Réflexion par WvG
A partager, savourer et débattre
… au 666ème degré
Dernièrement, j’ai eu une discussion rationnelle, raisonnable et raisonnée avec une nana à qui j’expliquais à quel point elle était stupide et que seule ma vision était la bonne, en bon mansplainer qui se respecte un tant soit peu… Aussi en suis-je venu à la réflexion suivante : faut-il ou doit-on prendre le Metal au premier degré ? La réponse est indiscutablement oui, et je vais vous le démontrer en quelques points suivants, si ce n’était pas encore une évidence pour vous.
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“ In life I have no religion besides the Heavy Metal gods” (“The Book of Heavy Metal”, Dream Evil). Le Metal est une religion et c’est naturellement qu’il prêche la bonne parole, comme toute religion et ses prophètes amènent de manière sensée à réaliser à quel point leur mode de vie est dénué de sens sans une pensée unique à suivre. Aussi, si un groupe vous invite à aller cramer des églises, c’est d’une évidence atterrante qu’il faut le faire, si un groupe vous intime de vénérer Satan et sacrifier une vierge sur un autel, il ne peut qu’avoir raison (puisqu’il porte la bonne parole) … Ils avaient bien tort, les détracteurs du genre, avec leurs autodafés de vinyles de AC/DC ou Iron Maiden ; ce manque d’ouverture culturelle est symptomatique de gens obtus et intolérants, ignares dirais-je même… Et puis bon, des églises, c’est pas ce qui manque, une de plus ou de moins… Quant aux vierges… bon, là, c’est un mauvais exemple… C’est d’autant plus ennuyeux quand d’autres essaient de convertir avec leurs paroles insipides, allant jusqu’à parodier un TRVE genre qu’est le Black Metal en le salissant de leur appellation de White Metal, Stryper pour ne pas les citer en fer de lance de cette croisade absconse… Que nenni, boutons ces hérétiques : “Lay down your souls to the gods rock ‘n roll!”
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Mais puisque les dieux du Metal parlent, il faut suivre leur voix et leur voies : si vous entendez qu’il faut aller buter des gens tel un Ramirez et son « Night Prowler », c’est tout naturellement qu’il faut savoir entendre cette relation avec votre Seigneur. D’autant quand c’est un morceau plutôt cool, au rythme chaloupé et au mid tempo langoureux…
Si vous entendez un murmure dans « Better by you, better than me » de Judas Priest vous disant de vous mettre une balle, c’est que c’est le bon moment pour vous mettre du plomb dans la cervelle et vous vider la tête à la fois… S’aérer les idées, c’est vital.
D’ailleurs, quitte à parler suicide ou TS, si Ozzy Osbourne écrit un morceau intitulé « Suicide Solution », Ozzy étant un dieu, on se doit de l’écouter sans le contredire…
D’ailleurs Pantera également vous y convie, à juste titre…
Et quoi de mieux qu’afficher sa piété en se tatouant ou se scarifiant pour afficher fièrement cette ferveur sans ambages ?
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Tout ça pour dire que, oui, le Metal, c’est pas pour la bien pensance : c’est LA pensée ! Comme je le spécifiais en préambule, je m’évertuais à faire comprendre ma pensée à un être de sexe féminin. Mais cette créature est-elle douée de la capacité de compréhension nécessaire ? Non, bien sûr !
Homme, la femme est ton inférieure, « le fruit d’une côte surnuméraire » pour citer Bossuet et, subséquemment, te doit respect, fidélité et soumission… Manowar dans sa grande justesse en a fait un hymne que voici :
Quand sa place n’est pas à la couizine, elle peut aussi se montrer comme un partenaire jovial d’exhibition de ses charmes à but coïtal, copulatoire éventuellement, car c’est avant tout pour la distraction qu’elle a été créée, et Steel Panther n’a que trop bien compris qu’une pétasse a cette vocation naturelle.
Certaines de ces sorcières méritent-elles le respect ? Possiblement mais encore faut-il qu’elles adoptent les codes acceptables de leurs mâles alpha ! Est-il dieu possible qu’il en soit autrement : honni soit qui mal y pense !
Le Metal est la sensualité du bout des doigts, quelle que soit la partie du corps sur laquelle on les pose, et place la femme avec un grand F comme un étendard de la féminité à tout âge. Cela est juste et vous, en vérité, je vous le dis…
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Et quitte à partir en guerre plus ou moins sainte, il est normal de véhiculer et arborer la symbolique qui va de pair ou être fasciste-né par une idéologie qui lave plus blanc que blanc, mieux que Omo.
Jeff Hanneman, un des grands apôtres du Metal a fait preuve de ses convictions en mettant en exergue les talents notoires dans l’aboutissement des travaux de Joseph Mengele :
Marduk a proposé également une vision aussi mélodieuse qu’angélique des bienfaits des rapports belliqueux.
Et que dire des plus célèbres représentants, les plus disponibles pour porter haut la bonne parole en cas de désistement de confrères, Sabaton, qui n’ont que cette obsession de véhiculer la connaissance historique par la narration, tels des Alain Decaux de cuir et de clous ?
« La guerre, c’est fantastique ! » pour promouvoir les sages paroles du “sabotageur” Arbinger dans Hot Shots 2. Et c’est surtout du sérieux…
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Vous l’aurez aisément compris – puisqu’on est entre gens intelligents – que le Metal est éminemment dans la vérité car, comme chacun le sait, c’est du sérieux… du lourd !
Merci à vous qui avez lu cette chronique jusqu’au bout, en bonne intelligence et au premier degré évidemment…
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Pour ceux qui ont tenu aussi longtemps sans éteindre leur smartphone ou PC et le balancer loin, loin, loin, voire sans le brûler simultanément à se rincer les yeux avec de la javel (qui soigne le Covid, vous le savez tous, hein…), entamons la deuxième partie de ce laïus : NON, évidemment qu’il ne faut surtout pas le [le Metal] prendre pour parole d’évangile ; non, comme beaucoup de préceptes déraisonnables et éloignés d’esprit critique pour les bas du front, il est insensé de suivre les idées plus ou moins nauséabondes (mais quand même premier degré pour certains, particulièrement dans le NSBM, que je n’ai pas traité dans ce sujet pour éviter de faire de la promo à des gros cons malsains – oui, j’ai le droit d’être subjectif un peu quand même, merde !) d’un genre qui est avant tout grand-guignolesque et outrancier, provocateur, jouant sur des codes borderlines, particulièrement pour ceux qui cherchent à voir et trouver des choses (messages subliminaux ou autres théories complotistes… il y en a qui en cherchent même dans les clips de Beyoncé ou Taylor Swift… et en trouvent), un exutoire voire une catharsis pour certains… « Les bonnes manières », quoi, pour citer de grands penseurs comme Ultra Vomit… Et au-delà même du bon sens, j’en fais appel à votre esprit critique et votre notion de tempérance – mais c’est peut-être aussi mon côté anarcho gauchiasse qui parle.
Les exemples divers proposés plus haut avec le choix thématique lui-même basé sur le surcroît d’absurdité sont pour partie démonstratifs de la nécessité absolue de prendre le Metal au second voire six-cent-soixante-sixième degré, ce qui n’a pas été toujours le cas, et ne l’est toujours pas encore… Rappelez-vous il n’y a pas encore si longtemps la team Boutin (Chrétiens démocrates… oxymore, en somme) contre vents et marées anti Hellfest, ce même lieu saccagé il y a quelques années seulement lors de sa préparation par les mêmes croisés… Les autodafés qu’on attribue aux « heures sombres » de l’Histoire ne sont pas qu’à attribuer à ceux qui ont une tendinite au coude au point de lever le bras à (trente-neuf/) quarante-cinq degrés – tout en étant premier, ce qui est balaise d’un point de vue géométrique et chaud si c’est en Celsius – puisque les Beatles y ont eu droit dans les sixties, Iron Maiden y a eu le droit à la sortie de The Number of the Beast, le groupe ayant dû faire son coming out « non, on ne défend pas le satanisme », sachant qu’une grande partie de ceux qui véhiculeraient des messages anti-christianiques sont soit croyants soit pratiquants (Rob Halford, Tom Araya ou d’autres).
AC/DC a eu aussi droit à sa renommée sulfureuse quand le skeud de Highway to Hell (aussi considéré comme l’œuvre de vilains satanistes prosélytes par la f(r)ange la plus subtile de l’évangélisme made in USA) a été retrouvé sur une scène d’homicide de Richard Ramirez. Judas Priest a eu droit à un procès en 1990 de parents (et leurs avocats bien intentionnés, avec des dollars dans les yeux, of course) qui cherchaient à justifier le mal-être de leurs gosses non par leur incapacité à communiquer avec eux mais en cherchant des pseudo messages subliminaux dans une respiration de Rob Halford…
Quant à la censure, n’en parlons même pas… « Suicide Solution » a eu le droit à son ‘Parental Advisory’, suite à la création du PMRC en 1985 (Parents Music Resource Center, comité de lecture/censure US créé par Tipper Gore, femme du candidat à la présidentielle Al Gore, reconverti depuis dans le documentaire vidéo politique).
Et c’est aussi le problème de fond avec le Metal : un genre outrancier qui joue avec les limites et la provoc’ dans son approche ou son imagerie… ce qui risque de passer de moins en moins avec l’évolution des mœurs, les radicalisations et le backlash des révolutions culturelles, au point de devoir s’adapter et se censurer au risque de devenir insipide et édulcoré, donc sortir de ce qui a fait ses « lettres de noblesse » via son aspect sulfureux – mais ceci est un autre sujet, dont on discutera peut-être une fois prochaine… La problématique se pose alors sur un genre victime de son/ses image/s, au point de risquer de se faire ressortir des sarcasmes lointains – internet n’oublie jamais et ceux qui ne l’oublient pas aiment à ressortir des archives, souvent hors contexte pour servir leur mode de pensée… Quand des groupes border à la Nokturnal Mortum se retrouvent face à une vindicte lors de leur annonce à un Ragnar Rock Fest, est-ce mérité ? Probablement pas mais les idées sous-entendues attirent également le public idoine… Quand des Destroyer 666 se font virer d’un running order, est-ce légitime ? Probablement pas mais on est dans des temps qui préfèrent éviter les risques, même quand les arguments à défense tiennent la route. Quand George “Corpsegrinder” Fisher se prend un flot de merde de la part de cette même génération aux abois de sensationnalisme, est-ce mérité ? Probablement voire certainement pas… mais à force de jouer sur les limites, l’image reste, que ce soit pour les personnes mal intentionnées en manque de visibilité (d’existence ?) ou la cour qui suit, voire le troupeau qui bêle sans regarder autour et se mue en meute qui hurle…
Nombre de bouquins, chez Camion noir éditions ou autres plus accessibles chez Cultura ou la FNAC – c’est dire si le sujet et son explicitation ont fait couler de l’encre – ont été écrits, de documentaires ou biopicsvidéo/streamo/télévisés ont été réalisés (de nombreux épisodes de Tracks sur ARTE, leur Heavy Metal Kingdom de 2024, ainsi qu’un documentaire diffusé sur cette même chaine dans les mid nineties, dont je suis incapable de retrouver le titre, et ce n’est pas faute de l’avoir chiné sur internet ; mais aussi un Lords of Chaos romancé sur l’histoire de Mayhem), jusqu’à une exposition explicative (mais en survol grand public, ce que je trouve dommage mais cohérent pour ne pas prendre un ton élitiste et sectarisant vis-à-vis du néophyte qui s’aventurerait en ces lieux) qui a pris place à la Philharmonie de Paris…
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Oui, le Metal joue sur des codes à prendre avec distance et recul, au point d’en avoir fait des parodies assez nombreuses dans le domaine cinématographique (Airheads, Spinnal Tap, Heavy Trip… Pop Redemption… ok, pour celui-ci, c’est vraiment pour le quota d’œuvres françaises…) voire dans son propre genre (Nanowar, Ultra Vomit, Massacration), ce qui est pour moi une démonstration d’échec quand des groupes se sentent limite obligés de justifier que « non, c’est pas sérieux, les gars », en se parodiant eux-mêmes ; je pense particulièrement aux groupes de Power ou de Sympho… par peur de manquer de la crédibilité qu’on leur refuse depuis la création du genre parce que « c’est pas du Métol » ? Peut-être… mais c’en est navrant autant que pathétique, hélas…
Car malheureusement, on a le public qu’on mérite : ceux qui ont pleine conscience du côté dérisoire de l’image mais viennent parce que c’est distrayant, le tout n’empêchant pas de pratiquer une musique tout à fait acceptable voire intelligente – musicalement parlant ; les autres… bah, c’est les autres, l’ « enfer » selon Sartre, et c’est là que se situe mon « malheureusement » d’incipit : cohabiter et tenter d’expliquer que « noooon, c’est pas bien de traiter une fille/femme comme une esclave sexuelle ou une pouffiasse… gnééééééé… hé ! Éteins cette allumette, la cathédrale à l’entrée de ce festival n’est pas une vraie, dugland ! » Que faire dans ce cas de figure, excepté mettre à l’énergumène suscité un petit coup derrière la nuque, comme on fait pour anesthésier les huîtres, ce qui n’est pas si éloigné d’un point de vue encéphalogramme ? Tentez l’approche pédagogique : peut-être que votre interlocuteur n’est pas forcément qu’un amas de chair et de bave et que les quelques neurones qui lui servent à secouer la tête d’avant en arrière feront des petits et lui permettront de rationaliser son point de vue et ouvrir à discussion voire à débat, à défaut de convaincre de manière argumentée, ça aura fait avancer la réflexion. Si celle-ci [l’approche pédagogique, pas la réflexion] s’avère vaine, anesthésie selon la méthode explicitée ci-avant (voir figure 2).
Et effectivement, si vous avez pris toute ma première partie pseudo pamphlétaire au premier degré malgré la volonté affichée d’accumuler des aspects argumentaires absurdes avec des clichés too much, c’est que vous méritez de faire partie des personnes qui vont malencontreusement décéder accidentellement d’un léger œdème au niveau de la nuque, et vous avez du bol que monsieur Duçon ait inventé la cédille.








