Étiquette : Mémé Migou

  • Live Report – The Black Rabbit’s Night

    Live Report – The Black Rabbit’s Night

    Kess’Khtak+Infern+Sloggers
    The Black Rabbit’s Night (Guingamp, 22)
    Samedi 11 janvier 2025

    Texte : Seb D
    Photos : Mémé Migou
    Vidéos : Bruno Guézennec

    C’est au Lapin Rouge, bar guingampais et fief des supporters de l’équipe de foot locale, que notre délégation finistérienne décide de se diriger en ce froid samedi soir de janvier. Non pas pour aller discuter des performances de l’EAG autour d’une ou deux bières mais bien pour prendre une bonne dose de gros son dans les esgourdes, l’affiche étant particulièrement alléchante pour nous convaincre de sortir de notre département.

    L’endroit est plutôt grand et tout en longueur. L’espace scène, délimité par les retours placés sur des caisses servant habituellement à transporter des bouteilles, est positionné tout au fond du bar avec suffisamment de place pour y accueillir le public sans être serré comme des sardines.

    Durant le trajet, avec mes compagnons de virée, nous nous demandions qui était ce Jules P Drummer sur l’affiche, l’indication « warm-up » juste sous son nom ne nous aidant pas beaucoup plus dans nos recherches.

    Il s’agit en fait de Jules, jeune garçon d’une dizaine d’années qui va jouer pour la première fois de la batterie devant un public, avec son oncle, guitariste de Sloggers ainsi que le bassiste et le chanteur du même groupe. Nous avons donc le droit à une petite impro de quelques minutes sur laquelle Jules tient bon le rythme. À l’issue de cette performance, il est ovationné par le public, composé d’une bonne partie de sa famille venue le soutenir pour l’occasion. Ce souvenir lui restera gravé à vie, c’est certain. Le début d’une future carrière ?

    *

    Prenez un gros shaker ! Mettez-y une bonne louche de diverses influences Metal comme on savait si bien le faire dans les années 90. Ajoutez-y une pointe de mélodies Rock. Secouez très fort et versez le tout sur une scène devant un public prêt à se remuer.

    C’est un peu ça la musique de Sloggers. Un mélange de tout ce que le Metal a pu produire de mieux depuis des décennies, mêlé à une belle énergie et un chanteur au charisme fou. Difficile de leur coller une étiquette. Le mieux, c’est de ne pas les rater lorsqu’ils passeront en live près de chez vous car c’est l’assurance de passer un excellent moment. Hautement recommandable !

    Lien vidéo SLOGGERS

    Autant le dire tout de suite, si nous avons fait la route vers les Côtes-d’Armor, c’est surtout pour (re)voir la grosse sensation Death Metal française du moment : Infern !

    Durant l’installation, Julien (le chanteur) écarte les caisses portant les retours afin de se faire un chemin vers le pit. Qui a déjà vu la formation en live sait bien que le frontman ne peut pas rester dans un espace si petit (peu importe la taille de la scène) et qu’il préfère être entre le groupe et le public, au contact direct avec le premier rang en faisant des allers-retours tel un lion en cage. Pour démarrer, le groupe nous décoche un « Undertow » bien lourd (premier titre de leur album) histoire de montrer qu’ils ne sont pas là pour faire de la figuration et qu’on va ramasser sévère. Le son est fort (limite trop par moment). Mais il permet une immersion totale incitant au headbanging.

    Pas la peine de lutter, ils savent y faire pour casser de la nuque par paquet de dix. À la fin du titre « Phineas Case », Pierre-Loup (guitariste) feint d’en avoir ras-le-bol et de vouloir laisser sa place à qui veut. Une mise en scène digne des plus grands représentants de la Comédie Française (ovation pour Pierre-Loup). Mais c’est en fait pour laisser sa place à Guillaume (chanteur / guitariste de Trégorgones) le temps de deux titres : « Tormented Paranoid » et « Victim of the Doom ». Sur ce dernier, Pierre-Loup prendra le micro pour un duo vocal (trio avec le bassiste Sylvain) tel des Kool Shen et Joey Starr biberonnés au Death Metal old school.

    L’intervention de Guillaume n’est pas anodine car on apprend qu’il sera le back up de Pierre-Loup lorsque celui-ci ne pourra pas se libérer sur certaines dates. Baptême du feu réussi ! On pourra le revoir sur la scène du Sew à Morlaix avec ses nouveaux camarades d’Infern lors du warm-up du Hellfest le 12 mars prochain. Le concert est une réussite totale mais comment pouvait-il en être autrement quand on a face à nous une telle force de frappe. Ils vont aller très loin.

    Lien vidéo INFERN :

    *

    Pour clôturer cette soirée, c’est un groupe Suisse qui est venu se perdre au fin fond de la Bretagne. Les furieux trublions de Kess’khtak ont fait des bornes et ce n’est pas pour poser du parquet. La troupe nous sert une prestation sous forme de rouleau compresseur. Les deux chanteurs n’hésitent pas à foncer dans le pogo afin de raviver la flamme d’un public chaud bouillant. Il faut dire que leur Grind Death à la Napalm Death est d’une efficacité redoutable et le duo de chanteurs Flo et Mateo impressionne avec des beuglements sortis du plus profond de leurs tripes. Ambiance brutale mais fun et bon enfant. Lors d’un titre, deux gars du public s’incrustent sur scène seulement vêtus de leur slip, nous offrant une chorégraphie digne de « Danse avec les Stars (du Grind) ».

    Sur l’avant-dernier titre, le groupe invite le patron du bar à venir brailler dans le micro dans un joyeux foutoir. À la fin du concert, voyant qu’il reste encore du temps, il demande au groupe de jouer deux morceaux supplémentaires ; les Suisses s’exécutent sans sourciller, comblant par la même occasion le public qui en aurait redemandé de toute façon. Tuerie !

    Lien vidéo KESS’KHTAK :

                C’est avec les oreilles bourdonnantes que nous regagnons nos pénates avec le sentiment d’avoir fait le bon choix en venant jusqu’ici. Un premier concert de qualité qui, je l’espère, donnera envie au propriétaire des lieux de retenter l’expérience.

  • Interview : Originem

    Interview : Originem

    Interviewé : Jean-Michel Wizenne
    Interviewers : Seb D. et Mémé Migou

    Originem… Du Rock médiéval, par un « trio de moines hérétiques célébrant le Memento Mori par des sermons électriques en Latin et Occitan. Originem sur scène, c’est le rock des moines goliards, le moyen âge électrifié ».

    Jean-Michel Wizenne, fondateur, guitariste et chanteur du groupe nous offre quelques instants (doux euphémisme) de discussion, autour du groupe, de son parcours, mais pas que…

    Un bel échange qu’on vous invite à découvrir ici :

    Interview :

    Les crédits photos et musicaux reviennent tous à ORIGINEM.

    Les deux titres présents dans la vidéo : « Seditionem » et  » Maudita Raça de Criminau »

    Quelques liens vers Originem :

    https://originem.name/

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100083399558142/

    http://www.youtube.com/@originem.rock.medieval

  • Orbital Decay MMXXIV –  Anthropos Anathema

    Orbital Decay MMXXIV –  Anthropos Anathema

    Genre : Black Metal/ parfois atmosphérique, parfois indus, parfois Black’N Roll
    Label : L’Ordalie Noire 
    Sortie : 28 Mars 2025

    Note : 80/100 (Mémé Migou)


    Il est des rencontres qui semblent couler de source.

    Ainsi, Le Corbusier aura rencontré l’après-guerre, alors que le monde était en train de pourrir sur les cendres chaudes d’un temps qu’on espère ne plus revoir. Hélas…

    Ainsi, le béton a rencontré le fer et le verre dans un maelström de plans et de concepts philosophico-architecturaux. Le Brutalisme aura à la fois brutalisé de nombreux locataires, quand d’autres s’en réjouissent et spéculent.

    Ainsi, il en est de J et K, alias Jonathan et Karine, qui unissent leurs capacités respectives – J à la composition et à la réalisation musicale, K à l’écriture poétique des lyrics – pour créer une œuvre qui leur ressemble : Orbital Decay MMXXIV.

    Né de cette rencontre, Orbital Decay MMXXIV porte sa date de naissance comme un chronogramme sur le fronton de sa demeure. MMXXIV… et pourtant, le premier single remonte à 2023… Mais ne chipotons pas… De cette jeune union une ambition palpable se fait tangible, car dès ce vendredi 28 mars 2025, le premier album verra le jour. Anthropos Anathema

    Souvenez-vous de Chandigarh, cette utopie brutaliste où toute une ville est pensée et régie par le rationalisme et le minimalisme des matériaux bruts. Elle est décrite comme « la cité idéale ». Tout est pensé par secteurs (il y en a 61), organisés autour de quatre fonctions (l’habitation, le travail, les loisirs et la circulation). C’est comme un immeuble de Le Corbusier, élaboré avec des unités d’habitations.

    Pourquoi Mémé vous parle de cela ? Parce que ça continue la comparaison avec Anthropos Anathema, à deux niveaux.

    Le premier, le plus easy, ou visible, est celui de cette Humanité qui est excommuniée de la cité idéale. Anthropos Anathema, excommuniée, virée, bannie… Il faut dire, comme un conglomérat de blattes ou autres nuisibles, les Humains détruisent tout sur leur passage, laissant pourrir ce qui doit revenir aux générations futures. Pas étonnant de les voir se faire signifier un bel avis d’expulsion !

    Le second niveau est plus pernicieux… Rappel : j’ai parlé plus haut des unités modulables d’habitations. C’est un peu la prolongation de chaque titre de l’opus global, qui fera office d’immeuble complet (saviez-vous qu’à Hangzhou, en Chine, le Regent International peut accueillir jusqu’à 30 000 habitants?!).

    Qu’entends-je par là ? Eh bien que chaque titre porte en lui non seulement une ambiance bien spécifique, mais aussi des vocalistes différents. Car oui, K ne chante pas, elle écrit. J ne chante pas plus, il joue de tous les instruments, compose et produit… Qui donc va chanter ? Eh bien plusieurs candidats, dont la plupart ne nous sont pas inconnus. Ainsi, nous aurons Misein (FT17 entre autres… d’ailleurs, pensez à aller voir l’interview que nous avons faite de FT17 avec Tom) sur deux titres, dont celui qui ouvre l’opus, « Brutalism » et le second, « Amen ». Normal, ils sont voisins de palier, ces deux titres. Ensuite, nous avons Florian Desormière (ex Grimhowl Grave, ex Dysmorphic, …) vient pousser sa voix sur « Elder Gods » et « Ozymandias », les deux derniers titres de l’album. À noter que nous avons sur cet ultime titre une voix supplémentaire en la présence de Soizig ( mea culpa) offrant alors une coloration toute particulière. 

    Il n’est pas étonnant que le label estampille le projet « ffo Dimmu Borgir (mais pas que !) », entre les chœurs et les nombreuses nappes de synthé, électro ou indus. Mais ce n’est pas tout, nous avons Nicolas Foucault (Vosegus, Trollheart, FT17 et bien d’autres) sur «Drowned » et Romain Nobileau (Toter Fisch) sur le titre éponyme de l’album. Bon, tout ce petit monde se retrouve en guest sur un projet nantais, signé par un label nantais, chacun ayant des liens avec le milieu nantais (non, ce n’est pas une mafia). C’est un album de voisins, qu’on trouve ici. Mais des voisins de qualité. Le monde est petit, surtout quand on le compare à un seul immeuble brutaliste.

    Les unités de l’album, en d’autres termes les différents titres, vont également proposer des ambiances changeantes, non seulement d’un titre à l’autre, mais de façon intrinsèque également. Plusieurs titres sont longs et offrent plusieurs breaks qui, pour ma part, ne sont pas toujours amenés de la meilleure des manières qui soient (par exemple  sur « Brutalism »). Bon, et tant qu’à faire, autant lâcher mon petit point noir de l’album, qui justement peut être en lien avec cette comparaison de l’immeuble brutaliste : j’ai parfois cette impression de juxtapositions de plans et d’ambiances. Il me manque un soupçon de mastic ou de ciment entre les blocs de béton, autrement dit un brin de cohérence.

    Bon, ça c’est dit, passons aux aspects positifs. D’emblée, que ce soit la description du groupe ou celle du label, on n’est pas pris au dépourvu. On nous parle d’influences Mglà, Blut aus Nord avec de la dissonance, Dimmu et NIN. Ce qui va être intéressant c’est que – oui, je vais légèrement me contredire – on commence avec l’aspect grandiloquent du Black’N Roll à la Mglà. Dès le premier titre, cela s’entend, avec des riffs marqués et des incursions indus pour aller vers des choses plus « atmosphériques » et symphoniques. Et si… je vous parlais de Satyricon, avec leur titre « Angrstridden », de l’album Volcano qui laisse pas mal d’influences ici. Le chant, les plans… Vous êtes d’accord ?

    « Brutalism » vous fera passer par de nombreuses atmosphères, avec autant de Black atmosphérique, de nappes de claviers, de l’indus, des ralentissements…

    « Amen » sera plus typé Black Metal. Le propos suit. Ce ne sont pas de simples paroles, ce sont des poèmes mis en musique. Nous avons un riff qui va tourner sur un temps assez long, offrant une mélopée qui restera en tête. Elles sont par ailleurs très classieuses, ces mélodies. Sur ce titre, à plusieurs reprises, nous aurons des nappes (ou des interventions) de cuivre qu’un François Kärlek n’aurait pas reniées. La seconde partie du morceau prendra déjà la route du Black Atmosphérique, avec entre autres, cette envolée de clavier, vers 3:30.

    Plus on avancera sur l’album, plus on ira vers des atmosphères moins sautillantes que celles du Black’N Roll. Le troisième titre, « Drowned », est de la trempe des titres angoissants. On sent planer sur nous les ailes noires du grand corbeau annonciateur de séisme. Là encore, les structures, derrière, donneront de la dissonance, pour rajouter au malaise ambiant. La fin, après un passage à la fois de piano et de synthé, ne laissera pas sans étonner par le chant clair qui sort sans crier gare.

    « Anima Mundi » est le seul morceau instrumental, comme un enterrement en plein milieu d’une tempête. De la tristesse et du froid…


    Certaines voix offrent des incursions dans le Death, accompagnées, par ailleurs de riffs de bon aloi. Je pense à « Anthropos Anathema ». On navigue entre Black et Death. Là, la rythmique y est volontairement bancale. C’est un fait, le travail de la batterie est intelligent. La fin du titre est enveloppée d’une orchestration qu’un Septicflesh aurait appréciée.


    Pénultième titre, « Elder Gods », vous cueillera à divers niveaux : ses passages au piano, l’orchestration touffue, et vers 3:00 ce chant clair à la voix façon Johan Edlung ou encore du groupe Embraced (sur le titre « The Beautiful Flow of an Autumn Passion »… sur l’album Amorous Anathema… tiens donc…)

    Et pour terminer en apothéose, « Ozymandias » qui, à l’instar du titre d’ouverture, vous offrira un florilège pour que vous puissiez garder en bouche et en oreilles l’album et tout le travail que Orbital Decay MMXXIV vous propose. Une forme de prière qui s’élève comme une volute d’encens, du papier d’Arménie qui nettoie les habitations des mauvaises ondes. Et tout à la fois, flotte un peu de Dimmu et de Morgul, avec ce petit côté piano Honky Tonk désaccordé.

    Alors oui, on a parfois des riffs et des plans qui peuvent nous sembler avoir déjà été entendus. Mais le tout est terriblement bien foutu. Et puis, merde, on passe un excellent moment à écouter cet opus qui, pour un jeune groupe – rappelons, création en 2023 ! -, est déjà bien réfléchi. Dans la cité idéale de la musique extrême, on sent les influences des ancêtres. Il reste juste à les digérer un peu pour prendre son envol. Car nul doute que Orbital Decay MMXXIV est un architecte à suivre au plus près.

    Tracklist :

    1. Brutalism
    2. Amen
    3. Drowned
    4. Anima Mundi
    5. Anthropos Anathema
    6. Elder Gods
    7. Ozymandias

    Line up :


    J – Composition, Musique, création design

    K – Écriture paroles.


    Guests :


    Misein – chant sur Brutalism et Amen

    Florian Desormière – chant sur Elder Gods et Ozymandias

    Nicolas Foucault – chant sur Drowned

    Romain Nobileau – chant sur Anthropos Anathema

    Soazig – Chœur sur Ozymandias

    Liens :

    https://orbitaldecayuniverse.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/profile.php?id=61556767846604

    https://www.instagram.com/orbitaldecayuniverse

    https://www.youtube.com/@orbitaldecayuniverse

    https://www.lordalienoire.fr/orbitaldecaymmxxiv

  • Malkavian – Delusion

    Malkavian – Delusion


    Genre
    : Death/Thrash Metal… Mais pas que !
    Label : L’Ordalie Noire
    Sortie : 10/01/2025

    Note : 85/100 (Mémé Migou)

    Ce sont des enfants stars, vous savez, ces jeunes qui tournent tôt et connaissent quasi de suite le succès. Si on pense à la genèse du groupe comme à leur enfance, alors oui, ce sont des enfants stars qui, dès leur premier EP, November Ends, ont partagé la scène avec de grands noms. Ils ont connu de grandes scènes, le Motocultor, le Hellfest… De qui parles-tu Mémé ? Eh bien, de Malkavian, pour sûr !


    Et puis, après 2 Albums…

    8 Ans ! Vous vous rendez compte ? 8 Ans sans donner de leurs nouvelles… Bon, ce n’est pas tout à fait vrai… Il y a eu un EP de 4 titres, dont la moitié a été reprise pour ce Delusion. Ainsi que le single « Calling Out the Prophet ».

    D’un autre côté, il fallait bien tout ce temps pour entamer la mue du groupe d’un Thrash Groove Metal vers tout autre chose. Les enfants stars grandissent et évoluent pour ne pas s’ankyloser dans ces rôles qui ont fait leurs beaux jours, mais qui ne leur correspondent plus. Alors notre jeune groupe-là, il a fait de même. Il a grandi, il a vieilli et il a bonifié…

    Et en début d’année 2025, comme un retour de l’enfant prodigue (autant que prodige), Malkavian nous revient en pleine forme avec un 9 titres, Delusion et son nouveau look.


    Nouveau look à deux niveaux, le premier étant sa signature avec un label nantais, assez jeune, mais au roaster bien choisi, L‘Ordalie Noire. Nous ne serons pas étonnés que le second niveau soit celui du genre, comme un fute bien ajusté. Un skinny, une seconde peau.

    Et ça s’entend dès le premier titre de ce nouvel opus, « Calling Out the Prophet » qui, même si le premier cri, qui arrive après une fessée de batterie, reste marqué de l’accent Thrash, toute l’intro se fait sur un tempo plus lent que ce qu’on attend d’un Thrash Metal, plus lourd et sur une impression plus grave. Et c’est bien ce qui va tendre tout au long de l’album, on va naviguer sur des eaux troubles, bouillonnantes parfois, des rapides qui restent dans l’attitude Thrash des débuts, mais aussi des eaux plus tumul-tueuses. Car on a un réel virage Death mélodique, parfois même épique, appelant les auditeurs à les suivre dans cette épopée. Et cela ne s’arrête pas là, car on trouvera, dans le courant de l’album, des relents Black Metal, pour une ambiance très sombre. Dans l’interview qu’il nous a accordée avec Romaric, Nicolas, guitariste et cofondateur, nous parle également d’influences cold et gothiques, rajoutant encore à cette impression de noirceur et d’étouffement. Vous voulez un exemple, écoutez donc l’intro de « Life can’t be Undone »  ou encore « The Cold Place ». Attention, si vous avez le moral dans les chaussettes, ça ne va pas vous mettre du baume au cœur.


    Mais rassurez-vous, Thrashers invétérés, il reste encore des titres ou des passages typés de votre genre fétiche. Romaric, dans ses divers chants, offre encore des morceaux avec sa voix typée Thrash US, comme dans le second titre « Threshold of Death »… Également, avec le jeu de batterie. Néanmoins, Thrasher, il te faudra accepter d’emprunter d’autres chemins, au fil du voyage.

    Repartons avec cette 3ème piste, abordée plus haut, « Life Can’t Be Undone », qui nous terrasse de son intro au spleen évocateur. Le chant y est plus écorché. Et ce riff, en arrière-plan vers 1:55… Et cet autre, vers 2:20 qui apporte une touche Black… Et pourtant, vers le milieu du morceau, ni vu ni connu, on se retrouve avec cette impression de Death-Thrash où chacun aura droit de citer. On a le solo de la basse (son typé Darkglass) ou encore la guitare et son envolée vers 3:35. Sans excès. Jamais. Et l’air de rien, on revient sur un tempo plus lent et la mélancolie du début. Parfait !

    Romaric et Nicolas, lors de la release party au Cold Crash 15/2/25. Crédit : Mémé Migou

    Abordons un peu des riffs… Nous avons de très bons riffs qui seront étirés. Cependant, on ne s’ennuiera jamais puisque, mine de rien, Malkavian a cette intelligence de composition d’apporter de petites altérations qui va faire évoluer le tout. Par exemple dans l’intro du titre « The Cold Place » ou encore « Tormented Souls ». On garde encore, de temps en temps, un peu de groove sur les riffs, parfois même dans les breaks qui sont toujours efficaces. Cette respiration qui permet de se projeter dans la musique. Pour autant, cet aspect sera bien moins prégnant que dans les précédents albums. Les riffs sont bons et les soli de guitare… allez, écoutez donc « Devotion in Pain », vers 2:45, et vous comprendrez. C’est de la dentelle.

    Les titres vont s’enchaîner avec des colorations différentes. Entre ce qu’on avait l’habitude d’entendre chez Malkavian, mais avec des passages différents. Et puis d’autres à la coloration plus lourde. Écoutez-moi cette voix de Romaric dans « The Cold Place », vers 2:35. Mais quelle beauté ! Ce côté cold wave lui va comme un gant. On en redemande ! Surtout quand il s’énerve pour offrir des fins de phrases soit growlée soit plus saturée dans l’aigu. 


    La prod est moderne, touffue, laissant chaque instrument s’exprimer. Quant à l’artwork, il est assez étonnant pour un groupe qui, à la base, est libellé Thrash/Groove.Ça ça met déjà la puce à l’oreille….. Il est signé Newsalem.


    C’est un retour gagnant. Gagnant en maturité de groupe. Gagnant car l’album est une réussite. On peut certes survoler l’opus, mais un moment, l’oreille va être tirée façon “hop hop hop, viens écouter ça, toi” ! Et une fois que tu écoutes avec ton cerveau, tu te dis que c’est sacrément bien écrit. Mais le principal, c’est avant tout d’écouter avec ses sensations et de laisser parler ses poils. Delusion, c’est un album qui, au-delà des étiquettes Metal, va surtout être 45 minutes d’émotions variées, passant du pesant, du dissonant (« Devotion in Pain ») à la colère et à la tristesse.


    Le dernier titre, « Desperate All Out War », résume à lui seul tout ce qui a pu être dit. On a les poils dressés !

    Tracklist :

    1. Calling Out the Prophet
    2. Threshold of Death
    3. Life Can’t Be Undone
    4. Splattering the Wall
    5. The Cold Place
    6. Church of Violence
    7. Tormented Souls
    8. Devotion in Pain
    9. Desperate All Out War


    Line up :

    Nicolas Bel – Guitare

    Romaric Lamare – Chant

    Florian Pesset – Basse

    Martin Allas – Batterie

    Alexandre Arnout – Guitare


    Liens :

    http://malkavian.bandcamp.com/

    http://www.facebook.com/Malkavianmetalfr

    https://www.instagram.com/malkavian.band

    https://www.youtube.com/channel/UCA_6p0MJ2XTKKEovwj8tqjQ

    Retrouvez l’interview ici :

    Retrouvez le live report de la release party au Cold Crash ici :

  • Live Report – MALKAVIAN RELEASE SHOW

    Live Report – MALKAVIAN RELEASE SHOW

    RÜYYN + MALKAVIAN + INFERN
    15 Février 2025
    Cold Crash (Rezé, 44)

    Texte / Photos : Mémé Migou 

    À peine étions-nous remis de la Saint-Valentin, pour laquelle WvG nous avait gratifié d’un dossier thématique de bon aloi, que voilà Mémé repartie sur les routes, avec sa p’tite voiture bleue, en direction de Nantes et sa périphérie.

    Un rapide arrêt en cours de route pour embarquer LB D, et ce sont quelques centaines de kilomètres qui seront avalées en un rien de temps… 1 Mois plus tôt, il faut bien avouer que cette même route avait été galère pour cause d’inondations et de bouchons afférents. 

    Le Cold Crash, on commence à connaître, ainsi que l’hôtel à deux pas. C’est assez pratique, pour venir à pied, surtout que le Cold Crash, ma foi, c’est une salle de concerts attenante à la brasserie Nautile. Autant vous dire que la bière y est excellente ! 

    On y retrouve amis et visages connus. Run to the Pict, Girls’N Nantes, mais aussi Helo et Antoine de la Nuée des Ombres, sans oublier Pascal, Arawn,… avec qui nous aurons grand plaisir à échanger.

    Mais nous ne sommes pas là pour vous parler de la route et des copains… Ce samedi 15 février 2025 était une date symbolique pour Malkavian, pour qui ce sera la soirée de release de leur tout nouvel album “Delusion”, sorti chez L’Ordalie Noire. Un grand moment pour eux… Également pour nous. Mais avant cela, place au groupe qui fera l’ouverture : INFERN.

    INFERN

    C’est au groupe parigo-breton qu’il incombe la lourde tâche de lancer les festivités. Vous avouerez que, dans le genre chauffeurs de salle, y a pas mieux ! Attention… Ne faites pas dire à Mémé ce qu’elle n’a ni dit ni même pensé. Infern, c’est un groupe qui a la capacité à capter toutes les salles dans lesquelles ils passent, qu’ils soient en ouverture ou en fin de soirée. Ils te chopent le public et paf ! Retourné dans tous les sens, le public, malaxé dans tous ses sens, l’ouïe, la vision, le cassage de nuques, tout y passe…

    Cela fait quelques concerts où nous sommes présents. Les gars du groupe vont finir par croire qu’on les trace à la culotte. Quelque part, ce n’est pas faux. Mais c’est un tel pur bonheur d’avoir ce Death old School qui t’arrive dans la tronche, que tu ne te poses pas deux fois la question avant de prendre ta place là où passe Infern

    Et cerise sur le gâteau, chaque concert apporte au groupe plus d’assurance et d’aisance. Julien est comme Julien Truchan : méconnaissable sur scène, tant il se donne à fond.

    Ça c’est la cerise… Mais le gâteau,hein ? Ben le gâteau, il revient à Pierre Loup, guitariste, qui fêtait son anniversaire sur scène. Me demandez pas son âge, je n’en sais strictement rien… Mais joyeux anniversaire, jeune homme ! 

    Retrouvez l’interview accordée par Infern à Robin et Séb D. :

    Galerie Photos du set de Infern :

    MALKAVIAN

    Arrive la pièce maîtresse de la soirée… 

    Ben oui… Comme dit en entame, ce 15 février, c’est la release party de Delusion, le nouvel album de Malkavian.

    Auparavant plutôt connue comme une formation de Groove Thrash, Delusion va nous prendre à revers. On l’avait déjà senti sur la scène du Muscadeath, en septembre dernier, où j’avais pu être surprise de leur prestation de qualité bien que sur un jeu plus musclé. De fait, ils y avaient déjà joué une partie de l’album en avant-première. Et, comme vous pourrez le (re)lire sur le live report que Mémé en avait fait, on entendait le public s’étonner de ce virage plus Death, plus grave.

    Mais revenons à ce samedi de février… Mémé allait-elle encore être étonnée ? Eh bien oui ! Si au Muscadeath, elle avait pu voir cette route plus Death, ce soir au Cold Crash, l’ambiance était encore plus lourde, angoissante, étouffante. Il flottait dans l’air un parfum de Black Metal…

    Bien entendu, on reste sur une base de Death et de Thrash… Mais le Metal qu’ils proposent, même si les rythmes et les riffs gardent un certain groove, n’est justement plus du genre groove Metal. Cette facette est effacée. Le groupe a évolué pour nous montrer son côté sombre. Et ça leur va terriblement bien.

    Sur la toute première partie du set, en accord avec cette ambiance qu’ils voulaient pesante, il n’y aura pas de discours entre les titres. Le public est attentif, complètement pris dans les faisceaux des morceaux. C’est sur la fin que Romaric va, non pas parler pour expliquer les titres, mais plutôt nous enjoindre à communier lors de ce baptême de Delusion.

    Le succès est au rendez-vous et nombreux seront ceux qui feront un tour au merch.

    Hey ! D’ailleurs, vous avais-je mentionné que la date, organisée par Malkavian, était sold out ? 

    En complément de ce report, retrouvez l’interview que Nicolas et Romaric ont accordée à Robin et Mémé Migou : 

    Galerie du set de Malkavian :

    RÜYYN

    C’est la formation Black Metal du roaster LADLO, Rüyyn, qui clôturera la soirée. 

    Projet solo, Romain sait s’entourer de musiciens live pour assurer les shows. C’est un Black Metal efficace, sombre, bien ancré dans les années 90 qui déboule sur scène. Efficace et qui connaît ses gammes. Ce soir, les titres joués sont essentiellement tirés de leur premier véritable album Chapter II: the Flames, the Fallen, the Fury, dont les chansons ont la particularité d’être divisées en six parties bien distinctes.

    C’est la 3ème, ou plutôt la 4ème fois, que je le.s vois sur scène et dans diverses configurations : outdoor comme indoor en grand festival, indoor en festival de moyenne ampleur, et ici en concert dans ce Cold Crash, plus petite salle, certes, mais qui offre un son qualitatif. Niveau lights, ça reste compliqué pour les photographes. Mais sommes-nous les plus importants ? Bien sûr que non, c’est le public qui prime. Et le public en aura pour son argent. 

    Donc, ayant déjà vu plusieurs fois le set et profitant des visages connus pour échanger, discuter, palabrer, il me faut avouer ne pas avoir été assidue sur le set…

    Petite anecdote… LB D étant fan, il a bien entendu acheté le vinyle. Mais après nos papotages et les quelques bières qui ont suivi la fin des concerts, il a réussi à repartir… sans le vinyle. Ce sera Helo qui le lui ramènera la semaine suivante au Cernunnos. Elle est pas belle, la vie ? 

    Galerie Photos du set de RÜYYN :

    La soirée s’achèvera avec la traditionnelle pizza à l’hôtel… Tout en refaisant les comptes de la soirée : Oui ! C’était une excellente release party. Dans le public, nous avions des fans de chacune des trois formations. Tout le monde était présent dès le début et est resté jusqu’à la fin.  Et meeeeerde j’ai oublié mon vinyle….

    Au départ, j’avais trouvé l’affiche assez étonnante et plutôt dépareillée. Mais force m’est d’admettre qu’au contraire, elle était au poil ! Nous sommes passés du Death old school au Blackened Death (- Thrash) pour terminer sur du Black Metal. Tout un cheminement où le public des uns a pu s’y retrouver avec les formations des autres. 

    Un véritable succès.

  • Interview – Malkavian

    Interview – Malkavian

    Interviewés : Romaric et Nicolas – Malkavian
    Interviewers : Robin et Mémé Migou

    Crédit musical : Malkavian
    Crédit Photos : Mémé Migou, photos de Malkavian lors de leur release party au Cold Crash (44) le 15/2/25.

    Premier élément d’un triptyque autour du groupe nantais Malkavian, comprenant l’interview, le live report de la release party au Cold Crash (Rezé, 44) de leur album Delusion, sorti le 10 janvier dernier chez L’Ordalie Noire et la chronique dudit album, Nicolas – guitariste – et Romaric – chanteur – ont passé un peu de temps à discuter avec Memento Mori Webzine. Tous deux fondateurs du groupe Malkavian, ils nous parlent de ce retour, du changement apporté avec cet album et de la vie du groupe.

    L’interview :

    Liens :

    http://malkavian.bandcamp.com/ http://www.facebook.com/Malkavianmetalfr https://www.instagram.com/malkavian.band/

    https://www.youtube.com/channel/UCA_6p0MJ2XTKKEovwj8tqjQ https://open.spotify.com/artist/4CRfLbvnlKTI3XXEAn4TEm

  • Berlial –  Nourishing the Disaster to Come

    Berlial –  Nourishing the Disaster to Come

    Genre : Black Metal
    Label : My Kingdom Music / Source Atone Records 
    Sortie : 7 Février 2025

    Note : 87/100 (Mémé Migou)

    Le syndrome de Diogène est un trouble du comportement qui conduit à une vie négligée et souvent insalubre, caractérisée par une accumulation compulsive d’objets ou syllogomanie. Le nom, choisi en 1975, fait référence au philosophe grec Diogène de Sinope, connu pour son rejet des conventions sociales et son style de vie austère. Néanmoins, le syndrome diffère largement de l’idéologie de Diogène qui n’accumulait pas d’objets. Les individus atteints de ce syndrome présentent plusieurs caractéristiques, notamment une négligence extrême de l’hygiène personnelle et domestique, un isolement social, et un refus d’accepter de l’aide. Ce syndrome apparaît surtout chez les personnes âgées, chez les hommes comme chez les femmes. – Glossaire médical, Elsan.

    Vous avez tous connu cette maison, là-haut sur la colline, entourée de grilles à la ferronnerie aussi alambiquée que rouillée. Les haies ne sont plus que broussailles et ce qu’on pouvait imaginer être un talus n’est jamais qu’un monticule de déchets.

    La maison était celle de votre enfance, là où vous passiez vos vacances, ces moments de détente où affleurent les réminiscences en même temps que les odeurs des tartes de Mémé et du bois fraîchement coupé par Pépé…

    Que de souvenirs, une partie de votre âme y est restée cramponnée à ces murs, s’accrochant aux branches des quelques arbres devenus rachitiques par manque de soins.


    On vous avait prévenus, il ne faut jamais revenir sur les lieux de notre enfance, une fois adulte on les voit différemment et les souvenirs se teintent de spleen. Mais là, vous n’avez pas d’autre choix. C’est votre patrimoine. Vous en héritez. Et vous voyez l’étendue des dégâts.


    Cette maison, c’est le monde que vos aînés vous laissent. La société qui déraille, les guerres, les obscurantismes de tous bords, les excès déviants de gens trop riches…

    « Leurs queues dans le cul des fillettes mal nées… »*

    Cette maison, c’est aussi le mausolée de tous les membres de la famille Black Metal… Pépé et sa vision des premiers temps, papy est ses avancées de seconde génération, papa, tonton et les cousins, chacun apportant sa personnalité, enrichissant la galerie de portraits de famille de leurs sourires en porte-manteau. On a tout eu, et tout est resté s’accumulant dans la baraque qui a fini par crouler sous le poids de ses excès. Ah… ce trouble de thésaurisation. 

    Le problème est qu’au sein d’une même famille, d’une même fratrie, ça se dispute et se déchire. On se fait la gueule et la maison reste parfois vide… On la remplit de contrefaçons, pour la maintenir, mais rien n’y fait… Elle se délabre petit à petit et nombreux sont les oisillons qui vont voleter hors des frontières pour retrouver le dynamisme d’un Death Metal, de l’Indus ou autre….

    Va falloir relever vos manches, pour retaper la bâtisse branlante… Car vous n’avez pas envie de l’éradiquer. Non… Elle est trop importante. C’est la pierre angulaire de votre famille.


    « I hate you, I hate the world. From mankind I am so bored… »*


    De temps en temps, je vois quelques aînés revenir… Ils nettoient halliers et taillis, et rendent au perron son lustre d’antan. Malheureusement, d’autres viennent y jeter leurs boîtes de consommables sans saveur. Diogène, au secours !


    Alors quand la dernière génération se pointe, on se dit qu’un bon coup de balai va redonner sa magnificence à la bâtisse. Cette fois, ils sont deux. C’est pas beaucoup, deux personnes pour un si grand chantier. Mais les duos/trios se relaient, on voit bien qu’une nouvelle ère arrive, synthétisant le tout.

    « L’humain se deal, s’échange, se noie dans le Nouveau Monde et ses reflux »*

    Dans la branche Black Metal moderne, on trouve les gars de Berlial. A mi -chemin entre Beria, le bras droit de Staline et chef de la police secrète russe, et Belial, personnification du mal et du mensonge, le ton est donné. Mais on peut aussi voir d’autres accumulations, notamment les nappes de claviers et les quelques samples, conférant une touche indus à cette base Black Metal familial que leurs pères ont développée. Vous allez me dire que l’indus n’est pas complètement nouveau. Pensons aux pères Samaël, par exemple. Cependant nous avons ici, dans cet album « Nourishing the Disaster to Come », sorti en février 2025 chez  My Kingdom Music/ Source Atone Records, un son et une rythmique plus modernes, qu’on commence à entendre dans ces jeunes générations. Oui, je fais référence aux cousins du Coven du Carroir. D’ailleurs, ces derniers, comme le duo Berlial, ont une formation atypique, qui se trouve entre le band classique (guitare.s, basse, batterie) et le one-man band (tout est fait par une même personne, l’obligeant à programmer et pré-enregistrer). 

    On est loin du Raw et je vois les vieux de la vieille marmonner dans leurs longues barbes blanchies par les lustres.


    La rythmique… Avec Berlial, on aura de ces moments martelés, la double, tout ce qui a fait les beaux jours du Black Metal (Comme sur « The Last Dance » ou le titre éponyme « Nourishing the Disaster to Come »). Et ces moments vont flirter avec d’autres moins attendus, des passages plutôt rock/ Black’N Roll (vers 5:00 dans « Ivresse de la Finitude ») voire limite électro avec les sonorités qui vont bien avec (vers 2:00 sur « Nouveau Monde »). 

    Les techniques de voix (pour ne pas forcément utiliser le mot chant) sont variées. Là encore on passe d’une voix d’apôtre du mal à une voix grave, passant par le chant parlé, façon slam et la voix criée qui te fout les poils. Holalaaaaa, on en a des tontons qui viennent titiller nos neurones. De nos souvenirs affleurent des noms comme Quantum (chanteur de Kosmos), avec cette voix grave articulée qui rend la compréhension du texte aisée (sur le titre « Ivresse de la Finitude »). Également Hélios dans l’excellent « Devenir le soleil » ( sur le titre « Nouveau Monde »). Et je pourrais rajouter, dès le titre d’ouverture de l’album, « The Last Dance », avec cette voix qui grince comme une porte aux gonds rouillés, le chant étrange et pénétrant comme un mauvais rêve de Sakrifiss de Transylvanie (dans Enterré Vivant). 

    Il est notable que les morceaux en anglais semblent plus dans la mouvance d’un Black Metal de bonne famille, quand les morceaux en français prennent un envol vers d’autres horizons.

    « Parjures enivrés et passivité font loi dans notre cité … »*

    Ne nous arrêtons pas en si bon chemin… Dans le gros coup de balai qu’ils mettent à cette accumulation, ils récupèrent au passage quelques bons trucs, comme l’utilisation de samples. Plusieurs morceaux sont littéralement construits autour de ceux-ci, des passages emblématiques de films qui le sont tout autant… Et qui servent le propos de l’album, Nourishing the Disaster to Come, qui met le doigt sur l’accumulation de toutes nos déviances, dérives et autres tares sociétales dont nous pouvons faire preuve. Car cette maison, c’est non seulement la métaphore de notre Humanité, puis en seconde strate de notre Black Metal, mais aussi celui de cet album qui dénonce en troisième strate la première. En tendant l’oreille on reconnaît aisément le discours de Tyler Durden (Brad Pitt dans Fight Club) qui se retrouve dans le « Le Néant pour éternité » ou le controversé « Salo ou les 120 journées de Sodome » de Pasolini (dans « We Deserve To Fall Again »). Il m’en reste un que je n’ai pu découvrir… « I’ll Kill You » déclaré sur un coup de fil réfrigérant (sur « Ivresse de la Finitude »). Je n’ai pas assez de connaissances en la matière.

    «My nightmares My memories Behind the light I hear the music»*

    Ici, il me faut enfoncer le clou, si on n’avait pas encore compris : j’adore voir ces jeunes venir rénover la baraque sans pour autant la détruire. Ils syncrétisent en une proposition finale qui leur est propre et fait avancer le genre. De toutes les influences, on y sent aussi les connaissances plus classiques, du piano, du saxo (vers 12:00 sur « We Deserve to Fall Again »… oui, 12 minutes ! Si ça ne touche pas au prog ou au Shoegaze, ça…), des choeurs (« Ivresse de la Finitude »), de l’orgue (« Nouveau Monde »). 

    Les sonorités ne sont jamais trop aisées… Parfois ça dissonne pour mon plus grand bonheur. Et il faut avouer que ce n’est pas toujours évident d’accompagner des samples où se crie à foison « Le caca ! Le caca ! Le caca ! … » 

    On aborde désormais une autre facette qui m’a particulièrement touchée, celle de la culture dont font preuve ces deux qui forment Berlial. La culture et notamment la maîtrise de l’écriture. Ce sont ces textes qui m’ont cueillie. Alors oui, il y a des mots crus. Crus… mais pas vulgaires. J’entends par là que ces mots ne sont pas faits pour faire joli ou pour de la provoc à deux balles. De la provoc, oui, mais fort justement placée. Et cette “cruauté” dont les lyrics peuvent faire preuve rajoute à la force poétique du propos et de la forme. Le seul petit bémol serait une erreur de liaison dans le 3ème titre, qui à l’oral, ne passe pas vraiment. Trop inaccessible et non trop « z »inaccessible…. ( Oui, on ne va pas refaire Mémé à son grand âge !)


    « Tu sens comme des draps par déjà trop souillés et maculés »*


    Cette force poétique, je l’apprécie d’autant plus que je comprends ce qu’ils disent, par un chant accessible, à la diction parfaite… Sauf que, un titre sur deux est en anglais, l’autre en français… Mais pourquoi ? Hein ? Pourquoi ? C’est frustrant à souhait…


    « Je suis à genoux, supplie le pire, ma dignité si infamante »*

    Après leur premier EP « Enfants de Putains », Hellsod et CzH confirment leur talent et leur volonté de synthétiser les influences Black Metal et au-delà pour emmener le genre vers d’autres horizons lointains, qui font échos à cette nouvelle génération de groupes français, le tout sur une intelligence de composition tant musicale que littéraire et picturale. Car il est un dernier élément que je n’ai pas abordé, celui de l’artwork, signé Jeff Grimal, collant à la perfection au concept de l’album. On y voit Charon se faufiler dans un Styx d’immondices. Tout, de la musique, des textes, de l’artwork, est truffé de symbolisme. A vous d’en trouver les clés…


    Parlant de clés, on peut désormais ouvrir à nouveau la porte cochère de la masure. Et avouons-le, ça fait du bien de voir la maison familiale rutiler…


    « Le grand médiateur a sifflé la fin de la partie »*

    *Toutes lyrics de Berlial, in “Nourishing the Disaster to Come”


    Tracklist :

    1. The Last Dance
    2. Nouveau Monde
    3. We Deserve to Fall Again
    4. Ivresse de la Finitude
    5. Nourishing The Disaster To Come
    6. Le Néant pour Éternité

    Line up :

    HellSod – Guitares, Basse, Chant, Programmation

    CzH – Chant lead, Claviers, Paroles


    Liens :

    Facebook : https://www.facebook.com/Berlial666
    Youtube : https://www.youtube.com/@berlial7444
    Bandcamp : https://berlial666.bandcamp.com/album/e-d-p

  • Interview : ARCANIA

    Interview : ARCANIA

    Interviewé : Guillaume Rossard, bassiste et cofondateur du groupe
    Interviewers : Francis Antirouille (Underground Investigation) et Mémé Migou (Memento Mori Webzine)

    Un super moment passé avec Guillaume Rossard, bassiste et co-fondateur du groupe Arcania, Thrash « progressif » de toute beauté.

    … Le tout accompagné par des retrouvailles, celles de Francis Antirouille (Underground Investigation) et Mémé Migou (Memento Mori Webzine)…

    Lost Generation est sorti il y a plusieurs mois déjà, chez Muziko Eye. Ce Thrash racé, nous avions envie de le mettre à l’honneur. On a poussé la conversation sur les sentiers de l’histoire du groupe, et plus précisément sur ce dernier album. On y parle également de John Zazula. Vous voulez savoir pourquoi ? Il ne reste plus qu’ à écouter l’interview… Et qu’ça saute !

    Crédit musical de la vidéo : "Turned to Hate", sur l'album "Lost Generation" 

    L’interview :

    Liens :

    Liens : https://linktr.ee/arcania_official

    Merci Guillaume !

  • Metal Noz 2 – l’interview

    Metal Noz 2 – l’interview

    Interviewés : Romain et Killian
    Interviewers : Séb D Et Mémé Migou

    Dans les pas de son grand frère le Samaïn Fest, l’association des parents d’élèves de l’école Diwan à Guérande (Skol Diwan Gwenrann) organise la METAL NOZ 2ème édition le samedi 15 mars 2025. Les référents de l’action, Romain et Killian, nous racontent la genèse, le déroulé, la philosophie, leurs rêves pour ce festival à la mode Bzh.

    Au programme :

    Chouch’N’Molotov, Joël BatS, Tanork, Repurgator, Brokenheads, Incinerator, Crocodeath, et Vermoth. Soit 8 groupes Metal, Death, Thrash, Punk Hardcore de la scène 29/22/35/56/44 (et le numéro complémentaire est le… 15 ! Le 15/3, vous avez suivi ?)

    Juste après l'interview, retrouvez toutes les infos nécessaires, la billetterie, le lieu, les horaires, dont le running order !

    L’interview

    Infos utiles :

    Lieu du festival : Espace la fontaine – 14 Rue de la Fontaine, 44410 Assérac, France

    L’événement facebook : https://fb.me/e/7j9nmTbKA

    Billetterie : https://www.helloasso.com/…/skol…/evenements/metal-noz :

    • METAL NOZ 2 – samedi – plein tarif 20€ (-14ans = 10€ / -6ans = Gratuit)
    • FEST DEIZ – dimanche – tarif unique en ligne 7€ ( -12 ans = Gratuit)
    • PASS 2 JOURS – plein tarif 25€
    • FEST DEIZ – dimanche – tarif unique en ligne
  • Live-Report – Metalearth festival 2024

    Live-Report – Metalearth festival 2024

    Metalearth Festival III
    LA CARÈNE (Brest, 29)
    Vendredi 15 et samedi 16 novembre 2024

    Texte : Seb D
    Photos : Mémé Migou
    Vidéos : Bruno Guézennec
    Interviews : Seb D., Bruno Guézennec et Mémé Migou

    Cet automne, le Metalearth Festival a fait son retour pour une troisième édition sous le signe du changement : après les deux premières qui s’étaient tenues en avril 2022 et 2023, le public a dû prendre son mal en patience et attendre la tombée des feuilles mortes pour avoir sa dose de gros son dans les oreilles. Ensuite, nouveau lieu : exit l’espace Léo Ferré pour un nouveau camp de base à La Carène. Un pari assez osé pour un jeune festival mais qui va dans la continuité de ses ambitions et de développement sur le long terme.

    Le Metalearth, ce n’est pas seulement une liste de jolis noms de groupes sur une affiche, c’est bien plus que ça : le festival engagé et enragé défend et veut éveiller les consciences sur des causes qui lui tiennent à cœur. Après la sauvegarde des espèces marines en 2022, celle du loup des Monts d’Arrée en 2023, la lumière est faite cette année sur l’exploitation minière des fonds marins et tous les dégâts que celle-ci peut causer notamment sur l’écosystème des espèces, de la surface jusqu’au fond des abysses. Combat magnifiquement illustré sur l’affiche de cette édition qui est l’œuvre de Chromatorium Music.

    Afin d’illustrer le propos et renseigner les festivaliers sur ce sujet, deux associations sont présentes : Greenpeace et Sea Shepherd. On peut retrouver leur stand respectif dans le hall de la salle ainsi qu’une exposition de photos sur ce thème. Durant les changements de plateau entre les groupes, toujours dans le hall, deux films courts sont diffusés sur écran géant : le premier, intitulé “Pourquoi pas les abysses ?”, nous invite à suivre le navire de l’Ifremer sur l’exploration et la découverte de nouvelles espèces animales marines au fin fond des océans ; le deuxième, est une prise de parole de Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd et grand défenseur de la cause des baleines et luttant contre leur chasse, actuellement en prison.

    Passons maintenant au volet musique si vous le voulez bien. L’asso a mis les petits plats dans les grands cette année en proposant une programmation quatre étoiles. Comme les éditions précédentes, la soirée du vendredi est consacrée au Black Metal et celle du samedi au Death Metal et Metal progressif.

    HOULE

    C’est Houle qui ouvre le bal. Le groupe qui a le vent en poupe et ayant écumé de nombreuses scènes cette année, se devait de faire une escale à Brest. Car l’un de leur membre, le guitariste Crabe, est un natif de la cité du Ponant. Durant l’intro, les musiciens de la formation arrivent l’un après l’autre sur scène, tous habillés de marinières, cirés et bottes de pluie, tels des pêcheurs venant à peine de rentrer au port après avoir subi une forte tempête. Les algues encore collées à leurs vêtements renforcent cette impression. Une fois les instruments empoignés, vient le moment de déverser les premiers accords de leur Black Metal marin. Adsagsona, la chanteuse, encapuchonnée et lanterne à la main, arrive enfin à son tour sur scène. Tous les regards vont naturellement vers elle tant sa prestation est hypnotique. Elle vit totalement la musique et l’enrichit de sa voix tantôt criarde tantôt sanglotante. Elle ira même jusqu’à descendre dans la fosse pour être au plus près du public. Malgré un son pas optimal (l’une des guitares est anormalement sous-mixée), c’est une énorme claque qui ne fait que confirmer tout le bien que je pense de cette jeune formation. Le titre “Mère Nocturne” me restera en tête plusieurs jours après cette prestation.

    Lien vidéo HOULE :

    ACOD

    Acod prend le relais avec leur Black / Death Metal hautement qualitatif. Voir un show des Marseillais, c’est assister à un rituel. Le groupe fait en sorte de rendre chacune de ses prestations unique en prenant soin de travailler ses setlists afin que chaque concert soit différent. Les deux leaders charismatiques, le chanteur Fred et le bassiste Jérôme, en imposent sur scène. On assiste à un concert pied au plancher.

    Le son est massif et les renforts de samples de claviers étoffent la musique de la plus belle des manières. Ce n’est pas la peine de résister tant il est impossible de ne pas headbanguer aux rythmes et aux riffs de ce Metal Extrême. Le guitariste, d’une technicité folle, m’hypnotise une bonne partie du set avec ses doigts qui défilent avec aisance sur le manche. Du grand art !

    Nous avons eu la chance de passer quelques temps à discuter lors d’une interview que le duo nous a accordée. Retrouvez l’article et l’entretien ici : Interview : ACOD – Memento Mori Webzine

    L’interview de Fred et Jérôme/ACOD :

    Lien vidéo ACOD :

    THE GREAT OLD ONES

    La tête d’affiche de cette première soirée n’est rien de moins que l’un des plus importants groupes de Post-Black Metal de l’hexagone : The Great Old Ones. Les Bordelais vont nous servir une superbe prestation de leur Metal noir mettant en musique l’œuvre de H.P. Lovecraft.

    La mise en son est excellente et les musiciens se donnent à fond. Nous avons même le droit à un extrait du prochain album, Kadath, qui sortira le 24 janvier 2025, avec le titre “Me, the Dreamer”. Ce n’est que la deuxième fois qu’ils jouent ce morceau en live : il laisse présager le meilleur pour cette nouvelle galette. Quel dommage de voir la salle se vider au fur et à mesure du concert… Le groupe termine tout de même sa prestation devant un public conséquent mais moins nombreux que pour Acod.

    Ici aussi, nous avons eu le plaisir de rencontrer Benjamin Guerry en amont du set. Retrouvez l’entretien accordé à Memento Mori Webzine ici : Interview : Benjamin Guerry – Memento Mori Webzine

    Lien vidéo THE GREAT OLD ONES :

    ***

    SPHERES

    C’est le groupe Spheres de Paris, qui lâche les premières notes de cette seconde soirée. Qui dit Metal Progressif peut parfois dire démonstration de technique en omettant l’essentiel, la mélodie. Ce n’est pas le cas de notre quatuor : les lignes mélodiques sont facilement assimilables ce qui n’empêche pas la formation de faire montre de tout son talent technique. Un concert très agréable mené de main de maître par son chanteur guitariste à la bonne humeur communicative. Une belle découverte.

    Lien vidéo SPHERES :

    CARCARIASS

    C’est dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures soupes. Et ce soir les vieux briscards de Carcariass nous le prouvent de la plus belle des manières. C’est à une leçon de Death Metal Mélodique old school à laquelle nous assistons. Le son est gros et Pascal Lanquetin, lead guitariste, nous enchante et nous éblouit avec ses pluies de notes qui font la signature du groupe depuis ses débuts. Le set se concentre essentiellement sur les trois derniers albums de la bande en n’omettant pas d’aller piocher dans le vieux matériel avec deux extraits de l’album Killing Process qui date de 2002. Jérôme Thomas, le chanteur, descend s’ambiancer dans le pit durant le titre “Mortal Climb”, pogotant avec le public puis se mettant en retrait pour admirer ses camarades jouer le morceau. Incontestablement le meilleur concert du festival !

    Lien vidéo CARCARIASS :

    ATLANTIS CHRONICLES

    C’est à Atlantis Chronicles que revient la tâche de clôturer cette seconde soirée. Et ils n’ont aucun mal à mettre le public dans leur poche grâce à leur Death Metal Technique et Mélodique parsemé de touches de Metalcore. Le niveau technique des musiciens est juste époustouflant. On sent les années passées sur la route, de la plus petite salle jusqu’aux scènes des plus gros festivals en France comme à l’étranger. Mais pour ma part, j’abandonne au deuxième titre car ce genre de musique ne me parle absolument pas. Vu le peu de monde qui traine dans le hall de La Carène durant leur set, on peut considérer que la majorité de l’audience a été conquise.

    Lien vidéo ATLANTIS CHRONICLES :

    ***

    Afin de clôturer le festival, une partie de l’équipe monte sur scène pour un petit discours de remerciement. Le pari du changement de salle est relevé haut la main. Cette édition est une réussite totale en tout point. Et avec une belle fréquentation (300 entrées payantes le vendredi et 250 le samedi). Ce qui laisse présager le meilleur pour l’avenir.

    Brest, ville punk, a été pendant de nombreuses années, un parent pauvre en matière de concerts Metal. Cela étant certainement dû à sa position géographique. Mais aujourd’hui la ville peut se réjouir d’avoir deux festivals Metal qui tiennent la route et remportent chacun un joli succès. Bravo à toute l’équipe du Metalearth de nous avoir si gentiment gâtés. Nous avons déjà hâte de tous vous retrouver l’année prochaine avec une affiche encore plus folle.

    Merci au Metalearth pour l’accréditation et les interviews accordées.

    Nous vous laissons avec quelques photos des organisateurs, merch et exposants.