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  • Anakreb – Fuir les Hommes (2024)

    Anakreb – Fuir les Hommes (2024)

    Genre : Black metal

    Label : Indépendant

    Sortie : 24 juin 2024

    Note : 88/100 (LB D)

      Avant de chroniquer cet album, je vais vous parler de légendes Scandinaves et plus particulièrement de la rune Berkana, et vous allez comprendre très vite pourquoi. Selon Wikipédia, Berkana c’est le nom donné à la dix-huitième rune du Futhark (alphabet runique), et qui signifie “Déesse du bouleau”. Le bouleau est le premier arbre à se réveiller au printemps, c’est pourquoi la rune Berkana évoque le cycle sans fin de la naissance, de la mort et enfin la renaissance. Selon la mythologie viking, vous stoppez cette renaissance en inversant le mot Berkana en Anakreb. C’est bon maintenant, vous voyez où je veux en venir?

          Anakreb, c’est donc le nom qu’a donné un certain Vikko Forest  à son one man band  en 2019 dans la bonne vieille ville de Brest. Le Ty Zef (surnom donné aux habitants de Brest) sortira son premier EP en 2021, petit EP qui, mine de rien, avait eu à sa sortie un petit écho positif dans le milieu underground français.

         Le premier album complet intitulé “Fuir les hommes” est sorti en juin 2024. Après des avis très favorables sur la bonne teneur de cet album de la part de mon entourage métallique, il était impensable pour moi de ne pas m’y intéresser. Faute de temps, c’est seulement à la fin de l’été que j’ai pu l’écouter, et c’est après l’achat du CD que j’ai pris la décision de le chroniquer.

             Beaucoup de changements ont été opérés par rapport à l’EP, tout d’abord, le changement le plus important à mes yeux c’est l’apport d’un vrai batteur, fini la programmation et Vikko Forest a fait appel à Rodion Belshevits,  batteur de session letton qu’on peut retrouver aussi chez les Suédois de Askog. Certes, on perd peut-être un peu en spontanéité et en froideur, mais avec ce son de batterie plus massif et moins synthétique, les compos prennent une autre dimension. Elles ont du corps, sont bien charpentées et plus goutues aurait dit un œnologue professionnel.

         Autre changement notoire, c’est une mise en avant plus prononcée du chant dépressif, déjà palpable sur l’EP, ici, il apparaît quasiment sur tous les titres. Certains hurlements me feront penser aux Australiens de Austère au début de leur carrière. C’est particulièrement flagrant sur le deuxième titre “De Sombre Crépuscule dans lequel j’ai chuté”. Le chant dépressif, tout en côtoyant le raw, apporte une bonne dose de mélancolie et de noirceur, le tout est posé sur des riffs lancinants et répétitifs qui vous martèlent la tête et vous glacent le sang. 

         Mais rassurez vous, Anakreb n’est pas devenu subitement un groupe de DSBM, Vikko forest  n’a pas oublié son amour pour le raw black metal, Avec “L’être qui ronge” et “Le berceau de ma haine”, le Breton lâche les chevaux et garantit la petite touche black norvégo/finlandaise des années 90 de l’album, c’est froid, féroce et sans fioriture. On se prend dans la tronche une bonne ration de haine à l’état pur.

          On change de salle et d’ambiance avec le dernier titre “fuir les hommes”. Long de ces dix huit minutes, Vikko Forest nous surprend totalement avec ce registre black atmosphérique qu’on ne lui connaissait pas, ça démarre sur un mid-tempo avec une mélodie entêtante écourtée au milieu par un break acoustique de toute beauté, ou l’on peux entendre un vent glaciale que n’aurait pas renié Wintherr de Paysage d’hiver. Des accélérations brutales agrémentées de vent et de pluie en fond sonore déboulent en fin de morceau et finiront par achever l’auditeur. Ce titre, qui termine brillamment ce disque, est une pure merveille de black atmosphérique et restera mon préféré de l’album. 

         Pour résumer, Vikko Forest  nous a concocté un bien bel album, très complet, riche et varié, cette grande maîtrise dans les compositions nous captive jusqu’au bout et il n’y a pas un seul moment où on ne s’ennuie. Les progrès réalisés par rapport au premier EP sont indéniables et pour moi, ce ”Fuir les hommes” est l’une des plus belles surprises de l’année 2024. En plus de cela, et ça fait vraiment plaisir de retrouver un bon groupe de black metal à Brest, de mémoire, nous n’en avons pas eu un depuis peut-être l’avènement des légendaires Vlad Tepes et ses fameuses légions noires, toutes proportions gardées bien entendu, mais cela fait quand même plus de trente ans, purée, déjà trente ans. 

    Tracklist : 

    01 – Le Corbeau L’a Percé  (06:11)

    02 – Ce Sombre Crépuscule dans lequel j’ai chuté (10:27)

    03 – L’être Qui Ronge (04:51)

    04 – Le Berceau De Ma Haine (05:53)

    05 – Prisonnier Des Flots De Ma Haine (06:40)

    06 – Fuir Les Hommes

    Line-up : 

    Vikko Forest : tout

    Guest : 

    Rodion Belshevits : Batterie

    Liens : 

    https://anakreb.bandcamp.com/album/fuir-les-hommes

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100065295108214

  • Bloody Valkyria – Kingdom in Fire (2024)

    Bloody Valkyria – Kingdom in Fire (2024)

    Genre : Black Metal symphonique et atmosphérique
    Label : indépendant
    Sortie : 6 Septembre 2024

    Note : 70/100 (WvG)

    C’étaaaait il y a fort longtemps… Nooootre histoiiiire débute avant l’ère des hooommes en Terre du Milieu… Je ne parle bien sûr pas de la Creuse mais de celle de Tolkien puisque c’est la trame qui sert de support à l’album « Kingdom in Fire » de Bloody Valkyria.
    La voix de grand-père, Castor ou Fourras, rendant plutôt mal à l’écrit, je vais vous narrer l’idée générale du one-man-band de Jere Kervinen sur un ton plus modéré de ménestrel elfique, la langue en moins. L’auteur, compositeur et interprète finlandais se base sur le Silmarillion, œuvre posthume de J.R. Tolkien parue en 1977, pour mettre en musique certains passages du pavé de fantasy dans un style Black sympho et atmo, quoi de plus cohérent – à part du folk-pagan-je-ne-sais-quoi, peut-être – pour dépeindre des plages narratives (dont certains moments posent le texte cité littéralement dans le texte de l’œuvre littéraire).
    Ce choix thématique fantasy semble annoncé par l’artwork peint avec dragons, château et chevaliers ; j’ai d’abord pensé à une référence à Glaurung, puisque Niniel est évoquée dans le titre de la seconde piste, à l’image de Melian en titre de la quatrième. Mais, avec le recul, seul l’aspect fantasy parle davantage que la référence directe au dernier écrit, publié post-mortem, de Tolkien. C’est donc un peu dommage de proposer d’entrée une pochette impersonnelle ou pas assez référencée. Après, je peux comprendre que chacun a son interprétation d’une œuvre littéraire et le peintre s’est peut-être davantage focalisé sur l’Akallabêth que la Quenta Silmarillion. Mes connaissances étant également des temps anciens et imparfaites, quoiqu’il en soit je reste incertain.


    On va se retrouver musicalement, pour situer, entre Caladan Broad pour les passages les plus folk atmo et Dimmu Borgir période « Enthrone Darkness Triumphant » pour le grain général et l’orchestration, avec des plages inspirées qui sonnent parfois comme la musique traditionnelle scandinave, tout au long de six morceaux : trois longues parties suivant l’axe du titre de l’album, allant de douze à quatorze minutes, les autres semblant servir davantage de transitions. C’est légitime quand on compose un concept album narratif mais, naturellement et imparablement, on échappe difficilement au sentiment de redite et de redondances, particulièrement dans ces les longues plages, notamment quand l’approche folk, misant beaucoup sur la répétition, entre en jeu, ce qui provoque ponctuellement de la lassitude et on finit par décrocher. Cependant, on ne sent pas perdu dans une cacophonie informe, la mélodie restant prépondérante sur l’ensemble de l’œuvre, sans pour autant négliger un équilibre avec l’aspect brut metal.
    Loin d’être désagréable à écouter, le projet semble cependant inabouti ou pas assez approfondi (ou réfléchi dans sa balance), ce qui est le principal défaut de cet album ; Jere Kervinen n’aura pas créé un nouvel Eä mais, néanmoins, à l’image des Silmarils, on lui souhaite que cet opus ne soit que le premier de trois joyaux et que les prochains soient plus brillants.

    Tracklist :

    1. Flames Upon a Bridge (Kingdom in Fire pt.1) 12:17
    2. Tears of Niniel 3:34
    3. Thousand Caves in Blood (Kingdom in Fire pt.2) 12:47
    4. Melian’s Lament 2:48
    5. Burning Citadel (Kingdom in Fire pt.3) 14:06
    6. Timeless Echo 2:40

    Line up : Jere Kervinen – Tout

    Liens :
    Bandcamp – https://bloodyvalkyria.bandcamp.com/
    Facebook – https://www.facebook.com/profile.php?id=61556958225244

  • Larve – Occultus Tenebrae (2024)

    Larve – Occultus Tenebrae (2024)

    Genre : black metal
    Label : Remparts Productions
    Sortie : 13 septembre 2024

    Note : 80 /100 (Seblack)

    One man band français, Larve a été créé en 2018 par Mathias Nagy ( Havor, feu Hyrgal). Animé par la volonté de renouer avec les racines du black metal occulte, le groupe a sorti un premier album en 2021 intitulé « Ancient Stones Old Memories ».
    Après un split sorti cet été avec Nuit Macabre sur le label Acid Vicious, Larve propose donc avec « Occultus Tenebrae» son nouvel opus, cette fois chez Remparts Productions.
    Il est porté par la volonté, toujours plus farouche, de plonger ses mains dans le terreau de l’occulte évoquant aussi bien le satanisme (sous un angle médiéval et religieux dixit la présentation Bandcamp de l’album), la possession que la nécromancie.
    Pour le réaliser Mathias Nagy a reçu le coup de main de Nicolas « Ranko » Muller à la batterie. Outre le dernier Acod, le batteur a sévi dans bien d’autres groupes et albums comme « Wolves Among the Ashes » de Svart Crown ou « Fin de Règne » de Hyrgal.
    « Occultus Tenebrae » a été enregistré, mixé et masterisé au studio de la Crypte par Clément Flandrois (leader de feu Hyrgal). Quand on ajoute que c’est Alexis Chiambretto qui a réalisé l’artwork et que lui aussi était membre de Hyrgal ,en tant que bassiste, on peut se dire que le fantôme du défunt groupe rode d’une manière ou l’autre autour cet album de Larve. On ne va pas s’en effaroucher bien au contraire. La fin de Hyrgal a laissé un grand vide, je trouve, et voir une partie de ses membres épauler Mathias Nagy dans son projet et bien… cela fait plaisir tout simplement.


    Mais laissons là cette longue présentation et l’évocation de Hyrgal car, mis à part sa rugosité et quelques motifs mélodiques qui peuvent parfois y faire penser, Larve a sa personnalité propre et a déjà bien des arguments à faire valoir.
    L’occulte on y plonge doucement avec une introduction de quelques notes et de chants monastiques lointains. L’occulte on y bascule plus vite encore avec un premier titre frénétique en diable traversé également par les même ambiances du début ce qui lui confère ce côté médiéval évoqué plus tôt.
    Le titre éponyme poursuit dans cette veine à la fois débridée et mystérieuse. Tout cela sent le cachot sombre et humide dans lequel se débattrait quelque créature possédée. D’entrée de jeu Larve démontre donc de belles dispositions pour proposer une musique rugueuse, véloce avec ce qu’il faut de mélodie et de mystère.
    Pour «Old Sorcery», on commence dans des ambiances plus lourdes avec une montée en puissance qui culmine sur le milieu du morceau avant de redescendre doucement dans les contrées plus pesantes et mystiques. Cette teinte sombre va dominer le titre suivant « Panic God ». Une atmosphère occulte omniprésente que l’on retrouvera plus encore sur « Those Who Never Sleep ». Pour clore cet album baigné de noirceur « Nocturnal Possession » opte pour un mid tempo lugubre et lancinant conclu par un emballement qui vient enfoncer le dernier clou dans le cercueil.

    Assumant autant que revendiquant son ancrage dans le black occulte du début des années 2000, ce deuxième album de Larve remplit totalement sa mission en proposant une musique âpre qui sait aussi tisser des toiles mélodiques prenantes. Les huit compositions proposées ici s’écoulent sans longueur et font de « Occultus Tenebrae » un disque appréciable et fortement apprécié pour ce qui me concerne.

    Tracklist :

    1. Introduction (02:00)
    2. Isolation (05:09)
    3. Occultus Tenebrae (04:39)
    4. Old Sorcery (04:36)
    5. Panic God (04:57)
    6. Forgotten Necromansy (05:08)
    7. Those Who Never Sleep (03:54)
    8. Nocturnal Possession (04:45)

    Line-up :

    Mathias Nagy – Tous les instruments, chant.

    Musicien de session :

    Nicolas « Ranko » Muller – Batterie.

    Liens :
    https://larvefrenchblackmetal.bandcamp.com/
    https://www.youtube.com/channel/UC_M3cO5LoOWtHzbgIvQ_JoA

  • Förgjord – Perkeleen weri (2024)

    Förgjord – Perkeleen weri (2024)

    Genre : black metal
    Label : Werewolf Records
    Sortie : 13 septembre 2024

    Note : 90 /100 (Seblack)

    Förgjord pourrait être un cas clinique de la scène black metal finlandaise : il en possède en tout cas la plupart des symptômes : riffs féroces, sens affirmé de la mélodie et volonté de ne pas trop en dévoiler.
    Bien établi, le groupe fondé par Valgrinder a maintenant largement dépassé la vingtaine d’années d’existence. Il n’a pourtant rien perdu de sa vigueur malsaine et propose avec « Perkeleen weri » un septième album qui vient compléter une discographie également riche de nombres d’EPs et autres splits.

    Cette description somme toute assez banale ne doit pourtant pas occulter que Förgjord est, bien plus qu’un représentant de plus de l’opulente scène black finlandaise. Alors, il n’est peut-être pas le plus connu de son pays ou même de son label (Werewolf Records), encore que ses sorties depuis « Uhripu » (2017) ont pu avoir un petit écho dans nos contrées.
    Toujours est-il qu’à mes yeux Förgjord est une formation pour laquelle j’ai beaucoup de considération. Peu, en effet, ont ce don pour capter la folie humaine et la retranscrire dans une musique qui vous saute à la figure, autant qu’elle prend aux tripes. Oh on ne parle pas vraiment ici de malin et autres créatures cornues, Pas besoin de s’inventer des diables quand l’humanité vous fournit une liste infinie d’atrocités et de tourments. Förgjord puise donc dans sa région de Savo en Finlande les sombres récits qui hantent ce nouvel opus.

    Afin de conférer encore un peu plus d’authenticité à toute cette noirceur, le groupe a fait le choix d’un son sans fioriture. Plus encore que d’habitude « Perkeleen weri » sonne de manière brute avec des riffs épais, des grésillements, des mélodies inquiétantes et un chant primitif. On retrouve aussi à plusieurs reprises ces voix claires parlées ou enregistrées dont l’écho apporte un côté fantomatique et obsessionnel ; comme si les morts se mettaient à parler ou que l’on ouvrait grand les portes de l’asile psychiatrique du coin. Dans ce dédale malsain et virulent, seule la conclusion du titre final « Pettävä suo » laisse la place à une accalmie toute relative.
    Pour le reste, place à des ambiances aussi lugubres et inquiétantes les unes que les autres. La plupart des morceaux (pas tous) s’introduisent sur des ambiances pesantes soulignées par des parties dont la lenteur et la lourdeur n’ont rien à envier au doom death funéraire le plus glauque. Bien sûr, les emballements frénétiques ne tardent pas et lâchent la bride à la démence et à une noirceur black véhémente. Mais quelque soit le tempo, l’entièreté de la musique suinte l’intranquillité, le dérangement.
    Au final, ce septième opus offre ce que l’on attend de Förgjord. Dans l’absolu, il n’est ni meilleur ni moins bon que ses productions précédentes : il est du même bois, entre accès de folie pure et affliction malsaine.

    Tracklist :

    1. Silmäinkääntäjä (06:34)
    2. Käärmeenkieli (05:55)
    3. Neljäs lapsi Saatanalle (04:43)
    4. Loukatun kunnia (04:34)
    5. Kalm (02:03)
    6. Raskas veden taakka (06:09)
    7. Pettävä suo (05:14)

    Line-up :

    Valgrinder – Guitares, basse
    Prokrustes Thanatos – Chant
    BLK – Batterie

    Liens :

    https://forgjord.bandcamp.com/
    https://www.deezer.com/en/artist/203939
    https://www.facebook.com/Forgjord
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/7Jb7OYd79fKxy6Qi7yiESP

  • Gravenoire – Devant la porte des étoiles

    Gravenoire – Devant la porte des étoiles

    Genre : black metal français
    Label : Season of Mist Underground Activists.
    Sortie : 23 août 2024

    Note: 75/100 (LB D)

    Peut-on parler de dream team dans le black metal ?, Dream team comme lorsque les basketteurs professionnels américains ont été autorisé à participer aux jeux olympiques de Barcelone en 1992. Équipe Américaine qui réunissait pour la première fois en son sein les stars, Magic Johnson, Michael Jordan et Larry Byrd.
    Dream team, c’est aussi les premiers mots qui me sont venus à l’esprit lorsque j’ai appris la naissance de Gravenoire et surtout des membres qui le composent, alors certes ici, point de stars du basket mais plutôt la fine fleur du black metal français, période fin des années 90, début des années 2000. Ainsi on retrouve au chant, les mythiques chanteurs RMS Hreidmarr (ex Anorexia Nervosa/ The CNK et actuellement dans BA’Ä et Glaciation principalement) et Vicomte Vampyr Arkames, souvenez- vous, c’était lui qui chantait sur le cultissime premier album de Seth “Les Blessures de L’ âme”. On devrait d’ailleurs le retrouver incessamment sous peu avec la sortie du nouvel album de Diablation. Participent également au projet Emmanuel Zuccaro (BA’Ä, Verfallen, ex Hyrgal, ex Karne), à la batterie et aux synthés, et Maximilien Brigliadori (BA’Ä, Diablation, ex Hyrgal en live) à la guitare et à la basse. Cette formation a de la gueule sur le papier et quand vous pensez que l’idée principale de ce projet était de renouer avec le passé et de nous faire revivre la période dorée du black metal français des années 90, avouez quand même, qui y avait de quoi en saliver d’avance non ? Mais alors, ont-ils réussi ou pas leur pari ?

    Et bien pour moi c’est un grand OUI, et c’est après une courte intro très Hans Zimmerienne dans l’esprit que les choses sérieuses commencent. Et ça démarre très fort avec le titre “France profonde” qu’on avait pu découvrir en avant-première il y a un peu plus d’un mois et demi maintenant, on pouvait y entendre un metal noir cru, sauvage et intensif. Tous les artifices très black metal compatible étaient réunis dans cette vidéo : le corpse paint, les clous, le feu, des châteaux en ruine, des édifices religieux, le tout était agrémenté par de belles images de paysages sombres et majestueux bref, on avait eu le droit à une très belle avant-première et qui nous avait bien mis l’eau à la bouche.

    Plus globalement, alors que l’album a été enregistré lors de répétitions, les quatre titres proposés rendent vraiment hommage à la deuxième vague française des années 90. Gravenoire arrive à nous transporter trente ans en arrière rien qu’en siphonnant l’essence même de ce style si primitif qui avait fait la renommée du black metal hexagonal. Les compos sont solides et les riffs sont au rendez-vous. Les mélodies ne sont pas en reste non plus, pour la plupart du temps en fond sonore, elles sont faites essentiellement au clavier et l’influence d’Emperor est détectable. Le son est brut de décoffrage, agressif et sans fioritures, tout en gardant une petite part de modernité, il n’est pas surproduit non plus. Les textes proposés retiennent notre attention, comme un Autarcie ou un Sühnopfer, le projet Gravenoire, tout en rejetant le monde actuel, est ancré dans sa terre natale et ses traditions populaires. Le chant est furieux et rocailleux à souhait, celui de Hreidmarr est reconnaissable entre mille, et celui de Vicomte Vampyr Arkames enfonce le clou. Souvent tout en narration, ses interventions apportent encore plus de froideur aux compos. Le duo de chanteurs fonctionne à merveille et nous prouve ainsi qu’ils font vraiment partie du gratin des meilleurs chanteurs de black metal en France. En quatre titres, Gravenoire nous prouve une fois de plus que le black metal et la langue de Molière se marient parfaitement bien, et pourtant… on reste sur notre faim.
    Car il y a un gros Hic, annoncé en grande pompe par le label Season of Mist comme un premier album, celui-ci s’avère être un EP, certes un EP de grande qualité mais seulement quatre titres et 25 minutes de musique, désolé mais c’est la frustration qui prédomine, (je ne vous parle même pas du prix pratiqué en pré-commande pour le vinyle ou le cd…). Alors oui, je suis chafouin et cela va se répercuter automatiquement sur la note que je vais attribuer à cet album… ah non pardon, à cet EP. Mais malgré tout, et comme j’ai envie de finir cette chronique sur une note positive, j’ai le sentiment que cette formation à du potentiel pour nous en mettre plein la vue, du coup, je vais prendre mon mal en patience et attendre bien sagement le vrai premier album. Et pi.., qui vivra, verra…

    Tracklist :

    01 – Pavens (1:27)
    02 – France De L’ombre (05:53)
    03 – Ordo Opera Cultura (04:03)
    04 – Aux Chiens (04:18)
    05 – Granit (05:21)
    06 – Gravenoire (04:11)

    Line-up :

    Maximilien Brigliadori – Guitare, Bass
    Emmanuel Zuccaro – Batterie, Synthé
    RMS Hreidmarr – Chant
    Vicomte Vampyr Akarmes – Chant

    Liens :

    https://www.facebook.com/profile.php?id=61553036631501

    https://gravenoireofficial.bandcamp.com/album/devant-la-porte-des-etoiles

  • Spectral Wound – Songs of Blood and Mire (2024)

    Spectral Wound – Songs of Blood and Mire (2024)

    Genre : black metal
    Label : Profound Lore Records
    Sortie : 23 août 2024

    Note : 95 /100 (Seblack)

    “Terra Nullius” (2015), “Infernal Decadence” (2018), “A Diabolic Thirst” (2021) et maintenant « Song of Blood and Mire », c’est avec un rythme diabolique autant que métronomique que Spectral Wound délivre ses albums comme autant de perles ajoutées les unes aux autres au chapelet d’un black metal nerveux et revigorant.

    La recette de Spectral Wound? Elle peut paraître simple et connue de prime abord, mais tout comme en cuisine, c’est le coup de main du cuistot qui s’avère décisif. Et en la matière, Spectral Wound ne manque pas d’habileté et mérite amplement ses étoiles noires au Gault & Millau du black metal.
    Une belle table c’est d’abord un art consommé de la mise en scène. Or là aussi le groupe canadien se débrouille plutôt bien. L’artwork de « A Diabolic Thirst » avait déjà fait mouche, celui de ce nouvel opus ne dépareillera pas, avec ce côté occulte et décadent qui colle à merveille à la musique qui va être servie.
    Au menu rien que des valeurs sûres : riffs glaçants, mélodies trépidantes, chant possédé, batterie furieuse et un son cru, juste ce qu’il faut, constitueront la base solide de ce « Song of Blood and Mire » . Du classique me direz vous…Oui mais travaillé avec cœur et entrain.

    Là où le talent fait toute la différence c’est dans l’incorporation et la liaison des différentes saveurs : quelques belles pointes de lourdeur suffocantes par ici, quelque relents rageurs de punk à clous sous lsd par là… et de la mélodie, toujours de la mélodie : épique, ravageuse, malsaine il y en a pour tous les goûts avec en prime un petit brin de mélancolie pour la fin ; comme une invitation à remettre le couvert.
    Une nouvelle fois donc Spectral Wound ravive nos papilles autant qu’il aiguise nos canines avec cet album énergique qui donne envie de renverser la table, de démolir la salle en invectivant quelques convives.

    Tracklist :

    1. Fevers and Suffering (06:19)
    2. At Wine-Dark Midnight in Mouldering Halls (06:24)
    3. Aristocratic Suicidal Black Metal (06:00)
    4. The Horn Marauding (05:53)
    5. Less and Less Human, O Savage Spirit (06:51)
    6. A Coin upon the Tongue (05:35)
    7. Twelve Moons in Hell (06:47)

    Line-up :

    Illusory – Batterie / Patrick – Guitare / Jonah – Chant / Sam – Basse, chant / A.A. – Guitare.

    Liens :
    https://www.facebook.com/spectralwoundcontramundi/
    https://www.instagram.com/spectral.wound/
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/3i6zP2x9GMBV3WyRzqQtM6
    https://www.deezer.com/en/artist/80861432?

  • Modern Rites – Endless (2024)

    Modern Rites – Endless (2024)

    Genre : Black metal indus
    Label : Debemur Morti Productions
    Sortie : 30 août 2024

    Note : 85 /100 (Seblack)

    Modern Rites propose avec « Endless » son deuxième album après « Monuments » sorti en 2021, déjà chez Debemur Morti. L’entité est un duo dont la composition peut surprendre.
    D’une part, on trouve Archytekt alias Jonny Warren du one man band Kuyashii, qui s’occupe ici du chant, de la basse, des claviers et de la programmation de la batterie. Il est en quelque sorte le visage de la modernité au sein de Modern Rites.
    D’autre part un certain Katalyst assure les guitares. Derrière ce pseudo s’en cache un autre puisqu’il s’agit en fait de Berg, principal compositeur du groupe suisse Aara. Il incarne plutôt le pendant plus black du groupe.

    Le premier album du groupe m’avait agréablement surpris avec ce son colossal, ces ambiances indus et cette musique faite d’énormes vagues. « Endless » n’est pas très différent de son prédécesseur, il suit le même chemin, disons, en approfondissant l’aventure et le fait est que cela fonctionne de nouveau très bien.
    Plus qu’un simple contraste entre les éléments indus glaciaux et les mélodies, il y a ici une forme de symbiose entre ces différentes composantes qui donne naissance à une sorte de monstre musical assez fascinant.

    Si à bien des égards « Endless » peut paraître expérimental et moderne, il ne sombre pas non plus dans un excès d’abstraction ou d’hermétisme parvenant à accrocher l’auditeur avec des compositions chiadées qui réussissent à garder un équilibre entre monolithisme et variations rythmiques où mélodiques. Si les dernières réalisations de Akhyls ou Blut aus Nord ont flatté vos oreilles, vous devriez en jeter une ou deux sur ce nouvel album de Modern Rites.

    Tracklist :

    1. Prelude (01:59)
    2. Endless (04:44)
    3. Lost Lineage (05:22)
    4. Veil of Opulence (06:21)
    5. Becoming (06:28)
    6. For Nothing (04:39)
    7. Autonomy (04:32)
    8. Philosophenweg (06:53)

    Line-up :

    Katalyst – Guitares
    Archytekt – Chant, basse, claviers, batterie (programmée).

    Liens :
    https://modernrites.bandcamp.com/
    https://www.facebook.com/profile.php?id=100063570531432
    https://www.instagram.com/modernrites/
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/66fy90ybavFDrtPInxmk3P

  • Ellende –  Todbringerin (2024)

    Ellende –  Todbringerin (2024)

    Genre : black metal
    Label : AOP Records
    Sortie : 30 août 2024

    Note : 80 /100 (Seblack)

    Deux ans à peine après « Ellenbogengesellschaft », Lukas Gosch, alias L.G, se rappelle à notre bon souvenir avec un nouvel album de Ellende.
    Enfin nouveau… pas tout à fait puisque « Todbringerin » est un réenregistrement du premier opus du one man band paru en 2016. La faute en revient à un imbroglio concernant les droits et à l’effacement des enregistrements d’origine empêchant donc une réédition plus classique.

    Dans les faits, il n’y a pas de grand changement à noter, mis à part un découpage de « Scherben Teil » en deux pistes distinctes et un nouvel artwork issu du travail de L.G qui s’est inspiré d’une célèbre toile de Vermeer.
    Pour le reste, Ellende n’a que très peu changé les compositions d’origine et s’est surtout attelé à peaufiner le son et le chant pour livrer une interprétation plus expressive et ciselée que l’œuvre originale.

    Le résultat est donc totalement à l’avenant de ce que Lukas Gosch nous a proposé depuis les débuts de Ellende : une musique impeccablement en place pour un black metal où la rage côtoie toujours de près la mélancolie et dépeint un univers infiniment poétique. Mélodies, notes de piano, petites touches de synthé, parties acoustiques, lignes de violons, tout est là pour magnifier un black qui ne manque pas d’âpreté et d’amertume. Alors oui « Todbringerin » n’est pas totalement nouveau mais il confirme qu’à chaque sortie Ellende est de plus en plus en beau.

    Tracklist :

    1. Am Sterbebett der Zeit
    2. Ballade auf den Tod
    3. Verehrung
    4. Scherben Teil I
    5. Scherben Teil II
    6. Versprochen…
    7. Verachtung
    8. Am Ende stirbst du allein

    Line-up :

    L.G : Guitares, Basse, Batterie, Piano, Violon, Viole.

    Liens :
    https://ellende.bandcamp.com/
    https://www.facebook.com/ellende.official/
    https://www.instagram.com/ellende.official/
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/1iLdVM2KFAHUbpaC5wpMbO
    https://www.youtube.com/user/lukeassdelirium

  • Tsatthoggua – We Are God (2024)

    Tsatthoggua – We Are God (2024)

    Genre : black metal
    Label : Osmose Productions
    Sortie : 31 mai 2024

    Note : 75 /100 (Seblack)

    « We are God » marque le retour des teutons sado maso de Tsatthoggua. Un retour que l’on avait doucement senti venir suite à la sortie de la compilation « Hallelujah Messiah » composée principalement des titres bruts de décoffrage de leur première démo. Bon c’était il y a quatre ans tout de même…

    En 2024, le combo nous revient donc cette fois avec neuf vraies nouvelles compositions. L’artwork dont la créature et le décorum ne sont pas sans évoquer l’univers de Impaled Nazarene, pourrait finalement assez bien résumer l’évolution de la musique de Tsatthoggua. Dans le fond le groupe a conservé ses thématiques de prédilection tout en soignant de manière beaucoup plus poussée la forme et si j’ose dire l’esthétique.

    Là où les albums précédents, et désormais assez anciens, se caractérisaient par des compositions très frontales et un son très brut qui avait le don de révulser les esthètes, “We Are God” s’avère beaucoup plus élaboré et doté d’un son plus dans les standards du genre…Vous me voyez donc un peu venir…
    Certes la progression du groupe au niveau des compositions et de tous les aspects techniques est notable mais comment dire ?….Le charme opère un petit peu moins ou moins immédiatement disons. La plupart des ingrédients sont pourtant bien présents, notamment au travers de ce black metal volontiers provoquant et qui ne renie en rien ses incursions dans le death ou le thrash.
    Ce bémol très subjectif mis à part, « We are God » s’avère être un album sans faiblesse où le groupe se permet même une incursion réussie dans le mid tempo avec « I Drive my Dog (to Thule) ».

    Un peu plus de vingt cinq après son dernier « vrai » album, Tsatthoggua nous revient donc avec un opus qui dans le fond est toujours aussi malsain, quand bien même sa forme est plus polissée et maîtrisée. Chacun se fera son avis sur cette évolution mais tant qu’il y a du vice l’essentiel est là et « We are God » n’en manque pas .

    Tracklist :

    1. Master Morality (04:09)
    2. Vorwärts Vernichter (04:02)
    3. The Doom-Scrawl of Taran-Ish (04:41)
    4. I Drive My Dogs (to Thule) (07:20)
    5. True Black Love (05:16)
    6. No Paradise for Human Sheep (04:28)
    7. Gloria Extasia (04:14)
    8. We Are God (05:04)
    9. Pechmarie (03:33)

    Line-up :

    False Prophet – Basse / Lightning Bolt – Batterie / Nar Marratuk – Guitare / Northwind – Chant

    Liens :
    https://tsatthoggua.bandcamp.com/
    https://www.deezer.com/us/artist/156087
    https://www.facebook.com/official.tsatthoggua/
    https://www.instagram.com/tsatthoggua.official

  • L’ÉCLAT DU DÉCLIN – Le Hurlement des sphères.

    L’ÉCLAT DU DÉCLIN – Le Hurlement des sphères.

    Genre : Black Metal Progressif
    Label : Percussive Spectre
    Sortie : 6 Avril 2024
    Note : 88/100 (D LB)

    L’Éclat Du Déclin est un One Man Band Français dont la tête pensante n’est autre que Julien Hovelaque. Le multi-instrumentiste n’est pas vraiment un inconnu dans le paysage du black metal hexagonal, tout d’abord, en solo dans MATER TENEBRARUM sous le pseudonyme de Daevhorn, puis dans le groupe MALEFICENTIA où il occupera le poste de guitariste chanteur. Sortiront de cette collaboration quatre albums entre 2001 et 2015. Puis vint l’épopée d’AVE TENEBRAE, avec deux albums à la clé en 2013 et 2016. On le retrouve aussi dans différents projets en tant qu’invité comme NUIT MACABRE ou WINTERMOON entre autres.


    Mais c’est en 2018 que le projet L’Éclat Du Déclin prend forme avec le mini Ep “Mater tenebrarum”, puis deux albums complets “Ainsi passe la gloire du monde” en 2020 et “Pâle écho de ce que nous fûmes” en 2022. Deux excellents albums qui ont posé de solides fondations, essentiels à la création de l’univers du one man band.

    Sur ce troisième album intitulé “Le Hurlement des Sphères”, Julien reprend les mêmes ingrédients qui ont fait la force des deux premiers mais en poussant la complexité à son paroxysme : un nombre incalculable d’écoutes sont nécessaires pour bien apprécier cette œuvre car beaucoup plus difficile à appréhender que les précédentes. Musicalement tous les morceaux sont travaillés de façon “chanson à tiroirs” et rien n’est laissé au hasard. N’hésitant pas à entrecouper plusieurs fois dans un même titre les passages de pur black metal par des moments plus paisibles, parfois mélancoliques mais toujours avec de belles mélodies, que ce soit à la guitare ou au synthé, elles sont très variées et omniprésentes, le quatrième titre “Anemonia” en est le parfait exemple. On ne s’ennuie jamais à l’écoute de cet album, il se passe toujours quelques choses auxquelles parfois on ne s’attend pas forcément comme, par exemple, les quelques beat technos par-ci, par-là, mais ils sont toujours bien sentis et idéalement bien placés. Ici le terme progressif n’est donc vraiment pas usurpé. Le son de batterie est bluffant et trompeur, il aura fallu que je lise une interview de Julien réalisée par François Karlek du webzine Satan bouche un coin, pour que je m’aperçoive que ce n’était pas une vraie batterie mais plutôt une programmation.
    Mais le plus gros du travail se situe surtout sur les parties vocales, on les sent plus posées, plus maîtrisées, le chant typiquement black metal est généralement suivi d’un chant que je qualifierai de hurlé ou d’écorché vif selon votre ressenti, le growl et le chant clair ne sont pas en reste non plus, ils apparaissent au gré des titres et sont parfois très inattendus. Le premier titre “Oracle Entropique” en est le parfait exemple avec un panel de chant très étoffé, ce titre restera d’ailleurs mon préféré de l’album.


    En plus d’être l’auteur, compositeur et musicien, Julien passera aussi derrière la console pour nous mixer et masteriser son propre album, pour un résultat remarquable et remarqué et ça, ce n’est vraiment pas donné à tout le monde, on est ici dans la définition parfaite du terme one man band.

    Pour résumer la situation, et comme je le disais plus haut, c’est un disque qui demande un nombre d’écoutes assez conséquent pour apprivoiser toutes les subtilités des compositions. Julien maintient le cap d’un black metal progressif, inventif et innovant, alors si vous aimez ce style de musique et que l’entêtement n’est ni un défaut ni un problème chez vous, dans ce cas, je ne peux que vous conseiller de jeter une oreille (ou deux) à ce très bon troisième album de l’ÉCLAT DU DÉCLIN.

    https://leclatdudclin.bandcamp.com/album/le-hurlement-des-sph-res?fbclid=iwy2xjawepi8llehrua2flbqixmqabhzlsvpwmoez0tfl8wlgnq5oivw4ah7zsupb2iiw23a_ggijfuh-anm1rqw_aem

    Tracklist :

    01 – Oracle Entropique (08:36)
    02 – Au Sein Des Panthéons (06:47)
    03 – L’Appel Des Mânes (07:48)
    04 – Anemoia (09:14)
    05 – Silhouette Errante (05:56)
    06 – Lux Occulta (06:03)

    Line-up : Julien Hovelaque – Tout

    Liens :

    https://www.facebook.com/eclatdudeclin