Interviewés : Fred et Jérôme (ACOD) Interviewers : Mémé Migou et Bruno Guézennec
Au Metalearth 2024 (Brest, La Carène)
Lors de cette 3ème édition du Metalearth Festival, en 2024, Memento Mori Webzine a eu le plaisir de partager un moment de discussion avec le duo Fred et Jérôme, du groupe ACOD, venus défendre leur dernier album « Versets Noirs » sur la scène de la Carène ( Brest).
Merci Acod et Merci le Metalearth festival.
Crédit musique : ACOD/ "The Son of a God : The Heir of Divine Blood"
Crédit Photos : Mémé Migou
Concert coorganisé par le centre culturel Arthémuse et Lazarus Production
Textes et Photos : Mémé Migou
Ahhhhh ! Il se sera fait attendre, ce concert au centre culturel Arthémuse à Briec, dans le Finistère (évitez la dyslexie, s’il vous plaît). Plus d’1 an ! Allez, installez-vous confortablement, Mémé va vous raconter une p’tite histoire du soir…
Il était une fois, un rêve…
Mais pas n’importe lequel, un rêve de petite fille (enfin presque)… celui de Lily, l’un des têtes pensantes de la bête bicéphale Lazarus Prod. Ado, elle y a fait ses premières armes. Alors, quand est venu le temps de fêter un anniversaire (celui de la salle, pas de Lily), elle n’a pas hésité, avec la seconde tête pensante de Lazarus, savoir Gwendal, à proposer une co-production. Du Metal à Briec, ça vous dit ?
Et c’est ainsi que le 4 novembre 2023…
STOOOOP ! Mémé, t’as pas dit « le 9 novembre 2024 » ? Tu ne cafouilles pas un peu, là ?
Que nenni ! Laisse-moi donc finir mon histoire, tu comprendras…
C’est donc le 4 novembre 2023 qu’est programmée la soirée Metal comprenant Psykup, Dropdead Chaos (Rhaaaaaa…. voir Déhà en live, imaginez la transe de Mémé) et Hatch. Sauf que le 4 novembre 2023, pour les Finistériens, cela résonne comme une tempête. Une tempête du nom de Ciaran, qui a bien dévasté la région sur son passage. Comme ils ont pu le dire dans un communiqué, en lien avec la ville de Briec, « Le cœur n’est pas à la fête… » Vous l’aurez compris, cet épisode a abouti à un report.
Ça leur a foutu un p’tit coup au moral, à Lily et Gwendal. Et ça se comprend parfaitement. Alors, avec de la résilience, et en croisant les doigts pour que la météo détraquée par nos bêtises écologiques (enfin non écologiques, justement), la date est revenue sur le devant de la scène…
Place au 9 Novembre 2024…
Cette fois, pas de tempête pour venir mettre un grain de sable dans le rouage de la soirée. Elle aura bel et bien lieu. Et c’est tant mieux. Sauf que…
Sauf que DDC ne sera plus de la partie, pour raisons de santé de Déhà me semble-t-il. (Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à me reprendre, mais euh… allez y mollo hein). Le groupe sera donc remplacé (après le remplacement de la date, celui d’un des noms de l’affiche) par Stinky.
Allez… on s’y met ? C’est parti ?
Pour une jauge de 400 personnes, la salle était remplie au ¾. Ce qui est très hyper cool.
C’est une immense scène, tout en longueur qui nous attend, servie par des jeux de lumières très pros. Du bleu, du vert, venant du fond de la scène, de la fumée… Et miracle, de temps en temps, quelques lights jaunes qui permettent de shooter.
On commence avec les régionaux de l’étape :
HATCH
Pour le moment, c’est encore assez timide dans la salle. Hatch, je les ai déjà vus foutre le feu par ailleurs. Ce soir du 9 novembre, ils vont tout déployer pour aller chercher le public. On ne pourra pas leur retirer cette énergie et cette volonté de chauffer la salle, jusqu’à demander le premier wall of death de la soirée.
Et le public finira par succomber aux ardeurs des bretons et leur Metalcore bien énervé. Hatch est là pour défendre son premier album, « Awakened » .
Le son est bon et j’admire le jeu du batteur, réellement mis en lumière. A côté, on a les mimiques de Raphaël, le bassiste, et Adrien, le chanteur, qui donne tout. Atome, le guitariste, me semble plus réservé, mais ce n’est qu’une sensation visuelle. Car à l’oreille, c’est bien différent.
Globalement, un bon set qui inaugure une chouette soirée sous le signe du « core ».
« J’ai leur album aussi. Ils ont fait une campagne de financement participatif à laquelle j’ai dû participer. A la base, je venais pour DDC… Mais Hatch, je ne les ai jamais vus. Donc, c’était l’occasion de les voir. Je connais l’ensemble des groupes, sauf peut-être Stinky, un peu moins. J’ai trouvé le son un peu assourdissant, les grattes pas assez en avant. J’aime bien leur album. » – Fabien
STINKY
On passe dans une autre partie « core » de la soirée, celle du Punk Hardcore des nantais du groupe Stinky. 4 Micros sur scène avec une déferlante d’énergie. Cela résume bien…
Dans la salle, il y a déjà plus de monde, mais, malgré quelques-uns qui se donnent à fond, le public peine à bouger. Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas pensé et encore moins dit : le public ne bouge pas beaucoup, mais on sent qu’il kiffe ! Bah ouais… Même votre super Mémé est plutôt du genre à savourer intérieurement.
Sur le dernier morceau, je me place à l’arrière de la salle pour mieux appréhender le son, qui me semble de suite mieux équilibré. Tant mieux, car le chanteur nous parle d’un titre qui lui importe car parlant de sa transition.
Le public suit, et moi je pense au copain Seisachteion qui les a programmés en octobre à Sauveterre– de-Guyenne, lors des Seisacht Metal Nights.
« Hyper cool. J’ai trouvé le jeu sur scène, les jeux de lumières hyper intéressants. Le batteur avait un jeu de lumières à chaque titre. Première fois que j’écoutais Stinky. C’est chouette. Dommage que le public ne réagissait pas beaucoup. » – Etienne
« La surprise en live. C’est toujours de mieux en mieux. Ce qui est chouette, c’est de voir l’énergie sur scène. On voit qu’il y a un boulot de scène »
Vous voyez, le public a kiffé, que j’vous dis !
PSYKUP
On passe au dernier groupe, désormais… Mais laissez-moi vous poser une question : vous connaissez le Crabe-Core ? Ben là, c’est de l’Autruche-Core ! C’est du gros nawak progressif avec une « touch » jazzy.
Psykup a tout défoncé ! Le public était présent, captivé et déchaîné. Je répète : Psykup a tout défoncé !
Un show très pro. Clairement, le public s’était déplacé en masse pour eux. Ca ne fait pas l’ombre d’un doute. Il n’a pas fallu grand chose pour allumer la mèche et mettre le feu aux poudres. Il faut dire que Hatch et Stinky avait déjà bien avancé le taf.
J’apprécie vraiment beaucoup ! C’est parsemé d’humour, mais toujours avec beaucoup de classe, à l’instar de leurs costumes de scène. Ce sont des ovnis, et ça… on achète ! (Quoi ? Qu’est-ce que je dis là ?! C’te formatage ! … Je reprends : et ça, on applaudit à coups de horns up!)
Le set et la soirée se terminent sur un limbo avec le manche d’une guitare en guise de bâton de danse. Du nawak qui a la classe !
Mais laissons le public s’exprimer….
« Je ne connaissais pas. C’est une découverte. Une grosse branlée. Des mecs qui viennent de Toulouse et qui montent en Bretagne. Respect. C’est une tuerie en live. Ils ont une ouverture d’esprit… Après, t’es prêt ou pas… C’est excellent ! » – Stéphane
« Le set qui finit premier, c’est Psykup. Puissance de son et maîtrise du public. La soirée, c’était bien. Mais les deux premiers groupes étaient pour moi en-deçà. Techniquement bien. Des inter plateaux seraient bien. Dans le hall par exemple. J’ai passé une bonne soirée. On connaît bien la salle. Pour Briec, c’est vraiment quelque chose de nouveau. Briec, clairement, c’est pas un public Metal. Du coup, c’est cool. » – Julien
Voilà, il est temps pour Mémé de reprendre le volant de sa p’tite voiture bleue et de s’en retourner à ses pénates. Mais en toute sincérité, je peux vous assurer avoir passé une excellente soirée. L’équipe accueillante portait bien son nom. J’ai même retrouvé quelques têtes sympas derrière le bar. J’ai rarement senti une telle ambiance de bienveillance et de sérénité dans le défoulement d’énergie. Le tout, avec des prestations de qualité. Ce soir-là, j’avoue que Psykup m’a sacrément marquée ! Que vive l’Autruche-Core !
Merci Lily et Gwendal pour l’accréditation.
Prochaine date en coprod, cette fois avec Vecteur Magazine : Samedi 8 février 2025, au Novomax à Quimper (29). Au programme : HORSKH et NO RETRY (qui feront leur tout premier concert… mais regardez leur clip, vous comprendrez qu’ils mettent les petits plats dans les grands… D’ailleurs, une interview arrivera d’ici un jour ou deux!)
Interviewé : Paul (Frozen Records + Aetheria Conscientia) Interviewers : LB D + Mémé Migou
Nous sommes heureux, chez Memento Mori Webzine, de faire plus ample connaissance avec Frozen Records. Qui sont-ils, ce qu’ils proposent, leur philosophie ou encore leur oriflamme, voilà ce que je nous vous proposons de découvrir.
Pour la petite anecdote, chaque fois que nous venons sur Nantes pour un concert, le passage obligé est d’aller Place Viarme, numéro 2 pour être plus précise. Notre chroniqueur LB D ne peut déroger à ce pèlerinage. D’autant plus qu’il a ainsi découvert Aetheria Conscientia par le jeu d’un autocollant offert… (vous ne vous souvenez plus de cette histoire ? Allez donc relire sa chronique, ici : https://www.memento-mori-webzine.fr/2024/12/29/aetheria-conscientia-the-blossoming/ ) Cet album est arrivé en tête de son top album 2024 !
Il me semble, d’ailleurs, que le groupe et Frozen ont des points communs… Vous comprendrez pourquoi il nous était important de venir à l’événement que Frozen organisait ce vendredi 31 janvier,* date à laquelle s’est produit sur la scène du Cold Crash (Rezé – 44)… Aetheria Conscientia ! Mais pas que … Et là, c’est moi qui suis aussi aux anges avec Movrir (que j’ai eu l’honneur de chroniquer) et Limbes (dont le dernier album a également été chroniqué par Seblack).
En bref… Frozen Records : un magasin, un label et un organisateur de concerts. Eh bien ! Que de casquettes !
L’interview
Alors dites-moi, qui de l’œuf ou de la poule ? J’entends par là, quelle activité a vu le jour en premier et comment les liens se sont faits de l’un à l’autre ?
À la toute base, Frozen Records c’était une distro ambulante montée par Eddy juste avant le Covid, c’est ensuite devenu un tout petit magasin de disques pas loin de la gare de Nantes, ensuite je suis arrivé et au bout de quelques mois on a eu l’idée lumineuse de sortir en vinyle le premier Album d’ALT236, parce qu’on savait que ça allait cartonner et qu’on voulait l’avoir en physique dans nos collections personnelles. On s’est donc décidé à lancer un label, pour cette sortie, ensuite on a continué à fond la caisse. Pour le premier anniversaire du magasin, on a organisé une petite soirée, dans la rue du shop, avec un concert et des jeux. Ça a cartonné donc l’année d’après j’ai proposé à Eddy d’organiser un vrai fest pour nos 2 ans, et c’est comme ça qu’on s’est mis à faire des dates.
Vous êtes deux gérants dans le magasin – Oh ! Mais, au fait, nous ne nous sommes pas présentés, Mémé Migou et LB D pour Memento Mori Webzine, enchantés. Je vous laisse le soin de vous présenter et nous dire, si vous le voulez bien, quel est votre parcours pour en arriver à l’ouverture de Frozen…
Alors dans Frozen Records on est deux, il y a Eddy et moi c’est Paul. Eddy a bossé 10 ans chez Greenpeace et a voyagé un peu partout dans le monde et fait un nombre incalculable de boulots différents, il a ouvert Frozen parce qu’il en avait marre de ne jamais être fixé quelque part et que la musique est sa passion, moi je viens du monde scientifique je bossais dans la recherche en santé mais je ne me suis jamais senti à ma place j’ai toujours été super passionné par la musique.
Eddy a ouvert le tout premier shop, moi j’avais quitté mon taff, j’avais ma petite distro en ligne, j’ai commencé comme client puis je l’ai rejoint et après c’est parti en sucette total ahaha.
Donc, pour reprendre, vous êtes deux gérants… Comment vous répartissez-vous les tâches ? N’y a-t-il jamais de tensions entre vous ?
En gros Eddy s’occupe de la partie gestion de l’entreprise, du graphisme et majoritairement de la distro, moi je gère le label, les orgas de concert/festival et la communication. C’est à peu près comme ça qu’on se sépare le taff, après c’est assez transversal et on se consulte pour quasiment tout.
On se prend la tête absolument tout le temps parce qu’on a des gros caractères de cochons ahaha, mais ça dure 30 secondes et le résultat est là. C’est comme ça qu’on fonctionne, au final ça nous réussit plutôt bien même si on dirait un vieux couple parfois.
Entre le magasin, la vente par correspondance et le label, comment gérez-vous votre emploi du temps ? Faites-vous appel à d’autres personnes pour vous seconder ?
C’est simple, on bosse tout le temps ! On fait vraiment des grosses semaines et on ne prend pas beaucoup de vacances mais on fait un boulot qui nous passionne donc ça vaut le coup, même si des fois on est crevé et on a la flemme.
On fait tout à 2, normalement on sera bientôt 3 parce qu’on commence à avoir trop de boulot pour 2.
Pour les orgas on a une asso, ce qui nous permet d’avoir des bénévoles qui nous aident sur les soirées parce que juste à 2 ça serait un peu tendu.
Vous avez régulièrement des arrivages de vinyles… Vous travaillez essentiellement avec les labels ou également d’autres distros?
On bosse majoritairement en direct avec les labels, on préfère parce que moins il y a d’intermédiaires, plus les prix sont bas, donc moins on met les disques chers dans les bacs et c’est mieux pour le porte monnaie des gens.
On doit être sur une cinquantaine de labels avec qui on bosse à peu près, plus quelques distributeurs quand même. Entre distros on se fait surtout des échanges de stocks mais ce n’est pas le gros de l’activité.
Parlant vinyles, c’est un bel objet qui revient à la mode en force, idem pour les cassettes. Pourtant, les vieux de la vieille étaient heureux de passer aux CD etc… Pourquoi, à votre avis ? Est-ce une hype ? Ou y a-t-il une réelle plus-value que ces objets (hormis la collection) ? Je pense à la dynamique du son, par exemple ? Ou est-ce que vous vous en foutez et ce ne sont que des objets comme les autres ?
Aujourd’hui, la majorité des gens écoutent de la musique en streaming. Les formats physiques, c’est devenu un truc de Die-hard, de collectionneur, et les collectionneurs aiment les beaux objets. les vinyles, c’est grand, c’est beau, tu as l’artwork en 30×30, un insert avec les paroles, des vinyles en couleur, ça fait luxe. Et le vinyle en général tu prends le temps de l’écouter, de le retourner, y’a quelque chose de rituel, alors que le CD ou le streaming, tu le lances et tu as tendance à aller faire autre chose. Le son du vinyle est cool aussi, il est assez doux, ample et plaisant à écouter, t’en prends moins plein la tronche que sur CD ou en streaming.
La cassette c’est vraiment une micro niche, ça revient que dans certains styles, et c’est surtout le côté “régressif” et petit objet compact et pas cher qui plait aux gens.
Après, avec l’inflation on voit pas mal de gens se tourner à nouveau vers le CD, parce que c’est sacrément moins cher qu’un vinyle.
Vous avez aussi un salon de tatouage interne au magasin, est-il intégré aux structures de Frozen Records ou est-il indépendant ?
Yes, le salon s’appelle Frozen Tattoos, original n’est-ce pas ?
C’est indépendant, on bosse dans le même local et on se file des coups de main sur des trucs mais ce sont des structures différentes.
Ils nous dessinent souvent des visuels de merch ou des affiches de concert, nous on leur expédie des commandes par exemple, c’est à la cool !
La dernière fois que nous sommes venus, il y avait la signature du groupe « Sang Froid » et de son dernier album, dans vos murs. Est-ce que c’est un événement que vous renouvelez régulièrement ? Comment vous communiquez sur le sujet ?
On fait ça de temps pour des sorties label oui, quand le planning du groupe et le notre collent avec la sortie et que les artistes sont dans le coin. On l’avait fait avec Neige d’Alcest pour la sortie de son dernier album, c’était très cool. On a aussi fait des expos au shop (Jeff Grimal, Phantom), on aime bien tester des trucs.
On communique beaucoup sur les réseaux sociaux pour annoncer ces événements, et on colle des affiches dans la vitrine du shop, le classique quoi!
D’ailleurs, nous y avons croisé un youtubeur. Est-ce un partenariat que vous avez régulièrement ?
Je ne me rappelle pas de qui il s’agissait mais on a pas mal de potes qui bossent sur Youtube oui, Maxwell et ALT236 (dont le projets musicaux sortent sur notre label), The Doom Dad aussi avec qui on fait souvent des petites collabs (et on lui vole tout son argent en lui vendant des disques..)
Pourquoi avez-vous décidé de créer un label Frozen Records ? Et en quelle année a-t-il vu le jour ?
Comme je l’ai dit au tout début, Eddy et moi on suivait le travail de ALT236 sur Youtube et on aimait beaucoup son premier album, Leviathan, on a eu l’occasion de le croiser sur un événement où on bossait à Paris, je lui ai proposé de sortir son album en vinyle (j’avais déjà fait éditer des vinyles pour mon groupe donc j’étais à peu près au fait du truc), il a dit oui, on a lancé des pré-commandes, c’est parti en sucette total, on a vendu 3500 copies en quelques jours. La machine était lancée !
On a lancé le label fin 2021 pour une première sortie en 2022.
Êtes-vous aussi les deux seules personnes à décider de la signature des groupes ? Et sur quels critères ?
Oui, on décide tout à deux. On a des goûts vraiment différents avec Eddy, donc si un projet nous parle à tous les deux, on sait que ça peut plaire à pas mal de gens. Pour qu’on se lance sur une signature, il faut que la proposition musicale nous plaise, que la direction visuelle derrière soit cool, que le projet ait une vraie personnalité, que ça accroche humainement avec les artistes derrière le projet (on élimine d’entrée de jeu tout ce qui est pointeurs, fachos et autres joyeusetés) et que le groupe fasse du live pour défendre son album, sinon la “durée de vie” de l’album est super courte vu la quantité de musique qui sort aujourd’hui.
Avez-vous des petites anecdotes de label, des groupes qui vous ont démarchés mais qui n’étaient absolument pas dans votre philosophie ? D’ailleurs, quelle est la philosophie et la ligne éditoriale de Frozen Records ?
Comme je te disais au-dessus, pas de pointeur, pas de facho chez Frozen, déjà c’est la base, pas de pochette Midjourney non plus, des gens avec qui on s’entend bien, avec qui on partage des valeurs, pour qui on a envie de se battre quoi. Et sinon au niveau ligne éditoriale tant que ça s’inscrit dans ce qu’on appelle les “musiques extrêmes” (Metal, Hardcore, Punk, Noise, Neo-Folk, Trucs en -wave, Indus etc), ça peut rentrer dans notre créneau. On ne s’interdit pas non plus de sortir un jour un album de Hip-Hop ou d’electro si la proposition nous parle et que c’est un peu énervé, ça peut être assez large. Après il y a des styles qu’on aime ni l’un ni l’autre donc il y a peu de chances que vous voyez ça sortir chez nous un jour.
Des petites anecdotes comme ça on en a un paquet oui, surtout des mails de contact complètement aux fraises, comme “Salut on est un groupe de Hardcore bien burné…”, autant de dire que je ne suis pas allé plus loin et que j’ai supprimé le mail, ou “J’ai entendu parler d’un disquaire qui se prenait pour un label”, bon, y’a mieux comme phrase d’accroche quoi.
Il y a quelques jours a eu lieu la 15ème Frozen Night, pourquoi avez-vous décidé de créer ces events ? En quelle année est née cette soirée ?
Pour faire vivre la scène, organiser des dates qui nous parlent, qui parlent à notre public, faire découvrir des groupes aux gens, on est disquaire à la base, ça reste la base de notre métier de faire découvrir des groupes aux gens. On a dû organiser la première en 2022 si je ne dis pas de bêtise, c’était une soirée Screamo à Nantes.
Cet event est-il exclusivement réservé aux groupes du label ? Laquelle de ces soirées vous rend particulièrement fiers ?
Non pas du tout, parfois ce sont des soirées avec uniquement des groupes du label, parfois aucun groupe du label, parfois un mélange des deux. Bonne question, je dirais notre premier Ferrailleur sold out avec Fange, Worst Doubt et Mourir, ça fait quelque chose la première fois que tu remplis à 100% une belle salle comme le Ferrailleur.
N’est-ce pas trop galère, niveau organisation ? J’entends par là, organisation de la soirée en tant que telle, mais aussi l’organisation entre le magasin et la soirée à gérer ? Êtes-vous présents ces soirs-là ?
Si, mais on a l’habitude de jongler entre plusieurs activités en permanence, label, orga de concert et disquaire. L’organisation d’événements fait partie intégrante de nos activités donc on prépare en amont au magasin. Les jours où on organise des dates, on ferme le magasin plus tôt, Eddy se colle au catering, la logistique et la gestion des loges, moi à la gestion technique, accueil des groupes, gestion du backline et on a des bénévoles de l’asso qui gèrent les entrées et qui m’aident avec le matériel, sinon on ne s’en sortirait pas à deux.
Au gré des années, le lieu de la soirée a souvent changé d’endroit, pourquoi ? Notamment la précédente, la Frozen Night #14, qui a débarqué à Bordeaux….
Pourquoi pas ? Ahaha
À Nantes on change de lieu selon la disponibilité des salles et selon la taille du plateau qu’on fait jouer, selon le monde qu’on estime qu’il y aura dans le public.
Dernièrement on essaie de sortir un peu de Nantes aussi effectivement, on a fait une date à Bordeaux, en collab avec un salon de tattoo de potes de là-bas, c’était bien cool d’aller tâter un public différent, c’était un plateau avec que des groupes du label, ça permet de faire découvrir ces groupes hors de Nantes !
Combien de bénévoles pour une telle soirée ? Comment les « recrutez-vous » ?
En général on met 3 personnes aux entrées, 3 personnes en technique, 1 ou 2 en cuisine et ça roule toujours bien comme ça. Sur des grosses dates avec beaucoup de groupes comme le Frozen Fest, tu peux tout multiplier par 2.
Pour le recrutement, c’est simple, on demande aux potes !
Probablement faire des dates un peu plus souvent, avec des groupes un peu plus gros, et continuer d’organiser hors de Nantes, on a quelques jolies annonces qui arrivent bientôt là !
Souvent, on dit qu’il faut d’abord faire ses armes sur de « petits » concerts avant de s’attaquer à un Fest. Ces soirées sont aussi là pour amener de la trésorerie. Est-ce aussi votre façon de penser ? Ou vous tenez particulièrement à ces soirées parce que… ?
Nous on a fait l’inverse, on a commencé par un festival sur 2 jours comme première orga avant de se lancer sur des plus petites dates ahahah. Ne faites pas ça, c’est super risqué et complètement stupide. On ne peut pas organiser des gros fests tous les mois, ça flopperait et ça serait beaucoup trop crevant et on n’a pas envie de faire un seul gros événement dans l’année, donc on fait un mix des deux, un gros festival et des soirées au cours de l’année.
Vous organisez également le Frozen Fest en juin, d’abord sur une journée en 2023, puis sur 2 jours en 2024. Qu’en sera-t-il en 2025 ? Toujours au Ferrailleur ?
C’était déjà 2 jours en 2022 et 2023, mais avec moins de groupes, 2024 on avait fait 10 groupes sur 2 jours au Ferrailleur, pour 2025 on annonce ça dans quelques jours, spoiler, c’est nos 5 ans on a mis les petits plats dans les grands, toujours au Ferrailleur, pour le reste, vous verrez lors de l’annonce, pas de spoil ! **
Un tel événement sur deux jours demande une sacrée organisation. Quel est le type de personnes sur qui vous pouvez compter. Des copains ? Des bénévoles ? Des intermittents du spectacle ?
Les équipes du Ferrailleur sont au top, nous on est assez bien rodés sur les orgas, on prend quelques bénévoles parmi les potes qui ont un pied là-dedans et ça roule bien. C’est surtout en amont qu’il faut tout organiser au millimètre et ne jamais dériver du planning pour que ça se passe bien!
Vous le voyez plus grand à l’avenir ? Souhaitez-vous tutoyer les gros festoches comme le Hellfest, le Motocultor ou encore le Muscadeath ?
Plus grand, sûrement, vous verrez cette année déjà, mais aucune envie de faire du outdoor, beaucoup trop de matériel à louer, les risques liés à la météo, on n’a pas du tout envie de se frotter à tout ça.
On verra au fur et à mesure à quel point on fera grossir le festival, on a beaucoup d’idées pour la suite, je ne sais pas encore quelle direction on prendra.
Nantes est une ville qui bouge bien, niveau Metal. La région n’est pas en reste. Comment on arrive à trouver sa place dans ce panel d’assos, labels, orgas etc. Existe-t-il une solidarité Loire Atlantique ? Allez… lâchons le mot, bretonne ?
Chacun son créneau, chacun sa cible, le Metal c’est super varié, tout le monde n’est pas copain, mais il y a quand même beaucoup de synergies entre diverses assos / salles / labels, c’est important de se soutenir, le DIY c’est une économie super casse gueule, c’est déjà assez difficile comme ça, on ne va pas se tirer dans les pattes en plus!
Qui rêveriez-vous de signer et/ou de faire jouer ? Des groupes autres internationaux peut-être ?
Je n’ai pas de nom précis en tête, on aimerait travailler avec / faire jouer vraiment beaucoup de monde, on ne se ferme aucune porte, on verra de quoi l’avenir sera fait !
Merci beaucoup pour toutes ces réponses et au plaisir de vous croiser vendredi 31 janvier à Rezé (et dans le magasin… tradition oblige!)
*Frozen Night #15 – Aetheria Conscientia/Mourir/Limbes – Cold Crash (Rezé – 44) Le Live Report bientôt sur Memento Mori Webzine
** L’affiche est tombée entre temps… Regardez donc :
Interviewé : Luc/Lucio Interviewers : Seb D et Mémé Migou
Faites connaissance avec Luc, dit Lucio, pendant les quelque 10 minutes de cette pré-interview.
Il nous semblait important de prendre la température avant son embarquement sur la croisière Metal : 70 000 Tons of Metal, où il retrouvera entre autres Benighted, Covenant, Samael…
Combien ça coûte, dans quel état d’esprit il est, à quoi s’attend-il… ?
Il vous livre de premières réponses avant que nous ne le retrouvions d’ici quelques semaines, à son retour, la besace emplie d’anecdotes. En attendant, n’hésitez pas à suivre les stories de ce fan de Metal.
Destrock Fest ESPACE LEO FERRE (Brest, 29) Vendredi 4 et samedi 5 octobre 2024
Texte : Seb D Photos : Mémé Migou Vidéos : Bruno Guézennec
Les 4 et 5 octobre dernier le Destrock Fest faisait son retour à l’Espace Léo Ferré à Brest après une édition 2023 réussie. Côté formule, on prend la même et on recommence : deux soirées concerts mêlant formations confirmées, nouvelles sensations, scène locale et jeunes pousses à l’avenir prometteur.
La lourde tâche d’ouvrir les hostilités revient aux Costarmoricains de MEZEL. Pas simple pour le groupe de démarrer son set devant une salle quasiment vide. Qu’importe, dès les premières notes de guitare lâchées, David, le chanteur encapuchonné, entre en scène et dans son personnage, venant nous chatouiller les oreilles avec ses cris venus du plus profond des ténèbres. La mise en son est plutôt correcte et fait la part belle aux claviers qui viennent habiller leur Black Metal hautement qualitatif. Les guitaristes et le bassiste ne sont pas en reste, tricotant sur leur manche respectif avec aisance et dextérité. Quant à Jeff, il ne s’économise pas derrière ses fûts offrant une ossature solide aux compositions.
Ce groupe est une de mes formations bretonnes chouchous, au même titre que TREGORGONES et INFERN. C’est-à-dire que je sens un énorme potentiel depuis un petit moment déjà dans ses trois formations. Et il suffit de voir l’engouement qui commence à monter autour d’INFERN pour se rassurer sur la bonne santé de la scène Metal bretonne. Elle a de beaux jours devant elle.
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Les Nantais d’ATTIC OF TEMPLE prennent le relais avec un tout autre style car ici on baigne dans une fusion qui n’aurait pas dépareillé si le groupe était né au milieu des années 90. Le très charismatique chanteur au flow anglais parfait et sa troupe nous ont livré un concert fort sympathique durant cinquante minutes, malgré un son manquant un poil de puissance.
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Je vais être honnête, je n’attendais pas grand-chose du concert suivant. Non pas que je n’aime pas la musique de TESKA mais les ayant déjà vus à plusieurs reprises par le passé, je savais plus ou moins à quoi j’allais assister. Je ne sais pas si c’est le fait que le groupe, en local de l’étape, jouait devant son public, ou si les musiciens étaient dans une forme olympique ce soir-là mais ils m’ont foutu une grosse claque. Il faut aussi dire que la mise en son était parfaite et puissante, mettant en valeur leur Metal moderne. Le public était déchaîné et on a eu le droit au plus gros pit de tout le festival. Le chanteur a même fait un tour dans le public, sur les épaules d’un fan, durant un des nombreux circle-pits. Assurément un des moments forts du week-end.
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Vient le temps de la tête d’affiche avec les Mosellans de DEFICIENCY. Riches d’une expérience de plus de quinze ans à tourner aux quatre coins de l’Hexagone, des plus petites salles aux plus prestigieuses scènes de festivals telles que le Hellfest, ils venaient nous présenter leur dernier album en date, « Warenta ». Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu ; en effet, ils ont très vite eu des problèmes de basse qui ont mis le concert à l’arrêt. Le groupe a tenté, tant bien que mal, de meubler du mieux qu’il pouvait en improvisant une danse avec le public sur fond de musique bossa nova puis en enchaînant avec une reprise du « Enter Sandman » de qui vous savez. Une fois ce souci réglé, le concert a pu reprendre mais la dynamique ayant été rompue, la salle s’est sérieusement vidée. Peu importe, le groupe, en grand professionnel, joue la suite du set devant la poignée de spectateurs restants. Mais là encore, la basse fera des siennes. Elle est beaucoup trop forte et aura tendance à écraser le son des guitares, ce qui est dommage lorsqu’on joue un Thrash Metal mélodique où les guitares ont une importance capitale. On saura après coup que ce souci vient du fait que le bassiste a dû se brancher sur l’ampli d’Anthony (bassiste de TESKA) en gardant ses réglages. Le groupe ayant traversé la France pour cette unique date, c’est déçus qu’ils reprendront la route le lendemain. À revoir dans de meilleures conditions car ce groupe est excellent.
[NdlR : Non, on ne s’étendra pas sur les exploits de danse de Mémé sur scène, histoire de faire patienter le public… Non… Absolument pas !]
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La deuxième soirée débutera par un apéro avec des potes et le bassiste de TESKA. Rigolades, bières et petits fours, de quoi se mettre en jambe pour le festival.
Ce sont les Vannetais de BASAALT qui ont l’honneur d’ouvrir le bal. Et ils vont le faire de la plus belle des manières en nous offrant un set de qualité et parfaitement mis en son. On voit le nom du groupe fleurir de plus en plus sur diverses affiches et je pense qu’il va falloir miser sur eux à l’avenir tant leur musique est excellente. On a affaire ici à un Metal moderne très bien exécuté. Quand on sait que le groupe ne fait des concerts que depuis un an, on peut facilement imaginer tout le travail fourni pour un tel rendu en live. Le chanteur, sans être une copie vocale, a une voix faisant penser par moment à Joe Duplantier de Gojira. À revoir très vite !
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On reste dans le Morbihan avec les Lorientais de ARGUE. Leur Death Metal mélodique mêlé de Deathcore allié à une mise en son puissante gagnera l’adhésion du public. Pour ma part, et malgré le fait que le groupe donne tout sur scène, je reste plutôt insensible à leur musique. Certainement à cause du côté Deathcore. Il y a eu de nombreux retours positifs suite à leur prestation. De mon côté, j’en ai profité pour aller discuter avec les gars de BASAALT et en apprendre un peu plus à leur sujet.
[NdlR : Effectivement, c’est bien là un Deathcore qui vous envoie une énergie de guedin. C’est toujours un plaisir, bien que de base, le Deathcore ne soit pas ma tasse de thé, de voir Argue sur scène. De vrais pros qui vous prennent par le colback et vous balancent de droite à gauche comme de joyeux petits pantins que nous devenons entre leurs mains. Merci les gars ! ]
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Vient le moment tant attendu : le show des Parisiens de DELIVERANCE. Les éclairages de scène traditionnels resteront éteints durant toute la prestation laissant place à des ampoules disséminées aux quatre coins de l’estrade. Un cauchemar pour les photographes. Cette mise en scène minimaliste sied parfaitement à la musique et à l’univers du groupe, aidant à se plonger plus facilement dans les ambiances sombres et désespérées livrées par l’entité. Pierre Duneau, le chanteur, vit pleinement ses paroles à tel point qu’on a la sensation de le voir en pleine souffrance sur scène. Etienne Sarthou habille le tout de ses mélodies de guitare vite assommées par des riffs lourds et poisseux si typiques du Sludge. Le bassiste, Sacha Février, apporte sa touche de groove lancinant donnant à l’ensemble un aspect sensuel noir. Le final se fera sur « Odyssey », superbe pièce de dix-huit minutes, mettant fin à ce qui restera le plus beau moment du festival. J’en ai encore des frissons.
[NdlR : Bon… faire des photos dans une ambiance noire juste rehaussée d’une ampoule rouge… voilà, quoi !]
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Vient le tour des patrons ! Les Lyonnais de DESTINITY nous ont collé une véritable mandale dans la tronche à coup de Death Metal mélodique de haut vol pour la toute dernière date de leur tournée « In Continuum Tour ». On les sent bien, les presque trente années d’expérience : c’est ultra carré et les musiciens ont tous un niveau de fou. Mick, le chanteur, en véritable leader, sait comment faire réagir le public qui lui obéit au doigt et à l’œil. Le son est également très précis nous en mettant plein les esgourdes tout en nous permettant d’apprécier les subtilités et la richesse technique et mélodique des deux guitaristes. Un final en forme de feu d’artifice sonore.
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Un grand merci à Franck Bugny et à toute l’équipe Destrock qui ont régalé nos oreilles durant tout le week-end. Une édition qui a affiché complet.
Rendez-vous l’année prochaine pour un nouveau chapitre du Destrock Fest !
[NdlR : Pssssssst ! De nouvelles dates arrivent… Notamment ce vendredi 24 janvier 2025, au Vauban. Alors, prenez vos places, soutenez la scène locale !]
Genre : Black Metal Expérimental / Sludge* Label : Pelagic Records Sortie : 17 Janvier 2025
Note : 90/100 (Mémé Migou)
Mourir**, la belle affaire.
Mais vomir, ô vomir…
Vomir des flots torrentiels
Le trop-plein cathodique, numérique,
Les tranches grasses de notre consumérisme
Toujours plus épaisses, toujours plus plus plus
Tout avaler, plus vite, sans même digérer
L’inFAUXrmation
Comment satisfaire l’insatisfait ?
Sinon en le gavant
Un foie gras d’acquéreurs compulsifs
Mais ces oies pas si blanches
Sont fières d’exhiber leur cirrhose sociétale.
Elles vomissent en gerbes et en chœur
Et dans leur HUBRIS s’entêtent aveuglément. ATIS….
Jusqu’à ce que la sanction tombe – NEMESIS…
La vengeance d’un corps en déroute
D’une Terre en reboot
Décadence, déchéance, Destruction – TISIS !
Movrir, la belle affaire… Une bonne dose d’Insolence pour conter et contrer ce cycle de la tragédie Humaine. Hubris, Atis, Nemesis, Tisis…
Le quatuor toulousain, composé entre autres de membres de Plebeian Grandstand et de Bruit ≤ , rentre droit dans le sujet, en hurlant en chœur « La folie, la foi, en Babylone… » Ah ! La grande prostituée, celle qui manie les langues à foison pour mieux vous perdre. La folie, la foi et l’orgueil, définition de l’Hubris. Movrir, bien que né en 2019, ne nous avait pas encore habitué à ce genre de chœur, harangue vénéneuse, populace aveugle, des voix encore et toujours plus. Mais cela sert le propos bien à propos ! Et déjà, au bout des 30 premières secondes du premier titre de cet EP, Insolence, on comprend que le son sera trituré, malaxé, retenu puis relâché… En cela, nous avons une œuvre quelque peu différente des deux premiers albums du groupe.
Vomir son dégoût de notre société de consommation… Il me revient à l’esprit un concert performance de VOMIR, qui opposait un bruit blanc et continu, sans la moindre variation, en harsch noise wall pour mettre au pied du mur les auditeurs et provoquer « le repli sur soi, l’époché (la mise en parenthèse) de ce qui nous entoure ». Oui, mais voilà, c’est compter sur nos paréidolies auditives. Et si la démarche m’avait alors intéressée, intriguée, j’en suis restée de marbre. Ce qui est loin d’être le cas dans ce titre « Hubris ». Loin de l’esthétique Vomir du « pas d’idées, pas de changement, pas de développement, pas de divertissement, pas de remords », Movrir nous offre un déferlement d’émotions viscérales. Changements de voix, de la fureur dans le son, du feu et du sang, de la pisse et des os, c’est sale, c’est rugueux, c’est… addictif au possible ! Antinomique, n’est-il pas ?!
Quand les précédents albums nous proposaient des œuvres plus typées Black Metal expérimental, avec ce son de guitare typique, la batterie à fond et ces voix hurlées qui n’étaient pas sans me rappeler les hurlements de Dark Tribe, que l’ami Russel m’avait fait découvrir, Movrir s’octroie avec Insolence, un EP qui rebat les cartes. Certes, on reste dans l’expérimental, avec des touches de noise, mais également des explorations plus « instrumentales », comme avec le second titre « Punitive ». Mais retour sur le titre d’ouverture où, après un début Griffonesque, on finit vers 3:00 par retrouver ces passages mélodiques qu’ils pratiquaient déjà auparavant. « Hubris » est un titre fort, foisonnant, en complète adéquation entre sa définition et la musique qu’il propose.
En cela, il est bon de lui opposer un second titre qui semble plus épuré, mais avec une ambiance de folie. Au carnyx de Samuel Meric, cor celte utilisé pour la guerre, s’opposent des guitares agressives, des bruits blancs, une flûte (?)… « Punitive », une expédition sonore de quelque 2 minutes pour nous emmener vers une nouveau titre phare au nom révélateur, « Nemesis », non sans une fin en suspens.
Et c’est reparti dans la violence avec cette troisième piste de plus de 7 minutes. Nos oreilles seront à nouveau ballottées dans tous les sens, faisant de nos osselets des glaçons dans un shaker. Pour autant, dès 0:40, on revient sur une mélodie en tempo lent salie par les triturations sonores. Une fois celles-ci passées, on retrouve le Movrir des précédents albums, avec cette faculté à nous faire dresser les poils. Mais ne vous y trompez pas,, cela ne restera pas sain et sauf, les quatre nous emmèneront vers les mélodies tronquées, des accélérations rythmiques, des changements de voix sur une palette assez large. Les 7 minutes ? On ne les sent absolument pas passer !
Dernière plage de l’EP, « Illusions », en écho à « Punitive », repart sur du grave, du lent, du cinématique, de l’ambiance, du jeu dans les sonorités, entre roulis des vagues qui s’échouent et mélopée éthérée, on est en suspension dans le Grand Néant… Et toujours ce son Crust qui dégringole de plus en plus. Sans parler de la voix d’outre-tombe qui nous appelle, qui nous rappelle que tout est dévasté ; un râle… On clôture sur une descente qui s’arrête brusquement, nous laissant pantois.
Certains diront que l’EP ne fait réellement que 2 morceaux, les 2 à tendance plus instrumentale étant dispensable. Dispensable ? Absolument pas. Au pire, à accoler aux deux autres. Mais même là-dessus, je ne suis pas cette voie. Pourquoi ? Parce qu’on navigue dans cette dualité entre des morceaux chantés et des morceaux instrumentaux (ou presque), entre prolifération, abondance et lourdeur cinématographique ; entre les grandes Hubris-Nemesis et les mineures Atis-Tisis… En cela, on y trouve l’intelligence de composition, alliée à un choix de production au son granuleux, noisy assumé.
Un EP qui ne surpasse pas « Disgrâce », mais le tutoie sans vergogne. J’en suis fan !
« Movrir, la belle affaire »… Oh oui ! La très belle affaire
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*Il est question de Sludge quand d’autres parlent plutôt de Crust… j’ai fait mon choix sur ce dernier, et vous ?
**On trouve aussi bien Movrir que Mourir dans nos recherches et liens sur le net…
Muscadeath 2024 Jour 2 Samedi 21 septembre 2024 Le champilambart Vallet (44)
Textes et Photos de Mémé Migou Interviews : Manu (Humans of Metal) et Mémé Migou
Samedi oblige, on commence cette seconde journée bien plus tôt que la veille. Par contre, nous aurons, Manu (Humans of Metal) et moi, une interview de plus à caler, les trois n’étant malheureusement pas sur des temps hors festival. Ce qui va expliquer que nous n’aurons pas le loisir de tout couvrir. Parfois, nous arriverons juste à temps pour prendre la température en fin de show et quelques photos à brûle-pourpoint. Vous voudrez bien nous en excuser (et ce n’est pas une question héhé). Attention, je suis loin de chouiner. Allier les interviews de groupes sur le vif, avec l’ambiance du festival en arrière fond, et les lives c’est un exercice que je n’ai pas l’habitude de faire. Et Mémé adoooooore les nouveautés !
15H30, nous entamons le Muscadeath, seconde journée, avec comme la veille un groupe issu du roaster de l’Ordalie Noire :
WAR INSIDE
L’année précédente, Mémé avait pu voir Kratos chanter avec sa formation Circles ov Hell. Cette année, c’est avec War Inside, qu’il a rejoint il n’y a pas si longtemps que ça, que je vais le retrouver dans un autre registre, celui du Blackened Death.
Un regard derrière moi, qui suis de nouveau juste devant la scène pour pouvoir shooter comme il se doit, et je peux déjà prendre la température de cette journée : le public est déjà bien présent et avec du répondant, s’il vous plaît !
Et pour le coup, que ce soit Kratos au chant, arpentant la scène de long en large, ou les musiciens échangeant leur place ou montant sur le devant, tout le monde met du cœur à l’ouvrage pour ce qui est de chauffer le public.
Sincèrement, on se dit que si ça commence déjà avec ce niveau, on va arriver sur les rotules en fin de journée !
Le second groupe prend possession de la scène. Et ce n’est pas rien. On sent ici qu’ils maîtrisent cet exercice. Les 4 z’amis de Nancy ne viennent pas pour compter fleurette aux belles du premier rang. Leur Death Metal est efficace, rapide. Il émane du groupe une énergie qui fleure bon l’amitié et le sérieux tout à la fois.
L’ambiance dans le public ? Elle a encore monté d’un cran. Mais comment allons-nous terminer ?!
Avec Manu, nous ne pouvons rester plus longtemps, une interview nous attend. On quitte à regret, mais on vous laisse avec l’interview qu’ils nous ont accordée. Merci à eux et aux fakes news (réelles ou blagounettes) qui parsèment ce papotage.
On reste avec un groupe de l’écurie Ordalie Noire, Malkavian et un nouvel album en gestation. Désormais, on peut dire que le groupe a accouché, puisque le skeud est sorti le 10 janvier 2025. N’hésitez pas à aller l’écouter, c’est d’la bombe, bébé !
Avant le festival, je ne connaissais pas véritablement le groupe, il faut bien l’avouer. J’avais écouté sans trop m’y intéresser alors. Pourquoi ? Eh bien là aussi je vais devoir confesser que… je n’en sais, ma foi, strictement rien. Peut-être trop Thrashouillant pour moi ? Ce côté groovy dans certains passages ? Le chant qui me rappelle certains groupes stars que je n’aimais pas vraiment ? Je… ne… sais… pas… j’vous dis ! Et pourtant…
Je reviens d’interview alors que le set est déjà bien lancé et là, je m’en prends plein la figure. Pourquoi ? Vous pensez que je vais dire que je n’en sais rien, encore ? Bah si… héhé… je peux vous dire que ce que j’ai vu sur scène était sacrément plus musclé que dans mes souvenirs. Avec ces passages plus graves, parfois plus lourds.
Et avec l’œil du photographe, je dois bien avouer qu’il y avait de quoi se régaler aussi ! Mais ce détail mis à part, j’ai vu sur scène un groupe qui envoie le son avec technicité et hargne. Bref ! J’ai été conquise…
… Au point d’aller réécouter les anciens albums, parce que quand même… pourquoi je suis ainsi passée à côté ? Bah ! Allez savoir (ouais je sais, je radote) ! Mais ce qui est réel, c’est que je redécouvre toutes les qualités de Malkavian.
La magie de la scène ! Quand on vous dit « support your local scene », c’est pas pour rien ! Merci le Muscadeath !
VOORHEES
Hop… Encore une fois, on loupera la quasi-totalité du set de Voorhees car nous étions dans la partie presse du Muscadeath. On aura, Manu et moi, à peine le temps de voir 1 titres et quelques bribes d’un second. Pour le coup, on est un chouïa déçus puisque nous avions fait la connaissance de Chris, le chanteur, pour notre toute première interview de la journée. Et nous avions littéralement craqué sur sa gentillesse, son à propos et ses propos. (Attention, on ne dit pas que les autres interviews nous ont laissés de marbre… mais c’était le seul de la journée que nous interviewions – ouhhhh que c’est difficile à dire ça – avant le show).
Pour cette prise de température, plus que véritablement une analyse de concert, je peux vous dire que le son était bien fat. Un death old School bien maîtrisé, avec un Chris qui restera bien campé au milieu de la scène, façon Hate la veille. Et pourtant, je n’y vois aucune retenue dans le jeu de scène et surtout le lien avec la générosité envers le public.
Du coup, je n’hésiterai pas un instant pour les revoir sur scène !
Vous aurez même droit à 2 interviews pour le prix d’une…
Et pour un format plus long, Manu y est retourné avec notre JP :
KARRAS
Han… il est déjà 19h30 et le ventre de notre Mémé commence sérieusement à gargouiller. Il faudra, pourtant, attendre encore un peu puisqu’une troisième et dernière interview nous appelle. Nous ne verrons donc pas Karras, juste suffisamment pour prendre quelques clichés sur la fin du live. J’avais pu voir Karras au Motocultor, efficace mais pas dans mes goûts les plus affirmés, j’ai pourtant eu des retours qui me font regretter n’avoir pas pu voir ce set, en l’occurrence. Dommage…
AD PATRES
Comment ça, Ad Patres ? Mémé, tu yoyotes de la tête… Ad Patres n’était pas sur l’affiche du Muscadeath ? Eh bien… Sachez, jeunes ignorants, que Acranius, prévu au slot de 21h45, n’a pas pu venir. Aussi, c’est Mortuary qui a pris sa place, montant d’un cran et laissant son slot à… à…. suivez un peu, voyons ! À Ad Patres ! Bingo !
Mémé a d’ailleurs cru avoir la berlue. Elle a nettoyé ses lunettes par deux fois, tant elle avait l’impression de voir arriver sur scène Alexis de Death Decline, l’homme aux pieds nus. De fait, je serai encline, tout du long, à garder cette idée en tête, ne connaissant pas le groupe, par ailleurs. Mais ça s’arrête là, car avec un peu de recul et de recherches post festival, on peut se rendre compte que les groupes n’ont pas le même type de Death et que Ad Patres n’en est pas à sa première année… Les Bordelais sont dans le game depuis 2008, mazette ! Et qui plus est, un nouvel album est sorti en 2024.
Pratiquant un Death Metal brutal, rapide et assez technique, ils offrent un set sans concession. Et ça tombe bien, les fans leur donnent laréputation d’être à fond à fond à fond… sur fond de grosse voix growlée. Ah ça ! Mémé aime beaucoup !
MORTUARY
Bon… Bon… Bon… Un choix particulièrement rude se fait sentir : nous entamons la dernière partie de la soirée et le menu promet d’être raffiné. Alors on te demande de choisir en la truffe (dans le bon sens du terme, vous savez, ce champignon qui coûte la peau du fessier rembourré de Kim K.) ou le saumon fumé sauvage pêché dans les eaux tumultueuses de l’Écosse. En d’autres termes : Entre Mortuary, Memoriam et Aborted, tu fais quand ta pause dîner, Mémé ?
Bon… Bon… Bon… Je dois dire que c’est Mortuary qui en a fait les frais. Je suis restée suffisamment pour m’auto-agacer de quitter la salle, tant l’ambiance était bouillonnante. Mortuary sont des légendes dans la scène française. Mais j’attendais avec une impatience non feinte l’arrivée de Memoriam. Ce qui est certain, c’est que la salle en demandait, re demandait, encore et encore. Le lightshow était aux petits oignons pour souligner la violence du Death de Mortuary, qui nous gratifie d’accélérations bien senties. Accélérations, rythmiques groovies, chant pas forcément growlé, mais bien énervé… Il me faudra les revoir, c’est indéniable !
MEMORIAM
Y a Karl Willets ! Karl Willets, quoi ! Heyyyy… le chanteur de Bolt Thrower ! Allô !
OK… Vous l’aurez compris, Mémé est au taquet !
On aura droit aux grands hits, notamment du dernier album de 2023, comme le titre éponyme « Rise to Power », qui mettront les fans dans la poche du groupe. Je suis littéralement subjuguée par le personnage aux longs cheveux blancs et soyyyyyeux. Un sparadrap sur le nez, quelques coups dans le pif (au sens métaphorique cette fois), c’était un set complètement hors sol. Avec au beau milieu, haranguée par un Scott Fairfax pas prêt à laisser sa place dans le cœur des festivaliers, une foule scandant un « Happy Birthday to youuuuuu, Karl ! »…
En-dehors de ces considérations, on peut souligner la qualité du line up, puisque nous avons également, à la basse un Franck Healy (qui est passé dans Annihilator, Napalm Death, Sacrilege,…) et dernier arrivé, remplaçant Andy Whale, Spikey Smith à la batterie (lui aussi ayant un CV long comme la tignasse à Willets).
Le Death Metal pratiqué par Memoriam est bien entendu dans la lignée de Bolt Thrower, il est mélodique, il rentre dans la tête, il ne souffre pas les ronchonneries mais les écrase. Autrement dit, Memoriam est là, point barre. Et ceux qui étaient dans la salle étaient à surkiffer, comme Mémé. Là, je fais un clin d’œil appuyé au copain Looping von Looping Wild Show. Quant aux autres, ceux qui n’ont pas aimé, ils étaient dehors… J’ai malheureusement entendu pas mal de personnes n’avoir pas été séduites . M’en fous, moi, j’ai vu Memoriam (oserais-je dire Méméoriam ?), je suis aux démons !
ABORTED
Voilà… Le groupe final sonne la fin de la parenthèse Muscadeath 2024. Mais avant de se dire au revoir et à l’année prochaine, on a tout de même droit à un feu d’artifice : Aborted !
Ce qui est assez amusant, dans les échos que j’ai pu recueillir en laissant traîner mes oreilles à droite et à gauche, c’est une véritable dichotomie entre ceux qui n’ont rien à cirer de Memoriam mais ont adoré Aborted et l’inverse. Au milieu, je vous rassure, il y a toujours une belle tranche de personnes pour adorer les deux.
D’accord… Mais toi, Mémé, dans tout ça ? Bah moi, j’aime Aborted. Ayant eu la chance de voir Sven dans ses grandes œuvres au Motocultor (où il avait d’ailleurs donné rendez-vous au Muscadeath, c’est cool de sa part), j’étais assez emballée pour revoir ce show en intérieur. Si déjà en set outdoor ça défonçait, je n’osais à peine imaginer la violence du bousin avec un son contenu dans une salle !
De fait, c’était effectivement une tuerie ! Les décors, les lights, le son… et surtout cette putain de présence de Sven. Aborted a tenu ses promesses et au-delà. Les retours étaient dithyrambiques.
Mais voilà, en ce qui me concerne, je reste sur ma fin (et plus sur ma faim, si vous avez suivi, Mortuary a fait les frais de mes fringales)… Je m’explique : je n’ai absolument rien à reprocher à la qualité du show, du chant, des musiciens… rien… Si ce n’est un tout petit détail de rien du tout. Ayant justement vu Aborted un mois auparavant à Carhaix, je me suis étonnée d’avoir les mêmes vannes aux mêmes moments. Donc un show millimétré – ce qui n’est pas un mal en soi, mais bien du professionnalisme – jusque dans les moindres paroles. Et ça, ça me plaît beaucoup moins. Pourquoi ne pas rester nature et parler tout simplement au public. Là, on aurait un véritable échange. N’en demeure pas moins que c’était au poil de cul de fourmi près. Et le public ne s’y est pas trompé, il a répondu présent pour un pit chaud bouillant.
Le mot de la fin
C’est sur les rotules que Mémé finira le festival. Rincée mais ravie de ce week-end placé sous le signe de la très bonne musique et d’une ambiance tellement sympa qu’on a envie d’y remettre le nez vite fait…
On ne peut que féliciter, à nouveau, les bénévoles et l’équipe du Muscadeath, Benoit Denis en chef de file, pour cette organisation qui nous ravit à chaque fois. Quand des festivaliers reviennent pour la xème fois, c’est qu’une histoire s’est créée. Et ça, c’est beau !
Merci également à Alexandre Saba ( MOOffice), Manu (Humans of Metal) et Eva (Girls’N Nantes).
Un bisou aussi aux collègues de Cabale Prod, notamment Gauthier, avec qui cela devient un pèlerinage de se retrouver avec nos appareils photos tout devant la scène.
Je referme ce chapitre, espérant en rouvrir un nouveau en septembre prochain.
Le champilambart Vallet (44) Vendredi 20 septembre 2024
Textes et Photos de Mémé Migou Interviews : Manu (Humans of Metal) et Mémé Migou
Hey ! Mémé, tu viens cette année au Muscadeath ? Non, malheureusement, je crois que je ne vais pas pouvoir venir, ce sont les journées du patrimoine et je vais devoir bosser sur un projet culturel…
Hey ! Mémé, t’as vu l’affiche du Muscadeath ? Oui, malheureusement, je crois que je ne vais pas pouvoir venir…
Hey ! Mémé, tu… Stoooop ! C’est bon, j’ai vu l’affiche d’enfer, et puis j’ai trop envie de vous revoir !
Comment dire non au Muscadeath ? Sérieusement ? Vous connaissez ce « petit » fest ? Non ! Bah vous devriez… C’est un must dans la région 44. Du Death, du Muscadet, le Muscadeath vous offre tout cela sur un plateau d’argent. Mais pas seulement. Parce qu’au Muscadeath, c’est l’assurance d’avoir des groupes quali que l’on peut voir à deux mètres de nous. Pas de crash barrières, juste le public et la scène… et le Muscadet ! Un espace restauration à l’extérieur, un autre espace avec le merch… où l’on pourra retrouver divers stands comme les Éditions Flammes Noires, les copains de France Black Death Grind ou encore Les Acteurs de l’Ombre, et le stand de lutte et de prévention contre les VSS entre autres…
Cette année, Mémé n’était pas seule pour mener à bien la grande tâche du live report. Après avoir échangé lors du Motocultor, il était logique de proposer à Manu (page Humans of Metal), de participer aux interviews. Car oui, pour la première fois, nous avons accepté la mission de ramener quelques interviews.
De fait, après avoir capté mon binôme sur la route, la p’tite voiture bleue s’est dirigée vers le Champilambart, à Vallet, un peu après- Clisson… (ou avant, tout dépend d’où vous venez, hein). La première chose était de récupérer nos pass et les horaires de nos interviews. Et cela se faisait sur l’arrière, côté presse, auprès d’Alexandre Saba – M&O Office. On découvre la salle avec les box pour recevoir les groupes. Tout le monde dans le même espace avec des espaces salons définis, non loin de la salle de spectacle où balancent les derniers groupes avant le coup d’envoi. Un accueil aux petits oignons.. enfin, aux petits bonbons.
Deux interviews sont programmées, en ce vendredi 20 septembre, FT17 et Houle. Vous pourrez retrouver les vidéos dans le cœur du report. Car il est plus que temps de lancer les hostilités !
18h30, FT17 entre en scène…
FT17
J’avais eu l’occasion de voir le groupe lors du Metalearth 2023, à Brest. Et dernièrement sur la Hellstage du Hellfest. Les deux fois ont été d’excellents moments. Alors Mémé n’a pas hésité à déclarer à qui voulait bien l’entendre : FT17 ? Tu connais pas ? Mes aïeux ! Ne vas pas rater ça !
Et c’est ainsi que les rideaux se sont ouverts sur une salle déjà bien remplie. Quand je vous dis que le Muscadeath, c’est top ! Enfin un public qui est là aussi pour les premiers groupes, un public curieux, passionné.
Un set de FT17, c’est être plongé dans une lecture sonore, musicale et visuelle de lettres d’un poilu totalement créé, mais pas complètement inventé. Une sorte de Frankenstein fait de bouts des uns et des autres. Ainsi naquit Marcellin Trouvé… qui trouvera vie dans la prose et la pose de Hugo Chereul, comédien à la voix grave, ainsi que dans l’interprétation de Misein, qui offre au chant une réelle dimension émotionnelle. Le tout embarqué par une musique qui soutient le projet conçu dans l’esprit de Hrothulf.
Dans le public, certains ont pris une belle claque devant la scène, quand d’autres ont ont plus de mal à pénétrer dans le visuel proposé. Pour ma part, ce sera à nouveau un live dans lequel je me laisse avidement embarquer !
Retrouvez l’interview de Tom, Hugo et Hrothulf au Muscadeath, mais également en visio, ici :
Houle
Bon bon bon… on ne peut nier que c’est le petit groupe qui monte qui monte qui monte. Espérons que ça ne fera pas comme l’araignée Gipsy, en fin de compte. Vu en première partie de Grima en janvier 2023, Houle est revenu en force avec un album que la critique salue. Les marinières sont de plus en plus nombreuses dans les rangs du public, et souvent j’entends les mots « Houle » et « chouchous » mis côte à côté dans les conversations. J’étais de la release party à Paris (peut-on parler de release Paris?) le 8 juin 2024, mais aussi à la brasserie Couille de Loup, à Querrien, le mois suivant… Il me tardait de voir si le groupe avait évolué en matière d’expérience scénique. Et à cette question, on ne peut que répondre par l’affirmative.
En effet, si le charisme de la chanteuse Adsagsona était indiscutable et surtout incontournable, on sent désormais que le reste du groupe prend ses aises sur scène.
Encore une fois, Houle fera son p’tit effet sur de futurs grands fans.
Retrouvez l’interview de Houle au Muscadeath, en compagnie, également de Eva, du blog Girls ‘N Nantes, ici :
RÜYYN
Si on avait commencé avec un groupe de l’écurie l’Ordalie Noire, c’est maintenant le deuxième groupe que propose LADLO.
RÜYYN était présent au Motocultor, un mois avant le Muscadeath. En plein milieu de l’après-midi, sur une scène outdoor, ce n’était certes pas le plus approprié pour du Black Metal de cette qualité.
Une déferlante de noirs et d’ors vient nous lécher les entrailles. Pour nous réchauffer, quelques vasques enflammées et toute l’énergie vitale qu’un groupe de Black va drainer chez les auditeurs lambda pour la balancer en offrande aux vrais adorateurs. En réalité, la soirée étant particulièrement tournée vers le Black, le public était conscient de ce qui l’attendait. Ainsi que j’ai pu le mentionner plus haut, c’était un public de passionnés, ainsi donc nous étions en circuit court, en ce qui concerne le drainage et l’arrosage des émotions. N’en demeure pas mois, ça a fait « paf dans la tronche ».
Pénitence Onirique
Hop… Encore un concurrent venu tout droit de l’ombre (oui, il faut comprendre LADLO). Et ici aussi, j’ai déjà eu l’occasion de les voir à plusieurs reprises, notamment au Motocultor 2023, à Paris en juin 2024. J’avais une telle envie de les voir tant j’avais aimé leur album, « Nature morte », à sa sortie (et toujours maintenant, ne vous méprenez pas).
Néanmoins, pour une raison qui m’échappe, je n’arrive pas à entrer dans leurs shows. Peut-être que je ne retrouve pas la magie de l’album, malgré une scénographie tout en masques dentelés. Et pourtant, j’en vois, dans le public, qui lèvent les mains au ciel en forme d’invocation des forces telluriques, les invitant à remonter des entrailles de la terre pour faire vibrer le cœur des spectateurs.Le mien reste relativement de marbre. Aussi, je décide d’aller faire un tour du côté du merch et du repas… avant d’être appelée en soutien d’interview pour une Éva faisant face à Dark Funeral…
Hate
Attention ! Voici un débordement de haine qui arrive sur scène. Les polonais ne sont visiblement pas là pour faire dans la dentelle. Et si on veut aller encore un peu plus loin dans les clichés, autant dire qu’on ne va pas enfiler les perles, mais les riffs froids et incisifs de Domin et Adam The First Sinner.
Bien que ce dernier soit on ne peut plus statique, un pied constamment appuyé sur le retour, le Death teinté de Black m’assènera un énorme coup sur le coin de la tronche. On ne peut pas dire que je ne m’y attendais pas, mon frère ayant ouvert pour leur tournée… pfiouuuuu… il y a quelques années. Je savais que j’étais face à des musiciens qu’il respecte énormément. Et il n’est pas le seul. Ainsi, je retrouve Gauthier, de Cabale Prod, tout frétillant à l’idée de retrouver l’un de ses groupes fétiches.
Personnellement, j’ai surkiffé ce climat délétère qu’ils ont distillé en cette fin de première journée. Par contre, dans le public, j’entends des avis totalement partagés et mitigés…
Dark Funeral
Voilà… on entre sur la dernière ligne droite, qui se trouvera aussi tortueuse qu’une ligne de pentacle adressé aux forces démoniaques pour les appeler à communier avec nous. C’est en grandes pompes que les darons du Black, la bourgeoise vampirique s’imposent sur scène sous le blase de Lord Ahriman.
Le show est rodé. Il y a un petit côté kitsch dans la grandiloquence dont feront preuve les membres du groupe. En même temps, n’aurait-on pas été déçus s’ils ne nous avaient pas servi cette emphase.
C’est carré, professionnel à souhait. On en redemanderait, s’il ne nous avait pas fallu, à un certain moment, laisser la place aux organisateurs pour remettre la salle en ordre pour la grosse journée du samedi.
Je termine en cherchant à papoter avec quelques festivaliers… Je me casse le nez sur l’un d’entre eux, qui se reconnaîtra aisément. Pas de témoignage pour lui, mais une discussion très sympathique, au demeurant.
Quelques mots de festivaliers :
« Le Muscadeath, c’est un festival très sympa. J’ai beaucoup aimé FT17, le tout premier groupe. Les passages parlés, ce sont des lettres de poilus. Il y a un côté véridique qui m’a pris aux tripes. J’ai senti pas mal d’émotions remonter. Et musicalement, c’est très bon, quoi. » – Manu
« Top ! Pas l’année dernière, mais l’année d’avant, je suis venu juste une journée. L’an passé les deux jours, cette année les deux jours et je pense que ce sera toujours les deux jours ! Festival énorme, super accueil, super organisation, super sécurité, et les mecs sont extra, supers bénévoles, super public et super choix des groupes également ! Donc rien à dire, c’est un des meilleurs festivals en France pour moi. Jusqu’à présent, y a RÜYYN et Pénitence Onirique, parce que je suis fan ; Pénitence… jamais déçu avec eux. Énorme. Pour moi, c’est un des meilleurs groupes français avec Seth. Un des meilleurs groupes de Black… » – Jérôme
« FT17 – J’ai trouvé ça excellent. Techniquement, le son n’était pas fou. C’était dommage. J’ai retiré mes bouchons, je trouvais que c’était écrasé. Mais bon, ce n’est pas de la faute du groupe. Par contre, j’ai trouvé ça hyper intéressant ; je me suis demandé à quel moment on arrive à pouvoir s’appuyer sur des travaux d’historiens pour proposer ce genre de musique. Et est-ce qu’il faut attendre que tout le monde soit mort pour pouvoir en parler ou on peut commencer à se saisir d’autres sujet aussi intéressants ? Je fais le parallèle avec Kanonenfieber, je suppose que tout le monde le fait, et je trouve intéressant ce genre de mouvement se lever. Ca ne devait être qu’un one shot ? Musicalement, c’est vachement bon, hyper travaillé. Un Black qui reste accessible. J’aime beaucoup » – Nolwenn
« C’est mon 14ème, 15ème, 16ème, 18ème Muscadeath je ne sais plus combien j’en ai fait… Je suis entre 15 et 18 Muscadeath et je reviens tous les ans. Est-ce qu’ils s’améliorent ? Ouais… ouais… Après on les connaît personnellement.
– C’est toujours un très bon festival, un très bon moment.
– Que ce soit pour la bouffe, pour tout, on leur dit et l’année d’après, ils améliorent… ils améliorent vraiment. Je pense que c’est un des meilleurs fests de l’année. Il est calé d’une année sur l’autre.
– Un bon festival, c’est le Muscadeath ! Je viens depuis 2016 et j’ai vraiment vu l’évolution. Ce soir, j’attendais les deux derniers groupes. C’était très bon.
– Moi, j’ai pris une grosse claque sur FT17, le premier groupe, qui était vraiment énorme. » – Mélanie et Fuck
Voilà, il est tard, il est temps de rentrer dans ses pénates… Je terminerai en refaisant le monde avec l’un des colocs de fest, un verre (ou deux, ou trois) de whisky à la main…
Encore un énorme merci à Benoît Denis et toute l’équipe du Muscadeath pour cette programmation alléchante et cet accueil toujours au top. Le Muscadeath reste l’un des festivals où j’aime traîner mes guêtres, les bénévoles ayant toujours un sourire à vous offrir.
Merci également à Alexandre Saba ( M&OOffice), Manu (Humans of Metal) et Eva (Girls’N Nantes).
Interviewé : Benjamin Guerry Inteviewers : Séb D. et Mémé Migou
Au Metalearth 24 (Brest, 29)
A l’occasion du Metalearth 2024, Benjamin Guerry, chanteur et compositeur du mythique groupe The Great Old Ones, a répondu aux questions de Séb D. et Mémé Migou pour Memento Mori Webzine.
Un peu plus de 20 minutes de conversation plus que de questions-réponses. Il nous en dit un peu plus sur leur prochain album, « Kadath« , qui paraîtra en janvier prochain !
Merci l’équipe du Metalearth pour cette rencontre.
Crédit musical : « Me, the Dreamer » – The Great Old Ones