Genre : Black Metal
Note : 85/100 (LB D)
Label : Shadow Records
Date : 28 février 2025
Voodus est un quatuor suédois établi à Kungälv, au nord de Göteborg. Il s’est formé sur les cendres de Jormundgand, qui a eu juste le temps de publier deux démos ainsi qu’un album en 2014 avant de changer de nom en 2015.
C’est le label suédois Shadows Records, véritable expert dans la préservation de l’esprit underground, qui a été le premier à reconnaître le potentiel de Voodus en les signant dès 2015. Après la publication de deux EPs consécutifs, c’est surtout son premier et très bon album, Into the Wild, en 2018, qui marquera les esprits et positionnera les Suédois parmi les grands espoirs de la scène underground. Mais voilà, au lieu d’enfoncer le clou, ils vont lever le pied et, d’une certaine manière, se reposer sur leurs lauriers en ne publiant qu’un modeste EP de deux titres en 2020 ainsi qu’un split contenant deux autres morceaux en 2021.
Il aura donc fallu patienter sept ans pour voir émerger un deuxième opus ; c’est long, je trouve, pour un groupe aussi jeune. Alors, est-ce préjudiciable ou pas ? Personnellement, étant totalement accaparé par le flux incessant de publications au cours de ces dernières années, je dois bien avouer que j’avais quelque peu oublié l’existence de ce groupe.
C’est pour ça qu’une petite piqûre de rappel s’impose. En résumé, le premier album de Voodus se caractérisait par une approche du Black Metal profondément ancrée dans les années 90. Il était largement influencé par des groupes tels que Watain et Dissection pour ne citer qu’eux. Les moments forts étaient surtout quand ils alternaient les passages brutaux et les passages plus calmes, avec parfois de petites touches épiques qui les rendaient accessibles et addictives. Bien que l’originalité n’était pas vraiment au rendez-vous, cet album était quand même de bonne facture et demeurait très plaisant à l’écoute.
Alors, ça donne quoi ce nouvel album ?
Une première analyse s’impose : « On ne change pas une équipe qui gagne », on reprend les mêmes ingrédients qui avaient contribué au succès du premier album. L’influence de Watain et de Dissection est toujours perceptible, en particulier les morceaux “The Call of the Abysmal Deep” et “The Scorned” pour le premier groupe mentionné, en revanche, le titre éponyme et “Below And Beyond” s’apparentent davantage au second.
Après plusieurs écoutes, on remarque tout de même que sur ce deuxième album, Voodus ne s’est pas contenté de faire un vulgaire copier-coller de Into The Wild. Les Suédois ont choisi d’enrichir leur musique avec de nombreuses parties dramatiques et mélancoliques afin d’éviter une influence trop prononcée des deux groupes mentionnés plus haut, souvent source de pièges. En témoignent, le court instrumental plutôt sinistre en introduction de l’album, les breaks bien sentis dans “Emanating Sparks” ou “The Scorned”, ainsi que la partie acoustique qui débute “Below and Beyond”. Cependant, l’exemple parfait reste le titre “Hieros Gamos”, où l’on peut percevoir des mélodies à la fois tristes et sombres avant de se plonger dans un Black Metal intensif, caractérisé par des riffs glaciaux et des blast beats frénétiques.
Autre titre qui se démarque de cette influence : « Where the Whispering Wind Blows ». S’étendant sur plus de douze minutes, il s’apparente davantage à un Black metal atmosphérique et mélodique. Les accords de guitare acoustique, empreints de mélancolie, sont accompagnés d’un vent glacial, ouvrant la voie à une séquence de Black metal féroce aux riffs incisifs et dévastateurs. Puis, de manière soudaine, le tempo ralentit : les guitares prennent une tournure dépressive, le vent glacial
réapparaît, le chant devient plus malsain et un piano lugubre, accompagné d’une voix féminine, nous guide jusqu’à la conclusion de l’album. Ce morceau se rapproche davantage de la scène allemande avec des groupes tels que Imperium Dekadenz, plutôt que celle de la Suède. Bien que cela ne soit que mon opinion personnelle, je pense sincèrement que ce titre est le plus abouti et le plus original de leur jeune carrière.
Avant de conclure, j’émettrai un petit bémol sur cet album : je trouve qu’il lui manque un petit quelque chose pour être vraiment excellent ; à la limite, il est presque trop propre et peut-être pas assez “evil”. Bon, allez, je chipote un peu, ils ont quand même réussi à préserver par moments l’agressivité et la ferveur qui caractérisent si bien la scène scandinave. Mis à part ce petit reproche, il est évident que Voodus a su faire évoluer son Black Metal vers des dimensions plus mélodiques et mélancoliques, tout en s’intégrant harmonieusement dans le paysage musical de leur pays.
Le dernier titre illustre parfaitement cette démarche et pourrait servir de référence pour leurs futures compositions, leur permettant ainsi de se démarquer de leurs prestigieux prédécesseurs et de façonner encore davantage leur propre identité musicale. Bon, ceci étant dit, on n’attend pas encore sept ans pour un troisième album, okay ?!
Tracklist :
01 – Harbinger of Death
02 – Emanating Sparks
03 – The Call of the Abysmal Deep
04 – The Scorned
05 – Below and Beyond
06 – Hieros Gamos
07 – Where the Whispering Wind Blows
Line-up :
Tfw – Guitares, Chant
Ek – Guitares
Desekrator – Basse
Mf – batterie
Liens :
https://www.facebook.com/voodus666#
https://regainrecords.bandcamp.com/album/emanating-sparks
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