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  • TYPHONIAN – The Gate of the Veiled Beyond

    TYPHONIAN – The Gate of the Veiled Beyond

    Genre : Death Metal/ Swedeath/ Death prog
    Label : Transcending Obscurity Records
    Année : 20 septembre 2024

    Note : 95/100 ou ‘Tain j’ai encore envie de l’écouter ! Ca fait la quatrième fois cette semaine ! (Robin le voyageur)

    Ce vallonné pays qui n’est pas le mien

    Je le connais bien ce chemin désolé, je l’ai déjà franchi ce ravin qui me fait accéder au chemin de la main gauche. Peu de personnes en reviennent. Je ne suis pas un guerrier, j’ai quitté mes terres de « Brutalie » pour aller explorer une contrée dont certains se refusaient dans mon pays, à évoquer ou supposer l’existence.

    Alors j’ai pris mon baluchon, mon coutelas, et je suis allé à la rencontre de cet inconnu pays.

    Je dois vous avouer que mon voyage n’a pas été simple… Le chemin de la main gauche m’a quelquefois mis en difficultés et je fus tenté plusieurs fois de rebrousser chemin, tellement il m’était difficile de concevoir que ce que j’entendais puisse être nommé par des superlatifs tels que précurseur, audacieux, génial, culte, etc. J’en ai eu des embûches sur ce chemin… Pour ensuite déboucher vers quelques clairières plus avenantes… 

    J’ai trouvé quelque réconfort auprès de quelques Démembreurs d’anges. Ils m’ont aidé à supporter la peine durant mon trajet, nous avons même fait un jour un carnage. Ah… d’excellents instants, qui figureront dans les sombres recoins de ma collection de souvenirs qui me sont chers. Il est vrai aussi que j’ai pu croiser quelques nordiques déchaînés qui ont pu m’aider à retrouver tout autant mon chemin que mes forces, en remplissant mon baluchon de victuailles, ma couche de femmes, et mes mains d’épées, pour affronter toutes sortes d’étranges créatures…

    Mais j’ai dû me perdre en chemin car j’avoue que lorsque je suis tombé sur cette bande qui trainait ses guêtres, je lui ai trouvé une certaine allure qui pouvait paraître quelque peu… excentrique, dans ce paysage tout à la fois désolé et garni de pièges et crissements d’os et de molaires.

    Compagnons de route

    Eux : ils étaient à l’aise mais autour d’eux planaient des ombres bien différentes. On aurait dit des rois perdus dans un royaume qui n’était pas le leur.

    Oh, que mes paroles ne vous permettent pas de tirer quelques conclusions hâtives sur ces hommes… Ils étaient à l’aise dans ces contrées sanglantes et infâmes… Mais ils priaient… Je ne sais pas s’ils priaient d’ailleurs, mais leur rituel ne ressemblait aucunement à ce que j’avais pu voir chez les habitants de cette étrange contrée… Puis il semblait aller dans une direction avec tellement d’assurance et de gaieté, que je les sentais promptes à ne pas s’installer dans ce pays.

    Contrées nouvelles

    Ils se sont rendus sur une terre encore plus étrange encore pour moi… Une terre morte mais dont les cieux semblaient vivre, comme pour consoler la terre de sa stérilité… Une terre où près de certains apiques l’on devinait des édifices qui furent jadis cyclopéens… Immenses, et magnifiques. 

    J’ai compris alors que ces voyageurs venaient chercher leur royaume ici. Le reprendre ou le créer… Je n’en sais rien… Et lorsqu’ils rapportèrent sur cette terre agonisante les us et coutumes du pays moribond que nous avons évoqué, il se produisit des phénomènes que je ne peux expliquer…

    La terre s’enorgueillit de nouveau, les édifices retrouvèrent de leurs superbes parures, la vie arriva, des créatures absolument merveilleuses apparurent quelquefois…

    Ces voyageurs avaient compris que cette terre ne pouvait se contenter de quelques riffs en tremolo mélodiques, de quelques rythmiques rageuses ou prenantes… Ces terres avaient connu bien des Dieux, bien des luttes, biens des Ambitions. Cette petite horde a bien compris qu’il leur fallait élaborer des rituels, des incantations bien différentes de tout ce qu’ils avaient pratiqué jusque-là.

    Pour autant, ils n’oublièrent jamais le jour où ils franchirent le sentier de la main gauche… Mais ils me racontèrent souvent avoir rencontré des années après, une terre cramoisie dont la désespérance hurlait dans chaque grain de poussière, et qui les avait poussés dans les limites de la sanité d’âme… Ils avaient réussi à récupérer de cette terre et à trouver dans sa désespérance hurlante le plus beau des chants, les plus impressionnants des rituels pour réparer leurs esprits, regorger la terre de vie, et ouvrir le portail vers ces mondes du passé pour les rendre présents…

    Ces connaissances leur permirent de devenir, de simples mendiants guerriers, à Empereurs. Ils ne m’oublièrent pas, moi leur compagnon de voyage et ils m’offrirent un carnet où chacun d’eux avait noté les grandes lignes du Rituel. Un Rituel à la fois infernal et qui convoquait aussi une grâce mystérieuse qui permettait de voir les étoiles muer de leur peau de lumière en eau de ténèbres se déversant sur les montagnes nouvellement boisées.

    Rituel du dévoilement de l’au-delà (Description d’après témoignages.)

    Ou 

    Tracklist

    1. Celestial Salvation 

    Il est important de préparer les personnes à ce rite et à sa finalité : créer un portail vers là où commence et finit tout âme tout esprit, toute conscience, toute vie… Profitez de ce court instant pour se recueillir et prendre pleinement conscience de sa place dans ce rituel, dans cette existence.

    1. Cosmic Throne

    Acharnez-vous pour et contre votre corps, celui des autres aussi… Affrontez votre propre frontière. 

    1. Primal Deceptive Light 

    Retournez en état de méditation et interrompez brutalement cet état. Que votre conscience, que l’harmonie des choses et phénomènes, ne tiennent qu’à vous et de votre degré de perception. Là encore, il s’agira d’affronter sa propre frontière corporelle. Mais attention, déjà vous le faites avec plus de conscience d’elle-même, aussi rythmez la différemment vers la fin.

    1. Crimson Rivers 

    Il va vous falloir à nouveau vous agiter mais jetez votre conscience un peu plus loin maintenant que la frontière a été bien repoussée, vous ne respirez plus et apercevez déjà ce que cela produit à vos sens, plus réceptifs pour voir et sentir alors des choses que vous n’osiez jamais imaginer… Il y a des failles en vous qui se sont ouvertes pour laisser place à cette force tant désirée… Accueillez-la dans la sueur, accueillez-la dans votre apaisement agité.

    1. The Gatekeeper 

    Vous voilà maintenant avec un cœur de sombre éther, il avale en quelques secondes l’ensemble de votre poitrine, vous n’avez plus qu’au milieu du torse qu’une spirale de chair plongeant dans des abysses lumineux et ténébreux, sentez alors toute l’harmonie du déchirement, la mort originel avant votre être, continuez à communier, les chants des êtres maintenant visibles vous entourent… Continuez à communier et regardez vous d’en haut, faire de votre cœur un vortex ; de votre corps, un portail… Sentez que vous ne faites plus qu’un dans vos viscères restantes, avec des sons glorieux et si humbles, si puissants et si innocents.

    1. Towards the Chamber of the Omnipresent Mind 

    Chassez peur et appréhensions :  le monde s’agite à nouveau autour de vous. Le tumulte vous décompose, votre conscience se fragmente et imprègne toute matière et toute vie à proximité… Vous vous sentirez autre, vous vous réveillerez pleinement au monde, votre corps n’est plus, mais vous avez survécu à son annihilation, le trou dans votre poitrine a englouti jusqu’au dernier de vos ongles et cheveux…. Mais vous êtes toujours là, dans l’air, le vent, dans la roche, dans les chairs encore ouvertes autour de vous… Sous les cieux et au-dessus d’eux, vous voilà semblables à ces voix et ces manifestations, vous les ressentez. Vous ressentez l’horreur et l’équilibre impassible et invincible de ce monde. Vous n’avez qu’une émotion : la beauté.

    1. A Glimpse at the Starless Ocean 

    Il va être difficile maintenant de décrire ce qu’il se passe pour vous… Déjà, vous personnifier à ce stade est une erreur… Le langage trouve dans votre expérience sa limite. Ce langage ci. Vous envisagez l’infini, sans vertiges, vous voyez les abysses ténébreux, ils vous emprisonnent tout autant que vous les faites vôtres… Vous voici devenue une créature des ces Mondes tant redoutés par l’Homme, l’espace, le cosmos, toute matière… Vous vivez là désormais et tout vous semble avoir été là depuis toujours… Une existence débarrassée des oripeaux futiles et illusoires du corps, des perceptions de celui-ci et d’un esprit qui ne sait qu’à peine théoriquement connaître la fin des chiffres… Là vous savez tout, vous avez tout, vous êtes tout. 

    1. Cath’un – Gate of the Veiled Beyond 

    Et cette énergie, cette immobilité : tout vous emporte… Tout vous fait demeurer. Plus de mystères, seul reste la plénitude dans un brouhaha de hurlements que vous domptez et harmonisez pour créer encore une infinité de Mondes, une infinité de lois, une infinité de soleils…

    Vous êtes.

    Il faut maintenant vous réveiller car la réalité des rêves n’est accessible par nous humains, du fait de notre nature, qu’un temps seulement, une nuit, et plus précisément cinquante minutes et cinq secondes.

    Que cela permette aux lieux dans lesquels vous vivez une humble vie, de trouver force et ressources pour que la Vie, ses Souffrances, ses Beautés, s’arrogent les lois de votre Monde.

    Invocateurs :

    Thanatos – Batterie / Prometheus – Guitare, basse, programmation / Typhon – Guitare, Programmation / M.W. Styrum – Chant / Charybdis – Basse

    Invocateurs de soutien :

    Eloi Nicod – Guitare / Brandon Iacovella – Guitare / Juanjo Castellano – Pochette et artwork / Dan Swanö – Mixing et Mastering

    Portes auxquelles frapper pour nous rejoindre dans la Connaissance :

    http://typhonian.bandcamp.com/

    https://www.facebook.com/typhonianband

    https://www.instagram.com/typhonian.band

    https://www.youtube.com/channel/UCAfGWMw56wN5kjZSYr_jaGw

  • Live Report – Psykup+Stinky+Hatch

    Live Report – Psykup+Stinky+Hatch

    L’Arthémuse (Briec – 29)
    9 Novembre 2024

    Concert coorganisé par
    le centre culturel Arthémuse et Lazarus Production

    Textes et Photos : Mémé Migou

    Ahhhhh ! Il se sera fait attendre, ce concert au centre culturel Arthémuse à Briec, dans le Finistère (évitez la dyslexie, s’il vous plaît). Plus d’1 an ! Allez, installez-vous confortablement, Mémé va vous raconter une p’tite histoire du soir…


    Il était une fois, un rêve…

    Mais pas n’importe lequel, un rêve de petite fille (enfin presque)… celui de Lily, l’un des têtes pensantes de la bête bicéphale Lazarus Prod. Ado, elle y a fait ses premières armes. Alors, quand est venu le temps de fêter un anniversaire (celui de la salle, pas de Lily), elle n’a pas hésité, avec la seconde tête pensante de Lazarus, savoir Gwendal, à proposer une co-production. Du Metal à Briec, ça vous dit ?

    Et c’est ainsi que le 4 novembre 2023…

    STOOOOP ! Mémé, t’as pas dit « le 9 novembre 2024 » ? Tu ne cafouilles pas un peu, là ?

    Que nenni ! Laisse-moi donc finir mon histoire, tu comprendras…

    C’est donc le 4 novembre 2023 qu’est programmée la soirée Metal comprenant Psykup, Dropdead Chaos (Rhaaaaaa…. voir Déhà en live, imaginez la transe de Mémé) et Hatch. Sauf que le 4 novembre 2023, pour les Finistériens, cela résonne comme une tempête. Une tempête du nom de Ciaran, qui a bien dévasté la région sur son passage. Comme ils ont pu le dire dans un communiqué, en lien avec la ville de Briec, « Le cœur n’est pas à la fête… » Vous l’aurez compris, cet épisode a abouti à un report.

    Ça leur a foutu un p’tit coup au moral, à Lily et Gwendal. Et ça se comprend parfaitement. Alors, avec de la résilience, et en croisant les doigts pour que la météo détraquée par nos bêtises écologiques (enfin non écologiques, justement), la date est revenue sur le devant de la scène…

    Place au 9 Novembre 2024…


    Cette fois, pas de tempête pour venir mettre un grain de sable dans le rouage de la soirée. Elle aura bel et bien lieu. Et c’est tant mieux. Sauf que…

    Sauf que DDC ne sera plus de la partie, pour raisons de santé de Déhà me semble-t-il. (Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à me reprendre, mais euh… allez y mollo hein). Le groupe sera donc remplacé (après le remplacement de la date, celui d’un des noms de l’affiche) par Stinky.

    Allez… on s’y met ? C’est parti ?

    Pour une jauge de 400 personnes, la salle était remplie au ¾. Ce qui est très hyper cool.

    C’est une immense scène, tout en longueur qui nous attend, servie par des jeux de lumières très pros. Du bleu, du vert, venant du fond de la scène, de la fumée… Et miracle, de temps en temps, quelques lights jaunes qui permettent de shooter.

    On commence avec les régionaux de l’étape :

    HATCH


    Pour le moment, c’est encore assez timide dans la salle. Hatch, je les ai déjà vus foutre le feu par ailleurs. Ce soir du 9 novembre, ils vont tout déployer pour aller chercher le public. On ne pourra pas leur retirer cette énergie et cette volonté de chauffer la salle, jusqu’à demander le premier wall of death de la soirée.

    Et le public finira par succomber aux ardeurs des bretons et leur Metalcore bien énervé. Hatch est là pour défendre son premier album, « Awakened » .


    Le son est bon et j’admire le jeu du batteur, réellement mis en lumière. A côté, on a les mimiques de Raphaël, le bassiste, et Adrien, le chanteur, qui donne tout. Atome, le guitariste, me semble plus réservé, mais ce n’est qu’une sensation visuelle. Car à l’oreille, c’est bien différent.


    Globalement, un bon set qui inaugure une chouette soirée sous le signe du « core ».

    « J’ai leur album aussi. Ils ont fait une campagne de financement participatif à laquelle j’ai dû participer. A la base, je venais pour DDC… Mais Hatch, je ne les ai jamais vus. Donc, c’était l’occasion de les voir. Je connais l’ensemble des groupes, sauf peut-être Stinky, un peu moins. J’ai trouvé le son un peu assourdissant, les grattes pas assez en avant. J’aime bien leur album. » – Fabien

    STINKY

    On passe dans une autre partie « core » de la soirée, celle du Punk Hardcore des nantais du groupe Stinky. 4 Micros sur scène avec une déferlante d’énergie. Cela résume bien…

    Dans la salle, il y a déjà plus de monde, mais, malgré quelques-uns qui se donnent à fond, le public peine à bouger. Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas pensé et encore moins dit : le public ne bouge pas beaucoup, mais on sent qu’il kiffe ! Bah ouais… Même votre super Mémé est plutôt du genre à savourer intérieurement.


    Sur le dernier morceau, je me place à l’arrière de la salle pour mieux appréhender le son, qui me semble de suite mieux équilibré. Tant mieux, car le chanteur nous parle d’un titre qui lui importe car parlant de sa transition.

    Le public suit, et moi je pense au copain Seisachteion qui les a programmés en octobre à Sauveterre– de-Guyenne, lors des Seisacht Metal Nights.


    « Hyper cool. J’ai trouvé le jeu sur scène, les jeux de lumières hyper intéressants. Le batteur avait un jeu de lumières à chaque titre. Première fois que j’écoutais Stinky. C’est chouette. Dommage que le public ne réagissait pas beaucoup. » – Etienne


    « La surprise en live. C’est toujours de mieux en mieux. Ce qui est chouette, c’est de voir l’énergie sur scène. On voit qu’il y a un boulot de scène »

    Vous voyez, le public a kiffé, que j’vous dis !

    PSYKUP

    On passe au dernier groupe, désormais… Mais laissez-moi vous poser une question : vous connaissez le Crabe-Core ? Ben là, c’est de l’Autruche-Core ! C’est du gros nawak progressif avec une « touch » jazzy.

    Alerte Spoiler ! Alerte Spoiler ! Alerte Spoiler !

    Psykup a tout défoncé ! Le public était présent, captivé et déchaîné. Je répète : Psykup a tout défoncé !

    Un show très pro. Clairement, le public s’était déplacé en masse pour eux. Ca ne fait pas l’ombre d’un doute. Il n’a pas fallu grand chose pour allumer la mèche et mettre le feu aux poudres. Il faut dire que Hatch et Stinky avait déjà bien avancé le taf.

    J’apprécie vraiment beaucoup ! C’est parsemé d’humour, mais toujours avec beaucoup de classe, à l’instar de leurs costumes de scène. Ce sont des ovnis, et ça… on achète ! (Quoi ? Qu’est-ce que je dis là ?! C’te formatage ! … Je reprends : et ça, on applaudit à coups de horns up!)

    Le set et la soirée se terminent sur un limbo avec le manche d’une guitare en guise de bâton de danse. Du nawak qui a la classe !


    Mais laissons le public s’exprimer….

    « Je ne connaissais pas. C’est une découverte. Une grosse branlée. Des mecs qui viennent de Toulouse et qui montent en Bretagne. Respect. C’est une tuerie en live. Ils ont une ouverture d’esprit… Après, t’es prêt ou pas… C’est excellent ! »  – Stéphane

    « Le set qui finit premier, c’est Psykup. Puissance de son et maîtrise du public. La soirée, c’était bien. Mais les deux premiers groupes étaient pour moi en-deçà. Techniquement bien. Des inter plateaux seraient bien. Dans le hall par exemple. J’ai passé une bonne soirée. On connaît bien la salle. Pour Briec, c’est vraiment quelque chose de nouveau. Briec, clairement, c’est pas un public Metal. Du coup, c’est cool. » – Julien

    Voilà, il est temps pour Mémé de reprendre le volant de sa p’tite voiture bleue et de s’en retourner à ses pénates. Mais en toute sincérité, je peux vous assurer avoir passé une excellente soirée. L’équipe accueillante portait bien son nom. J’ai même retrouvé quelques têtes sympas derrière le bar. J’ai rarement senti une telle ambiance de bienveillance et de sérénité dans le défoulement d’énergie. Le tout, avec des prestations de qualité. Ce soir-là, j’avoue que Psykup m’a sacrément marquée ! Que vive l’Autruche-Core !

    Merci Lily et Gwendal pour l’accréditation.

    Prochaine date en coprod, cette fois avec Vecteur Magazine : Samedi 8 février 2025, au Novomax à Quimper (29). Au programme : HORSKH et NO RETRY (qui feront leur tout premier concert… mais regardez leur clip, vous comprendrez qu’ils mettent les petits plats dans les grands… D’ailleurs, une interview arrivera d’ici un jour ou deux!)

    Quelques liens utiles pour cette soirée :
    Billetterie : https://tinyurl.com/VecLaz1
    Event Facebook : (2) HORSKH + NØ RETRY · Le Novomax – Quimper (29) | Facebook

  • AD VITAM INFERNAL – Le Ballet des Anges

    AD VITAM INFERNAL – Le Ballet des Anges

    Genre : Brutal Death Metal
    Label : Dolorem Records
    Sortie : 8 novembre 2024

    Note : 85/100 ou : Et tu tapes tapes tapes c’est ta façon d’aimer ! ( Robin le forain )

    J’ai le premier album d’Ad Vitam Infernal. Je m’étais précipité dessus au vu de l’imagerie et des commentaires élogieux que je voyais poindre ici ou là, dans le cadre de mon écran d’ordinateur, de mon portable.

    Bon, sauf que… Le premier album d’AVI… Vraiment… J’ai pas aimé… 

    Linéaire, basique, son sec et plat. Aucune nuance nulle part… un son de batterie en toc. 

    J’étais donc seul dans mes maugréassions de brutaleux frustré, le genre de type qu’ a une haute idée de lui-même, de ses goûts, du genre musical qu’il porte aux nues de manière péremptoire et méprisante, qui est capable de parler pendant une heure du paradoxe du Bon et du vrai Brutal Death à savoir : être brutal nécessite d’être subtil dans le jeu et que je me branle etc.

    Alors bon… Aussi médiocre que pouvait être mes pensées et mes critères, je dois avouer que je n’en suis pas totalement revenu de ces réflexions éparpillées sur le sentier en direction de la terre promise : la Brutalie !

    Encore aujourd’hui j’apprécie les groupes qui ont plus à offrir que de la brutalité… Et encore aujourd’hui le premier album d’Ad Vitam Infernal ne me satisfait aucunement sur aucun des aspects et choix que ses géniteurs ont pu décider dans leurs mouvements procréatifs.

    Mais il nous faut parler du second album…

    Premièrement j’ai envie de hurler à son écoute : HAAAATEEE EEEETEEERNAAAAALLLL !!!!!

    Mais je suis surtout resté interloqué par… Le bond en avant entre cet album et son prédécesseur… Tout semblait mieux… Production, riffs, artwork… Tout a changé… Et dans ces choix, dans cette musique, j’y ai trouvé exactement tout ce qui me rend hagard de satisfaction.

    Commençons par le son…

    Un de mes grands reproches sur le premier album était le son. Un son sec et plat sans aucune amplitude… Un sentiment d’être envahi par rien… juste une flammèche se tortillant dans le lecteur… Sur ce deuxième album, ce n’est pas une flamme qui nous arrive c’est un infernal typhon de feu : le son épais et massif, avec des basses bien plus prononcées et les aigus hyper aiguisés des riffs venant lacérer les membres pendant que la tête calcinée chute des épaules. 

    Et puis… Cette impression d’être happé par un son naturel bien loin de l’ultra clinicité des productions d’aujourd’hui et du précédent effort du groupe. Pour autant AVI ne lorgne pas baveusement vers les sons rétros et assume un album de 2024 qui ne se donne pas des airs d’œuvres rétros.

    Seul le son de batterie bien trop plastique encore une fois, demeure pour moi un parti pris qui ne me convient pas. Certes cela décuple l’aspect brutal des compos mais vient également rappeler le côté artificiel du son massif que nous présente ce two-men band. Véritablement dommage car cela sonne hors propos pour moi au vu du concept, de l’intention musicale, et du son des autres instruments, bien plus chauds, avec une organicité conservée.

    Evidemment un son ce n’est pas de la musique, le Metal ce n’est rien sans le riff… Donc…

    Les Riffs !!

    Ahhh ceux-là ils sont bons… Pas linéaires, pas simplistes. Puissants et puissamment portés… Des riffs certes extrêmes mais toujours avec un aspect… coulant : suspendons une note par-là, hissons quelques soulignements mélodiques par ci. Et puis cassons la routine, et là ! Là, est la grande évolution ! Pas de linéarité : les riffs tissent leurs infernales mélodies (triton hein ?) mais là on en a fini avec le tremolo old-school façon early-possessed. Cette fois on rend gras les riffs puis on les transforme en riffs saturants d’aigus, on fait des accords pleins, puis on s’acharne sur une corde, on suit la frénésie rythmique, on alourdit… on change, on virevolte d’un type de riff à un autre. 

    Alors oui en soi on est sur du Brutal Death mais j’ai enfin le sentiment, comparé au premier album, que le groupe a voulu constamment casser la linéarité de sa précédente œuvre. L’album ne regorge pas de breaks en tous sens, mais la texture de la guitare et le jeu qui se permet des aller retours dans les pays des graves puissants à celui des pics aigus avec lesquels le groupe se sert pour déployer une mélodie dans l’azur de flammes. Tous ces éléments permettent en soi d’échapper à la linéarité si pesante du premier album. 

    La batterie aussi se dote d’une plus grande diversification dans le jeu : breaks, évidemment blasts, mais jeu avec la guitare, les moments plus mid-tempo, les roulements intempestifs, la double pédale utilisée avec tellement plus d’impact en arrivant à la taire de temps en temps (bon rarement avouons-le). 

    Rien de neuf sous le soleil infernal des Enfers, mais rien d’ennuyeux désormais !

     

    Tracklist 

    1. The Overture  

    2. And the Watchers Will Be Frightened  

    3. Shemihazah the Great  

    4. Asael (God Has Made…)  

    5. Enchain Them All!  

    6. A Peaceful Place to Wait…

    7. Wandering Spirits  

    8. I Saw Everything  

    9. Free Will Has Set Us Free  

    10. Everyone, Everywhere  

    Line up 

    Jérôme Mahé – Guitares / Samuel Girard – Vocaux, programmation batterie

    Guest : Christophe Helwin – Basse

    Liens

    https://www.facebook.com/ad.vitam.infernal

    https://www.instagram.com/advitaminfernal

    https://doloremrecords.bandcamp.com/album/le-ballet-des-anges-album

  • Devenial Verdict – Blessings of Despair

    Devenial Verdict – Blessings of Despair

    Genre : Death Metal
    Label : Transcending Obscurity Records
    Sortie : 3 octobre 2024

    Note : 99,999999999/100 ou 49/100 dans la dimension astrale (Robin le mirenculé).

    En 2022, j’ai pris beaucoup de claques musicales : Strigoï, le dernier Immolation, l’éponyme de Artificial Brain, le Cosmic Putrefaction, le Misgivings, l’incroyable Heaving Earth et le Miscreance, ainsi que le Stabbing. Et puis le dernier de Kendrick Lamar

    L’année fut extrêmement chargée… Quant au groupe Devenial Verdict, je faisais alors sa rencontre avec lui.

    J’ai d’abord ressenti de la méfiance… Un post death… qui pratique allègrement la dissonance, le son clean (même si pas totalement), des arpèges… Tout cela sentait le groupe un peu poseur (post) et intello (post), ce dont je suis extrêmement, rarement, impossiblement, fan. 

    Seulement, le groupe m’avait emporté : tant d’émotions, de ténèbres, de tristesse, de magnificence, d’épique… Et de brutalité. Créant de fabuleux paradoxes dans les sensations.

    J’attendis donc avec impatience le prochain, guettant des nouvelles via le label… Et enfin il y en eut.

    *

    Après de nombreuses écoutes, il m’est toujours aussi difficile de dire si cet album est une totale réussite… Mais dois-je le mettre à la hauteur du premier ?…

    Premier constat : L’album est de grande qualité. Non, il ne déboîte pas, non il ne met pas de grandes claquasses, etc. Il est d’une grande qualité. Je n’ai pas pu me sentir trahi par le groupe ou même ressentir une once de facilité, d’automatisme.

    Devenial Verdict a son style et l’effet de surprise passé de la découverte de celui-ci, les compositions restent solides, les idées pertinentes, l’émotion palpable.

    Le style de DV c’est une sorte de Gorguts (je pense même qu’il y a une référence à « Le Toit du Monde » sur le morceau d’ouverture), avec plus d’arpèges et de développements d’ambiances grâce à ses accords décomposés et ces guitares qui savent se faire inquiétantes, tristes, puis aussi froidement mécaniques et tranchantes dans les moments où la brutalité reprend le dessus. Une caractéristique bien étrange d’ailleurs : le groupe sait créer des moments d’émotion, de lyrisme, où les notes traînent, hurlent, s’enchevêtrent et vibrent avec une résonance et un effet d’écho qui charge le son d’une émotion et d’une grandeur quasi cosmique. Puis les riffs arrivent : froids, mécaniques, au gré d’une rythmique implacable qui semble inamovible. Ce mélange de vibrance émotionnelle et de froideur du riffing ne m’a pas sauté aux yeux au début puis il est devenu constitutif de leur musique.

    Cette musique tour à tour, pleine d’une brutalité froide, avec une interprétation toute en rage et blessures, brutalement déployées et de moments intimistes instamment répandus et prolongés, se transforme en un conglomérat d’instants de grâce solennels, de désespoir épique, et forme un tout de cinquante-et-une minutes à la fois cohérent et dans lequel on observe autant de froideur technique et solennelle que des cœurs palpitants dans ces notes résonnantes.

    *

    Mais l’album m’a déçu.

    Il m’a déçu pour deux raisons principales qui illustrent l’idée qu’il aurait pu être plus grand encore. Quand j’y pense… reprocher à ce groupe de n’être pas allé plus loin c’est assez gonflé mais, hélas, le ressenti est là et il me faut l’écrire, car il enserre mon cœur à chaque instant que je pose mon attention sur cet album.

    Ces solos sont bien trop rares et bien trop magnifiques pour être aussi peu présents dans l’album… J’en veux plus… Ils sont beaux à pleurer, intenses à en couper la respiration, à retenir le battement du cœur, à rester pantois… Pourquoi sont-ils bien trop rares alors qu’ils sont magnifiquement écrits, brillamment intégrés dans ces compositions ?

    La deuxième raison, elle, tient en une chose purement ressentie : il y a des moments où j’ai cru sentir que le groupe voulait s’arrêter d’extraire de l’or de sa mine… Le final de la composition « Blessing of Despair » illustre à mon sens cela : un fade out sur le dernier riff qui tourne en boucle. D’accord, peut-être cela peut avoir du sens par rapport à la thématique mais tout de même… Une telle ambition, un tel talent, un tel travail, une telle passion… pour quelquefois ne pas atteindre le sommet en termes d’intensité… de sentir que le groupe n’a pas les moyens de transcender son style encore…

    Ces déceptions proviennent plus du fait que le groupe nous laisse entrevoir une véritable perfection, un diamant brut d’émotions que d’une difficulté pour le groupe à se dépasser ou à sortir du lot. Autrement dit, ces déceptions sont celles de ceux qui ont vécu un miracle mais qui s’attristent que le visage de Dieu n’ait pu leur être révélé.

    *

    Soyons clairs : cet album n’est pas un échec. Il n’est pas encore un aboutissement. Mais il est déjà grand, et surplombe du haut de sa montagne d’émotions le paysage Death d’aujourd’hui.

    Tracklist :

    1. I Have Become the Sun  

    2. Garden of Eyes  

    3. Moon-Starved  

    4. Blessing of Despair

    5. Shunned Wander  

    6. The Quietus  

    7. Solus  

    8. Counting Silence  

    9. Cold Lantern  

    10. A Curse Made Flesh

    Line Up :

    Okko Tolvanen – Batterie / Riku Saressalo – Chants / Sebastian Frigren – Guitares / Antti Poutanen – Basse

    Liens :

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    https://www.instagram.com/devenialverdict

    https://youtube.com/user/Devenialverdict

    https://devenialverdictband.bandcamp.com

  • Live Report – Destrock Fest 2024

    Live Report – Destrock Fest 2024

    Destrock Fest
    ESPACE LEO FERRE (Brest, 29)
    Vendredi 4 et samedi 5 octobre 2024

    Texte : Seb D
    Photos : Mémé Migou
    Vidéos : Bruno Guézennec

    Les 4 et 5 octobre dernier le Destrock Fest faisait son retour à l’Espace Léo Ferré à Brest après une édition 2023 réussie. Côté formule, on prend la même et on recommence : deux soirées concerts mêlant formations confirmées, nouvelles sensations, scène locale et jeunes pousses à l’avenir prometteur.

                La lourde tâche d’ouvrir les hostilités revient aux Costarmoricains de MEZEL. Pas simple pour le groupe de démarrer son set devant une salle quasiment vide. Qu’importe, dès les premières notes de guitare lâchées, David, le chanteur encapuchonné, entre en scène et dans son personnage, venant nous chatouiller les oreilles avec ses cris venus du plus profond des ténèbres. La mise en son est plutôt correcte et fait la part belle aux claviers qui viennent habiller leur Black Metal hautement qualitatif. Les guitaristes et le bassiste ne sont pas en reste, tricotant sur leur manche respectif avec aisance et dextérité. Quant à Jeff, il ne s’économise pas derrière ses fûts offrant une ossature solide aux compositions.

    Ce groupe est une de mes formations bretonnes chouchous, au même titre que TREGORGONES et INFERN. C’est-à-dire que je sens un énorme potentiel depuis un petit moment déjà dans ses trois formations. Et il suffit de voir l’engouement qui commence à monter autour d’INFERN pour se rassurer sur la bonne santé de la scène Metal bretonne. Elle a de beaux jours devant elle.

    *    

    Les Nantais d’ATTIC OF TEMPLE prennent le relais avec un tout autre style car ici on baigne dans une fusion qui n’aurait pas dépareillé si le groupe était né au milieu des années 90. Le très charismatique chanteur au flow anglais parfait et sa troupe nous ont livré un concert fort sympathique durant cinquante minutes, malgré un son manquant un poil de puissance.

    *

    Je vais être honnête, je n’attendais pas grand-chose du concert suivant. Non pas que je n’aime pas la musique de TESKA mais les ayant déjà vus à plusieurs reprises par le passé, je savais plus ou moins à quoi j’allais assister. Je ne sais pas si c’est le fait que le groupe, en local de l’étape, jouait devant son public, ou si les musiciens étaient dans une forme olympique ce soir-là mais ils m’ont foutu une grosse claque. Il faut aussi dire que la mise en son était parfaite et puissante, mettant en valeur leur Metal moderne. Le public était déchaîné et on a eu le droit au plus gros pit de tout le festival. Le chanteur a même fait un tour dans le public, sur les épaules d’un fan, durant un des nombreux circle-pits. Assurément un des moments forts du week-end.

    *

                Vient le temps de la tête d’affiche avec les Mosellans de DEFICIENCY. Riches d’une expérience de plus de quinze ans à tourner aux quatre coins de l’Hexagone, des plus petites salles aux plus prestigieuses scènes de festivals telles que le Hellfest, ils venaient nous présenter leur dernier album en date, « Warenta ». Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu ; en effet, ils ont très vite eu des problèmes de basse qui ont mis le concert à l’arrêt. Le groupe a tenté, tant bien que mal, de meubler du mieux qu’il pouvait en improvisant une danse avec le public sur fond de musique bossa nova puis en enchaînant avec une reprise du « Enter Sandman » de qui vous savez. Une fois ce souci réglé, le concert a pu reprendre mais la dynamique ayant été rompue, la salle s’est sérieusement vidée. Peu importe, le groupe, en grand professionnel, joue la suite du set devant la poignée de spectateurs restants. Mais là encore, la basse fera des siennes. Elle est beaucoup trop forte et aura tendance à écraser le son des guitares, ce qui est dommage lorsqu’on joue un Thrash Metal mélodique où les guitares ont une importance capitale. On saura après coup que ce souci vient du fait que le bassiste a dû se brancher sur l’ampli d’Anthony (bassiste de TESKA) en gardant ses réglages. Le groupe ayant traversé la France pour cette unique date, c’est déçus qu’ils reprendront la route le lendemain. À revoir dans de meilleures conditions car ce groupe est excellent.

    [NdlR : Non, on ne s’étendra pas sur les exploits de danse de Mémé sur scène, histoire de faire patienter le public… Non… Absolument pas !]

    ***

                La deuxième soirée débutera par un apéro avec des potes et le bassiste de TESKA. Rigolades, bières et petits fours, de quoi se mettre en jambe pour le festival.

                Ce sont les Vannetais de BASAALT qui ont l’honneur d’ouvrir le bal. Et ils vont le faire de la plus belle des manières en nous offrant un set de qualité et parfaitement mis en son. On voit le nom du groupe fleurir de plus en plus sur diverses affiches et je pense qu’il va falloir miser sur eux à l’avenir tant leur musique est excellente. On a affaire ici à un Metal moderne très bien exécuté. Quand on sait que le groupe ne fait des concerts que depuis un an, on peut facilement imaginer tout le travail fourni pour un tel rendu en live. Le chanteur, sans être une copie vocale, a une voix faisant penser par moment à Joe Duplantier de Gojira. À revoir très vite !

    *

                On reste dans le Morbihan avec les Lorientais de ARGUE. Leur Death Metal mélodique mêlé de Deathcore allié à une mise en son puissante gagnera l’adhésion du public. Pour ma part, et malgré le fait que le groupe donne tout sur scène, je reste plutôt insensible à leur musique. Certainement à cause du côté Deathcore. Il y a eu de nombreux retours positifs suite à leur prestation. De mon côté, j’en ai profité pour aller discuter avec les gars de BASAALT et en apprendre un peu plus à leur sujet.

    [NdlR : Effectivement, c’est bien là un Deathcore qui vous envoie une énergie de guedin. C’est toujours un plaisir, bien que de base, le Deathcore ne soit pas ma tasse de thé, de voir Argue sur scène. De vrais pros qui vous prennent par le colback et vous balancent de droite à gauche comme de joyeux petits pantins que nous devenons entre leurs mains. Merci les gars ! ]

    *

                Vient le moment tant attendu : le show des Parisiens de DELIVERANCE. Les éclairages de scène traditionnels resteront éteints durant toute la prestation laissant place à des ampoules disséminées aux quatre coins de l’estrade. Un cauchemar pour les photographes. Cette mise en scène minimaliste sied parfaitement à la musique et à l’univers du groupe, aidant à se plonger plus facilement dans les ambiances sombres et désespérées livrées par l’entité. Pierre Duneau, le chanteur, vit pleinement ses paroles à tel point qu’on a la sensation de le voir en pleine souffrance sur scène. Etienne Sarthou habille le tout de ses mélodies de guitare vite assommées par des riffs lourds et poisseux si typiques du Sludge. Le bassiste, Sacha Février, apporte sa touche de groove lancinant donnant à l’ensemble un aspect sensuel noir. Le final se fera sur « Odyssey », superbe pièce de dix-huit minutes, mettant fin à ce qui restera le plus beau moment du festival. J’en ai encore des frissons.

    [NdlR : Bon… faire des photos dans une ambiance noire juste rehaussée d’une ampoule rouge… voilà, quoi !]

    *

                Vient le tour des patrons ! Les Lyonnais de DESTINITY nous ont collé une véritable mandale dans la tronche à coup de Death Metal mélodique de haut vol pour la toute dernière date de leur tournée « In Continuum Tour ». On les sent bien, les presque trente années d’expérience : c’est ultra carré et les musiciens ont tous un niveau de fou. Mick, le chanteur, en véritable leader, sait comment faire réagir le public qui lui obéit au doigt et à l’œil. Le son est également très précis nous en mettant plein les esgourdes tout en nous permettant d’apprécier les subtilités et la richesse technique et mélodique des deux guitaristes. Un final en forme de feu d’artifice sonore.

    *

                Un grand merci à Franck Bugny et à toute l’équipe Destrock qui ont régalé nos oreilles durant tout le week-end. Une édition qui a affiché complet.

    Rendez-vous l’année prochaine pour un nouveau chapitre du Destrock Fest !

    [NdlR : Pssssssst ! De nouvelles dates arrivent… Notamment ce vendredi 24 janvier 2025, au Vauban. Alors, prenez vos places, soutenez la scène locale !]

  • Oceans of Slumber / Where Gods fear to speak

    Oceans of Slumber / Where Gods fear to speak

    Genre : « Dark Cinematic Metal »
    Label : Season of Mist
    Sortie : 13 Septembre 2024

    Note : 85/100 (WvG)

    Contrairement à ce qui est indiqué dans le nom du groupe, la musique d’Oceans of Slumber n’est pas de tout repos, et ce sixième album intitulé Where Gods fear to speak ne viendra certainement pas contredire mon propos.

    Houston, a-t-on un problème ? Non… Le quintette texan exerce dans le Metal progressif mélodique depuis 2011 et cet album ne déroge pas à leur règle puisqu’il propose des morceaux hargneux et variés au fil de neuf pistes, la dixième étant une reprise – bienvenue – de Chris Isaak (« Wicked Game »).

    Hargneux, certes. Parce que le riffing est acéré et précis. Varié, évidemment… c’est du prog, ça tombe sous le sens. « Chiant, donc » diront certains ? Bah… en fait ça dépend : si vous ne réfléchissez qu’en structures linéaires, c’est sûr que vous allez passer un mauvais quart d’heure… enfin un peu plus de trois, en fait (56 minutes). Par contre, les habitués du genre vont s’y retrouver, surtout si vous êtes biberonnés à The Gathering, Dream Theater (à moindre mesure) et Epica/Mayan.

    Je pense qu’après avoir visionné la vidéo ci-dessus vous comprendrez aisément pourquoi je fais référence à ces modèles : la voix de Cammie Gilbert-Beverly ne serait sans évoquer celle d’Anneke van Giersbergen mais également celle de Skin (Skunk Anansie) sur d’autres morceaux (« Wish » par exemple), cette chanteuse alternant beaucoup de techniques vocales démontrant l’étendue de sa palette, tantôt sirupeuse, tantôt aguicheuse, tantôt chaleureuse, généreuse… mais aussi teigneuse. Du point de vue instrumental, on se sent déjà dans un univers sonore coutumier dès les premières notes du single éponyme de l’album avec une entrée en matière assez souple dans la brutalité qui fait penser à nombre d’albums de DT mais aussi la conception de morceaux tels que dans le raisonnement musical de Mark Jansen pour Mayan par passages et Epica assez souvent. On retrouve d’ailleurs cet aspect musical et surtout mélodique-harmonique au fil de l’album : « Don’t come back from Hell empty handed » aurait très bien pu être écrit pour Floor Jansen dans la période After Forever.

    L’album se clôt donc sur la reprise du cultissime morceau de Chris Isaak, quelques grammes de finesse dans un monde de brutes ; c’est justement le risque que celui de s’attaquer à un morceau culte : se foirer. Ce n’est pas le cas ici : l’arrangement acoustique en duo piano/guitare folk de ce que j’appelle mon « morceau dodo » est tout à fait honorable et pas inintéressant, ne dénature pas l’original et reste dans le caractère initial de la composition de son créateur tout en ajoutant à la démonstration de l’étendue vocale de la chanteuse du groupe. On pourrait comparer cette version revisitée à celle du « Mad World » de Tears for Fears par Gary Jules.

    Ce qui est assez bien conçu, c’est que l’album fonctionne un peu comme la bande originale d’un western, qui se terminerait par un morceau qui lui-même sert de titre phare à la BO de Sailor et Lula de David Lynch – si vous n’avez pas encore vu ce film qui méritait sa Palme d’Or 1990, allez-y : le couple Cage/Dern est mémorable et Willem Dafoe est tellement malaisant…

    C’est un bilan nettement positif que celui de l’écoute d’un tel album pour quiconque aime la variété (loin du péjoratif qu’on attribue à ce terme) : très clairement, ce groupe ne mérite ni de tomber dans l’oubli ni dans le sommeil, il ne reste plus qu’à vous, les ronds de cuir (et de clous), de donner sa chance à leur musique.

    Tracklist:

    1. Where Gods fear to speak (6:25) 
    2. Run from the Light (5:15)
    3. Don’t come back from Hell empty handed (8:28)
    4. Wish (3:53)
    5. Poem of Ecstasy (6:33) 
    6. The Given Dream (3:36)
    7. I will break the Pride of your Will (5:27)
    8. Prayer (5:03)
    9. The Impermanence of Fate (6:20)
    10. Wicked Game (5:26)

    Line up : 

    Cammie Beverly – Chant / Dobber Beverly – Batterie, Piano / Semir Ozerkan – Basse / Alex Davis – Guitare / Chris Kritikos – Guitare, Claviers

    Liens : 

    https://oceansofslumber.com/
    https://www.facebook.com/oceansofslumber/
    https://www.instagram.com/oceansofslumber/?hl=en
    https://www.youtube.com/user/oceansofslumber
    https://open.spotify.com/artist/2JSza6IRxLr1Ez3wqKd0SY?si=aWrsTRHCSCemMNRQaSk5tw

  • Live Report – Muscadeath 2024 J2

    Live Report – Muscadeath 2024 J2

    Muscadeath 2024 Jour 2
    Samedi 21 septembre 2024
    Le champilambart
    Vallet (44)

    Textes et Photos de Mémé Migou
    Interviews : Manu (Humans of Metal) et Mémé Migou


    Samedi oblige, on commence cette seconde journée bien plus tôt que la veille. Par contre, nous aurons, Manu (Humans of Metal) et moi, une interview de plus à caler, les trois n’étant malheureusement pas sur des temps hors festival. Ce qui va expliquer que nous n’aurons pas le loisir de tout couvrir. Parfois, nous arriverons juste à temps pour prendre la température en fin de show et quelques photos à brûle-pourpoint. Vous voudrez bien nous en excuser (et ce n’est pas une question héhé). Attention, je suis loin de chouiner. Allier les interviews de groupes sur le vif, avec l’ambiance du festival en arrière fond, et les lives c’est un exercice que je n’ai pas l’habitude de faire. Et Mémé adoooooore les nouveautés !

    15H30, nous entamons le Muscadeath, seconde journée, avec comme la veille un groupe issu du roaster de l’Ordalie Noire :


    WAR INSIDE

    L’année précédente, Mémé avait pu voir Kratos chanter avec sa formation Circles ov Hell. Cette année, c’est avec War Inside, qu’il a rejoint il n’y a pas si longtemps que ça, que je vais le retrouver dans un autre registre, celui du Blackened Death.

    Un regard derrière moi, qui suis de nouveau juste devant la scène pour pouvoir shooter comme il se doit, et je peux déjà prendre la température de cette journée : le public est déjà bien présent et avec du répondant, s’il vous plaît !


    Et pour le coup, que ce soit Kratos au chant, arpentant la scène de long en large, ou les musiciens échangeant leur place ou montant sur le devant, tout le monde met du cœur à l’ouvrage pour ce qui est de chauffer le public.

    Sincèrement, on se dit que si ça commence déjà avec ce niveau, on va arriver sur les rotules en fin de journée !

    Lien vers notre article WordPress : War Inside – L’interview (Muscadeath) – Memento Mori Webzine

    DISFUNERAL

    Le second groupe prend possession de la scène. Et ce n’est pas rien. On sent ici qu’ils maîtrisent cet exercice. Les 4 z’amis de Nancy ne viennent pas pour compter fleurette aux belles du premier rang. Leur Death Metal est efficace, rapide. Il émane du groupe une énergie qui fleure bon l’amitié et le sérieux tout à la fois.

    L’ambiance dans le public ? Elle a encore monté d’un cran. Mais comment allons-nous terminer ?!

    Avec Manu, nous ne pouvons rester plus longtemps, une interview nous attend. On quitte à regret, mais on vous laisse avec l’interview qu’ils nous ont accordée. Merci à eux et aux fakes news (réelles ou blagounettes) qui parsèment ce papotage.


    Lien vers notre article WordPress : Interview – Disfuneral – Memento Mori Webzine

    MALKAVIAN

    On reste avec un groupe de l’écurie Ordalie Noire, Malkavian et un nouvel album en gestation. Désormais, on peut dire que le groupe a accouché, puisque le skeud est sorti le 10 janvier 2025. N’hésitez pas à aller l’écouter, c’est d’la bombe, bébé !

    Avant le festival, je ne connaissais pas véritablement le groupe, il faut bien l’avouer. J’avais écouté sans trop m’y intéresser alors. Pourquoi ? Eh bien là aussi je vais devoir confesser que… je n’en sais, ma foi, strictement rien. Peut-être trop Thrashouillant pour moi ? Ce côté groovy dans certains passages ? Le chant qui me rappelle certains groupes stars que je n’aimais pas vraiment ? Je… ne… sais… pas… j’vous dis ! Et pourtant…

    Je reviens d’interview alors que le set est déjà bien lancé et là, je m’en prends plein la figure. Pourquoi ? Vous pensez que je vais dire que je n’en sais rien, encore ? Bah si… héhé… je peux vous dire que ce que j’ai vu sur scène était sacrément plus musclé que dans mes souvenirs. Avec ces passages plus graves, parfois plus lourds.

    Et avec l’œil du photographe, je dois bien avouer qu’il y avait de quoi se régaler aussi ! Mais ce détail mis à part, j’ai vu sur scène un groupe qui envoie le son avec technicité et hargne. Bref ! J’ai été conquise…

    … Au point d’aller réécouter les anciens albums, parce que quand même… pourquoi je suis ainsi passée à côté ? Bah ! Allez savoir (ouais je sais, je radote) ! Mais ce qui est réel, c’est que je redécouvre toutes les qualités de Malkavian.

    La magie de la scène ! Quand on vous dit « support your local scene », c’est pas pour rien ! Merci le Muscadeath !

    VOORHEES

    Hop… Encore une fois, on loupera la quasi-totalité du set de Voorhees car nous étions dans la partie presse du Muscadeath. On aura, Manu et moi, à peine le temps de voir 1 titres et quelques bribes d’un second. Pour le coup, on est un chouïa déçus puisque nous avions fait la connaissance de Chris, le chanteur, pour notre toute première interview de la journée. Et nous avions littéralement craqué sur sa gentillesse, son à propos et ses propos. (Attention, on ne dit pas que les autres interviews nous ont laissés de marbre… mais c’était le seul de la journée que nous interviewions – ouhhhh que c’est difficile à dire ça – avant le show).

    Pour cette prise de température, plus que véritablement une analyse de concert, je peux vous dire que le son était bien fat. Un death old School bien maîtrisé, avec un Chris qui restera bien campé au milieu de la scène, façon Hate la veille. Et pourtant, je n’y vois aucune retenue dans le jeu de scène et surtout le lien avec la générosité envers le public.

    Du coup, je n’hésiterai pas un instant pour les revoir sur scène !

    Vous aurez même droit à 2 interviews pour le prix d’une…

    L’article sur notre site : VOORHEES / interview de Chris (Muscadeath 2024) – Memento Mori Webzine

    Et pour un format plus long, Manu y est retourné avec notre JP  :

    KARRAS

    Han… il est déjà 19h30 et le ventre de notre Mémé commence sérieusement à gargouiller. Il faudra, pourtant, attendre encore un peu puisqu’une troisième et dernière interview nous appelle. Nous ne verrons donc pas Karras, juste suffisamment pour prendre quelques clichés sur la fin du live. J’avais pu voir Karras au Motocultor, efficace mais pas dans mes goûts les plus affirmés, j’ai pourtant eu des retours qui me font regretter n’avoir pas pu voir ce set, en l’occurrence. Dommage…


    AD PATRES


    Comment ça, Ad Patres ?  Mémé, tu yoyotes de la tête… Ad Patres n’était pas sur l’affiche du Muscadeath ? Eh bien… Sachez, jeunes ignorants, que Acranius, prévu au slot de 21h45, n’a pas pu venir. Aussi, c’est Mortuary qui a pris sa place, montant d’un cran et laissant son slot à… à…. suivez un peu, voyons ! À Ad Patres ! Bingo !


    Mémé a d’ailleurs cru avoir la berlue. Elle a nettoyé ses lunettes par deux fois, tant elle avait l’impression de voir arriver sur scène Alexis de Death Decline, l’homme aux pieds nus. De fait, je serai encline, tout du long, à garder cette idée en tête, ne connaissant pas le groupe, par ailleurs. Mais ça s’arrête là, car avec un peu de recul et de recherches post festival, on peut se rendre compte que les groupes n’ont pas le même type de Death et que Ad Patres n’en est pas à sa première année… Les Bordelais sont dans le game depuis 2008, mazette ! Et qui plus est, un nouvel album est sorti en 2024.

    Pratiquant un Death Metal brutal, rapide et assez technique, ils offrent un set sans concession. Et ça tombe bien, les fans leur donnent laréputation d’être à fond à fond à fond… sur fond de grosse voix growlée. Ah ça ! Mémé aime beaucoup !

    MORTUARY

    Bon… Bon… Bon… Un choix particulièrement rude se fait sentir : nous entamons la dernière partie de la soirée et le menu promet d’être raffiné. Alors on te demande de choisir en la truffe (dans le bon sens du terme, vous savez, ce champignon qui coûte la peau du fessier rembourré de Kim K.) ou le saumon fumé sauvage pêché dans les eaux tumultueuses de l’Écosse. En d’autres termes : Entre Mortuary, Memoriam et Aborted, tu fais quand ta pause dîner, Mémé ?

    Bon… Bon… Bon… Je dois dire que c’est Mortuary qui en a fait les frais. Je suis restée suffisamment pour m’auto-agacer de quitter la salle, tant l’ambiance était bouillonnante. Mortuary sont des légendes dans la scène française. Mais j’attendais avec une impatience non feinte l’arrivée de Memoriam. Ce qui est certain, c’est que la salle en demandait, re demandait, encore et encore. Le lightshow était aux petits oignons pour souligner la violence du Death de Mortuary, qui nous gratifie d’accélérations bien senties. Accélérations, rythmiques groovies, chant pas forcément growlé, mais bien énervé… Il me faudra les revoir, c’est indéniable !

    MEMORIAM


    Y a Karl Willets ! Karl Willets, quoi ! Heyyyy… le chanteur de Bolt Thrower ! Allô !

    OK… Vous l’aurez compris, Mémé est au taquet !

    On aura droit aux grands hits, notamment du dernier album de 2023, comme le titre éponyme « Rise to Power », qui mettront les fans dans la poche du groupe. Je suis littéralement subjuguée par le personnage aux longs cheveux blancs et soyyyyyeux. Un sparadrap sur le nez, quelques coups dans le pif (au sens métaphorique cette fois), c’était un set complètement hors sol. Avec au beau milieu, haranguée par un Scott Fairfax pas prêt à laisser sa place dans le cœur des festivaliers, une foule scandant un « Happy Birthday to youuuuuu, Karl ! »…

    En-dehors de ces considérations, on peut souligner la qualité du line up, puisque nous avons également, à la basse un Franck Healy (qui est passé dans Annihilator, Napalm Death, Sacrilege,…) et dernier arrivé, remplaçant Andy Whale, Spikey Smith à la batterie (lui aussi ayant un CV long comme la tignasse à Willets).

    Le Death Metal pratiqué par Memoriam est bien entendu dans la lignée de Bolt Thrower, il est mélodique, il rentre dans la tête, il ne souffre pas les ronchonneries mais les écrase. Autrement dit, Memoriam est là, point barre. Et ceux qui étaient dans la salle étaient à surkiffer, comme Mémé. Là, je fais un clin d’œil appuyé au copain Looping von Looping Wild Show. Quant aux autres, ceux qui n’ont pas aimé, ils étaient dehors… J’ai malheureusement entendu pas mal de personnes n’avoir pas été séduites . M’en fous, moi, j’ai vu Memoriam (oserais-je dire Méméoriam ?), je suis aux démons !

    ABORTED

    Voilà… Le groupe final sonne la fin de la parenthèse Muscadeath 2024. Mais avant de se dire au revoir et à l’année prochaine, on a tout de même droit à un feu d’artifice : Aborted !

    Ce qui est assez amusant, dans les échos que j’ai pu recueillir en laissant traîner mes oreilles à droite et à gauche, c’est une véritable dichotomie entre ceux qui n’ont rien à cirer de Memoriam mais ont adoré Aborted et l’inverse. Au milieu, je vous rassure, il y a toujours une belle tranche de personnes pour adorer les deux.

    D’accord… Mais toi, Mémé, dans tout ça ? Bah moi, j’aime Aborted. Ayant eu la chance de voir Sven dans ses grandes œuvres au Motocultor (où il avait d’ailleurs donné rendez-vous au Muscadeath, c’est cool de sa part), j’étais assez emballée pour revoir ce show en intérieur. Si déjà en set outdoor ça défonçait, je n’osais à peine imaginer la violence du bousin avec un son contenu dans une salle !

    De fait, c’était effectivement une tuerie ! Les décors, les lights, le son… et surtout cette putain de présence de Sven. Aborted a tenu ses promesses et au-delà. Les retours étaient dithyrambiques.

    Mais voilà, en ce qui me concerne, je reste sur ma fin (et plus sur ma faim, si vous avez suivi, Mortuary a fait les frais de mes fringales)… Je m’explique : je n’ai absolument rien à reprocher à la qualité du show, du chant, des musiciens… rien… Si ce n’est un tout petit détail de rien du tout. Ayant justement vu Aborted un mois auparavant à Carhaix, je me suis étonnée d’avoir les mêmes vannes aux mêmes moments. Donc un show millimétré – ce qui n’est pas un mal en soi, mais bien du professionnalisme –  jusque dans les moindres paroles. Et ça, ça me plaît beaucoup moins. Pourquoi ne pas rester nature et parler tout simplement au public. Là, on aurait un véritable échange. N’en demeure pas moins que c’était au poil de cul de fourmi près. Et le public ne s’y est pas trompé, il a répondu présent pour un pit chaud bouillant.

    Le mot de la fin

    C’est sur les rotules que Mémé finira le festival. Rincée mais ravie de ce week-end placé sous le signe de la très bonne musique et d’une ambiance tellement sympa qu’on a envie d’y remettre le nez vite fait…

    On ne peut que féliciter, à nouveau, les bénévoles et l’équipe du Muscadeath, Benoit Denis en chef de file, pour cette organisation qui nous ravit à chaque fois. Quand des festivaliers reviennent pour la xème fois, c’est qu’une histoire s’est créée. Et ça, c’est beau !

    Merci également à Alexandre Saba ( MOOffice), Manu (Humans of Metal) et Eva (Girls’N Nantes).

    Un bisou aussi aux collègues de Cabale Prod, notamment Gauthier, avec qui cela devient un pèlerinage de se retrouver avec nos appareils photos tout devant la scène.

    Je referme ce chapitre, espérant en rouvrir un nouveau en septembre prochain.

    Au plaisir de vous retrouver dans 1 an !

    Liens :

    Muscadeath : Muscadeath

    M&0 Office : www.m-o-office.com

    Girls’N Nantes : Girls n ‘ Nantes – Blog mode, beauté et lifestyle Nantes – Le blog mode, beauté et lifestyle des filles de Nantes

    Humans of Metal : Humans of Metal (@humansofmetal) • Photos et vidéos Instagram

  • Live Report – Septicflesh+Equilibrium+Oceans+Scär of the Sun

    Live Report – Septicflesh+Equilibrium+Oceans+Scär of the Sun

    Modern Primitive European Tour :
    Septicflesh, Equilibrium, Oceans, Scär of the Sun
    ECHONOVA (Saint-Avé, 56)
    Samedi 12 octobre 2024

    Textes : Seb D et Manu (Humans of Metal) 
    Vidéos : Once Upon a Live
    Photos : avec l’aimable autorisation de Lise Ritter (liens en bas de page)

    Seb D : Le 6 février 2016, SEPTICFLESH se produisait pour la première fois à l’Echonova à Saint Avé, accompagné d’ABORTED. À l’époque, tous deux ouvraient pour les Québécois de KATAKLYSM. Plus de huit ans plus tard, les Grecs reviennent dans cette même salle, cette fois-ci en tête d’affiche, dans le cadre d’une tournée soutenant leur dernier album en date, sorti il y a déjà déjà ans, Modern Primitive. Et ils ne sont pas seuls car ils sont accompagnés par trois autres groupes pour un plateau plutôt éclectique et à la cohérence très discutable. La date n’affiche pas complet mais l’affluence est assez conséquente.

       La lourde tâche d’ouvrir la soirée revient aux Grecs de SCÄR OF THE SUN devant une salle faiblement remplie. La formation de Death Metal mélodique est en activité depuis 2004 et a déjà sorti trois albums. Je ne sais pas si le groupe a l’habitude de se produire régulièrement en live mais on ne sent pas les musiciens très à l’aise sur scène (excepté le chanteur et l’un des deux guitaristes) ni une grosse cohésion entre eux. Ceci est peut-être dû au stress de chauffer l’audience en premier. Terry Nikas, le chanteur, se démène tant bien que mal pour occuper l’espace et faire réagir le public, ce qu’il arrive à faire assez facilement. Un des guitaristes descend même dans la fosse pour taper un solo entouré du public qui reste statique. Leur Death mélodique est tout ce qu’il y a de plus classique : musique entendue mille fois et qui ne les fera pas sortir du lot. Je trouve également que le chant n’est pas maîtrisé ni agréable à entendre. J’abandonne avant la fin du set.

    Manu : J’ai eu du mal à comprendre la logique derrière cette programmation : si les trois premiers groupes collent assez bien ensemble, ils n’ont pas grand-chose à voir avec le style de Septicflesh. Étant fan de ladite formation de Death Metal Symphonique, je dois avouer que j’ai passé plus de temps à discuter dans le hall/bar que dans la salle de concert où il faisait une chaleur étouffante.

    Originaire de Grèce comme leurs aînés, SCÄR OF THE SUN est le groupe que j’ai le plus apprécié, offrant un Metal moderne plutôt efficace. Quelques bémols toutefois : un chant pas toujours à la hauteur et une répartition des musiciens sur scène assez étonnante (le chanteur et le guitariste, tous deux débordant d’énergie se trouvaient à gauche, alors que la droite était occupée par le bassiste et le second guitariste monolithique. Pas à la Rammstein des débuts, hein, juste tellement concentrés sur leur jeu qu’ils ne partageaient strictement rien avec le public.

    Lien vidéo SCAR OF THE SUN :

    Seb D : Les Autrichiens d’OCEANS prennent le relais, donnant dans un Metalcore tout ce qu’il y a de plus banal et sans inspiration. Jouant sur l’alternance growl et chant clair aux refrains niaiseux, leur musique ne raisonne absolument pas en moi. Je quitte la salle après le troisième titre.

    Manu : Typiquement le genre de nouveaux groupes que je déteste : des rythmiques un peu Djent, une voix gutturale et des chants clairs culcul – Sérieusement, allez écouter Opeth et prenez des notes ! -, chant clair que le chanteur a du mal à maîtriser. Musicalement, ça tient la route, donc je reste un peu… jusqu’à ce que le chanteur demande au public de lever les bras… pour les agiter de gauche à droite. Étant venu assister à un concert de Metal et non à du Chantal Goya, je quitte la salle pour discuter avec les potos.

    Lien vidéo OCEANS :

    Seb D : Les choses sérieuses vont réellement commencer avec les Allemands d’EQUILIBRIUM, combo à fortes consonances Folk et ayant une solide réputation et notoriété dans la scène Metal. Je ne pars pas convaincu d’avance car peu de groupes mêlant Folk et Metal trouvent grâce à mes yeux. Afin de me rassurer, un ami me dit avant le début du show que la formation germanique sonne beaucoup plus Metal et moins Folk qu’à leur début. Dès le premier titre, on sent l’expérience et la maîtrise en live : le son est excellent, les éclairages également et effectivement, mon pote avait raison. Le public est totalement conquis et l’ambiance dans la salle est particulièrement festive. Je me surprends à rester tout le long du concert. J’avoue que j’en aurais bien pris un peu plus tellement ce show était bon.

    Manu : J’avais pu voir ce combo allemand aux Metaldays l’été dernier. Je n’avais pas apprécié leur prestation à l’époque et force est de constater que je n’aime toujours pas ce groupe qui n’a plus de Folk que quelques bandes sonores passées durant les morceaux. Le look du chanteur – pantalon beige (avec rapidement une belle tache sombre à l’entrejambe tellement il faisait chaud ^^) et chemise léopard – n’aidait pas à mettre dans l’ambiance, et ce malgré un certain charisme. J’ai dû sortir au bout de trois ou quatre morceaux.

    Lien vidéo EQUILIBRIUM :

    Manu : J’ai eu l’occasion de voir SEPTICFLESH à plusieurs occasions, mais principalement en festivals. Les voir dans une salle comme l’Echonova a été un réel plaisir : techniquement irréprochable, la formation grecque enchaîne les morceaux iconiques et Seth Siron Anton assure niveau communication avec le public. Captivé par leur performance, j’en oublie de compter les « My Friends » du frontman 😉

    Seb D : Vient enfin le moment que j’attends le plus : SEPTICFLESH. Grand fan des Grecs depuis la sortie de leur premier album Mystic Places of Dawn en 1994, c’est toujours un plaisir de les voir sur scène. La popularité du groupe a énormément grossi ces dernières années, aussi bien en France que dans le reste du monde. Il faut dire que voir la bande des frères Antoniou en live est une véritable expérience tant on en prend plein les yeux et les oreilles avec leur Death Metal symphonique de grande qualité. Spiros, chanteur bassiste et leader charismatique de la troupe, sait exactement comment tenir le public dans sa main. Interpellant la foule de sa grosse voix gutturale avec ses « my friends » et en la haranguant en levant le bras, il n’a aucun mal à avoir un retour immédiat à chacune de ses interventions.

    Sans surprise, le dernier album est mis à l’honneur avec pas moins de cinq titres, sans oublier des tubes indéboulonnables des setlists comme « The Vampire from Nazareth » en ouverture, « Pyramide God », «Communion » ou encore « Anubis ». Le show est excellent de bout en bout et quel bonheur de voir le virtuose Krimh marteler ses fûts avec une dextérité folle. Un des meilleurs batteurs du circuit… 

    Si je n’ai qu’un seul reproche à faire, et c’est le fan qui parle, c’est que depuis plusieurs années, le groupe occulte totalement sa première partie de carrière. Je m’explique : le groupe a eu une première vie de 1990 à 2003 où le nom de la formation s’écrivait en 2 mots (SEPTIC FLESH). Puis, ils se sont reformés en 2007 avec le patronyme sous lequel nous les connaissons actuellement. Et je trouve dommage d’occulter complètement cette première partie de carrière tant elle regorge de nombreuses pépites, certes moins grandiloquentes que la musique actuellement pratiquée par les Grecs mais de qualité exceptionnelle. Mais c’est juste pour chipoter un peu. 

    C’est donc heureux que je quitte la salle en ayant assisté à deux excellents concerts et deux autres à oublier.

    Lien vidéo SEPTICFLESH :

    Nous tenons à remercier sincèrement la talentueuse Lise pour nous avoir autorisé à utiliser ses photos. Vous pouvez suivre son travail et ses aventures photographiques sur ses réseaux :

  • CIRCLES OV HELL – Thus Began the Descent

    CIRCLES OV HELL – Thus Began the Descent

              

     Genre : Black Death Sympho
    Label : L’Ordalie Noire
    Sortie : 20 décembre 2024

    Note  : 90/100 (LB D)

         Trois ans après “Hope All Abandon”, Circles Ov Hell nous présente son deuxième album intitulé “Thus Began The Descent“. Le groupe Nantais, toujours composé de Damned à la basse, Alcinos à la guitare et Kratos au chant, accueille un nouveau membre en la personne d’Antoine Denis, qui rejoint l’équipe en tant que batteur. Formé à en 2018, les musiciens avaient pour idée de base de faire de Circles Ov Hell un groupe concept basé sur La Divine Comédie, l’œuvre de Dante Alighieri. Ce n’est pas la première fois qu’on entend parler de cette œuvre dans le domaine du Metal, mais la particularité ici, c’est que les paroles conçues par Kratos ne sont ni plus ni moins qu’une adaptation des textes originaux traduits en anglais. Le cantique consacré à l’enfer (les deux autres étant le purgatoire et le paradis) comprend trente-trois versets, autant vous dire que quelques albums supplémentaires seront nécessaires pour explorer en profondeur ce psaume dédié à la résidence principale de Baphomet et de ses acolytes. Alors que le premier album, publié en 2021, se composait des quatre premiers chants du Cantique et de l’arrivée de Dante dans les limbes. Le deuxième sera lui, consacré aux trois chants suivants, invitant à suivre notre héros accompagné de Virgile durant leur périple à travers les cercles de la Luxure, la Gourmandise et l’Avarice. Trois des sept péchés capitaux.

         L’album débute par une intro à base de chœurs symphoniques qui nous laisse le temps de nous familiariser avec le son. On rentre dans le vif du sujet dès les premières notes de “Minos”, et ça démarre très fort avec au menu un gros blast beat des familles accompagné d’un hurlement d’outre-tombe. S’ensuit une rythmique ainsi que des sections orchestrales à la fois énergiques et mélodiques, histoire de nous rappeler que Circles Ov Hell demeure avant tout un groupe de Black Death Sympho. La première surprise viendra du break fait d’orchestration et de chant démoniaque au sein du morceau, apportant ainsi une dimension plus progressive à la composition. À ma connaissance, ce type d’exercice est inédit de leur part, en tout cas, il n’est pas présent sur le premier album. Le thème musical du début sera repris pour conclure superbement ce premier titre, rappelant ainsi que l’influence majeure du groupe demeure celle des Norvégiens de Dimmu Borgir. Minos, c’est aussi le personnage de la mythologie grecque qui sera choisi pour orner la pochette de l’album. Cette magnifique œuvre d’art a été élaborée et dessinée par le talentueux Vincent Fouquet (Above Chaos). L’artwork représente le fils de Zeus à l’entrée des Enfers, et selon la mythologie grecque, c’est lui qui détermine dans quel cercle seront envoyées les âmes damnées pour y subir un tourment éternel.

         “The Infernal Hurricane”, lui, se distinguera par son riffing thrashisant et l’alternance du chant, oscillant entre le growl et le vociférant caractéristique du Black Metal. Deux invités de marque sont présents sur cette œuvre, apportant chacun à leur manière une petite pierre à l’édifice. Tout d’abord, Adèle alias Adsagsona, chanteuse dans le groupe parisien de Houle, incarnant ici le personnage de Francesca da Rimini. Pour la petite histoire, Francesca da Rimini est l’épouse de Giovanni Malatesta, elle entretient une liaison secrète avec son beau-frère Paolo Malatesta. Lorsque son mari découvre cette infidélité, il poignarde les deux amants. Dans la Divine Comédie, cette tragédie est transformée en un mythe sur l’amour interdit et la damnation éternelle. Adèle surprend son monde dans ce rôle, avec une prestation vocale qu’on ne lui connaissait pas avec sa formation initiale. Le chant clair dont il est question est plutôt théâtral et lui va comme un gant, apportant ainsi une dimension mystique et horrifique au morceau. Par cette performance, elle démontre également l’étendue et la richesse de son registre vocal. 

         Le deuxième invité n’est autre que Fred, le chanteur du groupe ACOD, dont la renommée n’est plus à faire. Nous avions déjà eu un aperçu de sa performance lors de la diffusion en avant-première du clip de « Ciacco ». Cependant, replacé dans le cadre de l’album, ce titre acquiert une nouvelle dimension, notamment grâce à la complémentarité des growls des deux chanteurs, engendrant de la sorte un supplément d’énergie.

         C’est une accélération du tempo qui nous attend sur “The Resurrection of the Damned” et “Plutus“, avec des synthés dépassant aisément les 120 BpM au moins, ils seront accompagnés dans cette  effervescence d’une batterie à la cadence effrénée (Bon sang, mais quel batteur ce Antoine Denis !) Il n’hésite pas non plus à ralentir le rythme le temps d’un break, afin de nous permettre de reprendre notre souffle. Ces deux titres sont influencés par Septicflesh, en particulier par ses chœurs masculins, véritable marque de fabrique chez nos Grecs préférés. “Plutus”, c’est peut-être aussi le titre le plus marquant et le plus dynamique de l’album, le refrain “Pape Satan” vociféré à maintes reprises par Kratos finit par vous ravager tellement le cerveau qu’on en arrive même par le chanter sous la douche. On ramène la fréquence cardiaque à une cadence plus soutenable avec “Avarice and Prodigality”, où l’on retrouve l’alternance du chant, avec cette fois-ci l’une des deux voix légèrement plus stridente sur la fin de morceaux, évoquant le Dani Filth de qui vous savez.

         En résumé, je dirais que Circles Ov Hell a brillamment réussi à passer le cap du deuxième album, confirmant ainsi tout le bien que je pensais de lui. Les titres se distinguent par leur identité propre et une plus grande diversité dans les tempos. Les dix titres se sont enchaînés à une vitesse folle et à aucun moment je ne me suis ennuyé. Je note également le travail remarquable sur les orchestrations et les parties symphoniques de la part de Nicolas Jeudy de Dark Fantasy Studio. Sans jamais tomber dans l’excès, elles sont parfaitement intégrées aux compositions et établissent un parfait équilibre avec les parties de musique extrême. Il est indéniable que des progrès significatifs ont été réalisés par rapport au premier album. 

          Malheureusement, son arrivée tardive dans l’année ne me permet pas de le classer dans mon TOP ALBUMS 2024, n’ayant pas eu le recul nécessaire pour l’analyser en profondeur. Mais est-ce réellement important après tout. L’essentiel, c’est d’avoir éprouvé un immense plaisir à l’écouter, à le décortiquer, à faire mes recherches sur la Divine Comédie afin de rédiger cette chronique. À un tel point que ce « Thus Began The Descent » m’a donné envie de redécouvrir l’œuvre de Dante Alighieri. Et si finalement, ce n’était pas ça le plus important ?

    Tracklist : 

    01 – Thus Began The Descent (Intro)

    02 – Minos 

    03 – The Infernal Hurricane 

    04 – Francesca Da Rimini 

    05 – Cerberus 

    06 – Ciacco 

    07 – The Resurrection Of The Damned 

    08 – Plutus 

    09 – Avarice And Prodigality 

    10 – The Muddy Marsh Of Styx 

    Line-up :

    Kratos : Chant / Acilnos : Guitare / Damned : Basse / Antoine Denis: Batterie

    Guests :

    Fred (ACOD) – Chant sur « Ciacco » / Adsagsona (Houle) – Chant sur « Francesca Da Rimini »

    Liens :

    https://lordalienoire.bandcamp.com/album/thus-began-the-descent 

    https://www.facebook.com/circlesovhellofficial

    https://www.instagram.com/circles_ov_hell/#

  • Epine – Infernum Omnes II

    Epine – Infernum Omnes II

    Genre : Black Metal Symphonique
    Label : Indépendant/ France Black Death Grind
    Sortie : 25 Octobre 2024

    Note : Bon pour achat* (Robin le pénitent)  * 85/100

    Il était un homme qui avait foi en l’Humanité, parce que Création de Dieu. Il était un homme dont la figure de Satan inspirait l’Horreur pure, l’Horreur spirituelle et psychique.

    Il était bon cet homme. Il portait en son cœur une bonté qui contrastait avec les lames portées par l’esprit du temps. Son cœur ceint d’une couronne d’Épines pour protéger ses cadeaux d’Amour. 

    Il était bon.

    Les yeux fermés chez lui… Il voyait le Bien dans le Mal. 

    Les yeux fermés, les femmes nues l’obsédaient, les chevelures d’étoiles le caressaient, les rires brutaux jaillissant du sang versé ne l’effrayaient plus. C’était ses éclats de mal qui envahissaient ses veines, et qui le faisaient crever en se vidant de toute bonté, se remplir de tout désir et les laisser déborder de son corps. 

    Terrasser le Monde, dans un souffle ; dans une contraction convoquer l’Enfer ; dans un relâchement le Néant.

    Un lit de cendres et il n’en doutait plus : Infernum Omnes !

    Des étoiles mortes dans le creux de ses reins, gémissantes encore dans ses muqueuses et ses angles de corps interdits : Infernum Omnes !

    Aucun soin iatrique ne pourrait rendre le sang de son âme repurifié, fut- ce le sang de Dieu, d’un Diable ou de mille innocents.

    Que j’aime voir les hommes se tourmenter, il faut le dire avec Joie, la joie du Fou et du Sage : Infernum Omnes !

    Il y a chez Epine cette énergie… Cette Énergie de la Foi qui se refuse au Diable. Il y a chez Epine bien des tentations. Bien des moments licencieux, l’on ressent un prêche : il faut baisser la tête et avoir une pensée pour tous ces prophètes : Dimmu Borgir, et Cradle of Filth en tête.

    Epine est un héritage, un désir incoercible transmis par des maux anciens qui bénissent chaque membre de ce groupe. Ces maux anciens que j’ai nommés, pieusement. 

    Mais Epine va catir ce suaire passé de mains en mains pour lui rendre ses vertus symboliques, quoique véritables : Epine va faire rendre le sang cailleux rouge, et les larmes brillantes, fuligineuses.

    Epine va provoquer un miracle.

    Celui d’être ce qu’il est. 

    Que l’Homme de foi assume d’être ce dragon rouge face à lui-même, il n’en fera que plus de Bien au Monde, il lui faudra se tuer chaque nuit dans les indéfectibles énergies noires qui le possèdent. Sinon comment sa Lumière pourra-t-elle briller et son cœur battre sans mensonge ?

    Epine réussit à dévorer les Démons qui l’ont fait naître. À ne pas reproduire mais à transmettre. Des miasmes de blasphèmes et de glaireux désespoirs. Epine mêle l’Hommage, la repentance, et le renversement des statues.

    Il faut alors l’imaginer heureux, cet homme pieux, maintenant qu’il se fait Gesmas durant ses nuits dont il s’occupe à remplir son néant et non plus à étudier des écrits d’hommes qui n’ont jamais fait preuve que de lâcheté. Car la folie, il faut l’entendre au nom d’Erasme, est notre salut. 

    Epine tu n’es pas encore fou, pas encore sage. Mais ton chemin serpenté, suis-le… il ne finira peut-être jamais véritablement mais bien des délices infernaux il te reste à ramener aux ignorants génies que nous sommes tous.

    TRACKLIST :

    1. L’un-de-tant 

    2. Une colonne enténébrée 

    3. De l’ignorance de la tondaison 

    4. Sous les flèches

    5. La couronne verte  

    6. Homo Bulla

    Line up :

    NOIRe AMe – Guitares, Basse, Batterie programmée / Louis Viallet – Orchestrations / Magnus – Chant, textes / Vomitor Priest – Chant / Haître –  Chant

    Liens :

    https://epine.bandcamp.com/releases

    https://www.facebook.com/epinelegion