Green Lung – Unto Others – Satan’s Satyrs Le Trabendo (Paris, 75) Mardi 25 février 2025
Texte : Seb D Vidéos : Once Upon a Live
“Hey mon ami ! Ça te tente d’aller voir Unto Others à Paris avec moi l’année prochaine ?”. Voici le message que je reçois de la part de mon ami Lucio en septembre dernier. Avant de lui répondre, ne connaissant pas vraiment le groupe, je regarde l’affiche de la date en question, histoire de voir qui les accompagne. Et là, surprise ! Green Lung est aussi de la partie et en co-headlining s’il vous plaît ! Je lui réponds dans la seconde : “Feu ! On prend nos billets tout de suite !”
C’est donc en ce mardi de février pluvieux que nous rejoignons le Trabendo, salle dans laquelle je n’avais jamais eu l’occasion d’aller auparavant. Elle est assez bien faite car peu importe l’endroit où l’on se place, on peut apprécier les prestations sans jamais être trop loin de la scène.
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Pour ce “Heathen Neverland Tour” les deux groupes sont accompagnés par les Américains de Satan’s Satyrs. Pratiquant un Rock à tendance occulte sans grande originalité et ne bénéficiant pas d’une très bonne mise en son, je ne rentre pas dans le set. Il s’avère assez difficile en effet de trouver un point d’accroche dans cette bouillie sonore. Se déplacer à différents endroits de la salle ne change rien. Sur le moment, j’espère intérieurement que le son sera meilleur pour les deux autres formations et me dis que les Américains font sûrement les frais du traitement assez classique des premières parties.
Lien vidéo SATAN’S SATYRS :
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Heureusement, comme par magie, le son se fait beaucoup plus clair lorsque leurs compatriotes lâchent les premiers accords. Unto Others a un style bien à lui. Le groupe nous présente une musique assez atypique, mêlant Metal et Rock Gothic. Un peu comme si The Cure s’était mis à faire du Metal. Gabriel Franco (chanteur/guitariste) avec sa voix grave et ses arpèges de guitare en son clair fait beaucoup penser à la bande de Robert Smith. Mais Sebastian Silva, guitare Jackson en main, ramène l’église au centre du village avec sa distorsion bien lourde. Je n’avais écouté le dernier album qu’une seule fois avant de venir et voulais vraiment me faire un avis en live. Pour un jeune groupe (actif depuis 2017 sous le nom d’Idle Hands puis sous le nom d’Unto Others depuis 2020 pour des problèmes de nom déjà utilisé), je les trouve très en place et très professionnels. Ce soir, ils nous offrent une setlist garnie de dix-huit titres incluant une reprise des Ramones (“Pet Sematary”) et dont certains d’entre eux sortent du lot, tel “Jackie”. Un groupe que je prendrai plaisir à revoir au Hellfest (si le running order le permet).
Lien vidéo UNTO OTHERS :
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Des groupes jouant la carte du revival 70’s, il en existe des pelletées entières. Il peut vite devenir compliqué pour de nombreuses formations de s’extraire de cette masse où chacun peut vite sonner comme le voisin. Et il y a Green Lung qui a ce (petit) truc en plus, qu’on nomme “talent”, faisant de chaque titre joué un tube en puissance qui vous colle au cerveau dès la première écoute ; rares sont les formations à avoir ce pouvoir.
Sur scène, la musique des Londoniens parle d’elle-même : un bon Stoner/Doom biberonné à Black Sabbath où le riff et les solos transpirant d’émotion sont rois. L’orgue assaisonne l’ensemble de sa touche de psychédélisme pour enrichir chaque brûlot. Et que dire de Tom Templar, charismatique chanteur, à la voix proche d’un Ozzy Osbourne des débuts et d’un Myles Kennedy lorsqu’il va dans les aigus ! Il est tout simplement bluffant et magistral tant il exécute ses vocalises avec une facilité déconcertante. Le groupe va nous offrir une setlist aux petits oignons composée de quatorze titres pour autant de bangers “Mountain Throne”, “The Forest Church”, “Hunter in the Sky”, “Maxyne (Witch Queen)”. Le groupe quitte la scène le sourire aux lèvres et sous un tonnerre d’applaudissements. Rendez-vous est pris pour les revoir au Motocultor.
Samaïn Fest 2024 – Jour 1 La Mézière, Salle Cassiopée (35) 24 – 26 Octobre 2024
Texte et Photos : Mémé Migou
Le Samaïn Fest, ce n’est pas juste un fest comme un autre, c’est un fest qui vous plonge dans un univers spécifique de par son décor, mais également les nombreuses activités liées au breton (ateliers d’initiation, balade contée) car il s’agit bien d’un festival au profit de l’école de Guipel, du réseau Diwan (tout est fait en langue bretonne, apprentissages comme langue de vie). Ajoutons à cela la cérémonie du nouvel an druidique dès le samedi matin. Et rien de tel, pour mener cette célébration, que le grand Druide de la Gorsedd de Bretagne.
Pour autant le Samaïn Fest a également vocation de casser les codes de l’imagerie bretonne tout en mettant la lumière sur des groupes qui chantent en langue bretonne ou qui ressortent de la région. Mais pas que, comme nous allons le voir…
Mais mais mais… Je ne pourrai faire l’impasse sur la petite polémique qui a fait rage : Destoyer 666. Est-ce bien, pas bien, de programmer de tels groupes ? Savaient-ils ? Devaient-ils garder le cap, faire face ou plutôt volte-face en déprogrammant ? Ahhhh… Les réseaux sociaux y sont allés de bon cœur ! Et si je suis la première à dire qu’on ne devrait pas avoir à baisser notre froc devant la grande censure qui nous impose leurs choix moraux… bah là, pour le coup, j’ai trouvé l’acharnement un peu too much. Pourquoi ? Relisez un peu plus haut… Le Samaïn Fest a été créé pour soutenir une école ! D’accord, on peut casser les codes, mais on ne va pas non plus jeter le discrédit sur une école et son réseau, tout de même. Et ceci n’engage que moi et ma p’tite conscience…
Ce que le Samaïn Fest nous propose en cette fin octobre 2024, ce sont 3 jours de concerts. Enfin, plutôt 2 jours de festival et une soirée d’ouverture. Malheureusement, pour cette dernière, je n’ai pu m’y rendre. Au programme, il y avait La faim du monde et un concert expérimental de Lannog, un concert dans le noir. Ça devait être bien intéressant !
Passons au premier jour, si vous le voulez bien…
(Et si vous ne voulez pas, passez donc au second jour directement, c’est pas plus compliqué que cela).
D’emblée, dès les premiers pas sur le site, nous sommes plongés dans l’ambiance. Le décor est partout, qui vous happe. L’accueil des bénévoles est chaleureux. On se dit de suite qu’on va passer un bon moment.
Elisirius
Pour entamer la première journée, l’organisation a fait appel à Elisirius. Ce fut une belle entrée en matière qui, malgré le maquillage, manquait malgré tout d’un peu de jeu de scène. Des passages de black qui enchaînent avec des envolées plus « symphos », soutenues par de nombreux samples. C’était intéressant.
Pour ma part, il manquait d’une guitare rythmique et, je dois bien l’admettre, tout n’était pas hyper carré. Mais au-delà de ces considérations, j’ai passé un excellent moment.
Sans aucun doute, Elisirius est un groupe à suivre de près.
« J’ai trouvé pas mal pour du black, c’est sympa. Un peu froid, niveau public, mais c’est normal, c’est eux qui ouvraient. Heureusement, ils enchaînaient les morceaux. Il n’y a pas eu de trous » – Alain
Circles ov Hell
Ah… Circles ov Hell… Ils avaient lâché un morceau « Minos », quelques temps auparavant. J’avais pu les voir au Muscadeath 2023 et ce titre m’avait donné l’impression d’écouter un autre groupe… Autant vous dire combien j’avais hâte de les revoir.
Eh bien voilà… ce fut un set beaucoup trop court. Enfin, je veux dire par là que ça a passé bien trop vite et que j’en aurais bien pris repris une p’tite lampée auditive. Le public, déjà plus compact, était également ultra réceptif. Je vois les têtes commencer à dodeliner.
Le set est touffu, tant dans le son que visuellement. Le côté sympho est bien plus appuyé qu’auparavant et vient pimper la prestation, donnant parfois des airs de Septicflesh. Kratos, le chanteur, sait aller chercher le public.
Tout est carré. On entame le set avec le premier extrait du 2ème album, et on clôture en traversant le Styx sur un groove bien senti. La salle était dans la poche.
Ende
J’avais chroniqué la compilation « Beata Mortvi – Reliquat Mortifère » avant la sortie de leur dernier album. Avec le recul, je me suis trouvée un peu dure (de la feuille ? Peut-être… Il faut l’admettre Mémé n’est plus de prime jeunesse). Ici aussi, j’attendais beaucoup du show.
Inutile de dire que ça a été une déferlante de haine acérée, une lame scarifiant la gorge. Un mur de son qui s’abat sur vous, ça te rentre dedans, ça vient chercher la nuque pour la plier en guise de prière. Amen.
Le public est compact. Là, je vais juste rappeler que cette première journée n’est autre que sold out. Cependant, il est moins actif aussi. Pas de panique, le chanteur, I.Luciferia, saura aller le chercher. Un set très pro, puissant… mais qui me laisse un peu sur ma faim.
Sang Froid
Tiens… Voilà l’Öberkommandeur666 (Chants de Nihil, Omegaeternum, etc.) sur scène. Je comprends mieux la présence dans la salle de quelques personnes venues de loin… Mais faisons fi de ces réflexions qui n’apportent pas grand chose au report.
Je ne connais pas Sang Froid. J’aime me laisser surprendre par un set. Et dans la salle, il y a quelques connaissances qui frétillent d’avance à l’idée savourer leur show. Je ne suis pas étonnée, sur scène on a tout de même des membres de groupes bien connus, Regarde les Hommes Tomber et The Veil. Signé chez Frozen Records, le groupe est pourtant assez jeune dans sa formation (2019).
Et là, la musique commence… Encore heureux, allez-vous me dire, on est en festival ! Mais chut, la p’tite voix ! Chut pourquoi ? Chut, parce que j’ai besoin d’écouter. Ce que j’entends là, c’est.. ça sort de l’ordinaire. Voilà mon discours intérieur sur le moment…
Bah oui, je ne m’attendais pas du tout, mais alors pas du tout du tout à ce qui allait débarquer. Imaginez Depeche Mode qui aurait fusionné avec The Cure ! Bah voilà, on a l’idée. Et de fait, après une petite recherche post festival, il s’avère qu’on est bien dans du Dark Rock, inspiré autant de la scène goth que cold wave. DM, Sisters of Mercy, … Les inspirations sont bien là.
Un véritable ovni qui m’a scotchée sur place avec cette envie d’y retourner et de creuser le dossier. L’ambiance Dark a ouvert ses ailes noires sur la salle pour l’enrober dans ses pennes. Une belle découverte.
Seth
Bon… Il arrive un moment où il me faut bien aborder le sujet « j’ai l’estomac qui crie famine ». Il est pas loin de 21h et Mémé n’a toujours pas eu son bouillon du soir. Ayant déjà vu à plusieurs reprises Seth, c’est malheureusement le groupe qui fera les frais de mon absentéisme.
Bien mal m’en a pris car il semblerait, d’après les nombreux retours, qu’ils aient délivré l’un de leurs meilleurs sets, du moins en Bzh.
Borknagar
Je vais vous dire un p’tit secret. Approchez-vous de plus près, je ne veux pas que tout le monde l’entende : « je ne suis pas une grande fan de Borknagar »…
Holalaaaaa, je vois bien le reproche dans vos yeux ! Mais que voulez-vous, c’est peut-être un chouïa trop mélodique ou trop bien chanté pour moi. Attention, je ne dénigre pas la qualité des compositions et des chants. Juste que Mémé préfère les voix saturées.
OK… J’arrête de faire ma vieille chouette… Et autant vous dire que j’ai kiffé grave le moment. Certes, ça reste hyper mélodique et très bien chanté, mais surtout j’avais face à moi deux monstres sacrés. Commençons par celui que j’attendais, Lars Nedland ! L’un du duo de Black avant-gardiste, Solefald ! Lars, qui chante comme un dieu. Ah ça ! Qu’on ne vienne pas m’avancer le nom de Einar Solberg, il n’a pas la rondeur et l’humilité d’un Lars. Alors effectivement, j’avais des étoiles dans les yeux, ce soir-là. D’autant plus qu’il y avait également à ses côté… ICS Vortex.Arcturus, quoi !
On a senti un silence de plomb s’abattre sur la salle quand a commencé à résonner les premières notes de « Voices ». Voilà, ceux qui étaient présents dans la salle, étaient en communion. Merci messieurs !
Rotting Christ
On parle de légendes juste au-dessus ? Et que dire de Rotting Christ ?! Vous vous rendez compte ? Rotting Christ qui vient faire son show dans une petite ville bretonne, dans un festival en soutien à une école Diwan. C’est purement hallucinant. Et on peut féliciter les organisateurs non seulement d’avoir réussi ce tour de force, mais aussi de proposer au fil des ans des affiches on ne peut plus alléchantes.
Là, on sent bien que les patrons entrent sur scène. La salle est bondée, prête à en découdre avec le Black Death Heavy épique de Rotting Christ.
« C’était la guerre.. Putain, ça tabassait ! Après le côté cool de Borknagar, c’était ce qu’il fallait. Rotting Christ était attendu. C’est une machine de guerre très très bien rodée. Ils ont du métier. Et Sakis Tolis, qu’est-ce qu’il est cool ! En live c’est wow wow wow ! » – Vince
Et oui, tous les éléments étaient réunis pour un set homérique et mémorable. Que ce soient les lights, le jeu de scène de tous les musiciens, le charisme de Sakis, et ce côté très abordable, ce fut un véritable feu d’artifices. Habemus Papam 666 !
Fin…
J’en connais qui n’auront pas beaucoup vu la lumière… de la salle. L’ambiance à l’extérieur était aussi bonne qu’à l’intérieur, là, auprès des bars. Il faut dire que pour ne pas perdre un seul set et profiter de l’air et de la bière, un écran géant permettait de suivre les shows. Je suis bien d’accord que ça ne vaut pas l’ambiance à l’intérieur, mais c’est une belle initiative digne d’être saluée.
J’ai croisé pas mal de monde, dont SAS de l’Argilière, Vince le brasseur de la fameuse « Couille de loup », Vince le bassiste de Salace, Arawn de Omegaeternum, Amduscias de Conviction/temple of Baal/ entre autres, et moult autres personnes… Pour une première journée, elle fut à la hauteur de mes attentes. Ajoutons à cela l’élément ccol/pas de prise de tête, un public proche des artistes et vice versa (ouaiiiiiiis j’ai croisé Lars dans le public… et j’ai osé faire ma midinette de base en baragouinant un « I love so muuuuuch your work and… I miss Solefald ! »).
Il est temps de rentrer se coucher. Dans quelques heures, la cérémonie druidique de Samhain se déroulera ici même. Je ne veux pas rater ça…
Pour info :
Le samaïn fest édition 2025 aura lieu les 23, 24 et 25 octobre 2025. Ne loupez aucune info en vous rencardant sur leurs sites :
Genre : Death Metal Label : Testimony Records Date : 4 mars 2025
Note : 93/100 ou Ouf ! par Robin des Néants
Bon faut revenir à l’essence du Metal, avec quelques allumettes.
Ça me paraît nécessaire en temps d’IA et de « on est quali on fait comme (taper nom de groupe influent des années 80-90) »
C’est quoi le Metal ?
Quand je vois qu’il y a des cours de chants saturés…
Qu’il y a des saturations numériques d’instrument plus analogiques dans le son que l’analogique.
Quand je vois sur les réseaux souvent la pose et le fait de se fédérer autour de musiques devenues plus des symboles et marque d’appartenance qu’autre chose.
Quand je vois qu’il y a des marques Metal aujourd’hui : qu’on peut ne même plus supporter des projets artistiques mais des projets vestimentaires et commerciales ou club du « moi je fais partie de ça… »
Putain le Metal c’est quoi avec tout ça ?
Une esthétique vidée…
Une musique de conservateur ?
L’hymne de nos campagnes ?
Une musique de conservatoire ?
On est dans les musées, on est à l’Opéra, on est dans les grandes villes, on est avec les coupes de champagne, on est des ingés sons compétents, on est bien habillés, on est beau, on est sexy, on est chiant, on est pédant, on est bêtes, on est « apolitique », on est jamais en péril, on est pas brave, on est méprisant, on est fermé.
Et on est plus en colère.
On est vaincu par des logiques et des forces qui ont terrassé les forces magiques et surnaturelles.
Et en plus on est passéiste !
On est vieux.
On incarne plus rien, on est les décharnés des images désormais conformes, sur les pochettes.
On est des algorithmes. On est dominé.
On achète des vinyles et c’est une ineptie. On est des vaches à lait, des fétichistes obsessifs.
On est dans des circuits, on pensait être au-dessus… Au-dessus des ordinateurs, des logiques binaires, au-dessus des conflits, des enjeux, de la politique, on pensait le Metal absolument loin de tout cela, on se drapait de misanthropie pour cacher un trou béant dans la tête et la poitrine. On se pensait créatif.
Notre imaginaire a été volé.
Aucune résistance ne s’est organisée. Que du protectionnisme et de la revendication stérile, dans la forêt pour certains, dans les attestations d’intégrité sur les réseaux pour les autres, une compilation des deux encore !
On a un travail, on a une vie, on a des gosses même, on est bien, on est calme, quand on l’est pas et qu’on est dangereux on l’est bêtement… Donc on reste inoffensif. Doux agneaux… Ils aiment les chats il paraît.
On a une identité, non on a une attitude.
Sacs à memes
On a plus de regard.
On est plus aussi créatif, tout devient prévisible, la moindre audace est suspecte de trahison, ou n’est plus là que pour se démarquer pour une reconnaissance illusoire.
On est les décadents sans la superbe couronne de sang.
Des T-shirts de merde, des plastics case de merde, des pochettes de merde désormais, des posters de merde, des musiques stériles, des pensées de merde, des opinions de merde, des croyances de merde, des styles de vie de merde, des hiérarchies d’estime de merde, des chroniques de merde, des coups de sang de merde.
Et de l’urine partout avec l’alcool renversé.
Après tout, paraît que c’est Metal.
Et ces coups de sang inutiles. Quand tu réalises que c’est quand tu fais une erreur sur le label que t’as plus de commentaires que lorsque t’en as peaufiné ton texte à en avoir des nuits blanches…
On a le syndrome du complexé, de l’imposteur, du mégalo, alors on revendique la bêtise et la régression comme une valeur réparatrice, restauratrice, révolutionnaire. Prout rigolo. Ça nous paraît moins vulgaire qu’un « wesh » dans une phrase.
Et on viole comme les autres ! On est sexiste comme les autres ! On pornographie tout comme les autres, on marchandise des corps comme les autres ! On rabaisse comme les autres ! On parle à la place des autres, comme les autres ! L’étrangeté nous fait peur, comme les autres, L’altérité aussi, comme les autres ! On confond valeurs, dogmes ! On a aucune grandeur, décence, Aucune intelligence de l’insolence ! On est communs. Des médiocres.
On est conforme.
Tu te la joues aristo mais t’as rien à part l’ennui, t’es dévoré de lui, t’es baisé par lui… regarde bien au-dessus de toi : tu y verras tout le monde riard en casquette et survet Kalenji. Et tes tatouages de nazis, de satanistes, ou de fans de ou d’intellectuels qui s’écrit du Shakespeare ou d’adolescents bovins déjà anciennement polyaddicts, n’y changeront rien.
Mais quitter les réseaux pour faire quoi ?
C’est fini le 20eme siècle, toute réaction passéiste porte son propre échec, est un aveu même de vacuité.
L’impasse.
Passion de merde. Consuméristes. Méprisants. Stupides.
Si on ne parle jamais que de soi je suis bien dans la merde et la bière !
Je suis bien mal oui !
Hey ! Attends ! Elle est superbe cette mélodie, cet enchaînement il est incroyable… La pochette a du cachet…
Je disais quoi ?
Ah oui ben Scalpture a fait un excellent album de death plus mélodique qu’enragé mais… toujours extrême.
J’ai pas de réponse à ce qu’est le Metal, s’il est toujours puissant, toujours magique… mais… Aaaaah… Landkrieg… Cette thématique de guerre, de sang, ce regard d’historien, cette puissance émotionnelle qui le situe tant dans le voyeurisme, que dans le regard distant ; tant dans une dénonciation de l’horreur, que dans une transcendance de celle-ci.
L’ambiguïté qui nous permet de nous saisir pleinement de tout cela, de nous choisir pleinement et de créer son éthique. Sois salaud, sois pacifiste, sois morbide, sois ce que tu veux être. Avec Scalpture tu es libre de ta place dans le monde. Et les beautés du tourment écloront en toi.
#serenite
#connexionretrouvee.
Track List :
01 – The Fall …
02 – Into Catastrophe
03 – Til Jeret Undergang
04 – Landsknecht
05 – Wallenstein
06 – Den Mörka Nattens Lejon
07 – Of Siege and Besieged
08 – Schwedentrunk
09 – Hell’s Choirs Chant
10 – Bellum Se Ipsum Alet
Membres :
Moritz N. – Batterie
Felix Marbach – Guitare
Thorsten Pieper – Chant
Tobias Aselmann – Guitare
Niklas Neuwöhner – Basse
Recorded, produced and mixed by Marco Brinkmann at Hellforge
Studio. Mastered by Lawrence Mackrory at Rorysound Studios.
70 000 Tons of Metal vécue par un festivalier… Part2 – le récit Interviewé : Luc/Lucio Interviewers : Seb D et Mémé Migou
Fin janvier, on vous avait concocté un petit teaser, une pré interview… Ou plutôt une interview pré-festival.. Et pas n’importe lequel, celui de la croisière 70 000 Tons of Metal.*
Aujourd’hui, Lucio est revenu de son périple et on vous propose d’écouter le récit qu’il nous en fait… Vous aussi, ça vous dit de connaître l’ambiance de l’intérieur ? C’est par ici :
vous pouvez retrouver l partie 1 de ce live report en forme d’interview, ici :
Genre : Black Metal Indus Label : Les Acteurs de l’Ombre Productions Sortie : 14 mars 2025
Note : 80/100 (Seb D)
Ah ! La Suisse ! Ses montagnes, son fromage… et son Black Metal. Ce pays a enfanté de nombreux représentants du genre qui ont tous eu une importance sur l’échiquier des musiques noires tant par leur talent que par leur originalité. De Hellhammer évoluant plus tard vers un Celtic Frost, en passant par Samael ou Darkspace, tous ont su apporter une dimension nouvelle et une approche différente au Black Metal “classique” pour l’amener à un stade supérieur.
Il n’est donc pas étonnant qu’un compositeur comme Bornyhake en fasse de même et sorte des sentiers battus avec Borgne.
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Environ quatre ans d’absence plus tard, l’entité, miroir de l’âme de son auteur, revient aux affaires avec Renaître de ses fanges, titre non choisi au hasard tant l’œuvre agit comme une catharsis. En effet, des événements peu agréables ont émaillé sa vie ces dernières années et Bornyhake se sert de l’album pour sortir de cette période trouble.
Le disque ne respire pas la joie de vivre et le Black Metal glacial, hypnotique et négatif de la formation, accentue cette sensation.
Après une introduction – “Introspection du néant” – digne des meilleurs films d’horreur, le premier titre, “Comme une tempête en moi”, lent et lourd, nous emporte vers un univers froid où la dépression et le mal-être sont rois.
Par ses cris, Bornyhake fait passer énormément d’émotions où la souffrance domine. Le chant en français durant tout l’album permet de comprendre la douleur qu’a pu ressentir l’artiste ces derniers temps. Les claviers de Lady Kaos occupent une bonne place dans le mix et ses nappes lancinantes accentuent cette sensation de marasme ambiant.
La batterie programmée se fond à merveille dans l’ensemble à tel point qu’une batterie acoustique aurait tout aussi bien pu faire le job sans dénaturer l’ambiance pesante.
Deux titres sortent du lot, “Ils me rongent de l’intérieur” et “Dans un tourbillon de douleur”, par leur approche plus habituelle des standards Black Metal. Les claviers se mettent en retrait sur ces deux morceaux, sans disparaître pour autant, laissant plus d’espace au trémolo picking et à une double grosse caisse rapide.
Lien vidéo “Ils me rongent de l’intérieur” :
L’album s’étire sur une durée de une heure et cinq minutes et peut s’avérer un peu long lors d’une première écoute, surtout lorsqu’on arrive au dernier titre “Royaume de poussière et de cendres”. Celui-ci ralentit encore le tempo pour se faire plus lourd et désespéré.
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Malgré une ambiance pesante et asphyxiante, ce disque a un goût de reviens-y. Et ce sentiment de dernier titre en trop s’estompe au fur et à mesure des écoutes.
Pas le meilleur album de Borgne (le groupe ayant l’habitude de flirter avec l’excellence) mais certainement le plus cohérent et digeste à ce jour. Il a tous les atouts pour séduire les plus réfractaires au style.
Sacrosanta Decadancia Occidental + Clava Coco’s Bar(Brest – 29) Merdredi 12 février 2025 Concert organisé par Ol’Dirty Beat
Texte / Photos / Vidéos : Bruno Guézennec
Un concert en semaine, ça n’arrive pas très souvent ; c’était pourtant le cas mercredi 12 Février avec une soirée Crust/Punk, au Coco’s Bar à Brest, avec deux groupes : les sud-finistériens de Clava et les espagnols de Sacrosanta Decadencia Occidental.
C’était une soirée Ol’ Dirty Beat, la branche organisation de concert du label breton Symphony Of Destruction.
J’embarque Renaud, un pote de concert, au passage, histoire de ne pas y aller tout seul, et direction la rue de Siam (Brest).
Contrairement à la dernière fois, un samedi, ou j’avais passé vingt minutes à tourner en rond dans les rues adjacentes pour finalement trouver une place au moment où j’allais abandonner et rentrer sans même voir de concert, cette fois-ci je trouve très facilement un endroit pour me garer à deux cents mètres du bar. Situé en centre-ville, dans l’artère principale de la cité brestoise, la devanture et le patronyme ne laissent en rien présager de l’avalanche de décibels qui sortent de là certains soirs : pas évident d’imaginer que le bar accueille régulièrement des groupes, dont pas mal de Punk/Hardcore/Metal…
L’extérieur est calme car, à part un tramway de temps en temps, la rue est interdite aux véhicules, ce qui n’arrange pas vraiment les zicos pour décharger le matos !
Le bar est plutôt en longueur avec la « scène » au fond (en réalité, il n’y a pas d’estrade pour les groupes). L’espace est relativement restreint mais suffisant, en se serrant un peu, pour les musiciens qui seront au contact direct du public.
Un petit stand de merch est accessible sur la droite de la scène, la sono trouvant sa place sur la gauche, le long du mur.
Quand on entre dans les lieux, les groupes sont en train de s’installer, sans stress, certains musiciens n’étant pas encore arrivés.
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C’est à Clava que revient l’honneur de lancer les hostilités. Le groupe opère sous forme de quartette : Romain > basse/chœur, Maël > batterie, Max et Mäx > chant/guitare (vous connaissez beaucoup de groupes qui peuvent se payer deux Max, vous ?!)
Un “clava” étant une sorte de gourdin, le groupe reste dans le thème en explorant, dans ses lyrics, la période tumultueuse du Moyen-Âge, comme en témoignent les titres de leurs chansons : “Peste”, “Sorcières”, “1381” ou “Ordalie” qui était une charmante tradition à connotation religieuse – étonnant, n’est-ce pas ? – qui consistait en une épreuve pour savoir si vous étiez innocent ou coupable. Par exemple, si une femme était accusée d’être une sorcière, on la jetait dans une rivière : si elle coulait, elle était innocente, bon, elle était morte noyée mais innocente… Si miraculeusement elle réussissait à flotter (pas grand monde ne savait nager), elle était coupable… donc on la jugeait et le plus souvent on la tuait.
Y’a pas à dire, on savait s’amuser à l’époque ! C’était à peine plus ridicule que l’hilarant procès de la sorcière dans le génial Sacré Graal des Monty Pythons :
Ayant déjà assisté aux deux premiers concerts de la carrière du groupe en 2023, je savais à quoi m’attendre : des morceaux courts et incisifs, le Crust/D-Beat des sud-finistériens ne laissant pas vraiment de moment de répit.
Douze titres, trente-trente cinq minutes de concert, et quelques nouvelles compos depuis la dernière fois, qui laissent présager d’un futur EP.
Max (cheveux courts et moustache) et Mäx (dreadlocks et casquette) à la guitare et au chant échangent leurs rôles en milieu de concert, à partir du titre “Sorcières”, les dreadlocks cédant la place aux cheveux courts derrière le micro… ce qui ne changera absolument rien au niveau de l’intensité, le combo n’ayant pas du tout l’intention de calmer le jeu.
Romain et Maël assurent, avec une section rythmique solide et bien en place.
Mäx reviendra ensuite au chant et cèdera la place à son homonyme pour le nouveau morceau, “Guerre/Sang” (avec même des petites notes dans la main pour se rappeler des paroles, morceau très récent donc). Le final étant la reprise du « Police bastard » des anglais de Doom.
C’est toujours un plaisir d’assister à une de leurs prestations.
Sacrosanta Decadencia Occidental vient de Galice, au nord-ouest de l’Espagne, et compte quatre musiciens : Edu > guitare, Dann > basse, Azofra > batterie et Maria, une chanteuse qui explose tout sur son passage.
Créé en 2022, ils ont trouvé leur style : du Crust/Punk avec des petites touches de Grind pour faire bonne mesure.
Le groupe n’a pas ménagé sa peine avec quinze morceaux, dont une cover du « Religion is a Fraud » de Disrupt. Très peu de temps morts, si ce ne sont des courtes parties de sample en intro de certains titres, les espagnols préférant enchaîner à rythme soutenu, ne laissant pas les spectateurs reprendre leur souffle.
Comme le public était bien chaud et en redemandait, ils ont terminé leur set par deux morceaux supplémentaires, faisant monter la température à l’intérieur du bar de quelques degrés.
La part belle a été donnée aux compos de leur nouvel album Danzas No Solpor Do Mundoparu quelques jours plus tôt (28 Janvier) et dont la production et le son sont nettement supérieurs et bien plus puissants que sur leur premier EP Cacería Salvaxe(2023), même si l’enregistrement est du Do It Yourself.
À l’instar de Clava, ils nous ont offert une grosse débauche d’énergie, devant un parterre bien rempli et heureux d’être là.
À leur stand de merch, Sacrosanta Decadencia Occidental proposait (gratuitement) des feuilles avec les paroles de leur dernier album traduites en espagnol et anglais. Le groupe chantant en galicien (qui se rapproche du portugais), ils font également les choses bien sur leur Bandcamp, les lyrics figurant pour chaque titre, accompagnées aussi d’une traduction espagnol et anglaise.
Setlist Sacrosanta Decadancia Occidental
Il faut aussi mettre en avant qu’à l’heure où de plus en plus de groupes utilisent l’AI pour réaliser leur pochette, celle des espagnols est non seulement magnifique mais a en plus été entièrement dessinée par Edu et Maria, la réalisation leur ayant pris pas loin d’une année.
Même si ces deux combos ne sont pas les plus connus, les absents ont eu tort et ont raté une belle soirée, pour soutenir un espoir de la scène bretonne et un groupe espagnol qui pourrait faire parler de lui dans les années qui viennent.
Soutenez vos scènes locales, vous n’imaginez peut-être pas les trésors qu’elles renferment.
Genre : Death Metal Label : L’Ordalie Noire Sortie : 13/09/2024
Note : 80/100 (Antirouille)
Repurgator débarque sur la scène Death Metal française avec un premier album, sans passer par la case démo, split ou EP. S’ils dérogent un peu à cette règle, ils ne vont pas s’éloigner d’un iota de celles établies par le registre joué ici, à savoir un Death Metal vieille école à chercher du côté de Cannibal Corpse pour les grandes lignes, Deicide dans certaines approches vocales ou encore Obituary pour le Groove.
Avec tout ça, ne cherche pas la modernité, des entames hypers chiadées ou des samples diverses et variés, non, tu auras du Death Metal pur et dur, primitif, comme on le jouait dans les années 90. Tu auras tout au plus une intro dont la durée aurait pu être diminuée de moitié et qui aurait tout simplement pu être dispensée pour coller parfaitement au thème.
Ça envoie du gras et du gros son bien dégueu, certes déjà entendu, sans grande surprise mais sans aucune monotonie. Les 31 minutes passent crème, excepté peut-être cette intro ( je t’ai déjà dit qu’elle était dispensable ?) et tu vas te surprendre à en redemander. Addictif Fovea Inferno ? Oui, et ce ne sont pas des titres très « Cannibouliens » comme «Blood & Gore » ou encore «Homicide or Suicide » qui feront mentir.
Comme convenu, les guitares envoient du son saturé, des mélodies rampantes, certaines répétées à l’infini et des solos hauts en couleurs comme sur «Blood Frenzy ». Bon, ne t’attends pas non plus à du Eddie Van Halen, faut pas pousser, c’est du Death Metal ! La batterie joue le plus souvent un mid tempo comme l’aime le registre, mais elle est capable de belles envolées et dézingue tout en mode Kalashnikov. La basse aime plomber un titre, le stopper net dans sa course et l’enliser dans un groove étouffant, parfois proche du Doom, comme sur la fin de «Years of Torments ». Les voix de notre growleur sont maîtrisées, il passe volontiers d’un grunt classique à des growls profonds en passant par des effets de voix growlées/criées qui font leur petit effet. Nos franciliens dominent le sujet et ils nous le démontrent ici.
Si Fovea Inferno était sorti dans les âges d’or du registre, il aurait pu se faire une place entre Tomb of the Mutilated, Legion, The End Complete, Spiritual Healing ou encore Breeding the Spawn, mais voilà, on est dans les années 2020… S’il ne surprendra pas les vieux hardos biberonnés aux albums cités ci-dessus dans leur adolescence, au moins arrivera-t-il à leur faire lever le nez de la bouillie actuelle en leur rappelant de bons souvenirs. Quant aux jeunes metalleux qui font leurs premiers pas dans le Metal et avides de découvertes, c’est une bonne entrée en matière pour appréhender le Death Metal, le old school, celui du vieil Antirouille.
Nouveau rendez-vous, chaque dimanche des vacances scolaires…
Notre chroniqueur Gévaudan a un maître à penser, c’est François Pérusse… Alors, en guise d’hommage, il s’est amusé à faire les 2 Minutes de Gévaudan…
Ces émissions de courtes durées ont pour vocation de vous faire passer un bon moment alors que nous nageons en pleine stase due à nos congés. Eh oui, ça nous arrive parfois….
Pour patienter, nous espérons que ces 2 minutes de Gévaudan, façon Pérusse et version Metal, vous déclencheront un sourire, même s’il doit être en porte-manteau !
Enjoy !
Et rendez-vous dimanche prochain pour l’émission 2.
Interviewé : Mick Caesare, chanteur de Destinity Interviewers : Seb D. et JP
Salut les M&M’s !
On retrouve aujourd’hui Seb et Jp qui interrogent Mick de DESTINITY à l’occasion de la sortie de leur nouvel album Ascension qui est disponible depuis le 11 Avril 2025 !
Un bon moment en sa compagnie où il revient sur l’histoire du groupe, la genèse de leur nouvel album, le Lions Metal Fest et pleins d’autres choses encore !