l’instrument qui sert de base à l’accordage d’un orchestre avant le concert par exemple ? Eh bien parce que son spectre harmonique est le plus large des instruments de ce-dit orchestre (un peu plus d’une vingtaine d’harmoniques), entendre par là sa fondamentale (le La 440 – environ, seront le cours de l’Histoire – Hertz qui sert de hauteur de référence, le même que vous entendiez sur la tonalité au décrochage de votre téléphone fixe d’antan, la note de référence pour le système des accords dans l’écriture anglo-saxonne) et ses fréquences harmoniques (110hz, 220hz, 880hz, 1660hz, etc.) Et notre cerveau aime cette diversité de fréquence, ça le met à l’aise, ou le dérange en son absence. Une seule fréquence vous manque et le monde sonore est dépeuplé… C’est d’ailleurs ce qui fait la rondeur, la puissance et la complétude du spectre sur un disque vinyle.
Le CD, quant à lui, a numérisé ces fréquences, transformées sous forme de chiffres et de traductions d’un ordinateur, ce qui lui permet de gagner en taille de support en réduisant ce spectre sonore. Et c’est là que les emmerdes commencent avec cette idée de réduire la taille du format. Toutes numériques soient-elles, ces données prennent de la place : faites le test, comparez la taille d’un fichier *.wav et un *.mp3, ça peut se multiplier par dix. Pourquoi ? Parce que le mp3 compresse les fichiers ; compresser dans notre cas veut dire supprimer des fréquences sonores jugées « pas utiles », les fameuses bandes passantes, en général les aigus et les graves. Ça paraîtrait légitime puisque notre oreille fait un effort pour entendre sous 100 Hz ou 10 KHz et, vu qu’on est flemmards par nature, elle fait le focus sur les médiums, donc entre 200 Hz et 5 KHz. Pour vous donner un exemple simple à remarquer, quand arrive la pub en plein milieu de votre film à la télé, on a toujours l’impression que le volume est plus fort… et en fait, pas du tout : c’est un ressenti lié au fait que le mixage met en avant ces fréquences (pour mieux vous ancrer le message publicitaire dans la tête et vous faire consommer). Donc, logique de gain de place et de mercantilisme, puisque les fréquences chiantes prennent de la place qui pourrait être exploitée pour vous faire consommer davantage, elles sont inutiles, donc on peut les supprimer…
Hé, hé, hé… SAUF QUE… Notre cerveau, lui, analyse en auditeur et se rend compte qu’il manque quelque chose à son spectre confortable et complet… donc il se dit que « si j’entends mal, c’est que le volume n’est pas assez fort » … donc on monte le volume… Et voilà comment une génération d’auditeurs réguliers de mp3 sur lecteur mp3 et écouteurs intra-auriculaires s’est retrouvée avec une perte d’audition d’environ 30%… La blague, hein ? Forts de cette expérience, on a (enfin) réfléchi alors à mettre des limiteurs de volume sur les lecteurs (constatez par vous-même la petite barre qui s’affiche en rouge sur votre smartphone, autrefois un message d’alerte vous le signifiait) et qu’on a changé le format d’encodage, principalement vers le *.flac, au spectre plus complet.
Les gratteux qui liraient cet article, faites le point avec votre instrument et constatez comme il y a une différence incroyable entre jouer sur un ampli à lampe, à résistance ou à synthèse : dans le premier cas, le son est rond et chaud, car spectre complet ; dans le deuxième, on perd cette rondeur car perte de fréquence, même si ça reste correct ; dans le troisième, le son est froid et terne. Alors certes, c’est nettement plus pratique de trimballer un pédalier simulateur d’ampli à brancher sur une sono que se taper le combo « tête et cab » mais, une fois encore, on en revient au fond du sujet (outre celui de savoir si vous êtes ou non un « vieux con ») : la qualité sonore.
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Ajoutez à ceci le bruit (cf. définition ci-dessus, mais sans l’odeur). La saturation ou distorsion amplifie ce phénomène, voire littéralement tape sur le système (nerveux ou politique) d’une personne non accoutumée à ce type de courbe d’oscillation sonore. Ça marche pour le Metal, mais dans un autre sens : vous qui chiez sur l’autotune – à juste titre en général, mais c’est très subjectif et sert surtout de cache-misère dans la majorité des cas, ou de cynisme mercantile dans d’autres –, sachez que c’est aussi parce que votre oreille n’est pas habituée à ce type de bruit ; demandez à mamie ce qu’elle pense du Metal et de PNL, elle trouvera que ça vaut pas Edith Piaf (et que « c’est de la merde ! » si elle est un peu rock n’ roll dans son âme de grand enfant moribond à plus ou moins long terme) ; demandez à un jeunot habitué à vénérer JuL (comme les copains et sans l’esprit critique de l’effet de groupe et d’appartenance tribale, Bourdieu RPZ), il vous dira la même chose sur votre groupe sorti du TRVE du cul des Enfers avec un nom à la calligraphie aussi imbitable qu’un enchevêtrement de branches mortes avant le feu de la Saint-Jean. Une autre problématique à soulever serait celle de la pauvreté musicale croissante des morceaux de musique, tant sur la structure que la diversité des harmonies ou des sons, et vous obtiendrez le résultat navrant de l’abêtissement généralisé poussant à analyser de moins en moins ce qu’on nous offre à « consommer » et le gober comme si c’était une denrée vitale. Je me faisais cette constatation récemment en écoutant et comparant de la variété française – donc du accessible à tous, pas pour public de niche – en défilant le Grand Rouleau des années 60 à 70 puis 80, 90, 2000 jusqu’à nos jours : définitivement, l’appauvrissement sur ces aspects est aussi flagrant que deux et deux font cinq selon le classement PISA de la France… Imaginez qu’on disait en son temps de Goldman et ses compositions ce que je viens de dire sur des musiciens de nos contemporains ; c’est dire si le monde va mal, ma pauvre Germaine…
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Voilà, ça y est, je suis « un vieux con » … Nonobstant, tout comme le petit village d’Astérix, il reste des irréductibles qui se battent encore pour éviter de « sonner comme » tel ou tel « artiste » (j’ai déjà également donné mon avis sur la notion d’« artiste »… j’ai vraiment l’impression d’avoir déjà tout dit, c’est usant de se sentir ET vieux con ET redondant). [NdlR : Normal… les vieux, ça radote…]
Voilà aussi pourquoi il est nécessaire de faire de l’écoute du Metal sur format des plus confortables. Alors, oui, je suis d’accord avec vous, même si une platine vinyle dans sa bagnole pour écouter son album préféré, ça serait classe, ce n’est franchement pas pratique… Mais la voiture est-elle vraiment le meilleur endroit avec la meilleure acoustique pour vous mettre du « son » ou faire des « greuh greuh » en cover de vos morceaux préférés ? Idéalement non, puisque l’acoustique dépend aussi de votre perception et de la diffusion des sons dans votre environnement : un « greuh greuh » acoustique dans vos toilettes ou la Salle polyvalente Pépin Gourguechon de Saint Roustan, ça sonne nettement moins bien que dans Notre-Dame (qui a été rebâtie en seulement, cinq ans ! Rendez-vous compte !). Même votre gratte ou batterie ou autre instrument digne de pratique (et de respect) ne sonnera pas pareillement à ce que vous en tirez chez vous, après avoir passé des heures/jours/mois/années à peaufiner votre son… D’autant quand le Metal, selon le sous-genre, mise sur des fréquences différentes mises plus ou moins en avant ; même si les guitares Hard Rock-Heavy Metal s’appuyaient sur des médiums tirant vers les aigus, le BM et le Death sur les hautes fréquences, le Metal moderne et le « gros son » visent à faire entendre des GROSSES basses.
MAIS, tout cet échantillonnage n’est possible et appréhendable qu’avec une réelle qualité sonore… donc un support adapté… donc un support matériel et pas dématérialisé… CD, cassette (éventuellement) ou vinyle.
Au-delà de cet aspect sonore vient aussi celui de tout ce qui tourne autour du support. Un album, ce n’est pas qu’une succession de titres, consommables et jetables, voire interchangeables.
Si le recul sur sa propre production est nécessaire voire vital pour soit évoluer soit éviter de ressasser, c’est aussi un bon moyen de se diversifier et/ou trouver son identité propre… avec plus ou moins de succès surtout quand on cherche à « ressembler à » pour des motifs plus ou moins discutables. Mais par-delà cette vision, c’est aussi de nombreux corps de métiers qui entrent en ligne de compte : un album, ce n’est pas que du son.
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L’artwork pour commencer, en complément de la charte graphique. Nombre de groupes fondent leur identité également sur du visuel. Tiens, petit blind test :
Il en va de même pour les mascottes… Allez, même jeu :
Si vous les avez tous reconnus, c’est que vous avez été marqués, non pas simplement par la police Arial/Calibri random sur vos fichiers internet (voire la Comic sans MS pour les plus rigolards) mais parce qu’un groupe, c’est une identité visuelle, tant sur ses membres et l’esthétique visuelle du groupe que son logo, que son avatar. Ces petites mains sont essentielles, du graphiste au designer au dessinateur ou autre profession qui se fait spolier de son travail et le sens de celui-ci avec la dématérialisation, mais s’entretient avec le support matériel. Prenons exemple sur des grands noms de la profession, deux fois, que vous ne connaissez probablement pas mais qui ont marqué de leur patte la pop (et Metal) culture. Les pochettes de Iron Maiden sont signées Derek Riggs depuis leur première jaquette ; il est le créateur du personnage emblématique Eddie, trademark du groupe au point que le tout-venant connaît davantage cette illustration que la musique du groupe en elle-même – à quand le rachat par des H&M ou Primark pour orner les T-shirts ? – et a aussi travaillé sur des comics et artworks pour le magazine Heavy Metal des années 70. Autre exemple significatif : Ed Repka. Le monsieur est auteur de la très grande majorité des jaquettes d’albums de Megadeth en illustrant à la gouache le personnage de Vic Rattlehead, blason du groupe, mais aussi de celles de Gamma Ray, ou même le charadesign des personnages de Hellraiser(la série de films, jusqu’avant le remake assez insipide récent).
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Vous aimez les chansons que vous entendez, chantez, growlez éventuellement ? Oui ? Et leurs paroles ? Trouvent-elles un sens à votre oreille et subséquemment à votre cortex ? Et si le « greuh greuh » que vous n’avez pas compris en disait long sur le sens de la chanson ? Et si les paroles allant d’un simple « I’m wanted dead or alive » à un « Let freedom ring with a shotgun blast ! » ou « Blood is freedom’s stain » avaient réellement de l’importance ? Et si ce qui sonne comme une liste de courses chez LIDL était en fait bien plus empreint de signification que ça ? [OK, des fois, je reste dubitatif sur le fait que les growleurs aient des actions chez Madrange et nous prennent pour des jambons].
Bah, ça, c’est aussi l’intérêt du livret, grande taille en vinyle, recroquevillé sur cassette, et carré sur CD. Et des fois, les pépites se cachent en sous-texte dans l’organisation de ce livret, des messages subtils qui passeraient à la trappe sans sa présence, des private, des explications, des sous-textes que ne permettent pas la nomenclature mercantile mais plus facile du dématérialisé. Une fois encore (de trop), le principe même consumériste fait perdre du sens à une œuvre.
Accessoirement, et j’utilise volontairement cet adverbe, ce type de support, c’est aussi un objet. Si la possession est encore un attrait très présent comme signe extérieur de richesse, au-delà de la collectionnite aiguë, l’objet est aussi quelque chose de tangible, de palpable, de tâtable, de retournable [sur la tâtable éventuellement, mais je vous prierai de garder vos obscénités pour vous]. Mais c’est aussi davantage : le petit truc en plus… le goodie, celui de l’édition limitée ultra-collector rarissime blablabla… Oui, on est d’accord, c’est futile… mais l’inutile n’est-il pas essentiel ? Si on passe par-dessus l’aspect mercantile, c’est aussi la démonstration que le groupe que vous suivez a réfléchi sa démarche artistique globale sans omettre les à-côtés, hors la musique elle-même : un bel objet plutôt qu’un produit random. En effet, ça rentre moins bien dans votre étagère… mais c’est swaggy, non ? Et éventuellement, pour les plus hardcore, les die-hard fans, ça entretient le sentiment d’appartenance à la tribu, bien davantage qu’un skin virtuel : imaginez la veste à patches avec des QR codes et ce non-sens…
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Toutefois, oui, tout ça a un coût… pour celui qui crée (et qui généralement palpe le moins de pognon à la fin, voire se fait désosser le larefeuille, quand il ne se fait pas chier dedans par les partisans du « la musique, c’est gratuit »), qui mixe/masterise, qui édite en format matériel… je vais ironiquement passer sur l’aspect com’ et distribution, ces derniers ayant sciemment plombé le marché du support matériel pour toujours plus d’économies d’échelle… Mais tout a un coût, mes bros ! Si tu veux une bonne raclette, tu prends pas du fromage de chez ED (tu tapes dans le brésain, évidemment ! Mais, c’est nettement plus cher) … N’entretenant pas un fanatisme exacerbé, d’autant face à la diversité des groupes, et n’étant pas Crésus ou Kim Kardashian (surtout au niveau du boule), forcément, je fais des choix dans ce que j’achète. Mais ça ne me dérangera pas de mettre de la thune pour un groupe qui veut également faire plaisir à son public en mettant en avant sa démarche artistique sous tous ses pans plutôt qu’un qui veut faire (= être) comme tel groupe qui a réussi sa carrière (en termes de chiffres ou de notoriété, j’entends… pour ce qui est de la vie personnelle, c’est très souvent un sacerdoce dont le péquin lambda n’a pas forcément conscience… les paillettes dans les yeux avant tout, Kévin.
Alors, oui, je n’en disconviendrai pas, Internet, la technologie informatique, le numérique, c’est bien pratique : rien que pour vous pondre cet article, que ce soit en termes d’images, de découpe (foireuse) d’image, de (retour aux) sources dont je n’étais plus certain… Cependant, dans le domaine du sonore, réfléchir un morceau ou un album, ce n’est pas simplement le composer mais englober tous les paramètres et se les appropriant, et réfléchissant à TOUT ce qui gravite autour (les formats diversifiés d’enregistrement par exemple, en fonction du support) tout en se rappelant que la quantité ne fait pas la qualité (n’en déplaise à certains « hyperactifs » du stade anal ou dirigeants de plateformes genre… Spotify…), je serais bien tenté… de parler… noooon… de cynisme mercantile quand je vois qu’on a passé des siècles à réduire les formats des supports pour reculer ce qui tombe à point puisque « si tu avances quand je recule », ce retour à la « grande taille » (comme quoi, je vous le disais plus haut, ça compte) a été fait pour la lecture des vidéos, porno en particulier [merci la marque à la (Grosse) Pomme, hypocrisie US, quand tu nous tiens]… bon, la qualité et le fait que chacun soit en capacité matérielle de diffuser et montrer au monde entier sa médiocrité ne changera rien à la forme mais dans le fond, ça tape juste, quelque part : écrans de smartphones plus grands, écrans TV plus grands, SUV plus grands, casques audios plus grands, cerveaux plus… petits (c’est pas moi qui le dis mais une vraie et sérieuse étude scientifique, pas taper, me jetez pas des bananes ou des ananas, je ne suis pas une savoureuse pizza).
Heureusement – dirais-je bien – et quelle que soit la philosophie de consommation à visée écologique/ste, les marchés du support matériel reprennent. Le sachiez-vous : la vente de vinyles a augmenté de 13% entre 2016 et 2022, soit à date 45% du marché du support physique. Plus de 10% d’augmentation pour le format CD… Et on nous priverait de lecteurs adaptés ? Avec un système son adapté ? Alors qu’il y a bien un réel marché ? Hérésie économique… Le tout en sachant que les ventes de ces produits sont en hausse parce que le JEUNE public s’y intéresse et achète ces objets…
Finalement, est-ce que les jeunes cons ne seraient pas déjà des vieux cons ? Et est-ce que les cons qui traitent de vieux cons ces jeunes cons ne seraient pas eux-mêmes des vieux cons ? « Le temps ne fait rien à l’affaire : quand on est con, on est con » chantait Brassens ; et si lui, finalement, avait oublié de l’être ?
Metal et Science-Fiction A partager, savourer et débattre
Réflexion par WvG
Imaginez un monde dans lequel la population serait abrutie par des programmes télévisés devenus fédérateurs voire fanatisants, dans lequel le langage serait soit simplifié au niveau du babil lexical en opposition avec une langue technocratique qui appellerait un chat un « félidé quadrupède communiquant par le truchement de miaulements », dans lequel vous seriez fliqués par la robotique, la domotique, l’électronique et l’intelligence artificielle (puisque la votre serait devenue inexistante), dans lequel il serait inconvenant de penser différemment de la pensée unique au point où toute forme d’expression « artistique » serait un anathème dissident qu’il faudrait soit faire disparaitre soit détruire (par le feu, par exemple) dont il faudrait éradiquer leurs créateurs soit par la force, soit par la loi, soit par la vindicte publique de nations dans lesquelles on aurait inculqué à vivre dans la perpétuelle peur, du lendemain, de l’autre, de la maladie, de la guerre, du climat que l’on peut essayer de manipuler par la technologie, au point de préférer se réfugier dans une utopie virtuelle pour oublier ce « monde de merde »… Le meilleur des mondes, en somme… Là, vous vous dites : « Maiiiiis tu t’es pas fait chier ! T’as repompé Aldous Huxley, Georges Orwell, Phillip K Dick, Ray Bradbury, Ernest Cline, Jacques Lob/Jean-Marc Rochette, Enki Bilal et tant d’autres… ! » Et pourtant… Ce monde dystopique ne ressemble-t-il pas à celui, magique, de Dans ton cul, version Groland ? Du tout, mais le sujet du jour n’est pas de parler (monologuer) politique avec vous – je vous laisse à votre propre réflexion et convictions – mais de voir comment la Science-Fiction, dont on pourrait dire « anticipation » pour certains auteurs et certaines œuvres avec le recul, a pu influencer le Metal tant dans son évolution que ses thématiques.
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Parce que, oui, n’en déplaise, il n’y a pas que Lovecraft, l’épouvante, l’horreur, le gore qui sont des clés de voute dans le genre metallistique et en font son image voire ses stéréotypes. La SF a ajouté pas mal d’extra balls dans le flipper qu’est ce style musical et qui vont s’entrechoquer avant de faire tilter la machine. Le sujet du jour ne sera pas de déterminer qui de la poule ou de l’œuf est le premier ; je pourrais aborder le lien entre cinéma de SF et Metal – et là, vous m’auriez dit : « Maiiiiis tu t’es pas fait chier ! T’as repompé sur Matrix, Equilibrium, Contagion, Cube, EXistenZ, Idiocracy, Future Crimes, Strange Days et tant d’autres… ! » – avec le film Heavy Metal et ça serait faire un gros raccourci frôlant le hors sujet puisque c’est l’adaptation animée de nouvelles en bande dessinée tirées de la version US du magazine Métal Hurlant (traduction donc non littérale) sur laquelle il a semblé de bon ton de mettre des morceaux de groupes de Hard Rock et… Heavy Metal… Néanmoins, c’est un sujet sur lequel je reviendrai dans quelques temps.
Mais quitte à faire une jonction avec cet excellent trimestriel – qui est de nouveau édité depuis deux ans, avec des vieux de la vieille mais aussi des nouveaux auteurs et dessinateurs et que je vous invite vivement à vous procurer régulièrement –, j’ai lu dans le hors-série sur Lovecraft un article affirmant que la cosmologie de l’auteur de Providence avait éventuellement influencé les théories d’Einstein, qui vont influencer celles d’Oppenheimer, puis celles de l’ordinateur quantique, puis celles de l’intelligence artificielle… On en revient à qui de la poule ou de l’œuf, en mettant à plat le sujet, en miroir de la société – et sans être à la coke. Et si ce n’était pas l’évolution technologique qui nous avait menée à ce monde actuel mais les idées « délirantes » des artistes/créatifs qui avaient inspiré les chercheurs en technologie ? Verne paraissait si délirant en son temps avec son idée d’envoyer un engin sur la lune ? Wells paraissait si déconnant en réfléchissant à la possibilité de distordre le temps pour y voyager ?
« On est dans une merde noire mais on va tout faire pour que vous passiez une bonne journée sur Memento Mori Webzine », pour paraphraser Pierre-Emmanuel Barré. Bref, passons à ce petit tour de multivers et réalités parallèles que vous attendez, en lien avec le genre musical que vous affectionnez.
* ouverture du vortex dans 5… 4… 3… 2… 1… *
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Entrons directement et de pleine podo-prothèse mécanique pour corps augmenté dans le sujet de l’esthétique futuriste avec le groupe qui tombe comme une évidence : Fear Factory.
La thématique des dystopies est régulièrement abordée par le groupe à la direction artistique de Dino Cazares. Le Californien a marqué l’histoire du Metal avec une esthétique sans pareille, souvent imitée et rarement (jamais ?) égalée, annoncée dès les artworks cyborgisants. Les références omniprésentes à la SF ne se trouvent pas que dans l’esthétique visuelle : le son, froid et électronique, métronomique… machinal y est pour beaucoup, avec des inserts de samples tirés de Terminator par exemple, ou des références à la bande originale de films de science-fiction.
Mais on trouve également des références aux œuvres littéraires (adaptées ou non au cinéma) dans les titres ou les paroles des chansons, particulièrement l’univers de Phillip K Dick, Genexus étant en lien direct avec la nouvelle Do Androids dream of electric Sheep?, adaptée au cinéma sous le nom de Blade Runner, et dans lequel le groupe va jusqu’à puiser la citation ultime, LE monologue métaphysique et existentiel du film pour conclure leur album sur une longue plage contemplative et pessimiste sur les mots prononcés par Rutger Hauer « J’ai vu des choses que vous, humains, ne pourriez croire… […] Tous ces moments se perdront dans le temps… comme… les larmes dans la pluie… Il est temps de mourir. »
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Mais revenons sur les évolutions dues à la technologie et allons sur un groupe phare qui s’est appuyé sur celles-ci : Iron Maiden.
Si le groupe adepte de la narration dans ses chansons avait déjà abordé le sujet de la SF dès The Number of the Beast avec son morceau « The Prisoner » qui fait référence à la série éponyme des 60’s dans laquelle Patrick McGoohan est Numéro 6 dans un « Village » dystopique, le groupe n’aura que survolé le sujet. Ceci sera corrigé en profondeur avec Somewhere in Time par la suite.
Si l’artwork de Derek Riggs annonce clairement une esthétique futuriste (et moults références à ses précédents travaux pour les jaquettes des albums du groupe… amusez-vous à les chercher autant que pour trouver toutes les références à la pop-culture dans Ready Player One) avec son Eddie cybernétique et une pléiade de références science-fictionnelles, c’est surtout une évolution dans le son du groupe avec l’intégration de synthétiseurs – par système MIDI relié aux guitares – dans leurs compositions et ce dès l’ouverture de l’album avec le morceau « Caught somewhere in Time ».
Ce virage progressif vers… le Prog du futur concept album mystique Seventh Son of a seventh Son (inspiré lui-même d’un roman de… fantasy – déso, pas de SF cette fois – d’Orson Scott Card est déjà notable dans ce changement singulier d’instrumentarium mais aussi dans des « Stranger in a strange Land » et ses changements d’ambiance vers des plages planantes, ce qui n’est pas novateur pour Maiden et le côté Père Castor de sa construction de morceaux mais annonce sa proche évolution, avec les synthétiseurs. Quant aux thématiques de l’album, inspirées de SF également au point que les photo shootings des membres présents dans le livret prennent placent dans un décor désertique sur des véhicules futuristes qui auraient pu servir dans le film Blade Runner, on y retrouve pêle-mêle les sujets des futurs possibles, du déjà-vu, la réflexion sur la solitude (dans un monde plus ou moins dystopique si ce n’est irréel) avec des références nombreuses à Welles, Orwell, Bradbury (dont les noms apparaissent d’ailleurs cachés dans l’artwork) pour n’en citer que quelques-uns.
Ce n’est pas la seule occasion qu’aura le groupe de se frotter au thème science-fiction puisque le sujet sera abordé également dans Virtual XI et Brave New World, pas autant en profondeur cependant.
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Pour rester dans le « Iron », passons à Iron Savior. Le groupe de Piet Sielck et un autre grand narrateur dans le Metal, à savoir Kaï Hansen (dont nous parlerons plus bas), tous deux ex-Helloween. Quel intérêt, me direz-vous, de préciser leur cursus ? Mais parce que ça s’en ressent d’autant plus dans l’esthétique sonore (Speed Melodic AKA Power Metal) que dans la volonté de conter une histoire, celle du Iron Savior, vaisseau spatial doué de conscience qui serait issu de l’Atlantide… Quand on ajoute à ce duo un transfuge de Blind Guardian, groupe allemand également spécialisé dans la narration (d’abord de la mythologie de Tolkien, puis de sujets littéraires divers et variés puisés chez Stephen King ou Franck Herbert), autant dire que le but n’est pas de faire une suite de singles sans lien cohérent…
Si le groupe s’est un peu perdu depuis sa création dans des méandres de hors sujet initial, l’album fondateur, auquel s’ensuivra un Unification de belle facture, est aussi le plus marquant du groupe :
Si le graphisme franchement kitschos de l’artwork a nettement évolué vers quelque chose de plus quali désormais (car, oui, le groupe existe/vivote encore officiellement, ayant sorti un album, Skycrest, il y a quatre ans), l’idée metal voire heavy metal est nettement audible musicalement.
Et si vous avez l’impression d’entendre du Helloween, du Blind Guardian voire de la NWOBHM, rien d’étonnant quand le cocréateur du projet en a été le producteur.
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Alors… Kaï Hansen, voir plus haut, c’est une entité du Metal deutsche Qualität… le « lutin facétieux » du Metal, autodidacte, pote avec un peu tout le monde eu égard au nombre de projets auquel il a pris part, de par sa singularité vocale et son affabilité… Mais là n’est pas le sujet puisqu’on va surtout s’attarder sur la production de l’ex-Helloween (qui a quand même pondu l’album Keepers of the Seven Keys, album mythique dudit groupe, tant à la compo que dans l’interprétation post-Michael Kiske) au sein de SON groupe (en combinaison par la suite avec un autre copain de groupes, comme Iron Savior ou Helloween, Dan Zimmerman à la batterie) : Gamma Ray.
Autant dire que là, dans sa discographie, il y a une constellation de références SF, principalement spatiale.
Il est difficile de faire un tri concret dans les albums, aussi je vous recommande le Best of qu’est Blast from the Past qui expose déjà la quantité de morceaux autour de cette thématique : « Beyond the black Hole », « Anywhere in the Galaxy », « Somewhere out in Space ». Même « Rebellion in Dreamland » du concept album Land of the Free ou « Heading for Tomorrow » de l’album éponyme pourraient être une traduction de libération d’un monde dystopique, mais là, je suis trop dans l’interprétation, restons dans le domaine spatial…
Des morceaux nerveux avec la balle de double pédale balancée à la vitesse de la lumière, c’est un peu la spécialité du groupe de Kaï. Si les artworks où l’on retrouve la mascotte squelettique (à l’image de l’iconographique maidenienne) varient en fonction des albums, reste en commun l’arrière-plan mystico-futuriste ou scientifique depuis Insanity and Genius et sa représentation d’un atome yin-Yang.
Allez, un petit dernier pour votre route vers les fins fonds de la galaxie :
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La Science-fiction se base certes sur l’humain, sa place dans la société voire l’univers, mais surtout sur les Sciences : Physique, Astrophysique, et Mathématiques. Pour ces dernières, quoi de plus évident que le Prog ? Je revisionnais dernièrement un épisode de Fringe dans lequel un enfant accidenté avait vu des zones de son cerveau se libérer des (pseudo)10% utilisés par le commun des mortels pour penser une équation de physique quantique sous forme de transcription musicale de ladite équation… ce qui dans le fond n’est pas si incohérent : la Musique, ce SONT des Maths… Si Tool nous a habitués à jouer sur la rythmique et ses liens aux Maths, entre autres la suite de Fibonacci (« Lateralus », la chanson et l’album tout court) ou le nombre d’or, c’est cependant sur un autre groupe de Prog, plus accessible certes mais plus narratif, qu’on va s’attarder : Dream Theater avec l’album The Astonishing.
On connait Dream Theater pour son Prog qualitatif, considéré comme trop mainstream par certains particulièrement après Octavarium qui emprunte pas mal sur Muse donc trop pop-rock pour les TRVE. Avec cet album, le groupe, capable de pondre des morceaux aux métriques mouvantes – et des fois imbitables – sur des plages de vingt minutes, démontre qu’il ne cherche pas qu’à faire de la performance technique mais réussit à rendre cohérent un album de l’alpha à l’oméga avec ce space opéra, conçu comme tel avec une trame, une histoire, des intervenants extérieurs, des leitmotivs, etc.
On entre dans une dystopie située aux States en 2285, sous un régime dictatorial dans lequel la musique est créée et régulée par des « nomacs », machines qui produisent une musique électronique ayant pour but d’annihiler tout affetti. Mais dans cette société neurasthénique, le personnage principal possède le don de chanter et émouvoir avec sa musique, et qui risque de devenir le grain de sable dans la machine politique qui a la mainmise sur sa population en la privant de toute sensation. Oui, c’est aussi philosophique, nietzschéen et bergsonien… L’album affirme cet aspect dès sa courte introduction, accroche totalement synthétique et morne, close par un dernier signal aussi dérangeant qu’une corne de brume d’un tripode dans la Guerre des Mondes, et enchaîne sur la vraie ouverture, celle qui expose les thèmes de l’album, avec des choix singuliers d’instrumentation (piano plus présent que sur les précédentes œuvres du groupe, chœurs synthétiques en opposition avec de vrais aux teintes gospel, orchestre symphonique, synthétique également mais assez proches du timbre d’un vrai aux moments opportuns, etc.)
C’est ce pari réussi – qu’il faut tenir aussi en temps qu’auditeur, parce que même si les morceaux sont nettement plus courts que d’usage, c’est quand même un double album – en fait à la fis une particularité dans leur discographie mais un OVNI dans le monde prog.
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S’il y en a un qui pourrait être défini comme le savant fou, un modèle type d’abordage de la Science-fiction mais sous apparence la plus grotesque, tout en ne sachant pas s’il faut le prendre au premier ou au ixième degré, c’est Devin Townsend.
Alors oui, on pourrait commencer à parler directement de Ziltoid the Omniscient, le Mars attacks! musical complètement kitsch du monsieur un peu fêlé du casque qui propose un concept album certes sur un extraterrestre… mais qui veut défoncer la Terre pour acquérir son or noir : le café ! Dark Matters, la suite, un brin plus sérieuse, s’insère néanmoins dans cette logique de SF, aussi dans la dérision que puisse la placer le génial mais barré compositeur multi-instrumentiste. Mais c’est plutôt sur ses multiples side projects issus des multiples facettes de ce schizophrène TDAH que mon choix se porte, à commencer par Biomech sous l’avatar d’Ocean Machine :
Du Prog en veux-tu, du Prog en voilà. Et de grandes réflexions sur la métaphysique et le lien homme-machine…
Et ce n’est pas le plus barré des albums du Canadien… Si l’on omet les récents Devin Townsend Project, accrochez-vous sur Physicist :
Ce qui est notable particulièrement, c’est l’évolution du Metal avec le temps vers un son hyper saturé et synthétique : difficile de se dire qu’on est passé du timbre d’un instrument à cordes, acoustique, à un tel niveau de saturation, désormais traité numériquement. Ce qui m’amène au prochain groupe.
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Obscura, le groupe du teuton Steffen Kummerer (et un nombre considérable d’accompagnateurs dans le quatuor, avec un sens de la longévité assez restreint), comme nombre de groupe évoluant dans le Death technique, aborde la thématique de la Science-fiction… C’est le cas dès leur deuxième album Cosmogenesis, partant davantage dans la Science que la Fiction, certes, mais rejoint ensuite par Omnivium.
Peut-on considérer la philosophie comme une sorte de voyage intérieur où la Science et la Fiction se rejoindraient ? Possiblement, et nombre de scientifiques ont abordé le sujet via des biais scientifiques, ce qui n’en donne qu’une réflexion plus intéressante et aboutie. Toujours est-il que c’est par cette vie que Kummerer a abordé Omnivium, s’inspirant Du lien de la nature au monde des esprits » de Schelling pour le transvaser à l’échelle de l’univers, mêlant physique, astrophysique, mathématiques et Science-fiction.
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Pour finir ce petit voyage intersidéral dans la Science-fiction, quoi de mieux que de parler de « cyber Metal ». Je ne prendrais qu’un exemple parmi tant d’autres présents dans ce multivers électro Metal : The Browning.
Le groupe de Jonny McBee étant très influencé par Fear Factory, aucun étonnement de constater qu’il suit ses pas, tout en s’en détachant cependant pour aller piocher dans plein de domaines variés de la Science-fiction. La cybernétique, évidemment, qui est son moteur – électrique – prend la part belle des thématiques du combo/projet solo du Missouri mais s’y confrontent celles de la vie extra-terrestre, le « geist » (ou âme/esprit dans le concept post-mortem, qui sert de titre à leur album de 2018) et l’interstellaire.
Musicalement, on est éminemment dans un son fait par la machine, sur des rythmiques inhumaines, avec des beatdowns improbables de perfection, une voix et des guitares aux effets sursaturés numériquement, des sons électroniques servant tantôt de nappes tantôt de lead, et une fusion de styles musicaux allant même piocher dans la Hardtek…
Quoi de mieux donc, pour terminer et achever cette vision pas trop emplie de gentils E.T. que de poser l’album End of Existence, histoire de nettoyer une fois pour toutes espérances en un futur radieux…
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Le gimmick introductif de la série The Outer Limits est le suivant : « Ce n’est pas une défaillance de votre téléviseur. N’essayez donc pas de régler l’image. Nous maîtrisons, à présent, toute retransmission. Nous contrôlons les horizontales et les verticales. Nous pouvons vous noyer sous un millier de chaînes ou dilater une simple image jusqu’à lui donner la clarté du cristal, et même au-delà… Nous pouvons modeler votre vision et lui fournir tout ce que votre imagination peut concevoir. [Pendant l’heure qui vient,] nous contrôlerons tout ce que vous allez voir et entendre. Nous partagerons les angoisses et les mystères qui gisent dans les plus profonds abysses… au-delà du réel. » Tel a été mon objectif durant ce voyage vers l’infini et au-delà dans le cadre du Metal. En espérant que votre trajet a été des plus mouvementés, PNC au portes et bonne journée…
S’il est de bon ton selon certains de fustiger constamment les fumeurs, de vous à moi(s de novembre sans tabac), on va mettre le doigt cette fois-ci non sur la sucette à cancer, bien moins sur la fumée que la fumisterie aujourd’hui et mettre le paquet, avec des belles images dégueulasses dessus.
À l’instar de Mylène Farmer, je suis désenchanté (même si je ne sais toujours pas qui est cet Amédée pour qui elle cherche une « Hameki »), en bon misanthrope – Hé ! Misanthrope… Désenchantée… t’as la réf’ ?– Je ne vais pas cracher dans la soupe mais démouler un cake, un bon gros gâteau au caca avec plein de couches de caca, et mettre le nez de la « grande famille du Metal » dedans en la faisant passer à table… Ça tombe bien, c’est bientôt les Fêtes,[NdlR : Ok… on est un peu en retard… mais il reste la galette des rois du… ] on va lui faire la sienne : autant prévoir la bonne ambiance familiale et décrasser une vision biaisée par le sirupeux et l’aveuglement optimiste pour mettre les pieds dans le plat et envoyer la sauce…
Je baserai mon propos tant sur des expériences vécues à titre personnel que des témoignages divers reçus tant dans mes relations avec la population Metal, acteurs ou spectateurs ou lointaines connaissances ou inconnus qui devraient le rester, que de faits déjà présents et présentés dans les informations accessibles à tous et toutes – et oui, l’écriture inclusive m’emmerde et je ne vois pas de souci à rédiger « toutes et tous » qui est tout autant inclusif et pas davantage discriminant.
Alors, oui, on ne va pas jeter l’eau du bain avec le bébé ou le remettre dans le congélo (déjà parce qu’un plat décongelé puis recongelé, c’est pas une bonne idée), au risque de jeter un froid car, contrairement au froid, tout n’est pas à jeter dans les interactions du groupe social qui se revendique « grande famille ». La solidarité y existe et prend place, particulièrement du côté des spectateurs.
Mais revenons d’abord sur cette grande famille, unie et soudée contre toute adversité… ou presque… et regardons la photo. Oui, celle que maman a tenu absolument à prendre après que tu lui aies envoyé un sarcasme sur sa dissonance cognitive ponctuée d’un « rhoooo » comme simple réponse, dans toute sa bienveillance à œillères et parce que ça lui fournit une image d’Epinal rassurante qui lui permet de ne pas se départir de ces dites œillères… La photo n’est pas bonne mais l’on peut y voir le bonheur en personne (du tout) et la douceur d’un soir de réveillon… Tout le monde sur son trente-et-un, dans son plus bel apparat et ses oripeaux de fête, tout sourire, mais analysons qui s’y trouve : papy facho – tiens, toujours pas mort celui-là ? – qui te sort ses histoires de guerre d’Algérie et des bienfaits de la France, du « temps béni des colonies » (pas de vacances) et auquel on ne répond même plus parce qu’il « est sénile », aux côtés de mamie rapace, pour qui un sou est un sou et qui tient les cordons de la bourse voire des bourses de la famille plus ou moins encline à lorgner sur l’héritage, qui sait que d’un simple regard elle peut faire taire la moindre velléité de mot plus haut que l’autre à chaque prétendant au magot. Au coin, papa fait semblant de garder un sourire de circonstance qui l’épuise d’hypocrisie. Pas loin, le tonton qui sort des blagues de cul avec un regard lubrique, lourd à souhait mais attachant quand même ; à ses côtés, les frangins qui sont venus pour la bonne bouffe et sortir des blagues vaseuses, qui cherchent à ne pas se prendre la tête. En face, l’autre frangine, sérieuse, trop peut-être, qui tire la tronche parce que ça l’emmerde à un point inimaginable de perdre trois heures (minimum) à table alors qu’elle pourrait faire des choses bien plus intéressantes, comme ranger ses chaussettes par exemple. Il y a aussi la cousine, parano à souhait parce que « vous avez vu » / « j’ai lu sur internet que », et qui reste assez éloignée du tonton relou parce que « c’est dans la famille que les agressions sexuelles blablabla… » et qui va déverser ses phobies et son anxiété perpétuelle vers les autres avec force agressivité, hauteur et haro face à celui qui la contredirait parce qu’elle SAIT que c’est vrai et qu’elle vit dans le risque constant (mais nettement moins dangereux que de ranger ses chaussettes quand même). Dans sa proximité presque directe, on a le petit cousin qui opine du chef au moindre de ses mots, qui boit son discours comme du petit lait comme il tèterait bien le sien à son sein, amoureux silencieux qui sait pertinemment qu’il n’a aucune chance mais prend sa défense sans même prendre de recul, jugeant sa cause noble et donc « über alles » (après tout… ça reste dans la famille). Enfin, il y a le petit dernier qui sait qu’on lui pardonnera toute connerie possible parce que… parce que lassitude, usure, masse de problème déjà posés par le reste de la famille ; lui c’est l’allumette dans la poudrière… Et il y a moi, celui qui observe depuis très longtemps la situation sans trop rien dire à part des petites piques cyniques qui ne dissimulent plus vraiment une vérité qui reste sourde à toute oreille, s’en énerve, s’en use au point de se demander si ça a encore une utilité d’intervenir et expliquer des choses posément mais qui dans quelques secondes va chopper la nappe, tirer dessus sous le regard éberlué de tous les convives ébaubis (Hé ! Bobby !), foutre en l’air tout le décorum bien sage et hypocrite et dire un gros « merde » à chacun, avec une saillie lapidaire du pourquoi à l’adresse de chacun dans la nécessité qu’il ou elle entende le propos.
On est bon jusque-là ? Bien… Je vais expliciter de suite cette longue allégorie…
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« Bon papa, ne t’en fais pas : nous en viendrons à bout de tous ces empêcheurs d’enterrer en rond ». Papy est convaincu de son bien fondé, à insérer dans son fondement et, forcément, par respect ou par opinion corrélée, il aura nécessairement un auditoire. L’image associée à ce membre de la famille n’est pas trop compliquée à comprendre : NSBMand co.
Par décence (et par volonté d’en parler le moins possible pour leur faire de la pub), je ne mettrai aucun exemple ni de nom, de titre ou d’origine géographique, ni de son et encore moins de morceau complet avec analyse nauséabonde, que l’énergumène suscité soit pratiquant, croyant, ou prosélyte. Néanmoins, vous n’êtes pas suffisamment obtus pour ne pas être au courant que, oui, ça existe des groupes de cette idéologie, que ça a, voire trouve, son public, que ça débat assez fréquemment sur l’innocuité de leur présence dans un running order parce que « le Metal, c’est aussi l’ouverture d’esprit », que ça crée du buzz, terme en vogue pour être synonyme de « vent », un de ceux qui sortirait de l’ouverture non de mon esprit mais de mes sphincters : même bruit, même odeur, on supporte le sien mais pas celui des autres, ça fait rigoler sur le coup mais quand on se rend compte qu’on est seul à le faire, on se sent honteux… Ou du moins on devrait, au quelque part mais si on ajoute sur le gâteau au caca évoqué en entrée une bonne petite couche au-dessus appelée « mauvaise foi absolue », on peut s’en sortir en étant né avant la honte. Tout ça pour dire qu’accepter que ce genre d’ineptie existe, c’est être démocrate (comme Hugues, quand Georges est un fasciste de merde), certes, mais en faire le jeu et le mettre en avant en rebondissant sur les propos de personnes en mal d’existence et de visibilité, c’est manquer de bonne intelligence et ouvrir des portes non pas à son esprit mais à ceux qui en manquent, les invitant à adhérer au parti(es) comme des morpions pas encore matures, voire les inviter à table, les inviter « à boire, à manger, à se distraire ; assis à table, ils parleront des cris qu’on fait taire, ils parleront de la mort et de son pouvoir. » (« Les brutes », Trust)
Suis-je vraiment obligé de vous remettre en mémoire le nombre de fois ou des festivals, vivants ou morts depuis, avec plus ou moins de sincérité dans leur propos, on a mis à l’honneur et pas à l’affiche des groupes « tendancieux » dans leur propos ou attitude ? C’est vrai que le Metal regorge de mise en scène, d’ambiguïtés et de « choquant » mais quand il y a doute très raisonnable et fondé, c’est qu’il n’y a plus doute, ou alors que des explications claires se doivent d’être portées à la connaissance des hôtes tout comme des spectateurs. Sinon… bah, tu assumes ton image, ton public, tes choix artistiques, le fait qu’en tant qu’organisateur tu les invites en pleine connaissance de cause, etc.
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« Laissez les mamies faire, les mémés, les mamas » … Mamie écrase les prouts comme Mammouth écrase les prix ; autant dire qu’on va faire du lourd et du sale dans cette longue partie. Et si l’adage veut qu’on ne doive pas pousser mémé dans les orties… Bah, dans notre cas, il faudrait… vraiment… pour qu’elle se pique le derche et revienne à la réalité que son état d’esprit pingre de gros rat manipulateur qu’elle pense utiliser comme une forme de pouvoir n’en est un que si les vautours qui tournent autour lui accordent une once de crédibilité. On va donc parler de l’envers, non pas l’excellent album de Wormfood mais celui du décor car, en effet, il y a pas mal à envoyer. Si papy et mamie s’entendent plutôt bien, c’est par intérêt mutuel. Mais surtout mamie sait que si elle a une cour qui gravite autour d’elle, elle peut en faire ce qu’elle veut, l’influencer, l’inciter à agir contre tout bon sens, etc. Comme vous le savez sûrement déjà, je considère qu’on ne devrait jamais donner le pouvoir à ceux/celles qui le recherchent : « C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. » (L’esprit des Lois, Montesquieu). Dans cette partie, on va donc parler de coups bas – mais pas de Cuba – et de bras longs – dommage d’ailleurs : cul bas et bras longs, on aurait pu s’étendre sur le singe-araignée et faire une pause zoologique plus que sociologique.
Il va de soi que si j’évoque et vais évoquer de nombreux points sur le sujet, c’est que je me suis trouvé un peu de tous côtés de la Scène : au-devant, comme beaucoup d’entre vous, auditeurs et spectateurs qui avez lâché vos deniers pour assister à un concert, acheter un skeud ou un DVD live, vous parer du T-shirt de votre/vos groupe/s préféré/s, mais aussi pas mal derrière, dans divers spots, surfant avec les individualités plus ou moins égocentriques et égoïstes. Après tout, qu’est-ce qu’un égoïste et égocentrique à part quelqu’un qui ne pense pas à moi ?… De manière à être le plus transparent, tout ce que j’écris depuis quelques temps et qui est publié sur ce webzine est gracieux, sur du temps libre, et c’est très bien ainsi : je propose, on dispose, ou pas, selon que ça apporte une plus-value. Dans le cas contraire… bah, rien à carrer, de toute façon, c’est fait, et c’est ma façon de fonctionner. On me laisse une carte blanche, si ce n’est pas pertinent ou opportun, ça reste fait quoiqu’il en soit et prend qui veut : je ne travaille pas « pour » mais « avec » des personnes et si ce contrat tacite venait à changer, je partirais, tout comme je ne recherche pas fortune et gloire, pour citer Indiana Jones et le Temple maudit. Vous vous doutez également que je ne suis pas nouveau dans le game mais que c’est une philosophie que j’applique depuis bien longtemps et qui est (théoriquement) entendue à défaut d’être contractualisée. Ça n’a pas toujours été le cas, sensiblement, ce qui fait que je suis sorti de pas mal de postes « dans l’ombre », dans les coulisses, parce qu’on n’était plus d’accord sur cet accord justement : intervieweur, co-organisateur, interprète, chroniqueur et j’en passe. Ce qui fait que j’ai vu, vécu et recueilli de nombreuses choses et témoignages qui, certes, ne sont pas une généralité mais se mentir en se cachant que ces problématiques existent et sont réelles, c’est juste s’aveugler.
Pour commencer – « enfin ! » diront certains, et je vous comprends, des fois je m’auto-saoule dans mes laïus, c’est même con que je ne touche pas de droits SACEM parce que je viens de rajouter du baratin pas utile qui me permettrait d’accumuler encore sur mon petit pécule – parlons des « gros », ceux qui savent qu’ils ont un poids et donc ont des exigences, qu’il faudrait peut-être faire redescendre de leur piédestal. Il y a bien évidemment (et heureusement) des managers, boss ou acteurs de grosses structures qui ont conscience de peser, mais aussi que leur poids n’est dû qu’à leurs « petites mains », très/trop souvent bénévoles, et qui rétribuent d’une manière ou d’une autre cette implication : une gratuité à un festival sur un certain temps pour assister au passage d’un groupe favori pour un bénévole (je ne connais pas forcément bien les contrats de ce type dans des gros fests mais si vous avez des éléments à apporter, je suis preneur), des distributeurs qui publient des chroniques d’albums de leurs poulains sur leur propre page web ou RS, des éditeurs qui envoient encore des CDs et pas un bundle de mp3 au son compressé et dégueulasse, des managers qui te laissent un temps suffisamment conséquent pour pouvoir faire une interview de fond et non de forme (promotionnelle). Mais ceux-ci ne sont qu’une minorité…
Saviez-vous par exemple – et c’est là toute l’ironie – que seuls les petits labels, voire les indépendants, sont les derniers à envoyer encore du format matériel et non du dématérialisé ? Et quand ces « indés » te présentent leurs excuses parce que c’est un coût pour eux de le faire et/ou ne peuvent que t’envoyer un bundle (excuses tout à fait légitimes), ils font l’effort de t’envoyer des formats *.flac, de bien meilleure qualité sonore… Des gros labels, dont le plus puissant en Europe, ne le font plus depuis belle lurette pour atténuer leur coût de fonctionnement, quand toi, chroniqueur, on te demande d’être déjà bien content de recevoir le « son » (j’utilise sciemment le terme, en m’appuyant sur une récente étude de l’évolution du spectre sonore et de la perte de dynamique depuis les années 90 afin de coller aux formats les plus rentables) gratuitement… et bosser gratuitement à faire la promotion d’un album… sans retour ni positif ni négatif – l’équivalent d’un « on vous paye en vues » que nombre de petits groupes pour lesquels le proprio du bar ou de la salle te refuse un cachet minimal voire un défraiement connaissent bien. Ah, au fait, il faut évidemment que vous en parliez positivement parce que si vous ne le faites pas, ouuuuuuh la la… vous vous attirez les foudres d’au-dessus, allant du simple blacklistage à la réprimande type « je veux parler à votre responsable », responsable qui sait qu’il risque aussi de perdre une source de visibilité en likes, vu que ledit distributeur au-dessus ne partage toujours pas ton travail gratuit… Ah non, pas gratuit, c’est vrai : il t’a envoyé du « son » gratuitement, lui… des fois sous la forme d’un… lien vers Youtube… mais si tu veux l’album en CD, achète-le, il est disponible pour la modique somme de…
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Passons aux interviews. En général, une interview, c’est formaté. Je suis bien conscient que ça repose sur un planning, promotionnel, que le temps t’est compté légitimement, que le groupe est ou peut être fatigué de sa campagne de com’ (va enchainer des interviews à longueur de temps avec les mêmes questions plus ou moins chiantes, redondantes, brossant dans le sens du poil, sans réel fond, « j’aime beaucoup ce que vous faites… bah, ça tombe bien, moi aussi… est-ce vraiment une information ou une question ? » !) Et tu as des managers qui font pas mal de zèle : des fois, tu en souris, avec éventuellement la complicité (bienvenue) du groupe qui vient se faire cuisiner, et des fois, tu as juste envie que le minimum de respect qu’on te doit comme questionneur gracieux et pas malveillant te soit accordé de manière naturelle, et tu te sens tenté, après ce type d’agression tacite, de transposer ledit énergumène en poster de ton groupe préféré – ou invité à répondre à tes questions – c’est-à-dire placardé et punaisé au mur… J’imagine ne pas être le seul intervieweur a avoir vécu ce genre d’expérience, allant jusqu’à l’annulation in extremis d’une interview (que tu as briquée pendant un long moment pour la rendre intéressante et pertinente) par ledit manager qui ne te fournit aucune explication, mais, si on omet les managers menaçants, par exemple « si je vois une goutte de picole, c’est annulé » allant jusqu’à inclure les petites mains (régisseurs, équipe technique, ouvreuse) dans leur équation anti-alcool, on a ceux bien intrusifs – et j’en ai eu quelques-uns, de groupes renommés – qui assistent de bout en bout à l’interview, interviennent comme un avocat, sont au qui-vive concernant une question qui sortirait du cadre ou pourrait avoir un effet potentiellement néfaste… Waaaaah… Infernal ! Frère, je connais mon boulot, j’ai aucun contrat signé avec toi, alors ferme bien ta gueule et retourne prendre une camomille au bar, ça te détendra le rectum… pète un coup, mon gars ! Heureusement, ce ne sont que quelques anecdotes et non une généralité mais ce qui m’a fait arrêter les rencontres avec les groupes dans ce type de cadre, c’est clairement l’évolution et la progression de ce type de mentalités (quand je n’ai que très, très peu de souvenirs négatifs – et probablement réciproquement – de groupes, y compris ceux que je ne connaissais que peu ou connaissais sans pour autant apprécier plus que ça leur musique – déçus ou mécontents ; en général, on regrettait mutuellement de ne pas avoir plus de temps à s’accorder pour papoter en longueur).
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Hep, toi ! Tu aimes assister à des concerts ? Tu as un smartphone plus ou moins dernier cri – ou plutôt « râle », si on s’en réfère au prix à casquer – et tu prends des photos ? Tu es donc photographe, non ?! Allez, j’ai besoin de toi pour un live report… Par contre, je vais décider quelles photos… et puis ce serait bien que tu investisses dans un vrai appareil photo… et je choisirai lesquelles je veux…
Si éventuellement, vous vous reconnaissez dans ce cas de figure… vous êtes une buse ! Une bonne grosse buse… D’une part parce qu’être photographe, ce n’est pas prendre des photos et, quand bien même, ce n’est pas un « talent » mais du « travail » (comme tout talent, d’ailleurs, cessons avec ce mythe). Donc ton travail mérite de la reconnaissance, à défaut de rétribution pécuniaire… Parlons un peu d’esbroufe, de poudre aux yeux, voire de perlimpinpin, expression désuète remise au goût du jour. « Oui, c’est sur internet/un RS, donc c’est gratuit, donc on peut l’utiliser comme on veut » … Ah ben non, en fait… Et cette mentalité de la gratuité du travail bénévole, qui plus est à fins commerciales, se fait grandissante, malheureusement : si un ou une photographe ne fait pas payer le fruit de son travail, il ou elle n’en démérite pas moins pour ce résultat partagé, pour lequel il ou elle aura passé du temps à le perfectionner et le rendre a minima potable, voire viser le plus intéressant et expressif… Donc qui que tu sois et quoi que tu fasses, tu lui dois respect et estime, pas utilisation frauduleuse ou abus de faiblesse/naïveté. Et le nombre de cas va croissant, de photographes soit professionnels soit amateurs mais qui bossent dur, qui se font spolier leur travail par des magazines, payants, sans véritable scrupule, qui soit « oublient » de te mentionner comme auteur de ladite photo, soit rognent carrément ta signature. J’ai entendu dernièrement ces mots : « tu m’étonnes que des photographes mettent désormais leur filigrane de signature partout sur la photo » … Oui… ça la salit et la rend bien moins intéressante du point de vue photogénique mais on en est là… Et celui qui argue que « c’est un milieu concurrentiel », oui, j’en suis conscient, et c’est bien pour ça qu’il reste très peu de magazines Metal au format papier, pour ne pas dire une poignée, parce qu’ils sont payants (contrairement aux fanzines, webzines, podcasts, vlogs ou autres) mais ceci n’interdit ni n’empêche d’avoir une éthique et une honnêteté, à défaut d’être journalistique, et ne pas jouer sur le tableau « pot de terre contre pot de fer », ni en « on vous revaudra ça », du flan pas si éloigné en bouche du gâteau au caca – on y revient toujours.
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Après les « gros », parlons maintenant des « petits »… comme ça on ne pourra pas me taxer de grossophobie métallique. Ce n’est pas un terme péjoratif mais un classement hiérarchique simple et factuel : il y a les petits qui en ont conscience, et ceux qui voudraient être des grands et agissent en conséquence, avec des dents plus ou moins longues à défaut de bras (et donc de chocolat). Qui/quel groupe ne rêverait pas d’être à l’affiche d’un Hellfest, de suivre un mood « et partout dans la rue, j’veux qu’on parle de moi, que les filles soient nues, qu’elles se jettent sur moi », que son album soit en top liste des charts, du billboard, en voie de disque de platine, de visibilité, de starification, de… de… de… ? Fortune et gloire, en somme… Sonnante et trébuchante… Vous avez alors deux possibilités assez simples, dans un milieu forcément très concurrentiel : qu’on reconnaisse – enfin – votre talent ou que vous ayez fric et contacts. La troisième, c’est l’option sale : les plus ou moins pires crasses pour arriver au sommet, AKA « coups de pute ». Je passerai les deux premiers cas, tombant le plus sous le sens pour, comme Ariel, soulever la crasse sans la re-déposer : on avait dit en début de partie « du lourd, du sale ».
C’est donc par un mythe que je vais ouvrir ce point de suture, « é qué s’appelorio » date-retour. Allez… je vous vois déjà esquisser un sourire, ceux des membres de petits groupes qui ont organisé un concert dans leur rade local (payés en vues sur Facebook, hein, bien sûr), essayant de monter un plateau cohérent en invitant des groupes plus ou moins de même niveau (si c’est plus, c’est mieux pour la visibilité de la date et des noms sur l’affiche), distribuant flyers et bossant sur la com (affiche and co.) avec l’once d’espoir que tout ceci sera bénéfique à leur propre groupe, tant pour le concert organisé de leur petites mains que… le match retour chez ceux qui ont été conviés… Alors cassons directement ces mythes qui abusent : la grande famille ne s’entend bien que si elle trouve un intérêt bilatéral à le faire. La famosa date-retour n’aura lieu que si vous êtes dignes, donc en odeur de sainteté ou de notoriété, bref que vous apportez une plus-value… sinon, zobi ! J’ai également côtoyé au fil des années, et dans un cadre soit de co-organisateur soit de groupe qui invite, des « on vous rappellera » qui sonnent occupés quand tu le leur rappelles, justement… Ahhhh cette naïveté… de parfois même faire revenir lesdits groupes dans un espoir toujours plus vain que leur notoriété va aller croissant en une « date-retour » … Je me demande bien pourquoi on contractualise tout désormais, y compris le cachet/frais de défraiement… Je déconne, hein : je sais.
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Tiens, on évoquait ci-dessus des organisateurs… Parlons-en, mais pas en bien ; même si « y eeeeen a des bieeeens ». Je ne saurais vous remettre en (douloureuse, pour certains et certaines) mémoire le #rendslesrunes qui a servi de blason au Ragnar Rock Festival, qui s’est barré avec la caisse pour la rouvrir en Espagne… une belle ouverture non d’esprit mais d’anus, comme celui qui avale une noix de coco fait confiance au sien. Attardons-nous plutôt sur ceux qui, comme la Clio première génération, veulent « avoir tout d’une grande » avec des niveaux de filsdeputerie parfois indécents et savoureux par la même occasion. Bon, je ne fais pas trop l’étalage sur les « petites » dates sur des « petits » plateaux qui te demandent de jouer gratos (on a déjà soulevé la crasse de la « visibilité sur internet/page Facebook » plus haut, pas la peine de pérorer), mais d’autres qui, par diverses magouilles stratégiques MAIS légales, finissent par évincer le crew fondateur pour s’approprier la création. « On n’est pas bien, là, à la fraîche, décontractés du gland ? » Et on niquera quand on aura envie de niquer… Parce que, oui, le cynisme peut aller jusque-là, même pour ceux qui s’en battent les valseuses : une orga consciencieuse est un cadre légal, généralement asso de type loi 1901 (but non lucratif), avec un CA soumis au vote, etc. Et comme dans tout vote, on aide à faire voter les membres, qu’on intègre petit à petit… et bam, ça fait des Chocapic, au caca(o) ! Si ce n’était pas si pathétique, ça en deviendrait presque magnifique, poétique comme un coucher de soleil sur un mitard… Vous doutez, je le vois… Si, si, ça existe un tel niveau d’enculerie… Allez, on soutient les petits groupes et la scène locale, siouplé ?!
« Où t’es, papa, où t’es ? » Avec tonton en train de picoler pour oublier… donc dans le public, à siroter des bières plus ou moins quali selon l’endroit où prend place le concert auquel vous assistez, et donc la qualité va decrescendo inversement à la taille… J’ai un vague souvenir de pisse appelé « mousse », même pas « roteuse » tellement elle était coupée à la flotte, dans un très grand festival, le Sonisphere en l’occurrence… Heureusement que les blagues pipi-caca bien beauf servent d’opium du peuple metalleux pour oublier ou ne pas faire penser qu’on fait partie d’une masse non pensante parfois, parce que l’ambiance est bonne et que « le Metal, c’est pas sérieux ». Certes, mais ce n’est pas pour autant débilitant que d’être bon enfant. Tiens, parlons des enfants en amenant à la table, et la conversation, les frangins qui viennent pour la bonne bouffe et l’amusement : à défaut d’amusement, quelques pains et/ou coups de latte dans la gueule, c’est le rituel Metal, quand il n’y a pas un cul à montrer à Yann Barthès, qui rend le metalleux imbécile et diffuse son image de crétin utile pour égayer le diner de con médiatique et confirme cette représentation véhiculée, telle celle d’un Gérard de Suresnes qui fait marrer le tout-venant avec un sentiment de supériorité, réjouit par l’humiliation sous couvert de bienveillance et d’inclusivité. « Et dire qu’il suffirait qu’on n’en achète pas pour que ça ne se vende plus… » Le problème attenant à cette démocratisation, le fameux paradoxe metalleux déjà évoqué du « on veut être visibles et reconnus mais pas mainstream et commerciaux », c’est la diversification du public. Sur certains aspects, ça me satisfait : qui a déjà regardé son voisin de salle ou fest en se disant « merde, il me ressemble carrément, c’est cool » en transposant sa réflexion en « merde, il ne me ressemble pas du tout… mais c’est cool qu’il soit là, je pourrai moi aussi faire de même et découvrir sa culture » ? Sauf que, qui dit intégration d’une culture ou dans une culture, dit acculturation et connaissance des codes (merci Bourdieu). Et c’est là que le bât (du front) peut blesser, surtout s’il chausse du 45 fillette… Si le bon sens et le respect immanent à la scène Metal veut qu’on pratique moshpits, circle pits, walls of death et autres joyeusetés confrontant la chaleur humaine à l’œdème, il est de coutume d’éviter d’éclater la tronche de son prochain qui ne pourra plus tendre l’autre joue, voire de le ou la ramasser s’il ou elle choit en plein centre d’une harde rugissante… ce qui n’est pas acquis par tous (là, je n’userai que du masculin), qui se diraient avec la simplicité de l’irrespect : « hé, les concerts de Metal, c’est cool, on peut montrer son cul à la télé et, comme Jésus, multiplier les pains ! » Anecdote : j’ai vu un mec faire du pogo et un mosh sur… du Maiden ! Pauvre de lui, heureux les simples d’esprits car le royaume des cieux (aussi appelé « tu sors de la salle, pépère ») leur appartient…
Heureusement que la frangine qui s’emmerde est à la table pour faire étinceler de sérieux par sa présence : elle va donc critiquer tout ce qui passe et ne trouver rien à son goût. Et donc se faire soit ignorer soit détester cordialement, et ce dans le respect des majeurs levés à l’encontre de sa personne humaine. Elle, c’est le snob de la famille… Parce que son goût est sûr, qualitatif, unique, et que, le reste, « c’est de la merde », ce qui va l’amener à dénigrer plus ou moins ouvertement, avec un mépris plus ou moins prononcé, tout ce qui n’est pas digne de ses attentes, de sa culture, la seule… Ça vous rappelle quelque chose ? Des affiches dans lesquelles seuls un ou deux sous-genres très apparentés sont présents, au détriment total de nombreux autres mais « on est ouverts à toute possibilité », le même propos seriné chaque année, la même promesse unilatérale de diversification… Pourquoi de moins en moins de plateau avec du Heavy, du Power, au profit de toujours plus extrême au point d’en devenir aberrant et incompréhensible (autant dire imbitable et proche du foutage de gueule) ? Ah, oui : parce que « c’est de la merde » … La famille…. Ou le clan dans toute son expression sectaire, finalement ?
« Bonjour ma cousi-i-neuh… Bonjour mon cousin germain… On m’a dit que vous m’aimiez : est-ce bien la vérité ? » Faisons de ce couple (probable) une section à part entière, la crème fouetteuse de ce propos. Car ils méritent leur place…
La cousine, c’est celle qui va voir un agresseur à chaque pilier de la tente, qui va scruter la foule en se disant que tout mâle présent est un potentiel agresseur, qui va donc passer un moment tellement enrichissant qu’elle te donne envie de revenir en sachant que si tu entres malgré toi dans son périmètre de sécurité, tu deviendras un frotteur/harceleur et plus si affinités. Je vais tempérer mon propos par du factuel : oui, ça existe et oui, il faut lutter contre (et ensemble, en « famille ») ce fléau ; n’importe quel lieu de spectacle, indoor ou open air, massif ou à jauge restreinte, devrait être naturellement un safe space pour quiconque y assiste, quels que soient les sexe, genre, attirance sexuelle, couleur de peau, religion, forme physique et autre. Ce n’est malheureusement pas le cas et il est intéressant et intelligent d’en faire état, comme dans n’importe quel autre type de rassemblement d’occasion, genre ou situation différente. Mais de là à en faire une généralité anxiogène pour toute personne qui pourrait potentiellement se sentir stigmatisée pour telle ou telle revendication d’appartenance sur un regard interprété sous un biais inapproprié, c’est non seulement contre-productif et ouvre la porte à toute forme de censure qui défierait la notion même de liberté d’expression qui sert de frontispice à la chapelle Metal, parce que « on sait jamais ». Par ce paragraphe, et même si je soutiens Médiapart dans leurs articles de fond, celui sur les agressions dans le milieu Metal est biaisé et survole totalement la question pour faire de quelques cas (indéniables) une généralisation et jeter l’opprobre sur toute une population culturelle parce que quelques-uns, plus véhéments et criant au loup, veulent appliquer leur diktat.
J’ajoute donc le cousin germain à l’équation, le SJW (Social Justice Warrior) qui se sent plus victime que la vraie victime. Est-ce que sa cause est noble ? Oui. Est-ce que la méthode l’est ? Non. Est-ce que la damoiselle en détresse a besoin d’un chevalier servant ? Non. Est-ce que faire de la pédagogie et non de l’agression sera plus constructif ?… Assurément… J’ai été associé malgré moi récemment à ce genre de situation, et je vous explique : ce type de conglomérat radical utilise très (trop) souvent des appellations franglaises en suffixe « ing », dans un langage abscons limite technocratique pour les initiés, et je ne sais même plus quel terme était employé sur le mur d’une connaissance de la Scène. N’étant pas dans le cénacle, je demande en commentaire la signification (simple) de ce terme. Je reçois la réponse, passive agressive d’un autre commentateur avec force de texte juridique, ce à quoi je réponds que la signification m’intéresse, pas la leçon de morale (je suis assez grand pour ne pas être teubé au point d’ignorer que tout type d’agression sexuelle est à la fois immoral et répréhensible… et n’est même pas envisageable de ma part mais bon, l’interlocuteur peut aussi ignorer ce fait, admettons). Damned, l’erreur que je n’avais pas commise : s’en est suivi un flot de commentaires malsains à base d’accusations de complicité et autre sous-entendu dégueulasse pour avoir simplement posé la question… Autant vous dire que je ne suis plus en contact avec cette personne… Mais autant je peux comprendre la raison qui peut pousser ce genre d’individus à être offusqué par ces problèmes qui, selon mon optimisme légendaire, ne trouveront jamais de fin malgré toute la bonne volonté et les actions mises en branle pour y parvenir, autant je peux refuser de me trouver moi-même agressé et calomnié. Vous vous ferez votre avis, je n’ai ni la Parole ni la science infuse (CQFD avec cette anecdote) mais peut-être qu’un peu de réflexion généralisée serait bien plus profitable que la meute aux abois prête à fondre sur la première proie facile, non ?
Et si finalement, le petit frère n’était pas dans le coup, à faire ses conneries et s’échapper en douce ? Après tout, foutre le bordel, c’est son truc… Le détonateur, celui qui ne prendra pas de pincettes mais ira à la pelle, ne servira certes pas de joint d’étanchéité pour joint de climatiseur de morgue – les VRAIS ont la réf’ – mais laissera fuiter les odeurs de putréfaction par amusement face au chaos, tel un Ulysse face à Polyphème qui lui dirait qu’il n’est « Personne » et donc peut se permettre de disparaître sans être vu, indicible, après avoir décimé tout le troupeau de brebis.
« Si, maman, si… Maman si tu voyais ma vie : je pleure comme je ris mais mon avenir reste gris… » Autant vous dire qu’arrivé au bout de ce bukkake familial, il est grand temps de parler à maman de sa famille dysfonctionnelle, qui fait bonne figure mais est incapable de se dire ses quatre vérités en face, préférant supporter des poids d’âne mort dans un silence assourdissant plutôt que de s’en libérer en posant sur cette même table maintenant débarrassée de ses accessoires futiles et décoratifs d’ambiance les cadavres, les squelettes dans le placard, finalement la vraie discussion, celle qui se doit d’avoir lieu pour se retrouver peut-être de nouveau dans un esprit plus sain et moins vicié par les arrières pensées. Oui, ça ne fait pas plaisir, oui, ça peut faire pleurer comme rire, mais ça permet de remettre la pendule familiale à l’heure. Nul n’est parfait, nul n’est irréprochable, c’est un fait : même les béatifiés ne sont pas épargnés. Mais si on faisait un vrai bon gâteau ensemble, enfin, et pas un truc peu ragoûtant avec une odeur et un arrière-goût de merde parce qu’on n’a pas su s’entendre sur la recette la plus cohérente pour faire de ce dessert une réussite ? Allez : à taaaaaable !
Ce long post est sponsorisé et vous a été proposé par l’Association des Protecteurs de la Cène de Léonard de Vinci. Et comme je suis sympa – ne vous déplaise – et que je fais plein de références au Metal dans sa globalité sans mettre ni son ni image, en voici quelques-uns et unes pour vous, ceux qui avez tenu jusqu’au bout sans couper jusqu’ici, offusqués par tant de gêne face au miroir. Que reste-t-il de nos amours, ces amours mortes qui n’en finissent pas de mourir ? La musique, fort heureusement…
« Si vous connaissez cette photo, c’est que vous lisez encore la presse papier… » – WvG
Un playlist de Noël ? Oui ! Mais foncièrement Extrême…
Réflexion par WvG
« Voici le temps d’être heureu-eux… Fa la la la laaa » chantonnait Mme Sheila Futterman, ajustant sa décoration de Noël, avant de se faire écrabouiller par un Caterpillar dans son salon, conduit par un Gremlin. Ahhhh… cette douce magie de Noël, nos santons de Provence décrépis dans la crèche, le vieux pervers qui fait sautiller les enfants sur ses genoux dans les supermarchés, un Saint Nicolas obèse et rouge cocaifié, et bien sûr, les cantiques de Noël ! Tino Rossi RPZ ! Enfin… pas vraiment, c’est davantage une tradition anglo-saxonne que bien franchouillarde. Faut dire que pour rester dans les clichés, c’est nettement plus bandant de voir un chœur de lutins entonner des mélodies joyeuses devant des porches de gentilles familles américaines bien sous tous rapports et vivant dans la sérénité apaisante d’un doux foyer chauffé à la cheminée et son feu de bois crépitant que de se balader aux Halles et entendre le vieux René et son accordéon, grelottant devant son bidon en flammes sur lequel crépitent deux-trois marrons, ressemblant davantage à un clodo sur le point de ne pas passer l’hiver (mais tant qu’il y a la baguette et le béret, aux yeux du monde occidental, c’est validé…)
La thématique du jour, mes gâtés de la Nativité, va être – vous vous en doutez – les chansons de Noël dans le Metal. Parce que, forcément, il fallait que les chevelus en soient, soit par atavisme, soit par dérision, soit parce qu’ils ont en leur sein cette culture et tradition qui leur tient à cœur par croyance ou appartenance à un milieu social dont c’est la coutume.
Commençons par les créatifs. Ceux qui prennent la tradition pour écrire leur propre chanson. Ceux qui y croient suffisamment, à cet « esprit de Noël » pour mettre leur créativité à son service… On a les groupes qui veulent aller dans le sens de la tradition, la respectant au premier degré, pour créer un cantique plein de bonnes intentions et de candy canes emballées dans du cuir et du fil barbelé… voire trempées dans de l’acide et du fiel. On va se secouer les boules de Noël et introduire la bûche dans le… sujet avec l’ironie et le cynisme (pseudo)punk d’un Blink 182 qui met déjà l’ambiance.
Phoebe Cates, qui interprète le rôle de Kate, la serveuse du bar de Kingston Falls (voir référence attachée en introduction), elle non plus n’aime pas Noël… Le groupe Fear pas davantage mais l’explique de façon bien plus courte et efficace.
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En effet, il y a d’abord ceux qui chient allègrement sur le concept et le détournent pour revenir à ce qui fait le Metal : Satan Claus. King Diamond, dans son imagerie, sait le faire… Bon, on a évidemment du mal à prendre son concept au sérieux, tout talentueux soit-il, mais quand tu fais ce type de choix esthétiques « trop daaaark », on a un peu du mal à t’imaginer à côté de Rodolphe vivant plutôt qu’en train de tourner sur une broche. Dans ce même level de streetcred, j’aurais aussi pu vous parler de « Christmas with the Devil » mais si je vous dis que c’est de Spinal Tap, vous allez me rétorquer que… « Ah ! »
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« Père Noël, t’es le seul ami des enfants, qu’ait toujours au moins trois grammes dans le sang… » Il y a aussi ceux qui tournent en dérision la tradition, en singeant les « classiques ». Cocorico, on en a chez nous ! Une référence quand il s’agit de parodier puisqu’il s’agi(ssai)t de leur fonds de commerce, Ultra Vomit, qui a justement vomi un court cantique, assez facile à mémoriser pour mieux proposer de l’entonner en famille devant un sapin recouvert de m… de guirlandes.
Et quand il s’agit de détourner des petits êtres de la joie en leur proposant de sucer un objet oblong, un tube de Noël en gros, je ne parle pas de pédophilie mais de l’anti-Papa Noël, le père fouettard en VF ou Krampus dans les autres cultures, sujet auquel s’est attaché Lacuna Coil dans « Naughty Christmas »
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Il y a aussi ceux qui restent dans leur état d’esprit inhérent au groupe, pour qui Noël est un jour de merde, comme tous les autres. Type O Negative, c’est pas franchement la représentation de la joie et l’image du sourire donc assez cohérent qu’ils pondent un cantique lugubre, « Red Water (Christmas Mourning) »
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Il y a également les enfants pas sages, qui détournent la pureté et l’innocence du moment pour y mettre des allusions salaces. Evidemment, AC/DC ayant déjà montré par le passé que la Rock’ n Roll attitude n’était pas l’apanage des glameux, il fallait bien qu’à un moment ou un autre ils secouent leurs grelots devant le nez du monde en proposant de culbuter la Mère Noël.
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Il y a enfin les chansons de Yule, qu’on chante en bande organisée. Oui, parce que Noël, c’est une fête commerciale et les TRVE ne fêtent pas Noël mais Yule. On ne va évidemment pas entrer dans un loooooong débat sur la récupération par le christianisme des fêtes païennes, usurpation elle-même officialisée dans le Christmas Carol classique « Deck the Hall » par le truchement de ces paroles « troll the ancient Yuletide Carol » … Ça, vous le ferez en famille pour troller (AKA « animer ») le putainement long repas de famille. Toujours est-il que les paganistes se devaient de rétablir la vérité et qui de mieux que les Vikings – donc Amon Amarth – pour replacer le cairn au centre du village et foutre le feu au sapin.
« V’la l’temps des fêtes, V’la l’temps des fêtes » entonnait François Pérusse pour les Deux minutes du Peuple. Il y a des traditions (et des baffes) qui se perdent parfois mais celle-ci à la peau dure… le cuir tanné, en somme. Vivent les vents divers, il a été dans l’air du temps de faire des albums de reprises de Christmas Carols, du Metal engagé en profondeur, quoi. Et si on peut attendre mieux de la part de darons du genre, on est quand même content de les entendre parfois dans d’autres registres, même si ça peut paraître hors sujet…
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Débutons cette seconde partie par ceux qui, dans un esprit de « grande famille », se rassemblent autour du sapin, respectant la coutume. On va donc retrouver une grosse dream team autour d’un chef de projet, les X-Men du X-Mas. Le sapin, c’est Bob Kulick, producteur qui a rameuté la « crème de la crème », comme on dit en anglais, de la scène Metal pour un album inégal mais plein de tubes et de noms très connus, intitulé We wish you a Metal X-Mas and a headbanging new Year.
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Et si certains se rassemblent pour diffuser la « magie de Noël », il y a aussi ceux qui la jouent solo comme Rob Halford et Tarja Turunen. Partis respectivement dans une carrière solo (sans pour autant faire oublier leur place dans des groupes mythiques, d’autant en rejouant en live les titres qui ont fait leur renommée), ils profitent de l’occasion des fêtes de fin d’année pour faire trembler leur glotte à vibrato sur des hits sortis des fins fonds des chaussettes sur la cheminée.
Halford ne cachant pas sa confession, légitime qu’il métalise des « O come, Emmanuel » ou « Come ye all faithfull » sur Winter Songs.
Tarja quant à elle met l’accent sur l’ambiance nivale finlandaise sur From Spirits and Ghosts.
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Si Jésus est descendu parmi nous – mais qui est donc ce foutu chat et, surtout, comment le nourrissent ils ? – certains nous ont rejoints tardivement. Christopher Lee, LE Christopher Lee, celui qui a eu mille vies (contrairement à Bernard Tapie selon la vision de Jack Lang), a réalisé un rêve très lointain ; bien que chanteur lyrique de formation (une vie parmi d’autres), il n’a fini par atterrir dans le Metal que vers la fin de sa vie en prenant part aux opus de Rhapsody (of Fire ou pas) tout en état Sauron après avoir été Dracula (beaucoup de vies là aussi) pour proposer son album solo.
C’est loin d’être génial mais touchant quoiqu’il en soit, eu égard à sa nonantaine d’années, dans son album solo mais aussi pour son interprétation métallique de classiques de saison dans son A Heavy Metal Christmas, EP dont il renouvellera l’expérience sur un volume 2 (avec « Jingle Hell ») et des Darkest Carols.
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Parmi les « pas sages », à vide, les glameux (dont on parlait plus haut) peuvent se montrer politiquement corrects, au point de te faire une faciale de chansons gentilles. Pour changer d’un « Petite pipe à Noël » que vous attendriez de leur part, Twisted Sisters, le look de pétasse peinturlurée au Ripolin fluo de Dee Snider, vous les imagineriez brailler des chansons de Noël sur tout un album ? Bah… maintenant, si, avec A Twisted Christmas, titre qui garde cependant un sous-entendu sale (comme quoi on ne se refait pas, contrairement au petit Jésus qui, version adulte, peut le faire en trois jours)
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Quand t’es chrétien, croyant et pratiquant et revendiqué – donc pas Metal dans l’imagerie stéréotypée –, il est logique qu’à un moment de ta carrière, par imitation des autres ou par prosélytisme, tu proposes un album de chants de Noël. C’est le cas avec August Burns Red qui growle son amour pour le ch’ti n’enfant entouré d’ânes et de bœufs dans Sleddin’ Hill.
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Pour finir, et parmi ceux qui reprennent des singles de Noël, je sens déjà poindre votre déception de ne pas voir figurer un « Last Christmas » de Wham version Metal dans cette liste… mais sachez que vous venez de le fredonner dans votre tête et avez déjà échoué à votre Whammageddon. Par contre, on va lancer un VRAI débat maintenant ! L’étrange Noël de Monsieur Jack… c’est un film d’Halloween ou de Noël ? Bonne chance à vous ! Toujours est-il que KoRn s’en fout mais propose une reprise d’un des thèmes de ce film avec « Kidnap the Sandy Claws ». Laaaa lala lalalaaaa…
« Viens m’voir à Los Angeles, on passera Noël en famille, on fera la fête ! » On a parlé précédemment d’imagerie et iconographie du Metal, fumisterie et hypocrisie dernièrement (ou bientôt selon la date de parution du prochain blabla) ; si là on est dans le plus pur des exemples du paraître et des paradoxes du Metal, je ne vois pas trop ce que c’est d’autre. Cependant, en prenant du recul, à défaut de kiffer le moment sous la neige dans un marché avec des couples américains qui se roulent des pelles (à neige, également) en décapitant un petit bonhomme pain d’épice, ça vous fera toujours une playlist sympa à vous mettre au coin de l’oreille, en n’oubliant pas que « tout ce que je veux pour Noël, c’est vous ! » MOUHAHAHAHAHA !!!
PS (au bas de ta lettre au Pornoël) : Ho ! Ho ! Hooo ! Un petit cadeau quand même pour occuper vos Airpods tout beaux tout neufs (et avec un fil maintenant pour ne plus les perdre… Airpods sans fils mais filaires, en somme).