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  • Du premier degré…

    Du premier degré…

    Réflexion par WvG

    A partager, savourer et débattre

    … au 666ème degré

    Dernièrement, j’ai eu une discussion rationnelle, raisonnable et raisonnée avec une nana à qui j’expliquais à quel point elle était stupide et que seule ma vision était la bonne, en bon mansplainer qui se respecte un tant soit peu… Aussi en suis-je venu à la réflexion suivante : faut-il ou doit-on prendre le Metal au premier degré ? La réponse est indiscutablement oui, et je vais vous le démontrer en quelques points suivants, si ce n’était pas encore une évidence pour vous.

    *

     In life I have no religion besides the Heavy Metal gods” (“The Book of Heavy Metal”, Dream Evil). Le Metal est une religion et c’est naturellement qu’il prêche la bonne parole, comme toute religion et ses prophètes amènent de manière sensée à réaliser à quel point leur mode de vie est dénué de sens sans une pensée unique à suivre. Aussi, si un groupe vous invite à aller cramer des églises, c’est d’une évidence atterrante qu’il faut le faire, si un groupe vous intime de vénérer Satan et sacrifier une vierge sur un autel, il ne peut qu’avoir raison (puisqu’il porte la bonne parole) … Ils avaient bien tort, les détracteurs du genre, avec leurs autodafés de vinyles de AC/DC ou Iron Maiden ; ce manque d’ouverture culturelle est symptomatique de gens obtus et intolérants, ignares dirais-je même… Et puis bon, des églises, c’est pas ce qui manque, une de plus ou de moins… Quant aux vierges… bon, là, c’est un mauvais exemple… C’est d’autant plus ennuyeux quand d’autres essaient de convertir avec leurs paroles insipides, allant jusqu’à parodier un TRVE genre qu’est le Black Metal en le salissant de leur appellation de White Metal, Stryper pour ne pas les citer en fer de lance de cette croisade absconse… Que nenni, boutons ces hérétiques : “Lay down your souls to the gods rock ‘n roll!

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    Mais puisque les dieux du Metal parlent, il faut suivre leur voix et leur voies : si vous entendez qu’il faut aller buter des gens tel un Ramirez et son « Night Prowler », c’est tout naturellement qu’il faut savoir entendre cette relation avec votre Seigneur. D’autant quand c’est un morceau plutôt cool, au rythme chaloupé et au mid tempo langoureux…

    Si vous entendez un murmure dans « Better by you, better than me » de Judas Priest vous disant de vous mettre une balle, c’est que c’est le bon moment pour vous mettre du plomb dans la cervelle et vous vider la tête à la fois… S’aérer les idées, c’est vital.

    D’ailleurs, quitte à parler suicide ou TS, si Ozzy Osbourne écrit un morceau intitulé « Suicide Solution », Ozzy étant un dieu, on se doit de l’écouter sans le contredire…

    D’ailleurs Pantera également vous y convie, à juste titre…

    Et quoi de mieux qu’afficher sa piété en se tatouant ou se scarifiant pour afficher fièrement cette ferveur sans ambages ?

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    *

    Tout ça pour dire que, oui, le Metal, c’est pas pour la bien pensance : c’est LA pensée ! Comme je le spécifiais en préambule, je m’évertuais à faire comprendre ma pensée à un être de sexe féminin. Mais cette créature est-elle douée de la capacité de compréhension nécessaire ? Non, bien sûr !

    Homme, la femme est ton inférieure, « le fruit d’une côte surnuméraire » pour citer Bossuet et, subséquemment, te doit respect, fidélité et soumission… Manowar dans sa grande justesse en a fait un hymne que voici :

    Quand sa place n’est pas à la couizine, elle peut aussi se montrer comme un partenaire jovial d’exhibition de ses charmes à but coïtal, copulatoire éventuellement, car c’est avant tout pour la distraction qu’elle a été créée, et Steel Panther n’a que trop bien compris qu’une pétasse a cette vocation naturelle.

    Certaines de ces sorcières méritent-elles le respect ? Possiblement mais encore faut-il qu’elles adoptent les codes acceptables de leurs mâles alpha ! Est-il dieu possible qu’il en soit autrement : honni soit qui mal y pense !

    Le Metal est la sensualité du bout des doigts, quelle que soit la partie du corps sur laquelle on les pose, et place la femme avec un grand F comme un étendard de la féminité à tout âge. Cela est juste et vous, en vérité, je vous le dis…

    Virgin killer de Scorpions, CD chez solarfire - Ref:119759850

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    Et quitte à partir en guerre plus ou moins sainte, il est normal de véhiculer et arborer la symbolique qui va de pair ou être fasciste-né par une idéologie qui lave plus blanc que blanc, mieux que Omo.

    Jeff Hanneman, un des grands apôtres du Metal a fait preuve de ses convictions en mettant en exergue les talents notoires dans l’aboutissement des travaux de Joseph Mengele :

    Marduk a proposé également une vision aussi mélodieuse qu’angélique des bienfaits des rapports belliqueux.

    Et que dire des plus célèbres représentants, les plus disponibles pour porter haut la bonne parole en cas de désistement de confrères, Sabaton, qui n’ont que cette obsession de véhiculer la connaissance historique par la narration, tels des Alain Decaux de cuir et de clous ?

    « La guerre, c’est fantastique ! » pour promouvoir les sages paroles du “sabotageur” Arbinger dans Hot Shots 2. Et c’est surtout du sérieux…

    Panzer Surprise

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    Vous l’aurez aisément compris – puisqu’on est entre gens intelligents – que le Metal est éminemment dans la vérité car, comme chacun le sait, c’est du sérieux… du lourd !

    Merci à vous qui avez lu cette chronique jusqu’au bout, en bonne intelligence et au premier degré évidemment… 

    ***

    Pour ceux qui ont tenu aussi longtemps sans éteindre leur smartphone ou PC et le balancer loin, loin, loin, voire sans le brûler simultanément à se rincer les yeux avec de la javel (qui soigne le Covid, vous le savez tous, hein…), entamons la deuxième partie de ce laïus : NON, évidemment qu’il ne faut surtout pas le [le Metal] prendre pour parole d’évangile ; non, comme beaucoup de préceptes déraisonnables et éloignés d’esprit critique pour les bas du front, il est insensé de suivre les idées plus ou moins nauséabondes (mais quand même premier degré pour certains, particulièrement dans le NSBM, que je n’ai pas traité dans ce sujet pour éviter de faire de la promo à des gros cons malsains – oui, j’ai le droit d’être subjectif un peu quand même, merde !) d’un genre qui est avant tout grand-guignolesque et outrancier, provocateur, jouant sur des codes borderlines, particulièrement pour ceux qui cherchent à voir et trouver des choses (messages subliminaux ou autres théories complotistes… il y en a qui en cherchent même dans les clips de Beyoncé ou Taylor Swift… et en trouvent), un exutoire voire une catharsis pour certains… « Les bonnes manières », quoi, pour citer de grands penseurs comme Ultra Vomit… Et au-delà même du bon sens, j’en fais appel à votre esprit critique et votre notion de tempérance – mais c’est peut-être aussi mon côté anarcho gauchiasse qui parle.

    Les exemples divers proposés plus haut avec le choix thématique lui-même basé sur le surcroît d’absurdité sont pour partie démonstratifs de la nécessité absolue de prendre le Metal au second voire six-cent-soixante-sixième degré, ce qui n’a pas été toujours le cas, et ne l’est toujours pas encore… Rappelez-vous il n’y a pas encore si longtemps la team Boutin (Chrétiens démocrates… oxymore, en somme) contre vents et marées anti Hellfest, ce même lieu saccagé il y a quelques années seulement lors de sa préparation par les mêmes croisés… Les autodafés qu’on attribue aux « heures sombres » de l’Histoire ne sont pas qu’à attribuer à ceux qui ont une tendinite au coude au point de lever le bras à (trente-neuf/) quarante-cinq degrés – tout en étant premier, ce qui est balaise d’un point de vue géométrique et chaud si c’est en Celsius – puisque les Beatles y ont eu droit dans les sixties, Iron Maiden y a eu le droit à la sortie de The Number of the Beast, le groupe ayant dû faire son coming out « non, on ne défend pas le satanisme », sachant qu’une grande partie de ceux qui véhiculeraient des messages anti-christianiques sont soit croyants soit pratiquants (Rob Halford, Tom Araya ou d’autres).

    AC/DC a eu aussi droit à sa renommée sulfureuse quand le skeud de Highway to Hell (aussi considéré comme l’œuvre de vilains satanistes prosélytes par la f(r)ange la plus subtile de l’évangélisme made in USA) a été retrouvé sur une scène d’homicide de Richard Ramirez. Judas Priest a eu droit à un procès en 1990 de parents (et leurs avocats bien intentionnés, avec des dollars dans les yeux, of course) qui cherchaient à justifier le mal-être de leurs gosses non par leur incapacité à communiquer avec eux mais en cherchant des pseudo messages subliminaux dans une respiration de Rob Halford

    Quant à la censure, n’en parlons même pas… « Suicide Solution » a eu le droit à son ‘Parental Advisory’, suite à la création du PMRC en 1985 (Parents Music Resource Center, comité de lecture/censure US créé par Tipper Gore, femme du candidat à la présidentielle Al Gore, reconverti depuis dans le documentaire vidéo politique). 

    Et c’est aussi le problème de fond avec le Metal : un genre outrancier qui joue avec les limites et la provoc’ dans son approche ou son imagerie… ce qui risque de passer de moins en moins avec l’évolution des mœurs, les radicalisations et le backlash des révolutions culturelles, au point de devoir s’adapter et se censurer au risque de devenir insipide et édulcoré, donc sortir de ce qui a fait ses « lettres de noblesse » via son aspect sulfureux – mais ceci est un autre sujet, dont on discutera peut-être une fois prochaine… La problématique se pose alors sur un genre victime de son/ses image/s, au point de risquer de se faire ressortir des sarcasmes lointains – internet n’oublie jamais et ceux qui ne l’oublient pas aiment à ressortir des archives, souvent hors contexte pour servir leur mode de pensée… Quand des groupes border à la Nokturnal Mortum se retrouvent face à une vindicte lors de leur annonce à un Ragnar Rock Fest, est-ce mérité ? Probablement pas mais les idées sous-entendues attirent également le public idoine… Quand des Destroyer 666 se font virer d’un running order, est-ce légitime ? Probablement pas mais on est dans des temps qui préfèrent éviter les risques, même quand les arguments à défense tiennent la route. Quand George “Corpsegrinder” Fisher se prend un flot de merde de la part de cette même génération aux abois de sensationnalisme, est-ce mérité ? Probablement voire certainement pas… mais à force de jouer sur les limites, l’image reste, que ce soit pour les personnes mal intentionnées en manque de visibilité (d’existence ?) ou la cour qui suit, voire le troupeau qui bêle sans regarder autour et se mue en meute qui hurle…

    Nombre de bouquins, chez Camion noir éditions ou autres plus accessibles chez Cultura ou la FNAC – c’est dire si le sujet et son explicitation ont fait couler de l’encre – ont été écrits, de documentaires ou biopicsvidéo/streamo/télévisés ont été réalisés (de nombreux épisodes de Tracks sur ARTE, leur Heavy Metal Kingdom de 2024, ainsi qu’un documentaire diffusé sur cette même chaine dans les mid nineties, dont je suis incapable de retrouver le titre, et ce n’est pas faute de l’avoir chiné sur internet ; mais aussi un Lords of Chaos romancé sur l’histoire de Mayhem), jusqu’à une exposition explicative (mais en survol grand public, ce que je trouve dommage mais cohérent pour ne pas prendre un ton élitiste et sectarisant vis-à-vis du néophyte qui s’aventurerait en ces lieux) qui a pris place à la Philharmonie de Paris…

    Exposition Metal, Diabolus in Musica - Cité de la Musique-Philharmonie -  Musée de la Musique | L'Officiel des spectacles

    *

    Oui, le Metal joue sur des codes à prendre avec distance et recul, au point d’en avoir fait des parodies assez nombreuses dans le domaine cinématographique (Airheads, Spinnal Tap, Heavy Trip… Pop Redemption… ok, pour celui-ci, c’est vraiment pour le quota d’œuvres françaises…) voire dans son propre genre (Nanowar, Ultra Vomit, Massacration), ce qui est pour moi une démonstration d’échec quand des groupes se sentent limite obligés de justifier que « non, c’est pas sérieux, les gars », en se parodiant eux-mêmes ; je pense particulièrement aux groupes de Power ou de Sympho… par peur de manquer de la crédibilité qu’on leur refuse depuis la création du genre parce que « c’est pas du Métol » ? Peut-être… mais c’en est navrant autant que pathétique, hélas…

    Car malheureusement, on a le public qu’on mérite : ceux qui ont pleine conscience du côté dérisoire de l’image mais viennent parce que c’est distrayant, le tout n’empêchant pas de pratiquer une musique tout à fait acceptable voire intelligente – musicalement parlant ; les autres… bah, c’est les autres, l’ « enfer » selon Sartre, et c’est là que se situe mon « malheureusement » d’incipit : cohabiter et tenter d’expliquer que « noooon, c’est pas bien de traiter une fille/femme comme une esclave sexuelle ou une pouffiasse… gnééééééé… hé ! Éteins cette allumette, la cathédrale à l’entrée de ce festival n’est pas une vraie, dugland ! » Que faire dans ce cas de figure, excepté mettre à l’énergumène suscité un petit coup derrière la nuque, comme on fait pour anesthésier les huîtres, ce qui n’est pas si éloigné d’un point de vue encéphalogramme ? Tentez l’approche pédagogique : peut-être que votre interlocuteur n’est pas forcément qu’un amas de chair et de bave et que les quelques neurones qui lui servent à secouer la tête d’avant en arrière feront des petits et lui permettront de rationaliser son point de vue et ouvrir à discussion voire à débat, à défaut de convaincre de manière argumentée, ça aura fait avancer la réflexion. Si celle-ci [l’approche pédagogique, pas la réflexion] s’avère vaine, anesthésie selon la méthode explicitée ci-avant (voir figure 2).

    Et effectivement, si vous avez pris toute ma première partie pseudo pamphlétaire au premier degré malgré la volonté affichée d’accumuler des aspects argumentaires absurdes avec des clichés too much, c’est que vous méritez de faire partie des personnes qui vont malencontreusement décéder accidentellement d’un léger œdème au niveau de la nuque, et vous avez du bol que monsieur Duçon ait inventé la cédille.

  • Simone Simons / Vermillion

    Simone Simons / Vermillion

    Genre : Metal
    (progressif, électronique, symphonique et plein d’autres sous-genres)
    Label : Nuclear Blast
    Sortie : 23 Août 2024

    Note : 90/100 (WvG)

    Je dois l’avouer – il y a prescription maintenant –, j’ai longtemps été amoureux de Simone Simons. Je suis sûr que c’était réciproque mais comme elle ne me connaissait pas, elle ne m’a jamais appelé ; je ne lui en veux pas, de l’eau a coulé sous les ponts, avec les sanglots longs de l’automne qui ont blessé mon cœur d’une langueur monotone, eux aussi. Bref, c’est loin, tout ça… Mais est-ce vraiment si loin ? « Que reste-t-il de nos amours », pour citer Trenet ? Peut-être que sont-ce les regrets qui l’incitent à voir rouge, Vermillion en l’occurrence puisque c’est le titre de son album solo.

    Je ne suis sensiblement pas le seul à l’avoir idéalisée, sanctuarisée voire béatifiée puisqu’elle a acquis avec le temps le statut de Metal Goddess. Mais je me souviens de ces jeunes années où nous étions fous : elle radieuse de beauté, d’un charme fou, d’un talent déjà affirmé, d’une détermination marquante sous sa fragilité s’exprimant avec sa voix d’ange déjà dans les 2Meter Sessies qui m’ont fait la découvrir (et craquer), à une époque de balbutiements du Metal symphonique, à chanteuse qui plus est, avec la déferlante des Nightwish, Within Temptation, After Forever et… Epica ; moi… bah… moi quoi.

    Et les années sont passées, elle a fait sa vie, professionnelle et privée… Elle est devenue une daronne… dans la vraie vie et dans le milieu du Metal… et elle a perdu de sa superbe… vocalement, j’entends : j’ai lâché Epica après Design your Universe – album magnifique au demeurant –, puisqu’elle, de son côté, a lâché une partie de sa fougue simultanément à ma ferveur. Mais alors qu’attendre de ce Vermillion ? Une femme mature avec une voix mature et des illusions perdues ? Oui et non…

    En effet, si le sujet est aussi rougeoyant que sa crinière de feu, il y a un fond noir. L’ambiance s’est nettement assombrie et la tracklist fait la part belle aux réflexions sur l’amour et la place dans la vie (du moins, je l’interprète ainsi). Par exemple, l’album commence par un « Æterna » électronique et syncopé tout en étant choral sur des ambiances et modes arabisants ; son sujet est celui d’une étoile qui va se muer en nova… en gros l’effondrement qui engloutira tout. Certes, le partenaire musical et compositeur de l’album, Arjen Lucassen, aura beau défendre les théories de Carl Sagan, ça sent quand même l’intime dans la réflexion

    D’autant quand s’enchaîne un « In Love we rust » mêlant espoir et désespoir tant dans l’interprétation que l’évolution de la grille harmonique des couplets vers la modulation mineure du refrain. Assurément, aucun doute sur le compositeur, on reconnait la patte de Lucassen, qui aime jouer sur les cadences rompues, les minorisations, les chromatismes… le progressif, quoi… 

    Ceci se confirme sur le (From the) « Cradle to the Grave” qui s’ensuit, avec une guest et non des moindres :

    une autre Metal Goddess (et autant vous dire, je suis un cœur d’artichaut, les chanteuses talentueuses sont mon talon d’Achille, mes sirènes que tel un Ulysse je tente de ne pas remarquer en bouchant mes oreilles avec des watts à défaut de ouate), Alyssa White-Gluz. C’est de nouveau un succès ; un équilibre notable s’instaure entre les deux divas, tant dans leur timbre que leurs techniques sur un morceau progressif à souhait, littéralement, dans sa structure évolutive, comme une sorte de gros crescendo vers son climax – ironique quand la direction du titre indique le contraire, du haut vers le bas.

    Et le choix esthétique du clip est tout à fait raccord : Simone rouge et Alyssa bleu, l’une le feu, l’autre la glace, à parts égales… Si j’avais l’esprit encore plus tarabiscoté qu’il ne l’est déjà – si, si… -, je verrais dans ce morceau de par sa construction, sa dualité, son titre et les choix esthétiques comme un passage de témoin mère-fille, une sorte d’héritage, mais je vais peut-être trop loin.

    « Fight or Flight », de nouveau cette dualité et ce questionnement, que je traduis par rester « se battre » ou se barrer « l’envol », sur un titre planant et un accès de colère central… et Lucassen de nous balader encore harmoniquement sur « The Weight of my World » quand le « Vermillion Dreams » qui arrive ensuite est plus sage, posé et coquin à la fois…

    Et pourtant, le compositeur sait aussi faire du sale, comme le démontrent le très swing « The Core » puis plus loin « R.E.D. » (Rise, evolve, dominate) avec en guest Mark Jansen (Epica encore), entrecoupés par un « Dystopia » et s’achevant sur un « Dark Night of the Soul »… J’ai beau ne pas être professionnel de la psychanalyse, ça sent quand même pas mal la thérapie sous l’aspect d’un album : je doute qu’elle ait accepté de chanter de telles paroles si ça ne la touchait pas personnellement, d’autant pour un album solo.

    Maintenant que celui-ci a été décortiqué, et interprété par mes soins (subjectivement, certes, mais en essayant d’être impartial), passons à la partie « ressenti ». Pour moi, c’est clairement un album taillé sur mesure pour Simone Simons, composé par un Arjen Lucassen qui la connait bien, tant personnellement que musicalement, qui la fait osciller entre son style, à lui (on entend limite du Ayreon mais chanté par elle), et des teintes « Epiquesques ».

    Et chaque titre est d’une qualité indéniable… et surtout Simone se donne ! Chaque morceau a son empreinte et son émotion propre, on sent le regain, comme une sorte de retour en grâce, de sa voix, sa palette de techniques (de la pop au lyrique), de ses talents, de la maturité et de la maîtrise, bref, de l’expérience. Et ça n’en est que meilleur car plus authentique et intime, et la superbe revient davantage en estime, voire en self-esteem.

    Voilà… Ça faisait un bon mois que je ne savais pas sous quel prisme aborder cet album, pour rester le plus neutre possible vis-à-vis de ce qu’on nous donne à entendre et ce que j’y entends… et c’est dur. Une chose sûre, cet album est une réussite, que je vous engage à aller écouter, et regarder également vu que les clips sont d’une qualité certaine avec des choix thématiques qui tapent juste.

    Allez, Simone, sans rancune, appelle-moi un de ces quatre. Xoxo

    Tracklist :

    1. Aeterna 6:02

    2. In Love we rust 4:46

    3. Cradle to the Grave (feat. Alyssa White Gluz) 3:59

    4. Fight or Flight 5:24

    5. The Weight of my World 4:20

    6. Vermillion Dreams 4:36

    7. The Core 3:55

    8. Dystopia 4:44

    9. R.E.D 4:03

    10. Dark Night of the Soul 4:13

    Line up : 

    Simon Simons – Chant / Arjen Lucassen – Guitares , Basse, Claviers

    Guests : Rob Van Der Loo – Basse / Koen Herfst – Batterie / Ben Mathot – Violon / Alyssa White-Gluz – Chant / Jurriaan Westerveld – Violoncelle / John Jaycee Cuypers – Chœurs

    Liens : 

    https://www.simonesimonsmusic.com

    https://www.facebook.com/simonesimonsmusic

    https://www.instagram.com/simonesimonsmusic

    https://www.youtube.com/channel/UCVCL0FbiSGy0C3epWMGXcKA

  • Clap de Metal – Metal et Cinéma

    Clap de Metal – Metal et Cinéma

    Metal et Cinéma

    Réflexion par WvG

    La régie, on est bons ? On peut lancer ? Et c’est parti dans 5… 4… 3…

    Prologue/accroche :

    {Décor de plateau sombre, cercle lumineux sur fond noir au sol [le même que Nikos et Tatiana Silva].}

    • Caméra une, traveling avant avec déplacement de la louma sur arc rotatif de 90° vers gauche pour arriver sur PRT.

    « Madame, mademoiselle, monsieur, bonsoir… J’avais évoqué dans une précédente émission des liens ténus et intriqués entre le Metal et le cinéma. »

    • Caméra deux, plan fixe sur profil du présentateur.

    « Et ils sont nombreux depuis la reconnaissance du genre musical pour ses atouts, l’intérêt stratégique dans un film, ou simplement pour trouver un nouveau panel de consommateurs « de niche ». »

    • Caméra une, lent volet vers droite.

    « Mais qu’en est-il du vrai rôle du Metal au sein de l’industrie cinématographique ? Quelles réelles perversions se cachent derrière l’ingénuité de ce décor musical idyllique et paradisiaque pour tout démon de basse extraction ? »

    • Caméra deux, fixe, profil en pied.

    « Nos équipes ont enquêté pour vous… Qui se cache réellement derrière ce business lucratif et quelles en sont les premières victimes à part le 7e Art lui-même ? »

    • Caméra une face cam, PRT.

    « Putes, drogue, alcool… la face cachée du Metal au cinéma, c’est tout de suite ! Partytime Wayne !!! »

    > Caméra une, traveling arrière rapide.

    ***

    Scène 1 :

    Le Metal, c’est du son, certes, mais aussi du visuel… et quel visuel : du choquant, tant qu’à faire ! On a déjà vu les dérives et le premier degré à porter à celles-ci précédemment [si, si, consultez les pages de Memento, vous trouverez…] et les conséquences tant sur l’image que le backlash à ce « passé sulfureux », je ne vais donc pas vous faire un dessin. Par contre, je vais commencer par parler dessins, animés en l’occurrence, pour ouvrir cette petite présentation générale. Quand je dis « petite », vous vous doutez maintenant que si la liste d’exemples thématiques ne sera éminemment pas exhaustive, elle n’en sera pas pour autant moins garnie qu’un panier gagné au loto du dimanche chez mémé.

    J’enfonce des portes de la perception déjà ouvertes à la masse avec le bien nommé Heavy Metal (Métal hurlant en VF), bien nommé parce que la bande son découlait de source pour un film animé avant tout SF (et bordélique, parce que mettre bout à bout différentes séquences-historiettes tirées des magazines éponymes pour en faire un scénario improbable et foutraque, c’était pas gagné…) mais au titre du genre musical. On va dire que l’opportunité s’est présentée de mettre pêle-mêle Black Sabbath, Trust, Nazareth, Journey et d’autres groupes de cette époque, sans réel lien avec les images… Pourtant, ça en fait un film fondateur pour nerds.

    Heavy Metal (1981) - IMDb

    Puis, quand les nerds ont grandi, ils ont pris les rênes pour proposer Dethklok, groupe de Metal animé pour la série Metalocalypse, qui donnera par la suite le long métrage The Doomstar Requiem en 2013 (puis sa suite dix ans plus tard, Army of the Doomstar). Sans grande surprise, les stéréotypes bre-som y sont légion dans un film pas franchement politiquement correct, avec un casting vocal plutôt sympa cependant puisque Jack Black (dont on reparlera plus loin, vous pouvez imaginer… comme Muriel Bolle, toujours dans les mauvais coups…), Mark Hamill (Luke Skywalker était déjà rodé au doublage, puisqu’il est la VO du Joker dans les animés Batman), Malcolm McDowell (déjà habitué aux « méchants badass » un peu tarés dans sa filmographie, depuis Caligula…) ou Georges Fischer (de Cannibal Corpse, en effet). 

    Le metalleux est donc conçu comme un bourrin, dans sa musique et son mode de vie. Je place alors brièvement cette dualité dans Ronal le Barbare, film d’animation danois dans lequel, même s’il [le Metal] est popularisé à une échelle bien supérieure à la nôtre dans ce pays scandinave, conserve quand même sa petite dose de clichés manowaresques, se devant d’être musculeux et beauf dans son slip moulax en peau de bête. Et quand la direction artistique du doublage français confie le personnage principal à un Kev Adams post-pubère face à de l’humour bite-couille-poil-nichon, autant dire qu’on tient un chef-d’œuvre ! (Mais classé « pour enfants » en France pourtant… comme quoi, la géométrie variable…)

    Ronal le Barbare un film pas pour les enfants pour quel âge ? analyse dvd

    *

    Scène 2 :

    Ah… Le métalleux… Ce gentil débile pataud qui secoue la tête au moindre riff…

    De manière assez évidente, quand ce n’est pas le mal-être étalé sur une couche de drame social, c’est forcément le gentil crétin qui reste la thématique consensuelle de l’archétype metal. Et là, on a pléthore de films sur ce même axe, à commencer par Wayne’s World, 1 & 2, comme vous le voulez ; mais parlons déjà du premier volet avec Cassandra (la bassiste qui est « top bonne ») et le secouage de cheveux sur « Bohemian Rhapsody » de Queen. En effet, ça en fait un film cultissime et générationnel dans ses clichés, même si celui-ci en joue pour les descendre aussi (le laïus d’Alice Cooper sur l’origine de Milwaukee, en algonquin « la bonne terre ») bien qu’ils restent assez marqués (entre autres quand Meat Loaf, en guest, est Tiny, le videur mononeuronal). Pour anecdote, ce film et cette scène de la voiture ont boosté les ventes du single (et album) de Queen, au point que c’est un Mike Myers méconnaissable qui a été invité pour interpréter le rôle du boss de la maison de disques de laquelle Queen se barre dans leur biopic Bohemian Rhapsody (avec beaucoup d’erreurs en effet mais tout à fait correct sur d’autres points) de Brian Singer.

    Dans la continuité de cette image de benêt au grand cœur cependant, on peut tout de suite placer Airheads (Radio Rebels en… français) avec le trio Brendan Fraser/Adam Sandler/Steve Buscemi, dans lequel le premier est chanteur-guitariste metal wannabe et qui cherche toutes les astuces pour faire diffuser sa musique au point de prendre avec force quiproquos et enchainements de situations merdiques une station de radio en otage. Bien sûr la « rock and roll attitude » sera de mise durant le film, avec un metalleux un peu lover [Tiens ? J’en aurais pas parlé dans un sujet précédemment, aussi ?] soutenu par des fans chevelus qui secouent la tête au moindre riff, dans une manif à laquelle Lemmy « Dieu » Kilmister prend part.

    Airheads (1994) - IMDb

    Quand il n’est pas teubé, il est flemmard (donc chômeur) et le sujet est abordé par deux fois dans des films mettant en scène Jack Black. Le plus premier degré – avec un sens du premier degré très relatif, hein – serait School of Rock (dit Rock Academy en… français… oui, je sais…) dans lequel un loser patenté qui abuse tellement des clichés du hardos à l’égo XXL se fait jeter de son groupe, sa réputation de trouduc à l’égo démesuré (Jack Black, en gros… subjectivité passagère) ne l’aidant pas à former un nouveau groupe, il va trouver par opportunisme une place de prof dans une école guindée, ainsi que ses futurs comparses de scène. Ce film deviendra par la suite une comédie musicale typée Broadway, à succès.

    School of Rock - Wikipedia

    Le second, à prendre pour le coup avec des pincettes et un second degré très lointain, serait une sorte de film méta mockumentaire parodique sur son groupe Tenacious D, The Pick of Destiny, avec sans grande surprise la totale pour les clichés et la musique dédiée à Satan (Dave Grohl interprétant ledit Satan, mais plein d’autres guests viennent se marrer avec le duo Black/Gass comme feu-Ronnie James Dio, feu-Meat Loaf, Tim Robbins, Ben Stiller, etc.), gaguesque de son préambule à sa scène post-générique…

    *

    Scène 3 :

    La dérision va pousser les réalisateurs et scénaristes toujours plus loin, au point de créer un genre cinématographique parodique : le « mockumentaire ». Et forcément, on ne pouvait pas ne pas parler de Spinal Tap.

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    Pourquoi ce film est inéluctable ? Parce que c’est la parodie méta par excellence : qui pourrait prendre ce genre de film réalisé comme un vrai documentaire au sérieux ? Une série de batteurs décédés dans des conditions toujours plus absurdes… Un guitariste qui s’est fait construire un ampli avec le volume à 11… Un « John Lennon » qui se fait manipuler par sa Yoko… Un bassiste qui a besoin de dévoiler une turgescence phallique proéminente – aka « grosse bite » – au tout venant, au point de trouver des prothèses improbables… Sérieusement… qui pourrait gober un tel niveau d’outrance, même en 1984 ? Hein ?…

    Et cependant en véhiculant ce genre de stéréotypes, la team premier degré n’y a rien vu d’autre – que ce qu’elle voulait voir… oups… pardon, je digresse (et des fois, je dis « bite » aussi, cf. plus haut) – qu’une réalité palpable, tangible et tenace au fil du temps, au point qu’on ne sait plus qui est le plus cynique dans l’industrie : ceux qui y croi(v)ent et font du prosélytisme ou ceux qui le sa(ch)vent mais en jouent pour se faire du biff.

    *

    Scène 4 :

    Victime du succès de ses clichés, et tendant le bâton pour se faire battre par la dérision générale où l’outrance fait mouche pour flirter avec le pathétique, le Metal va osciller entre le « putain, c’est nawak » et le « ils sont bizarres, ces gens, ils font peur » (pour en arriver au « ils ne doivent pas bien aller, dépression ou autre… c’est sûrement le Malin qui les empêche d’aller bien… » mais on en parle aussi plus bas…)

    Associer Metal et cinéma de fiction au sujet Dark (avec des scènes d’action quand même). Je vous passerai tout de suite les adaptations d’Uwe « Murielle » Boll dans lesquelles les morceaux typés metal au générique ne sont là que pour relever le niveau des foirages en masses – ou massacres, selon – d’adaptations de licences vidéoludiques et ne sont que des sorties de secours à une heure et demie (en général et en moyenne) de daube intersidérale, quasi le seul intérêt (exemple : « I wish I had an Angel » de Nightwish pour Alone in the Dark).

    Non, je vais entrer dans l’iconographie des ténèbres dépressives avec The Crow, bien entendu ! Si la trame avec Eric Draven adaptant le comics de James O’Barr a fait couler beaucoup d’encre avec la mort – réelle – de son acteur principal Brandon Lee sous la caméra d’un jeune Alex Proyas qui ne pondait pas encore des daubes insipides comme Gods of Egypt, la musique est nettement plus intéressante puisqu’elle suit le destin d’un musicos, gratteux, compositeur… donc dans un univers gothique, autant accommoder avec les groupes de son époque et dans une même teinte désespérée, au temps de l’avènement du Grunge…

    Pourtant, ce genre est quand même bien pratique, dans ses stéréotypes, pour être associé à des bonnes grosses scènes d’action, au point de devenir un cliché d’association image/musique, ironisé dans Last Action Hero, deux heures et demie de film totalement méta de John McTiernan (le réal des Die Hard 1 et 3 et de Predator, dont la carrière sera coulée par ce film un peu trop critique sur les actionners) par le jeune protagoniste : « La décapotable, le Hard Rock, les punchlines débiles… je suis dans le film ! » 

    Last Action Hero - Film 1993 - AlloCiné

    Ironie, ce film qui déjoue/dénonce les stéréotypes va – espérer – signer la fin d’un genre cliché avec des clichés, une sorte de making of introspectif du déclin d’une industrie tout en rendant le film culte… Mais quand le vice est poussé, par-delà la kyrielle de stars du Hard Rock et Metal qui sont au générique (Alice in Chains, Megadeth, Queensryche, Aerosmith…) à faire adapter des morceaux (« Last Action Hero » de Tesla, chanté avec les paroles « Jack Slater », personnage principal du film interprété par Schwarzenegger) voire à s’en faire composer un dans le clip duquel Schwarzy intervient in persona (« Big Gun » de AC/DC), autant dire que Maurice a poussé le bouchon très loin dans la blague, plus imprévisible que « le babil débile des babouins nubiles ».

    Et McTiernan, s’il donnait l’impression de cracher dans la soupe, n’ironisait pas sans raison puisque cette association de type Team Rocket fonctionne toujours, le Metal étant utilisé comme renfort de propos illustratif d’une tournure vers le Mal ou évoquant la puissance (du Mal en général, hein… faut pas déconner, on ne parle pas de Napalm Death en BO de Peppa Pig). Aussi pour évoquer la mutation de Angel en Arkangel dans X-Men Apocalypse, quoi de mieux que d’étayer sa transition de genre vers le côté obscur en appuyant la scène avec « The four Horsemen » de Metallica ? Quoi de mieux pour illustrer la réincarnation de Jennifer Tily en poupée tueuse dans La fiancée de Chucky que de diffuser « Living dead Girl » de Rob Zombie ? Quoi de mieux que « Feuer Frei » de et joué par Rammstein live dans xXx pour un personnage qui passe son temps à jouer avec le feu ? Quoi de mieux qu’un concert de Cannibal Corpse (et re-Georges Fischer) qui interprète « Hammer smashed Face » en live dans Ace Ventura pour appuyer sur le… le… le rien en fait, puisque le film est un joyeux bordel de pur n’importe quoi, vulgos avec les curseurs poussés au max tant que c’est insolent…

    Ace Ventura: Pet Detective (1994) - IMDb

    *

    Scène 5 :

    Il arrive parfois néanmoins que le Metal ait un rôle. Je parle de personnage dans le film… Tantôt de figuration mais intégré dans la réalisation, tantôt comme personnage secondaire voire argument du film.

    Si l’on retrouve l’association d’idée « Metal + horreur » dans Bienvenue à Zombieland, au moins, c’est visuellement intéressant d’avoir une scène d’introduction/générique esthétique montrant des zombies se faire fracasser la tronche sur fond de « For whom the Bell tolls » de Metallica.

    Mais le rôle du Metal (pas du métalleux) prend davantage de place dans des films comme La main qui tue, teen movie pseudo horreur débile (avec Jessica Alba en nymphette presquàpoilesque) mais culte dans lequel le protagoniste a une main « oisive » possédée par le diable et qui se décontracte et cesse de tuer des gens en visionnant du Strapping Young Lad sur MTV.

    La Main Qui Tue

    Et pour revenir sur les clichés associatifs Metal/actionner dont je parlais ci-dessus, il en est un, imparable par sa frénésie, ses punchlines, son Metal, qui est Shoot’em up, avec un Clive Owens tireur d’élite vivant en SDF marginal de son plein gré, qui se retrouve à essayer de sauver un bébé abandonné, secondé par une Monica Belluci maman-putain, film dans lequel ledit nourrisson se calme à l’écoute de morceaux de Death Metal. Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler mais je vous invite vivement à laisser votre neurone vagabonder dans ce film whadafuck.

    Et quoi de plus naturel que de donner le premier rôle à la musique que dans… une comédie musicale. Aussi Rock of Ages (donc en français… Rock Forever… original, hein ?) fait forcément la part belle à la bande son, avec un casting de toute beauté – et pas seulement Catherine Zeta-Jones, bien sûr – qui joue et chante une bande musicale principalement faite de medleys de chansons de Rock/Hard Rock qui scénarisent le film. Mention spéciale à Tom « actor studio » Cruise qui joue un Stacee Jaxx glameux totalement décomplexé, enfonçant le clou avec son interprétation de « Dead or alive » de Bon Jovi et poursuivi par le comité de censure des culs-béni de la Cité des Anges pour pratique de la musique de la tentation, du vice, du stupre, bref, du Diable. 

    Rock Forever - Film 2012 - AlloCiné

    *

    Scène 6 (ou 666, je demanderai au monteur) :

    La « musique de Satan » va forcément se retrouver associée à tout ce qui découle du satanisme, du surnaturel et/ou paranormal, bref des trucs pas bien dans une Amérique puritaine dont l’influence va se déverser, transportée outre-Atlantique vers nos contrées. Logique donc que le genre soit associé au cinéma… de genre… à échelle plus ou moins réussie tant dans la réalisation que le scénario. 

    Puisque le Metal, c’est cliché, et kitsch, autant en faire… des nanars ! Hard Rock Zombies, Rock n Roll Nightmare, Hard Rock Nightmare… chefs-d’œuvre intemporels dont vous n’aviez probablement jamais entendu parler (sauf les abonnés à Escale à Nanarland), parfait pour égayer vos soirées entre potes (che)velus ou glabres en se disant que « votre » Metal est nettement plus sérieux, n’est-il pas ? En bref, on débranche les neurones dès le visionnage au moins autant que pour un Piranha 3D d’Alexandre Aja…

    Rock N Roll Nightmare: Amazon.fr: DVD et Blu-ray

    Mais parfois, et bien que le résultat ne soit pas si éloigné que ça du nanar, parce que conçu comme un film premier degré par ses auteurs, on se retrouve avec des groupes et membres de groupes qui s’investissent dans la production des films. Le premier exemple serait celui de Dark Floors (ou Étages sombres en français… Naaaah, je déconne… mais le Québec aurait pu nous gratifier de ce genre de traduction) avec le groupe finlandais Lordi aux manettes. Pourquoi, quand les membres sont grimés en monstres perpétuellement, ne pas en faire un film d’épouvante dans lequel les membres du groupe joueraient… des monstres ? Je vous le demande…

    Cradle of Fear, qui comme son nom le laisse présupposer est l’œuvre de Cradle of Filth, groupe jouant également sur son esthétique gothico-horrifique sera mon second exemple. Mais là où la troupe finlandaise précédente va aller dans le jumpscare (raté), Danny et ses potes vont aller dans le malaisant tendance SM qui a dérapé avec un film malade, gore et plutôt régressif, il faut avouer.

    Les incursions dans le genre cinématographique de stars du genre Metal sont légion et, histoire de ne pas trop s’étendre, je ne ferai qu’un rapide coucou à la Troma et Lloyd Kaufman pour un film de James Gunn (qui a fait ses armes dans cette société de prod à petit budget newyorkaise de films gore foireux mais hilarants d’autodérision et devint par la suite tête « pensante » de DC Studios… même si on cherche encore à quoi il pense) intitulé Tromeo & Juliet dans lequel Lemmy Kilmister est le narrateur de cette version trash du classique de Shakespeare… Être ou ne pas être ? Ne pas être…

    Le teen movie, cf. La main qui tue, n’échappe pas à cette volonté de s’associer au genre Horreur avec Deathgasm qui pousse pas mal les curseurs dans ce sens. On reste sur des classiques : de jeunes métalleux jouent du BM et invoquent un démon qui butte tout le monde, avec une bonne dose de gore porte nawak comme la Nouvelle-Zélande sait nous le proposer depuis les premières amours de Peter Jackson (Bad Taste et Braindead) ou Sam Raimi (Evil Dead) auquel s’ajoute les archétypes de la bonnasse en cuir mi-déesse mi-pute mi-soumise blonde. Comme quoi, le cliché a la vie dure ([CMB].

    all

    *

    Scène Sept :

    Le/la teen, c’est la bonne cible à racoler pour faire adhérer au cinéma… Alors forcément, ceux et celles qui ne se retrouveront pas dans les parodies décérébrées ou autre (b)romance iront chercher dans leur niche, en bon toutous pavloviens, ce qui va les rassembler autour du grand écran – ou du petit, maintenant… Merci qui ? Merci Netflix et leurs potes. Et quand tu es/deviens/est en devenir d’être un/e métalleux/se, bah on te calibre des films qui parlent de toi et tes sentiments de doute de genre… que ça soit dans le genre cinématographique (Deathgasm) comme musical et plus si affinités avec des films comme Metal Lords dans lequel le jeune héros embrigadé par un ultra metalleux se tâte entre être humble et respecter les autres [genres musicaux] y compris la nana qu’il kiffe en secret, elle-même en plein questionnement… Le film a quand même reçu les participations de Rob Halford, Kirk Hammet, Tom Morello et Scott Ian.

    Metal Lords - Film 2022 - AlloCiné

    Mais si jamais, jeune, tu t’en fous de te poser des questions existentielles, tu peux débrancher le cerveau et regarder un film soit parce que tu t’identifies comme dans un shonen au parcours de réussite du protagoniste, ou simplement parce que « le chanteur il est trop booooo » en bingeant consécutivement Heavy Trip si tu es plus BM norvégien, puis Pop Rédemption si tu es plus français fan de Julien Doré.

    [Ça, c’était pour voir si vous suiviez encore…]

    *

    Scène 8 (ou 888, parlons de l’Homme et ses déboires maintenant) :

    Pour finir sur cette thématique, abordons le concret, le non scénarisé, le vrai, le TRVE en somme… Je pourrais parler ici de la foultitude de documentaires autour du sujet du Metal (Heavy Metal : Louder than Life, Metal : Apocalypse ?, Story of Metal, etc.) mais je préfère rester dans le domaine du cinéma divertissement avant tout. Le seul, vraiment encensé, parce que construit davantage comme un film biopic, qui peut être intéressant présentement est Anvil !, qui retrace l’ascension du groupe canadien. Et encore, on reste avant tout sur un documentaire un peu plus scénarisé…

    Disons que je vais finir sur un film « polémique » … Par son sujet mais aussi par ses raccourcis voire le tendancieux sous-jacent : Lords of Chaos. Le slogan est pourtant assez clair : « basé sur des vérités, des mensonges et le chaos », ce film retrace l’histoire du groupe Mayhem, avec une vision toute aussi subjective que celle de Brian Singer pour Bohemian Rhapsody qui fait hérisser le poil et grincer des dents les « purs » qui n’y voient que des partis pris et des résumés sans fond, avec un Rory Culkin plutôt perché dans le rôle d’un Euronymous future « victime » du grand méchant Varg Vikernes, et le fils d’Attila Csihar qui joue le rôle de son père. Je vous laisse à l’occasion vous faire une idée.

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    Le Metal, c’est bien évidemment le mal-être, la dépression, le suicide ou toute autre pensée soit négative soit néfaste, soit malveillante, pourquoi pas… Aussi, ne cherchez plus : le drame social à son must (du prosélytisme « pour ton bien ») ; il est islandais, c’est Metal Head ! On a tout le panel du poncif : l’attraction morbide, la misère sociale, la délinquance qui en découle, le gentil prêtre qui ramène vers la lumière pour éradiquer le mal qui coule dans tes oreilles, une « héroïne » baptisée Héra (quand son frère mort s’appelle Baldur) … Ma-gni-fique… On n’en parle pas assez de celui-ci je trouve…

    Metalhead (2013) - IMDb

    ***

    {Retour en plateau.}

    • Caméra une, traveling avant vers PRT.

    « Vous en savez désormais plus sur ce genre musical ô combien décrié mais riche via son approche dans le cinéma, »

    • Caméra deux, trois quarts profil gauche, en pied

    « un genre au ton tragicomique avec ses zombies assoiffés de sang et ses individus perdus dans leur mal-être et qui ne demandent qu’à exister par leurs excès ».

    • Caméra une, face cam, PRT

    « Dans la prochaine édition, nous évoquerons la vie des éboueurs, entre prostitution, maladies vénériennes et abus de gaz carbonique. Merci à toute l’équipe qui a réalisé ce numéro et à bientôt ».

    • Caméra une, traveling arrière. Extinction des spots.

    ***Générique de fin/Crédits***

    Clap de fin et… c’est dans la boite. Vas-y, coco, tu peux aller me retirer ce corpse paint…

  • HIMINBJORG – The Fall Of Valhalla

    HIMINBJORG – The Fall Of Valhalla

                                 

                Genre : Black Pagan
                 Label : Adipocere Records
                Sortie : 08 septembre 2024

      Note :  85/100 (LB D)

     Avec Belenos, Himinbjorg est considéré comme l’un des piliers de la scène Black Pagan française. Bien qu’ils aient été très productifs au début de leur carrière, à partir de 2005, les sorties d’albums se sont espacées, avec un nouvel album tous les cinq ans, attribuable en grande partie à l’instabilité du groupe. À dire vrai, je les croyais même morts et enterrés après la sortie de “Wyrd” en 2015. L’actualité du groupe était très sporadique, mis à part quelques concerts ponctuels par ici ou par là. 

    Puis un premier souffle de vie apparaîtra en 2021, d’abord sous la forme d’un projet de Pagan Folk Acoustique nommé “The Chant Of The Tree”, projet réunissant déjà Zahaah et Sven Vinat accompagné entre autres de Baptiste Labenne de Boisson Divine, qu’on retrouve également aux instruments folkloriques sur l’album “Wyrd”. Mais, c’est vraiment en 2023 que Himinbjorg sera de retour sur les rails, avec quelques dates de concerts annoncés en France, Brésil, Allemagne et en Suisse, notamment au Forest Fest. Pour ma part, je les verrais pour la première fois à Querrien chez M. “Couille de loup”, concert plus ou moins improvisé en soutien de la brasserie Ouroboros, dont une partie des bâtiments avait été ravagée par un incendie. 

    Il aura quand même fallu attendre presqu’une décennie pour que Zahaah et ses acolytes accouchent du successeur de “Wyrd”. Ce sera chose faite en septembre dernier avec cette nouvelle offrande intitulée “The Fall Of Valhalla”, et je dois dire que ça n’a pas été simple du tout. Les premières écoutes m’ont été difficiles, très difficiles même, à un tel point qu’à chaque fois elles ont été écourtées. La cause principale, ce son de batterie très minimaliste qui agressait sans cesse mes pauvres petites oreilles, le traitant même de “pire son de batterie depuis St Anger”, bon okay ! J’exagère un peu, mais quand même. C’est seulement après avoir lu quelques chroniques et autres interviews du groupe que j’ai pris la décision de lui redonner une seconde chance et grand bien m’en a pris, car au fil des écoutes, je décelais en lui  quelques qualités.

     Alors que la majorité des groupes de Black Metal de maintenant soignent leur production, parfois à outrance, (trop de production tue la production!), Himinbjorg,  lui, a opté pour un “back to the roots”, un retour aux racines avec un son très cru, très archaïque, sans fioriture, et surtout épuré de tout sample, effets spéciaux et autres instruments folkloriques (ils avaient fait mon bonheur sur “Wyrd”). Tout juste entend on un orage pluvieux en guise d’intro ou les coups de marteaux d’un forgeron en train de battre l’acier sur son enclume. Bref, les anciens vous diront “le vrai Pagan, quoi”.

    Le chant de Zahaar est très varié, alternant avec aisance le rugueux et le chant clair aux intonations païennes, incluant également des passages parlés qui peuvent paraître apaisants. Même le Growl y est de la partie, faisant ressurgir du passé les influences Death Metal du leader. A noter, la participation de Isere Loyd Davies, grande fan de Metal et journaliste internationale au sein de prog magazine. Sa brève narration apportera au titre “The Colour of Truth“, une subtile touche de sérénité et de féminité.

     Les titres sont principalement joués sur un mid tempo, mais les différentes atmosphères que présentent certaines chansons en font d’elles l’atout principal de cet album, c’est ainsi, qu’on passe du très calme et presque reposant “My Last Journey” aux très rapides “The Fury Talk” et ”Dogma, voir du très lourd avec  “The Threshold”. Tous ces changements sont relativement bien équilibrés et surtout bien sentis, évitant ainsi la lassitude de l’auditeur. Pour la mise en œuvre de ce projet, Zahaar, en tant qu’unique compositeur, a pu s’appuyer sur ses acolytes et amis depuis plus de quinze ans maintenant. On retrouve donc, Khaos à la batterie, Avgruun à la basse et  Sven Vinat aux guitares additionnelles. Ludovic Tournier, Baptiste Labenne, Sylvain Ostengo et Louis Nas seront également invités à venir gratouiller quelques riffs et autres solos de guitares.

    Cet album est une véritable compilation de tout ce qu’a pu produire le groupe par le passé, en s’inspirant largement de ce qu’il y avait de mieux dans sa discographie. C’est de cette manière que l’on retrouve les classiques chants païens, cette rage si caractéristique des premiers albums, tout en notant que les différentes atmosphères évoquent celles de « Europa ». Les morceaux mélodiques rappellent ceux de « Wyrd« , tandis que les brefs passages chantés en français nous renvoient à l’album « Chant d’hier, chant de guerre….. ». Même l’artwork dessiné par David Thiérrée nous remémore celui de “In The Raven Shadow”. Certains le trouveront peut-être un peu monotone, moi, je le trouve sombre, radical et très garage dans l’âme. Zahaar crache sa haine, son mépris du monde actuel et de la déchéance de l’humanité, offrant ainsi une véritable ode à la révolte.

    Aucun album ne m’a autant dérouté cette année que ce “Fall Of Valhalla”. Je conçois bien qu’il va diviser les fans, mais avant de l’apprécier, il faut d’abord apprendre à le dompter, à l’apprivoiser, cela demande beaucoup de temps et énormément d’écoutes studieuses pour en extraire toutes les subtilités. C’est à ce moment-là que vous allez l’approuver, le savourer, et tout comme moi, vous allez le ranger sur l’étagère avec les meilleurs albums de Himinbjorg.

    Tracklist : 

    01 – Brothers Sequane  (06:28)

    02 – The Pathetic Men Show  (04:23)

    03 – Dogma  (03:44)

    04 – Architecture Of Annihilation  (05:34

    05 – The Fury Talk  (05:36)

    06 – The Last Journey  (03:42)

    07 – The Threshold  (04:26)

    08 – Tribeless Child  (04:26)

    09 – The Color Of Truth  (07:33)

    Line-up : Zahaah – Guitare, Chant / Khaos – Batterie / Avgruun – Basse

    Guest : Sven Vinat / Ludovic Tournier / Baptiste Lebenne / Sylvain Ostengo / Louis Nas – Guitares ; Isere LIoyd-Davis / Christophe Pion – Chant

    Liens : 

    https://himinbjorg.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/himinbjorg

  • Andy Gillion – Exilium

    Andy Gillion – Exilium

    Genre : Melodic Symphonic Death Metal
    Label : autoproduction
    Sortie : 11 octobre 2024

    Note : 95/100 (WvG)

    J’ai déjà parlé précédemment dans un long pavé de l’affection que je porte à Mors Principium Est et ce malgré un affaiblissement sur la durée de leurs compositions. Andy Gillion a fait partie de cette dream team de Death mélo, ayant officié dans le groupe de 2011 à 2021, remplaçant de fait Jori Haukio qui en était membre fondateur. Et autant dire que si le talentueux guitariste a tenu dix ans dans le groupe, c’est certainement grâce à son style de composition, pas si éloigné des origines, tellement il est notable qu’un guitariste chez MPE, c’est un éphémère… Ces dernières années, il s’est lancé dans une carrière solo d’abord parallèle au groupe qu’il avait rejoint puis totale depuis, ayant déjà sorti deux précédents albums, Exilium étant le troisième.

    C’est donc un troisième concept album pour le guitariste-compositeur-multi instrumentiste résident australien. Car, oui, le monsieur est touche-à-tout (ce qui est pratique quand vous êtes compositeur). Et il a un CV bien rempli (auteur, songwriter, compositeur de BO de jeu vidéo, etc. et tant qu’à faire producteur sur cet album mais pas que…), à l’instar de son carnet d’adresses (Jeff Loomis, Samuel Paulicelli, Matt Heafy, Per Nilsson pour n’en citer que quelques-uns ayant participé aux précédents LPs). 

    Un concept album… quoi de moins évident pour un geek fan d’Heroic fantasy ? Ici, une histoire de chevalier banni et donc en plein… exil… mais qui aurait pu en douter, au vu de l’artwork sans ambages sur la trame, et de grande qualité graphique ?

    Comment ne pas retrouver ce qui a fait la seconde ère de MPE dans cet album ? Impossible, la patte Gillion est présente et indéniable : le riff est ciselé, la note est utile et tombe juste, l’harmonie est solide, ses enchaînements sont « classiques » du compositeur qui maîtrise les deux sujets que sont le riffing Death et l’orchestration (les inspirations de la musique savante sont tangibles, Mozart en particulier, mais aussi Chopin dans le délié) avec l’omniprésence de l’orchestre à cordes, jamais prégnant mais toujours en sous-texte comme un chœur antique qui commente l’action. On se retrouve par exemple à se prendre un « Call to Arms » comme une balle de SCAR-H PR en pleine tête : c’est précis et efficace et, comme à Marseille, « Droit au but », que ça soit en foot ou… à Marseille tout court.

    Histoire de vous mettre dans le bain, avant de reprendre ma kyrielle d’éloges, voici « juste » le premier morceau de l’album, intitulé « Prophecy » :

    La diversité est de mise, tant dans l’agressivité frontale que la mélodie, quand il passe pianiste sur le morceau éponyme de l’album, plus axé sur les harmonies de guitare et le ternaire chaloupé mais ne lâchant rien de la mélancolie inhérente à l’œuvre générale du compositeur. Progressif, mélodique, symphonique et avec des guests sympa aussi cette fois-ci puisque s’ajoutent à son panel Britney Slayes d’Unleash the Archer, en complément d’une partie de batterie épileptique et métronomique par Dave Hayley, ayant officié dans de nombreuses formations (la dernière en date étant Werewolves, en Australie) sur « As the Kingdom burns ».

    Syncopé et technique dans son appréhension de la technique et de la composition, il n’en oublie pas moins d’être un guitariste soliste hors pair, de ceux qui n’en font pas trop : de la fluidité et la note juste au bon moment. Mais cette fois-ci il ajoute une corde, vocale, à son arc puisqu’il gère aussi le chant sur cet album, tantôt dans un growl profond, tantôt avec une voix crunchy proche du Thrash, ou en backing en voix claire et pleine. Putain, ça en devient écœurant de ne savoir rien dire d’autre que du bien d’un tel personnage… À la limite, le seul reproche qu’on pourrait faire à cet album, c’est sa brièveté (et de toute façon, je ne donne jamais 100/100, la perfection n’étant pas de ce monde…)

    L’équipe de Memento Mori se tâte à vous faire un « top ten » des albums en fin d’année… et moi, j’étais encore à chercher « mon » album de l’année ; en huit pistes consécutives, Andy Gillion m’a convaincu que cet album se devait d’être Exilium et aucun autre !

    Tracklist :

    01. Prophecy (4’01)
    02. As the Kingdom burns [feat. Brittney Slayes] (3’44)
    03. A new Path (4’05)
    04. The Haunting (3’40)
    05. Avenging the Fallen (4’43)
    06. Call to Arms (5’22)
    07. Exilium (5’23)
    08. Acceptance (4’27)

    Line up : Andy Gillion – Chants/Guitare /Basse /Clavier

    Guests : Brittney Slayes – Chant additionnel sur piste 2  / Dave Hayley – Batterie

    Liens : 

    https://www.youtube.com/channel/UCJs9w-6cz5K_nAy9JSYi5yw

    https://andygillion.com

    https://www.facebook.com/andygillionmusic

    https://www.instagram.com/andygillion

  • CHAOS INVOCATION – Wherever We Roam

    CHAOS INVOCATION – Wherever We Roam

    Genre :  Black Metal
    Label  :  AOP Records
                         Sortie :  08 Novembre 2024           

             Note  :   75/100 (LB D)

                Chaos Invocation est né fin des années 2000 dans la commune de Nisterau dans l’ouest de l’Allemagne. D’abord en trio sur les trois premiers albums, le groupe subira quelques changements de line-up notamment dans la section rythmique basse / batterie. En s’articulant autour de A (guitare) et M (chant), l’équilibre sera trouvé après l’intégration dès 2018 du très expérimenté batteur Omega, puis du dénommé Lupus (alias LS) à la guitare rythmique en 2021, qui est également leader du one-man-band Ahnenkult. Le bassiste RK complètera l’effectif début 2023 après l’enregistrement de “Devil, Stone & Man”, en remplacement de l’Italien Thumulash

          Le groupe enfin stabilisé, ils rentreront au Woodshed studio entre décembre 2023 et février 2024 pour enregistrer leur cinquième album. Le mixage et le mastering seront toujours confiés, et ce pour la deuxième fois consécutive, à V. Santura, ancien guitariste de Dark Fortress et membre permanent chez les Suisses de Triptykon.

             Bien qu’existant depuis un peu moins de 20 ans, ce groupe allemand n’est pas des plus renommés dans son pays, à part peut-être pour certains inconditionnels du Black “Made in Deutschland”. Et pourtant, du métier ici, y’en a ! Les musiciens qui le composent jouissent d’une expérience assez significative en participant à diverses formations comme Porta Nigra, Frostmoon Eclipse, Bethlehem, Darvaza ou encore Darkened Nocturn Slaughtercult. C’est ce mix entre la stabilité et l’expérience qui fera que Chaos Invocation atteindra son pic de forme dans les années 2000 et fera de l’album “Devil, Stone & Man” son plus grand succès à ce jour. C’est d’ailleurs à cette époque que je les ai connus. Alors, allaient-ils renouer avec le succès avec cette nouvelle offrande ? 

    Mais au préalable, examinons brièvement ce titre d’album “Wherever We Roam”… Cela ne nous rappelle-t-il pas un peu une chanson d’un groupe californien sortie sur un prétendu Black Album dans les années 90, oui, non ? Je vous rassure tout de suite, la comparaison s’arrêtera là car, ici, on parle d’un Black Metal plutôt bien typé Scandinave. Pour cette nouvelle fournée, les Allemands ont su garder la même philosophie musicale que sur les enregistrements précédents, mais en n’oubliant pas non plus de la faire évoluer, parfois d’une manière un peu surprenante sur certaines compositions. Le changement n’est pas tellement musical mais il est précisément sur les interventions au micro du guitariste A en soutien de Malte Langenbrinck (M), interventions  bien plus fréquentes que par le passé, mais pas forcément toujours bien senties non plus. 

    C’est surtout sur “This World Want Us Dead” que le bât blesse : le chant au timbre de voix rappelant fortement celui de Tomy Joutsen de Amorphis n’est pas forcément bien intégré à la structure. Se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment, il n’apporte pas grande chose à la composition voire est complètement inutile, je trouve. À mon humble avis, ce titre aurait gagné en efficacité s’ils avaient laissé s’exprimer le chanteur principal de bout en bout, mais tout est subjectif bien évidemment. 

       Cependant, le bébé n’est pas à jeter avec l’eau du bain, L’insertion est beaucoup moins choquante quand il s’exprime en mode “énervé”, notamment sur les titres “Bridge Aflame” et “Ideal Sodom”, ou même carrément réussie sur le dernier titre “Engravings Of The Quivering Pedestal”. La voix claire y est très présente et plus aboutie, préparant ainsi, je pense, l’auditeur à une future direction musicale qu’on ne soupçonnerait pas. Mais ça, seul l’avenir nous le dira. Pour le reste, on retrouve le Chaos Invocation  qu’on aime, celui qui ne fait pas dans la dentelle, avec toujours ces riffs tranchants et dévastateurs, d’une batterie soutenant parfaitement les atmosphères proposées. Les différentes mélodies sonnent parfois très “Heavy Metal”, particulièrement sur l’introduction et l’enchaînement du premier morceau éponyme. “Ideal Sodom”, (non ce n’est pas un hommage au groupe de Tom Angelripper) n’est pas en reste non plus : riff Heavy pour démarrer, on bascule très vite dans une cavalcade effrénée, à la fois puissante, intense et purement diabolique, soutenue comme il se doit par un chant rocailleux et virulent. Impossible de ne pas penser et surtout de ne pas chavirer dans les grandes heures du Thrash teuton. 

    Plus globalement nous avons affaire à un album solide, somme toute assez classique mais terriblement efficace, doté d’une production aux petits oignons.

     Quant à moi et pour conclure, mise à part cette petite faute de goût mentionnée plus haut, je lui trouve beaucoup de qualités ; pourtant il reste quand même bien inférieur à “Devil, Stone & Man”. L’orientation plus que mélodique du chant de A sur les derniers morceaux me chafouine légèrement et, faut bien se l’avouer, le côté bestial de l’album précédent me manque un peu. Mais bon, peut-on leur reprocher ça ? Vaste débat.

    Tracklist :

    01 – Wherever We Roam

    02 – Ideal Sodom  

    03 – Golden Gates And Terrene Light

    04 – Bridges Aflame

    05 – No Throne Withstands

    06 – This World Wants Us Dead

    07 – Only In Darkness

    08 – Engravings Of The Quivering Pedestal

    Line-up : M – Chant / A –  Guitare, Chant clair / LS – Guitare Rythmique / RK – Basse / Omega – Batterie 

    Guest : V. Santura – Chant additionnel

    Liens : 

    https://chaos-invocation.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/ChaosInvocation

  • Interview – Lacabra (US)

    Interview – Lacabra (US)

    Interviewés : Lance Neatherlin, Eric Snyder, Michael Anthony,
    Eric Weber, Zed Amarin – LACABRA
    Interviewers : P-Roxy-D et Seb D

    interview réalisée le 16 octobre 2024 à Morlaix.

    C’est à l’occasion de la tournée française ANTHARES – LACABRA que nous avons saisi l’opportunité d’interviewer les 5 membres du groupe de Seattle, dans un pub.

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec – Lacabra à Spezet (live report à retrouver ici : Live Report – Infern+Lacabra+Anthares – Memento Mori Webzine
    Vous êtes un groupe de Metal américain, pouvez-vous vous présenter ?

    Lance Neatherlin, chant.

    Eric Snyder, guitare et chant.

    Michael Anthony, guitare.

    Eric Weber, basse.

    Zed Amarin, batterie [NDLR : Remplaçant de Richie Sather, absent lors de la tournée française].

    Quand et comment vous êtes-vous rencontrés ?

    Eric S : Lance et moi nous nous connaissons depuis des années. Un soir, nous étions chez des amis. Je voulais monter un groupe de Metal avec Lance et à cette soirée, il y avait le premier batteur de DRAGONFORCE, Didier Almounzi, et nous avons formé LOCISTELLAR. Ensuite, nous avons changé certains musiciens et avons intégré Michael et Eric.

    Et la pandémie est passée par là…

    Didier a choisi de déménager en Écosse. Lance voulait continuer le groupe malgré tout, même sans batteur, mais ça n’a pas marché.

    Lance : Didier m’a appelé et m’a dit de conserver ce line-up qui fonctionne très bien.

    Et tout a commencé en septembre 2021.

    Que signifie LACABRA ?

    Lance : C’est un mot espagnol qui signifie “chèvre”. J’ai de la famille au Mexique et en Espagne et j’adore cette culture.

    Chantez-vous en espagnol quelques fois ?

    Lance : Jamais ! Je n’ai pas appris la langue malgré mes origines.

    Quel style de musique jouez-vous ?

    Lance : Difficile à décrire ! Heavy music.

    Eric W : Un mélange de Black Mélodique et de Death Metal.

    Michael : Beaucoup de guitares shred, typique des années 80.

    Eric S : Avec une grosse influence de guitaristes comme Randy Rhoads.

    Michael: Ou Jake E. Lee.

    Comment avez-vous rencontré ANTHARES ?

    Lance : Nous les avons rencontrés grâce à notre producteur Gwen Kerjan, qui a mixé notre musique ici en France au Slab Sound Studio. Producteur que nous connaissons depuis qu’il a mixé notre EP avec LOCISTELLAR. Il a fait un super boulot. C’est un mec en or ! Il est comme le 6ème membre du groupe bien que nous ne l’ayons jamais rencontré physiquement. Nous le verrons lors de la dernière date de la tournée à Lorient ainsi qu’Alex Lenormand qui a fait partie de LOUDBLAST et LOCISTELLAR. Ça va être une super soirée !

    Êtes-vous satisfaits de votre tournée américaine avec ANTHARES ?

    (NDLR : Côte Ouest des Etats-Unis).

    Lance : C’était comme des vacances ! Rouler, découvrir de beaux endroits, des paysages…

    Nous étions un tout nouveau groupe et donc, les spectateurs ne nous connaissaient pas. Parfois, le public était conquis avec des salles pleines et à l’opposé, des salles quasiment vides.

    Zed : Les fans sont beaucoup plus loyaux en Europe qu’aux Etats-Unis. Les Américains tentent de nouvelles expériences musicales. Pour les festivals, ils n’iront qu’à ceux où ils sont déjà allés. Ils attendent la tête d’affiche et ne vont pas aller écouter les premiers groupes moins connus et ça se passe comme ça depuis des années.

    Lance : Nous nous sommes bien amusés malgré beaucoup de route.

    La tournée a commencé au Nord-Ouest des Etats-Unis et la dernière date s’est passée à San Diego.

    Lance : Oui, du Canada à San Diego.

    Eric W : Avec une date à Las Vegas.

    Et la tournée française ?

    Lance : Incroyable !

    Zed : Tout est mieux ici ! La nourriture, notre prise en charge, des bons hôtels.

    Lance : Aux Etats-Unis, si vous n’êtes pas un groupe connu, on n’a pas tout ça.

    Vous voulez dire que si vous n’êtes pas un groupe connu là-bas, le public se désintéresse ?

    Lance : C’est ça.

    Zed : Par exemple, si vous avez le choix entre plusieurs concerts, vous choisiriez celui durant lequel vous vous amuserez le plus.

    Lance : Ça nous est arrivé. AMON AMARTH, CANNIBAL CORPSE ou CATTLE DECAPITATION étaient en tournée en même temps que nous et ça nous a desservi.

    Aux États-Unis, Fanfan d’ANTHARES nous a dit qu’il y a des concerts tous les soirs (en France, ce n’est que pendant le week-end). Il y a tellement de concerts que les fans doivent faire des choix. Mais pour les petits groupes, c’est difficile de trouver son public.

    Zed : Aujourd’hui, vous devez tout faire par vous-même. Si vous n’avez pas de label ou de manager, vous devez vous occuper des réseaux sociaux pour mettre en valeur le groupe afin qu’il soit plus visible et apporte du public.

    Et à côté, vous travaillez ?

    Eric S : Je suis professeur de guitare et de basse.

    Michael : Je suis chauffeur routier.

    Zed : Je travaille pour une marque de batteries (Access Percussion) et j’endorse des batteurs.

    Lance : Je suis tatoueur chez “Slave to the Needle” à Seattle.

    Eric W : Je suis roadie.

    Avez-vous déjà pensé à tourner en Europe ?

    Michael : Oui, plusieurs fois.

    Eric S : Nous aimerions faire des festivals.

    Zed : Ce qui nous manque, ce sont les opportunités. Si une se présente, nous irons !

    Lance : Il y a trois ans, on avait pour but de rester en France mais nous ne savions pas comment faire. Et nous avons rencontré Fanfan et nous avons parlé de différents projets et je préfère largement jouer en France car il y a un meilleur marché.

    Êtes vous en train d’écrire un nouvel EP ou un album ?

    Lance : Le premier album, contenant 9 titres, sortira en février 2025 dans le monde entier.

    Eric S : Nous avons signé chez le label M-Theory à Las Vegas, dirigé par Marco Barbieri.

    Lance : Et nous travaillons sur un deuxième album.

    Seattle est connue comme étant la ville du Grunge des années 90. Comment se porte la scène Metal actuellement ?

    Lance : Tout va bien ! Il y a beaucoup de concerts Death Metal, underground, Heavy, Death Metal, Black Metal, Black Metal atmosphérique…

    Pouvez-vous nous citer des groupes ?

    Lance : REBURIED, très bon groupe de Death Metal, XOTH, NIGHTFEEDER, Hardcore D-Beat, BEWITCHER.

    Eric W : SPIRAL DEATH CURSE.

    Lance : Il y a beaucoup de très bons groupes. Comme il n’y a pas grand-chose à faire à Seattle, les habitants n’ont rien d’autre à faire que de se bourrer la gueule, écrire des chansons ou créer de l’art. C’est devenu une ville high tech.

    Eric S : Il y a un club qui s’appelle “El Corazon”, composé de 2 salles : une petite qui se nomme “The Funhouse” et une plus grande, “El Corazon”, où nous jouons souvent et il y a aussi des groupes Metal américains comme CANNIBAL CORPSE, CATTLE DECAPITATION, et des groupes européens comme KREATOR.

    Lance : Les grands groupes, lorsqu’ils ne voulaient pas partir en tournée, ils jouaient dans cette salle tout comme des groupes locaux. Et le Thrash cartonne !

    A part GOJIRA et ANTHARES, connaissez-vous d’autres groupes de la scène Metal française ?

    Lance : KARRAS. J’adore ce groupe ! Il faut que je rencontre absolument Diego, le bassiste. Il sera présent le 18 (NDLR : octobre, au “Barde Atomique” à Ecquevilly (78)) et ce que je ne savais pas, c’est qu’il avait joué sur l’album de LOCISTELLAR.

    Eric S : LOUDBLAST.

    Lance : Groupe légendaire !

    Aimez-vous INFERN ?

    Eric W: C’est très très bien. Ils déchirent !

    Lance : Quand j’étais dans le public, je me suis fait arroser de bière. Je ne m’y attendais pas ! En plus, ils sont très sympas.

    Comptez-vous faire une vidéo Youtube pour partager avec vos fans cette tournée française ?

    Lance : Oui, des photos et des vidéos.

    Zed : Le concert de la première date est déjà sur Youtube. Il y aura aussi des moments tournés avec chacun d’entre nous. Ensuite, nous ferons un condensé de tout ça quand nous rentrerons.

    Y-avait-il beaucoup de monde dans le public à Redon ?

    Lance : 250 personnes et c’était complet. Nous sommes reconnaissants envers ANTHARES et contents. Ces gars sont géniaux.

    Que pouvons-nous vous souhaiter pour l’avenir ?

    Zed : Un emploi du temps rempli.

    Lance : Une tournée en France.

    Tous : HELLFEST !

    Lance : C’est le but pour les prochaines années. Les petits festivals et aussi le Motocultor par exemple. Où qu’on soit planifiés, nous irons ! Qu’il y ait 10 personnes ou 60000, nous serons heureux de jouer.

    Tout ce qui compte, c’est s’amuser et jouer de la musique.

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec – Lacabra à la MJC de Morlaix

  • GAEREA – Coma

    GAEREA – Coma

    Genre : Extreme Metal
    Label : Season Of Mist
    Sortie : 25 octobre 2024

    Note : 100/100 (Jp)

    Il existe des groupes avec qui on vit une véritable histoire… Une passion qui ne s’explique pas… Les cousins Québécois disent bien qu’ils “tombent en amour”.

    Les personnes qui me connaissent bien savent qu’entre ce groupe et moi, c’est même encore plus que ça ! Rares sont les artistes en qui j’ai une totale confiance et où je me rue sur les précommandes sans que je n’écoute une seule note avant. Et Gaerea en fait indéniablement partie.

    Revenons en 2022, voulez-vous ? Le combo portugais sort “Mirage” et, après la baffe prise avec “Limbo” (2020), cet album trouve très vite sa place dans les cédéthèques de ses adorateurs et prouve tout le bien-fondé qu’on peut attribuer au combo. 

    Respectant leur rythme de deux ans de composition, beaucoup de concerts plus tard juste après du mouvement dans le line up peu avant la sortie du précédent album, nos cinq musiciens encagoulés reviennent donc cette année avec une nouvelle offrande, le bien nommé “Coma” !

    Un premier single qui sort le 29 avril, “World Ablaze”, et déjà, une chose frappe, un changement perceptible mais pas déstabilisant : Gaerea nous propose un titre à structures, plus direct et presque plus “simple”. Ce qui permet à l’auditeur de ne pas trop être perdu lors de l’écoute (chose qui pouvait faire défaut sur un album comme “Limbo”, par exemple). Le clou est planté définitivement dès la sortie du deuxième single “Hope Shatters”, avec son riff glaçant et qui m’a hanté de nombreuses nuits. Deux autres titres ont pu ensuite être disponibles, “Unknow” et “Suspended”.

    C’est donc avec beaucoup d’impatience et très peu d’appréhension que lorsque notre équipe a reçu le presskit pour en faire sa chronique, je m’empressai de très vite marquer mon territoire, même si mes charmants compagnons de galère savaient très bien ,de toute façon, j’aurais tenu à le chroniquer et me laissèrent donc gentiment le champ libre… Merci à vous les copains ^^  !!! (D’autant qu’on avait reçu le presskit le jour de mon anniversaire.)

    Gaerea nous offre avec “Coma” un album qui va vous donner un sentiment de “Et en même temps”… on retrouve cette façon de composer, très dramatique, avec ses alternances de passages Black Metal épique et de moments plus posés, ce qui va nous mettre en sécurité. Mais lorsque l’album débute, on se prend d’entrée de jeu une belle surprise !!! Le groupe saura vous surprendre avec des lignes de voix que n’aurait pas renié un groupe comme Atlas avec son album “Ukko”. Si vous avez apprécié le dernier single sorti “Suspended”, vous savez de quoi je veux parler. 

    “Unsettling Whispers” nous proposait clairement une face Post Black en carte de visite, “Limbo” nous donnait une face plus nihiliste, “Mirage” une face plus sombre… Et bien “Coma” nous apporte pendant plus de 50 minutes une face davantage “lumineuse”, si je puis dire, mais tout en gardant un côté vraiment pessimiste. Sa pochette parle d’elle-même, changeant des codes habituels qu’on peut trouver dans ce registre et tout en gardant son ADN Black Metal et n’hésitant pas à le faire muter au fil du temps, le groupe prouve qu’il sait nous propose un album qui fait mouche tout en réussissant sa prise de risque. Le pari était osé mais il paie. La prod made in Demigod Studio sait d’ailleurs vraiment mettre tout le monde en valeur (ce son de basse qui sert de liant entre le tout… Popopoooow) et rend vraiment le tout confortable pendant que nous nous enfonçons dans ce voyage que Gaerea a tenu à nous faire partager.

    Je n’en dirai pas plus, vous l’avez deviné : me concernant, c’est un gros gros oui, “Coma” n’est ni plus ni moins que le disque que j’ai le plus écouté cette année alors que je ne l’ai reçu qu’en juillet, et faire un récap des dix titres serait long tant je les adore tous (grosse mention cela dit pour le titre “Wilted Flower”)… Et puis vous ne me trouveriez pas impartial non plus de toute façon ^^.

    Nul doute que Gaerea fait déjà partie des grands noms de notre scène Extrême, que l’on veuille ou pas l’admettre, alors laissez vous happer par le Vortex et basculez dans le côté obscur du Metal !

    Tracklist :

    1. The Poet’s Ballet (7:39)

    2. Hope Shatters (4:05)

    3. Suspended (5:02)

    4. World Ablaze (3:29)

    5. Coma (5:19)

    6. Wilted Flower (5:50)

    7. Reborn (3:51)

    8. Shapeshifter (6:24)

    9. Unknown (4:24)

    10. Kingdom of Thorns (4:45)

    Line up : Anonyme

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  • Interview – FT17 au Muscadeath 2024, mais pas que !

    Interviewés : Hugo, Tom, Hrothulf
    Interviewers : Manu (HoM), LB D, Mémé Migou

    Crédits musique : FT17 – « La longue marche » et « La poursuite »
    Crédit vidéo : Manu (Humans of Metal)
    Crédit photos : Mémé Migou

    Voilà une interview quelque peu particulière car elle est double. En effet, la première mouture, lors de l’édition 2024 du Muscadeath, avec Hugo (narrateur) et Tom (chanteur) du groupe FT17 par Manu (Humans of Metal) et Mémé Migou, est tombée sous les coups de boutoir d’une prise de son défaillante.

    Aussi, nous avons préféré la compléter par une seconde interview, cette fois en compagnie de Hrothulf (guitare, auteur et compositeur) et de Tom, mais avec notre chroniqueur LB D.

    La première interview sera à retrouver à la fin de la seconde (oui, on fait une chronologie à la Star Wars).

    On parle de la genèse du groupe, du Muscadeath, de son actualité…

    Quelques liens utiles :

    https://www.facebook.com/FT17metal

    https://ft-17.bandcamp.com/

    https://open.spotify.com/artist/52VJNosS2vYvIhTPs5HCQb

    https://www.youtube.com/channel/UCfTTNZ498JGnApK4l0VjV6w/

    https://muscadeath.fr/

    https://lordalienoire.bandcamp.com/

    https://www.memento-mori-webzine.fr/