Catégorie : Chronique

  • PATRIARKH / Prorok Ilja

    PATRIARKH / Prorok Ilja

    (2025)

    Genre : Black Metal / Folk
    Label : Napalm Records
    Sortie : 3 Janvier 2025

    Note : 75/100 (Seb D)

    – Eh ! Je suis allé voir Batushka hier soir en concert !

    – Ah ? Tu as vu lequel ?

    – Comment ça lequel ?

    – Ben, il y a deux Batushka.

    – Ah bon ? Ben, je n’en sais rien. C’était le groupe de Black à capuches habillé un peu comme des prêtres orthodoxes.

    – Tu ne m’aides pas beaucoup sur ce coup-là car les deux groupes sont grimés de la même façon.

    Ce genre de discussion n’existera plus car la justice a enfin tranché et une seule de ces deux entités pourra désormais porter ce patronyme. Il s’agit du groupe du guitariste Krzysztof ‘Derph’ Drabikowski, fondateur de Batushka avant que des dissensions internes ne fassent éclater ce projet unique en deux formations distinctes, semant par la même occasion le trouble parmi les fans.

    La partie perdante ne se laisse pas abattre pour autant et rebondit assez vite en dévoilant à son public son nouveau nom : Patriarkh. Elle annonce dans la foulée sa signature chez le géant Napalm Records et un nouvel album à sortir.

    *

    Cette nouvelle offrande nous raconte l’histoire vraie de Eliasz Klimowicz autoproclamé prophète Ilja, paysan illettré qui était le chef de la secte orthodoxe Grzybowska, active jusque dans les années 1960. Celle-ci s’est déroulée dans la région natale du groupe en Podlasie, dans le village de Grzybowszczyzna, dans les années 1930 et 1940.

    Lien vidéo “Wierszalin I & II” :

    Ce changement de nom n’est pas la seule nouveauté. Le groupe profite de l’occasion pour faire évoluer son style musical de façon assez marquée. En effet, le Black Metal d’antan se fait plus discret, laissant une place très importante aux instruments folkloriques tels que la tagelharpa, la mandoline, le mandocello, la vielle à roue et le dulcimer à cordes. Le groupe a également travaillé avec un orchestre symphonique ainsi que des chœurs donnant de l’ampleur à ce mélange de musiques orthodoxes et de Metal Extrême.

    La formation parsème des éléments Doom, comme sur l’excellent “Wierszalin III” qui selon moi est certainement le meilleur titre que les Polonais ont sorti à ce jour.

    Lien vidéo “Wierszalin III” :

    Les huit titres de l’album sont entrecoupés de narrations, ce qui, malgré la barrière de la langue, participe à plonger pleinement l’auditeur dans l’histoire. Les instruments folkloriques amènent une mélancolie si propre à la musique slave. Un neuvième titre est disponible dans l’édition limitée “wooden box” (déjà sold out) mais n’ajoute rien d’essentiel.

    L’apport de chants féminins est une véritable plus-value à cette nouvelle orientation musicale.

    À l’instar d’un Orphaned Land en Israël, Patriarkh se fait le digne représentant de la culture polonaise dans le monde du Metal.

    Lien vidéo “Wierszalin IV” :

    *

    Le seul bémol que l’on peut reprocher à cet album, c’est la faible présence de partie Black Metal qui fait que l’ensemble manque cruellement de relief. Peut-être est-ce aussi pour mieux coller à l’histoire contée.

    Il est certain que le groupe va perdre une partie de sa fanbase la plus friande des envolées agressives, sans pour autant gagner un nouveau public. La formation étant particulièrement clivante depuis le début de sa carrière. 

    Nous avons ici à faire à un groupe en pleine mue. 

    L’avenir nous dira si elle se transformera en joli papillon ou si elle restera éternellement coincée dans sa chrysalide.

    Tracklist 

    1. ВЕРШАЛИН I / Wierszalin I
    2. ВЕРШАЛИН II / Wierszalin II
    3. ВЕРШАЛИН III / Wierszalin III
    4. ВЕРШАЛИН IV / Wierszalin IV
    5. ВЕРШАЛИН V / Wierszalin V
    6. ВЕРШАЛИН VI / Wierszalin VI
    7. ВЕРШАЛИН VII / Wierszalin VII
    8. ВЕРШАЛИН VIII / Wierszalin VIII
    9. ВЕРШАЛИН IX / Wierszalin IX (bonus track)

    Line up :  

    • Барфоломей – Chants
    • Монах Борута – Guitare
    • Монах Тарлахан – Guitare
    • Архангел Михаил – Guitare
    • Лех – Batterie
    • Язычник – Chœurs
    • Хиацынтос Яца – Chœurs

    Guests :

    • A. Strug – Chant additionnel sur la piste 3
    • Maciej Maleńczuk – Chant additionnel sur la piste 3
    • Eliza Sacharczuk – Chant additionnel sur la piste 4

    Liens : 

    https://www.facebook.com/patriarkhofficial

    https://www.instagram.com/batushkaband?igsh=bG5jMDluMmthcmVt

    https://patriarkh.bandcamp.com/album/prophet-ilja

    https://youtube.com/channel/UCbYeNaCsK6d28zQpHjwf10A?si=4M38p3ovFNW0NbSG

  • Wormed – Omegon

    Wormed – Omegon

    Genre : Tech Brutal Death
    Label : Season of Mist
    Sortie : 5 juillet 2024

    Note : 75/100 (WvG)

    Il fait chaud, trop chaud pour que j’arrive à dormir paisiblement… et quand je n’arrive pas à dormir, je rumine, je ressasse des trucs qui, pour faire simple, seraient l’équivalent d’un statut « c’est compliqué » sur Facebook, je réfléchis à m’en taper la tête contre les murs, ce qui va à l’encontre de la logique puisque c’est plutôt l’inverse en général : c’est quand on se prend le mur qu’on réfléchit (d’où l’expression « après mur, réflexion »). En clair, j’avais le cœur gros, de nuit, fallait que je change de peau… J’ai changé de draps et de caleçon, c’est déjà ça : un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’hygiène.

    Bref, j’avais besoin de penser à autre chose et, donc, je me dis « et si j’allais zieuter dans la liste d’albums à chroniquer chez Memento, je trouverai peut-être le repos : rien de mieux pour un bon gros dodo ! » … Je tombe alors sur Wormed et leur quatrième album intitulé Omegon.

    *

    Ah, cool, de l’astrophysique et de la physique quantique d’après les titres ! Théoriquement, ça devrait aider… Je lis du « Nexus », du « Teratogenesis », du « gravitational », je me dis qu’il y a matière (noire) à soulever une épée de Damoclès : soit l’endormissement (mon souhait), soit une recherche approfondie pour creuser ces abysses insondables que sont internet et ses sources infinies d’information en quête de nouvelles connaissances. Et puis l’artwork est totalement classieux et quali, totalement dans l’esprit « espace », « technologie » et consorts, un peu dans l’esprit d’une jaquette de Fear Factory.

    Bon, j’avais oublié de lire la spécificité stylistique « technical brutal Death » … Et en effet, on est les deux pieds dedans ; il y a comme un grain de sable de terrain de beach volley olympique dans cette machine dans ma tête : le 4/4, c’est pour les fragiles… Alors, oui, il y en a, occasionnellement, ponctuellement, mais juste comme une soupape de respiration (genre la courte plage « Malignant Nexus ») dans un flot de mesures complexes aux rythmiques syncopées qui feraient passer un prog snob pour un néophyte. De toute façon, il se serait déjà barré, vu l’absence de mélodie. D’ailleurs, je me demande bien ce que ça peut donner en live : un headbang n’est même pas envisageable, ou alors ça passera pour une crise d’épilepsie, ce qui pourrait être drôle à voir, moins si c’est une vraie en direct… Cherchez pas, je réfléchis encore trop…

    Le ton est donné dès le premier morceau « Automaton Virtulague » : ça va taper… La nuit est chaude, elle est sauvage, et finalement, ce n’est pas l’écoute de cet album qui va me calmer. Et vous avez intérêt d’être bien accroché pour tenir les neuf pistes pour quarante-et-une minutes s’achevant sur le long morceau éponyme de l’album (sept minutes de tabassage arythmique), servies par le quintette espagnol qui doit avoir l’esprit encore plus tordu et facétieux que le mien. Petit tour sur Encyclopedia Metallum ; chaque membre pseudonymé de ce petit groupe de joyeux madrilènes semble tout autant hyperactif, au vu du CV.

    Tout ça devrait être plutôt élogieux, musicalement, mais beaucoup de choses m’ont fait sortir d’Omegon. Déjà, la caisse claire qui sonne kit Playschool tambourinée par une poupée Mattel ; il parait que c’est une esthétique, mais je n’adhère pas. Ensuite, c’est bien sympa de parler de sujet de haute volée, encore faudrait-il que les paroles soient (1) compréhensibles/intelligibles (là, je pourrais ânonner ma liste de courses simultanément que ça serait pareil) et (2) audibles ; une piste de voix sous-mixée donc dispensable pour ce qui est censé être un concept album (?!)… Subséquemment, ça donne l’impression d’avoir choisi une thématique au hasard (par exemple… « Astrophysique pour 40 points * jingle Jeopardy* : « un trou de ver » … Miguel ? – Hmmm… Qu’est-ce qui a inspiré le nom du groupe « Wormed » ? »), idée aussi évidente et foisonnante de débouchés que de prendre… disons au hasard aussi… une poupée Mattel (ou le jeu Touché Coulé) et lui affecter un scénario qui tient sur un post-it pour en faire un film ! Soyons fous !

    *

    Conclusion : brutalement, techniquement et deathment, c’est un album idéal, du genre plus efficace que du Redbull, pour vous tenir éveillé(e) sur la route… disons pour aller en fest… disons au Motocultor, pourquoi pas *blink, la rédac’*… mais pas pour vous servir de berceuse ou vous distraire de vos pensées nocturnes insomnieuses. Donc l’été sera chaud dans mon T-shirt, dans mon maillot et j’ai toujours le cœur gros, Nadine…

    Line Up : 

    Guillemoth – Basse / Phlegeton – Samples, Chants, paroles / Migueloud – Guitares, Composition (3, 6, 8) / V-Kazar – Batterie, composition ( 1, 2, 4, 7, 9) / D-Kazar – Guitares, composition (5)

    Tracklist : 

    1. Automaton Virtulague
    2. Pareidolia Robotica
    3. Protogod
    4. Pleoverse Omninertia
    5. Malignant Nexus
    6. Virtual Teratogenesis
    7. Aetheric Transdimensionalization
    8. Gravitational Servo Matrix
    9. Omegon

    Liens : 

    https://wormed.bandcamp.com/album/omegon

    https://www.facebook.com/wormed

    https://www.youtube.com/channel/UCuUSrdwvLIG07CPeGsdv4fw

    Omegon - Wormed - CD album - Achat & prix | fnac
  • Horoh – Horde of Horror

    Horoh – Horde of Horror

    Genre : Primal Death Metal
    Label : Crypt of Dr Gore
    Sortie : 14 Février 2025

    Note : 80/100 (Mémé Migou)


    Vendredi 14 février 2025 (on a failli se faire un vendredi 13… mais il faudra bien se rabattre sur la fête de l’amour, celui qui dégouline par tous les pores), Mémé vous invite à une surprise party !

    Venez donc célébrer l’amour comme il se doit, à coups de chaînes et de menus plaisirs, mais aussi d’un buffet rituel cannibale. Au menu, du gras, encore du gras et surtout… du gras ! (C’est très bien, le gras, ça lubrifie, tout passe mieux avec du gras).

    Et pour pimenter la soirée, Mémé vous propose un blind test. Alors, prêts ? Hop ! J’insère l’album tout chaud de Horoh et… piste 1.


    Hellraiser !

    Pas mal… Passons à la piste 6.

    Massacre à la tronçonneuse !

    C’était cadeau, celui-ci, hein. Trop fastoche. Maintenant, la piste 8.

    – Event Horizons

    Mouais… Et cet outro ? Ça vous parle ?

    – Pas facile… Les Diaboliques, peut-être ?

    Vous l’aurez compris, on navigue ici dans une  Horde of Horror . Des films gore en veux-tu en voilà. Avec, bien entendu, le propos qui va avec. Penchons-nous simplement sur ces deux titres : « Chains and Pleasures » pour Hellraiser ainsi que « Family Values » pour Massacre à la tronçonneuse.

    Je vous vois là, trépigner d’impatience en marmonnant dans votre barbe que, oui, je suis certainement passée à côté de titres de films… Il faut bien vous avouer que je ne suis pas franchement la plus grande connaisseuse en films d’horreur et encore moins gores. Donc, vous savez ce que vous allez faire ? Vous allez gentiment rajouter les références que vous avez relevées, en commentaire.

    – Hey Mémé ! Tu nous mets des slows ?

    Non, je ne vais pas vous claquer des slows, mais bien des seaux d’amour putride dégoulinant autant que visqueux. Un amour pour le gros Death des années 90, un Death Metal qui n’est pas sans rappeler le Brutal Death/Grind de Mortician. On a les riffs qui griffent la peau, qui cisaillent, le swipping, les cris inhumains (oui, j’ai laissé le line up en anglais, tant que je trouvais poétique ainsi) de J et… la putain de grosse voix de S (hin hin hin, Mémé sait le reste des lettres… elle pourrait presque jouer au pendu).

    Un petit retour en arrière s’impose. Il y a un an quasi jour pour jour, Mémé chroniquait une aberrante « Aberration », par ce qui était alors un one-man band, Horoh. Sur cet album, j’y retrouvais la folie “composale » de J que j’avais déjà adorée dans son autre one-man band mais Black Metal cette fois, Tattva. Il y avait également un morceau qui changeait du reste, plus lent, plus lourd, avec un guest de renom, S. Eh bien, ces deux-là se sont tellement bien trouvés qu’ils ne se sont plus quittés. Ahhhhh… l’amouuuuur…

    Donc un peu plus d’un an plus tard, Horoh, devenu deux, accouche d’un nouvel album, Horde of Horror. Ah ! Pour ça, le bébé est en pleine forme, il crie… mais qu’est-ce qu’il crie ! Pour autant, il a les yeux de son père et la voix de son autre père. Qu’est-ce que je veux dire par là ? Que le couple a vraiment tout partagé. Bien entendu, J est aux manettes sur tout l’aspect musical et de composition. Mais S a pu donner de sa voix et pas uniquement dans le chant. Il était partie prenante dans la composition et l’objet final. C’est donc une nouvelle direction que le projet prend, celle déjà dessinée par ce fameux morceau avec guest du premier album.

    – En d’autres termes, tu veux dire quoi, Mémé ?

    Que l’album, malgré des titres entre 1’30 et un peu plus de 4 minutes, aborde la plupart de ses pistes de façon lourde et poisseuse. Le chant de S n’y est pas pour rien. Sa voix rajoute à cette ambiance étouffante. Quand on découvre pour la première fois cette basse (je parle de la tessiture de la voix), qui parfois growle, parfois gruik, parfois débouche les éviers, C’est simple, si vous fermez les yeux, vous avez l’impression d’être dans le bureau du Proviseur en train de vous faire sermonner. Vous accusez le coup… jusqu’à ce que vous entendiez le rire dément de J, qui vous tire de votre hébétude (vers 1:00 sur la seconde piste, véritable ode à Mémé, « A Party at Granny’s » ).

    On va donc naviguer de piste en piste, de tempi lents et sales en breaks plus lourds encore, sans oublier les samples de slashers. Mais le bébé n’est pas monolithique. On a également du mid-tempo qui s’acoquine de légères accélérations qui ne semblent pas en être car en réalité, on passe du binaire en ternaire (on retrouve là tout le génie de J)… Pour vous le prouver, écoutez le troisième titre ; « Born of Stiches », qui partira aussi en accélérations dès 1:50 et ce jusqu’au bout du morceau.

    « Welcome to Hobbs End » peut aussi faire partie de ces morceaux de bravoure qui démontrent le talent de J, avec ce côté foutraque que j’adore, et des breaks assez délirants. Et plus on avance, plus on retrouve cet esprit « ça part dans tous les sens et c’est ça qui est bon ».

    Maintenant, il faut bien avouer aussi que les débuts de morceaux sont tous sensiblement calqués sur le même schéma : la présentation du riff, introduction de la voix et ça change de tempo… D’ailleurs les riffs sont globalement resserrés, nerveux, et scandés. Un côté simple aussi qui donne cette touche grind friendly. Ce qui n’empêche pas le jeu de guitare qui peut parfois prendre des tournures à la Morbid Angel avec ses swippings.

    Mais ce qui va beaucoup surprendre au premier abord, c’est la voix adipeuse et boursouflée de S. (Oui, je reviens sur le sujet, parce que quand même, on ne peut pas passer à côté ! D’autant plus qu’il n’y a aucun filtre dessus..) Comment peut-il descendre si bas ? Il a les Enfers dans le gosier, S, c’est pas possible autrement ! Il y fait si chaud qu’on suffoque, il nous étouffe comme une pomme qu’on enfonce au fond de la gorge. Et vous savez quoi ? On en redemande. Et l’alliance des deux tessitures, celle de S et celle de J, plus aiguë, décharnée, rend le tout démentiel.

    On clôture l’album sur une outro de 1:34, « Vault of Sin », entièrement faite de sample et d’un accompagnement musical entre le poisseux et l’éthéré. Un côté plus aérien qui se termine dans les entrailles de la terre.

    Horoh prend, avec Horde of Horror un presque nouveau virage, celui qu’on pouvait voir poindre sur l’un des titres du précédent album. Fort de ses 13 pistes, et servi par des artworks de toute beauté signés Moki, il a une première lecture qui va vous sembler tout à la fois simple et étouffante. Mais laissez infuser un peu, offrez-lui plusieurs écoutes et toutes les subtilités et trouvailles de composition vont vous sauter aux oreilles. Le tout est gluant, lourd, crade. C’est comme l’amour, ça nous colle à la peau. Alors, joyeuse Saint-Valentin !

    Tracklist :

    01 – Chains and pleasures

    02 – A party at granny s

    03 – Born of stitches

    04 – Welcome to Hobb s End

    05 – Death evoken (Ft Martin WitchSkinner)

    06 – Family values

    07 – Wut und blut

    08 – Liberate me

    09 – Who goes there

    10 – Bestial supremacy

    11 – Cannibal ritual (Blood Cover)

    12 – Horde of horror

    13 – Vault of sin (outro)

    Line up :    

    J – Visceral strings, Inhuman drums, Filthy bass, Putrid growls / S – Rotten throat, Putrid tongue, Vicious screams

    Guest :

    Martin WitchSkinner – Chant sur 5


    Liens :

    https://www.facebook.com/Horohdm

    https://www.instagram.com/horohdm

    https://horohdm.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/cryptofdrgore

    https://www.instagram.com/cryptofdrgore


    chronique de Aberration/Horoh :

    Horoh – Aberration – Memento Mori Webzine

  • TYPHONIAN – The Gate of the Veiled Beyond

    TYPHONIAN – The Gate of the Veiled Beyond

    Genre : Death Metal/ Swedeath/ Death prog
    Label : Transcending Obscurity Records
    Année : 20 septembre 2024

    Note : 95/100 ou ‘Tain j’ai encore envie de l’écouter ! Ca fait la quatrième fois cette semaine ! (Robin le voyageur)

    Ce vallonné pays qui n’est pas le mien

    Je le connais bien ce chemin désolé, je l’ai déjà franchi ce ravin qui me fait accéder au chemin de la main gauche. Peu de personnes en reviennent. Je ne suis pas un guerrier, j’ai quitté mes terres de « Brutalie » pour aller explorer une contrée dont certains se refusaient dans mon pays, à évoquer ou supposer l’existence.

    Alors j’ai pris mon baluchon, mon coutelas, et je suis allé à la rencontre de cet inconnu pays.

    Je dois vous avouer que mon voyage n’a pas été simple… Le chemin de la main gauche m’a quelquefois mis en difficultés et je fus tenté plusieurs fois de rebrousser chemin, tellement il m’était difficile de concevoir que ce que j’entendais puisse être nommé par des superlatifs tels que précurseur, audacieux, génial, culte, etc. J’en ai eu des embûches sur ce chemin… Pour ensuite déboucher vers quelques clairières plus avenantes… 

    J’ai trouvé quelque réconfort auprès de quelques Démembreurs d’anges. Ils m’ont aidé à supporter la peine durant mon trajet, nous avons même fait un jour un carnage. Ah… d’excellents instants, qui figureront dans les sombres recoins de ma collection de souvenirs qui me sont chers. Il est vrai aussi que j’ai pu croiser quelques nordiques déchaînés qui ont pu m’aider à retrouver tout autant mon chemin que mes forces, en remplissant mon baluchon de victuailles, ma couche de femmes, et mes mains d’épées, pour affronter toutes sortes d’étranges créatures…

    Mais j’ai dû me perdre en chemin car j’avoue que lorsque je suis tombé sur cette bande qui trainait ses guêtres, je lui ai trouvé une certaine allure qui pouvait paraître quelque peu… excentrique, dans ce paysage tout à la fois désolé et garni de pièges et crissements d’os et de molaires.

    Compagnons de route

    Eux : ils étaient à l’aise mais autour d’eux planaient des ombres bien différentes. On aurait dit des rois perdus dans un royaume qui n’était pas le leur.

    Oh, que mes paroles ne vous permettent pas de tirer quelques conclusions hâtives sur ces hommes… Ils étaient à l’aise dans ces contrées sanglantes et infâmes… Mais ils priaient… Je ne sais pas s’ils priaient d’ailleurs, mais leur rituel ne ressemblait aucunement à ce que j’avais pu voir chez les habitants de cette étrange contrée… Puis il semblait aller dans une direction avec tellement d’assurance et de gaieté, que je les sentais promptes à ne pas s’installer dans ce pays.

    Contrées nouvelles

    Ils se sont rendus sur une terre encore plus étrange encore pour moi… Une terre morte mais dont les cieux semblaient vivre, comme pour consoler la terre de sa stérilité… Une terre où près de certains apiques l’on devinait des édifices qui furent jadis cyclopéens… Immenses, et magnifiques. 

    J’ai compris alors que ces voyageurs venaient chercher leur royaume ici. Le reprendre ou le créer… Je n’en sais rien… Et lorsqu’ils rapportèrent sur cette terre agonisante les us et coutumes du pays moribond que nous avons évoqué, il se produisit des phénomènes que je ne peux expliquer…

    La terre s’enorgueillit de nouveau, les édifices retrouvèrent de leurs superbes parures, la vie arriva, des créatures absolument merveilleuses apparurent quelquefois…

    Ces voyageurs avaient compris que cette terre ne pouvait se contenter de quelques riffs en tremolo mélodiques, de quelques rythmiques rageuses ou prenantes… Ces terres avaient connu bien des Dieux, bien des luttes, biens des Ambitions. Cette petite horde a bien compris qu’il leur fallait élaborer des rituels, des incantations bien différentes de tout ce qu’ils avaient pratiqué jusque-là.

    Pour autant, ils n’oublièrent jamais le jour où ils franchirent le sentier de la main gauche… Mais ils me racontèrent souvent avoir rencontré des années après, une terre cramoisie dont la désespérance hurlait dans chaque grain de poussière, et qui les avait poussés dans les limites de la sanité d’âme… Ils avaient réussi à récupérer de cette terre et à trouver dans sa désespérance hurlante le plus beau des chants, les plus impressionnants des rituels pour réparer leurs esprits, regorger la terre de vie, et ouvrir le portail vers ces mondes du passé pour les rendre présents…

    Ces connaissances leur permirent de devenir, de simples mendiants guerriers, à Empereurs. Ils ne m’oublièrent pas, moi leur compagnon de voyage et ils m’offrirent un carnet où chacun d’eux avait noté les grandes lignes du Rituel. Un Rituel à la fois infernal et qui convoquait aussi une grâce mystérieuse qui permettait de voir les étoiles muer de leur peau de lumière en eau de ténèbres se déversant sur les montagnes nouvellement boisées.

    Rituel du dévoilement de l’au-delà (Description d’après témoignages.)

    Ou 

    Tracklist

    1. Celestial Salvation 

    Il est important de préparer les personnes à ce rite et à sa finalité : créer un portail vers là où commence et finit tout âme tout esprit, toute conscience, toute vie… Profitez de ce court instant pour se recueillir et prendre pleinement conscience de sa place dans ce rituel, dans cette existence.

    1. Cosmic Throne

    Acharnez-vous pour et contre votre corps, celui des autres aussi… Affrontez votre propre frontière. 

    1. Primal Deceptive Light 

    Retournez en état de méditation et interrompez brutalement cet état. Que votre conscience, que l’harmonie des choses et phénomènes, ne tiennent qu’à vous et de votre degré de perception. Là encore, il s’agira d’affronter sa propre frontière corporelle. Mais attention, déjà vous le faites avec plus de conscience d’elle-même, aussi rythmez la différemment vers la fin.

    1. Crimson Rivers 

    Il va vous falloir à nouveau vous agiter mais jetez votre conscience un peu plus loin maintenant que la frontière a été bien repoussée, vous ne respirez plus et apercevez déjà ce que cela produit à vos sens, plus réceptifs pour voir et sentir alors des choses que vous n’osiez jamais imaginer… Il y a des failles en vous qui se sont ouvertes pour laisser place à cette force tant désirée… Accueillez-la dans la sueur, accueillez-la dans votre apaisement agité.

    1. The Gatekeeper 

    Vous voilà maintenant avec un cœur de sombre éther, il avale en quelques secondes l’ensemble de votre poitrine, vous n’avez plus qu’au milieu du torse qu’une spirale de chair plongeant dans des abysses lumineux et ténébreux, sentez alors toute l’harmonie du déchirement, la mort originel avant votre être, continuez à communier, les chants des êtres maintenant visibles vous entourent… Continuez à communier et regardez vous d’en haut, faire de votre cœur un vortex ; de votre corps, un portail… Sentez que vous ne faites plus qu’un dans vos viscères restantes, avec des sons glorieux et si humbles, si puissants et si innocents.

    1. Towards the Chamber of the Omnipresent Mind 

    Chassez peur et appréhensions :  le monde s’agite à nouveau autour de vous. Le tumulte vous décompose, votre conscience se fragmente et imprègne toute matière et toute vie à proximité… Vous vous sentirez autre, vous vous réveillerez pleinement au monde, votre corps n’est plus, mais vous avez survécu à son annihilation, le trou dans votre poitrine a englouti jusqu’au dernier de vos ongles et cheveux…. Mais vous êtes toujours là, dans l’air, le vent, dans la roche, dans les chairs encore ouvertes autour de vous… Sous les cieux et au-dessus d’eux, vous voilà semblables à ces voix et ces manifestations, vous les ressentez. Vous ressentez l’horreur et l’équilibre impassible et invincible de ce monde. Vous n’avez qu’une émotion : la beauté.

    1. A Glimpse at the Starless Ocean 

    Il va être difficile maintenant de décrire ce qu’il se passe pour vous… Déjà, vous personnifier à ce stade est une erreur… Le langage trouve dans votre expérience sa limite. Ce langage ci. Vous envisagez l’infini, sans vertiges, vous voyez les abysses ténébreux, ils vous emprisonnent tout autant que vous les faites vôtres… Vous voici devenue une créature des ces Mondes tant redoutés par l’Homme, l’espace, le cosmos, toute matière… Vous vivez là désormais et tout vous semble avoir été là depuis toujours… Une existence débarrassée des oripeaux futiles et illusoires du corps, des perceptions de celui-ci et d’un esprit qui ne sait qu’à peine théoriquement connaître la fin des chiffres… Là vous savez tout, vous avez tout, vous êtes tout. 

    1. Cath’un – Gate of the Veiled Beyond 

    Et cette énergie, cette immobilité : tout vous emporte… Tout vous fait demeurer. Plus de mystères, seul reste la plénitude dans un brouhaha de hurlements que vous domptez et harmonisez pour créer encore une infinité de Mondes, une infinité de lois, une infinité de soleils…

    Vous êtes.

    Il faut maintenant vous réveiller car la réalité des rêves n’est accessible par nous humains, du fait de notre nature, qu’un temps seulement, une nuit, et plus précisément cinquante minutes et cinq secondes.

    Que cela permette aux lieux dans lesquels vous vivez une humble vie, de trouver force et ressources pour que la Vie, ses Souffrances, ses Beautés, s’arrogent les lois de votre Monde.

    Invocateurs :

    Thanatos – Batterie / Prometheus – Guitare, basse, programmation / Typhon – Guitare, Programmation / M.W. Styrum – Chant / Charybdis – Basse

    Invocateurs de soutien :

    Eloi Nicod – Guitare / Brandon Iacovella – Guitare / Juanjo Castellano – Pochette et artwork / Dan Swanö – Mixing et Mastering

    Portes auxquelles frapper pour nous rejoindre dans la Connaissance :

    http://typhonian.bandcamp.com/

    https://www.facebook.com/typhonianband

    https://www.instagram.com/typhonian.band

    https://www.youtube.com/channel/UCAfGWMw56wN5kjZSYr_jaGw

  • SAOR – Amidst the Ruins

    SAOR – Amidst the Ruins

    Genre : Folk Black Metal Atmosphérique
    Label  : Season Of Mist
    Sortie  :  7 février 2025

     Note : 98/100 (LB D)

         Ah, l’Écosse… avec ses paysages majestueux, ses châteaux hantés, son célèbre monstre du Loch Ness, son whisky tourbé et ses plus de cent trente distilleries différentes. Voilà les images qui me viennent à l’esprit quand on me parle de ce pays ! 

    En tant qu’amateur de sport, je pourrais également mentionner le “Flower of Scotland”, cet hymne qui résonne dans un Murrayfield plein comme un œuf lors du tournoi des Six Nations de rugby. De même, le “Old Firm”, le derby chaud bouillant de Glasgow entre le Celtic et les Rangers, sur fond de guerre des religions entre catholiques et protestants.

         Ce pays est également renommé pour sa musique traditionnelle, étant l’un des principaux pays celtiques. Son folklore y est particulièrement célébré lors des grands festivals à travers le monde. 

    Cependant, depuis une quinzaine d’années maintenant, une scène Black Metal a vu le jour, principalement centrée à Glasgow et grâce, en grande partie, à deux figures emblématiques. Tout d’abord, Tom Perret avec ses projets Ruadh et Aonarach, fort de ses cinq albums en cinq ans pour les deux entités réunies. Mais l’attention se porte surtout sur Andy Marshall et son groupe Saor, sans oublier dans une moindre mesure, Fuath, qui ont largement contribué à populariser le mouvement Folk Black Metal Atmosphérique dans leur pays. Faut dire aussi que Saor a considérablement multiplié le nombre de concerts et autres festivals au cours de ces dernières années. Devenant ainsi le fer de lance de la scène écossaise.

         Andy Marshall, je le suis depuis le début, que ce soit avec Saor ou Fuath ; sans être un gros fan, j’ai toujours apprécié sa musique, même si je trouvais ses dernières réalisations un peu moins inspirées qu’au début de sa carrière. Alors, quand on m’a demandé si je voulais chroniquer son dernier album, c’est avec un peu de réticence que j’ai accepté. Je dois dire que cela a été une excellente décision.

    *

           Fidèle à ses principes, Andy Marshall démarre son premier titre éponyme tambour battant. C’est toujours comme ça chez lui, on part sur de bonnes bases afin de ne pas déstabiliser ses plus fervents supporters. On débute donc par des riffs Black Metal, un chant rocailleux et des blast beats en veux-tu en voilà. Autre grand classique, c’est l’arrivée très rapide des instruments à vent notamment le Whistle qu’on retrouve sur tous les albums de Saor. Sur la partie centrale du morceau, on distingue un passage grandiloquant couplé avec des solos de guitares très heavy tirant sur le folk, l’âme du regretté Gary Moore n’est pas très loin, notamment en référence à son œuvre l’album Wild Frontier. Ce moment sera suivi d’un break de toute beauté assuré par les premiers invités. Les talentueux Angela Moya Serrat (violon), Samuel C Ledesma (violoncelle) et Miguel Izquierdo (alto) apportent déjà tout leur savoir-faire. Les parties symphoniques ainsi réalisées par nos trois musiciens amènent de la profondeur et de la richesse aux compositions, les rendant plus épiques et plus émotionnelles. Fermez les yeux, le voyage à travers les vallées et autres montagnes écossaises ne fait que débuter. On observe aussi le retour du chant féminin au premier plan, bien qu’il y ait eu quelques chœurs ici et là sur l’album Origins. Il faut remonter à 2019 et à l’album The forgotten Paths pour retrouver une voix féminine en tant que chanteuse principale. C’est à Ella Zlotos à qui est revenue cette lourde tâche, mais ce n’est pas tout, car elle est également responsable de tous les instruments à vent et autres cornemuses. Pour information, on la retrouve également en tant que flûtiste sur l’album Eastern Tales du One Man Band français Belore

           On repart sur un rythme endiablé sur “Echos of the Ancient Land” qui vous donnera envie de headbanger sur un Black Metal à la fois brut et agressif. Suivi d’un nouveau ralentissement du tempo, somme toute assez classique mais toujours bien inspiré. Cependant une surprise apparaît avec le chant clair calme et posé d’Andy Marshall. Bien qu’il ne s’agisse pas de sa première tentative dans cet exercice, puisque cela avait déjà été le cas sur son dernier album, l’association avec la voix douce et sensuelle d‘Ella Zlotos rend ce passage fantastique et promet des frissons garantis. Il renouvellera cet exercice sur “Glen of Sorrow”, mais cette fois-ci en le combinant avec ses grognements puissants et féroces. 

        Le véritable atout de cet album réside dans la diversité des chants féminins : que ce soit au niveau des chœurs ou du principal, un travail remarquable a été réalisé. Toutes les voix se distinguent par leur originalité, cela est particulièrement évident sur le morceau « Glen of Sorrow ». 

    Mais le plus surprenant est à venir : “The Sylvan Embrace” est très certainement la plus grosse surprise car il est le premier titre entièrement acoustique enregistré par le groupe depuis ses débuts en 2013. Alors que dire de cette surprise du chef ? Rien, à part qu’il est magistral et rempli d’émotion, de la voix chuchotée d’Andy Marshall accompagnée de sa guitare acoustique, en passant par le chant féminin jusqu’aux instruments folkloriques exécutés par Ella Zotos et Jo Quail, la dernière invitée que je n’avais pas encore mentionnée. Chaque élément est tout simplement magnifique du début jusqu’à la fin, on se croirait sur un album de Loreena Mckennitt. Certes, nous nous éloignons du Black Metal pour explorer les confins du folk celtique mais peu importe : les frissons apparaissent, les poils se dressent et les yeux se remplissent de larmes. L’imagerie cinématographique est saisissante, on se sent transporté dans un épisode de Outlander, en train de taper la discute avec Claire Randall et Jamie Fraser

          “Rebirth”, ou résurrection en français, constitue le dernier titre de l’album où souffle un vent d’optimisme. Tout au long de ce Amidst the Ruins, Saor nous suggère de sortir de notre léthargie ambiante afin de reconstruire notre avenir. Conseillant de s’inspirer de toutes les valeurs transmises par nos ancêtres, il met en avant la nécessité de préserver notre environnement tout en respectant la mémoire de ceux qui ont lutté pour nos libertés. Mais quel beau message d’espoir pour clôturer cette œuvre. 

         Il est également essentiel de souligner le travail notable de Carlos Vivas à la batterie, de Julien Bauer sur l’artwork, en accord total avec la musique, ainsi que les différents producteurs qui sont intervenus sur cet album, apportant à leur manière leur petite pierre à l’édifice. 

    Mais avant tout, c’est le travail d’Andy Marshall que j’ai envie de mettre en avant. Tout d’abord, il faut saluer cette prise de risque, n’hésitant pas à lâcher sa guitare électrique pour une guitare acoustique sur tout un morceau, au risque de se fâcher avec les puristes. En respectant néanmoins certains principes de base, il a su faire évoluer sa musique en intégrant des structures de compositions plus élaborées et une très grande variété d’arrangements, soutenu pour ça par une multitude d’invités tous reconnus dans leur domaine. Il parvient ainsi à trouver le parfait équilibre entre le Black Metal de ses débuts et des passages folks originaux et d’une beauté sans pareille. Il ne fait aucun doute qu’avec cet album, Saor franchit un nouveau cap, et rentre dans la cour des grands, rivalisant avec des groupes comme Summoning, Caladan Brood et autres Gallowbraid

    *

         Pour ma part, cet album m’a profondément touché. Je ne peux demeurer insensible à cette musique, en raison très certainement de mes racines bretonnes et, plus largement, celtiques. Bien que nous soyons qu’au début de l’année, cet album s’impose d’ores et déjà comme le leader incontesté de mon top albums 2025. Et vous savez quoi ? Ben, il va falloir faire très, très fort pour aller le déloger.

    Tracklist : 

    01 – Amidst the Ruins 

    02 – Echoes of the ancient Land

    03 – Glen of Sorrow 

    04 – The Sylvan Embrace 

    05 – Rebirth

    Line-up  : 

    Andy Marshall – Tous les instruments, chant

    Guests : 

    Ella ZlotosChant féminin, Tin Whistles, Low Whistlles, Uilleann Pipes / Carlos Vivas – Batterie / Jo Quail Violoncelle et effets spéciaux dans “The Sylvan Embrace” / Àngela Moya Serrat – Violon dans “Amidst the Ruins”, « Echoes of the Ancient Land » & « Rebirth / Miguel Izquierdo – Alto dans « Amidst the Ruins », « Echoes of the Ancient Land » & « Rebirth » / Samuel C. Ledesma – Violoncelle sur « Amidst the Ruins », « Echoes of the Ancient Land » et « Rebirth »

    Liens : 

    https://www.facebook.com/saorofficial

    https://saor.bandcamp.com/album/amidst-the-ruins-2

    https://www.deezer.com/us/artist/6768301

  • AD VITAM INFERNAL – Le Ballet des Anges

    AD VITAM INFERNAL – Le Ballet des Anges

    Genre : Brutal Death Metal
    Label : Dolorem Records
    Sortie : 8 novembre 2024

    Note : 85/100 ou : Et tu tapes tapes tapes c’est ta façon d’aimer ! ( Robin le forain )

    J’ai le premier album d’Ad Vitam Infernal. Je m’étais précipité dessus au vu de l’imagerie et des commentaires élogieux que je voyais poindre ici ou là, dans le cadre de mon écran d’ordinateur, de mon portable.

    Bon, sauf que… Le premier album d’AVI… Vraiment… J’ai pas aimé… 

    Linéaire, basique, son sec et plat. Aucune nuance nulle part… un son de batterie en toc. 

    J’étais donc seul dans mes maugréassions de brutaleux frustré, le genre de type qu’ a une haute idée de lui-même, de ses goûts, du genre musical qu’il porte aux nues de manière péremptoire et méprisante, qui est capable de parler pendant une heure du paradoxe du Bon et du vrai Brutal Death à savoir : être brutal nécessite d’être subtil dans le jeu et que je me branle etc.

    Alors bon… Aussi médiocre que pouvait être mes pensées et mes critères, je dois avouer que je n’en suis pas totalement revenu de ces réflexions éparpillées sur le sentier en direction de la terre promise : la Brutalie !

    Encore aujourd’hui j’apprécie les groupes qui ont plus à offrir que de la brutalité… Et encore aujourd’hui le premier album d’Ad Vitam Infernal ne me satisfait aucunement sur aucun des aspects et choix que ses géniteurs ont pu décider dans leurs mouvements procréatifs.

    Mais il nous faut parler du second album…

    Premièrement j’ai envie de hurler à son écoute : HAAAATEEE EEEETEEERNAAAAALLLL !!!!!

    Mais je suis surtout resté interloqué par… Le bond en avant entre cet album et son prédécesseur… Tout semblait mieux… Production, riffs, artwork… Tout a changé… Et dans ces choix, dans cette musique, j’y ai trouvé exactement tout ce qui me rend hagard de satisfaction.

    Commençons par le son…

    Un de mes grands reproches sur le premier album était le son. Un son sec et plat sans aucune amplitude… Un sentiment d’être envahi par rien… juste une flammèche se tortillant dans le lecteur… Sur ce deuxième album, ce n’est pas une flamme qui nous arrive c’est un infernal typhon de feu : le son épais et massif, avec des basses bien plus prononcées et les aigus hyper aiguisés des riffs venant lacérer les membres pendant que la tête calcinée chute des épaules. 

    Et puis… Cette impression d’être happé par un son naturel bien loin de l’ultra clinicité des productions d’aujourd’hui et du précédent effort du groupe. Pour autant AVI ne lorgne pas baveusement vers les sons rétros et assume un album de 2024 qui ne se donne pas des airs d’œuvres rétros.

    Seul le son de batterie bien trop plastique encore une fois, demeure pour moi un parti pris qui ne me convient pas. Certes cela décuple l’aspect brutal des compos mais vient également rappeler le côté artificiel du son massif que nous présente ce two-men band. Véritablement dommage car cela sonne hors propos pour moi au vu du concept, de l’intention musicale, et du son des autres instruments, bien plus chauds, avec une organicité conservée.

    Evidemment un son ce n’est pas de la musique, le Metal ce n’est rien sans le riff… Donc…

    Les Riffs !!

    Ahhh ceux-là ils sont bons… Pas linéaires, pas simplistes. Puissants et puissamment portés… Des riffs certes extrêmes mais toujours avec un aspect… coulant : suspendons une note par-là, hissons quelques soulignements mélodiques par ci. Et puis cassons la routine, et là ! Là, est la grande évolution ! Pas de linéarité : les riffs tissent leurs infernales mélodies (triton hein ?) mais là on en a fini avec le tremolo old-school façon early-possessed. Cette fois on rend gras les riffs puis on les transforme en riffs saturants d’aigus, on fait des accords pleins, puis on s’acharne sur une corde, on suit la frénésie rythmique, on alourdit… on change, on virevolte d’un type de riff à un autre. 

    Alors oui en soi on est sur du Brutal Death mais j’ai enfin le sentiment, comparé au premier album, que le groupe a voulu constamment casser la linéarité de sa précédente œuvre. L’album ne regorge pas de breaks en tous sens, mais la texture de la guitare et le jeu qui se permet des aller retours dans les pays des graves puissants à celui des pics aigus avec lesquels le groupe se sert pour déployer une mélodie dans l’azur de flammes. Tous ces éléments permettent en soi d’échapper à la linéarité si pesante du premier album. 

    La batterie aussi se dote d’une plus grande diversification dans le jeu : breaks, évidemment blasts, mais jeu avec la guitare, les moments plus mid-tempo, les roulements intempestifs, la double pédale utilisée avec tellement plus d’impact en arrivant à la taire de temps en temps (bon rarement avouons-le). 

    Rien de neuf sous le soleil infernal des Enfers, mais rien d’ennuyeux désormais !

     

    Tracklist 

    1. The Overture  

    2. And the Watchers Will Be Frightened  

    3. Shemihazah the Great  

    4. Asael (God Has Made…)  

    5. Enchain Them All!  

    6. A Peaceful Place to Wait…

    7. Wandering Spirits  

    8. I Saw Everything  

    9. Free Will Has Set Us Free  

    10. Everyone, Everywhere  

    Line up 

    Jérôme Mahé – Guitares / Samuel Girard – Vocaux, programmation batterie

    Guest : Christophe Helwin – Basse

    Liens

    https://www.facebook.com/ad.vitam.infernal

    https://www.instagram.com/advitaminfernal

    https://doloremrecords.bandcamp.com/album/le-ballet-des-anges-album

  • THE GREAT OLD ONES – Kadath

    THE GREAT OLD ONES – Kadath

    2025

    Genre : Post-Black Metal
    Label : Season of Mist
    Sortie : 24 janvier 2025

    Note : 95/100 (Seb D)

    Cosmicism (22 octobre 2019) – Kadath (24 janvier 2025) : jamais THE GREAT OLD ONES n’aura laissé un laps de temps aussi long entre deux albums. Certes, la Covid est passée par là, bouleversant totalement le monde des arts et du spectacle vivant. Les Bordelais ne sont pas pour autant restés les bras croisés en attendant la reprise des concerts et festivals d’avant pandémie. Pour s’adapter aux spectacles assis et en comité restreint, qui semblaient devenir une nouvelle norme en sortie de crise sanitaire, ils ont travaillé sur un concept de ciné-concert où le groupe joue en live afin d’accompagner la projection de “The Call Of Cthulhu” pour quelques représentations triées sur le volet. Ajoutons à cela des dates de concert plus classiques afin de défendre l’album Cosmicism sorti avant la fin du monde et on se rend compte que le groupe n’a pas chômé et a été plutôt actif durant ces cinq années.

    Crédit photo : Daphnea Doto / Solweig Wood

    Nous voici donc avec ce nouveau bébé entre les mains. 

    La première chose qui saute aux yeux, c’est tout d’abord cette superbe pochette, œuvre de l’artiste polonais Jakub Rebelka. Celle-ci marque une première rupture car depuis les débuts de l’aventure, les artworks étaient tous signés par Jeff Grimal.

    Après les yeux, ce sont les oreilles les victimes consentantes de la deuxième rupture avec le titre d’ouverture “Me, the Dreamer” et premier extrait dévoilé en octobre dernier. On y découvre un THE GREAT OLD ONES nouveau. Rassurez-vous, le groupe évolue toujours dans le style Post-Black Metal qui a fait sa renommée. Mais, il y apporte de la lumière, des mélodies plus appuyées que par le passé et une attitude plus Rock ’n’ Roll dans l’intention.

    Avec ce nouvel album, les Bordelais explorent toujours les écrits d’Howard Philipp Lovecraft en mettant un instant de côté Cthulhu et autres créatures horrifiques et fantastiques. Cette fois-ci, Benjamin Guerry s’est penché sur le cycle des rêves, l’un des trois cycles majeurs de l’œuvre de l’écrivain américain. Et en particulier “La Quête onirique de Kadath l’inconnue”. C’est donc à un voyage que nous invite le groupe tout au long de ce qui se rapproche d’un concept-album. Après un deuxième titre dans la veine de ce dont la formation nous a habitué par le passé, deux pistes plus épiques viennent nous cueillir (“In the Mouth of Madness” et “Under the Sign of Koth”) et nous embarquer vers un imaginaire riche où mélodies et assaut Black Metal se marient à merveille.

    Après un interlude d’un peu plus d’une minute, histoire de permettre à nos pieds de retoucher le sol, nous voilà de nouveau emportés grâce à un morceau instrumental de quinze minutes (“Leng”), longue pièce que l’on pourrait presque qualifier d’opéra Metal Noir tant l’ajout de chœur et d’un chant de soprano ne dépareilleraient pas. Ici la dualité entre noirceur et lumière se livre un combat sans relâche pour nous servir la substantifique moelle de l’art des Bordelais. Les mélodies de guitares se taillent la part du lion jusqu’au final obsédant et entêtant répété à l’infini. Sublime !

    Notre voyage dans le monde des rêves va bientôt prendre fin. D’un chuchotement, le chanteur cherche à nous retenir (“Viens à moi, toi le rêveur…”) et y arrive sans mal tant on aimerait que ça ne s’arrête jamais.

    *

    Cette nouvelle offrande de THE GREAT OLD ONES aurait pu se terminer là et cela aurait été très bien. Mais Benjamin GUERRY, en fouillant dans les vinyles de ses parents, est retombé sur un disque de Jean-Michel Jarre qui le fascinait durant son enfance (Live Houston/Lyon, 1986) et plus particulièrement le morceau “Second Rendez-Vous” dont le côté sombre et dramatique a toujours plu au chanteur. 

    Il a eu l’excellente idée de le reprendre à la sauce du groupe et il a très bien fait, à tel point qu’on le croirait écrit par eux. Ce petit bijou est uniquement disponible sur les éditions limitées box et vinyle et se fond à merveille à l’ensemble de ce chef-d’œuvre.

    La production signée Francis Caste magnifie l’ensemble offrant l’emballage adéquat à ce bonbon.

    *

    Il est certain que ce nouvel album fera date dans la carrière de THE GREAT OLD ONES et je peux assurer, sans prendre trop de risque, qu’il occupera une très belle place dans de nombreux tops de fin d’année. On en reparle fin décembre ?

    Tracklist 

    1. Me, the Dreamer
    2. Those from Ulthar
    3. In the Mouth of Madness
    4. Under the Sign of Koth
    5. The Gathering
    6. Leng
    7. Astral Void (End of the Dream)
    8. Second Rendez-Vous (bonus track)

    Line up :

    Benjamin Guerry – Chants et guitare  / Aurélien Edouard – Guitare / Alexandre Rouleau – Guitare / Benoît Claus – Basse / Julian Deana – Batterie

    Liens : 

    https://www.facebook.com/thegreatoldones

    https://www.instagram.com/thegreatoldonesofficial?igsh=MXJ2bjAyeDkzeTN2dQ==

    https://youtube.com/channel/UCEvJcs0YwirIQ2DLDFXj2sQ?si=dfgOq8Ngn-3cypR4

    Retrouvez notre Interview de Benjamin Guerry au MetalEarth Festival :

  • Devenial Verdict – Blessings of Despair

    Devenial Verdict – Blessings of Despair

    Genre : Death Metal
    Label : Transcending Obscurity Records
    Sortie : 3 octobre 2024

    Note : 99,999999999/100 ou 49/100 dans la dimension astrale (Robin le mirenculé).

    En 2022, j’ai pris beaucoup de claques musicales : Strigoï, le dernier Immolation, l’éponyme de Artificial Brain, le Cosmic Putrefaction, le Misgivings, l’incroyable Heaving Earth et le Miscreance, ainsi que le Stabbing. Et puis le dernier de Kendrick Lamar

    L’année fut extrêmement chargée… Quant au groupe Devenial Verdict, je faisais alors sa rencontre avec lui.

    J’ai d’abord ressenti de la méfiance… Un post death… qui pratique allègrement la dissonance, le son clean (même si pas totalement), des arpèges… Tout cela sentait le groupe un peu poseur (post) et intello (post), ce dont je suis extrêmement, rarement, impossiblement, fan. 

    Seulement, le groupe m’avait emporté : tant d’émotions, de ténèbres, de tristesse, de magnificence, d’épique… Et de brutalité. Créant de fabuleux paradoxes dans les sensations.

    J’attendis donc avec impatience le prochain, guettant des nouvelles via le label… Et enfin il y en eut.

    *

    Après de nombreuses écoutes, il m’est toujours aussi difficile de dire si cet album est une totale réussite… Mais dois-je le mettre à la hauteur du premier ?…

    Premier constat : L’album est de grande qualité. Non, il ne déboîte pas, non il ne met pas de grandes claquasses, etc. Il est d’une grande qualité. Je n’ai pas pu me sentir trahi par le groupe ou même ressentir une once de facilité, d’automatisme.

    Devenial Verdict a son style et l’effet de surprise passé de la découverte de celui-ci, les compositions restent solides, les idées pertinentes, l’émotion palpable.

    Le style de DV c’est une sorte de Gorguts (je pense même qu’il y a une référence à « Le Toit du Monde » sur le morceau d’ouverture), avec plus d’arpèges et de développements d’ambiances grâce à ses accords décomposés et ces guitares qui savent se faire inquiétantes, tristes, puis aussi froidement mécaniques et tranchantes dans les moments où la brutalité reprend le dessus. Une caractéristique bien étrange d’ailleurs : le groupe sait créer des moments d’émotion, de lyrisme, où les notes traînent, hurlent, s’enchevêtrent et vibrent avec une résonance et un effet d’écho qui charge le son d’une émotion et d’une grandeur quasi cosmique. Puis les riffs arrivent : froids, mécaniques, au gré d’une rythmique implacable qui semble inamovible. Ce mélange de vibrance émotionnelle et de froideur du riffing ne m’a pas sauté aux yeux au début puis il est devenu constitutif de leur musique.

    Cette musique tour à tour, pleine d’une brutalité froide, avec une interprétation toute en rage et blessures, brutalement déployées et de moments intimistes instamment répandus et prolongés, se transforme en un conglomérat d’instants de grâce solennels, de désespoir épique, et forme un tout de cinquante-et-une minutes à la fois cohérent et dans lequel on observe autant de froideur technique et solennelle que des cœurs palpitants dans ces notes résonnantes.

    *

    Mais l’album m’a déçu.

    Il m’a déçu pour deux raisons principales qui illustrent l’idée qu’il aurait pu être plus grand encore. Quand j’y pense… reprocher à ce groupe de n’être pas allé plus loin c’est assez gonflé mais, hélas, le ressenti est là et il me faut l’écrire, car il enserre mon cœur à chaque instant que je pose mon attention sur cet album.

    Ces solos sont bien trop rares et bien trop magnifiques pour être aussi peu présents dans l’album… J’en veux plus… Ils sont beaux à pleurer, intenses à en couper la respiration, à retenir le battement du cœur, à rester pantois… Pourquoi sont-ils bien trop rares alors qu’ils sont magnifiquement écrits, brillamment intégrés dans ces compositions ?

    La deuxième raison, elle, tient en une chose purement ressentie : il y a des moments où j’ai cru sentir que le groupe voulait s’arrêter d’extraire de l’or de sa mine… Le final de la composition « Blessing of Despair » illustre à mon sens cela : un fade out sur le dernier riff qui tourne en boucle. D’accord, peut-être cela peut avoir du sens par rapport à la thématique mais tout de même… Une telle ambition, un tel talent, un tel travail, une telle passion… pour quelquefois ne pas atteindre le sommet en termes d’intensité… de sentir que le groupe n’a pas les moyens de transcender son style encore…

    Ces déceptions proviennent plus du fait que le groupe nous laisse entrevoir une véritable perfection, un diamant brut d’émotions que d’une difficulté pour le groupe à se dépasser ou à sortir du lot. Autrement dit, ces déceptions sont celles de ceux qui ont vécu un miracle mais qui s’attristent que le visage de Dieu n’ait pu leur être révélé.

    *

    Soyons clairs : cet album n’est pas un échec. Il n’est pas encore un aboutissement. Mais il est déjà grand, et surplombe du haut de sa montagne d’émotions le paysage Death d’aujourd’hui.

    Tracklist :

    1. I Have Become the Sun  

    2. Garden of Eyes  

    3. Moon-Starved  

    4. Blessing of Despair

    5. Shunned Wander  

    6. The Quietus  

    7. Solus  

    8. Counting Silence  

    9. Cold Lantern  

    10. A Curse Made Flesh

    Line Up :

    Okko Tolvanen – Batterie / Riku Saressalo – Chants / Sebastian Frigren – Guitares / Antti Poutanen – Basse

    Liens :

    https://devenialverdict.bandcamp.com

    Facebook

    https://www.instagram.com/devenialverdict

    https://youtube.com/user/Devenialverdict

    https://devenialverdictband.bandcamp.com

  • Movrir – Insolence

    Movrir – Insolence

    2025

    Genre : Black Metal Expérimental / Sludge*
    Label : Pelagic Records
    Sortie : 17 Janvier 2025

    Note : 90/100 (Mémé Migou)


    Mourir**, la belle affaire.

    Mais vomir, ô vomir…


    Vomir des flots torrentiels

    Le trop-plein cathodique, numérique,

    Les tranches grasses de notre consumérisme

    Toujours plus épaisses, toujours plus plus plus

    Tout avaler, plus vite, sans même digérer

    L’inFAUXrmation

    Comment satisfaire l’insatisfait ?

    Sinon en le gavant

    Un foie gras d’acquéreurs compulsifs


    Mais ces oies pas si blanches

    Sont fières d’exhiber leur cirrhose sociétale.

    Elles vomissent en gerbes et en chœur

    Et dans leur HUBRIS s’entêtent aveuglément. ATIS….

    Jusqu’à ce que la sanction tombe – NEMESIS…

    La vengeance d’un corps en déroute

    D’une Terre en reboot

    Décadence, déchéance, Destruction – TISIS !

    Movrir, la belle affaire… Une bonne dose d’Insolence pour conter et contrer ce cycle de la tragédie Humaine. Hubris, Atis, Nemesis, Tisis…

    Le quatuor toulousain, composé entre autres de membres de Plebeian Grandstand et de Bruit ≤ , rentre droit dans le sujet, en hurlant en chœur « La folie, la foi, en Babylone… » Ah ! La grande prostituée, celle qui manie les langues à foison pour mieux vous perdre. La folie, la foi et l’orgueil, définition de l’Hubris. Movrir, bien que né en 2019, ne nous avait pas encore habitué à ce genre de chœur, harangue vénéneuse, populace aveugle, des voix encore et toujours plus. Mais cela sert le propos bien à propos ! Et déjà, au bout des 30 premières secondes du premier titre de cet EP, Insolence, on comprend que le son sera trituré, malaxé, retenu puis relâché… En cela, nous avons une œuvre quelque peu différente des deux premiers albums du groupe.

    Vomir son dégoût de notre société de consommation… Il me revient à l’esprit un concert performance de VOMIR, qui opposait un bruit blanc et continu, sans la moindre variation, en harsch noise wall pour mettre au pied du mur les auditeurs et provoquer « le repli sur soi, l’époché (la mise en parenthèse) de ce qui nous entoure ». Oui, mais voilà, c’est compter sur nos paréidolies auditives. Et si la démarche m’avait alors intéressée, intriguée, j’en suis restée de marbre. Ce qui est loin d’être le cas dans ce titre « Hubris ». Loin de l’esthétique Vomir du « pas d’idées, pas de changement, pas de développement, pas de divertissement, pas de remords », Movrir nous offre un déferlement d’émotions viscérales. Changements de voix, de la fureur dans le son, du feu et du sang, de la pisse et des os, c’est sale, c’est rugueux, c’est… addictif au possible ! Antinomique, n’est-il pas ?!

    Quand les précédents albums nous proposaient des œuvres plus typées Black Metal expérimental, avec ce son de guitare typique, la batterie à fond et ces voix hurlées qui n’étaient pas sans me rappeler les hurlements de Dark Tribe, que l’ami Russel m’avait fait découvrir, Movrir s’octroie avec Insolence, un EP qui rebat les cartes. Certes, on reste dans l’expérimental, avec des touches de noise, mais également des explorations plus « instrumentales », comme avec le second titre « Punitive ». Mais retour sur le titre d’ouverture où, après un début Griffonesque, on finit vers 3:00 par retrouver ces passages mélodiques qu’ils pratiquaient déjà auparavant.
    « Hubris » est un titre fort, foisonnant, en complète adéquation entre sa définition et la musique qu’il propose.

    En cela, il est bon de lui opposer un second titre qui semble plus épuré, mais avec une ambiance de folie. Au carnyx de Samuel Meric, cor celte utilisé pour la guerre, s’opposent des guitares agressives, des bruits blancs, une flûte (?)… « Punitive », une expédition sonore de quelque 2 minutes pour nous emmener vers une nouveau titre phare au nom révélateur, « Nemesis », non sans une fin en suspens.

    Et c’est reparti dans la violence avec cette troisième piste de plus de 7 minutes. Nos oreilles seront à nouveau ballottées dans tous les sens, faisant de nos osselets des glaçons dans un shaker. Pour autant, dès 0:40, on revient sur une mélodie en tempo lent salie par les triturations sonores. Une fois celles-ci passées, on retrouve le Movrir des précédents albums, avec cette faculté à nous faire dresser les poils. Mais ne vous y trompez pas,, cela ne restera pas sain et sauf, les quatre nous emmèneront vers les mélodies tronquées, des accélérations rythmiques, des changements de voix sur une palette assez large.
    Les 7 minutes ? On ne les sent absolument pas passer !

    Dernière plage de l’EP, « Illusions », en écho à « Punitive », repart sur du grave, du lent, du cinématique, de l’ambiance, du jeu dans les sonorités, entre roulis des vagues qui s’échouent et mélopée éthérée, on est en suspension dans le Grand Néant… Et toujours ce son Crust qui dégringole de plus en plus. Sans parler de la voix d’outre-tombe qui nous appelle, qui nous rappelle que tout est dévasté ; un râle… On clôture sur une descente qui s’arrête brusquement, nous laissant pantois.

    Certains diront que l’EP ne fait réellement que 2 morceaux, les 2 à tendance plus instrumentale étant dispensable. Dispensable ? Absolument pas. Au pire, à accoler aux deux autres. Mais même là-dessus, je ne suis pas cette voie. Pourquoi ? Parce qu’on navigue dans cette dualité entre des morceaux chantés et des morceaux instrumentaux (ou presque), entre prolifération, abondance et lourdeur cinématographique ; entre les grandes Hubris-Nemesis et les mineures Atis-Tisis… En cela, on y trouve l’intelligence de composition, alliée à un choix de production au son granuleux, noisy assumé.

    Un EP qui ne surpasse pas « Disgrâce », mais le tutoie sans vergogne. J’en suis fan !

    « Movrir, la belle affaire »… Oh oui ! La très belle affaire

    ***

    *Il est question de Sludge quand d’autres parlent plutôt de Crust… j’ai fait mon choix sur ce dernier, et vous ?

    **On trouve aussi bien Movrir que Mourir dans nos recherches et liens sur le net…


    Tracklist :

       01. Hubris
      02. Punitive
      03. Nemesis
      04. Illusions

    Line up :    

    Olivier Lolmède – Guitare, Chant /  Alexandre Bérenguer – Guitare / Maël Pretet – Batterie / Théophile Antolinos – Basse

    Guest : Samuel Meric – Carnyx sur « Punitive »

    Liens :

    https://www.facebook.com/movrir
    https://www.instagram.com/movrir/
    http://mourir.life/

  • Oceans of Slumber / Where Gods fear to speak

    Oceans of Slumber / Where Gods fear to speak

    Genre : « Dark Cinematic Metal »
    Label : Season of Mist
    Sortie : 13 Septembre 2024

    Note : 85/100 (WvG)

    Contrairement à ce qui est indiqué dans le nom du groupe, la musique d’Oceans of Slumber n’est pas de tout repos, et ce sixième album intitulé Where Gods fear to speak ne viendra certainement pas contredire mon propos.

    Houston, a-t-on un problème ? Non… Le quintette texan exerce dans le Metal progressif mélodique depuis 2011 et cet album ne déroge pas à leur règle puisqu’il propose des morceaux hargneux et variés au fil de neuf pistes, la dixième étant une reprise – bienvenue – de Chris Isaak (« Wicked Game »).

    Hargneux, certes. Parce que le riffing est acéré et précis. Varié, évidemment… c’est du prog, ça tombe sous le sens. « Chiant, donc » diront certains ? Bah… en fait ça dépend : si vous ne réfléchissez qu’en structures linéaires, c’est sûr que vous allez passer un mauvais quart d’heure… enfin un peu plus de trois, en fait (56 minutes). Par contre, les habitués du genre vont s’y retrouver, surtout si vous êtes biberonnés à The Gathering, Dream Theater (à moindre mesure) et Epica/Mayan.

    Je pense qu’après avoir visionné la vidéo ci-dessus vous comprendrez aisément pourquoi je fais référence à ces modèles : la voix de Cammie Gilbert-Beverly ne serait sans évoquer celle d’Anneke van Giersbergen mais également celle de Skin (Skunk Anansie) sur d’autres morceaux (« Wish » par exemple), cette chanteuse alternant beaucoup de techniques vocales démontrant l’étendue de sa palette, tantôt sirupeuse, tantôt aguicheuse, tantôt chaleureuse, généreuse… mais aussi teigneuse. Du point de vue instrumental, on se sent déjà dans un univers sonore coutumier dès les premières notes du single éponyme de l’album avec une entrée en matière assez souple dans la brutalité qui fait penser à nombre d’albums de DT mais aussi la conception de morceaux tels que dans le raisonnement musical de Mark Jansen pour Mayan par passages et Epica assez souvent. On retrouve d’ailleurs cet aspect musical et surtout mélodique-harmonique au fil de l’album : « Don’t come back from Hell empty handed » aurait très bien pu être écrit pour Floor Jansen dans la période After Forever.

    L’album se clôt donc sur la reprise du cultissime morceau de Chris Isaak, quelques grammes de finesse dans un monde de brutes ; c’est justement le risque que celui de s’attaquer à un morceau culte : se foirer. Ce n’est pas le cas ici : l’arrangement acoustique en duo piano/guitare folk de ce que j’appelle mon « morceau dodo » est tout à fait honorable et pas inintéressant, ne dénature pas l’original et reste dans le caractère initial de la composition de son créateur tout en ajoutant à la démonstration de l’étendue vocale de la chanteuse du groupe. On pourrait comparer cette version revisitée à celle du « Mad World » de Tears for Fears par Gary Jules.

    Ce qui est assez bien conçu, c’est que l’album fonctionne un peu comme la bande originale d’un western, qui se terminerait par un morceau qui lui-même sert de titre phare à la BO de Sailor et Lula de David Lynch – si vous n’avez pas encore vu ce film qui méritait sa Palme d’Or 1990, allez-y : le couple Cage/Dern est mémorable et Willem Dafoe est tellement malaisant…

    C’est un bilan nettement positif que celui de l’écoute d’un tel album pour quiconque aime la variété (loin du péjoratif qu’on attribue à ce terme) : très clairement, ce groupe ne mérite ni de tomber dans l’oubli ni dans le sommeil, il ne reste plus qu’à vous, les ronds de cuir (et de clous), de donner sa chance à leur musique.

    Tracklist:

    1. Where Gods fear to speak (6:25) 
    2. Run from the Light (5:15)
    3. Don’t come back from Hell empty handed (8:28)
    4. Wish (3:53)
    5. Poem of Ecstasy (6:33) 
    6. The Given Dream (3:36)
    7. I will break the Pride of your Will (5:27)
    8. Prayer (5:03)
    9. The Impermanence of Fate (6:20)
    10. Wicked Game (5:26)

    Line up : 

    Cammie Beverly – Chant / Dobber Beverly – Batterie, Piano / Semir Ozerkan – Basse / Alex Davis – Guitare / Chris Kritikos – Guitare, Claviers

    Liens : 

    https://oceansofslumber.com/
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