Catégorie : Chronique

  • Förgjord – Perkeleen weri (2024)

    Förgjord – Perkeleen weri (2024)

    Genre : black metal
    Label : Werewolf Records
    Sortie : 13 septembre 2024

    Note : 90 /100 (Seblack)

    Förgjord pourrait être un cas clinique de la scène black metal finlandaise : il en possède en tout cas la plupart des symptômes : riffs féroces, sens affirmé de la mélodie et volonté de ne pas trop en dévoiler.
    Bien établi, le groupe fondé par Valgrinder a maintenant largement dépassé la vingtaine d’années d’existence. Il n’a pourtant rien perdu de sa vigueur malsaine et propose avec « Perkeleen weri » un septième album qui vient compléter une discographie également riche de nombres d’EPs et autres splits.

    Cette description somme toute assez banale ne doit pourtant pas occulter que Förgjord est, bien plus qu’un représentant de plus de l’opulente scène black finlandaise. Alors, il n’est peut-être pas le plus connu de son pays ou même de son label (Werewolf Records), encore que ses sorties depuis « Uhripu » (2017) ont pu avoir un petit écho dans nos contrées.
    Toujours est-il qu’à mes yeux Förgjord est une formation pour laquelle j’ai beaucoup de considération. Peu, en effet, ont ce don pour capter la folie humaine et la retranscrire dans une musique qui vous saute à la figure, autant qu’elle prend aux tripes. Oh on ne parle pas vraiment ici de malin et autres créatures cornues, Pas besoin de s’inventer des diables quand l’humanité vous fournit une liste infinie d’atrocités et de tourments. Förgjord puise donc dans sa région de Savo en Finlande les sombres récits qui hantent ce nouvel opus.

    Afin de conférer encore un peu plus d’authenticité à toute cette noirceur, le groupe a fait le choix d’un son sans fioriture. Plus encore que d’habitude « Perkeleen weri » sonne de manière brute avec des riffs épais, des grésillements, des mélodies inquiétantes et un chant primitif. On retrouve aussi à plusieurs reprises ces voix claires parlées ou enregistrées dont l’écho apporte un côté fantomatique et obsessionnel ; comme si les morts se mettaient à parler ou que l’on ouvrait grand les portes de l’asile psychiatrique du coin. Dans ce dédale malsain et virulent, seule la conclusion du titre final « Pettävä suo » laisse la place à une accalmie toute relative.
    Pour le reste, place à des ambiances aussi lugubres et inquiétantes les unes que les autres. La plupart des morceaux (pas tous) s’introduisent sur des ambiances pesantes soulignées par des parties dont la lenteur et la lourdeur n’ont rien à envier au doom death funéraire le plus glauque. Bien sûr, les emballements frénétiques ne tardent pas et lâchent la bride à la démence et à une noirceur black véhémente. Mais quelque soit le tempo, l’entièreté de la musique suinte l’intranquillité, le dérangement.
    Au final, ce septième opus offre ce que l’on attend de Förgjord. Dans l’absolu, il n’est ni meilleur ni moins bon que ses productions précédentes : il est du même bois, entre accès de folie pure et affliction malsaine.

    Tracklist :

    1. Silmäinkääntäjä (06:34)
    2. Käärmeenkieli (05:55)
    3. Neljäs lapsi Saatanalle (04:43)
    4. Loukatun kunnia (04:34)
    5. Kalm (02:03)
    6. Raskas veden taakka (06:09)
    7. Pettävä suo (05:14)

    Line-up :

    Valgrinder – Guitares, basse
    Prokrustes Thanatos – Chant
    BLK – Batterie

    Liens :

    https://forgjord.bandcamp.com/
    https://www.deezer.com/en/artist/203939
    https://www.facebook.com/Forgjord
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/7Jb7OYd79fKxy6Qi7yiESP

  • Firtan – Ethos (2024)

    Firtan – Ethos (2024)

    Genre : black metal
    Label : AOP Records
    Sortie : 13 septembre 2024

    Note : 85 /100 (Seblack)

    Parmi les groupes du label AOP Records, les Allemands de Firtan sont loin de démériter. On notera au passage une certaine émulation chez beaucoup de formations de ce label, les uns n’hésitant pas à collaborer avec les autres. Ce quatrième opus de Firtan ne fait pas exception puisqu’il voit la présence de deux invités de marque  au chant avec J.J (Harakiri for the Sky, Karg) sur « Hraenga » et L.G (Ellende) sur  « Wermut hoch am Firmament ».

    Mais revenons à nos moutons. Évoluant à leurs débuts dans un black pagan un petit peu convenu, le groupe s’en est peu à peu éloigné pour déboucher sur un black metal résolument contemporain. Firtan, finalement, c’est une illustration de plus de cette génération de groupes germanophones, ni true ni post, proposant un black moderne et ultra carré (Der weg Einer Freiheit, Imperium Dekadenz, Ellende.…).

    Avec « Okeanos » en 2018,  Firtan avait déjà laissé entrevoir un potentiel certain. « Matter », paru il y a deux ans, constituait une nouvelle montée en puissance avec des compositions très denses, très abouties et, disons le, très réussies dans ce style encombré de groupes frisant parfois l’anecdotique.

    Incontestablement, ce nouvel album intitulé « Ethos » marque un nouveau palier en termes d’intensité et de contrastes. Passée la petite introduction éthérée de « Hrenga », la musique se déchaîne offrant une puissance qui va dominer et écraser la quasi entièreté de l’album. Tout comme pour ses précédents opus, les compositions sont très travaillées et riches. Le groupe ne s’embarrasse d’aucun carcan puisant dans le black, sans rechigner à quelques sonorités death pour alourdir un peu plus encore sa musique. Habituellement ce genre de combinaisons a tendance à me faire bailler mais dans le cas présent, Firtan est parvenu à capter mon attention et à la conserver tout du long.

    Bien plus  que cette démonstration de puissance à tous les étages, le quintet parvient à glisser, par l’entremise de Klara Bachmair, des sonorités délicates de piano et surtout de violon (acoustique ou électrique). Le plus souvent c’est très discret mais cela apporte un contraste saisissant qui est très plaisant. Comme pour « Marter » on retrouve aussi Markus Stock dont les notes de dulcimer amènent un peu plus encore de richesse sonore au spectre musical de Firtan.

    “Ethos” est donc un album solide,  très prenant. Alliant puissance instrumentale et vocale, Firtan parvient, sans se disperser, à bâtir un univers sonore qui lui est propre. Un album qui mérite plus qu’un détour.

    Tracklist :

    1. Hrenga  

    2. Zores  

    3. Contra Vermes  

    4. Arkanum  

    5. Wermut hoch am Firmament

    6. Moloch  

    7. Ruakh  

    8. Komm herbei, schwarze Nacht  

    9. Wenn sich mir einst alle Ringe schließen

    Line-up :

    Phillip Thienger – Chant, guitare.

    Oliver König – Basse.

    David Kempf – Batterie.

    C.S. – Guitare.

    Klara Bachmair – Violon, piano

    Invités :

    Markus Stock – Dulcimer, chant.

    L.G. (Ellende) – Chant (track 5)

    J.J. (Harakiri for the Sky, Karg) – chant (track 1)

    Liens :

    https://firtan.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/Firtanofficial

    https://www.instagram.com/firtan.official

    https://www.deezer.com/us/artist/5477836

  • Gravenoire – Devant la porte des étoiles

    Gravenoire – Devant la porte des étoiles

    Genre : black metal français
    Label : Season of Mist Underground Activists.
    Sortie : 23 août 2024

    Note: 75/100 (LB D)

    Peut-on parler de dream team dans le black metal ?, Dream team comme lorsque les basketteurs professionnels américains ont été autorisé à participer aux jeux olympiques de Barcelone en 1992. Équipe Américaine qui réunissait pour la première fois en son sein les stars, Magic Johnson, Michael Jordan et Larry Byrd.
    Dream team, c’est aussi les premiers mots qui me sont venus à l’esprit lorsque j’ai appris la naissance de Gravenoire et surtout des membres qui le composent, alors certes ici, point de stars du basket mais plutôt la fine fleur du black metal français, période fin des années 90, début des années 2000. Ainsi on retrouve au chant, les mythiques chanteurs RMS Hreidmarr (ex Anorexia Nervosa/ The CNK et actuellement dans BA’Ä et Glaciation principalement) et Vicomte Vampyr Arkames, souvenez- vous, c’était lui qui chantait sur le cultissime premier album de Seth “Les Blessures de L’ âme”. On devrait d’ailleurs le retrouver incessamment sous peu avec la sortie du nouvel album de Diablation. Participent également au projet Emmanuel Zuccaro (BA’Ä, Verfallen, ex Hyrgal, ex Karne), à la batterie et aux synthés, et Maximilien Brigliadori (BA’Ä, Diablation, ex Hyrgal en live) à la guitare et à la basse. Cette formation a de la gueule sur le papier et quand vous pensez que l’idée principale de ce projet était de renouer avec le passé et de nous faire revivre la période dorée du black metal français des années 90, avouez quand même, qui y avait de quoi en saliver d’avance non ? Mais alors, ont-ils réussi ou pas leur pari ?

    Et bien pour moi c’est un grand OUI, et c’est après une courte intro très Hans Zimmerienne dans l’esprit que les choses sérieuses commencent. Et ça démarre très fort avec le titre “France profonde” qu’on avait pu découvrir en avant-première il y a un peu plus d’un mois et demi maintenant, on pouvait y entendre un metal noir cru, sauvage et intensif. Tous les artifices très black metal compatible étaient réunis dans cette vidéo : le corpse paint, les clous, le feu, des châteaux en ruine, des édifices religieux, le tout était agrémenté par de belles images de paysages sombres et majestueux bref, on avait eu le droit à une très belle avant-première et qui nous avait bien mis l’eau à la bouche.

    Plus globalement, alors que l’album a été enregistré lors de répétitions, les quatre titres proposés rendent vraiment hommage à la deuxième vague française des années 90. Gravenoire arrive à nous transporter trente ans en arrière rien qu’en siphonnant l’essence même de ce style si primitif qui avait fait la renommée du black metal hexagonal. Les compos sont solides et les riffs sont au rendez-vous. Les mélodies ne sont pas en reste non plus, pour la plupart du temps en fond sonore, elles sont faites essentiellement au clavier et l’influence d’Emperor est détectable. Le son est brut de décoffrage, agressif et sans fioritures, tout en gardant une petite part de modernité, il n’est pas surproduit non plus. Les textes proposés retiennent notre attention, comme un Autarcie ou un Sühnopfer, le projet Gravenoire, tout en rejetant le monde actuel, est ancré dans sa terre natale et ses traditions populaires. Le chant est furieux et rocailleux à souhait, celui de Hreidmarr est reconnaissable entre mille, et celui de Vicomte Vampyr Arkames enfonce le clou. Souvent tout en narration, ses interventions apportent encore plus de froideur aux compos. Le duo de chanteurs fonctionne à merveille et nous prouve ainsi qu’ils font vraiment partie du gratin des meilleurs chanteurs de black metal en France. En quatre titres, Gravenoire nous prouve une fois de plus que le black metal et la langue de Molière se marient parfaitement bien, et pourtant… on reste sur notre faim.
    Car il y a un gros Hic, annoncé en grande pompe par le label Season of Mist comme un premier album, celui-ci s’avère être un EP, certes un EP de grande qualité mais seulement quatre titres et 25 minutes de musique, désolé mais c’est la frustration qui prédomine, (je ne vous parle même pas du prix pratiqué en pré-commande pour le vinyle ou le cd…). Alors oui, je suis chafouin et cela va se répercuter automatiquement sur la note que je vais attribuer à cet album… ah non pardon, à cet EP. Mais malgré tout, et comme j’ai envie de finir cette chronique sur une note positive, j’ai le sentiment que cette formation à du potentiel pour nous en mettre plein la vue, du coup, je vais prendre mon mal en patience et attendre bien sagement le vrai premier album. Et pi.., qui vivra, verra…

    Tracklist :

    01 – Pavens (1:27)
    02 – France De L’ombre (05:53)
    03 – Ordo Opera Cultura (04:03)
    04 – Aux Chiens (04:18)
    05 – Granit (05:21)
    06 – Gravenoire (04:11)

    Line-up :

    Maximilien Brigliadori – Guitare, Bass
    Emmanuel Zuccaro – Batterie, Synthé
    RMS Hreidmarr – Chant
    Vicomte Vampyr Akarmes – Chant

    Liens :

    https://www.facebook.com/profile.php?id=61553036631501

    https://gravenoireofficial.bandcamp.com/album/devant-la-porte-des-etoiles

  • Signum Regis / Undivided (2023)

    Signum Regis / Undivided (2023)

    Genre : Power Melodic Metal
    Label : Ulterium Records
    Sortie : 17 Novembre 2023

    Note : 80 + 7/100 (WvG)


    Ça ne vous manque pas, vous, cette envie irrépressible d’aller chevaucher dans les grandes plaines et aller bouter tout ce qui bouge tant que c’est un personnage fantastique (mais pas un être surnaturel et merveilleux, ou autre « créature magique », pour éviter de se prendre les foudres de Disney Corp. ou de Peter Dinklage) ? Bon… alors j’ai peut-être ce qu’il vous faut niveau bande-son, en la présence auriculaire de Signum Regis et leur septième album intitulé « Undivided ».
    Il était une fois un groupe de power melodic slovaque inconnu dans nos contrées et qui pourtant fredonne en creusant sa mine depuis 2007 ; il était temps qu’ils déposent leurs pépites en France, terre d’accueil du metal since l’avènement révolutionnaire de Gojira que le pays des Lumières a donc découvert en 2024. Pour ma part, je les ai découverts (tel un Christophe Colomb du Metal qui penserait avoir inventé une poudre que les pays limitrophes possèderaient depuis des années mais pas nous, franco-français) lors d’une pérégrination dans leur pays natal, via deux précédents albums, Exodus (concept album avec plein de guests au chant) et Chapter IV : The Reckoning, qui m’ont incité vivement à vous en faire la promotion présentement [allez lire l’article dans lequel je parle de ça… si, si, allez le lire et partagez, mettez des pouces bleus, toussa…]
    Alors, c’est trois nains… pardon, « créatures merveilleuses » … non, cinq en fait, ils vont à la mine : le premier prend la pelle, le deuxième la pioche, le troisième… bon bref, ça tape plutôt lourd et ça résonne ; on peut entendre l’écho mélodieux de leurs voix et instruments au cours de dix morceaux bien rocailleux qui ne seront sans vous évoquer Helloween (principalement), Hammerfall, Symphony X voire Royal Hunt (et un chouia de Maiden sur le finale « Shield my Soul »).

    « Gneu gneu, le power et le melodic, c’pas metôl… » Ben tiens… les mêmes qui seraient en train de brailler bras-dessus bras-dessous du Bernard Minet en fest… J’t’en foutrais du « pas metôl », avec des refrains catchy et teigneux (« c’est teigneux, un nain ! » comme diraient Laspalès et Chevalier… oui, on a les refs qu’on mérite, na !) Écoutez « Sea of Galilee » pour vous faire une idée : la voix de Jota Fortinho est hargneuse, la basse de Ronnie König (membre fondateur et certainement fan de Steve Harris vu sa technique et le fait qu’il soit compositeur majoritaire) claque, la guitare de Filip Koluš est acérée, les claviers de Ján Tupý sont planants et la frappe de caisse claire de Jaro Jančula est saignante. Et quand la production est confiée à Jacob Hansen – est-il encore nécessaire de le présenter ? –, on a forcément un diamant brut.
    Bref, au lieu d’aller mettre quinze balles dans le prochain ersatz de live action made by la team de tonton Walt (qui doit être en train de faire du breakdance olympique dans sa tombe), mettez-les dans ce skeud de chez Ulterium Records (Suède) – et distribué par Socadisc en France –, ça fera un grand bien de toute part, y compris à votre petit cœur tout mou de cavalier en quête d’aventures épiques (ou de princesse à réveiller avec un gros poutou) sur son fier destrier. Et vous aurez fait une bonne… pioche… hu hu hu… #ilsétaientsept.

    Tracklist :

    1. Daniel’s Prophecy
    2. Ministry of Truth
    3. Salt of the Earth
    4. Interpreter of Dreams
    5. Pilgrim Road
    6. Servants of the Fallen One
    7. Sea of Galilee
    8. Prepare for War
    9. Undivided
    10. Shield My Soul

    Line up :
    Jota Fortinho – Lead and backing vocals
    Filip Koluš – Guitars
    Ronnie König – Bass
    Ján Tupý – Keyboards, backing vocals
    Jaro Jančula – Drums

    Guests :
    Jimi Cimbala – Guitar solo on « Servants of the Fallen One (03:55-4:02) and « Shield my Soul » (04:57- 05:19)
    Daniel J. Fries (Affector) – Guitar solo on « Pilgrim Road » (02:48-03:00), « Sea of Galilee » (02:25-02:37) and « Undivided » (02:46-03:26)
    David Åkesson (Moonlight Agony, Quantice, Symphonity) – Additional backing vocals on « Daniel’s Prophecy », « Interpreter of Dreams » and « Shield My Soul”

    Liens :
    Website: www.signum-regis.com
    Facebook: http://www.facebook.com/signum.regis
    Instagram: https://www.instagram.com/signumregis

  • Spectral Wound – Songs of Blood and Mire (2024)

    Spectral Wound – Songs of Blood and Mire (2024)

    Genre : black metal
    Label : Profound Lore Records
    Sortie : 23 août 2024

    Note : 95 /100 (Seblack)

    “Terra Nullius” (2015), “Infernal Decadence” (2018), “A Diabolic Thirst” (2021) et maintenant « Song of Blood and Mire », c’est avec un rythme diabolique autant que métronomique que Spectral Wound délivre ses albums comme autant de perles ajoutées les unes aux autres au chapelet d’un black metal nerveux et revigorant.

    La recette de Spectral Wound? Elle peut paraître simple et connue de prime abord, mais tout comme en cuisine, c’est le coup de main du cuistot qui s’avère décisif. Et en la matière, Spectral Wound ne manque pas d’habileté et mérite amplement ses étoiles noires au Gault & Millau du black metal.
    Une belle table c’est d’abord un art consommé de la mise en scène. Or là aussi le groupe canadien se débrouille plutôt bien. L’artwork de « A Diabolic Thirst » avait déjà fait mouche, celui de ce nouvel opus ne dépareillera pas, avec ce côté occulte et décadent qui colle à merveille à la musique qui va être servie.
    Au menu rien que des valeurs sûres : riffs glaçants, mélodies trépidantes, chant possédé, batterie furieuse et un son cru, juste ce qu’il faut, constitueront la base solide de ce « Song of Blood and Mire » . Du classique me direz vous…Oui mais travaillé avec cœur et entrain.

    Là où le talent fait toute la différence c’est dans l’incorporation et la liaison des différentes saveurs : quelques belles pointes de lourdeur suffocantes par ici, quelque relents rageurs de punk à clous sous lsd par là… et de la mélodie, toujours de la mélodie : épique, ravageuse, malsaine il y en a pour tous les goûts avec en prime un petit brin de mélancolie pour la fin ; comme une invitation à remettre le couvert.
    Une nouvelle fois donc Spectral Wound ravive nos papilles autant qu’il aiguise nos canines avec cet album énergique qui donne envie de renverser la table, de démolir la salle en invectivant quelques convives.

    Tracklist :

    1. Fevers and Suffering (06:19)
    2. At Wine-Dark Midnight in Mouldering Halls (06:24)
    3. Aristocratic Suicidal Black Metal (06:00)
    4. The Horn Marauding (05:53)
    5. Less and Less Human, O Savage Spirit (06:51)
    6. A Coin upon the Tongue (05:35)
    7. Twelve Moons in Hell (06:47)

    Line-up :

    Illusory – Batterie / Patrick – Guitare / Jonah – Chant / Sam – Basse, chant / A.A. – Guitare.

    Liens :
    https://www.facebook.com/spectralwoundcontramundi/
    https://www.instagram.com/spectral.wound/
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/3i6zP2x9GMBV3WyRzqQtM6
    https://www.deezer.com/en/artist/80861432?

  • Modern Rites – Endless (2024)

    Modern Rites – Endless (2024)

    Genre : Black metal indus
    Label : Debemur Morti Productions
    Sortie : 30 août 2024

    Note : 85 /100 (Seblack)

    Modern Rites propose avec « Endless » son deuxième album après « Monuments » sorti en 2021, déjà chez Debemur Morti. L’entité est un duo dont la composition peut surprendre.
    D’une part, on trouve Archytekt alias Jonny Warren du one man band Kuyashii, qui s’occupe ici du chant, de la basse, des claviers et de la programmation de la batterie. Il est en quelque sorte le visage de la modernité au sein de Modern Rites.
    D’autre part un certain Katalyst assure les guitares. Derrière ce pseudo s’en cache un autre puisqu’il s’agit en fait de Berg, principal compositeur du groupe suisse Aara. Il incarne plutôt le pendant plus black du groupe.

    Le premier album du groupe m’avait agréablement surpris avec ce son colossal, ces ambiances indus et cette musique faite d’énormes vagues. « Endless » n’est pas très différent de son prédécesseur, il suit le même chemin, disons, en approfondissant l’aventure et le fait est que cela fonctionne de nouveau très bien.
    Plus qu’un simple contraste entre les éléments indus glaciaux et les mélodies, il y a ici une forme de symbiose entre ces différentes composantes qui donne naissance à une sorte de monstre musical assez fascinant.

    Si à bien des égards « Endless » peut paraître expérimental et moderne, il ne sombre pas non plus dans un excès d’abstraction ou d’hermétisme parvenant à accrocher l’auditeur avec des compositions chiadées qui réussissent à garder un équilibre entre monolithisme et variations rythmiques où mélodiques. Si les dernières réalisations de Akhyls ou Blut aus Nord ont flatté vos oreilles, vous devriez en jeter une ou deux sur ce nouvel album de Modern Rites.

    Tracklist :

    1. Prelude (01:59)
    2. Endless (04:44)
    3. Lost Lineage (05:22)
    4. Veil of Opulence (06:21)
    5. Becoming (06:28)
    6. For Nothing (04:39)
    7. Autonomy (04:32)
    8. Philosophenweg (06:53)

    Line-up :

    Katalyst – Guitares
    Archytekt – Chant, basse, claviers, batterie (programmée).

    Liens :
    https://modernrites.bandcamp.com/
    https://www.facebook.com/profile.php?id=100063570531432
    https://www.instagram.com/modernrites/
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/66fy90ybavFDrtPInxmk3P

  • Ellende –  Todbringerin (2024)

    Ellende –  Todbringerin (2024)

    Genre : black metal
    Label : AOP Records
    Sortie : 30 août 2024

    Note : 80 /100 (Seblack)

    Deux ans à peine après « Ellenbogengesellschaft », Lukas Gosch, alias L.G, se rappelle à notre bon souvenir avec un nouvel album de Ellende.
    Enfin nouveau… pas tout à fait puisque « Todbringerin » est un réenregistrement du premier opus du one man band paru en 2016. La faute en revient à un imbroglio concernant les droits et à l’effacement des enregistrements d’origine empêchant donc une réédition plus classique.

    Dans les faits, il n’y a pas de grand changement à noter, mis à part un découpage de « Scherben Teil » en deux pistes distinctes et un nouvel artwork issu du travail de L.G qui s’est inspiré d’une célèbre toile de Vermeer.
    Pour le reste, Ellende n’a que très peu changé les compositions d’origine et s’est surtout attelé à peaufiner le son et le chant pour livrer une interprétation plus expressive et ciselée que l’œuvre originale.

    Le résultat est donc totalement à l’avenant de ce que Lukas Gosch nous a proposé depuis les débuts de Ellende : une musique impeccablement en place pour un black metal où la rage côtoie toujours de près la mélancolie et dépeint un univers infiniment poétique. Mélodies, notes de piano, petites touches de synthé, parties acoustiques, lignes de violons, tout est là pour magnifier un black qui ne manque pas d’âpreté et d’amertume. Alors oui « Todbringerin » n’est pas totalement nouveau mais il confirme qu’à chaque sortie Ellende est de plus en plus en beau.

    Tracklist :

    1. Am Sterbebett der Zeit
    2. Ballade auf den Tod
    3. Verehrung
    4. Scherben Teil I
    5. Scherben Teil II
    6. Versprochen…
    7. Verachtung
    8. Am Ende stirbst du allein

    Line-up :

    L.G : Guitares, Basse, Batterie, Piano, Violon, Viole.

    Liens :
    https://ellende.bandcamp.com/
    https://www.facebook.com/ellende.official/
    https://www.instagram.com/ellende.official/
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/1iLdVM2KFAHUbpaC5wpMbO
    https://www.youtube.com/user/lukeassdelirium

  • Tsatthoggua – We Are God (2024)

    Tsatthoggua – We Are God (2024)

    Genre : black metal
    Label : Osmose Productions
    Sortie : 31 mai 2024

    Note : 75 /100 (Seblack)

    « We are God » marque le retour des teutons sado maso de Tsatthoggua. Un retour que l’on avait doucement senti venir suite à la sortie de la compilation « Hallelujah Messiah » composée principalement des titres bruts de décoffrage de leur première démo. Bon c’était il y a quatre ans tout de même…

    En 2024, le combo nous revient donc cette fois avec neuf vraies nouvelles compositions. L’artwork dont la créature et le décorum ne sont pas sans évoquer l’univers de Impaled Nazarene, pourrait finalement assez bien résumer l’évolution de la musique de Tsatthoggua. Dans le fond le groupe a conservé ses thématiques de prédilection tout en soignant de manière beaucoup plus poussée la forme et si j’ose dire l’esthétique.

    Là où les albums précédents, et désormais assez anciens, se caractérisaient par des compositions très frontales et un son très brut qui avait le don de révulser les esthètes, “We Are God” s’avère beaucoup plus élaboré et doté d’un son plus dans les standards du genre…Vous me voyez donc un peu venir…
    Certes la progression du groupe au niveau des compositions et de tous les aspects techniques est notable mais comment dire ?….Le charme opère un petit peu moins ou moins immédiatement disons. La plupart des ingrédients sont pourtant bien présents, notamment au travers de ce black metal volontiers provoquant et qui ne renie en rien ses incursions dans le death ou le thrash.
    Ce bémol très subjectif mis à part, « We are God » s’avère être un album sans faiblesse où le groupe se permet même une incursion réussie dans le mid tempo avec « I Drive my Dog (to Thule) ».

    Un peu plus de vingt cinq après son dernier « vrai » album, Tsatthoggua nous revient donc avec un opus qui dans le fond est toujours aussi malsain, quand bien même sa forme est plus polissée et maîtrisée. Chacun se fera son avis sur cette évolution mais tant qu’il y a du vice l’essentiel est là et « We are God » n’en manque pas .

    Tracklist :

    1. Master Morality (04:09)
    2. Vorwärts Vernichter (04:02)
    3. The Doom-Scrawl of Taran-Ish (04:41)
    4. I Drive My Dogs (to Thule) (07:20)
    5. True Black Love (05:16)
    6. No Paradise for Human Sheep (04:28)
    7. Gloria Extasia (04:14)
    8. We Are God (05:04)
    9. Pechmarie (03:33)

    Line-up :

    False Prophet – Basse / Lightning Bolt – Batterie / Nar Marratuk – Guitare / Northwind – Chant

    Liens :
    https://tsatthoggua.bandcamp.com/
    https://www.deezer.com/us/artist/156087
    https://www.facebook.com/official.tsatthoggua/
    https://www.instagram.com/tsatthoggua.official

  • L’ÉCLAT DU DÉCLIN – Le Hurlement des sphères.

    L’ÉCLAT DU DÉCLIN – Le Hurlement des sphères.

    Genre : Black Metal Progressif
    Label : Percussive Spectre
    Sortie : 6 Avril 2024
    Note : 88/100 (D LB)

    L’Éclat Du Déclin est un One Man Band Français dont la tête pensante n’est autre que Julien Hovelaque. Le multi-instrumentiste n’est pas vraiment un inconnu dans le paysage du black metal hexagonal, tout d’abord, en solo dans MATER TENEBRARUM sous le pseudonyme de Daevhorn, puis dans le groupe MALEFICENTIA où il occupera le poste de guitariste chanteur. Sortiront de cette collaboration quatre albums entre 2001 et 2015. Puis vint l’épopée d’AVE TENEBRAE, avec deux albums à la clé en 2013 et 2016. On le retrouve aussi dans différents projets en tant qu’invité comme NUIT MACABRE ou WINTERMOON entre autres.


    Mais c’est en 2018 que le projet L’Éclat Du Déclin prend forme avec le mini Ep “Mater tenebrarum”, puis deux albums complets “Ainsi passe la gloire du monde” en 2020 et “Pâle écho de ce que nous fûmes” en 2022. Deux excellents albums qui ont posé de solides fondations, essentiels à la création de l’univers du one man band.

    Sur ce troisième album intitulé “Le Hurlement des Sphères”, Julien reprend les mêmes ingrédients qui ont fait la force des deux premiers mais en poussant la complexité à son paroxysme : un nombre incalculable d’écoutes sont nécessaires pour bien apprécier cette œuvre car beaucoup plus difficile à appréhender que les précédentes. Musicalement tous les morceaux sont travaillés de façon “chanson à tiroirs” et rien n’est laissé au hasard. N’hésitant pas à entrecouper plusieurs fois dans un même titre les passages de pur black metal par des moments plus paisibles, parfois mélancoliques mais toujours avec de belles mélodies, que ce soit à la guitare ou au synthé, elles sont très variées et omniprésentes, le quatrième titre “Anemonia” en est le parfait exemple. On ne s’ennuie jamais à l’écoute de cet album, il se passe toujours quelques choses auxquelles parfois on ne s’attend pas forcément comme, par exemple, les quelques beat technos par-ci, par-là, mais ils sont toujours bien sentis et idéalement bien placés. Ici le terme progressif n’est donc vraiment pas usurpé. Le son de batterie est bluffant et trompeur, il aura fallu que je lise une interview de Julien réalisée par François Karlek du webzine Satan bouche un coin, pour que je m’aperçoive que ce n’était pas une vraie batterie mais plutôt une programmation.
    Mais le plus gros du travail se situe surtout sur les parties vocales, on les sent plus posées, plus maîtrisées, le chant typiquement black metal est généralement suivi d’un chant que je qualifierai de hurlé ou d’écorché vif selon votre ressenti, le growl et le chant clair ne sont pas en reste non plus, ils apparaissent au gré des titres et sont parfois très inattendus. Le premier titre “Oracle Entropique” en est le parfait exemple avec un panel de chant très étoffé, ce titre restera d’ailleurs mon préféré de l’album.


    En plus d’être l’auteur, compositeur et musicien, Julien passera aussi derrière la console pour nous mixer et masteriser son propre album, pour un résultat remarquable et remarqué et ça, ce n’est vraiment pas donné à tout le monde, on est ici dans la définition parfaite du terme one man band.

    Pour résumer la situation, et comme je le disais plus haut, c’est un disque qui demande un nombre d’écoutes assez conséquent pour apprivoiser toutes les subtilités des compositions. Julien maintient le cap d’un black metal progressif, inventif et innovant, alors si vous aimez ce style de musique et que l’entêtement n’est ni un défaut ni un problème chez vous, dans ce cas, je ne peux que vous conseiller de jeter une oreille (ou deux) à ce très bon troisième album de l’ÉCLAT DU DÉCLIN.

    https://leclatdudclin.bandcamp.com/album/le-hurlement-des-sph-res?fbclid=iwy2xjawepi8llehrua2flbqixmqabhzlsvpwmoez0tfl8wlgnq5oivw4ah7zsupb2iiw23a_ggijfuh-anm1rqw_aem

    Tracklist :

    01 – Oracle Entropique (08:36)
    02 – Au Sein Des Panthéons (06:47)
    03 – L’Appel Des Mânes (07:48)
    04 – Anemoia (09:14)
    05 – Silhouette Errante (05:56)
    06 – Lux Occulta (06:03)

    Line-up : Julien Hovelaque – Tout

    Liens :

    https://www.facebook.com/eclatdudeclin

  • ColdCell – Age of Unreason (2024)

    ColdCell – Age of Unreason (2024)

    Genre : black metal atmosphérique
    Label : A.O.P Records
    Date de sortie : 26 juillet 2024

    Note : 75 / 100 (Seblack)

    Cinquième album pour à peu près autant de labels pour ColdCell. Après Gravity Entertainment,
    Czar of Crickets Productions et les Acteurs de l’Ombre Productions, c’est au tour d’AOP Records de prendre la formation suisse sous son aile pour ce nouvel opus intitulé “The Age of Unreason”.
    Pour tout dire, il n’y a pas réellement de grande surprise dans ce nouvel album. Disons le aussi, il n’y en a pas de mauvaise non plus. Ceux ou celles qui auront écouté et apprécié « Those » et « The Greater Evil » devraient être plutôt confortés par les sept titres composant « Age of Unreason ».

    La style de ColdCell est inclassable : ni vraiment black metal, ni vraiment autre chose, le groupe développe son propre univers au travers d’une musique lente aux mélodies éthérées voire légèrement distordues. On pourra y trouver quelques éléments évoquant lointainement Amenra ou d’autres ramenant à un black atmosphérique légèrement dissonant. Dans tous les cas, les horizons sonores dépeints dans « Age of Unreason sont sinistres autant qu’arides. Le chant semble toujours surgir de quelque profondeur inhospitalière et s’insère dans des lignes de guitares inquiétantes et maladives. L’effet immédiat n’est pas forcément garanti, mais une oreille avertie y trouvera son compte en matière de musique immersive.

    En bref, cet opus de ColdCell n’est donc pas des plus facile à aborder et son écoute ne pourra se faire que de manière très attentive afin d’en saisir au mieux les nombreuses nuances. Aucun titre ne sort immédiatement du lot mis à part celui avec le chant féminin qui, de fait, se singularise le plus. Chacun est plutôt à aborder comme une pièce formant un tableau d’ensemble extrêmement sombre.

    Dans l’absolu, « Age of Unreason » est donc très homogène, comme pouvaient l’être ses prédécesseurs d’ailleurs. Personnellement j’apprécie le groupe suisse pour sa capacité à bâtir ses propres ambiances, sombres et hypnotiques. Reste que « Age of Unreason » s’avère tout de même un peu trop semblable à ce que ColdCell a proposé dans un passé récent . Ce sera mon petit bémol pour un album et un groupe qui valent tout de même largement le détour.

    Tracklist :

    1. Hope and Failure
    2. Dead to this World
    3. Left
    4. Solidarity or Solitude
    5. Meaningless
    6. Discord
    7. Sink Our Souls

    Line up :

    In – Basse, chant (backing), claviers / aW – Batterie / Ath – Guitare / S – Chant / DmL – Guitare.

    Guest : Ines Brodbeck (chant sur Meaningless)

    Liens :
    https://cold-cell.bandcamp.com/
    https://www.deezer.com/fr/artist/12225416
    https://www.facebook.com/coldcellofficial
    https://instagram.com/coldcellofficial
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/4RFeAeMjyZG5ltwlXTN06V