Kess’Khtak+Infern+Sloggers
Texte : Seb D
The Black Rabbit’s Night (Guingamp, 22)
Samedi 11 janvier 2025
Photos : Mémé Migou
Vidéos : Bruno Guézennec
C’est au Lapin Rouge, bar guingampais et fief des supporters de l’équipe de foot locale, que notre délégation finistérienne décide de se diriger en ce froid samedi soir de janvier. Non pas pour aller discuter des performances de l’EAG autour d’une ou deux bières mais bien pour prendre une bonne dose de gros son dans les esgourdes, l’affiche étant particulièrement alléchante pour nous convaincre de sortir de notre département.
L’endroit est plutôt grand et tout en longueur. L’espace scène, délimité par les retours placés sur des caisses servant habituellement à transporter des bouteilles, est positionné tout au fond du bar avec suffisamment de place pour y accueillir le public sans être serré comme des sardines.
Durant le trajet, avec mes compagnons de virée, nous nous demandions qui était ce Jules P Drummer sur l’affiche, l’indication « warm-up » juste sous son nom ne nous aidant pas beaucoup plus dans nos recherches.

Il s’agit en fait de Jules, jeune garçon d’une dizaine d’années qui va jouer pour la première fois de la batterie devant un public, avec son oncle, guitariste de Sloggers ainsi que le bassiste et le chanteur du même groupe. Nous avons donc le droit à une petite impro de quelques minutes sur laquelle Jules tient bon le rythme. À l’issue de cette performance, il est ovationné par le public, composé d’une bonne partie de sa famille venue le soutenir pour l’occasion. Ce souvenir lui restera gravé à vie, c’est certain. Le début d’une future carrière ?

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Prenez un gros shaker ! Mettez-y une bonne louche de diverses influences Metal comme on savait si bien le faire dans les années 90. Ajoutez-y une pointe de mélodies Rock. Secouez très fort et versez le tout sur une scène devant un public prêt à se remuer.


C’est un peu ça la musique de Sloggers. Un mélange de tout ce que le Metal a pu produire de mieux depuis des décennies, mêlé à une belle énergie et un chanteur au charisme fou. Difficile de leur coller une étiquette. Le mieux, c’est de ne pas les rater lorsqu’ils passeront en live près de chez vous car c’est l’assurance de passer un excellent moment. Hautement recommandable !




Lien vidéo SLOGGERS
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Autant le dire tout de suite, si nous avons fait la route vers les Côtes-d’Armor, c’est surtout pour (re)voir la grosse sensation Death Metal française du moment : Infern !


Durant l’installation, Julien (le chanteur) écarte les caisses portant les retours afin de se faire un chemin vers le pit. Qui a déjà vu la formation en live sait bien que le frontman ne peut pas rester dans un espace si petit (peu importe la taille de la scène) et qu’il préfère être entre le groupe et le public, au contact direct avec le premier rang en faisant des allers-retours tel un lion en cage. Pour démarrer, le groupe nous décoche un « Undertow » bien lourd (premier titre de leur album) histoire de montrer qu’ils ne sont pas là pour faire de la figuration et qu’on va ramasser sévère. Le son est fort (limite trop par moment). Mais il permet une immersion totale incitant au headbanging.


Pas la peine de lutter, ils savent y faire pour casser de la nuque par paquet de dix. À la fin du titre « Phineas Case », Pierre-Loup (guitariste) feint d’en avoir ras-le-bol et de vouloir laisser sa place à qui veut. Une mise en scène digne des plus grands représentants de la Comédie Française (ovation pour Pierre-Loup). Mais c’est en fait pour laisser sa place à Guillaume (chanteur / guitariste de Trégorgones) le temps de deux titres : « Tormented Paranoid » et « Victim of the Doom ». Sur ce dernier, Pierre-Loup prendra le micro pour un duo vocal (trio avec le bassiste Sylvain) tel des Kool Shen et Joey Starr biberonnés au Death Metal old school.


L’intervention de Guillaume n’est pas anodine car on apprend qu’il sera le back up de Pierre-Loup lorsque celui-ci ne pourra pas se libérer sur certaines dates. Baptême du feu réussi ! On pourra le revoir sur la scène du Sew à Morlaix avec ses nouveaux camarades d’Infern lors du warm-up du Hellfest le 12 mars prochain. Le concert est une réussite totale mais comment pouvait-il en être autrement quand on a face à nous une telle force de frappe. Ils vont aller très loin.


Lien vidéo INFERN :
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Pour clôturer cette soirée, c’est un groupe Suisse qui est venu se perdre au fin fond de la Bretagne. Les furieux trublions de Kess’khtak ont fait des bornes et ce n’est pas pour poser du parquet. La troupe nous sert une prestation sous forme de rouleau compresseur. Les deux chanteurs n’hésitent pas à foncer dans le pogo afin de raviver la flamme d’un public chaud bouillant. Il faut dire que leur Grind Death à la Napalm Death est d’une efficacité redoutable et le duo de chanteurs Flo et Mateo impressionne avec des beuglements sortis du plus profond de leurs tripes. Ambiance brutale mais fun et bon enfant. Lors d’un titre, deux gars du public s’incrustent sur scène seulement vêtus de leur slip, nous offrant une chorégraphie digne de « Danse avec les Stars (du Grind) ».


Sur l’avant-dernier titre, le groupe invite le patron du bar à venir brailler dans le micro dans un joyeux foutoir. À la fin du concert, voyant qu’il reste encore du temps, il demande au groupe de jouer deux morceaux supplémentaires ; les Suisses s’exécutent sans sourciller, comblant par la même occasion le public qui en aurait redemandé de toute façon. Tuerie !




Lien vidéo KESS’KHTAK :
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C’est avec les oreilles bourdonnantes que nous regagnons nos pénates avec le sentiment d’avoir fait le bon choix en venant jusqu’ici. Un premier concert de qualité qui, je l’espère, donnera envie au propriétaire des lieux de retenter l’expérience.
































































































































