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  • Interview : INFERN

    Interview : INFERN

    Interviewés : Sylvain et Pierre Loup / Infern
    Interviewers : Robin et Seb D / MMW

    Une fois n’est pas coutume, on retrouve aujourd’hui Seb D et Robin en binôme pour nous faire découvrir le groupe de Death Metal qui monte qui monte qui monte : INFERN, à l’occasion de la sortie de leur album « Turn Of The Tide« .

    L’interview :

    Liens :

    INFERN en 1 click : infern_deathmetal | Instagram, Facebook | Linktree

  • MERCYLESS – Those Who Reign Below

    MERCYLESS – Those Who Reign Below

    Genre : Death Metal
    Label : Osmose Productions
    Sortie : 25 Octobre 2024

    Note : 80/100 ou Ah oui ça fait plaisir mais… Bon, oui, ça fait vraiment plaisir, mais… Non mais oui, c’est excellent, d’accord ! Mais…  (Robin le gardien des anomalies)

    Hors des sentiers battus

    Quelquefois, lorsque je vois l’engouement incroyable pour certaines œuvres, je reste perplexe face à tous les superlatifs que je lis et entends… Un excellent album de Death « old school » dit-on désormais quand le groupe fait dans le classicisme, tant dans l’esthétique que dans la musique : ça ne me satisfait plus ! Et j’en ai marre que ce terme soit utilisé comme synonyme de qualité ou preuve d’intégrité.

    Mercyless est si important pour moi que je ne peux pas encenser le groupe sans vous parler de ce qui a pu me faire vibrer chez lui : L’audace !!! Bordel de merde, oui, l’audace ! L’envie d’essayer des trucs nouveaux frais, de s’essayer et de se frotter à des choses qui font décoller le nez du genre ! Souvenez-vous de Agressor avec Rebirth, souvenez-vous de Loudblast avec Sublime Dementia ! De Supuration avec The Cube ! Ce sont des albums qui ont voulu pousser le genre défini, vers d’autres frontières à franchir…

    Mercyless fut un de ceux-là…

    Vers un chemin tortueux

    Vous savez ce qu’il a fait Mercyless ? Il a signé un des meilleurs albums de Death Metal que j’aie jamais écouté, rien que ça ! Je veux bien sûr parler de Coloured Funerals

    Pochette hideuse mais une œuvre définitivement importante pour moi !

    Parce que j’ai fait sa rencontre après avoir vu Mercyless à la Nuit de l’Enfer le 21 avril 2018 et que le retour a été une sacrée péripétie… Une nuit de ténèbres dans les phares, l’album dans la voiture m’a servi de bande son. Par la suite, je l’ai écouté en continu pour me familiariser avec ses mélodies si envoûtantes, si hors du commun du genre (malgré le fait qu’il restait un album de Death Metal).  Les chaînes brisées, le groupe s’est alors affranchi des thématiques propres au genre, il s’est également émancipé musicalement de son envie de brutalité, il a laissé poindre sa sensibilité, son lyrisme, son romantisme quelque part, mais pas ampoulé ou élitiste à la Misanthrope, une sensibilité qui, subtilement, mais indéniablement a tordu le genre et les compositions du groupe pour révéler une part plus écorchée, et osons l’écrire : Belle ! 

    La musique de Mercyless a été belle et audacieuse !

    Aujourd’hui elle est intense, inspirée… et convenue.

    Et après un tel chef-d’œuvre, l’histoire estime que le groupe s’est perdu… Or je serai toujours un défenseur des albums suivants parce que le groupe, à défaut de réaliser un chef-d’œuvre, s’affranchit d’un genre et décide de ne pas tourner en rond. Il ne négocie pas toujours bien les virages et la voix à la Rob Flynn, des fois, agace… Mais Max Otero s’essaye à d’autres choses et garde sa force d’interprétation ! 

    Les musiciens ne sont pas en reste, s’essayant à un Groove Metal qui s’injecte de manière maladroite d’autres genres musicaux dans son sang de lave de Death Metal. Oui, les albums suivant ce chef-d’œuvre qu’est Coloured Funerals ne sont pas une immense réussite mais l’audace est là et les moments de grâce moins fréquents surviennent sur certaines compositions.

    Tout de même : entre C.O.L.D. et Sure to Be Pure il y a une différence qualitative évidente. Si C.O.L.D.  lorgnait vers un Groove Metal un peu putassier, il contenait toujours d’étonnantes surprises, Sure to be Pure est lui beaucoup plus convenu, courant avec détermination vers un Death indus, certes bourrin mais peu inspiré, à l’image de la direction artistique visuelle.

     Cependant, sur cet album aussi, nous retrouvons des éléments épars d’une envie d’innovation, de rafraîchissement. Hélas, la sauce prend bien moins et la linéarité frappe l’ensemble des compositions : riffs peu inspirés, peu de moments dont on se souvient, l’album, rêche, s’avère finalement stérile… Il me fait d’ailleurs penser à Cause for Conflict de Kreator : bourrin, production sèche, une orientation assumée, mais rien d’inspiré ou de marquant.

    Puis vient le silence…

    Close to a World below…

    Impossible d’écouter cet album sans avoir en tête l’histoire musicale du groupe car, s’il convient de le cerner dans ce qui peut être appelé la seconde partie de l’histoire du groupe, il me rappelle toujours par sa volonté de coller au plus près aux codes du genre son histoire complète. 

    Le dernier album de Mercyless fait suite à Mother of all Plagues sorti en 2022. Et autant dire qu’il a été encensé ! Je dois dire que cet album m’a amplement plus convaincu que celui de 2022. 

    Plus inspiré, une ligne rouge, ou une idée de structure qui définit bien chaque compo, des mélodies torturées et infernales, des solos de toute beauté exécutés pour la plupart par des invités de renom. Je trouve que le groupe fait là, preuve d’ingéniosité et j’ai toujours adoré les œuvres collectives, l’apport des « guests » est non négligeable et je salue vraiment le groupe d’avoir collaboré avec ces guitaristes car, grâce à eux et au riffing inspiré de Max Otero, j’ai retrouvé l’ambiance et le caractère mélodique prenant de Pathetic Divinity (qui avait également des invités de marque pour certains solos).

    Vous l’avez compris : je partage l’engouement général pour cet album. Mais malgré cette véritable réussite, je n’oublierai jamais l’audace dont a pu faire preuve Mercyless. Comme… une anomalie dans une discographie qui, aujourd’hui depuis quatre albums, semble avoir trouvé sa pleine cohérence malgré des changements de line up discrets, Mercyless je m’en souviens, a été aussi un autre groupe. 

    J’ai des souvenirs d’un temps que je n’ai pas connu. Mais j’entends toujours ces audaces, que des fois je me récite comme des psalmodies. Même ceux qui règnent en Maître dans les flammes indécentes des Enfers, ont dans un Délire cosmique, ouvert un portail dans un monde. Un monde par-delà le bien et le mal, par-delà le Metal Extrême.

    Je rêve d’aberrations, c’est ce qu’ils disent tous.

    Tracks :

    1. Extreme Unction  

    2. I Am Hell  

    3. Evil Shall Come Upon You  

    4. Phantoms of Caïn  

    5. Thy Resplendent Inferno

    6. Crown of Blasphemy  

    7. Prelude to Eternal Darkness  

    8. Chaos Requiem  

    9. Absurd Theatre 

    10. Sanctus Deus Mortis  

    11. Zechariah 3:1  

    Line up :

    Yann Tligui – Basse

    Max Otero – Voix, Guitare

    Gautier Merklen – Guitare

    Johann Voirin – Batterie

    Guests :

    Münch Thomas – Guitare (lead) (track 9)

    Groupe principal associé – Manzer

    Bonvin Patrick – Guitare (lead) (tracks 2, 4)

    Groupe principal associé : Construct of Lethe, Near Death Condition

    Stephan Baillot : Guitare (lead) (track 7)

    Groupe principal associé : Misgivings, Ritualization

    Artwork :

    Néstor Ávalos

    Liens :

    https://mercyless.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/mercylesscult

    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/4mFRXUxwlZpEDGrAzN2LqW

    https://www.instagram.com/mercylessofficial

  • Live-Report – Metalearth festival 2024

    Live-Report – Metalearth festival 2024

    Metalearth Festival III
    LA CARÈNE (Brest, 29)
    Vendredi 15 et samedi 16 novembre 2024

    Texte : Seb D
    Photos : Mémé Migou
    Vidéos : Bruno Guézennec
    Interviews : Seb D., Bruno Guézennec et Mémé Migou

    Cet automne, le Metalearth Festival a fait son retour pour une troisième édition sous le signe du changement : après les deux premières qui s’étaient tenues en avril 2022 et 2023, le public a dû prendre son mal en patience et attendre la tombée des feuilles mortes pour avoir sa dose de gros son dans les oreilles. Ensuite, nouveau lieu : exit l’espace Léo Ferré pour un nouveau camp de base à La Carène. Un pari assez osé pour un jeune festival mais qui va dans la continuité de ses ambitions et de développement sur le long terme.

    Le Metalearth, ce n’est pas seulement une liste de jolis noms de groupes sur une affiche, c’est bien plus que ça : le festival engagé et enragé défend et veut éveiller les consciences sur des causes qui lui tiennent à cœur. Après la sauvegarde des espèces marines en 2022, celle du loup des Monts d’Arrée en 2023, la lumière est faite cette année sur l’exploitation minière des fonds marins et tous les dégâts que celle-ci peut causer notamment sur l’écosystème des espèces, de la surface jusqu’au fond des abysses. Combat magnifiquement illustré sur l’affiche de cette édition qui est l’œuvre de Chromatorium Music.

    Afin d’illustrer le propos et renseigner les festivaliers sur ce sujet, deux associations sont présentes : Greenpeace et Sea Shepherd. On peut retrouver leur stand respectif dans le hall de la salle ainsi qu’une exposition de photos sur ce thème. Durant les changements de plateau entre les groupes, toujours dans le hall, deux films courts sont diffusés sur écran géant : le premier, intitulé “Pourquoi pas les abysses ?”, nous invite à suivre le navire de l’Ifremer sur l’exploration et la découverte de nouvelles espèces animales marines au fin fond des océans ; le deuxième, est une prise de parole de Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd et grand défenseur de la cause des baleines et luttant contre leur chasse, actuellement en prison.

    Passons maintenant au volet musique si vous le voulez bien. L’asso a mis les petits plats dans les grands cette année en proposant une programmation quatre étoiles. Comme les éditions précédentes, la soirée du vendredi est consacrée au Black Metal et celle du samedi au Death Metal et Metal progressif.

    HOULE

    C’est Houle qui ouvre le bal. Le groupe qui a le vent en poupe et ayant écumé de nombreuses scènes cette année, se devait de faire une escale à Brest. Car l’un de leur membre, le guitariste Crabe, est un natif de la cité du Ponant. Durant l’intro, les musiciens de la formation arrivent l’un après l’autre sur scène, tous habillés de marinières, cirés et bottes de pluie, tels des pêcheurs venant à peine de rentrer au port après avoir subi une forte tempête. Les algues encore collées à leurs vêtements renforcent cette impression. Une fois les instruments empoignés, vient le moment de déverser les premiers accords de leur Black Metal marin. Adsagsona, la chanteuse, encapuchonnée et lanterne à la main, arrive enfin à son tour sur scène. Tous les regards vont naturellement vers elle tant sa prestation est hypnotique. Elle vit totalement la musique et l’enrichit de sa voix tantôt criarde tantôt sanglotante. Elle ira même jusqu’à descendre dans la fosse pour être au plus près du public. Malgré un son pas optimal (l’une des guitares est anormalement sous-mixée), c’est une énorme claque qui ne fait que confirmer tout le bien que je pense de cette jeune formation. Le titre “Mère Nocturne” me restera en tête plusieurs jours après cette prestation.

    Lien vidéo HOULE :

    ACOD

    Acod prend le relais avec leur Black / Death Metal hautement qualitatif. Voir un show des Marseillais, c’est assister à un rituel. Le groupe fait en sorte de rendre chacune de ses prestations unique en prenant soin de travailler ses setlists afin que chaque concert soit différent. Les deux leaders charismatiques, le chanteur Fred et le bassiste Jérôme, en imposent sur scène. On assiste à un concert pied au plancher.

    Le son est massif et les renforts de samples de claviers étoffent la musique de la plus belle des manières. Ce n’est pas la peine de résister tant il est impossible de ne pas headbanguer aux rythmes et aux riffs de ce Metal Extrême. Le guitariste, d’une technicité folle, m’hypnotise une bonne partie du set avec ses doigts qui défilent avec aisance sur le manche. Du grand art !

    Nous avons eu la chance de passer quelques temps à discuter lors d’une interview que le duo nous a accordée. Retrouvez l’article et l’entretien ici : Interview : ACOD – Memento Mori Webzine

    L’interview de Fred et Jérôme/ACOD :

    Lien vidéo ACOD :

    THE GREAT OLD ONES

    La tête d’affiche de cette première soirée n’est rien de moins que l’un des plus importants groupes de Post-Black Metal de l’hexagone : The Great Old Ones. Les Bordelais vont nous servir une superbe prestation de leur Metal noir mettant en musique l’œuvre de H.P. Lovecraft.

    La mise en son est excellente et les musiciens se donnent à fond. Nous avons même le droit à un extrait du prochain album, Kadath, qui sortira le 24 janvier 2025, avec le titre “Me, the Dreamer”. Ce n’est que la deuxième fois qu’ils jouent ce morceau en live : il laisse présager le meilleur pour cette nouvelle galette. Quel dommage de voir la salle se vider au fur et à mesure du concert… Le groupe termine tout de même sa prestation devant un public conséquent mais moins nombreux que pour Acod.

    Ici aussi, nous avons eu le plaisir de rencontrer Benjamin Guerry en amont du set. Retrouvez l’entretien accordé à Memento Mori Webzine ici : Interview : Benjamin Guerry – Memento Mori Webzine

    Lien vidéo THE GREAT OLD ONES :

    ***

    SPHERES

    C’est le groupe Spheres de Paris, qui lâche les premières notes de cette seconde soirée. Qui dit Metal Progressif peut parfois dire démonstration de technique en omettant l’essentiel, la mélodie. Ce n’est pas le cas de notre quatuor : les lignes mélodiques sont facilement assimilables ce qui n’empêche pas la formation de faire montre de tout son talent technique. Un concert très agréable mené de main de maître par son chanteur guitariste à la bonne humeur communicative. Une belle découverte.

    Lien vidéo SPHERES :

    CARCARIASS

    C’est dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures soupes. Et ce soir les vieux briscards de Carcariass nous le prouvent de la plus belle des manières. C’est à une leçon de Death Metal Mélodique old school à laquelle nous assistons. Le son est gros et Pascal Lanquetin, lead guitariste, nous enchante et nous éblouit avec ses pluies de notes qui font la signature du groupe depuis ses débuts. Le set se concentre essentiellement sur les trois derniers albums de la bande en n’omettant pas d’aller piocher dans le vieux matériel avec deux extraits de l’album Killing Process qui date de 2002. Jérôme Thomas, le chanteur, descend s’ambiancer dans le pit durant le titre “Mortal Climb”, pogotant avec le public puis se mettant en retrait pour admirer ses camarades jouer le morceau. Incontestablement le meilleur concert du festival !

    Lien vidéo CARCARIASS :

    ATLANTIS CHRONICLES

    C’est à Atlantis Chronicles que revient la tâche de clôturer cette seconde soirée. Et ils n’ont aucun mal à mettre le public dans leur poche grâce à leur Death Metal Technique et Mélodique parsemé de touches de Metalcore. Le niveau technique des musiciens est juste époustouflant. On sent les années passées sur la route, de la plus petite salle jusqu’aux scènes des plus gros festivals en France comme à l’étranger. Mais pour ma part, j’abandonne au deuxième titre car ce genre de musique ne me parle absolument pas. Vu le peu de monde qui traine dans le hall de La Carène durant leur set, on peut considérer que la majorité de l’audience a été conquise.

    Lien vidéo ATLANTIS CHRONICLES :

    ***

    Afin de clôturer le festival, une partie de l’équipe monte sur scène pour un petit discours de remerciement. Le pari du changement de salle est relevé haut la main. Cette édition est une réussite totale en tout point. Et avec une belle fréquentation (300 entrées payantes le vendredi et 250 le samedi). Ce qui laisse présager le meilleur pour l’avenir.

    Brest, ville punk, a été pendant de nombreuses années, un parent pauvre en matière de concerts Metal. Cela étant certainement dû à sa position géographique. Mais aujourd’hui la ville peut se réjouir d’avoir deux festivals Metal qui tiennent la route et remportent chacun un joli succès. Bravo à toute l’équipe du Metalearth de nous avoir si gentiment gâtés. Nous avons déjà hâte de tous vous retrouver l’année prochaine avec une affiche encore plus folle.

    Merci au Metalearth pour l’accréditation et les interviews accordées.

    Nous vous laissons avec quelques photos des organisateurs, merch et exposants.

  • Misanthrope – Death Ascent

    Misanthrope – Death Ascent

    Genre : Avant-Garde Metal
    Label : Holy Records
    Sortie : 28 Février 2025

    Note : 80/100 (WvG)

    Misanthrope… Que j’aime à faire entendre ce nom utile aux sages, et pi c’est tout… Ce groupe français dans la sphère métallique depuis plus de trois décennies, bientôt quatre, est inclassable (ou alors dans les bacs de chez Virgin/FNAC dans la catégorie « Dark/Doom/Death » tant même les vendeurs de galettes ne savaient où mettre leurs opus), si ce n’est en tant qu’« avant-garde ».

    Leur point d’ancrage initial, la référence au Misanthrope de Molière a évolué entre temps, faisant des bisous tout doux et léchouilles saphiques à l’œuvre de Baudelaire dans IrréméDiable, des à-côtés avec le side project Argile (également mené par le duo Philippe « SAS de l’Argilière » Courtois et Jean-Jacques Moréac mais dans un registre musical différent bien que proche), deux récents albums de reprises et remakes de précédents morceaux (Bâtisseur de cathédrales : Les fissures de l’édifice, EP assez détonant et étonnant, puis Les Déclinistes), un live Immortal Wars in Eden (officiel cette fois-ci, pas le bootleg du coffret Recueil d’écueils).

    Il va de soi que je ne ferai pas l’analyse et la chronique des dix précédents albums studio de Misanthrope – allant de l’assez bon à excellent, et je reste subjectif – parce que ce n’est pas le sujet du jour : aujourd’hui, en 2025, on approche Death Ascent, le nouvel album du quatuor français et surtout francophone, qui a sa patte et joue de cette identité dans le paysage métallique français et international.

    Il se faisait attendre, du moins JE l’attendais, ce nouvel album de compositions nouvelles !

    Et…

    Et merde…

    Pas un nouvel album de nouvelles compos mais un nouvel EP de reprises ou remakes…

    Mais POURQUOI ?!

    Déjà, pourquoi mon « merde » : parce que ça fait depuis Alpha X Omega (2017, donc, le « assez bon » évoqué plus haut) que j’attends de nouvelles œuvres voire chefs-d’œuvre (Libertine Humiliations, Misanthrope immortel, IrréméDiable, mes « excellents » ci-dessus) de la part du groupe qui m’a mis le pied à l’étrier de l’étalon « élitiste » du Metal extrême (avec le morceau « 1666… Theatre bizarre » sur une compilation, Hate over Blood, trouvée hasardeusement et à prix très modique pour l’époque dans les bacs de l’Audito – c’est dire si ça remonte, même le nom de l’enseigne qui voulait concurrencer la FNAC n’existe plus depuis belle lurette –, les fameux « Dark/Doom/Death »). Oui, je redonde dans cette chronique, mais c’est pas moi qu’ai commencé, hein !

    Bien ! Passé ce moment coup de gueule, on retire la casquette et le t-shirt de fanboy et on redevient pragmatique pour entrer davantage dans le sujet.

    *

    Couronné d’un artwork classieux, une peinture de Jean Delville datée de 1903 intitulée L’homme Dieu, cet « album » est, pour commencer et mettre à plat, un EP de huit pistes pour quarante-deux minutes, réalisé par des professionnels aguerris. C’est indéniable, que ça soit de l’exécution parfaite et carrée au mixage/mastering fait aux Morrisound Studios à Tampa, ceux derrière les albums de Death – le titre de l’EP était un indice pas subliminal, la reprise en titre d’ouverture de « Lack of Comprehension » du Human de ce même groupe en étant la confirmation – avec aux potards LE Jim Morris qui donne son nom aux studios idoines. Je ne cache pas que ma préférence dans les albums de Death va à Symbolic mais chacun ses goûts quant au choix du morceau à reprendre et, après tout, ce morceau est annonciateur de ce qu’allait être Symbolic.

    Comme amuse-gueule, il y a pire : cette reprise de Death est parfaite. Trop… Calquée, même, avec la différence d’énergie liée au fait que le grain de Misanthrope, même approchant et respecté, n’est pas celui de Death. Je comprends l’idée de faire un hommage mais dans ce cas, pourquoi faire le même ou quasi sans rien apporter (quand une reprise de Mylène Farmer, aussi improbable soit-elle, amène quelque chose de différent) ? Un cahier des charges ? La « patte blanche » montrée au tenancier des lieux ?

    *

    Je le subodorais à la lecture des titres des morceaux (celui de l’album ne définit rien vraiment), tous en anglais : Misanthrope a mis de côté son identité francophone quand c’est ce qui faisait sa particularité, qu’on adhère ou pas d’ailleurs. Cependant, dépoussiérer, c’est parfois pertinent. Eu égard au « Hater of Mankind » qui s’ensuit, toujours aussi nerveux et acéré que l’original de 1991 mais franchement moins crado niveau son et nettement plus intelligible, particulièrement sur la partie de batterie ici jouée par Gaël Féret.

    Pour avoir poncé Misanthrope immortel et en connaître quasi chaque note, je réagis directement aux premières de « Emperors of the Void », ou « Les empereurs du néant » en VF… quasi identique, hélas, morceau toujours parfaitement exécuté mais, sorti de la VENG et de l’ajout de quelques changements de patches (de claviers) et d’ajout de fills de guitare par Anthony Scemama, ainsi que de cordes incisives en arrière-plan, rien de bien changeant.

    Le constat est un peu similaire aux précédents sur la version 2025 de « 1666… Theatre bizarre », avec un son plus léché et donc plus intelligible, particulièrement sur les lignes de basse de Jean-Jacques Moréac, toujours aussi technique et pointu dans son jeu. Là, c’est vraiment par nostalgie que je vais dire que je préfère la VO, parce que celle-ci est tout à fait convenable, avec des choix assumés de jouer plus sur le légato que le staccato aux guitares. Les quelques petits changements sur l’outro sont intéressants (supprimer la seconde guitare pour mettre en relief la lead accompagnée de nappes, la variation harmonique) mais – je ne sais plus avec qui on parlait de ça récemment – le fade out de fin m’a manqué, et on n’en fait plus assez, je trouve.

    S’enchaine une reprise de Atheist, « Piece of Time » ; à l’image du « Lack of Comprehension », c’est une reprise quasi identique et parfaite à l’original, avec le son de Misanthrope.

    Ensuite, « Legacy of Leprosy », une version du « Deus puerilis », un titre datant initialement de la période Deus Puerilis*. Enfin, une fois encore la version 2025 est nettement plus audible, même si je trouve le son vintage plus intéressant. Chacun discutera du choix de supprimer les psalmodies grégoriennes d’intro mais de mettre en filigrane des chœurs masculins en backing sur le milieu de cette version : c’est le vrai choix de cette mouture.

    S’il y a des morceaux « madeleine de Proust » sur lesquels je suis tatillon, que j’adore, qui font partie de mes « hep, hep, hep, pas touche ! », c’est bien celui-là : « L’envol ». Ici, intitulé « Omega Flight », chantée en VENG, la version proposée est une fois encore tout à fait correcte et intéressante sous différents aspects (les sons synthétiques modernisés), mais je la trouve surchargée sur les couplets par rapport à l’originale.

    L’EP s’achève sur « Diabolical Lamentations », donc « Les lamentations du Diable » en VO. Pour le coup, si on omet la VENG – je préfère la VF, sans nul doute –, le choix de mettre en avant la partie orchestrale dans l’arrangement est nettement plus judicieux dans ce cas et c’est un bon choix de morceau pour clore cet opus.

    Cet EP est probablement un petit plaisir que se (nous ?) fait Misanthrope, axé sur son amour pour le Death Metal tant dans le choix des reprises que des versions restaurées et l’empreinte du genre dans ces morceaux. Je ne cracherai évidemment pas sur le travail fait en amont et, j’imagine, la sensation d’accomplissement que de se dire qu’on a enregistré à Tampa, le berceau d’un sous-genre qui nous a suivi pendant tant d’années. 

    Le non-initié y trouvera son compte pour la découverte du groupe, certes : sur le papier, cet enregistrement est d’une carritude exemplaire et efficace (et pour cause, c’est une des nombreuses qualités de Misanthrope depuis des décennies, probablement ce qui fait sa longévité) et le son est chiadé, eu égard à la qualité fournie pour que toutes les conditions soient les meilleures dans le (sous-)genre. Les morceaux sont forcément intéressants, puisque représentatifs de ce que propose Misanthrope, avec sa patte compositionnelle unique. Pourtant je ne peux que regretter que cet EP ne soit pas un CD bonus de coffret édition spéciale… d’un vrai album tout beau tout neuf, avec plein de nouvelles idées Misanthrope-proof mises en musique. Et, si les titres des productions du groupe laissent des indices comme supposé plus haut, on enquille « oméga », « fissures », « déclin » et « mort », ça ne sent pas bon… J’espère que l’avenir me donnera tort. Et je ne veux pas « préparer mon âme au pire des cauchemars » donc, Misanthrope, « Créateur du Mal, je t’en prie, redonne vie au néant ».

    [NdlA : cette chronique a été réalisée avant l’interview du groupe, certains éléments prennent leur explication dans celle-ci. Par honnêteté et mise en condition d’auditeur sans ces informations, le choix a été fait de ne pas transformer la chronique initiale, ce qui ne changerait pas grand chose à l’appréciation positive quoi qu’il en soit – lien vers l’interview, ici : Interview – Misanthrope – Memento Mori Webzine]

    * »Pour être exact, il s’agit du premier titre composé juste après les 5 titres du split CD Hater of Mankind et juste avant les 4 titres de Deus Puerilis » – Dixit S.A.S de l’Argilière

    Tracklist :

    1 – Lack of Comprehension (Tribute to Death) (3:41)

    2 – Hater of Mankind 2025 (6:02)

    3 – Emperors of the Void (5:40)

    4 – 1666…Theatre Bizarre 2025 (5:46)

    5 – Piece of Time (Tribute to Atheist) (4:21)

    6 – Legacy of Leprosy (6:03)

    7 – Omega Flight (5:35)

    8 – Diabolical Lamentations (4:55)

    Line up

    • Jean-Jacques Moréac – Basse
    • Anthony Scemama – Guitares
    • Gaël Féret – Batterie
    • Philippe Courtois de l’Argilière – Voix

    Liens

    https://www.facebook.com/misanthrope.official

    http://www.misanthrope-metal.com/

    https://www.youtube.com/channel/UCiNGH54h4xDp_dFsRicrg0Q

  • PATRIARKH / Prorok Ilja

    PATRIARKH / Prorok Ilja

    (2025)

    Genre : Black Metal / Folk
    Label : Napalm Records
    Sortie : 3 Janvier 2025

    Note : 75/100 (Seb D)

    – Eh ! Je suis allé voir Batushka hier soir en concert !

    – Ah ? Tu as vu lequel ?

    – Comment ça lequel ?

    – Ben, il y a deux Batushka.

    – Ah bon ? Ben, je n’en sais rien. C’était le groupe de Black à capuches habillé un peu comme des prêtres orthodoxes.

    – Tu ne m’aides pas beaucoup sur ce coup-là car les deux groupes sont grimés de la même façon.

    Ce genre de discussion n’existera plus car la justice a enfin tranché et une seule de ces deux entités pourra désormais porter ce patronyme. Il s’agit du groupe du guitariste Krzysztof ‘Derph’ Drabikowski, fondateur de Batushka avant que des dissensions internes ne fassent éclater ce projet unique en deux formations distinctes, semant par la même occasion le trouble parmi les fans.

    La partie perdante ne se laisse pas abattre pour autant et rebondit assez vite en dévoilant à son public son nouveau nom : Patriarkh. Elle annonce dans la foulée sa signature chez le géant Napalm Records et un nouvel album à sortir.

    *

    Cette nouvelle offrande nous raconte l’histoire vraie de Eliasz Klimowicz autoproclamé prophète Ilja, paysan illettré qui était le chef de la secte orthodoxe Grzybowska, active jusque dans les années 1960. Celle-ci s’est déroulée dans la région natale du groupe en Podlasie, dans le village de Grzybowszczyzna, dans les années 1930 et 1940.

    Lien vidéo “Wierszalin I & II” :

    Ce changement de nom n’est pas la seule nouveauté. Le groupe profite de l’occasion pour faire évoluer son style musical de façon assez marquée. En effet, le Black Metal d’antan se fait plus discret, laissant une place très importante aux instruments folkloriques tels que la tagelharpa, la mandoline, le mandocello, la vielle à roue et le dulcimer à cordes. Le groupe a également travaillé avec un orchestre symphonique ainsi que des chœurs donnant de l’ampleur à ce mélange de musiques orthodoxes et de Metal Extrême.

    La formation parsème des éléments Doom, comme sur l’excellent “Wierszalin III” qui selon moi est certainement le meilleur titre que les Polonais ont sorti à ce jour.

    Lien vidéo “Wierszalin III” :

    Les huit titres de l’album sont entrecoupés de narrations, ce qui, malgré la barrière de la langue, participe à plonger pleinement l’auditeur dans l’histoire. Les instruments folkloriques amènent une mélancolie si propre à la musique slave. Un neuvième titre est disponible dans l’édition limitée “wooden box” (déjà sold out) mais n’ajoute rien d’essentiel.

    L’apport de chants féminins est une véritable plus-value à cette nouvelle orientation musicale.

    À l’instar d’un Orphaned Land en Israël, Patriarkh se fait le digne représentant de la culture polonaise dans le monde du Metal.

    Lien vidéo “Wierszalin IV” :

    *

    Le seul bémol que l’on peut reprocher à cet album, c’est la faible présence de partie Black Metal qui fait que l’ensemble manque cruellement de relief. Peut-être est-ce aussi pour mieux coller à l’histoire contée.

    Il est certain que le groupe va perdre une partie de sa fanbase la plus friande des envolées agressives, sans pour autant gagner un nouveau public. La formation étant particulièrement clivante depuis le début de sa carrière. 

    Nous avons ici à faire à un groupe en pleine mue. 

    L’avenir nous dira si elle se transformera en joli papillon ou si elle restera éternellement coincée dans sa chrysalide.

    Tracklist 

    1. ВЕРШАЛИН I / Wierszalin I
    2. ВЕРШАЛИН II / Wierszalin II
    3. ВЕРШАЛИН III / Wierszalin III
    4. ВЕРШАЛИН IV / Wierszalin IV
    5. ВЕРШАЛИН V / Wierszalin V
    6. ВЕРШАЛИН VI / Wierszalin VI
    7. ВЕРШАЛИН VII / Wierszalin VII
    8. ВЕРШАЛИН VIII / Wierszalin VIII
    9. ВЕРШАЛИН IX / Wierszalin IX (bonus track)

    Line up :  

    • Барфоломей – Chants
    • Монах Борута – Guitare
    • Монах Тарлахан – Guitare
    • Архангел Михаил – Guitare
    • Лех – Batterie
    • Язычник – Chœurs
    • Хиацынтос Яца – Chœurs

    Guests :

    • A. Strug – Chant additionnel sur la piste 3
    • Maciej Maleńczuk – Chant additionnel sur la piste 3
    • Eliza Sacharczuk – Chant additionnel sur la piste 4

    Liens : 

    https://www.facebook.com/patriarkhofficial

    https://www.instagram.com/batushkaband?igsh=bG5jMDluMmthcmVt

    https://patriarkh.bandcamp.com/album/prophet-ilja

    https://youtube.com/channel/UCbYeNaCsK6d28zQpHjwf10A?si=4M38p3ovFNW0NbSG

  • Wormed – Omegon

    Wormed – Omegon

    Genre : Tech Brutal Death
    Label : Season of Mist
    Sortie : 5 juillet 2024

    Note : 75/100 (WvG)

    Il fait chaud, trop chaud pour que j’arrive à dormir paisiblement… et quand je n’arrive pas à dormir, je rumine, je ressasse des trucs qui, pour faire simple, seraient l’équivalent d’un statut « c’est compliqué » sur Facebook, je réfléchis à m’en taper la tête contre les murs, ce qui va à l’encontre de la logique puisque c’est plutôt l’inverse en général : c’est quand on se prend le mur qu’on réfléchit (d’où l’expression « après mur, réflexion »). En clair, j’avais le cœur gros, de nuit, fallait que je change de peau… J’ai changé de draps et de caleçon, c’est déjà ça : un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’hygiène.

    Bref, j’avais besoin de penser à autre chose et, donc, je me dis « et si j’allais zieuter dans la liste d’albums à chroniquer chez Memento, je trouverai peut-être le repos : rien de mieux pour un bon gros dodo ! » … Je tombe alors sur Wormed et leur quatrième album intitulé Omegon.

    *

    Ah, cool, de l’astrophysique et de la physique quantique d’après les titres ! Théoriquement, ça devrait aider… Je lis du « Nexus », du « Teratogenesis », du « gravitational », je me dis qu’il y a matière (noire) à soulever une épée de Damoclès : soit l’endormissement (mon souhait), soit une recherche approfondie pour creuser ces abysses insondables que sont internet et ses sources infinies d’information en quête de nouvelles connaissances. Et puis l’artwork est totalement classieux et quali, totalement dans l’esprit « espace », « technologie » et consorts, un peu dans l’esprit d’une jaquette de Fear Factory.

    Bon, j’avais oublié de lire la spécificité stylistique « technical brutal Death » … Et en effet, on est les deux pieds dedans ; il y a comme un grain de sable de terrain de beach volley olympique dans cette machine dans ma tête : le 4/4, c’est pour les fragiles… Alors, oui, il y en a, occasionnellement, ponctuellement, mais juste comme une soupape de respiration (genre la courte plage « Malignant Nexus ») dans un flot de mesures complexes aux rythmiques syncopées qui feraient passer un prog snob pour un néophyte. De toute façon, il se serait déjà barré, vu l’absence de mélodie. D’ailleurs, je me demande bien ce que ça peut donner en live : un headbang n’est même pas envisageable, ou alors ça passera pour une crise d’épilepsie, ce qui pourrait être drôle à voir, moins si c’est une vraie en direct… Cherchez pas, je réfléchis encore trop…

    Le ton est donné dès le premier morceau « Automaton Virtulague » : ça va taper… La nuit est chaude, elle est sauvage, et finalement, ce n’est pas l’écoute de cet album qui va me calmer. Et vous avez intérêt d’être bien accroché pour tenir les neuf pistes pour quarante-et-une minutes s’achevant sur le long morceau éponyme de l’album (sept minutes de tabassage arythmique), servies par le quintette espagnol qui doit avoir l’esprit encore plus tordu et facétieux que le mien. Petit tour sur Encyclopedia Metallum ; chaque membre pseudonymé de ce petit groupe de joyeux madrilènes semble tout autant hyperactif, au vu du CV.

    Tout ça devrait être plutôt élogieux, musicalement, mais beaucoup de choses m’ont fait sortir d’Omegon. Déjà, la caisse claire qui sonne kit Playschool tambourinée par une poupée Mattel ; il parait que c’est une esthétique, mais je n’adhère pas. Ensuite, c’est bien sympa de parler de sujet de haute volée, encore faudrait-il que les paroles soient (1) compréhensibles/intelligibles (là, je pourrais ânonner ma liste de courses simultanément que ça serait pareil) et (2) audibles ; une piste de voix sous-mixée donc dispensable pour ce qui est censé être un concept album (?!)… Subséquemment, ça donne l’impression d’avoir choisi une thématique au hasard (par exemple… « Astrophysique pour 40 points * jingle Jeopardy* : « un trou de ver » … Miguel ? – Hmmm… Qu’est-ce qui a inspiré le nom du groupe « Wormed » ? »), idée aussi évidente et foisonnante de débouchés que de prendre… disons au hasard aussi… une poupée Mattel (ou le jeu Touché Coulé) et lui affecter un scénario qui tient sur un post-it pour en faire un film ! Soyons fous !

    *

    Conclusion : brutalement, techniquement et deathment, c’est un album idéal, du genre plus efficace que du Redbull, pour vous tenir éveillé(e) sur la route… disons pour aller en fest… disons au Motocultor, pourquoi pas *blink, la rédac’*… mais pas pour vous servir de berceuse ou vous distraire de vos pensées nocturnes insomnieuses. Donc l’été sera chaud dans mon T-shirt, dans mon maillot et j’ai toujours le cœur gros, Nadine…

    Line Up : 

    Guillemoth – Basse / Phlegeton – Samples, Chants, paroles / Migueloud – Guitares, Composition (3, 6, 8) / V-Kazar – Batterie, composition ( 1, 2, 4, 7, 9) / D-Kazar – Guitares, composition (5)

    Tracklist : 

    1. Automaton Virtulague
    2. Pareidolia Robotica
    3. Protogod
    4. Pleoverse Omninertia
    5. Malignant Nexus
    6. Virtual Teratogenesis
    7. Aetheric Transdimensionalization
    8. Gravitational Servo Matrix
    9. Omegon

    Liens : 

    https://wormed.bandcamp.com/album/omegon

    https://www.facebook.com/wormed

    https://www.youtube.com/channel/UCuUSrdwvLIG07CPeGsdv4fw

    Omegon - Wormed - CD album - Achat & prix | fnac
  • Live Report : Sepultura+Jinjer+Obituary+Jesus Piece

    Live Report : Sepultura+Jinjer+Obituary+Jesus Piece

    Sepultura+Jinjer+Obituary+Jesus Piece
    LE ZENITH (Paris, 75)
    Mercredi 30 octobre 2024

    Texte : Seb D
    Vidéos : Once Upon a Live

    Cette année, les Brésiliens de SEPULTURA ont décidé de célébrer leurs quarante ans de carrière en se lançant dans une tournée d’adieu. Ce “Celebrating life through death tour” se terminera en 2026 par une ultime date à Sao Paulo ainsi que par la sortie d’un album live regroupant quarante titres enregistrés dans quarante villes différentes en signe d’épitaphe.

    Après avoir débuté cette tournée par les Etats-Unis le 17 septembre à Chicago, la joyeuse troupe débarque sur le vieux continent et nous fait l’honneur de commencer cette escale européenne par la France.

    *

    Je rate volontairement le JESUS PIECE, premier groupe à jouer ce soir, préférant boire une bière avec les amis et faire quelques emplettes au stand merchandising. N’étant pas un grand fan de Hardcore, vu le son que l’on entend depuis le hall du Zénith et ayant écouté le dernier album du groupe avant de venir, je sais que je ne loupe pas grand-chose.

    Le deuxième groupe m’intéresse beaucoup plus et nous profitons de la pause pour bien nous placer. C’est qu’il est bientôt l’heure de se prendre une bonne dose de Death Metal old school dans les esgourdes. La machine floridienne la plus groovy du circuit ne tarde pas à prendre possession des planches et entame son set par l’habituel instrumental “Redneck Stomp”. Histoire de nous montrer que le son est bien gros et qu’on va prendre cher.

    En vieux métalleux que je suis, je trouve inconcevable de voir OBITUARY jouer avant JINJER. Mais que voulez-vous, à l’heure des plateformes de streaming, on peut vite voir que les Ukrainiens sont bien plus populaires que la bande des frères Tardy.

    Malgré ça, la bande de Tampa délivre un concert impeccable comme il sait si bien le faire à chaque fois que j’ai l’occasion de les voir en live.

    Hormis trois titres du dernier album en date Dying of Everything et l’intro mentionnée plus haut, la formation met en avant ses albums sortis entre 1989 et 1997. Ce qui ravit les fans de la première heure. Après dix titres enchaînés sans temps mort, les arpèges de “Slowly We Rot” résonnent dans le Zénith, annonçant le dernier morceau du set. Un excellent concert !

    Lien vidéo OBITUARY :

    *

    La charismatique Tatiana Shmayluk et ses trois acolytes ne tardent pas à prendre le relais. Changement total d’ambiance avec un Metal Progressif moderne penchant très franchement vers le Djent. Depuis le buzz créé par le groupe il y a bientôt dix ans jusqu’à aujourd’hui, la notoriété du groupe est montée en flèche, faisant de JINJER une des plus grosses locomotives européennes de renommée mondiale. Mais tout cela n’est pas le fruit du hasard, c’est uniquement dû à un travail sans relâche et des tournées incessantes aux quatre coins de la planète. Tatiana est comme toujours époustouflante, alternant les vocaux avec une aisance folle. Quelle voix ! Le set de ce soir ne fera que confirmer le professionnalisme de la formation tant le show est carré de chez carré. Bien que j’apprécie le groupe, je ne rentre pas totalement dans le concert sur la durée. Le côté froid et mécanique de ce style musical me lasse un peu sur la longueur. Le public paraît totalement conquis et je peux le comprendre. JINJER reste une machine ultra efficace en live.

    Lien vidéo JINJER :

    *

    Vient enfin le moment du plat de résistance. Autant le dire directement, SEPULTURA est en très grande forme ce soir et va nous le prouver de la plus belle des façons. Et ils ne vont pas être avares car nous allons avoir le droit à vingt-et-un titres !

    Nous sommes très bien placés et les enceintes crachent le “War Pigs” de BLACK SABBATH suivi du “Polícia” du groupe TITÃS pour faire patienter l’audience. 

    D’entrée de jeu les Brésiliens nous décochent deux tubes : “Refuse/Resist” et “Territory”, ce qui a pour effet de faire exploser la fosse en un énorme pogo où tout le monde s’égosille en reprenant les refrains de ses deux titres imparables.

    Le ton est donné, ce soir le groupe est chaud bouillant, il est heureux d’être là et va tout faire pour régaler le public venu nombreux fêter cet anniversaire.

    La setlist explore toutes les époques du groupe et met à l’honneur tous les albums du quatuor (excepté quatre d’entre eux : Nation, Roorback, A-Lex et The Mediator between Head and Hands must be the Heart). Andreas Kisser (guitariste), en véritable maître de cérémonie, communique énormément avec le public ; ce dernier montre sa dévotion totale à la formation qui donnera tout sur scène. Les réactions sont aussi bonnes sur les titres les plus récents que sur les hymnes les plus anciens inscrits au panthéon du Metal.

    SEPULTURA nous fait aussi le cadeau de reprendre le “Orgasmatron” de MOTÖRHEAD. J’ai toujours préféré la version des Brésiliens à celle de Lemmy et sa bande.

    Derrick Green, le chanteur, ne démérite pas : celui qui a toujours été plus ou moins vu comme un remplaçant, voire un imposteur, se donne à fond et nous montre qu’il a lui aussi sa place dans l’histoire de cet icône du Thrash Metal. Et que dire de Greyson Nekrutman ? Talentueux batteur qui a eu la lourde tâche de remplacer l’excellentissime Eloy Casagrande parti chez SLIPKNOT juste avant que la tournée de SEPULTURA ne débute. Il est tout simplement magistral. 

    Le groupe quitte la scène après un “Arise” qui a entretenu le bouillon dans la fosse…

    Mais c’est pour mieux revenir et nous finir sur les deux tubes de l’album Roots que sont “Ratamahatta” et le classique “Roots Bloody Roots”, repris à gorges déployées par un Zénith totalement conquis par la mandale qu’il vient de recevoir.

    SEPULTURA est venu, a vu et a vaincu ! Ce sera l’un des meilleurs concerts de 2024 pour moi.

    Lien vidéo SEPULTURA (1) :

    Lien vidéo SEPULTURA (2) :

    *

    Et maintenant, que va t’il se passer ? Nous savons tous que les tournées d’adieu dans le monde du Metal ne veulent pas dire grand chose. SEPULTURA tiendra t-il sa parole et raccrochera une fois pour toutes les guitares après la dernière date à Sao Paulo ? Ou cédera-t-il aux nombreuses propositions de cachets indécentes pour revenir sur scène avec le line-up historique, c’est-à-dire avec Max et Igor Cavalera ?

    Tout est possible et l’histoire a prouvé à de nombreuses reprises que des mallettes pleines de billets verts peuvent aider à enterrer la hache de guerre afin de faire plaisir aux promoteurs, aux gros festivals et surtout aux fans. Nous verrons bien.

    Mais tout reste possible, sachant qu’Andreas KISSER a lancé un appel du pied aux frères Cavalera afin que ceux-ci soient présents et participent au show de clôture de cette tournée. Il précise bien qu’il n’y a pas d’amitié ni aucune relation de quelque ordre que ce soit entre eux mais un respect mutuel. Quelque temps après cette déclaration, Andreas Kisser ne se privait pas de tacler les deux frangins sur les relectures des premiers albums de SEPULTURA qu’ils ont sortis sous le nom CAVALERA.

    Wait and see…

  • Interview : ACOD

    Interview : ACOD

    Interviewés : Fred et Jérôme (ACOD)
    Interviewers : Mémé Migou et Bruno Guézennec

    Au Metalearth 2024 (Brest, La Carène)

    Lors de cette 3ème édition du Metalearth Festival, en 2024, Memento Mori Webzine a eu le plaisir de partager un moment de discussion avec le duo Fred et Jérôme, du groupe ACOD, venus défendre leur dernier album « Versets Noirs » sur la scène de la Carène ( Brest).

    Merci Acod et Merci le Metalearth festival.

    Crédit musique : ACOD/ "The Son of a God : The Heir of Divine Blood" 
    
    Crédit Photos : Mémé Migou

    Quelques liens :

    La chronique de « Versets Noirs » par Seblack :

    ACOD – Versets noirs (2024) – Memento Mori Webzine

    Facebook :

    https://www.facebook.com/acodband

    Instagram :

    https://www.instagram.com/acodband

  • Live Report – Powerwolf+Hammerfall+Wind Rose

    Live Report – Powerwolf+Hammerfall+Wind Rose

    Powerwolf+Hammerfall+Wind Rose
    LE ZENITH (Nantes, 44)
    Mercredi 9 octobre 2024

    Texte : Seb D
    Vidéos : Once Upon a Live (sauf la dernière)

    C’est sous la pluie et un ciel grisâtre que je rallie le Zénith de Nantes pour passer une bonne soirée au doux son du Heavy Metal. En effet, c’est dans le cadre de sa tournée européenne “Wolfsnächte 2024”, en soutien à son nouvel album “Wake up the Wicked”, que les Allemands de POWERWOLF, accompagnés de deux autres groupes, vont gratifier notre pays avec deux escales. La première date à Paris ayant affiché sold out rapidement, la troupe d’Attila Dorn a rajouté l’étape nantaise à son périple qui comptait déjà quinze dates.

    C’est devant une fosse déjà bien fournie que les Italiens de WIND ROSE prennent la scène d’assaut. Les transalpins n’ont que vingt minutes pour convaincre et n’ont aucun mal à le faire grâce à leur Power Folk Metal festif et très accrocheur. Les musiciens arrivent sur les planches habillés de capes bleu roi à l’encolure en moumoute. Le chanteur, grimé tel un seigneur nain s’étant échappé de la Terre du Milieu, déboule à son tour une hache à la main. En seulement quatre titres, la belle équipe va mettre le public dans sa poche. Je crois n’avoir jamais vu un groupe mettre le feu comme ça en si peu de temps. Chapeau bas ! Il faut dire que le Metal pratiqué par la formation est très festif et il est difficile de ne pas se laisser embarquer par leur énergie et de tels hymnes. C’est le dernier titre, “Diggy Diggy Hole”, qui remporte la palme car reprise en cœur par l’audience ; c’est leur plus gros tube, affichant plus de soixante millions de vues sur YouTube, le genre de musique que je déteste habituellement. Je n’écouterai pas ça à la maison mais je dois avouer que si le groupe devait se produire en festival et que je suis dans les parages, je ne bouderai pas mon plaisir. Une agréable entrée en matière.

    Lien vidéo WIND ROSE :

    Ça enchaîne très vite car après seulement dix petites minutes de pause, la salle est de nouveau plongée dans le noir. C’est maintenant au tour des Suédois d’HAMMERFALL de nous régaler avec leur Heavy Metal. Forts de plus de trente ans d’expérience au compteur, on se dit que la sauce va prendre immédiatement. Eh bien pas du tout ! Il n’est pas si évident que ça de passer après la tornade WIND ROSE, même lorsqu’on s’appelle HAMMERFALL. Le groupe sort les rames et il faut attendre le tube “Renegade”, cinquième titre de la setlist, pour qu’enfin le public commence à se mettre dans l’ambiance et à lever le poing. À partir de ce moment, le chanteur Joacim Cans ne va plus le lâcher en captant son attention et en jouant avec lui, notamment avant le début du titre “Let the Hammer fall”. Et cela jusqu’à la fin du show grâce à des hymnes tels que, “(We Make) Sweden Rock” et “Hail to the King”. Sur les douze titres joués ce soir, les Suédois ont mis à l’honneur trois extraits de leur nouvel album Avenge The Fallen. Un très bon concert qui n’est pas passé loin du naufrage, ce qui aurait été bien dommage.

    Lien vidéo HAMMERFALL :

    Une voix résonne dans la salle et nous annonce un entracte de trente minutes. Un grand rideau rouge flanqué du logo de la tête d’affiche du jour, cache la scène.

    Lorsque celui-ci tombe, nous découvrons le décor dans lequel vont évoluer les Allemands. Le terrain de jeu de POWERWOLF ce soir peut faire penser aux ruines d’une église dont les vitraux servent à projeter des images. En fond de scène, un écran gigantesque diffuse diverses animations où le loup (mascotte du groupe) se meut dans différents thèmes et saynètes en fonction des titres joués. C’est un véritable show à grand renfort de pyrotechnie. L’entame de cette grande messe du Heavy Metal se fait sur un extrait de leur tout dernier album, Bless ‘em with the Blade. Le son est massif et très net, on va en prendre plein les yeux et les oreilles ! Et le groupe ne va pas être avare car il va nous jouer dix-neuf titres (rappel compris). Une grosse partie de leur discographie est balayée avec des tubes comme s’il en pleuvait tels “Army of the Night”, “Amen & Attack”, “Armata Strigoi”, “Bête du Gévaudan”, etc. Ils mettront également à l’honneur leur dernier bébé avec pas moins de quatre titres.

    Le chanteur Attila communique avec l’audience tout le long de la soirée dans un français impeccable, n’hésitant pas à faire participer le public, lui demandant de le suivre sur ses vocalises puissantes. La salle répond comme un seul homme à toutes ses demandes.

    Tels Flake et Till de Rammstein, Attila et le claviériste Falk animent la galerie sous forme de minis sketchs où ils n’hésitent pas à se charrier.

    Le concert passe à une vitesse folle et c’est après un rappel avec la triplette “Sanctified with Dynamite”, “We drink your Blood” et “Werewolves of Armenia” que le groupe quitte la scène sous une véritable ovation.

     Lien vidéo POWERWOLF :

    Depuis plusieurs années déjà, une question se pose : “Qui pourra remplacer nos têtes d’affiche légendaires et vieillissantes dans les gros festivals ?”.

    A l’instar d’un GHOST, d’un MACHINE HEAD ou d’un SABATON, je pense que POWERWOLF peut aisément prétendre à ce statut vu la véritable machine de guerre qu’est devenu le groupe en live. 

    POWERWOLF – Wolfsnächte 2024 (NANTES) :

  • Horoh – Horde of Horror

    Horoh – Horde of Horror

    Genre : Primal Death Metal
    Label : Crypt of Dr Gore
    Sortie : 14 Février 2025

    Note : 80/100 (Mémé Migou)


    Vendredi 14 février 2025 (on a failli se faire un vendredi 13… mais il faudra bien se rabattre sur la fête de l’amour, celui qui dégouline par tous les pores), Mémé vous invite à une surprise party !

    Venez donc célébrer l’amour comme il se doit, à coups de chaînes et de menus plaisirs, mais aussi d’un buffet rituel cannibale. Au menu, du gras, encore du gras et surtout… du gras ! (C’est très bien, le gras, ça lubrifie, tout passe mieux avec du gras).

    Et pour pimenter la soirée, Mémé vous propose un blind test. Alors, prêts ? Hop ! J’insère l’album tout chaud de Horoh et… piste 1.


    Hellraiser !

    Pas mal… Passons à la piste 6.

    Massacre à la tronçonneuse !

    C’était cadeau, celui-ci, hein. Trop fastoche. Maintenant, la piste 8.

    – Event Horizons

    Mouais… Et cet outro ? Ça vous parle ?

    – Pas facile… Les Diaboliques, peut-être ?

    Vous l’aurez compris, on navigue ici dans une  Horde of Horror . Des films gore en veux-tu en voilà. Avec, bien entendu, le propos qui va avec. Penchons-nous simplement sur ces deux titres : « Chains and Pleasures » pour Hellraiser ainsi que « Family Values » pour Massacre à la tronçonneuse.

    Je vous vois là, trépigner d’impatience en marmonnant dans votre barbe que, oui, je suis certainement passée à côté de titres de films… Il faut bien vous avouer que je ne suis pas franchement la plus grande connaisseuse en films d’horreur et encore moins gores. Donc, vous savez ce que vous allez faire ? Vous allez gentiment rajouter les références que vous avez relevées, en commentaire.

    – Hey Mémé ! Tu nous mets des slows ?

    Non, je ne vais pas vous claquer des slows, mais bien des seaux d’amour putride dégoulinant autant que visqueux. Un amour pour le gros Death des années 90, un Death Metal qui n’est pas sans rappeler le Brutal Death/Grind de Mortician. On a les riffs qui griffent la peau, qui cisaillent, le swipping, les cris inhumains (oui, j’ai laissé le line up en anglais, tant que je trouvais poétique ainsi) de J et… la putain de grosse voix de S (hin hin hin, Mémé sait le reste des lettres… elle pourrait presque jouer au pendu).

    Un petit retour en arrière s’impose. Il y a un an quasi jour pour jour, Mémé chroniquait une aberrante « Aberration », par ce qui était alors un one-man band, Horoh. Sur cet album, j’y retrouvais la folie “composale » de J que j’avais déjà adorée dans son autre one-man band mais Black Metal cette fois, Tattva. Il y avait également un morceau qui changeait du reste, plus lent, plus lourd, avec un guest de renom, S. Eh bien, ces deux-là se sont tellement bien trouvés qu’ils ne se sont plus quittés. Ahhhhh… l’amouuuuur…

    Donc un peu plus d’un an plus tard, Horoh, devenu deux, accouche d’un nouvel album, Horde of Horror. Ah ! Pour ça, le bébé est en pleine forme, il crie… mais qu’est-ce qu’il crie ! Pour autant, il a les yeux de son père et la voix de son autre père. Qu’est-ce que je veux dire par là ? Que le couple a vraiment tout partagé. Bien entendu, J est aux manettes sur tout l’aspect musical et de composition. Mais S a pu donner de sa voix et pas uniquement dans le chant. Il était partie prenante dans la composition et l’objet final. C’est donc une nouvelle direction que le projet prend, celle déjà dessinée par ce fameux morceau avec guest du premier album.

    – En d’autres termes, tu veux dire quoi, Mémé ?

    Que l’album, malgré des titres entre 1’30 et un peu plus de 4 minutes, aborde la plupart de ses pistes de façon lourde et poisseuse. Le chant de S n’y est pas pour rien. Sa voix rajoute à cette ambiance étouffante. Quand on découvre pour la première fois cette basse (je parle de la tessiture de la voix), qui parfois growle, parfois gruik, parfois débouche les éviers, C’est simple, si vous fermez les yeux, vous avez l’impression d’être dans le bureau du Proviseur en train de vous faire sermonner. Vous accusez le coup… jusqu’à ce que vous entendiez le rire dément de J, qui vous tire de votre hébétude (vers 1:00 sur la seconde piste, véritable ode à Mémé, « A Party at Granny’s » ).

    On va donc naviguer de piste en piste, de tempi lents et sales en breaks plus lourds encore, sans oublier les samples de slashers. Mais le bébé n’est pas monolithique. On a également du mid-tempo qui s’acoquine de légères accélérations qui ne semblent pas en être car en réalité, on passe du binaire en ternaire (on retrouve là tout le génie de J)… Pour vous le prouver, écoutez le troisième titre ; « Born of Stiches », qui partira aussi en accélérations dès 1:50 et ce jusqu’au bout du morceau.

    « Welcome to Hobbs End » peut aussi faire partie de ces morceaux de bravoure qui démontrent le talent de J, avec ce côté foutraque que j’adore, et des breaks assez délirants. Et plus on avance, plus on retrouve cet esprit « ça part dans tous les sens et c’est ça qui est bon ».

    Maintenant, il faut bien avouer aussi que les débuts de morceaux sont tous sensiblement calqués sur le même schéma : la présentation du riff, introduction de la voix et ça change de tempo… D’ailleurs les riffs sont globalement resserrés, nerveux, et scandés. Un côté simple aussi qui donne cette touche grind friendly. Ce qui n’empêche pas le jeu de guitare qui peut parfois prendre des tournures à la Morbid Angel avec ses swippings.

    Mais ce qui va beaucoup surprendre au premier abord, c’est la voix adipeuse et boursouflée de S. (Oui, je reviens sur le sujet, parce que quand même, on ne peut pas passer à côté ! D’autant plus qu’il n’y a aucun filtre dessus..) Comment peut-il descendre si bas ? Il a les Enfers dans le gosier, S, c’est pas possible autrement ! Il y fait si chaud qu’on suffoque, il nous étouffe comme une pomme qu’on enfonce au fond de la gorge. Et vous savez quoi ? On en redemande. Et l’alliance des deux tessitures, celle de S et celle de J, plus aiguë, décharnée, rend le tout démentiel.

    On clôture l’album sur une outro de 1:34, « Vault of Sin », entièrement faite de sample et d’un accompagnement musical entre le poisseux et l’éthéré. Un côté plus aérien qui se termine dans les entrailles de la terre.

    Horoh prend, avec Horde of Horror un presque nouveau virage, celui qu’on pouvait voir poindre sur l’un des titres du précédent album. Fort de ses 13 pistes, et servi par des artworks de toute beauté signés Moki, il a une première lecture qui va vous sembler tout à la fois simple et étouffante. Mais laissez infuser un peu, offrez-lui plusieurs écoutes et toutes les subtilités et trouvailles de composition vont vous sauter aux oreilles. Le tout est gluant, lourd, crade. C’est comme l’amour, ça nous colle à la peau. Alors, joyeuse Saint-Valentin !

    Tracklist :

    01 – Chains and pleasures

    02 – A party at granny s

    03 – Born of stitches

    04 – Welcome to Hobb s End

    05 – Death evoken (Ft Martin WitchSkinner)

    06 – Family values

    07 – Wut und blut

    08 – Liberate me

    09 – Who goes there

    10 – Bestial supremacy

    11 – Cannibal ritual (Blood Cover)

    12 – Horde of horror

    13 – Vault of sin (outro)

    Line up :    

    J – Visceral strings, Inhuman drums, Filthy bass, Putrid growls / S – Rotten throat, Putrid tongue, Vicious screams

    Guest :

    Martin WitchSkinner – Chant sur 5


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    chronique de Aberration/Horoh :

    Horoh – Aberration – Memento Mori Webzine